Quand les roses poussent dans les pommiers

Pan sur les doigts !
Nous avions écrit une bêtise, le maire de Périgueux l’a indirectement corrigé (Cf. Sud Ouest). Grâce lui soit rendue.

En effet, nous affirmions dans le billet du 30 août 2009 que la loi interdisait le financement des partis politiques par une personne morale autre que l’Etat. Et ce depuis la loi du 19 janvier 1995 (relative au financement de la vie politique), clôturant des décennies de financements opaques ayant conduit aux scandales en série afférents à l’usage.

Il y a donc quelques exceptions à la règle puisque le maire confirme la légalité d’un don annuel en nature, matérialisé par le prêt d’équipements publics à un parti politique en dehors des campagnes électorales.

Dans la foulée, il répond à notre question sur le verbe « offrir » : gracieusement donc et non la possibilité de… L’accès à un équipement public à titre gracieux pour un évènement de communication politique me laisse perplexe. Et ce n’est pas en répondant comme le fait le maire que l’égalité de traitement entre les deux principales formations politiques est respecté que cela éclaire notre lanterne. C’est une réponse politicienne.

Habile, le législateur aura donc réservé le droit aux collectivités de financer indirectement les formations politiques (non des réunions mais des évènements de communication) par des dons en nature, (en dehors des périodes électorales bien sur). En somme voilà le droit lorsque les parlementaires n’oublient pas la main qui les a nourri.

Un coup c’est l’équipement public, un autre c’est la formation des élus prise en charge et facturé par des filiales de partis politiques… Il y a comme un talent dans la classe politique, au nom du droit de réunion, liberté d’expression, formation, à grappiller les deniers publics. Ce n’est pas ostentatoire ni outrancier, mais par petites touches et légères ponctions de ci de là.

Ces problématiques sont connexes à une conception générale de la politique, dont le cumul des mandats participe. A ce titre, même si pour le maire de Périgueux ce sujet est « tarte à la crème » dans le débat socialiste, l’interview de Guy Carcassone par Libération est aussi féconde que l’édito du Monde du 04 09 09:

Les réserves, objections et critiques qui ont immédiatement accueilli la proposition de Martine Aubry (ou la règle très limitée affichée par le gouvernement pour les régionales) témoignent de la détermination des élus nationaux à préserver leurs prérogatives locales et, il faut bien le dire, les commodités matérielles et financières qui vont avec.

Nous aurons l’occasion d’y revenir. La présentation de plusieurs ministre aux élections régionales n’en sera pas le seul motif.

Qu’il s’agisse de la fête de la rose, du lys, du pommier, de la faucille et du marteau, du bidet ou du chou-fleur ce n’est pas le problème. Sur un plan éthique à Périgueux, nous saurons que les roses poussent dans le pommier et que les pommes tombent du rosier.