Aquitaine 2010, les Régionales vues de Pearltrees

Aujourd’hui je poursuis l’exploration de la campagne des élections régionales Aquitaine 2010 sur le réseau. Jusque là, j’avais observé mensuellement le « match » PS/UMP sur Twitter et Facebook, en décembre et janvier (la cession de février promet des surprises).
Pour mémoire ou à l’attention de ceux qui l’observent de loin, le phénomène se développant sur internet est nouveau au niveau régional. Les politiques comme les électeurs sont en train d’apprivoiser de nouveaux outils, dont la maîtrise dépend souvent de celle qui a été acquise dans d’autres contextes, (personnels, professionnels, etc.). Cette période est particulière, car le maniement de ces outils, s’ils sont simples d’usage, requièrent une expertise certaine dès qu’on les met en oeuvre. Chacun sait qu’une partie non négligeable de l’élection se joue sur internet, alors que les subtilités de ce réseau ne sont pas encore totalement maîtrisées en communication politique.

La stratégie politique, aussi chaotique qu’elle puisse être parfois, ne peut ignorer ce qui se joue sur la toile et a l’obligation d’agir. Suite à l’élection de Barack Obama, beaucoup ont compris la nécessité de l’outil quand d’autres y ont même vu un eldorado électoral.
Dans cet ordre d’idées et à la suite du succès de mybarackobama.com, l’UMP et le PS viennent de lancer leurs réseaux sociaux militants, Créateurs de possibles pour le premier et Coopol pour le second.

:: Politique internet et réseaux sociaux ::
Ce qui nous intéresse là, c’est le niveau de pénétration actuelle des réseaux par les partis politiques dans le cadre des régionales en Aquitaine. C’est l’objet d’un passe temps, c’est donc incomplet et encore superficiel. Néanmoins, à terme, car le travail est en cours, nous espérons pouvoir livrer une carte assez fidèle de cette campagne. In fine, nous pourrons tirer quelques conclusions sur les stratégies qui ont été mises en place par les forces politiques régionales.

Bémol à la description unifiée de cette stratégie, les principaux acteurs politiques présents sur les réseaux sociaux l’étaient avant la campagne. Certains mélangent comptes personnels et comptes de campagne et des groupes préexistants militent pour l’occasion en surcroit de leur activité habituelle.

:: Les élections vue de Pearltrees ::
Nous avons développé cette carte sur Pearltrees, qui semblait un outil particulièrement adapté et simple d’accès. Précaution renouvelée avant usage, le travail est en l’état, non achevé. Son incomplétude correspond parfois aux partis politiques eux-mêmes, n’ayant pas encore dévoilé leurs listes ou communiquant confusément des informations pourtant essentielles.
Enfin, cette carte, nous l’espérons, sera utile aussi pour suivre les élections de près, dégageant une vision synoptique des sites, blogs et réseaux sociaux. C’est pourquoi, aux lecteurs que cela intéresse, toute aide sera bienvenue afin de compléter le travail.

:: Les niveaux de pertinence visuelle ::
La carte se développe selon un principe centrifuge à quatre niveaux pour l’instant.
1. Elections régionales
2. Les forces politiques en présence
3. Les outils médias utilisés
4. Les individualités actives sur les réseaux (FB uniquement pour l’instant, le plus populaire)

:: Ebauche de Pearltrees ::
Avant de cliquer sur « la perle », voici l’état des lieux

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Régionales Aquitaine 2010

:: Les premiers éléments de stratégie de communication ::
Une brève présentation, à chaud.

Les extrêmes gauches
Globalement, internet ne semble pas être une priorité pour l’extrême gauche. L’absence de séparation claire, parfois, entre enjeu national et régional, ou la profusion de partis politiques, ne permet pas dans Google un référencement clair et distinct. Leur préférence va à Facebook et encore, sans aboutissement.

Le Parti Socialiste
Le parti socialiste a misé largement sur son site de campagne, de loin la plateforme la plus efficace et la plus aboutie en matière d’outils et d’ergonomie. Présent sur Twitter et Facebook, Dailymotion et Youtube ainsi que sur Flickr, c’est le parti qui a le plus exploité les outils à disposition. En revanche, les têtes de listes départementales ne sont pas explicites et tout est misé sur la personne d’Alain Rousset.

Aquitaine Ecologie
Le schéma semble clair pour Aquitaine Ecologie. Le groupe fait l’économie d’une communication sur Twitter mais compense par une forte activité sur Facebook, dont la page est complète. Par ailleurs la liste des candidats par départements est clairement affichée et dans cette lignée, la communication se veut davantage collective que portée sur la tête de liste, notamment sur Dailymotion.
Ils se présentent ainsi comme un parti structuré et clair et dont les ambitions ne sont pas moindres qu’aux élections européennes.

 Le Modem
De son côté, le Modem possède la page Facebook la plus complète et la mieux renseignée. On notera une bonne présence des têtes de listes dont les comptes Facebook sont actifs. En revanche, ils font l’impasse sur Twitter Youtube et Flickr, ce qui peut étonner au regard de la dimension numérique voulue initialement au niveau national.

Le Centre Démocrate
Nous nous permettrons une zone d’ombre concernant le Centre Démocrate, politiquement en attente de clarification de la maison mère. Sur le plan des outils médias, Twitter (29 followers) et Facebook sont les cibles. De manière surement approximative, on le trouvera aussi sur Myspace, ce qui ne sert à rien en l’espèce.

L’UMP
L’UMP présente une stratégie particulière, difficile à synthétiser. Les têtes de listes départementales ne sont pas livrées, en revanche chaque zone a déjà son porte-parole avec sa fiche d’identité, mais sans parole. Le parti est présent sur Flickr mais ignore les formats vidéo. Il y a un site officiel, mais le blog personnel de Xavier Darcos lui sert de relai de communication, comme son compte Twitter. L’accent est mis sur une carte interactive pour apporter une valeur ajoutée participative, mais toute la campagne repose sur la personnalité du ministre. La ligne de mire est par conséquent complexe à isoler, notamment aux travers des comptes Facebook servant à la communication gouvernementale.

Mise à jour. Vers 22h00, Xavier Darcos twitte sa liste de candidats départementaux. 

Le Front National
Quant au Front National, il offre une visibilité minimale, globalement discret dans les réseaux sociaux (Facebook) et isolé sur internet en général. La moindre vague en dehors de « son territoire » déclenche des tsunamis numériques.

:: Conclusion temporaire ::
Tout d’abord, il faut le répéter, le travail est cours et comporte certainement des erreurs que nous essaierons de corriger.
Premier étonnement devant cette carte, les similitudes entre les extrêmes. La présence numérique, le choix des outils et des médias sont assez proches, mais pour des raisons différentes surement. L’extrême droite n’a pas, sociologiquement et dans sa pyramide des âges, intérêt à se risquer dans une communication trop large sur le réseau. Mais l’extrême gauche, elle, éparpillée et diluée, répond peut-être davantage d’un facteur culturel, d’assemblées générales en rassemblements humains, dans des couches sociales encore partiellement « numérisées » (?).

Second étonnement, il y a d’un côté Alain Rousset et Xavier Darcos, de l’autre le Modem et Aquitaine Ecologie. L’effet est accentué puisque ni PS ni UMP ne dévoilent les listes de candidats sur leurs sites de campagne. Pour ces deux parties, tout se joue sur l’unique personne du n°1. Cela est flagrant pour le PS, alignant une multitude de vidéos dans lesquelles les interviewés disent tout le bien qu’ils pensent non de l’équipe ou du parti, mais de la seule personne d’Alain Rousset. Cette focalisation est peut-être due au déficit de notoriété du candidat sortant qu’a révélé un sondage récent.

Stratégie inverse pour le Modem (non sur le plan national) et Aquitaine Ecologie, jouant la carte de l’action collective. L’attention de l’électeur est plus difficile à canaliser que dans un face à face avec le n°1, mais le mouvement correspond plus à l’air du temps et surtout à l’image initiale d’Europe Ecologie. Deux stratégies s’affrontent donc. Celle du leader charismatique pour le PS et l’UMP contre la synergie de groupe pour les autres.

Au début du mois de février nous pourrons faire un point plus complet sur le niveau de pénétration des réseaux, avant de compléter et d’élargir cette carte.