Régionales Aquitaine, X. Darcos/A. Rousset : piratage et rappel à l’éthique

La campagne des régionales en Aquitaine est lancée et bien lancée. Le premier coup politique en dessous de la ceinture est tombé ce week-end. Il a consisté dans la redirection frauduleuse de l’adresse du blog de Xavier Darcos vers le site du candidat sortant socialiste Alain Rousset. La redirection n’était pas faite vers son site de campagne pour les régionales, rousset2010.fr, mais vers son site de député, alainrousset.net. (allez comprendre).

Dimanche, en somme, le résultat, c’était ça :

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Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre, mais pas comme si rien ne s’était passé. Xavier Darcos a signé un billet De la liberté d’abord où il appelle au respect d’une « certaine conception du débat public » et une « certaine idée de la politique » pour conclure :

C’est pourquoi je renouvelle l’invitation faite à tous les autres candidats, en particulier à mon adversaire du Parti socialiste, de me rejoindre dans la condamnation de toutes les manifestations de sectarisme qui voudraient entacher le débat, libre et nécessaire, qui doit s’engager au cours des prochaines semaines.

La réponse d’Alain Rousset ne s’est pas faite attendre sur son site de campagne, avec La noblesse du combat politique :

Rien ne serait pire que d’offrir pour ces élections régionales le spectacle déplorable de basses manœuvres dont l’objet ne serait que de déstabiliser son adversaire à l’image de ce piratage qui a consisté à détourner les internautes du site de Xavier Darcos vers mon site.
Condamnant de telles pratiques, je profite de cette occasion pour solliciter une campagne digne et respectueuse du droit de chacun des candidats à s’exprimer et à défendre ses idées équitablement sur la scène publique.

Voilà les deux candidats sur la même longueur d’onde, d’accords sur les principes fondamentaux d’un débat politique. Alors on pourrait placer la chose sur le terrain de la communication et l’impossibilité de ne pas réprouver en public les putasseries qu’une campagne politique est capable de générer.

Mais le sujet est certainement trop important pour ne pas le laisser sur son socle, celui de l’enjeu du débat en démocratie. Car sur ce point il ne démarre pas très fort. A peine lancé et il faut déjà que les deux candidats s’unissent pour ce rappel de principe.

Et là ce n’est que relativement peu de choses. On ne peut oublier la campagne municipale de Périgueux de 2008, si navrante et crasse qu’elle avait fini dans une fange de diffamations, allant de l’accusation d’assassinat pour l’un à l’exhibitionnisme sur mineur pour l’autre. Constater que les militants des deux bords sont capables à ce point d’infamie, imaginant que couvrir de boue leur adversaire conduit l’électeur vers leur champion, est un des pires échecs de notre débat contemporain (et internet n’a rien à voir la dedans monsieur Darcos).

Comme si les coups portés loyalement par l’adversaire ne suffisaient pas, il leur faut en plus tenir les pires d’entre eux, car il est certain que ces derniers portent plus tort à leur camp qu’à leur adversaire. L’absence de discernement et d’éthique dont est capable le pire des militants doit être parfois lourde à supporter pour le chef de file. A supposer bien sur que ce chef de file vole au-dessus de la mêlée, ce que nous n’avons pas toujours constaté.