Rue de la chouette c’est fini : 2008/2013

Ce message signifie la fermeture du compte Rue de la Chouette et du blog éponyme. Il n’a plus de raison d’être. L’agora périgourdine ne s’en portera pas plus mal. Arrive un endroit où tout semble chicanerie. Un endroit où l’on ne peut dire que merci. Merci à tous, y compris mes contradicteurs.

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Rue de la Chouette et pseudonymat

De 2008 à 2013, voilà le temps que cela aura duré. Voilà aussi la fin de l’histoire. Tout ce temps je me serai appliqué au pseudonymat (à ne pas confondre avec l’anonymat) sur le web. Cela m’a régulièrement et parfois agressivement été reproché. J’ai toujours refusé que mon nom soit indexé et stocké dans un data center de multinationale. Appels anonymes et coups tordus avait émaillé l’élection de 2008. Une élection n’est pas ce qu’on lit sur le papier, c’est sale, ça pue, tout y est permis, on l’a vu. La politique sert à prendre le pouvoir, le reste est littérature.

Cette histoire de pseudonymat m’a toujours touché et fait réfléchir. Le web est davantage tourné vers ce qui est dit et moins par qui s’est dit. Le Pourquoi et le Comment sont plus intéressants que le Qui. On exige des individus qu’ils soient à nus, mais beaucoup moins de la chose publique. On n’attend toujours l’application de la loi de 1978 sur la transparence des informations publiques. Charité bien ordonnée…

Fortitudo Mea Civium Fides

Pour ceux qui ne voient que plaisir au bordel ou quelque intérêt politicien, laissez-moi vous dire ceci. Je ne me suis pas frotté à l’agora sans amour de l’autre, sans imaginer que le réel puisse être changé en mieux, pour lui. Et de l’amour pour Périgueux aussi. Pour cette ville qui tire sa force de ses concitoyens, de leur fidélité. Depuis 800 ans Périgueux vit avec la fierté de ceux qui la font. Ils conquirent leur liberté contre les seigneurs locaux et la négocièrent contre leur fidélité aux rois de France. Lorsqu’un maire laissait un trou dans les comptes, il devait le combler personnellement. On ne dirigeait pas Périgueux simplement pour du pouvoir, on dirigeait aussi Périgueux pour la rendre meilleure.

Les enjeux géopolitiques et la centralisation des pouvoirs ont tout changé. Mais voyez, 800 ans plus tard, nous faisons le marché au même endroit. Nous ne pouvons refaire de place de parking sans mettre au jour, sous nos pieds, d’autres périgourdins ; sur plusieurs mètres de hauteur.

C’est pourquoi le déménagement de la mairie pour motif technico-administratif est une erreur grossière. C’est pourquoi vouloir vendre la place Montaigne à un promoteur est une injure à la ville toute entière. Il en allait de même dans le années 50, de détruire les centaines de maisons du Puy Saint Front et d’en déporter un millier de familles vers la périphérie.

Je suis étonné aujourd’hui que les périgourdins n’aiment pas plus leur ville, au sens de la comprendre dans son histoire, et de la porter surtout. On descend dans la rue pour ou contre le mariage gay, mais on ne fait (presque) rien quand on veut vendre des morceaux de la ville à des intérêts privés. Il en avait été de même lors de la destruction des Rues Neuves. Quelque chose a cassé entre Périgueux et les périgourdins. Et comme par hasard, son déclin est régulier, constant et cruel depuis 100 ans.

On ne fait plus de différence entre le bâtiment des associations et l’hôtel Estignard. Deux lignes identiques dans un bilan comptable. Peu importe la chose et son histoire, son symbole ou sa fonction, on vend. On vend. On vend Périgueux comme une chose uniforme et homogène, comme une chose administrative uniquement.

Faisant fi de leur patrimoine, les périgourdins préfèrent aujourd’hui avoir une nouvelle mairie que reconstruire le Bas Saint Front, ils préfèrent vendre l’hôtel Estignard et vendre la place Montaigne, plutôt que trouver des solutions durables. Il n’y a plus ni fierté ni fidélité. On se moque que les promesses soient tenues ou non, on n’informe plus, on communique, on légitime le mensonge comme un instrument de pouvoir pour « fabriquer l’opinion ». Ce n’est contre personne ni aucun parti en particulier que Rue de la Chouette avait vocation. Mais bien contre cette chose, ce vice qui corrompt l’action publique et le sens de la citoyenneté.

C’est bien fini. Je ne ferai plus aucun commentaire, aucune observation. La chouette devient une carpe. J’y gagne, personne n’a jamais trouvé très amusant de clouer une carpe sur une porte. A première vue les détracteurs lisent une bonne nouvelle. Goûtez votre victoire, savourez vos méthodes.

Rue de la chouette 2008/2013

fun

 

PS : pour les archives le blog reste en ligne au moins temporairement. Si vous voulez vous en servir comme d’une tribune faites-moi signe, je verrais ce que je peux faire.