Silence et dors !

Oui je sais, je sais… J’avoue que j’ai eu –comment dire ?- un petit coup d’ « à quoi bon ? ».

Entre l’été et une ambiance politique pourris, j’ai subi une vague de découragement sans précédant. Ca, plus, au retour, l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité, les impôts, les taxes, le conseil municipal….

Et vous ? Sentez-vous ce mal-être cultivé par les medias qui, chaque jour, arrosent la plante vénéneuse d’une eau crasseuse et nauséabonde ? Ne rêvez-vous pas de silence et de sommeil profond, d’un détour par le « pays bleu » comme disait ma grand’mère ?

Où commencent les vilaines petites odeurs ?

Dans le fatras des informations, certaines interpellent : Le harcèlement et l’agression sexuelle sont ils si différents ? Doit-on supporter que des pays étrangers financent nos élections ? Est-ce normal que nos impôts renflouent les banques ?

Ou plus près de nous : un collège privé doit-il « oublier » que 6 de ses lycéens ont tabassé l’un de leur camarade pendant un cours d’éducation physique ?

Est-il normal que des ados répandent leurs détritus et dégradent la nature ? Une soignante peut-elle refuser de nourrir un homme aux deux poignets cassés ?

La tradition autorise t’elle les fêtards avinés à hurler et renverser les poubelles dès potron-minet ? Si l’on répond « non » à toutes ces questions, c’est que vous, comme moi, simples citoyens, vivons dans un autre monde que ceux qui, peu ou prou, détiennent un pouvoir.

Malheur à celui par qui le scandale…

Le fait est que le harceleur, comme les lycéens, les ados, les banques, la soignante ou les fêtards, n’auront droit qu’à une simple remontrance, tant la violence « ordinaire » a intégré nos modes de vie, tant abondent les « bonnes raisons » -essentiellement liées au temps et à l’argent- de ne rien faire.

A l’inverse, c’est le plus petit qui trinque. Celui qui ne peut rien parce qu’il est démuni et sans soutien. Il est bien connu que la honte retombe sur celui par qui le scandale arrive, même s’il en est la victime.

Le gamin tabassé sera méprisé et traité de mauviette parce qu’il avait osé pleurer dans les bras de sa mère ; on laissera les jeunes dégrader la nature « parce qu’il faut bien que jeunesse se passe » ; on plaindra la soignante débordée par manque de personnel, et on traitera les Périgourdins qui souhaitent dormir la nuit de petits bourgeois intolérants et, pire, de sympathisants du FN. Pour ce dernier constat, c’est bien ce que j’ai entendu mardi dernier, au conseil municipal.

« S’avachardirait on » ?

Un certain général disait : « les Français s’avachardisent » (s’avachir en grognant)… Il est vrai que la tentation est grande de se replier sur soi et de laisser (ne rien) faire. Entre les puissances financières qui désarticulent notre monde et manipulent les gouvernements, les ministres déconnectés des contingences, les politiques locaux qui confondent humanisme et pitié, qui s’emmêlent les pieds dans le tapis de leur (peu de) convictions, et qui n’ont qu’un idéal : la réélection, bien des raisons nous sont données de nous avachardiser…

A moins que : Les Indignés! convocation mondiale pour le 15 Octobre 2011

Pour ne point rougir devant sa victime
L’homme qui a commencé par la blesser, la tue.

Honoré de Balzac.