Sud Ouest Dordogne, antenne relais de la communication municipale ?

Virginie Desmet pour Sud Ouest Dordogne, vient de signer le dernier papier sur les antennes relais de téléphonie mobile intitulé : « Mairie et opérateurs sur la même longueur d’ondes ». Avec Virginie Desmet, la mairie de Périgueux n’a plus besoin de service de communication, elle n’a qu’à sous-traiter à Sud Ouest. Voilà le topo.

La ville de Périgueux a signé une convention avec les quatre opérateurs de téléphonie mobile pour apporter une gestion « concertée » de l’implantation des antennes relais. La raison donnée à la journaliste ? « Vigilance » et « Transparence » pour « Rassurer les populations et leur donner une certaine confiance en vous et en nous».

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Elle est où l’antenne relais ? […] Oo

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a tenté de cacher à la population l’implantation d’une antenne relais à moins de 100 mètres de la crèche des Arènes, le doute s’est quelque peu installé.

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a lâchement interprété un arrêt du Conseil d’Etat comme une invitation à la déresponsabilisation (alors que c’est totalement faux), sa crédibilité est engagée.

Par ailleurs on peut s’interroger sur l’opportunité derrière cette nouvelle convention. En novembre 2010, le maire de Périgueux a créé une commission extra municipale à laquelle les opérateurs siègent et doivent déjà présenter leur projet d’implantation avant de les réaliser.

Las, la journaliste nous apprend que depuis plus d’un an, cette commission était factice et officieuse. En effet jusque là la commission ne valait rien, puisque son « existence est officialisée par la nouvelle convention ».

Compliqué pour la journaliste de bien répéter sa leçon municipale. Il y avait une commission, mais officieuse. Dans ce cas à quoi servait-elle ?

Sud Ouest: des faits erronés pour des commentaires serviles

Compliqué. Le 28 septembre 2010, le maire de Périgueux déclarait en conseil municipal :

« c’est qu’aujourd’hui nous avons quand même des doutes sur les effets de ces antennes à proximité des lieux de la petite enfance »

Mais depuis, à propos de la crèche des Arènes: rien. Même si de son côté l’Union Européenne préconise fortement d’éloigner les antennes relais téléphoniques à plus de 100 mètres des lieux de concentration de populations fragiles et à risques. Comme les enfants en bas âge par exemple.

Peu importe, la journaliste nous parle de « vigilance » et de « transparence ». Une seule interrogation serait de trop.

Jusque là, la journaliste s’était contentée de ne pas poser de questions et s’en était tenu à relayer fidèlement le message municipal. Mais en fin d’article, lancée dans ses roucoulades auprès du maire du Périgueux, Virginie Desmet se lâche.

Pour la journaliste, le collectif Priartem 24 est composé de « radicaux ». Et oui, « Ils sont persuadés que la commission antenne-relais est ‘instrumentalisée’ ». Si la journaliste avait fait son boulot elle aurait vu que c’est la vérité. C’est un fait. Mais elle n’est pas là pour ça.

On va donc rappeler à cette journaliste ces faits qu’elle méprise au profit d’une servilité si peu déontologique envers la communication politique.

« Ce projet n’a pas rencontré d’opposition particulière »

Une commission municipale s’est réunie le 03 novembre 2010, à laquelle participait le collectif Priartem. En séance, Orange a annoncé son projet déposé en mai 2010 d’une nouvelle antenne relais à la Grenadière. Le collectif Priartem a manifesté son désaccord, au motif que la Grenadière, avec ses grands immeubles, est déjà équipée d’une forêt de relais.

Conclusion du maire de Périgueux, via un courrier officiel aux habitants de la Grenadière :

Ce projet a été présenté lors de la commission consultative relative aux antennes relais et n’a pas rencontré d’opposition particulière

Mais Virginie Desmet n’est pas allée jusque là. Pour elle, le collectif Priartem est simplement « persuadé » d’être manipulé. Et c’est parce qu’ils sont intégristes, pardon, « radicaux », qu’ils ne veulent plus siéger à la commission, version officielle de la mairie de Périgueux.

La journaliste aurait pu consulter les archives du journal qui l’emploie. En date du 14 janvier 2011 :

« Nous ne sommes ni des intégristes, ni de simples contestataires. » Le collectif Priartém (1) ne veut pas bannir les antennes relais et les téléphones portables de notre univers. Ses membres, une trentaine, se battent à Périgueux contre la concentration des antennes sur certains quartiers, notamment sur une tour HLM à La Grenadière à Périgueux, et autour des zones sensibles comme les crèches, les écoles ou les maisons de retraite. Il en va, assurent-ils, de la santé publique car un nombre grandissant d’études remet en cause l’idée de l’innocuité des ondes produites par les antennes dans notre paysage urbain ».

Mieux, en cherchant à se renseigner, la journaliste aurait pu consulter le site Priartem et découvrir ceci:

Virginie Desmet ne pouvait que finir en beauté

La journaliste arrive à sa conclusion :

« Quoi qu’il en soit, Périgueux est une des rares villes de France à s’être engagée dans une telle démarche. Elles sont trois en Aquitaine : les deux autres sont Bordeaux et Bayonne ».

Ce n’est pas sa propre conclusion bien sur, mais celle qu’il est demandé de véhiculer par la municipalité, dont on trouve l’original ici [Bulletin municipal 1er trimestre 2012]:

A ce jour en Aquitaine, seules les villes de Bordeaux et Bayonne ont mis en place des commissions similaires…

Dans les deux cas, il faut omettre un détail. Il faut même mentir par omission, soyons clairs. C’est que la ville de Bordeaux a été condamnée à 4000 € d’amende par le Conseil d’Etat en date du 26 octobre 2011.

Par un arrêté de règlement général, la ville de Bordeaux, le 12 février 2010, avait imposée des limites strictes aux implantations.

Un considérant en 5 points du 12 février 2010:

– Considérant qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences notamment à long terme ; et que plus généralement l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour ;

– Considérant qu’en matière d’exposition aux champs électromagnétiques engendrés par les radiofréquences, une attention particulière doit être portée aux enfants à la vulnérabilité supposée plus grande ;

– Considérant les fortes inquiétudes formulées par des parents dont les enfants fréquentent des établissements ou lieux publics à Bordeaux à proximité desquels des antennes émettrices de radiofréquences sont installées ;

– Considérant que l’un des opérateurs a dérogé aux avis défavorables émis par la commission de concertation sur certains projets ;

– Considérant qu’il y a lieu de prendre des mesures préventives ;

Les fondements juridiques de cette arrêté étaient nombreux et avaient été validés par le Conseil d’Etat par un arrêt du 19 juillet 2010, dans lequel la haute juridiction validait l’application du principe de précaution.

C’est par un revirement étonnant du Conseil d’Etat en 2011 que cet arrêté bordelais s’est éteint.

Depuis 2007, la ville de Bordeaux était engagée dans une action concrète d’application du principe de précaution et de limitation de l’implantation des antennes relais. Ce que jamais n’a fait la mairie de Périgueux, absolument jamais.

Le fait de comparer sur un même plan les mesures prises par les villes de Périgueux et de Bordeaux est un pur mensonge. C’est une idée crapuleuse du service de communication de la ville de Périgueux. C’est vraiment navrant de retrouver cet enfumage sous la plume d’une journaliste.

Conclusion

On retrouve dans cet article exactement le plan com de la mairie de Périgueux sur le dossier « antennes relais ».

  • Le maire agit dans la transparence et le souci des administrés
  • Ses opposants sont des fanatiques et des extrémistes
  • Le maire est précurseur, à égalité avec la ville de Bordeaux

La presse ne faisait pas mieux dans les années 50 en Union Soviétique.