Elections régionales en Aquitaine, premières observations

Ce billet servira d’aide mémoire en abordant sans creuser quelques éléments de ce 1er tour des élections régionales en Aquitaine et en Dordogne. Il se décline en quatre zooms thématiques :

– Les sondages
– La particularité Aquitaine
– Les grandes alliances de second tour
– L’abstention

:: Les sondages ::

Le 25 février 2010, Sud Ouest diffusait un sondage SO/Tv7/Ifop donnant les intentions suivantes :

Alain Rousset : 31%
Xavier Darcos : 24%
Jean Lassalle : 12%
Monique de Marco : 11%

Dans cette affaire, le FN était superbement ignoré, erreur classique à partir de laquelle on a beau jeu de s’étonner par la suite, face au résultat toujours trop élevé.

Les résultats du 1er tour, 14 mars (JDD) :

1er_tour_regionales_aquitaine.jpg
En moins de 3 semaines, le PS a donc progressé de 6.63%, ce qui marque la différence la plus notable. Alors que les écarts pour les autres partis candidats, 2% pour l’UMP, 1.73% pour le Modem, 1.25% pour EE semblent indiquer la stabilité du sondage.

Certes, Europe Ecologie et le Modem étaient à 1% prêt, induisant sa capacité à négocier pour le premier et à se présenter en finale pour le second. Le FN pour sa part recule depuis les élections de 2004 de 2.73%, ce qui suffit à l’éliminer du second tour, une très bonne nouvelle pour l’Aquitaine.

Au final, l’instantané du 25 février est contradictoire. L’ordre d’arrivée est correct et les chiffres assez fidèles pour 3 formations politiques sur 4, mais il demeure sous-estimé pour le PS. Il faudrait comprendre pourquoi il était erroné à l’instant T ou comment le PS a gagné 6.63% en 3 semaines. L’écart cumulé à la baisse des 3 autres formations atteint 5.98%, c’est peut-être une piste.

:: Les particularités de l’Aquitaine ::

En comparaison des résultats nationaux, l’Aquitaine se fait mutine:

– Europe Ecologie arrive en 4ème position perdant 3.55% sur la moyenne nationale.
– L’UMP et son candidat « malgré lui » accuse un retard de 4.65% par rapport à une moyenne déjà jugée mauvaise.
– Le Modem aura son unique candidat présent au second tour avec +6.43% sur le national avec un score global de 4%.

Le PS s’y montre souverain avec +7.62% sur la moyenne nationale. La niche électorale de l’alternative à la suprématie PS/UMP (près de 60% des voix cumulées) n’est pas occupée par les écologistes mais par le Modem. Ou plutôt par son candidat (Jean Lassalle) à la ruralité claironnée qui a plus convaincu dans les campagnes que des écologistes intrinsèquement citadins. (En particulier dans les Landes, Cf. Carte dynamique de 20minutes.fr).

:: Les grandes alliances de second tour ::

L’UMP se vante de ne pas en avoir, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. La négociation sera en revanche toute autre entre le PS et Aquitaine Ecologie.

En 2004 les deux formations s’étaient présentées conjointement. Elles avaient gagné de la même façon et par conséquent partagent en 2010 un bilan commun au terme du mandat, ce que les socialistes ont largement rappelé. C’est le cas aussi pour les mandatures en cours dans les municipalités.

Or après les élections européennes, les écologistes ayant décidé de faire cavalier seul au premier tour, ont du trouver à redire sur le bilan régional, subitement devenu socialiste, comme si les Verts n’avaient fait que de la figuration pendant 6 années.

Il faut donc aujourd’hui recoller les morceaux pour retrouver son fauteuil régional, en expliquant que l’unique objectif est de battre la droite, ce qui est déjà chose faite. N’en demeurent pas moins des divergences, véritables ou de façade.

Au meeting PS du 22 février, les Verts ont été vilipendés au même titre que la droite (SO 23/02/10) :

Bien sûr, la problématique environnementale est très présente, mais cela ne peut pas se faire sans l’économie, sans la démocratie, sans une synthèse. Il faut laïciser cette problématique ; qu’il n’y ait pas de dogme.

Ils ne sont par cette phrase que présentés comme une sorte de secte à grand bonnets pointus, non blancs ici mais verts.

On est pour le TGV à Bègles, mais quand on sort de Bègles, on le combat ! Il ne faut pas s’aimer quand on a des mandats et qu’on abuse autant la population. Les Verts expliquent être contre le TGV ; c’est une imposture ! Même chose pour le terminal gazier. C’est le retour à la grotte primitive !

Ici ils auraient trompé la population et sont affichés comme des rétrogrades, des passéistes anti progrès. Ce n’est ni plus ni moins que l’angle d’attaque de l’UMP sur le plan national avec la décroissance par exemple.

L’attaque fut si vivement ressentie que la candidate Aquitaine Ecologie avait répliqué sur son site :

Le Néandertalien écologiste ne remerciera donc jamais assez Sapiens Savary [candidat PS Ndlruedelachouette] pour lui avoir permis d’apercevoir la lumière de la modernité. Une idée vient à Néandertal : Homo Sapiens serait-il nostalgique du 20ème siècle ? Néandertal, lui, est sur d’une chose : il préfère le 21ème.

C’est ainsi que Monique de Marco a fini par fustiger l’action du PS (SO 06/03/10):

Elle a évoqué hier le ripolinage écolo des propositions du Parti socialiste qui a la même politique de croissance que la droite depuis des années.

Aquitaine Ecologie doit donc maintenant expliquer la fusion avec un Parti Socialiste qui a tant d’accointances avec une gestion de droite. Et cela en sachant qu’ils sont en position de faiblesse pour négocier quoi que ce soit proportionnellement à un score qui demeure un échec en deçà des 10%. Sans le levier de négociation que représente la capacité à se présenter au second tour, cela risque de ressembler à un piteux retour au bercail.

:: L’abstention ::

Le Monde.fr

abstention_le_monde.gif

En quelques chiffres d’abord : 50.44% en Aquitaine, soit 1  150 340 absents. En Dordogne, 45.85%, soit 141 328 absents. A Périgueux, 47.91%, soit 8 576 personnes.

Nous n’irons pas plus loin aujourd’hui sur l’abstention. Elle mérite du recul et de l’analyse considérant que 23 millions d’inscrits n’ont pas voté. La plupart des réactions politiques sont simplement consternantes, nous en formons un bouquet garni dont nous reparlerons à l’occasion.

En dégustation quand même, il faut connaitre l’analyse de Michèle Delaunay (députée socialiste de Gironde – voir son activité sur Nosdéputés.fr). L’abstention est causée par les sondages. Ces derniers ont pour effet de perturber psychologiquement l’électeur, entrainant un état de confusion mentale entre « réel » et « virtuel ». De fait :

De plus en plus de gens ne perçoivent plus une stricte séparation entre le virtuel et le réel

Ce phénomène psychologique de masse a donc touché cette fois là plus d’un million de personnes en Aquitaine. Une thèse ainsi défendue par une députée semble plus grave encore pour le Parlement que pour les résultats électoraux.

Mais ce n’est pas tout, car les médias aussi livrent leurs explications sur l’abstention. En la matière c’est Sud Ouest Périgueux via Hervé Chassain qui livre aujourd’hui ses conclusions :

Une inquiétude cependant pour tous : le faible niveau de participation. Avec 54,15 %, il est très loin de celui des régionales de 2004 (72,10 %). Il est vrai que les scrutins précédents étaient jumelés à des cantonales, renforçant leur intérêt, surtout en secteur rural. Il est vrai aussi que c’était ce week-end l’ouverture de la pêche à la truite…

Première cause : le jumelage aux élections cantonales
Deuxième cause : la pêche à la truite

Aux dernières élections régionales couplées, l’abstention avait été de 29.69%, soit 89 682 personnes. Sur plus de 140 000 abstentions en Dordogne en 2010, il nous reste donc pour Sud Ouest 51 646 pêcheurs à la truite. Il n’y a jamais en Dordogne qu’un total de 21 000 licenciés à la fédération de pêche… Et par conséquent un niveau de braconnage très inquiétant.

Reste donc la truite comme métaphore de la paresse pour expliquer l’abstention à Sud Ouest. Métaphore que l’on doit retourner au journaliste pour aiguiser ses analyses au regard d’un phénomène grave qui requiert autre chose que légèreté et imprécision.

#RégionalesAquitaine2010 / Twitter: un 2.0 en forme de 0.2 beta test

Depuis le mois de décembre, nous observons comment les candidats aux régionales d’Aquitaine communiquent sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, ces outils ont été intégrés à leur stratégie de communication. Rappel: le principal objectif est de gagner des électeurs. A défaut il s’agit de ne pas en perdre ou de donner l’image d’un candidat déphasé. Dès qu’il y en a un cela devient quasiment une contrainte pour les autres d’y aller aussi. Et c’est comme les auvergnats, tant qu’il y en a un ça va…

Le 14 février, Hervé Pargue a mis en ligne sur pargatruk.com une étude des sites web PS et UMP ainsi que quelques observations acerbes concernant leur présence sur les réseaux sociaux. Il leur prodigue finalement quelques conseils que les candidats ne devraient pas manquer.

Sa conclusion est sans appel :

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres. Sans réfléchir, surtout, à une stratégie innovante d’utilisation des plateformes. Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique.

Il faut insister sur le fait que les candidats auront fait les 2/3 de la campagne électorale sans avoir mis à disposition leur programme politique. Ce dernier apparait ainsi comme second dans les priorités de communication, alors que pourtant, il est le socle même sur lequel est censé s’appuyer le choix électoral. Signe des temps, on aura eu toutes les dates jusqu’au moindre rendez-vous sur le marché de Levignacq, mais il aura fallu attendre les dernières semaines pour découvrir leurs projets.

Pour ce qui nous concerne, nous observerons ici plus en détail les candidats aquitains sur Twitter durant le mois de février. Où en sont-ils ? Comment progressent-ils ? Comment communiquent-ils ? Bref, comment intègrent-ils l’outil à leur stratégie de communication au fur et à mesure de la campagne ?

:: La présence des candidats ::
Au crible de SiteVolume il est possible de voir combien de fois un terme a été utilisé. Le nom des candidats existe apparemment dans un circuit assez intimiste. La comparaison avec le nom de Xavier Darcos en tant ministre est assez intéressante.

sitevolume.jpg

On peut noter le contraste entre Jean Lassalle pour le Modem (?) et Monique de Marco pour Europe Ecologie. La visibilité de cette dernière sur le réseau est quasi nulle. Est-ce un déficit d’image ou bien est-ce parce qu’EE fait une campagne collective au contraire des autres candidats qui misent tout sur leur nom propre ?

.
:: L’évolution du nombre d’abonnés ::

Il serait faible de dire que les courbes ne sont pas flatteuses. En nombre d’abonnés (200) le PS devance largement ses concurrents, bien qu’il demeure relativement confiné. L’UMP avec 44 abonnés est actif (162 tweets) mais souffre de s’être lancé sur Twitter à la fin du mois de janvier.
Ce qui peut paraitre étonnant (à première vue) est la stagnation (70 abonnés) d’EE durant tout le mois de février. Ce n’est pourtant pas faute de communiquer (90 messages). Sur ce point nous étions dans l’erreur la dernière fois en supposant que le Modem serait derrière EE au regard des contenus envoyés (99 abonnés), des liens FB sans commentaires. Les principales données via TwitterCounter:

twittercounter01.jpg

twittercounter02.jpg

Enfin il faut minorer encore le nombre d’abonnés qui semblent réellement suivre un candidat. Une part non négligeable les suit tous, visiblement par curiosité ou en tant qu’observateur. Proportion non négligeable, une trentaine en tout suit plusieurs candidats à la fois (Twiangulate).

:: La méthode et l’usage de l’outil ::

A juste titre, le relatif échec rencontré par les candidats provient de leur usage de l’outil. Un classique Top/Down servant essentiellement d’agenda et de relai pour des liens Facebook. On note quelques efforts dans la manière de s’exprimer, mais hors d’un usage complet des fonctionnalités possibles. Peu ou pas de Retweets, de Htags et de Reply. Les statistiques ci-dessous permettent de mesurer la très faible utilisation de ces fonctionnalités (sur un échantillon de 50 tweets) et leur résonnance sur le réseau (Tweetreach).

Deux repères et deux comptes bien utilisés pour comparer. Anne Hidalgo (3540 folowers) et Nathalie Kosciusko-Morizet (40 232 followers).

Anne Hidalgo

tweettypeshidalgo.png

Nathalie Kosciusko-Morizet

tweettypesnkm.png

Monique de Marco

tweettypesdemarco.png

Alain Rousset

tweettypesrousset.png

Xavier Darcos

tweettypesdarcos.png

Jean Lassalle

tweettypeslassalle.png

L’absence d’utilisation des ces fonctionnalités est directement corrélée au niveau d’interaction sur le réseau. Plus les interactions sont faibles, plus les probabilités de rencontrer des abonnés baissent. Évidemment cela comprend des exceptions. On ne saurait mesurer ces principes à la présence du Dalaï-lama qui totalise plus de 132 000 abonnés depuis le 11 février 2010…

:: Followers/Following ::

Dans un réseau essentiellement horizontal, cette communication académique ne rencontre pas le succès, car les candidats ne rencontrent pas les utilisateurs. Leur statut de candidat à une élection locale est largement insuffisant pour générer un intérêt de masse traduit en nombre d’abonnés. Configuration classique donc, moins il y a de following, moins il y a de followers. Là encore cette règle n’est pas intangible, mais s’applique aux candidats aquitains avec une certaine sévérité.

Le désintérêt que les candidats manifestent pour les autres utilisateurs se traduit par une indifférence réciproque :

Monique de Marco: 13 following / 70 followers (créé le 05/01/10)

01demarco.jpg

Jean Lassalle: 66 following / 100 followers (créé le 07/01/10)

01lassalle.jpg

Xavier Darcos: 12 following / 44 followers (créé le 29/01/10)

01darcos.jpg

Alain Rousset: 55 following / 199 followers (créé le 11/09/09)

01rousset.jpg

Ce « twittocentrisme » n’est pas l’unique cause de l’indifférence que ces candidats suscitent globalement mais en fait certainement partie. Truisme visiblement non intégré au niveau de la stratégie de communication, dans « réseau social », il y a « réseau » et il y a « social ». Les candidats ne s’intéressant qu’à eux-mêmes, ils demeurent seuls ou presque, isolés en tout cas, dans une communication à sens unique.

Nous tirerons le bilan de cette campagne après les élections. Pour l’heure et malgré quelques efforts dans certains cas, il semblerait qu’il n’y ait ni méthode ni objectif précis. Autrement dit on présume une absence de stratégie visant ce réseau social, ce qui laisse dubitatif quant au concept même de communication politique en période électorale.

:: Innovation du mois: QR Code ::

Le mois de janvier était pour le PS avec la proposition d’une application Iphone pour la campagne. Mais le mois de février a vu la réponse de l’UMP qui modifié son site en profondeur. Il n’y avait que des bonnes raisons à cela, a fortiori avec le candidat Modem qui en avait proposé un clone.

Dernière touche en date, la tête de liste pour la Dordogne, Jérôme Peyrat, vient de se mettre au QR code. Sur l’affiche ci-dessous, le candidat code un message mais lequel ?

qrcode_1.png

Sauf erreur, ce n’est ni plus ni moins que l’adresse du site de campagne. Et oui, tout ça pour ça. Pour mémoire, ce type de cryptage en deux dimensions permet d’intégrer plus de 7000 caractères, permettant de compresser des informations déchiffrables avec un mobile par exemple. En terme de décoration pour fournir une URL, ça reste hésitant.

:: Coup de chapeau ::

Il faut noter localement le travail accompli par des étudiants en journalisme de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) qu’on peut suivre via leur compte Twitter. Ils apportent des infos qu’il n’y a pas ailleurs (en suivant meetings et réunions) dans un style incisif et souvent plein d’humour. C’est l’autre regard sur la campagne, pertinent, frais, impertinent.

Extrait :

01ijba01.jpg

01ijba02.jpg

Allez, on espère que le niveau d’abstention ne ressemblera pas à ça. Rendez-vous au mois d’avril pour le bilan définitif de ces candidats sur Twitter qui restent pour l’instant bien twittocentrés.

qrcode

Aquitaine, les régionales sur Facebook

Il y a peu nous avons jeté un œil sur la façon dont les candidats aux régionales Aquitaine utilisaient Twitter dans le cadre de la campagne. Il manquait à relever les compteurs sur FacebookFB– pour clôre l’observation du mois de janvier.
.

C’est un tweet de Jean Lassalle, le candidat Modem, qui a alerté mon attention le 1er février:

est honoré d’entrer au top 100 des politiques sur facebook… et désolé de voir deux aquitains en sortir…

La phrase indique une double satisfaction, bien que la seconde partie soit en creux. Il l’indique donc doublement en la communiquant sur sa page FB.

:: Over the Top ::

Mais la déclaration à de quoi étonner à plusieurs titres.

C’est tout d’abord la satisfaction, mieux, un honneur d’être dans le top 100 FB. A l’issue des résultats d’un institut de sondage on peut comprendre. Mais c’est dire ici la place que commence à occuper FB et l’influence grandissante que ce réseau acquiert.

Le second c’est la crédibilité que l’on donne a priori à ce classement que l’on veut fiable. Non en terme de mesure, mais en terme de critère de sélection. A examiner de près ces critères, il semblerait que la satisfaction de Jean Lassalle dénote un enthousiasme prématuré.
.

:: FB top 100: baromètre de l’opinion ? ::

Les responsables de ce travail se veulent comme un nouveau baromètre de l’opinion. Comme ils l’expliquent, ils n’ont retenu qu’un critère parmi les trois « états » possible de FB : « rejoindre » « ami » et « fan », impliquant des fonctionnalités différentes. Seul le dernier a été retenu sur des critères subjectifs :

En effet, il est très facile de se dire « amis » avec tel ou tel homme ou femme politique tandis que le fait de se déclarer « supporter » nécessite une démarche plus volontaire et plus engageante.

Ce classement était hébergé par le blog MonTours.info de Christophe Becker, avant de migrer vers une adresse dédiée. Un passe-temps qui prenait en compte au début toutes les personnalités politiques et qui s’est précisé empiriquement.

Le travail est non professionnel et cela n’est pas dissimulé :

Notre classement, sans se prendre au sérieux, se veut un complément aux enquêtes d’opinions et aux sondages plus classiques.

Sans gâcher la joie du candidat Modem il faut rappeler que ses concurrents ont non seulement des « pages » approchant le millier d’abonnés mais en plus un compte « amis » comptant autant et plus de contacts. Au final, le candidat est derrière le PS et l’UMP, au coude à coude avec Europe Ecologie.
.

Les critères et la partialité de ce classement n’ont qu’une valeur relative au point même que de dernier on peut devenir premier. Une sorte de comptabilité de chambre consulaire. Si l’on veut s’en convaincre, on peut consulter le top 50 2009 des entreprises sur FB. Les critères sont multiples et la quantité seule n’est pas déterminante. Et si Coca-Cola arrive premier, ce n’est pas du fait de quelques « fan » épris de boisson gazeuse. Au cas où, le 2° est Starbucks et le 3° Disney. La désintermédiation réoriente une part du budget com’ à la recherche de nouveaux consommateurs. A l’issue de ce type de classement, il y a en jeu plusieurs millions de dollars.

:: Information pour « le journal » ? ::

Plus surprenante encore est cette crédibilité accordée de fait et que l’on voit reprise par les journalistes, comme c’est le cas pour Le Journal du Pays Basque ou l’Express.  Outre la méthodologie employée, le classement créer une illusion de baromètre. Il faudrait déjà établir le lien de causalité entre la température politique, l’opinion, et le nombre d’abonnés. Entre cliquer pour exprimer un sentiment positif ou d’appartenance et cliquer pour s’abonner à un flux d’information, il y a une différence que n’exprime pas la mesure de la quantité. Ce n’est qu’un variable parmi d’autres.
.

L’intérêt de ce classement est donc plus dans la valeur (symbolique) qui lui est accordée que dans l’information qu’il produit. Mais c’est un premier pas d’envergure qui tient FB en mass média et qui l’inscrit en grille d’observation de la vie politique dans la démocratie d’opinion. Et si avec une certaine immaturité, les politiques courent après les « fan » pour figurer dans ce classement, il ne fait aucun doute que la mesure et l’observation de cette « compétition » sera prochainement analysée avec bien plus de profondeur.

:: Les candidats sur FB ::

Sur FB, les candidats ont une tendance à l’inflation. Ici un groupe, là une page, ici pour son profil et là pour son parti et enfin pour la campagne électorale, etc. Je ne saurais avancer que ces choix relèvent d’une stratégie précise, en tout cas je ne la lis pas clairement.

.
L’UMP

L’Aquitaine avec Xavier Darcos – Régionales 2010. Fans: 281
Xavier Darcos pour l’Aquitaine. Membres : 770
Xavier Darcos. Fans : 881
Xavier Darcos. Amis : 1597

Le PS

L’Aquitaine – Alain Rousset 2010. Fans : 923
Alain Rousset. Amis : 2076
Alain Rousset. Fans: 69

Le Modem

Mouvement Démocrate – Modem Aquitaine. Membres : 189
Jean Lassalle – Candidat à la présidence de la Région Aquitaine. Membres : 473
Jean Lassalle. Fans : 1054
Jean Lassalle. Amis: 4

Aquitaine Ecologie

Europe Ecologie Aquitaine. Membres : 121
Europe Ecologie Aquitaine. Amis : 558
Monique de Marco. Amis : 1016
Monique de Marco. Fans : 356
.

Entre le parti, l’équipe et la tête de liste les approches sont différentes. La question serait de savoir si les candidats utilisent vraiment les différents statuts relativement à leurs fonctionnalités, ou s’ils créent des pages au gré de leur feeling du moment. Il faudrait adresser quelques questions aux divers staffs à la fin de la campagne, ce n’est pas exclu.

.
:: Pour conclure ::

Terminons par là où nous commencions. Jean Lassalle vient tout juste d’annoncer le lancement de son site de campagne (mieux vaut tard que jamais), soulignant ainsi la différence avec le site du Mouvement Démocrate qui servait jusque là de plateforme centrale.
En terme de web design, on ne saurait nier que les modèles de WordPress ont la côte. Cette uniformité a peut-être pour avantage de préparer le second tour qui sait ?

jeanlassalle_1.jpg

 

 

sitedarcos.jpg

Régionales Aquitaine: cyberpolitique, Rousset devant Darcos ?

Nous vous avions proposé de suivre l’évolution de la campagne des régionales sur la toile en ce qui concerne le PS et l’UMP. Le 02 décembre avait été l’occasion d’un premier regard. Après un peu plus d’un mois, quelques changements sont à observer.
Nous nous limitons à mettre en parallèle 3 médias principaux : le site de campagne, Facebook et Twitter.

:: Les sites internet ::
Le PS
Le site est actif. En particulier, les responsables de la communication misent sur un mur Dailymotion dynamique, enrichi régulièrement par des interventions d’élus et responsables politiques. Si cette forme de communication fonctionne bien, en revanche les contenus dépendent de la prestation de l’intervenant. Celle de Benoit Secrestat, secretaire fédéral PS 24 est calamiteuse. Il lit un texte placé un texte au-dessus de la camera, un peu comme une pelleteuse ferait de l’art lyrique. C’est sa marque de fabrique, puisqu’il a réitéré l’exercice dans sa présentation des vœux 2010 pour le PS. Effet Botox garanti, il passe à côté du message et de l’intérêt même de la vidéo.

Le bandeau défilant sur les actus met à ce jour l’accent sur l’écologie, Flopenhague et le service public notamment avec les transports en commun. Pied au plancher sur les réalisations écolo par exemple avec le lycée de Blanquefort HQE. Peu importe que ce label n’ait aucune signification réelle, en com’ il passe bien.

L’UMP
A la place des vidéos, les communicants ont misé sur une carte interactive pour créer du lien « participatif ». Signaler un problème, poser une question, etc. Ces participations semblent surtout être une tâche confiée aux militants pour faire vivre une relation à l’apparence poussive. En prime, l’équipe des portes paroles y est sans voix, ce qui ne manque pas d’ironie.

Côté actus 5 nouvelles déclarations. Hormis un sujet sur Flopenhague, (obligé), le site suit les consignes de l’Elysée : taper sur la fiscalité et les finances, 14/12/09.

Impôts régionaux +17%
– Pression fiscale sur les ménages et les entreprises +26% > moy. nationale.
– Taux de la taxe professionnelle de + 64% en 11 ans en multipliant par 3 en 11 ans les charges de personnel.
– Aquitaine comme la 7ème région pour le poids de la fiscalité.

Bref, c’est affreux, l’UMP n’augmentera pas les impôts nous assure-t-on.

Evidement c’est à comparer avec le bilan proposé par le candidat socialiste :

– Un redressement spectaculaire des finances de la Région en 10 ans.
– L’Aquitaine est passée de l’avant-dernière place au trio de tête des Régions les mieux gérées de France entre 1998 et 2007.
– La dette a été divisée par deux tandis que les recettes de la Région étaient dans le même temps multipliées par deux.

Débrouillez-vous avec ça.
A part cette sortie pour honorer le plan com’ national, soit le site sommeille, soit il est en gestation. L’activité n’y est en tout cas pas visible.

:: Sur Facebook ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 740 inscrits. Au 07/01/10 : 815. +75.
Dernier message officiel, 21/12/09.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 478 inscrits. Au 07/01/10 : 706. +228.
Le retard est en train d’être comblé. On notera une forte participation d’utilisateurs quand pour le PS il s’agit essentiellement d’annonces officielles.

:: Sur Twitter ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 70 followers et 6 tweets. Au 07/01/10 : 102 followers et 12 tweets.
C’est toujours extrêmement bas, sinon inexistant. L’augmentation des followers ne tient quasiment qu’à des comptes factices pour faire du chiffre. L’utilisation du média est restreinte au minimum pour des annonces officielles, ce qui ne fonctionne pas sur Twitter.
Ou bien la com’ se plante, ou ils ont fait le choix délibéré d’ignorer ce média, peut-être parce qu’au regard de sa notoriété il n’est pas encore jugé rentable en terme de visibilité.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 441 followers et 16 tweets. Au 07/01/10 : 611 followers et 20 tweets.
Là encore quelques comptes fictifs, mais marginaux. Même s’il est loin d’une NK_M (34 933) ou d’un Benoit Hamon (26 065), il est là, participant très peu et pour des annonces officielles.
On est loin sur Twitter d’une campagne politique à tendance urbaine et numérique. Il semble que cette présence tienne à la dimension nationale du candidat, au fait des tendances, contre un président de Région dont le 1/3 de la population ignore le nom.

:: Conclusion ::
La campagne ne semble pas avoir encore pris sur les réseaux sociaux malgré un début de mobilisation. Cela étant, l’activité du site et le taux de couverture est à mettre à l’actif du PS, face à un groupe UMP qui semble attentiste. Cette impression provient également de la structure même des sites, dont la plateforme socialiste est conçue dans un schéma beaucoup plus dynamique.

Pour l’instant en Aquitaine apparemment, il faut faire du terrain. Les usages numériques semblent encore éloignés d’une population rurale ou composant de moyennes et petites villes. La campagne des principaux candidats sur internet doit être proportionnelle à ce qu’ils en attendent : pas une influence déterminante visiblement. Mais il faudra continuer à suivre pour le savoir.

Quant à Aquitaine Ecologie, dans un style beaucoup plus classique et voulant montrer son attachement pour le fond, du débat, des textes et quelques vidéos. Une surprise cependant qui témoigne de l’ambiguité de cette campagne. Bérénice Vincent, par exemple, est conseillère régionale et adjointe au maire dans des majorités socialistes. Comment justifier dans ce cas les critiques contre le bilan d’Alain Rousset et de pointer les carences du Conseil Régional en matière environnementale?

Critiquer son partenaire et cracher dans la soupe de sa propre majorité, tout en sachant qu’en cas de non victoire d’Aquitaine Ecologie, les fauteuils Verts sont acquis si le PS veut conserver la Région, c’est limite et ça ne peut faire illusion qu’un temps. Bérénice Vincent contre Alain Rousset, c’est un peu comme si Hervé Morin faisait campagne contre le gouvernement Sarkozy. Ce n’est simplement pas crédible.

On ne peut pas se poser en alternative de son propre bilan tout en étant garanti de poursuivre la même politique après la victoire. Il y a là une schizophrénie politique et une forme d’hypocrisie.

Des élections régionales en Dordogne? Ah bon? Nonnnn

Si Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux sports et Alain Rousset, candidat sortant à la Région Aquitaine, étaient à Périgueux, hier, ce n’était pas pour faire campagne. Rien à voir. D’un côté Rama Yade annonçait une « simple visite privée à des militants UMP » pour partager une petite bouffe et de l’autre, Alain Rousset passait par là et en a profité pour boire l’apéro avec ses amis socialistes.

Pour fêter ça, ils se sont tous retrouvés à l’inauguration d’un stade, occasion de faire quelques discours pour savoir, qui, des collectivités locales socialistes ou du gouvernement UMP, avait le plus contribué à ce projet pharaonique.

Croix de bois croix de fer, aucun d’entre eux n’avait présence liée avec la campagne électorale des régionales. Je ne comprends pas à quel point ces gens là sont-ils capables de nous prendre pour des cons. Cela semble hors limite. Ils seraient pris la main dans le sac, ils diraient encore que le sac leur a sauté dessus.

Une brève revue de presse permet néanmoins de dénuder les fils de la manipulation.

:: Alain Rousset est en (pré) campagne ::
Comment dire. Ce n’est pas facile. Attends, on va copier. Alors par exemple, on peut le faire à la manière de Jérôme Glaize pour Sud Ouest :

Dans ce petit jeu, à l’évidence, tous les regards sont bel et bien tournés vers un seul objectif : les élections régionales de mars prochain.

Ca marche bien, c’est habile. La métaphore du regard tourné permet de ne pas la nommer tout en indiquant le chemin (de la compréhension).

Après il y a une autre technique, consistant à ne rien laisser entendre de la réalité de l’évènement et à citer fidèlement le candidat, tout en déroulant les faits contradictoires avec les termes :

Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine n’aime pas que l’on dise qu’il est en campagne.

La preuve encore, nous détaille Julie Martinez qu’il n’est pas encore en campagne, puisqu’il est en pré-campagne :

Hier, sa venue à Périgueux, au centre de la communication pour les Rencontres de l’Aquitaine, autour de la fédération de la Dordogne du parti socialiste, était « une préparation de la campagne », nuance-t-il.

Une préparation de campagne dans laquelle l’article détaille le programme politique d’Alain Rousset pour la Dordogne, occasion de dérouler son slogan, « innovation, solidarité, écologie ».

Nous sommes prévenus, Alain Rousset n’est pas en campagne électorale. Il fait simplement un tour de chauffe dans lequel il bat la campagne en exposant son programme devant des citoyens au sujet desquels il ne verrait aucun mal à ce qu’ils votassent pour lui. Vous voyez la nuance j’espère ?

:: L’UMP, au hasard des rencontres ::
Côté UMP cette fois, la campagne n’est pas lancée non plus. Peu importe que le Figaro, (que l’on ne saurait soupçonner de félonie envers le chef de l’Etat), titre le 29/11/09 :

Régionales : Sarkozy lance la campagne UMP

Euh oui, ce titre fait suite à une petite réunion du parti UMP avec le conseil national de l’UMP dans laquelle Nicolas Sarkozy a effectivement évoqué les élections régionales.

Mais force est de constater que là encore, l’UMP n’est pas en campagne en Dordogne et à Jérôme Glaize encore d’en démontrer l’ambiguïté :

Rama Yade a beau assurer qu’elle ne vient pas en Dordogne dans le cadre de la campagne des élections régionales, qui n’est d’ailleurs pas encore officiellement lancée du côté de l’UMP, l’autre volet de sa visite est bel et bien politique.

Bref, la venue de la médiatique secrétaire d’Etat aux sports n’a rien à voir, mais strictement rien à voir avec la l’échéance des élections régionales.

Au point même que la coupe en est pleine de ces manières politiques qui ne sont qu’un écran de fumée aussi grossier que malhabile. Jérôme Glaize à la manœuvre conclut :

Si ce n’est pas un lancement de campagne électorale UMP en Dordogne, ça y ressemble en tout cas drôlement !

Tout ce petit monde n’est pas en campagne électorale, mais agit et parle comme s’il l’était. Au point que ce double jeu s’avère bien trop hypocrite pour être traité dans la dentelle littéraire.

:: Tout ce qui peut être dit… ::
peut être dit clairement, ce dont on ne peut parler, il faut le taire. 

Ainsi, Michel Labussière pour la Dordogne Libre ne s’embarrasse pas de la communication officielle des partis politiques et titre :

Élections régionales – Deux rassemblements gauche-droite se télescopent aujourd’hui.Le match Alain Rousset – Rama Yade

Et là le journaliste déroule sans se soucier des apparences que les politiques essaient de préserver contre l’évidence :

Plus autistes que névrosées, les deux organisations politiques confirment avoir prévu leurs rencontres périgourdines respectives parallèlement? Voici plusieurs semaines, en s’ignorant l’une l’autre.

Histoire de finir au bazooka contre cette mascarade :

En revanche, en apprenant que les deux manifestations de campagne allaient se télescoper, elles ont essayé d’ajuster savamment le tir pour occuper le terrain chacune à leur façon.

Il n’y avait pas besoin de jouer les avaleurs de sabre pour expliquer la situation. Ils parlent comme s’ils étaient en campagne, ils agissent comme s’ils étaient en campagne, ils sont en campagne. Maintenant que les candidats minaudent parce que ces actes et ces mots ne correspondent pas exactement à leur calendrier officiel, cela n’a aucune espèce d’importance pour la réalité de leurs objectifs. Essayer en plus d’en convaincre les populations et les journalistes (vigilants) est un déni de réalité insultant pour ceux qui sont contraints de subir leurs logorrhées auto satisfaites.