Sud Ouest Dordogne, antenne relais de la communication municipale ?

Virginie Desmet pour Sud Ouest Dordogne, vient de signer le dernier papier sur les antennes relais de téléphonie mobile intitulé : « Mairie et opérateurs sur la même longueur d’ondes ». Avec Virginie Desmet, la mairie de Périgueux n’a plus besoin de service de communication, elle n’a qu’à sous-traiter à Sud Ouest. Voilà le topo.

La ville de Périgueux a signé une convention avec les quatre opérateurs de téléphonie mobile pour apporter une gestion « concertée » de l’implantation des antennes relais. La raison donnée à la journaliste ? « Vigilance » et « Transparence » pour « Rassurer les populations et leur donner une certaine confiance en vous et en nous».

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Elle est où l’antenne relais ? […] Oo

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a tenté de cacher à la population l’implantation d’une antenne relais à moins de 100 mètres de la crèche des Arènes, le doute s’est quelque peu installé.

Forcément, depuis que le maire de Périgueux a lâchement interprété un arrêt du Conseil d’Etat comme une invitation à la déresponsabilisation (alors que c’est totalement faux), sa crédibilité est engagée.

Par ailleurs on peut s’interroger sur l’opportunité derrière cette nouvelle convention. En novembre 2010, le maire de Périgueux a créé une commission extra municipale à laquelle les opérateurs siègent et doivent déjà présenter leur projet d’implantation avant de les réaliser.

Las, la journaliste nous apprend que depuis plus d’un an, cette commission était factice et officieuse. En effet jusque là la commission ne valait rien, puisque son « existence est officialisée par la nouvelle convention ».

Compliqué pour la journaliste de bien répéter sa leçon municipale. Il y avait une commission, mais officieuse. Dans ce cas à quoi servait-elle ?

Sud Ouest: des faits erronés pour des commentaires serviles

Compliqué. Le 28 septembre 2010, le maire de Périgueux déclarait en conseil municipal :

« c’est qu’aujourd’hui nous avons quand même des doutes sur les effets de ces antennes à proximité des lieux de la petite enfance »

Mais depuis, à propos de la crèche des Arènes: rien. Même si de son côté l’Union Européenne préconise fortement d’éloigner les antennes relais téléphoniques à plus de 100 mètres des lieux de concentration de populations fragiles et à risques. Comme les enfants en bas âge par exemple.

Peu importe, la journaliste nous parle de « vigilance » et de « transparence ». Une seule interrogation serait de trop.

Jusque là, la journaliste s’était contentée de ne pas poser de questions et s’en était tenu à relayer fidèlement le message municipal. Mais en fin d’article, lancée dans ses roucoulades auprès du maire du Périgueux, Virginie Desmet se lâche.

Pour la journaliste, le collectif Priartem 24 est composé de « radicaux ». Et oui, « Ils sont persuadés que la commission antenne-relais est ‘instrumentalisée’ ». Si la journaliste avait fait son boulot elle aurait vu que c’est la vérité. C’est un fait. Mais elle n’est pas là pour ça.

On va donc rappeler à cette journaliste ces faits qu’elle méprise au profit d’une servilité si peu déontologique envers la communication politique.

« Ce projet n’a pas rencontré d’opposition particulière »

Une commission municipale s’est réunie le 03 novembre 2010, à laquelle participait le collectif Priartem. En séance, Orange a annoncé son projet déposé en mai 2010 d’une nouvelle antenne relais à la Grenadière. Le collectif Priartem a manifesté son désaccord, au motif que la Grenadière, avec ses grands immeubles, est déjà équipée d’une forêt de relais.

Conclusion du maire de Périgueux, via un courrier officiel aux habitants de la Grenadière :

Ce projet a été présenté lors de la commission consultative relative aux antennes relais et n’a pas rencontré d’opposition particulière

Mais Virginie Desmet n’est pas allée jusque là. Pour elle, le collectif Priartem est simplement « persuadé » d’être manipulé. Et c’est parce qu’ils sont intégristes, pardon, « radicaux », qu’ils ne veulent plus siéger à la commission, version officielle de la mairie de Périgueux.

La journaliste aurait pu consulter les archives du journal qui l’emploie. En date du 14 janvier 2011 :

« Nous ne sommes ni des intégristes, ni de simples contestataires. » Le collectif Priartém (1) ne veut pas bannir les antennes relais et les téléphones portables de notre univers. Ses membres, une trentaine, se battent à Périgueux contre la concentration des antennes sur certains quartiers, notamment sur une tour HLM à La Grenadière à Périgueux, et autour des zones sensibles comme les crèches, les écoles ou les maisons de retraite. Il en va, assurent-ils, de la santé publique car un nombre grandissant d’études remet en cause l’idée de l’innocuité des ondes produites par les antennes dans notre paysage urbain ».

Mieux, en cherchant à se renseigner, la journaliste aurait pu consulter le site Priartem et découvrir ceci:

Virginie Desmet ne pouvait que finir en beauté

La journaliste arrive à sa conclusion :

« Quoi qu’il en soit, Périgueux est une des rares villes de France à s’être engagée dans une telle démarche. Elles sont trois en Aquitaine : les deux autres sont Bordeaux et Bayonne ».

Ce n’est pas sa propre conclusion bien sur, mais celle qu’il est demandé de véhiculer par la municipalité, dont on trouve l’original ici [Bulletin municipal 1er trimestre 2012]:

A ce jour en Aquitaine, seules les villes de Bordeaux et Bayonne ont mis en place des commissions similaires…

Dans les deux cas, il faut omettre un détail. Il faut même mentir par omission, soyons clairs. C’est que la ville de Bordeaux a été condamnée à 4000 € d’amende par le Conseil d’Etat en date du 26 octobre 2011.

Par un arrêté de règlement général, la ville de Bordeaux, le 12 février 2010, avait imposée des limites strictes aux implantations.

Un considérant en 5 points du 12 février 2010:

– Considérant qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences notamment à long terme ; et que plus généralement l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour ;

– Considérant qu’en matière d’exposition aux champs électromagnétiques engendrés par les radiofréquences, une attention particulière doit être portée aux enfants à la vulnérabilité supposée plus grande ;

– Considérant les fortes inquiétudes formulées par des parents dont les enfants fréquentent des établissements ou lieux publics à Bordeaux à proximité desquels des antennes émettrices de radiofréquences sont installées ;

– Considérant que l’un des opérateurs a dérogé aux avis défavorables émis par la commission de concertation sur certains projets ;

– Considérant qu’il y a lieu de prendre des mesures préventives ;

Les fondements juridiques de cette arrêté étaient nombreux et avaient été validés par le Conseil d’Etat par un arrêt du 19 juillet 2010, dans lequel la haute juridiction validait l’application du principe de précaution.

C’est par un revirement étonnant du Conseil d’Etat en 2011 que cet arrêté bordelais s’est éteint.

Depuis 2007, la ville de Bordeaux était engagée dans une action concrète d’application du principe de précaution et de limitation de l’implantation des antennes relais. Ce que jamais n’a fait la mairie de Périgueux, absolument jamais.

Le fait de comparer sur un même plan les mesures prises par les villes de Périgueux et de Bordeaux est un pur mensonge. C’est une idée crapuleuse du service de communication de la ville de Périgueux. C’est vraiment navrant de retrouver cet enfumage sous la plume d’une journaliste.

Conclusion

On retrouve dans cet article exactement le plan com de la mairie de Périgueux sur le dossier « antennes relais ».

  • Le maire agit dans la transparence et le souci des administrés
  • Ses opposants sont des fanatiques et des extrémistes
  • Le maire est précurseur, à égalité avec la ville de Bordeaux

La presse ne faisait pas mieux dans les années 50 en Union Soviétique.

Antenne relais au-dessus d’une crèche: la honte

Vous vous souvenez peut-être qu’à Périgueux, et c’est une exception sur le territoire national en 2011, il y a toujours une antenne relais pour la téléphonie mobile à moins de 100 mètres d’une crèche

Quand de nombreux maires en France contestaient ce type d’installation à proximité de groupes « fragiles », le maire de Périgueux signait de bon cœur l’autorisation de cette implantation. Une autorisation délivrée en catimini, un ouvrage dissimulé dans une fausse cheminée, mais révélé par le collectif Priartem de Périgueux.

Un arrêt de la Cour d’appel de Montpellier du 15 septembre 2011 vient confirmer la décision de la Cour d’appel de Versailles. La Cour a ordonné le démontage d’une antenne relais SFR pour « trouble anormal de voisinage » et « crainte légitime d’un risque sanitaire ». [La totalité du dossier en pdf]

L’avocat des plaignants a pu conclure : Dans quelques années, on va assister à la mise en examen de maires à cause de ces installations

Au passage, le Conseil de l’Europe préconise vivement d’interdire les antennes relais à moins de 100 mètres de populations fragiles et il y a peu, en mai 2011, il vient de préconiser un seuil de prévention de 0.2 V/m et non 0.6 V/m comme c’était le cas.

Aussi, quand en juillet 2011, le magazine de la ville de Périgueux titrait : « La ville dans l’obligation d’accepter les antennes-relais », nous étions dans le mensonge le plus éhonté.

A l’ombre des opérateurs de téléphonie mobile auxquels il s’est offert dans sa plus stricte nudité, le maire de Périgueux se protège des radiations de la vérité. Dans son sillage, les élus d’Europe Ecologie s’émeuvent, parlent beaucoup, mais ne font rien et dans l’opposition, silence radio.

Quand prochainement, ce type d’installation au-dessus de la tête des gosses sera interdit par la législation ou que le niveau des émissions devra drastiquement baisser, il sera temps de se plaindre. D’ici là les gamins en auront pris plein la tronche, avec des conséquences pour la santé que nous découvrirons effrayés.

La lâcheté des élus se compensera par une communication dont ils ont le secret. Comme dans beaucoup d’autres affaires de ce type en France, lorsque les représentants politiques sont défaillants, par intérêt ou par lâcheté, ce sont les citoyens qui se sont faits entendre et ont porté leur cause devant la Justice.

A vous de voir, mais nul ne pourra prétendre n’avoir pas été informé de ce qui allait arriver.

LOL Michel : « Vigilance et transparence » sur les antennes relais

Tout le monde se souvient que Michel avait autorisé une antenne relai pour la téléphonie mobile. Fin 2008, il ne se souciait guère que l’émetteur fut à moins de 100 mètres d’une crèche et encore plus près d’une maison de retraite.

Égal à lui-même, il avait alors jugé préférable de ne pas en informer la population, au cas où, peut-être, cette dernière ne s’inquiète au-delà du raisonnable.

Mais quand la population découvrit ce qu’on lui cachait, autant le dire, Michel s’est fait désosser. Au sein même de sa majorité, des voix s’élevèrent contre ces pratiques politiques d’un autre siècle.

Michel se gratta la tête. Il comprit bien vite que s’il voulait continuer à plaire aux opérateurs téléphoniques, il devait également penser à son image. Et Michel est sacrément rusé. Hein Michel, pas vrai ?!

Alors aujourd’hui Michel est fier d’annoncer sur son site (peu importe l’antenne toujours sur la crèche) :

« LES ANTENNES À PÉRIGUEUX : VIGILANCE ET TRANSPARENCE »

Et oui, à l’été 2011, Michel sentant qu’il a perdu toute crédibilité sur la question, trahi la population pour flatter les opérateurs, il tente de remédier à l’immobilisme par la communication et le marketing.

Michel Moyrand et le mimétisme de la transparence

Michel tu m’en bouches un coin.

La transparence selon Michel

La transparence est à Michel ce que le collectivisme est à Margaret Thatcher.

En toute transparence, Michel avait tenté de camoufler l’antenne relai au-dessus des gamins pour ne rien dire à la population.

Puis dans un éclair de limpidité,  dès la première commission consultative de décembre 2010, Michel en profitait pour mentir publiquement. Il fit ainsi croire aux habitants de la Grenadière qui allaient recevoir une nouvelle antenne, que l’association Priartem Périgueux avait donné son accord. C’était un mensonge.

Et ces derniers lui rétorquent : « Ainsi, le collectif Priartem Périgueux n’entend pas servir d’instrument dans cette instance qui lui semble n’être qu’une mascarade… ».

Sacré Michel, dès la première commission, il tentait d’instrumentaliser les associations à son profit. C’est toute une conception de la politique.

Mon Michel, quand tu essaies de nous faire le coup de la transparence, laisse au moins tes sabots à la maison et viens avec tes mules, ça évitera de t’entendre arriver à des kilomètres…

La vigilance selon Michel

Après avoir, donc, laissé installer cette antenne relai au-dessus d’une crèche et refusant de la retirer, Michel déclarait en Conseil Municipal, deux ans plus tard, en septembre 2010 :

« Nous avons quand même des doutes sur les effets de ces antennes à proximité des lieux de la petite enfance ».

Des doutes oui, l’indispensable faisant de lui un responsable politique, c’est moins sur.

Depuis, Michel doute toujours et partage ses « inquiétudes diverses portant notamment sur leurs possibles impacts sanitaires », confirmant qu’ « il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences ».

Mais jamais jusqu’à protéger les enfants en bas âge de cette antenne relai au-dessus de leur tête ; pour eux c’est trop tard.

Toutefois soyez indulgents. Car si Michel ne le reconnaitra pas directement, vous pouvez être certains que la honte l’habite, que sa lâcheté le hante et que ses mensonges le tourmentent.

Laissons à Michel le mot de la fin afin qu’il partage son analyse sur ce problème de santé publique :

« On n’est plus au temps des indiens et des signaux de fumée » ((Commission consultative, décembre 2010))

Merci Michel

Périgueux Ecologie s’engage contre une antenne relai à 100m d’une crèche

Aujourd’hui est un jour particulier à Périgueux. Le laboratoire Aexpertise livre ses premiers résultats sur les mesures du champ électromagnétique au sein de la crèche à moins de 100 mètres de la nouvelle antenne relai.

Sud Ouest (En dessous du seuil) et Dordogne Libre (Les premières mesures de l’antenne relai sous le seuil de tolérance) s’en font l’écho et nous livrent les résultats suivants : 0.16 et 0.2 volts/mètre. Il faudra attendre un mois pour connaitre les conclusions définitives, qui devraient nous confirmer que tout va bien au pays merveilleux des normes. C’est un peu l’interprétation que l’on peut faire des propos tenus par Julienne Berro, du service développement durable à Périgueux:

Et si jamais cette réglementation n’était pas respectée, « on pourrait facilement se retourner contre les opérateurs responsables »

Comme chacun sait que la réglementation sera respectée et que le problème, pour le principal, n’est pas là… Autant que dans un combat au corps à corps entre Oui Oui et Predator, on nous conseillerait de parier pour le second comme le feraient avec science les Barbapapa.

:: Des mesures ineptes et sans valeur ::

Après avoir dissimulé l’existence de cette antenne à la population, le maire de Périgueux avait fait saisir, à la demande du collectif Antenn, Aexpertise pour procéder à des mesures complémentaires. Le calendrier de ces expertises étant connu à l’avance, nous présumions que les résultats seraient excellents! Et ils le sont à la date du 15 mars 2010, encore un pronostic gagnant des Barbapapa.

Inutile de rappeler que les mesures n’ont de sens que si elles sont inopinées et effectuées par des organismes non mandatés par l’opérateur, comme en témoigne le jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris du 02 mai 2006 sur des collusions et des manipulations.

:: Une réglementation de 61 à 0.6… ::

Le contexte réglementaire est relativement velu. Le décret dit « Jospin » de 2002 établit des seuils limites : 41, 58 et 61 volts/mètre pour les signaux de téléphonie mobile (respectivement 900 ; 1800 et 2100Mhz). Mais il se heurte au décret du 18 octobre 2006 qui est la transcription de la directive européenne 89/336/CCE, fixant un seuil maximal de 3 volts/mètre. Comme quoi, les normes annoncées en fanfare sont largement discutables. L’amplitude des rapports entre différentes normes et préconisations manifeste en soi une imprécision certaine et une indécision politique. On passe allègrement de 61 à 3 pour arriver à 0.6…

Cela nous importe peu en l’espèce, puisque la première mesure est de 0.2 volts/mètre, largement inférieure au seuil de 0.6 volts/mètre habituellement préconisé. Il faut dire que lorsque mon portable sonne pour me prévenir d’un radar, j’ai tendance à ralentir, c’est humain.

:: Périgueux Ecologie prend position::

Périgueux Ecologie vient ce soir de prendre position publiquement sur le dossier par la voix de madame Patriat, adjointe au développement durable, (concrétisant son engagement de prendre position dans le bulletin municipal n°5 du dernier trimestre 2009):

Je pense que le principe de précaution doit désormais s’appliquer pour toutes les installations d’antennes-relais à venir à Périgueux proches d’un établissement accueillant des enfants et des jeunes (crèches, écoles, accueils périscolaires, etc…).
De plus, je souhaite apporter des précisions plus générales :
les mesures effectuées rue Wilson ne sont pas acceptables (le jour des mesures était annoncé dans la presse);
le démontage de cette antenne doit être demandé;
l’abaissement du seuil d’émission à moins de 0,6 Volt/Mètre pour toutes les antennes de la ville doit être négocié avec les opérateurs après des mesures indépendantes et inopinées.

Cet engagement politique est le premier dans son genre. La municipalité demeurait jusque là silencieuse dans sa majorité. Pour la première fois dans ce dossier, un responsable politique s’engage clairement pour l’application du principe de précaution en demandant le démantèlement de l’antenne relai.

Ce n’est en rien une fantaisie politique sortie du chapeau équitable. Il s’agit rien de moins que d’anticiper avec bon sens et courage la proposition de loi du 08 juillet 2009 à l’Assemblée Nationale, la proposition de loi du Sénat du 17 avril 2009, ou encore le consensus parlementaire du 19 septembre 2005, ou bien encore les préconisations du Parlement européen. Et pour finir, de suivre les propositions d’expérimentations (0.6 volts/mètre) du Grenelle des ondes qui demeure sans effet sur la réglementation.

Tous ces textes sont d’accords sur deux points essentiels:

1. La limitation du seuil à 0.6 volts/mètres

2. Un périmètre de sécurité de 100 mètres autour des écoles et des crèches

:: Convaincre le maire de ses propres déclarations ::

Le problème sera de savoir comment passer des mots aux actes. Il faudra convaincre le maire que la stratégie de camouflage derrière une réglementation vacillante et contredite par la jurisprudence est vouée à l’échec. Que la non information de la population sur un problème de santé publique, ou l’ignorance d’un risque de trouble à l’ordre public, ou encore le devoir de prudence vis-à-vis des tiers, mettent en jeu sa responsabilité, bien au-delà du strict respect du Code de l’urbanisme.

Cela en tenant compte bien sur de la politique. Le dossier n’étant pas défendable et voué à l’explosion, autant le déminer réellement avant de devoir le porter comme une ceinture d’explosif électoral.

Il y a une chance d’y parvenir, avant que le maire ne soit définitivement perçu comme acquis aux lobbies de la téléphonie, si l’on considère ses récentes déclarations du mois de mars sur France Bleue Périgord:

Je suis écologique au quotidien depuis ma plus tendre enfance.

Comment faire une telle déclaration sans appliquer le principe de précaution, en laissant une antenne relai à moins de 100 mètres d’une crèche et sans tenir compte de l’inquiétude des parents (autrement que par des mesures douteuses cela va de soi)?

:: Collectif Antenn ::

Aujourd’hui, le collectif Antenn a besoin du soutien de tous les périgourdins et de ceux qui n’en sont pas aussi. L’antenne est là, elle aurait pu être ailleurs. La prochaine sera peut-être au-dessus de votre chambre, à vous conduire, qui sait, vers le pavillon des cancéreux; en attendant que s’applique légalement ce que tout le monde sait être une nécessité.

On peut contester l’efficacité d’une pétition. N’empêche, on peut toujours la signer, ce n’est pas grand chose. Parler, échanger les liens, discuter, voilà aussi qui parait peu mais fait beaucoup. En fait, comprendre que ce n’est pas parce qu’on n’a pas un gamin dans cette crèche que l’indifférence est justifiée. Et ça devrait faire le reste.

Nous reparlerons très prochainement et régulièrement de cette antenne, ainsi que des propositions concrètes de Périgueux Ecologie. Un clip vidéo contre cette antenne est en cours d’élaboration. La totalité des médias nationaux sera interpellée, radio, tv, presse, web, etc. Il suffira d’une étincelle, d’un instant opportun pour braquer la lumière sur cette crèche et la revendication des mamans.

J’en appelle ici à tous ceux qui croient en la prudence de ne pas laisser une antenne relai à proximité d’une crèche. Tous les mois je vous sais plus nombreux à lire ce blog. Faites circuler cette information, faites rouler la boule de neige.

Périgueux: à 100 mètres de la crèche l’antenne relai est un succès

A Périgueux, la récente installation d’une antenne relai (novembre 2009) en centre ville laisse aujourd’hui planer quelques questions. Installée en catimini et destinée à le demeurer puisqu’elle était dissimulée, l’antenne a été découverte fortuitement par les habitants, soigneusement tenus à l’écart jusque là.

Faisant suite, un collectif s’est formé, le collectif Antenn, pour prévenir le maire de ses inquiétudes. Car cette antenne relai pour téléphonie mobile est située à moins de 100 mètres d’une crèche. Blog, articles de presse, pétition, groupe Facebook, ce collectif s’est fait entendre.

Conséquence, le maire a répondu par une demande de mesures imprévues à l’origine (du champ électromagnétique) à l’opérateur. Or il est déjà acquis que ces mesures (prévues pour le 08 mars 2010) correspondront aux normes règlementaires, qui ne feront que justifier la légalité de cette déclaration préalable octroyée par le maire. Ce n’est pas sur ce terrain là que le problème se pose.

:: L’ambiguité du collectif Antenn ::

Il est étonnant de voir aujourd’hui ce collectif se contenter de telles mesures; on ne peut y croire. Leur récente déclaration dans la presse est pour le moins optimiste dans leur forme interrogative. Pour tout dire, on la croirait presque politique. Le lundi 1er mars 2010, Mariette Lavigne, du Collectif Antenn, déclarait :

C’est bien que la mairie se soit saisi de ce dossier, mais est-ce qu’elle va prendre des décisions contre cette antenne, au nom du principe de précaution ? Nous ne savons pas.

La mairie n’a pas saisi ce dossier suite aux demandes du collectif Antenn en janvier 2010. La mairie a été saisie du dossier à l’automne 2008, lors de la demande d’autorisation de construire. Rien ne lui avait alors posé de problème. Elle a accordé cette autorisation sans la moindre question ni demande particulière concernant l’impact de l’ouvrage sur la santé publique. A aucun moment elle a considéré que la population devait en être informée. Et ce n’est qu’à la demande des habitants que la mairie s’est manifestée auprès de l’opérateur (en janvier 2010) pour des informations complémentaires.

Au nom du principe de précaution ? Pas vraiment. Le principe de précaution suppose nécessairement une anticipation. En accordant l’autorisation de construire, la mairie ne s’est pas placée sous le principe de précaution. Au contraire, elle a considéré qu’il ne valait pas d’être appliqué en l’espèce.

:: Politique en eau trouble ::

Or en avril 2009 Moyrand (le maire) devait déjà être prévenu du rapport du Parlement européen (Courrier des maires):

Ce rapport préconise une distance minimale entre les antennes relais et certains établissements « sensibles », comme les crèches, les écoles, les maisons de repos et les établissements de santé. Il insiste également sur la question de l’information des citoyens…

Pourquoi? C’est simple poursuit le Courrier des maires:

Enfin, Le Parlement invite à « procéder à la révision des limites fixées pour les champs électromagnétiques (…) et ce d’autant plus que certaines études ont révélés que de très faibles rayonnements ont des effets très néfastes ». Il reconnait que neuf Etats membres au niveau national ou régional ont déjà adopté des normes de protection plus sévères (la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche et la Bulgarie, entre autres).

Lorsqu’un maire entend s’appuyer sur le principe de précaution, c’est pour bloquer ce genre de projet à titre préventif. Que se passe-t-il alors ? Il mobilise et informe la population, se fonde sur les préconisations européennes, alerte les associations, s’appuie sur la jurisprudence récente et n’hésite pas s’il le faut, à fermer l’établissement public sujet à précautions. Bref, le maire n’est pas « prisonnier » de ces règles d’urbanisme comme s’en défend avec veulerie le maire de Périgueux (Sud Ouest avait complaisamment relayé cette version pour Playmobil en janvier 2010).

Mieux, en décembre 2008, quand Moyrand signait sans sourciller l’autorisation de construire, le conseil municipal de Valence, à l’unanimité prenait un arrêté interdisant les antennes relais à proximité des écoles. Voici l’argumentaire de l’adjointe au maire de Valence, Michèle Rivasi:

D’abord, par le rapport scientifique « Bio initiative » qui prouve les dangers des champs électro-magnétiques notamment sur le système nerveux. Deux : une résolution du parlement européen qui demande la réduction des normes. Trois, le principe de précaution. Et enfin, je vais argumenter sur le fait que le nombre de collectifs qui se créent pourraient troubler à terme l’ordre public.

Voilà ce que cela donne quand un maire concrétise sa volonté politique en ne se cachant pas derrière des prétextes fallacieux:

Par exemple enfin, le maire de Périgueux est tellement « prisonnier des règles » qu’il aurait pu participer à l’opération pilote pour tester l’abaissement de l’exposition aux ondes. L’appel à candidature date de septembre 2009 et pas de danger, le président est un député socialiste. Cela n’aura pas suffit, mieux vaut se dire impuissant qu’eunuque, ça laisse toujours un espoir.

Ce n’est pas non plus le Code de l’urbanisme qui lui interdisait d’informer la population, non?

C’est donc avec une ironie consternante que le maire relate aujourd’hui dans Dordogne Libre (04/03/10) la pétition contre l’antenne relai de Gay Lussac, sans faire mention de celle du collectif Antenn:

Rue Gay-Lussac, les gens ont demandé que des mesures soient réalisées. Elles ont été faites et on a transmis les résultats.

:: Des antennes relais politiquement instrumentalisées ::

D’un côté les Verts, au sein de la majorité municipale, ont fait preuve de ténacité en dénonçant l’installation de l’antenne Gay-Lussac, installée par « l’irresponsable » municipalité précédente, de droite. Mais de l’autre côté, ces mêmes Verts sont bien plus discrets, voire atones, sur cette nouvelle antenne relai, installée par leur propre majorité. Dans les deux cas ce traitement différencié peut surprendre. Une alerte publique et tonitruante pour l’une et un grand silence révérencieux pour l’autre.

Il ne saurait y avoir une « antenne de droite », qui sert à conspuer l’adversaire et une « antenne de gauche » légitime, car installée par les alliés politiques. A l’inverse, s’inscrire contre cette antenne relai placerait les Verts dans une forme d’opposition, d’où peut-être leur mutisme. Difficile dans ces conditions de faire de la politique au nom de l’écologie, mais rassurant de faire de l’écologie au nom de la politique. 

Pire, l’instrumentalisation politique d’un problème de santé publique témoigne d’une dérive des responsables locaux. Passe encore qu’ils justifient leur gabegies budgétaires par celles de leurs prédécesseurs pour dissimuler leur frivolité (+62% au budget de la CCI). Personne n’est dupe. Mais là on touche à la santé des individus et a fortiori d’enfants en bas âge. C’est exécrable et ça sent tout comme.

:: Quel est le bilan provisoire sur ce dossier en attendant des mesures ? ::

Politiquement la majorité fait bloc au détriment du reste, la solidarité municipale joue à plein. Le maire a refusé l’application du principe de précaution, ce qui est loin d’être l’orientation de beaucoup d’autre maires (dont certains n’instrumentalisent pas la réglementation pour justifier leur immobilisme). Les Verts, surpris par cette autorisation, sont contraints à la compromission au détriment de leurs engagements. La droite de son côté est disqualifiée pour se porter à la rescousse du principe de précaution, dénigré par les orientations gouvernementales, (le Grenelle des ondes ayant accouché d’une souris).

Pour sa part, le collectif n’apparait que relativement soutenu, suite peut-être à une stratégie en apparence très policée (la gentille question au gentil maire fera sourire le gentil opérateur). Quelle pression! C’est là encore loin d’être la tendance générale. On sait très bien que les opérateurs sont rompus au rapport de force et qu’ils maîtrisent leurs dossiers. Ils ne peuvent qu’être satisfaits des demandes périgourdines, qu’elles proviennent des habitants ou du maire. Elles sont en l’état l’assurance de la pérennité de l’antenne. Cette partition ils la connaissent par cœur.

Pour l’heure tout va bien. L’antenne a été autorisée et elle fonctionne. Ce dossier est visiblement trop loin de l’échéance électorale (municipale) pour avoir le poids qui lui revient. Car en attendant, à 100 mètres de là, les bambins courent gaiement.

Où l’on s’embarque pour des années à négocier platement à coup de contrainte de couverture du territoire, d’égalité de la concurrence  et de consommation de communications, où l’on dit NON maintenant. Certes avec un effet juridique et politique non neutre mais rejoignant un mouvement vaste et organisé. Ce sera difficile, car Moyrand s’est positionné depuis l’origine dans le camp de l’opérateur au détriment des habitants. Mais c’est loin d’être impossible, car un politicien a en général une veste adaptée à ses intérêts.