Elections régionales en Aquitaine, premières observations

Ce billet servira d’aide mémoire en abordant sans creuser quelques éléments de ce 1er tour des élections régionales en Aquitaine et en Dordogne. Il se décline en quatre zooms thématiques :

– Les sondages
– La particularité Aquitaine
– Les grandes alliances de second tour
– L’abstention

:: Les sondages ::

Le 25 février 2010, Sud Ouest diffusait un sondage SO/Tv7/Ifop donnant les intentions suivantes :

Alain Rousset : 31%
Xavier Darcos : 24%
Jean Lassalle : 12%
Monique de Marco : 11%

Dans cette affaire, le FN était superbement ignoré, erreur classique à partir de laquelle on a beau jeu de s’étonner par la suite, face au résultat toujours trop élevé.

Les résultats du 1er tour, 14 mars (JDD) :

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En moins de 3 semaines, le PS a donc progressé de 6.63%, ce qui marque la différence la plus notable. Alors que les écarts pour les autres partis candidats, 2% pour l’UMP, 1.73% pour le Modem, 1.25% pour EE semblent indiquer la stabilité du sondage.

Certes, Europe Ecologie et le Modem étaient à 1% prêt, induisant sa capacité à négocier pour le premier et à se présenter en finale pour le second. Le FN pour sa part recule depuis les élections de 2004 de 2.73%, ce qui suffit à l’éliminer du second tour, une très bonne nouvelle pour l’Aquitaine.

Au final, l’instantané du 25 février est contradictoire. L’ordre d’arrivée est correct et les chiffres assez fidèles pour 3 formations politiques sur 4, mais il demeure sous-estimé pour le PS. Il faudrait comprendre pourquoi il était erroné à l’instant T ou comment le PS a gagné 6.63% en 3 semaines. L’écart cumulé à la baisse des 3 autres formations atteint 5.98%, c’est peut-être une piste.

:: Les particularités de l’Aquitaine ::

En comparaison des résultats nationaux, l’Aquitaine se fait mutine:

– Europe Ecologie arrive en 4ème position perdant 3.55% sur la moyenne nationale.
– L’UMP et son candidat « malgré lui » accuse un retard de 4.65% par rapport à une moyenne déjà jugée mauvaise.
– Le Modem aura son unique candidat présent au second tour avec +6.43% sur le national avec un score global de 4%.

Le PS s’y montre souverain avec +7.62% sur la moyenne nationale. La niche électorale de l’alternative à la suprématie PS/UMP (près de 60% des voix cumulées) n’est pas occupée par les écologistes mais par le Modem. Ou plutôt par son candidat (Jean Lassalle) à la ruralité claironnée qui a plus convaincu dans les campagnes que des écologistes intrinsèquement citadins. (En particulier dans les Landes, Cf. Carte dynamique de 20minutes.fr).

:: Les grandes alliances de second tour ::

L’UMP se vante de ne pas en avoir, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. La négociation sera en revanche toute autre entre le PS et Aquitaine Ecologie.

En 2004 les deux formations s’étaient présentées conjointement. Elles avaient gagné de la même façon et par conséquent partagent en 2010 un bilan commun au terme du mandat, ce que les socialistes ont largement rappelé. C’est le cas aussi pour les mandatures en cours dans les municipalités.

Or après les élections européennes, les écologistes ayant décidé de faire cavalier seul au premier tour, ont du trouver à redire sur le bilan régional, subitement devenu socialiste, comme si les Verts n’avaient fait que de la figuration pendant 6 années.

Il faut donc aujourd’hui recoller les morceaux pour retrouver son fauteuil régional, en expliquant que l’unique objectif est de battre la droite, ce qui est déjà chose faite. N’en demeurent pas moins des divergences, véritables ou de façade.

Au meeting PS du 22 février, les Verts ont été vilipendés au même titre que la droite (SO 23/02/10) :

Bien sûr, la problématique environnementale est très présente, mais cela ne peut pas se faire sans l’économie, sans la démocratie, sans une synthèse. Il faut laïciser cette problématique ; qu’il n’y ait pas de dogme.

Ils ne sont par cette phrase que présentés comme une sorte de secte à grand bonnets pointus, non blancs ici mais verts.

On est pour le TGV à Bègles, mais quand on sort de Bègles, on le combat ! Il ne faut pas s’aimer quand on a des mandats et qu’on abuse autant la population. Les Verts expliquent être contre le TGV ; c’est une imposture ! Même chose pour le terminal gazier. C’est le retour à la grotte primitive !

Ici ils auraient trompé la population et sont affichés comme des rétrogrades, des passéistes anti progrès. Ce n’est ni plus ni moins que l’angle d’attaque de l’UMP sur le plan national avec la décroissance par exemple.

L’attaque fut si vivement ressentie que la candidate Aquitaine Ecologie avait répliqué sur son site :

Le Néandertalien écologiste ne remerciera donc jamais assez Sapiens Savary [candidat PS Ndlruedelachouette] pour lui avoir permis d’apercevoir la lumière de la modernité. Une idée vient à Néandertal : Homo Sapiens serait-il nostalgique du 20ème siècle ? Néandertal, lui, est sur d’une chose : il préfère le 21ème.

C’est ainsi que Monique de Marco a fini par fustiger l’action du PS (SO 06/03/10):

Elle a évoqué hier le ripolinage écolo des propositions du Parti socialiste qui a la même politique de croissance que la droite depuis des années.

Aquitaine Ecologie doit donc maintenant expliquer la fusion avec un Parti Socialiste qui a tant d’accointances avec une gestion de droite. Et cela en sachant qu’ils sont en position de faiblesse pour négocier quoi que ce soit proportionnellement à un score qui demeure un échec en deçà des 10%. Sans le levier de négociation que représente la capacité à se présenter au second tour, cela risque de ressembler à un piteux retour au bercail.

:: L’abstention ::

Le Monde.fr

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En quelques chiffres d’abord : 50.44% en Aquitaine, soit 1  150 340 absents. En Dordogne, 45.85%, soit 141 328 absents. A Périgueux, 47.91%, soit 8 576 personnes.

Nous n’irons pas plus loin aujourd’hui sur l’abstention. Elle mérite du recul et de l’analyse considérant que 23 millions d’inscrits n’ont pas voté. La plupart des réactions politiques sont simplement consternantes, nous en formons un bouquet garni dont nous reparlerons à l’occasion.

En dégustation quand même, il faut connaitre l’analyse de Michèle Delaunay (députée socialiste de Gironde – voir son activité sur Nosdéputés.fr). L’abstention est causée par les sondages. Ces derniers ont pour effet de perturber psychologiquement l’électeur, entrainant un état de confusion mentale entre « réel » et « virtuel ». De fait :

De plus en plus de gens ne perçoivent plus une stricte séparation entre le virtuel et le réel

Ce phénomène psychologique de masse a donc touché cette fois là plus d’un million de personnes en Aquitaine. Une thèse ainsi défendue par une députée semble plus grave encore pour le Parlement que pour les résultats électoraux.

Mais ce n’est pas tout, car les médias aussi livrent leurs explications sur l’abstention. En la matière c’est Sud Ouest Périgueux via Hervé Chassain qui livre aujourd’hui ses conclusions :

Une inquiétude cependant pour tous : le faible niveau de participation. Avec 54,15 %, il est très loin de celui des régionales de 2004 (72,10 %). Il est vrai que les scrutins précédents étaient jumelés à des cantonales, renforçant leur intérêt, surtout en secteur rural. Il est vrai aussi que c’était ce week-end l’ouverture de la pêche à la truite…

Première cause : le jumelage aux élections cantonales
Deuxième cause : la pêche à la truite

Aux dernières élections régionales couplées, l’abstention avait été de 29.69%, soit 89 682 personnes. Sur plus de 140 000 abstentions en Dordogne en 2010, il nous reste donc pour Sud Ouest 51 646 pêcheurs à la truite. Il n’y a jamais en Dordogne qu’un total de 21 000 licenciés à la fédération de pêche… Et par conséquent un niveau de braconnage très inquiétant.

Reste donc la truite comme métaphore de la paresse pour expliquer l’abstention à Sud Ouest. Métaphore que l’on doit retourner au journaliste pour aiguiser ses analyses au regard d’un phénomène grave qui requiert autre chose que légèreté et imprécision.

#RégionalesAquitaine2010 / Twitter: un 2.0 en forme de 0.2 beta test

Depuis le mois de décembre, nous observons comment les candidats aux régionales d’Aquitaine communiquent sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, ces outils ont été intégrés à leur stratégie de communication. Rappel: le principal objectif est de gagner des électeurs. A défaut il s’agit de ne pas en perdre ou de donner l’image d’un candidat déphasé. Dès qu’il y en a un cela devient quasiment une contrainte pour les autres d’y aller aussi. Et c’est comme les auvergnats, tant qu’il y en a un ça va…

Le 14 février, Hervé Pargue a mis en ligne sur pargatruk.com une étude des sites web PS et UMP ainsi que quelques observations acerbes concernant leur présence sur les réseaux sociaux. Il leur prodigue finalement quelques conseils que les candidats ne devraient pas manquer.

Sa conclusion est sans appel :

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres. Sans réfléchir, surtout, à une stratégie innovante d’utilisation des plateformes. Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique.

Il faut insister sur le fait que les candidats auront fait les 2/3 de la campagne électorale sans avoir mis à disposition leur programme politique. Ce dernier apparait ainsi comme second dans les priorités de communication, alors que pourtant, il est le socle même sur lequel est censé s’appuyer le choix électoral. Signe des temps, on aura eu toutes les dates jusqu’au moindre rendez-vous sur le marché de Levignacq, mais il aura fallu attendre les dernières semaines pour découvrir leurs projets.

Pour ce qui nous concerne, nous observerons ici plus en détail les candidats aquitains sur Twitter durant le mois de février. Où en sont-ils ? Comment progressent-ils ? Comment communiquent-ils ? Bref, comment intègrent-ils l’outil à leur stratégie de communication au fur et à mesure de la campagne ?

:: La présence des candidats ::
Au crible de SiteVolume il est possible de voir combien de fois un terme a été utilisé. Le nom des candidats existe apparemment dans un circuit assez intimiste. La comparaison avec le nom de Xavier Darcos en tant ministre est assez intéressante.

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On peut noter le contraste entre Jean Lassalle pour le Modem (?) et Monique de Marco pour Europe Ecologie. La visibilité de cette dernière sur le réseau est quasi nulle. Est-ce un déficit d’image ou bien est-ce parce qu’EE fait une campagne collective au contraire des autres candidats qui misent tout sur leur nom propre ?

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:: L’évolution du nombre d’abonnés ::

Il serait faible de dire que les courbes ne sont pas flatteuses. En nombre d’abonnés (200) le PS devance largement ses concurrents, bien qu’il demeure relativement confiné. L’UMP avec 44 abonnés est actif (162 tweets) mais souffre de s’être lancé sur Twitter à la fin du mois de janvier.
Ce qui peut paraitre étonnant (à première vue) est la stagnation (70 abonnés) d’EE durant tout le mois de février. Ce n’est pourtant pas faute de communiquer (90 messages). Sur ce point nous étions dans l’erreur la dernière fois en supposant que le Modem serait derrière EE au regard des contenus envoyés (99 abonnés), des liens FB sans commentaires. Les principales données via TwitterCounter:

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Enfin il faut minorer encore le nombre d’abonnés qui semblent réellement suivre un candidat. Une part non négligeable les suit tous, visiblement par curiosité ou en tant qu’observateur. Proportion non négligeable, une trentaine en tout suit plusieurs candidats à la fois (Twiangulate).

:: La méthode et l’usage de l’outil ::

A juste titre, le relatif échec rencontré par les candidats provient de leur usage de l’outil. Un classique Top/Down servant essentiellement d’agenda et de relai pour des liens Facebook. On note quelques efforts dans la manière de s’exprimer, mais hors d’un usage complet des fonctionnalités possibles. Peu ou pas de Retweets, de Htags et de Reply. Les statistiques ci-dessous permettent de mesurer la très faible utilisation de ces fonctionnalités (sur un échantillon de 50 tweets) et leur résonnance sur le réseau (Tweetreach).

Deux repères et deux comptes bien utilisés pour comparer. Anne Hidalgo (3540 folowers) et Nathalie Kosciusko-Morizet (40 232 followers).

Anne Hidalgo

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Nathalie Kosciusko-Morizet

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Monique de Marco

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Alain Rousset

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Xavier Darcos

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Jean Lassalle

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L’absence d’utilisation des ces fonctionnalités est directement corrélée au niveau d’interaction sur le réseau. Plus les interactions sont faibles, plus les probabilités de rencontrer des abonnés baissent. Évidemment cela comprend des exceptions. On ne saurait mesurer ces principes à la présence du Dalaï-lama qui totalise plus de 132 000 abonnés depuis le 11 février 2010…

:: Followers/Following ::

Dans un réseau essentiellement horizontal, cette communication académique ne rencontre pas le succès, car les candidats ne rencontrent pas les utilisateurs. Leur statut de candidat à une élection locale est largement insuffisant pour générer un intérêt de masse traduit en nombre d’abonnés. Configuration classique donc, moins il y a de following, moins il y a de followers. Là encore cette règle n’est pas intangible, mais s’applique aux candidats aquitains avec une certaine sévérité.

Le désintérêt que les candidats manifestent pour les autres utilisateurs se traduit par une indifférence réciproque :

Monique de Marco: 13 following / 70 followers (créé le 05/01/10)

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Jean Lassalle: 66 following / 100 followers (créé le 07/01/10)

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Xavier Darcos: 12 following / 44 followers (créé le 29/01/10)

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Alain Rousset: 55 following / 199 followers (créé le 11/09/09)

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Ce « twittocentrisme » n’est pas l’unique cause de l’indifférence que ces candidats suscitent globalement mais en fait certainement partie. Truisme visiblement non intégré au niveau de la stratégie de communication, dans « réseau social », il y a « réseau » et il y a « social ». Les candidats ne s’intéressant qu’à eux-mêmes, ils demeurent seuls ou presque, isolés en tout cas, dans une communication à sens unique.

Nous tirerons le bilan de cette campagne après les élections. Pour l’heure et malgré quelques efforts dans certains cas, il semblerait qu’il n’y ait ni méthode ni objectif précis. Autrement dit on présume une absence de stratégie visant ce réseau social, ce qui laisse dubitatif quant au concept même de communication politique en période électorale.

:: Innovation du mois: QR Code ::

Le mois de janvier était pour le PS avec la proposition d’une application Iphone pour la campagne. Mais le mois de février a vu la réponse de l’UMP qui modifié son site en profondeur. Il n’y avait que des bonnes raisons à cela, a fortiori avec le candidat Modem qui en avait proposé un clone.

Dernière touche en date, la tête de liste pour la Dordogne, Jérôme Peyrat, vient de se mettre au QR code. Sur l’affiche ci-dessous, le candidat code un message mais lequel ?

qrcode_1.png

Sauf erreur, ce n’est ni plus ni moins que l’adresse du site de campagne. Et oui, tout ça pour ça. Pour mémoire, ce type de cryptage en deux dimensions permet d’intégrer plus de 7000 caractères, permettant de compresser des informations déchiffrables avec un mobile par exemple. En terme de décoration pour fournir une URL, ça reste hésitant.

:: Coup de chapeau ::

Il faut noter localement le travail accompli par des étudiants en journalisme de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) qu’on peut suivre via leur compte Twitter. Ils apportent des infos qu’il n’y a pas ailleurs (en suivant meetings et réunions) dans un style incisif et souvent plein d’humour. C’est l’autre regard sur la campagne, pertinent, frais, impertinent.

Extrait :

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Allez, on espère que le niveau d’abstention ne ressemblera pas à ça. Rendez-vous au mois d’avril pour le bilan définitif de ces candidats sur Twitter qui restent pour l’instant bien twittocentrés.

qrcode

Aquitaine, les régionales sur Facebook

Il y a peu nous avons jeté un œil sur la façon dont les candidats aux régionales Aquitaine utilisaient Twitter dans le cadre de la campagne. Il manquait à relever les compteurs sur FacebookFB– pour clôre l’observation du mois de janvier.
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C’est un tweet de Jean Lassalle, le candidat Modem, qui a alerté mon attention le 1er février:

est honoré d’entrer au top 100 des politiques sur facebook… et désolé de voir deux aquitains en sortir…

La phrase indique une double satisfaction, bien que la seconde partie soit en creux. Il l’indique donc doublement en la communiquant sur sa page FB.

:: Over the Top ::

Mais la déclaration à de quoi étonner à plusieurs titres.

C’est tout d’abord la satisfaction, mieux, un honneur d’être dans le top 100 FB. A l’issue des résultats d’un institut de sondage on peut comprendre. Mais c’est dire ici la place que commence à occuper FB et l’influence grandissante que ce réseau acquiert.

Le second c’est la crédibilité que l’on donne a priori à ce classement que l’on veut fiable. Non en terme de mesure, mais en terme de critère de sélection. A examiner de près ces critères, il semblerait que la satisfaction de Jean Lassalle dénote un enthousiasme prématuré.
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:: FB top 100: baromètre de l’opinion ? ::

Les responsables de ce travail se veulent comme un nouveau baromètre de l’opinion. Comme ils l’expliquent, ils n’ont retenu qu’un critère parmi les trois « états » possible de FB : « rejoindre » « ami » et « fan », impliquant des fonctionnalités différentes. Seul le dernier a été retenu sur des critères subjectifs :

En effet, il est très facile de se dire « amis » avec tel ou tel homme ou femme politique tandis que le fait de se déclarer « supporter » nécessite une démarche plus volontaire et plus engageante.

Ce classement était hébergé par le blog MonTours.info de Christophe Becker, avant de migrer vers une adresse dédiée. Un passe-temps qui prenait en compte au début toutes les personnalités politiques et qui s’est précisé empiriquement.

Le travail est non professionnel et cela n’est pas dissimulé :

Notre classement, sans se prendre au sérieux, se veut un complément aux enquêtes d’opinions et aux sondages plus classiques.

Sans gâcher la joie du candidat Modem il faut rappeler que ses concurrents ont non seulement des « pages » approchant le millier d’abonnés mais en plus un compte « amis » comptant autant et plus de contacts. Au final, le candidat est derrière le PS et l’UMP, au coude à coude avec Europe Ecologie.
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Les critères et la partialité de ce classement n’ont qu’une valeur relative au point même que de dernier on peut devenir premier. Une sorte de comptabilité de chambre consulaire. Si l’on veut s’en convaincre, on peut consulter le top 50 2009 des entreprises sur FB. Les critères sont multiples et la quantité seule n’est pas déterminante. Et si Coca-Cola arrive premier, ce n’est pas du fait de quelques « fan » épris de boisson gazeuse. Au cas où, le 2° est Starbucks et le 3° Disney. La désintermédiation réoriente une part du budget com’ à la recherche de nouveaux consommateurs. A l’issue de ce type de classement, il y a en jeu plusieurs millions de dollars.

:: Information pour « le journal » ? ::

Plus surprenante encore est cette crédibilité accordée de fait et que l’on voit reprise par les journalistes, comme c’est le cas pour Le Journal du Pays Basque ou l’Express.  Outre la méthodologie employée, le classement créer une illusion de baromètre. Il faudrait déjà établir le lien de causalité entre la température politique, l’opinion, et le nombre d’abonnés. Entre cliquer pour exprimer un sentiment positif ou d’appartenance et cliquer pour s’abonner à un flux d’information, il y a une différence que n’exprime pas la mesure de la quantité. Ce n’est qu’un variable parmi d’autres.
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L’intérêt de ce classement est donc plus dans la valeur (symbolique) qui lui est accordée que dans l’information qu’il produit. Mais c’est un premier pas d’envergure qui tient FB en mass média et qui l’inscrit en grille d’observation de la vie politique dans la démocratie d’opinion. Et si avec une certaine immaturité, les politiques courent après les « fan » pour figurer dans ce classement, il ne fait aucun doute que la mesure et l’observation de cette « compétition » sera prochainement analysée avec bien plus de profondeur.

:: Les candidats sur FB ::

Sur FB, les candidats ont une tendance à l’inflation. Ici un groupe, là une page, ici pour son profil et là pour son parti et enfin pour la campagne électorale, etc. Je ne saurais avancer que ces choix relèvent d’une stratégie précise, en tout cas je ne la lis pas clairement.

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L’UMP

L’Aquitaine avec Xavier Darcos – Régionales 2010. Fans: 281
Xavier Darcos pour l’Aquitaine. Membres : 770
Xavier Darcos. Fans : 881
Xavier Darcos. Amis : 1597

Le PS

L’Aquitaine – Alain Rousset 2010. Fans : 923
Alain Rousset. Amis : 2076
Alain Rousset. Fans: 69

Le Modem

Mouvement Démocrate – Modem Aquitaine. Membres : 189
Jean Lassalle – Candidat à la présidence de la Région Aquitaine. Membres : 473
Jean Lassalle. Fans : 1054
Jean Lassalle. Amis: 4

Aquitaine Ecologie

Europe Ecologie Aquitaine. Membres : 121
Europe Ecologie Aquitaine. Amis : 558
Monique de Marco. Amis : 1016
Monique de Marco. Fans : 356
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Entre le parti, l’équipe et la tête de liste les approches sont différentes. La question serait de savoir si les candidats utilisent vraiment les différents statuts relativement à leurs fonctionnalités, ou s’ils créent des pages au gré de leur feeling du moment. Il faudrait adresser quelques questions aux divers staffs à la fin de la campagne, ce n’est pas exclu.

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:: Pour conclure ::

Terminons par là où nous commencions. Jean Lassalle vient tout juste d’annoncer le lancement de son site de campagne (mieux vaut tard que jamais), soulignant ainsi la différence avec le site du Mouvement Démocrate qui servait jusque là de plateforme centrale.
En terme de web design, on ne saurait nier que les modèles de WordPress ont la côte. Cette uniformité a peut-être pour avantage de préparer le second tour qui sait ?

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#Aquitaine: les élections régionales et Twitter

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus d’un mois. L’UMP et le PS auront attendu la fin du mois de janvier pour annoncer les listes départementales. La campagne en forme de blitz krieg de l’UMP rappelle celles des municipales de 2008 menée par le ministre du travail à Périgueux, avec le résultat que l’on connait.

Bref rappel en préambule, la cartographie des régionales sur la toile via Pearltrees

Régionales Aquitaine 2010

Ce qui découle de notre observation de janvier : autant le dire, si les candidats stagnent sur Twitter ils feraient un carton sur Foursquare. En effet, leur microblogging est largement destiné à dire où et quand les candidats seront, limité en grande partie à un usage d’agenda.
Nous avons donc relevé les compteurs pour mesurer (superficiellement) la pénétration et la progression des têtes de listes dans les principaux réseaux sociaux. Par ailleurs, il sera pris en compte cette fois les candidats Aquitaine Ecologie et le Modem qui viennent de créer des comptes Twitter depuis début janvier.

:: No FB Day ::

Pour ce jour nous ne regarderons que Twitter en laissant de côté Facebook, que nous verrons plus tard. La grande vue d’ensemble aurait été de rigueur mais en ce dimanche, les gazouillis ont plus retenu mon attention.
Depuis le dernier billet sur la question, Qui Twitte a mis en ligne un lien pour suivre l’actualité des élections régionales sur Twitter. Un peu avant, Le Post avait lancé Tweest, consacré aux politiques sur ce réseau. Enfin, Sud Ouest met à disposition une « list » des politiques en Aquitaine, c’est toujours pratique.

:: PS3 vs UM P2p ::

En terme de stratégie de communication générale, il est intéressant de s’arrêter sur celle du PS et de l’UMP, tant le contraste est grand. D’un côté, le PS continue de nourrir une activité soutenue sur son site de campagne. Les mises à jour sont régulières et de nouveaux contenus sont disponibles avec une bonne fréquence. Sur un plan pratique par exemple, depuis leur annonce officielle, les listes départementales sont consultables, ainsi que les sites départementaux sont développés en continuité du site général. Ce n’est pas le cas à l’UMP.

Mais plus original, depuis le 27 janvier, le PS vient de lancer rousset.mobi, une application pour Iphone afin de suivre la campagne. Certes, il  n’est pas distribué sur l’Appstore. De plus, le lien renvoyant sur la page de téléchargement ne fonctionne pas et l’on se contentera pour l’instant d’une déclaration d’intention :

A l’heure où plus de 300 000 Aquitains sont sur facebook et où 1,8M d’iPhone sont en circulation en France, l’équipe d’Alain Rousset a décidé de jouer à fond la carte des outils numériques pour renouveler les modes de communication traditionnels et toucher de nouveaux publics.

Peu importe, la victoire sur l’internet se dessine déjà. L’un est de plus en plus réactif quand l’autre est de plus en plus amorphe. Devrait-on leur rappeler qu’en choisissant une blitz krieg, ils ont opté pour une tactique de mouvement?

Car il commence à y avoir un gouffre avec l’UMP. De son côté, le site de campagne de l’UMP reste peu mis à jour et faiblement nourri de contenus : il est à l’heure actuelle l’inverse d’un site vivant et donc l’objet d’une réelle communication. L’immense « panneau » Twitter au milieu de la page ne sert quasiment à rien, puisque le candidat a envoyé 7 tweets depuis le 07 janvier 2009.

D’ailleurs c’est marrant. A l’instant, le site vient d’être mis à jour et les « encarts » Twitter et Facebook ont été remplacés par des annonces évènementielles (aujourd’hui pour un meeting). Les têtes de listes départementales sont également à jour. Au regard de ce que nous allons dire, c’est assez significatif qu’ils décident de changer de stratégie.

Autrement dit, il semble que l’UMP a fait le choix de ne pas faire campagne sur l’internet, évoquant sa présence sur les réseaux sociaux plus qu’il n’y participe et délaissant son site officiel, parent pauvre de sa campagne électorale. On peut même aller jusqu’à se demander si au fond, ce désengagement sur le réseau ne correspond pas à une réalité plus matérielle quant aux véritables objectifs de la droite dans cette élection.

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:: La politweeque en chiffres ::

Voici les résultats bruts et l’évolution des comptes depuis qu’ils sont mis en observation.

@moniquedemarco (AE) analysé sur Twittercounter. 48 abonnés et 44 tweets.

@jeanlassalle (Modem) analysé sur Twittercounter. 35 abonnés et 25 tweets.

@RoussetAlain (PS) analysé sur Twittercounter. 153 abonnés (+51) et 68 tweets (+56).

@XavierDarcos (UMP) analysé sur Twittercounter. 756 abonnés (+145)  et 27 tweets (+7).

:: Les gazouillis de Xavier Darcos ::

Le compte UMP obtient la marge de progression des abonnés la plus importante alors que paradoxalement, c’est lui qui communique le moins. Il semble que l’aura de la fonction ministérielle y soit pour beaucoup, ce compte est national bien plus que régional.
Cela dit le ministre communique en variant les thèmes et propose un agenda, des réflexions « personnelles » des liens vers son blog ou le site de campagne. Il est certes très rare, mais pas inutilement.

:: Les gazouillis d’Alain Rousset ::

Quantitativement, le candidat socialiste a accéléré avec plus de 50 tweets. Mais cela demeure obstinément quantitatif. Il se contente en grande partie de poster des liens sans titres renvoyant sur sa page Facebook. Qui pourrait bien avoir envie de cliquer sur un lien de ce type ? Cette communication abstraite et monotypique a peu de chances de générer beaucoup d’abonnés, de même que peu d’effet dans le référencement. Ce compte n’est pas fait pour durer au-delà de la campagne mais il pourrait lui profiter, ce qui n’est pas probant.

:: Les néo gazouilleurs ::

Quant au Modem et Aquitaine Ecologie, les nouveaux arrivants semblent s’être impliqués un peu tard dans la campagne. On peut se demander si, en terme de communication, cet investissement connaîtra bien un retour et offrira ce qu’on peut attendre de lui, des électeurs. En deçà de cet objectif, il a au moins pour effet une amélioration infra réseaux.

Centristes et écologistes s’y prennent différemment et se sont créés à deux jours d’intervalle. Ils seront donc intéressants à suivre pour ça et l’on peu penser que leur manière de communiquer fera la différence. L’avantage est aujourd’hui à Aquitaine Ecologie et nous prenons le pari qu’à l’arrivée ils seront nettement devant.

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Le Modem accumule les tweets de liens Facebook sans autre forme d’informations, du temps perdu selon moi. Les deux réseaux ont leurs particularités. Utiliser Twitter en boîte à lettre de liens Facebook a peu de chance de rencontrer satisfaction. Pour le détail, poster des url de 126 caractères sans passer par bit.ly par exemple est une légère faute de goût. Seuls 3 tweets sur 35 sont à caractère personnel, traduisant un sentiment ou une appréciation. On reste dans une communication politique froide et objective. Le résultat est connu maintenant. Ces comptes sont toujours en déficit d’abonnés par rapport à ceux qui se montrent personnels et quotidiens..

Côté Verts il semble y avoir une meilleure organisation ou une meilleure communication entre communicants. Pour commencer, Europe Ecologie a su se ventiler comme un label sur l’ensemble du territoire. Chaque Région est porteuse de son compte Twitter, c’est efficace en terme de présence et de diversité, unique et commun à la fois si l’on peut dire. C’est à l’intérieur de ce réseau largement maillé que le compte de la candidate s’inscrit personnellement. Elle est d’ailleurs 2 fois plus listée que le candidat Modem.

La candidate mélange les temps et les personnes. Là « elle est », ici « nous serons », etc. bit.ly apparait dès le 3ème tweet, l’apprentissage est allé vite! Quelques retweet, un ton dynamique, réactions, évènements variés, le compte est vivant. Ce n’est pas qu’une impression, le vocabulaire joue son rôle. L’exemple est amusant, voici les débuts de tweets. Débattre, consulter, réagir, rejoindre, sont des verbes employés dans les messages souvent mêlés d’enthousiasme sans être niais. La candidate évite ainsi un piège dans lequel tombe souvent les politiques : montrer d’eux-mêmes un compte mécanique et impersonnel, comme s’ils étaient l’Agence France Presse de leur emploi du temps.
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A mon sens, ces quatre comptes sous exploitent les ressources de Twitter. L’ingratitude d’être politicien, candidat par surcroît, conduit à un compte qui ne s’intéresse qu’à lui-même. C’est se priver de la fonction retweet qui est un des outils les plus dynamiques de Tweeter. Enfin et j’ignore pourquoi, on constate une absence totale de htags. Là encore c’est faire une économie couteuse en référencement.

:: La politique entre marketing et communication ::

Ce qui continue d’être frappant, c’est la continuité ici entre marketing et communication politique. Et par extension même, les règles du personnal branding. Le format et les ressources de Twitter conduisent à des stratégies équivalentes en approche et en méthode. Les politiques qui ont le plus de succès et qui sont le plus en avance sont ceux qui se sont adaptés à Twitter et ses usages et non ceux qui ont voulu que le réseau ne soit pour eux qu’un destinataire comme un autre. Or cette adaptation semble passer par l’intégration des règles de Twitter, règles communes au marketing et la com’.

Cela demande forcément du temps. C’est pourquoi aussi l’on peut douter de l’utilité de créer un compte pour une seule campagne, électorale ou publicitaire. Si l’on peut s’exprimer ainsi, les « dividendes » des comptes Modem et Aquitaine Ecologie ne seront pas pour l’élection de 2010. Ils servent davantage aujourd’hui à montrer que l’on n’est pas en retard et non plus comme il y a peu encore que l’on était en avance.

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Cela dit ces réseaux sont aujourd’hui des outils incontournables par leur transversalité. La campagne à papa, la grande pyramide montée sur roulettes est une forme de communication qui recule face à l’unicité et l’égalité des adresses IP. Il reste que les politiques ne sont pas égaux face à ce darwinisme numérique qui n’occulte pas (encore) l’action de terrain.

Aquitaine 2010, les Régionales vues de Pearltrees

Aujourd’hui je poursuis l’exploration de la campagne des élections régionales Aquitaine 2010 sur le réseau. Jusque là, j’avais observé mensuellement le « match » PS/UMP sur Twitter et Facebook, en décembre et janvier (la cession de février promet des surprises).
Pour mémoire ou à l’attention de ceux qui l’observent de loin, le phénomène se développant sur internet est nouveau au niveau régional. Les politiques comme les électeurs sont en train d’apprivoiser de nouveaux outils, dont la maîtrise dépend souvent de celle qui a été acquise dans d’autres contextes, (personnels, professionnels, etc.). Cette période est particulière, car le maniement de ces outils, s’ils sont simples d’usage, requièrent une expertise certaine dès qu’on les met en oeuvre. Chacun sait qu’une partie non négligeable de l’élection se joue sur internet, alors que les subtilités de ce réseau ne sont pas encore totalement maîtrisées en communication politique.

La stratégie politique, aussi chaotique qu’elle puisse être parfois, ne peut ignorer ce qui se joue sur la toile et a l’obligation d’agir. Suite à l’élection de Barack Obama, beaucoup ont compris la nécessité de l’outil quand d’autres y ont même vu un eldorado électoral.
Dans cet ordre d’idées et à la suite du succès de mybarackobama.com, l’UMP et le PS viennent de lancer leurs réseaux sociaux militants, Créateurs de possibles pour le premier et Coopol pour le second.

:: Politique internet et réseaux sociaux ::
Ce qui nous intéresse là, c’est le niveau de pénétration actuelle des réseaux par les partis politiques dans le cadre des régionales en Aquitaine. C’est l’objet d’un passe temps, c’est donc incomplet et encore superficiel. Néanmoins, à terme, car le travail est en cours, nous espérons pouvoir livrer une carte assez fidèle de cette campagne. In fine, nous pourrons tirer quelques conclusions sur les stratégies qui ont été mises en place par les forces politiques régionales.

Bémol à la description unifiée de cette stratégie, les principaux acteurs politiques présents sur les réseaux sociaux l’étaient avant la campagne. Certains mélangent comptes personnels et comptes de campagne et des groupes préexistants militent pour l’occasion en surcroit de leur activité habituelle.

:: Les élections vue de Pearltrees ::
Nous avons développé cette carte sur Pearltrees, qui semblait un outil particulièrement adapté et simple d’accès. Précaution renouvelée avant usage, le travail est en l’état, non achevé. Son incomplétude correspond parfois aux partis politiques eux-mêmes, n’ayant pas encore dévoilé leurs listes ou communiquant confusément des informations pourtant essentielles.
Enfin, cette carte, nous l’espérons, sera utile aussi pour suivre les élections de près, dégageant une vision synoptique des sites, blogs et réseaux sociaux. C’est pourquoi, aux lecteurs que cela intéresse, toute aide sera bienvenue afin de compléter le travail.

:: Les niveaux de pertinence visuelle ::
La carte se développe selon un principe centrifuge à quatre niveaux pour l’instant.
1. Elections régionales
2. Les forces politiques en présence
3. Les outils médias utilisés
4. Les individualités actives sur les réseaux (FB uniquement pour l’instant, le plus populaire)

:: Ebauche de Pearltrees ::
Avant de cliquer sur « la perle », voici l’état des lieux

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Régionales Aquitaine 2010

:: Les premiers éléments de stratégie de communication ::
Une brève présentation, à chaud.

Les extrêmes gauches
Globalement, internet ne semble pas être une priorité pour l’extrême gauche. L’absence de séparation claire, parfois, entre enjeu national et régional, ou la profusion de partis politiques, ne permet pas dans Google un référencement clair et distinct. Leur préférence va à Facebook et encore, sans aboutissement.

Le Parti Socialiste
Le parti socialiste a misé largement sur son site de campagne, de loin la plateforme la plus efficace et la plus aboutie en matière d’outils et d’ergonomie. Présent sur Twitter et Facebook, Dailymotion et Youtube ainsi que sur Flickr, c’est le parti qui a le plus exploité les outils à disposition. En revanche, les têtes de listes départementales ne sont pas explicites et tout est misé sur la personne d’Alain Rousset.

Aquitaine Ecologie
Le schéma semble clair pour Aquitaine Ecologie. Le groupe fait l’économie d’une communication sur Twitter mais compense par une forte activité sur Facebook, dont la page est complète. Par ailleurs la liste des candidats par départements est clairement affichée et dans cette lignée, la communication se veut davantage collective que portée sur la tête de liste, notamment sur Dailymotion.
Ils se présentent ainsi comme un parti structuré et clair et dont les ambitions ne sont pas moindres qu’aux élections européennes.

 Le Modem
De son côté, le Modem possède la page Facebook la plus complète et la mieux renseignée. On notera une bonne présence des têtes de listes dont les comptes Facebook sont actifs. En revanche, ils font l’impasse sur Twitter Youtube et Flickr, ce qui peut étonner au regard de la dimension numérique voulue initialement au niveau national.

Le Centre Démocrate
Nous nous permettrons une zone d’ombre concernant le Centre Démocrate, politiquement en attente de clarification de la maison mère. Sur le plan des outils médias, Twitter (29 followers) et Facebook sont les cibles. De manière surement approximative, on le trouvera aussi sur Myspace, ce qui ne sert à rien en l’espèce.

L’UMP
L’UMP présente une stratégie particulière, difficile à synthétiser. Les têtes de listes départementales ne sont pas livrées, en revanche chaque zone a déjà son porte-parole avec sa fiche d’identité, mais sans parole. Le parti est présent sur Flickr mais ignore les formats vidéo. Il y a un site officiel, mais le blog personnel de Xavier Darcos lui sert de relai de communication, comme son compte Twitter. L’accent est mis sur une carte interactive pour apporter une valeur ajoutée participative, mais toute la campagne repose sur la personnalité du ministre. La ligne de mire est par conséquent complexe à isoler, notamment aux travers des comptes Facebook servant à la communication gouvernementale.

Mise à jour. Vers 22h00, Xavier Darcos twitte sa liste de candidats départementaux. 

Le Front National
Quant au Front National, il offre une visibilité minimale, globalement discret dans les réseaux sociaux (Facebook) et isolé sur internet en général. La moindre vague en dehors de « son territoire » déclenche des tsunamis numériques.

:: Conclusion temporaire ::
Tout d’abord, il faut le répéter, le travail est cours et comporte certainement des erreurs que nous essaierons de corriger.
Premier étonnement devant cette carte, les similitudes entre les extrêmes. La présence numérique, le choix des outils et des médias sont assez proches, mais pour des raisons différentes surement. L’extrême droite n’a pas, sociologiquement et dans sa pyramide des âges, intérêt à se risquer dans une communication trop large sur le réseau. Mais l’extrême gauche, elle, éparpillée et diluée, répond peut-être davantage d’un facteur culturel, d’assemblées générales en rassemblements humains, dans des couches sociales encore partiellement « numérisées » (?).

Second étonnement, il y a d’un côté Alain Rousset et Xavier Darcos, de l’autre le Modem et Aquitaine Ecologie. L’effet est accentué puisque ni PS ni UMP ne dévoilent les listes de candidats sur leurs sites de campagne. Pour ces deux parties, tout se joue sur l’unique personne du n°1. Cela est flagrant pour le PS, alignant une multitude de vidéos dans lesquelles les interviewés disent tout le bien qu’ils pensent non de l’équipe ou du parti, mais de la seule personne d’Alain Rousset. Cette focalisation est peut-être due au déficit de notoriété du candidat sortant qu’a révélé un sondage récent.

Stratégie inverse pour le Modem (non sur le plan national) et Aquitaine Ecologie, jouant la carte de l’action collective. L’attention de l’électeur est plus difficile à canaliser que dans un face à face avec le n°1, mais le mouvement correspond plus à l’air du temps et surtout à l’image initiale d’Europe Ecologie. Deux stratégies s’affrontent donc. Celle du leader charismatique pour le PS et l’UMP contre la synergie de groupe pour les autres.

Au début du mois de février nous pourrons faire un point plus complet sur le niveau de pénétration des réseaux, avant de compléter et d’élargir cette carte.