Le CLAP vu par Moyrand, Dordogne Libre applaudit des deux mains

On pensait passer à autre chose. Et puis Dordogne Libre s’enflamma. En bon et loyal partenaire officiel du CLAP et de la mairie, le journal triomphait : « Michel Moyrand démonte point par point les attaques contre CLAP ».

Heureux de mettre en avant « la transparence » du maire, le journal local a foncé dans le tas. En conseil municipal, le maire a « détaillé », « justifié » et montré qu’il avait bien raison. Na !

En gros notre petit journal local a fait ce qu’on attendait de lui : servir les intérêts politiques au pouvoir.

Mais les choses ne sont pas si « transparentes » et « justifiées » que nos journalistes de choc voudraient le faire croire dans leur compte rendu.

Car les dires sur lesquels ils fondent leur compte rendu de conseil proviennent surtout d’un document public. Ce document le voilà : « La lettre de Moyrand pour sauver le CLAP et Theodorides »

Chacun pourra ainsi se faire son idée, non d’après des fabricants d’opinions, mais d’après des informations non transformées, brutes.
Une fois ce document proposé à la lecture, quelques remarques…

Alchimie #1: un déficit qui se transforme en recette (mais après)

Le déficit de 18 435 € est confirmé. Mais ce n’est pas vraiment un déficit. Dordogne Libre qui dit faire un compte rendu du conseil municipal (ORAL mais écrit), ressort presque trait pour trait une phrase contenue dans le document (ECRIT).

Dordogne Libre aurait entendu le 29 novembre en conseil :

« qui s’explique par le fait que des dépenses ont été engagées sur l’exercice 2010 avec des recettes à ne percevoir qu’en 2011 »

Quand à la version du document :

« L’association Sinfonia avait en effet un déficit de 18 435 euros, qui s’explique par le fait que des dépenses ont été engagées pour la Saison des grands interprètes sur l’exercice 2010 avec des recettes à ne percevoir qu’en 2011 ».

L’essentiel c’est d’y être. Il s’agit bien d’un passif, mais bon, après, ça gagnera de l’argent. En réalité, juré craché, c’est une recette déguisée en passif. Alors ce n’est pas vraiment un passif. Ok Michel c’est très clair. Alors c’est quoi ces dépenses, pardon ces futures recettes ? Mystère…

Si c’est le cas, pourquoi avoir annulé 13 000 € de concert en 2010 ? Hum ? Non parce que s’il s’agissait d’un bon plan avec de futures recettes, pourquoi sarcler dans le budget ?

Surtout qu’on apprend un truc étonnant. Pour le maire, en 2010, il fallait « réduire le déficit généré par l’absorption de l’association Sinfonia ». Faudrait savoir amigo… Parce qu’un passif qui fait des recettes, on ne le baisse pas, on l’augmente, et au taquet.

Si on récapitule, les comptes de Sinfonia ont plombé le budget musique du CLAP qui a du tailler dans le gras pour rester à l’équilibre. Par contre, ce qui était un déficit en 2010, en 2011, ça fera des bénéfices, parce qu’en réalité, c’était un super plan thune.

La personne qui a rédigé la lettre du maire a du s’arracher les cheveux. « transparent » et « détaillé » vous dit Dordogne Libre !

Alchimie #2:  transformation du passif en actif « incorporel », le retour

Mais alors attend. Du coup, si c’était en réalité un « faux » déficit. Pourquoi avoir besoin de parler d’actifs incorporels pour faire avaler la pilule et ce qui est officiellement annoncé comme de futures recettes ?

Non parce que le 17 octobre 2011, le CLAP précise bien qu’il a « estimé que cette dévolution négative a été compensée par des éléments incorporels… »

On se souvient, en octobre 2011, cette valeur immatérielle opportune, qui correspondait exactement au passif -un miracle je vous dis- c’était : (I) la valeur de la marque, (II) le savoir faire en organisation de festival de musique et (III) un fichier client de 3800 contacts.

Mais là attention. Le maire relance et pointe des trucs, des actifs immatériels auxquels les gars du CLAP n’avaient même pas pensé ! Même Theodorides en lisant ça, il a découvert des richesses dans son association, il ne s’en doutait même pas.

Ok pour la marque Michel reconnaît, on ne sait vraiment pas ce que ça vaut. Ben rien, c’est une association, pas une marque. Ca c’est mort, on oublie. Ce n’est pas un actif incorporel, merci de le confirmer.

Quand Michel multiplie les actifs incorporels comme l’autre les…

Donc Michel est allé chercher ailleurs. Au fichier clients il ajoute un fichier de 1260 mails ! Balèze !

Et un site internet ! Que en 2009 il a fait 79 000 visites ! Et alors ? Et bien 6 583 visites par mois, vous vous rendez compte ? Non ? Une mine d’or…

Les 1260 mails et les 79 000 visites, c’est totalement ridicule. Tout le monde le sait sauf Dordogne Libre qui sèche encore ses larmes de soulagement, son partenariat est sauvé.

Les partenaires particuliers de Michel, que du lourd

Alors le maire relance et allonge les actifs incorporels. Et un « réseau de partenaires économiques »… et heu… « un réseau professionnel qualifié »… et heu… « un réseau artistique constitué » !

Ouah, un réseau artistique constitué, un R.A.C. Oh la vache ! Alors ça, on ne le dit pas assez, mais c’est un actif incorporel colossal.

En ajoutant le R.P.E et le R.P.Q; rien qu’en réseau, il y en a déjà pour plusieurs batons. Alors ça, plus 6500 visites mensuelles sur le site, plus 1260 mails… Ok ?

Et bien ça ne fait toujours que  18 435 €, c’est décevant.

Alchimie #3: tout actif incorporel plongé dans la municipalité vaut 18 435 €

Le passif de Sinfonia s’élève bien à 18 435 €. Il se trouve que pour le maire de Périgueux, ce passif correspond exactement à la valeur des actifs incorporels. Michel et David se sont bien trouvés.

Mais le 17 octobre 2011, ces actifs incorporels étaient composés de :

  • La valeur de la marque « Sinfonia »
  • Le savoir faire en organisation de festival de musique
  • Un fichier client de 3 800 contacts

Le 29 novembre 2011, un mois plus tard, les actifs incorporels ont changé, mais toujours pour une valeur invariante de 18 435 €.

Bon, c’est la magie du cinéma.

Alchimie #4: déficit = future recette = actifs incorporels

D’autant que, si ce passif n’en était pas réellement un, comme indiqué au début du document, puisqu’il devait se transformer en recette, dans ce cas, pourquoi vouloir ajouter des actifs incorporels pour rattraper le montant du passif ?

Si tout cela était vrai, ou au moins sincère, alors David Theodorides serait le plus mauvais businessman de Dordogne. Ah pardon, je me trompe avec mon mauvais esprit. Il n’est guidé que par l’amour de la musique et tout ceci n’est que le fruit pur et généreux d’un altruisme désintéressé. En réalité, la dévolution de Sinfonia à la ville de Périgueux, il faudrait plus voir ça comme un don.

Allez on ferme. On saura ce que Dordogne Libre entend par « transparence » et « justification ». Ah au fait. N’oubliez pas le concours de cuisine de DL, ils sont en train de réussir leur reconversion.

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A perigueux, l’association CLAP entre délire d’initié et association de bienfaiteurs

Le 19 décembre 2009, l’association Culture Loisirs Animation Périgueux, le CLAP, voyait officiellement le jour. Cette association avait pour fonction d’absorber d’autres associations à vocation culturelle, l’OPA (Office Périgourdin d’Animation) et Péri-Culture.

En 2010, à l’heure de sa nomination au poste de directeur général du CLAP, David Théodorides apporta en dote son propre festival, le festival Sinfonia. De fait, le CLAP centralise la plupart des évènements périgourdins correspondant à ses compétences.

Soucieux de contrôler cette nouvelle sphère d’influence, le maire de Périgueux y plaça des fidèles et en premier lieu la présidente, Madame Josianne Bartoli Faucon, colistière (n°38) aux municipales de 2008 et membre de la commission des affaires sociales.

Derrière de bénignes apparences, se joue en réalité un sport très particulier.

Aujourd’hui, le CLAP est une association financée par le public pour plus de 120 000 euros / an. Elle a en charge l’organisation d’évènements bien connus, comme le Salon du Livre Gourmand, Sinfonia bien sur, le concours de la Truffe d’Argent, la fête de la musique, Macadam Jazz en partie et… le festival Art et Eau (vous allez voir pourquoi c’est important).

Voilà pour le plantage de décor. A en croire les apparences et les journaux locaux, tout va bien. Tout baigne. Depuis la fin octobre 2011 pourtant, certaines informations sont passées sous silence. On va en parler un peu parce que Dordogne Libre a l’air très pris dans ses concours de photos et de cuisine. Chacun son métier vous me direz.

Comment David Theodorides fait effacer ses dettes par la ville de Périgueux

Lors de la fusion, les comptes de l’OPA étaient positifs, aux alentours de 20 000 €. Ceux de Péri-Culture l’étaient aussi, aux environs de 100 000 €. En comptant les financements publics, la nouvelle association partait avec un joli pactole.

Tout ceci permis de faire absorber quelques frais. Ainsi la digestion de Sinfonia coûta, de son côté, dans les 20 000 €. Et oui. C’est simple. David Theodorides, président du festival Sinfonia, fit couvrir ses dettes par le directeur général du CLAP, un certain David Theodorides. Joli coup non ?

Photo originale: Laurent Pareau. Source: concertclassic.com

« Pour la musique s’il vous plait, parce que mes dettes le valent bien« 

[Mise à jour] L’auteur de la photo a refusé l’intégration du commentaire dans la photo. Il s’agissait de respecter l’intégrité de l’œuvre de l’artiste. Nous remercions infiniment l’artiste de nous accorder le privilège et l’honneur de diffuser une partie de son œuvre sur ce blog.

Mais attention, c’est tout à fait justifié. Car comme aime à le faire remarquer en conseil municipal l’adjoint à la culture et fan du maréchal Bugeaud, Arnaud Le Guay, Sinfonia est une « marque » et apporte au panier un beau « fichier client ». Et vlan… 20 000 € le paquet cadeau.

Voilà comment faire absorber les dettes d’une structure privée par une autre, mais publique, tout en étant président de l’une et directeur de l’autre. Pour ceux qui galèrent en ce moment, n’essayez pas de faire pareil à la maison, ça peut être dangereux.

Suez, un mécène très potable pour le CLAP

Tout le monde s’en souvient. Michel Moyrand menait une négociation impartiale pour la reconduction du contrat d’exploitation de l’eau potable. En décembre 2010, nous révélions un document troublant. En effet le maire de Périgueux avait annoncé lors d’un colloque qu’un des prétendants au juteux contrat, allait généreusement contribuer au financement du festival Art et Eau. L’affaire pris de l’ampleur au moment d’attribuer le contrat en février 2011.

Une association menaça de faire annuler le contrat en justice si Suez Lyonnaise des Eaux finançait la ville de Périgueux de manière indue sinon occulte. En catastrophe, le maire de Périgueux annula « l’accord de mécénat » s’élevant à 85 000 €.

Qu’à cela ne tienne, si ce n’est toi ce sera donc ton frère ! Suez a quand même mis la main à la poche en devenant un gentil donateur du CLAP, organisateur du festival Art et Eau… Le don ira au festival Sinfonia histoire d’être perché en cas de pépin.

Ils ne doutent de rien. C’est ainsi qu’en juillet 2011, dans une interview pour concertclassic.com, (25/07/2011), le président de Sinfonia et directeur général d’Art et Eau s’explique :

« Suez Environnement a souhaité rejoindre le Festival cette année. C’est très important pour nous et la preuve qu’aux yeux d’un partenaire de cette ampleur Sinfonia commence à avoir des lettres de noblesse. La pérennité qu’assure une structure associée à une municipalité favorise les partenariats ».

On veut bien le croire. Tout ceci n’a, cela va de soi, strictement aucun rapport avec le contrat d’eau potable remporté brillamment par la société Suez.

Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est que pour une telle somme, Suez n’ait même pas le remerciement de figurer parmi les « partenaires » du CLAP sur son site internet.

C’est d’autant plus étonnant que des partenaires privés moins généreux comme le Crédit Agricole ou «l’animateur d’ambiance » Dordogne Libre y figurent. Un oubli malheureux peut-être ?

Moralité; quand la culture n’est qu’un alibi pour le business, ça finit toujours par se savoir.

SILG: la ville de Périgueux cherche un attaché de presse en urgence

Le Salon International du Livre Gourmand de Périgueux (SILG) se tiendra du 12 au 14 novembre 2010. A cet effet, la mairie de Périgueux cherche d’urgence un(e) attaché(e) de presse (à consulter sur le site de la mairie). Son offre éditée le 13 septembre prend fin le 27 septembre. Accrochez-vous car il est demandé au prestataire d’être présent le 14 septembre pour la première conférence de presse ! La date « prévisionnelle de début de prestation » est pour octobre 2010. Ca va être chaud.

Oleg Dou Site web : http://douart.ru/

Improvisation de dernière minute

Cet affolement de dernière minute est relativement cocasse pour un SILG bi annuel qui bénéficie de la structure administrative municipale ainsi que celle de l’association Culture, Loisirs, Animations à Périgueux, le fameux CLAP créé pour structurer et rationaliser la culture périgourdine.

D’ailleurs pour bien apprécier à quel point le CLAP a bossé sur le SILG il suffit d’aller sur le site www.livre-gourmand.fr

David Théodorides, chef de tous les orchestres

Ce poste d’attaché de presse sera financé par la ville, non par le CLAP, mais se placera sous les ordres de ce dernier comme l’indique le document. Car le directeur du CLAP, David Théodorides possède aussi son poste à la mairie :

Ville de Périgueux
Direction de la communication
24 000 Périgueux
Courriel : david.theodorides@perigueux.fr

Bref, c’est clair.

La justification appel d’offre lyrique est présentée ainsi :

La ville de Périgueux a confié à l’association CLAP le pilotage et la gestion de la conception artistique à la réalisation du Salon International du Livre Gourmand.

Néanmoins, s’agissant d’une manifestation biennale qui contribue fortement à l’identité culturelle et touristique de la ville, la ville de Périgueux prend en charge directement les frais de communication concernant le Salon, dont le recrutement d’un(e) attaché(e) de presse.

Le CLAP ne serait ainsi pas assez bien doté pour assumer sa mission à 100%. Etrange pour une association dont la finalité est de structurer l’offre culture/loisirs de la ville mais qui n’a même pas les ressources pour une mission temporaire.

Une mission périlleuse

L’attaché(e) de presse devra s’arracher rapido après avoir été sélectionné(e) car il ou elle aura pour mission :

Communiqués de presse, déjeuners et rencontres presse, conférences de presse, dossiers de presse, accueil et organisation média durant le SILG, veille presse, revue de presse, un bilan général.

Prévenu le 13 pour le 14, le prestataire devra se déchainer alors que l’évènement est en phase d’organisation depuis sa dernière édition en 2008.

Un attaché de presse au bout de la laisse de Théodorides

Pour finir je m’interroge sur les règles de confidentialité. Les attachés de presse obéissent à la charte de déontologie du SYNAP (23 octobre 1964). Chapitre 3 article 7 : « Il doit respecter scrupuleusement le secret professionnel et s’abstenir en particulier de révéler toute information confidentielle »

La violation du secret professionnel est sanctionné par le Code pénal qui ne la définit pas mais en fixe la limite (art. 226-13):

La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

A caractère secret qui a une valeur confidentielle, interdisant ceux qui n’y sont pas autorisés à accéder à l’information. La limite de cette infraction est celle de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ».

La ville de Périgueux semble avoir une conception restreinte de la Constitution (5.4 Obligation de confidentialité) :

Le titulaire reconnait être tenu au secret professionnel et à l’obligation de discrétion pour tout ce qui concerne les faits et informations, études et décisions dont il aura connaissance au cours de sa mission. Il s’interdit notamment toute communication écrite ou verbale et toute remise de documents à des tiers sans l’accord préalable du Maître d’Ouvrage.

La première phrase n’est qu’un rappel de la charte déontologique et sa deuxième partie est redondante. La seconde va bien plus loin que le strict secret professionnel, car elle frappe du sceau du secret (Code pénal) toute communication au tiers (quel qu’il soit) sans autorisation hiérarchique.

Cette extension du secret à toute forme d’expression (communication verbale en particulier), fut elle liée à la mission, se rapproche des professions les plus restrictives en la matière comme la sureté du territoire ou l’anti terrorisme.

La mairie de Périgueux donne ainsi une définition très concrète du métier d’attaché de presse. Car dans sa conception, le secret devient la règle et la liberté d’expression l’exception.

On souhaitera donc bien du courage au lauréat qui va se voir poser une muselière en acceptant une mission dont on peut apprécier le haut degré d’organisation et d’anticipation.