Flash Mob municipal à la mairie de Périgueux !

:: Un bilan annuel et un seul projet ::
Le bilan annuel approche, il sera, comme promis en campagne électorale, l’occasion pour le maire de rendre des comptes sur l’exercice de son mandat, face aux citoyens. Il ne manquera pas de se vanter d’avoir fait le bilan des bilans, soulignant toute sa capacité à faire des bilans. Cela nécessiterait d’ailleurs un bilan. Annoncera-t-il la nomination d’un bureau d’études pour réaliser le bilan du bilan des bilans?
Qui sait, on peut l’en croire capable.

Le maire aura donc l’occasion de célébrer sa première année par un rendez-vous avec les citoyens, se voulant une heure de vérité. Ce n’est déjà pas si mal tout en ne valant pas la minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, il s’entend.

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Un an déjà que son nom s’est inscrit à la longue liste. Elle fut inaugurée par Elie Valbec, consul du Puy-Saint-Front.
Le Puy-Saint-Front était une ville, séparée d’une autre ville par une zone franche, « franche ville », nommée La Cité, de ce qu’elle fut antique et gallo-romaine.
Le consul était en lieu et place de l’actuelle halle du marché du Coderc. A deux pas de l’actuelle mairie, place de l’hôtel de ville.

Le centre de la ville était également son cœur. De même que la vie se concentre toujours en cet endroit de la ville aujourd’hui, accompagnée de son extension, de ses réseaux et de ses artères.
C’est de cette histoire que l’on juge si la mairie doit être déplacée, dans un temps long, par une certaine vision d’une histoire nous constituant ici, non par une lorgnette collée à quelques décennies. Encore moins pour la raison que « l’autre », l’adversaire, a tenu le bastion depuis quelques dizaines d’années. S’en prendre à la mairie pour faire valoir la prise du glaive relève de la gageure et de l’ignorance.

S’en remettre à la modernité pour justifier le déplacement de la mairie souligne la méconnaissance de son histoire et celle de la ville. Pour un maire c’est une faute professionnelle. Car ce n’est pas que modernité et histoire s’opposent, c’est le contraire. Mais pour dépasser ce stade décrit par Paul Valery d’être « un animal rivé au piquet de l’instant », il faut bien convenir en amont, que le présent n’est pas une page vierge au prétexte que soi-même l’on est nouveau dans la partie. L’histoire d’une ville ne saurait être réduite à l’histoire d’un homme et de ses états d’âme politiques.

De même, la politique de division des quartiers entre eux, censée rendre le service d’exercer un contrôle politique proportionnel aux entités divisées, (« diviser pour mieux régner »), conduisant à l’éparpillement et à la ventilation des actions selon des intérêts clientélistes, risque de ne pas être pérenne.

:: La preuve par le haut du Bas ::
Le projet du Bas Saint Front se rappelle aux engagements du maire en campagne. L’association Renaissance du Greffe vient de publier une lettre ouverte au maire concernant ce projet de rénovation urbaine qui concerne et touche la totalité des 30 000 périgourdins.
A contrario de l’argument du maire désignant ce programme comme un « projet de quartier » limité à l’intérêt de ses riverains les plus proches, c’est l’ensemble des représentants des associations et comités de quartiers qui ont co-signé la lettre, infligeant au maire un démenti cinglant à sa tentative de division et de manipulation.
La lettre rappelle, comme nous le faisions il y a peu, les engagement écrits du maire à livrer le projet réalisé pour avril 2011.

Mais nous apprenons que le maire refuse tout commentaire concret, préférant ménager le suspens pour le conseil municipal du 17 mars 2009, où il présentera le budget primitif 2009/2010, le sien rien qu’à lui.
Vous imaginiez un maire faisant face et répondant concrètement aux questions, prenant ses responsabilités et assumant ses actes?
Raté. Il s’est carapaté, tête baissée, en moulinant les bras en l’air, dans le jupon de ses éminences grises, bottant en touche du calendrier pour gagner un temps qui lui fera défaut tôt ou tard. C’est le problème avec la fuite en avant. Même les couards sont rattrapés par le temps.
Pour autant, sans réponse ferme et définitive, toute conclusion devra être postérieure au 17 mars. La situation est simple. Ou bien il fait reprendre les études et allonge les talbins illico presto. Ou bien il se refuse à la chose et trouvera n’importe quoi pour esquiver, et c’est là que tout subterfuge sera décortiqué en place publique. Patience donc.

:: Des portes ouvertes et des flash mob ::
A croire que le conseiller municipal Vincent Belloteau, également secrétaire du sénateur Claude Bérit-Debat, se trouve nostalgique de la Fédération Périgourdine de Mobile Clubbing (FPMC) dont il faisait partie. En effet, c’est un véritable Flash Mob qu’il tente d’organiser le 10 mars pour la journée « portes ouvertes » de la mairie.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=jwMj3PJDxuo[/youtube]

Il en appelle maintenant à tous les membres de la FéDé socialiste du département pour venir en masse à cette journée. Un peu à la manière de Nicolas Sarkozy acclamé au salon de l’agriculture par des paysans UMP de Neuilly, il invite tous les sympathisants encartés à se déplacer, au cas où spontanément et en toute transparence, les « vrais » habitants ne seraient pas au rendez-vous.

Cet évènement placé sous le signe de l’éphémère, de l’incongru et du décalage, sera l’occasion d’une occupation temporaire d’un espace public pour une action thématique : « poussez les murs ». On ne saurait que louer les références au dadaïsme et à la pataphysique du grand Docteur Faustroll d’Alfred Jarry.
C’est avec un plaisir non dissimulé que nous voyons renaître à Périgueux la pratique attachante des Flash Mob, actions souvent subversives et empreintes d’un humour corrosif. Il faut inviter chaque habitant à venir assister, le 10 mars place de l’hôtel de ville, à ce Flash Mob de printemps qui se déroulera à la mairie avec la PS FéDé de Vincent.

Enfoncez les portes ouvertes ! Poussez les murs ! Soulevez les toits ! Libérez vos esprits !

Voilà la message fort de ce prochain Flash Mob municipal. Surtout ne le manquez pas.
Les services secrets boliviens ont intercepté puis nous ont transmis en exclusivité une affiche qui n’a pas été retenue pour l’occasion, dommage (En grand ici) :

affiche-maire-finale-A3_1.jpg

:: De l’opposition ::
Il serait tentant de croire que tout ce qui s’oppose à soi, en politique, ne puisse provenir que du camp d’en face. C’est-à-dire des vieux complices de l’alternance, ceux avec qui l’ont partage traditionnellement les postes au gré des élections.
Ainsi, toute critique d’une majorité ne saurait provenir que de la minorité officielle, la traditionnelle « Opposition » et future majorité. Un schéma simple, binaire, permettant de toujours se repérer sans effort. Si tu es avec moi, nous partageons la même idéologie (ou les mêmes intérêts). Si tu es contre moi, c’est que tu partages celle que je combats.

L’opposition n’est pas un monopole et elle n’est pas systématique. Il est encore permis de critiquer une politique sans la condamner dans sa totalité et sans appartenir à un camp identifié et traditionnel.

Je sais, c’est difficile à comprendre pour certains politiciens locaux qui n’ont pas encore la télé en couleur, confinés dans une perception en noir et blanc de tout ce qui bouge sur terre.

Fallait-il le préciser? Surement non. C’est un service rendu au jeune et excessivement ambitieux Belloteau, à qui il fallait rappeler que, sorti de son western politique et sa binarité conceptuelle, il y avait la vie dans toute sa complexité, et même la liberté de penser. Chose qu’il a surement oublié de longue date, en échange d’un ventre rond et d’une tonsure autour de son cou.

Pétassou: avis de recherche

Quelques mots en passant.
Après le sérieux des sujets évoqués précédemment, nous ne saurions en supporter davantage sans une pause un tant soit peu potache.
En effet le feu couve. Tout le monde attend avec impatience le premier budget primitif du maire de Périgueux. Son budget rien qu’à lui, portant donc comme il le disait encore il y a peu, à la manière d’un grand couturier dont on ne pourrait sans mauvaise foi lui contester le rang, SA GRIFFE.
Le conseil municipal devant délibérer de ce tout nouveau budget 2009 était prévu pour le début du mois de mars. Il est reporté, c’est tout l’art de prolonger le suspens.

Et oui. La mairie croule sous les CV de cadres postulant pour les nouveaux emplois, dont on commence à comprendre qu’ils serviront moins à encadrer le personnel municipal que les élus directement. Il en va de construire une pyramide, au moins pour 5 ans, qui convienne à Pharaon avant d’espérer atteindre l’éternité, c’est-à-dire à rester dans l’Histoire. Allez, au moins le Who’s Who ce serait déjà un bon début non ?

:: Les étrons du silence ::
Pas facile. Admettons que vous vous posiez des questions fondamentales sur la vie municipale. Par exemple, comme ce fut le cas il y a peu, sur la contenance des motos-crottes en matière de déjections canines. Ca peut arriver, c’est arrivé. C’est vrai, dans un élan de curiosité mécanico-excrémentielle, vous téléphonez benoîtement au service Voirie-Environnement pour obtenir l’information.
« Pas possible ». Le service vous déclare ne pas être habilité à répondre. Non parce qu’il n’en a pas la compétence bien sur, mais parce que ce genre de communication est dorénavant interdite, sans autorisation préalable du Directeur, des Services ou du Cabinet, (ce qui semble être une piste sérieuse). Dans tous les cas c’est niet sans autorisation de la hiérarchie. C’est d’un niveau de Transparence inégalée pour un maire dont le concept est une des piles de pont de sa nouvelle politique locale.
On ne sait jamais. Des fois qu’un terroriste inverse le principe d’aspiration des véhicules et ce serait la panique sur la ville.
Mais quitte à aller devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, il faudra percer ce mystère de contenance et obtenir la déclassification de ce secret-défense communal.

:: Mariages de saison ::
Deux mariages furent l’objet de scandales dans un genre plutôt cocasse. Le premier n’a pu être célébré pour une raison textile. Visiblement choqué par l’accoutrement de l’adjoint prêt à babiller l’union, le père d’un des futurs époux, (à confirmer), aurait préféré tourner les talons. En appelant à un minimum de décence vestimentaire dans ce genre de situation, l’adjoint visiblement très décontracté en aurait pris pour son grade. L’histoire nous dira peut-être si l’adjoint était dans son jogging du dimanche ou s’il arborait fièrement et simplement un pull tricoté sur mesure.
Le second mariage s’est vu refusé pour un motif plus marginal encore. L’adjointe avait carrément devancé les festivités en arrivant dans un état d’ébriété qu’elle ne pouvait plus dissimuler. Ce ne fut là encore pas du goût des époux, fondant espoir, sûrement, de noces moins rabelaisiennes, au moins à la mairie.
A quand l’union en short et en tong, rôti comme un pollack à la sortie d’un banquet ?

:: La grande somnolente ::
Les Manants de Bergerac sont têtus et ne nous octroient pas le titre de Belle Endormie, au prétexte d’un conseil municipal un peu apathique, qui serait censé concurrencer le marasme poisseux abattu sur Périgueux comme un brouillard londonien.
Ne leur en déplaise. Cette année, ici, même la fête de carnaval est au bord de la faillite et Pétassou est à deux doigts de la perfusion d’eau sucrée. Lisez donc chers manants, l’article de la Dordogne Libre sur le sujet et vous nous en direz des nouvelles. Des fois qu’en lieu et place de Pétassou on doive se contenter d’une poupée Barbie
Nous craingons que le terme de « somnolence » ne soit qu’une douce litote pour désigner ce qui ressemble davantage à une trypanosomiase africaine à la sauce périgourdine.
Accordons pour nous départager de voir en détail nos budgets primitifs respectifs, car à Périgueux, nous sommes déjà en possession d’une liste longue comme le bras de projets annulés, d’investissements différés, de dépôts de bilan, cessations d’activités, etc.
Souvenez vous qu’en campagne électorale, c’est le maire en personne qui avait dressé ce calamiteux tableau à Périgueux, et qu’en lui faisant confiance, on allait voir ce qu’on allait voir.
C’est donc vrai que grâce à lui, ce titre de Belle Endormie, on ne l’aura plus pour longtemps, il vous reviendra par la magie de l’alternance qui change tout. Mais en attendant de voir ce qu’on va voir, Périgueux conserve son titre, ancienneté oblige.

A nous l’honneur d’un Saint Nectaire, suffisant, tout autant qu’insuffisant…