Nouvelle CAP, le profil idéal pour devenir maire

Personne n’ignore que la CAP, la communauté d’agglomération périgourdine, vient de s’agrandir. Après d’âpres discussions, Jacques Auzou, maire de Boulazac et président de l’intercommunalité Isle Manoire, a remporté le match par K.O contre le maire de Périgueux qui ne voulait pas de ses communes. La présidence de la CAP est en jeu en 2014.

Grâce à sa super veste ultra réversible, Michel Moyrand plastronne. Aujourd’hui il est pour, mais il y a peu encore, il s’opposait farouchement au profil de cette extension. Il est bon ce Michel.

Carte politique de la nouvelle CAP

C’est donc l’occasion de dresser une carte politique de cette nouvelle CAP. La domination socialiste est totale. Et ceux qui se cachent derrière un officiel SE (sans étiquette -sans logo sur la carte-), sont la plupart du temps soumis aux directives du parti socialiste (intérêts bien compris).

Disons qu’à RISK, la partie serait finie. Game Over ou en tout cas tant que les socialistes maintiennent l’illusion que le PS est à gauche; c’est devenu une profession à temps plein, un vrai métier.

Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le profil idéal pour espérer être maire d’une de ces communes et intégrer la brillante et dynamique équipe intercommunale.

Le profil idéal pour devenir maire dans la communauté d’agglomération périgourdine

Si vous êtes de droite, jeune, actif et porté sur une profession innovante, vos probabilités sont nulles. Si vous pensez que le cumul des mandats dans le temps sclérose le système représentatif, ce n’est même pas la peine de rêver.

Le profil idéal pour siéger à la CAP, le voici. Il faut absolument être socialiste ou de gauche très ami avec les socialistes. 100% des communes sont dans cette lignée.

Il faudra également être vieux et à la retraite, comme 52% des maires. Sans compter ceux qui se font passer pour des actifs, mais sont en réalité des professionnels de la politique, et qui en vivent grassement (Auzou, Colbac, Moyrand, etc.).

Une fois que vous êtes retraité et socialiste, vous augmenterez vos chances en étant fonctionnaire et encore mieux si vous étiez dans l’éducation nationale, 35% des maires à la retraite. Si vous êtes retraité d’une fonction territoriale quelconque, pas d’inquiétude, vous conservez toutes vos chances.

Et enfin, vous augmenterez vos chances en louant le cumul des mandats. 33% des maires occupent leur poste depuis 15 ou 20 ans. Près de la moitié avant les années 2000. Le record va au maire d’Atur, Alain Cournil, enkysté depuis 28 ans derrière son bureau, à égalité avec le maire de Coursac. Ils sont suivis de près par les communistes comme Colbac (Trelissac), Auzou (Boulazac) et Comte (Champcevinel), 22 ans de mariage électoral, alors que leur parti prône le contraire. Tout un symbole.

Vous êtes vieux, à la retraite (de préférence de l’éducation nationale), socialiste et vous défendez ouvertement l’idée que la représentativité consiste à s’incruster dans un fauteuil le plus longtemps possible ? Le job est pour vous.

L’avenir confié à un club de retraités de la fonction publique

Bien sur, si vous avez quelque considération pour le pluralisme et la diversité, c’est plus compliqué. Si en plus vous pensez qu’un mandat électif n’est pas une manière de s’offrir un complément retraite pour le restant de ses jours, c’est foutu.

La CAP est un monolithe sociologique et idéologique. Ce mammouth administratif ne laisse aucune place à la différence. Et quand on ajoute à cela le goût pour les intrigues et les manœuvres politiciennes par lesquelles un Michel Moyrand respire et s’inspire jusqu’à lasser parfois ses proches, on mesure sans répit l’étendue des dégâts.

Certains pensent que cette sclérose politique est due au statut de l’élu, pas assez rémunéré, comme l’annonce le maire de Périgueux avec ses immeubles défiscalisés et sa voiture de fonction.

Ce statut est si avantageux aujourd’hui qu’il fait de l’élu un cadre de la fonction territoriale pour la durée du mandat. D’où l’intérêt évident de chercher à se professionnaliser en politique. Juteux, confortable, faits d’avantages multiples en numéraire et en nature, ce statut est une source d’enrichissement personnel sans commune mesure avec les autres.

En cumulant le job avec un mandat parlementaire, ça permet même de se voter sa propre rémunération. Et incroyable hasard, ces « indemnités » ont augmenté de 135% en 10 ans (pleurez braves gens, ça a été gelé). Il faut dire qu’elles ne sont pas indexées sur l’inflation mais plutôt sur le cours du marché de l’immobilier.

Les compétences y comptent moins que la ruse et l’absence de talent se compense largement par la vigueur de son écurie politique. C’est comme ça que l’on devient maire de Périgueux par exemple. Ca en fait un plan de carrière très rentable.

Aussi ce club 3ème âge pour retraités de la fonction publique qu’est la CAP n’augure rien de très dynamique. Ils sont pour la plupart nés dans la première moitié du XX° siècle et n’ont pour principal problème dans la vie que la surveillance de leur épargne. Autant dire que les enjeux du XXI° siècle paraissent lointains…

Tout le problème du service de communication sera de faire croire le contraire.

Intercommunalité, la guerre des bananes n’aura pas lieu

La révision du périmètre de l’intercommunalité périgourdine, donne lieu, depuis quelques temps, à un spectacle étonnant. Ce combat entre les mâles dominants, ou plutôt les « maires dominants », pour savoir qui gouvernera le nouveau territoire, a pris une tournure particulière.

Les sciences politiques, la sociologie ou l’économie ne sont plus adaptées pour décoder ce qui se joue réellement. Seule l’éthologie devient pertinente. Peu importe les ouvrages complexes sur la politique territoriale française, il suffisait en réalité de revoir Gorilles dans la brume.

http://chenzorama.tumblr.com/post/2515233918/dont-make-the-monkey-angry-from-matt-cioffi

Les grands principes de la territorialité des pouvoirs

Il y a des chefs. Il y a des territoires. Il y a des chefs de territoires. Sur les territoires, on fait des bananes. Donc le chef du territoire, c’est le chef des bananes de ce territoire. Plus on a de bananes, plus on domine ceux qui n’en ont pas autant.

Mais les chefs sont inégaux entre eux. Certains territoires sont naturellement fertiles en bananes, alors que sur d’autres c’est moins facile. Par ailleurs, les chefs sont plus ou moins doués pour faire des bananes. Ce n’est pas simple.

Normalement on choisit comme chef celui qui sait faire des bananes. Mais il arrive que certains chefs ne sachent pas faire de bananes. Dans ce cas, ou ils font illusion, mais ça ne dure pas, ou ils essaient de s’en procurer chez les autres.

Ainsi, chaque chef de territoire échange des bananes avec les autres sous de multiples formes, ce qui finit par créer un équilibre des pouvoirs, matérialisé par les territoires.

Mais quand le périmètre du territoire change, se pose la question de savoir qui sera le chef du nouveau territoire et par conséquent des bananes. C’est tout l’équilibre des pouvoirs qui est à redéfinir. C’est l’occasion pour les prétendants de montrer leur force, d’impressionner l’adversaire, pour s’imposer comme nouveau chef des bananes.

C’est ce qui se passe en ce moment pour la Communauté d’Agglomération Périgourdine et la Communauté de Communes d’Isle Manoire. Toute la question est de savoir qui sera le nouveau chef du territoire le plus riche en bananes de toute la forêt périgourdine.

Ne vous étonnez donc pas de voir vos représentants s’écharper dans vos journaux locaux, c’est leur moyen (à eux) de vous dire qu’un nouveau combat pour la domination des territoires est engagé. Ca fait beaucoup de bruit, ça brasse beaucoup d’air, mais la jungle politique est ainsi faite.

Nous allons essayer de comprendre les enjeux pour les deux prétendants à la nouvelle domination territoriale et remercions Dian Fossey pour ses travaux sans lesquels nous n’aurions rien compris.

Etre chef de Périgueux, c’est être chef de la CAP

Le maire de Périgueux ne veut pas que le clan de Boulazac (allié en théorie) intègre en totalité le nouveau périmètre de la CAP. Car le chef de la CAP, naturellement, devrait être le chef de Périgueux, la plus grosse ville (c’est toujours une question de taille), celle qui a plein de bananes, historiquement et naturellement.

Par exception ce n’est pas le cas puisque jusqu’en 2008, le chef de Périgueux était de droite, un clan rival. Donc jusqu’à aujourd’hui les chefs des petits clans de la CAP avaient désigné comme chef de la CAP un chef intérimaire, ou disons faute de mieux, le chef de Chancelade, un petit clan de 4 174 feux pour faire semblant d’en diriger plus de 60 000.

Alors forcément, le territoire de la CAP ne donnait pas autant de bananes qu’il aurait du. Mais peu importe, ce qui comptait jusque là n’était pas les bananes mais d’empêcher le chef de clan rival de dominer le territoire.

Coup de théâtre en 2014, le chef de Périgueux changea. Et ce nouveau chef fait partie du même groupe que les autres chefs de la CAP. Du coup, le chef de Périgueux se verrait bien couronné chef de la CAP, ce serait bien normal, c’est lui qui a la plus grosse.

Mais patatra. Le chef de Boulazac va revenir (contre son gré) dans le clan de la CAP. C’est une menace pour le chef de Périgueux, qui sait très bien que si le chef de Boulazac entre à la CAP avec tout son clan, il sera désigné comme chef de la CAP. D’autant que le clan rival, ennemi juré du chef de Périgueux, se ferait un plaisir de se rallier au chef de Boulazac pour ennuyer le chef de Périgueux.

Alors le chef de Périgueux fait tout ce qu’il peut pour que le chef de Boulazac entre à la CAP avec le moins de bananes possibles. Plus le chef de Boulazac a de bananes en entrant dans le clan de la CAP, plus il a de chances d’être chef de la CAP.

Boulazac, c’est celui qui sait faire les bananes qui doit être chef de la CAP

Pour le chef de Boulazac c’est différent. Il a fait partie il y a longtemps du clan de la CAP. Mais il faisait de l’ombre aux autres chefs de la CAP, parce qu’il était très fort pour multiplier les bananes. Il finissait par avoir beaucoup plus de bananes que les autres chefs, qui se contentaient fort bien de leur paisible train-train.

Alors les autres chefs de la CAP décidèrent d’embêter le chef de Boulazac en l’empêchant de faire trop de bananes, ce qui finissait par les faire passer pour des feignants ou des incapables. C’est là que le chef de Boulazac décida de quitter le clan de la CAP pour faire son propre clan où il serait chef et où personne ne l’empêcherait de faire ses bananes.

Alors le chef de Boulazac fit plein de choses que les autres chefs ne savaient pas faire. Et son clan de Boulazac devint vite le plus riche en bananes. Mais aujourd’hui il n’a plus le choix. Il doit réintégrer le clan de la CAP et par allégeance, il doit aussi donner toutes ses bananes. C’est injuste !

La seule solution pour le chef de Boulazac de ne pas voir ses bananes dilapidées, c’est de devenir chef de la CAP. Donc il veut y entrer avec tout son clan pour être désigné chef de la CAP. Sans tout son clan derrière lui, c’est le chef de Périgueux qui gagnerait.

Or il n’y a rien de plus insupportable pour le chef de Boulazac que d’obéir au chef de Périgueux. Car ce dernier n’a jamais su multiplier la moindre banane et s’est toujours servi des autres pour faire croire qu’il en avait. Pour le chef de Boulazac, ce serait un véritable holdup de bananes.

Non seulement le chef de Boulazac devrait donner toutes ses bananes, mais en plus il devrait obéir à ceux qui ne savent pas en faire. C’est à vous dégoûter non seulement de faire des bananes mais même d’être chef.

Le chef de la CAP: presque chef de toute la forêt

A l’échelle du territoire de la Dordogne, ce combat est très important. Car bientôt, le grand dos argenté du Conseil Général, le vrai chef de toutes les bananes locales, sera à la retraite.

En plus son successeur aura bien moins de pouvoir à cause de la réforme territoriale. Le chef du clan du Conseil Général fera bientôt moins peur.

Du coup, si le clan de la CAP devient vraiment important, son chef pourrait devenir aussi fort que grand dos argenté. Car c’est sur le territoire de la CAP qu’il y a toutes les bananes. Et le vrai chef, c’est le chef des bananes.

Forcément, ça créer autant de tensions que cela ouvre l’appétit.

La guerre des bananes n’aura pas lieu

On comprend mieux dès lors les causes de tout ce tintamarre.  Les hurlements et les cris traversant les paisibles vallées périgourdines depuis quelques temps ne sont que les échos de ce combat des chefs.

Ils cassent des branches, bombent le torse tambouriné de leurs poings serrés, mâchoire ouverte, dévoilant leurs longues canines.
Spectacle cruel de la vie sauvage : la lutte pour la domination territoriale. Ils s’impressionnent et se menacent hou hou hou.

Mais pas d’inquiétude. Tout cela est symbolique. Jamais ils n’iront jusqu’à se confronter directement, au risque de se blesser même superficiellement. C’est ce qu’on appelle la politique.

Quant à imaginer le dessin d’un territoire selon l’unique critère de l’intérêt de ceux qui le peuplent, l’habitent et l’enrichissent, et non bien évidement de l’intérêt de leurs chefs, ce serait une utopie.

L’aventure c’est l’aventure

Pour le hérisson, l’aventure, c’est de continuer à traverser la rue et d’éviter les pneus meurtriers ; pour l’oiseau au printemps, l’aventure, c’est d’aller chercher son petit ver du matin à potron-minet, non loin du chat qui dort… Pour le commerçant traditionnel, l’aventure, c’est de survivre à la vindicte des élus mal comprenants.

« Si vous n’en voulez pas, on ne fera RIEN ! »

Bouhhh ! Les vilains nuls qui ne veulent pas comprendre à quel point un centre commercial est une idée formidable! Heureusement, certains l’ont compris. En tout cas, un. Ironie du sort, c’est celui à qui la municipalité précédente a aplani le terrain pour lui permettre de gérer 1 800 m² de surface de vente (enfin à ses parents).

Lui aurait on assuré qu’il n’y aura pas d’activité concurrente prévue dans le superbe bateau commercial ? Le pauvre, il a confiance… comme si l’on pouvait avoir un poids quelconque sur les décisions que prendra l’investisseur…

« Si vous n’en voulez pas, dit le maire, je fais un jardin avec des bancs ». Enfin une bonne idée ! Penser aux Périgourdins, aux familles, aux enfants, créer un lieu de convivialité, redonner à Périgueux une ambiance méditerranéenne, « avec des bancs » quelle gentille attention. Mais voilà, c’est une boutade, c’est comme une menace ! Ce qui donne à penser que le bien être des Périgourdin pèse bien peu face à un investissement juteux.

« Mais qu’est-ce que vous voulez ? »

Personne n’a pu répondre à la question pour la bonne raison qu’on ne nous l’a pas posée !!! Eh oui, l’objectif de la réunion était de présenter une étude « provisoire », censée démontrer l’état du commerce de l’agglomération et en particulier celui de Périgueux.

En fait, on s’est vite aperçu que la démonstration classique « en entonnoir » visait à démontrer à quel point le projet de centre commercial était incontournable pour éviter la catastrophe. C’est une « locomotive » qu’il nous faut pour « redorer l’image de Périgueux », bande d’abrutis (ça, c’était en filigrane).

« Rien ne se fait à Périgueux »

C’est ce que notre Sénateur-Président a retenu de son passage dans les commerces Périgourdins. Car il fait ses courses à Périgueux, lui (sa femme, elle, va à Bordeaux, elle l’a même dit à un commerçant de chez nous…).

Dans ces commerces, on lui aurait déclaré méchamment : « vous ne faites rien pour le commerce ». Il en déduit que « rien » veut dire : vous ne construisez pas de centre commercial.

Alors que pour moi (et pour vous ?) « rien » veut dire : diminution des places de parkings, pas assez d’animation, trottoir en mauvais état, pas de communication sur la vie à Périgueux, pas d’investissement structurant, pas de signalisation, de politique commerciale active comme aider à la rénovation des boutiques, à l’accès aux handicapés, à la circulation en mode doux, au fleurissement, pas de bancs (ça c’est pour M. MOYRAND)…

Comme quoi, on n’a pas la même manière de comprendre ce qu’on nous dit.

« Le tourisme ne fait pas partie du problème ! »

Ah bon ? Première nouvelle. Les touristes ne contribuent pas au chiffre d’affaires du commerce. Je suis témoin (et rapporteuse) et je ne suis pas seule à avoir entendu cette énormité. Alors comme ça n’était pas important, on ne l’a pas étudié. Voilà voilà.

Pour certains commerces, ça atteint près de 50 % du CA (entre les résidants secondaires et les touristes)… Mais ça n’a pas d’importance… mouimouimoui.

Faire disparaître un parking, oublier d’aménager les abords de la Cathédrale, de refaire la montée du Greffe, de créer un véritable espace toilettes… A quoi bon puisque les touristes ne sont pas importants pour le commerce.

« Le niveau de vie des ménages ? On sait… »

Petit rafraîchissement de mémoire façon INSEE dernières Lot et Garonne et Dordogne, départements sinistrés[.pdf]:

En 2008, la moitié de la population de la Dordogne vit dans un ménage qui déclare un revenu fiscal par unité de consommation inférieur à 17 755 euros. Ce niveau médian de revenu annuel est inférieur aux moyennes françaises (18 368 euros).En 2008, près de 16 % de la population (14 % en 2006) de la Dordogne vit sous le seuil de pauvreté. La pauvreté affecte les catégories de personnes les plus vulnérables : jeunes, personnes seules, familles monoparentales, personnes âgées. A Périgueux, 47 % des ménages comptent 1 seule personne…

« On est au courant de la crise » (qui ne va pas s’améliorer), de l’augmentation des loyers et des charges (qui représentent 30 % minimum des dépenses), de l’endettement (qui va bon train, merci le crédit revolving) ; « oui on sait, mais vous ne vous rendez pas compte de l’importance des marques dans la vie des gens !!! »

Et puis malgré tout le pouvoir d’achat augmente. Oui sans doute sauf que les dépenses en téléphone et Internet ont tout boulotté.

« Il faut favoriser la proximité ! »

Eh oui, le prix de l’essence bat tous les records et ça ne va pas s’arranger. Donc, développons le commerce en centre ville pour les Périgourdins… et les habitants de la périphérie. Euh, vous avez compris l’astuce ? Moi pas.

Je cherche encore… Viendront peut être à pieds nos consommateurs de la Périphérie ?

« Pas de panique on maîtrise ! »

Le centre commercial n’est viable que si l’on maîtrise le développement en périphérie… On y a pensé : on a préparé une charte ! On est sauvés ! (Me fait penser au sketch de Fernant Raynaud qui survole une ligne de chemin de fer et n’a pas pensé au tunnel)… Pas tout à fait.

D’abord parce qu’on a bien à la louche 15 000m² de projets validés de bétonnage en vue (Les grandes enseignes et les élus sont soulagés…), ensuite par ce que cette fameuse charte n’est pas opposable au tiers (confirmé par M. BERIT DEBAT) et parce que ce ne pourra être opposable que dans quelques années…

Ils n’étaient pas tous là, ils ne sont pas venus…

Eh bien oui, il y avait peu de commerçants. Finalement, ils avaient compris mieux que nous que cette soirée n’aboutirait à rien. Un boycott en quelque sorte.

Ou la simple expression du découragement d’être toujours pris pour des Dodo. Vous savez, les dodos, ces dindons bizarres des îles Castareignes disparus bêtement par manque d’intérêt et l’introduction de prédateurs sur leur territoire…

« Sauvez une espèce en voie de disparition : adoptez un petit commerçant ! »

(à la manière de Cabu)

Un autre chemin de croix, la CADA

La chasse aux oeufs

Avant de faire un petit tour en Franche Comté, j’ai envoyé à la Communauté d’Agglomération, comme la loi autorise tout bon citoyen, une demande officielle afin d’obtenir quelques documents intéressant la vie économique et sociale de notre bonne vieille terre Périgourdine.

Parmi ces documents, l’un me tenait particulièrement à cœur : l’étude que AID Observatoire doit remettre incessamment depuis quelques mois. Eh oui, Pâques aidant, j’avais envie de partir à la chasse aux œufs, surtout que celui ci nous mijote un drôle d’oiseau.

Je rappelle à toutes fins utiles que ce Cabinet d’étude est déjà à l’origine (par l’opération du Saint Esprit sans doute ?) de l’idée lancée par notre maire : pour ressusciter l’économie de Périgueux, créons un temple du commerce à Montaigne.

Nous prendrait on pour des cloches ?

Voici la réponse de la CAP datant du 18 avril 2011:

« L’étude menée par AID Observatoire est actuellement en cours. Je ne peux donc pas vous la transmettre pour le moment. Je vous informe cependant qu’un projet de charte fera l’objet d’une présentation lors du Conseil Communautaire du 29 avril 2011 ».

Si je ne m’abuse, le 29 avril 2011, c’était hier…

Alors, voyons. Aurais-je inscrit au front « vol de canards sauvages »? Me prend on pour une cloche ? La période est propice, mais il ne faudrait pas pousser…

Décryptons : l’étude AID est en cours, donc (et la CADA prévoit ce cas), on ne peut pas me la transmettre… OK, mais en conséquence, cela veut dire que les services de la CAP n’ont aucun document permettant de travailler sérieusement sur l’avenir économico-commercial de l’agglomération.

J’ai comme une impression de déjà vécu : M. Moyrand m’avait répondu la même chose lorsque j’ai demandé l’étude d’Horizon 2015 concernant la régie publique de l’eau… dont on avait déjà décidé du sort.

Alors -et je suppose que vous vous posez les mêmes questions- :

  • Les techniciens de la CAP ont déjà rédigé la charte ?
  • Sur quelles bases ?
  • A quoi sert donc de payer une étude à un cabinet expert ?
  • Est-ce une manie socialiste de faire l’omelette avant les œufs ?

Ou alors, mais je n’ose le croire, on nous mentirait ?

« Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans un trou »

Saint Matthieu.

Le SCOT de la CAP: 10 ans de médiocratie

En décembre 2001( ((Année importante, puisqu’elle a vu aussi se définir la nouvelle stratégie de développement de la CAP liée à l’A89. Pour comprendre leur réactivité, le CIADT avait annoncé la réalisation de l’autoroute le 13 avril 1987 ! ))), deux ans après sa création, la CAP (Communauté d’Agglomération Périgourdine) et d’autres collectivités avaient accepté de définir le périmètre d’un SCoT ((Schéma de Cohérence Territoriale)) avec les services de l’Etat.

Résultat : 50 communes à rassembler dans un projet de développement commun.

Voyant l’ampleur de la tâche, les élus de la CAP ont enterré le dossier dans le jardin, sous le cyprès de la volonté politique.

En 2011, sous la contrainte législative et la tutelle de l’Etat, les responsables locaux ont jusqu’au 1er juin 2013 pour définir un périmètre rationnel. Vexés de devoir aujourd’hui déterrer le dossier, ils chevauchent leur destrier en super héros de la décentralisation… Mise au point.

Depuis 10 ans, Etat et Région alertent les élus locaux sur leurs gabegies

En octobre 2004, la DDE et la Préfecture montent au créneau avec un rapport au vitriole sur la politique de la CAP. Le rapport rappelait aux élus l’importance d’une cohérence territoriale globale, urbaine, économique, écologique, agricole, etc.

Dans le paragraphe sur la CAP intitulé Un développement plus spontané que maîtrisé, les services pointaient:  » Les collectivités de ce territoire sont actuellement plus en situation de concurrence interne qu’en recherche de complémentarité en termes d’activités, de services, d’habitat et de transports« .

En janvier 2005, la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine interpelle les élus sur leurs manquements, notant qu’ « aucun schéma de cohérence territoriale (SCOT) n’a encore été arrêté à ce jour ».

Réponse des élus : « des réflexions sur l’élaboration d’un SCOT sont déjà engagées »

En décembre 2008, la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine s’inquiète à nouveau des incuries périgourdines, relevant « le caractère encore inachevé et incohérent du périmètre de la CAP ».

Réponse des élus : « une réflexion sur les communautés de communes Isle-Manoire à l’Est et de Saint Astier à l’Ouest allait être engagée».

En 2009, c’était la Direction Régionale de l’Equipement  Aquitaine qui tirait un premier bilan sur le jardinage de la CAP et sa passion des cyprès : « Les stratégies ou réflexions générales ont été insuffisantes. Les acteurs du territoire n’ont pas réussi à travailler ensemble sur le secteur géographique de Périgueux ».

Des élus irresponsables mis sous tutelle de l’Etat

Rien à faire. Le projet de SCoT était fuit comme la peste. Complexe, il nécessitait autant de volonté que de capacités politiques. Dérangeant, il perturbait des intérêts locaux et la préservation de micro potentats.

Rideau. Les élus de la CAP retournèrent sous le cyprès de la volonté politique.

Ainsi en janvier 2010, le président de la CAP devait constater l’échec : « nous n’avons pas un territoire pertinent ».

Euréka! Après 10 années d’une intensive réflexion, il venait de comprendre.

Mais aujourd’hui le SCoT va être imposé par l’Etat. Alors les guignols s’affolent et pour éviter le ridicule essaient de prendre un semblant d’initiative.

Le volontarisme feint d’aujourd’hui ne doit pas masquer les inepties d’hier. Un personnel politique aussi incompétent, mu par des intérêts parfois inavouables, voilà l’héritage démocratique des périgourdins depuis 10 ans.

L’argument contre le SCoT : les chefs de villages gaulois ne s’entendent pas

Oui, c’est le principal argument des maires de Périgueux, de Coulounieix-Chamiers et du président de la CAP (SO 17/01/11). Des élus mandatés pour servir l’intérêt général qui avouent être incapables d’assumer leur mission.

Les chefs de villages, fidèles à leur caricatures de gaulois, ont des intérêts très particuliers qui les empêchent de se soumettre à des activités d’intérêt général supra territoriales.

D’où effectivement l’anarchie urbaine, l’incohérence des documents d’occupation des sols et l’absence de planification commerciale, de développement économique, etc.

Le président de la CAP emploi un verbe étrange pour résumer les relations entre responsables locaux : « À 13, on a déjà mis du temps à s’apprivoiser». Ne parlant ni de révolution néolithique (encore que) ni du zoo de la Palmyre (encore que) le président de la CAP oppose une explication lourde de sens.

Se décrivant eux-mêmes comme des chiards égoïstes se chamaillant dans la cour de l’école, on oublierait presque la nature de leur fonction représentative de gestionnaires publics.

Des « élus sauvageons » au service de leurs intérêts immédiats… ((Ceci expliquerait le départ de Boulazac de l’intercommunalité périgourdine qu’elle avait pourtant intégré dès sa création en 1987 1987 création du SIVU, 1988 du SIVOM, 1994 du District que Boulazac a refusé)). Bref, 10 ans d’immobilisme expliqués par l’immaturité et le déni de responsabilité, là, comme ça, c’est simple.

Les guignols périgourdins et la décentralisation

Quand il s’agit de défendre leurs intérêts directs, y compris et surtout indemnités et pouvoirs, les mêmes guignols se disent les premiers défenseurs de la décentralisation.

Mais dans le cadre de cette dernière leurs résultats sont minables. Les guerres de clans et les rivalités individuelles ont tué pour longtemps tout avenir autour d’un projet de développement commun.

Le coût global de cette léthargie concertée, en termes économique, urbain, écologique, social, est au bout de ces 10 années de retard, aussi colossal que durable.

Ni les services de l’Etat, ni ceux de la Région n’ont réussi, en 10 années d’activisme pédagogique, à faire entendre raison aux chefs de clans locaux. Il aura fallu attendre leur mise sous tutelle pour qu’ils agissent… d’ici 2013…

Comble de l’ironie, ce sont ces mêmes responsables politiques qui vantent aujourd’hui le principe d’une gestion de proximité ((Le président de la CAP en janvier 2011 : « Une trop grande structure nous ferait perdre de la proximité »)).

Ils s’essuient les pieds sur le paillasson de la décentralisation, sont incapables de la moindre rationalité territoriale ni du plus petit projet commun, obèrent lourdement les chances de développement du bassin de vie périgourdin, mais peu importe.

Selon eux, leur qualité d’ « élu de proximité » nous garantissait une valeur ajoutée dans la gestion publique.

A ce compte là, autant être dirigé par un technocrate exilé à Saint Pierre et Miquelon.