Les voeux à la Communauté d’Agglomération Périgourdine

C’est la même chanson, mais la différence c’est…

Qu’ils ont parlé d’agenda 21.

Ca c’est big news. On n’a pas oublié l’écologie à ce qu’il semblerait… On s’occupe de l’assainissement de l’eau. Bien, bien, un point pour le Mammouth ! A quand la délégation de compétence pour une gestion publique de l’eau ?

Le PDU va bon train puisque le TER va augmenter sa cadence (dommage qu’il marche au diesel, on ne nous dit pas si les locomotives seront moins polluantes) ; il va s’arrêter à la Cité et à St Laurent (pas St Georges ?). Qu’on se rassure, nous aurons des réunions de concertation. Les lignes de bus se modifient, améliorent le service (électriques ? Plus petits ? Plus nombreux ?).

Et on planche sur le plan de circulation des vélos… (et d’un code de la rue ?). Le contournement de Périgueux, les ponts, la gare ? Rien. Bon on verra si l’on tient compte de l’avis de la foule.

Le SCOT, Si c’est possible…

Autre bonne nouvelle : ils vont le faire, le SCOT, j’en suis toute retournée ! Bon d’accord, Madame le Préfet a tapé du poing sur la table, vu que la loi ne donne plus le choix mais des échéances. Dommage, on l’avait depuis plus de 10 ans, ce choix (voir PDF).

Maintenant il va falloir accélérer les négociations pour essayer de faire tomber le mur de l’Est. A mon avis, vont pas se laisser faire sans contreparties. Déjà Boulazac annonce la couleur : «On ne veut pas du prêt à porter mais élaborer ensemble des projets communs ».

C’est sans doute en prévision de ces contreparties que la CAP s’empresse de soutenir le projet Eiffage à Montaigne car la CAP a déjà tout compris (tout signé ?) sur l’avenir du commerce à Périgueux. Fortiches non ?

L’étude n’est pas reçue (oui ils en lancent aussi) qu’ils savent déjà qu’il faut précisément 10 000 m² de commerce supplémentaire. Des cracks je vous dis. La baguette magique ? La charte commerciale.

Le président de la CAP chasse les mouches importunes qui s’en gaussent (suivez son regard) ; notre sénateur -juré, craché- votera pour la réforme de l’urbanisme commercial et des deux mains pour le DAC sorte de charte opposable.

Oui mais le temps de le voter, de l’appliquer, il en aura coulé du béton sur notre bonne vieille terre…

2011, payez, payez petits ménages !

10 minutes de discours sur la disparition de la taxe professionnelle et son remplacement par la contribution économique territoriale. Le Président-Sénateur rappelle la « kyrielle de taxes sur les entreprises de réseau dont le poids retombera sur les épaules des ménages ».

Ça c’est sûr. C’est le consommateur qui paiera. Mais alors…Expliquez moi ! Quand on sait tout ce que ces ménages auront à payer, et plus encore, on a du mal à comprendre la logique de la CAP : reconnaître la perte du pouvoir d’achat des foyers périgourdins et leur proposer de dépenser plus en créant plus de commerces.

Quoi d’autre ?

La piscine de Bertrand de Born retardée (et plombée) par les fouilles, la gestion par la CAP de la petite enfance (qui peut être une bonne chose à condition qu’on ne fasse pas comme pour le commerce, qu’on privilégie les communes de la couronne), l’écopôle prévu au Grand Cerf (mais on sait que les thématiques des ZAC sont vite oubliées).

J’oubliais, il y a une réflexion sur le maraîchage (mais comme ça ne rapporte rien, on en restera longtemps, à mon avis, au stade de la réflexion !).

Les vœux se terminent par une ode au développement économique et au sport dont je vous fais grâce et sur un buffet qui m’avait l’air plus garni que celui de Périgueux à ce que j’ai pu en apercevoir avant de quitter les lieux de la cérémonie…

Vivement les vœux de 2012 !

« Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore, voilà toute la politique »

Beaumarchais.

Sud Ouest Dordogne partenaire officiel de la CAP Périgueux

Jeudi en 20, la rédaction de Sud Ouest s’est dévouée à la Communauté d’Agglomération Périgourdine, la CAP. Interviews ((Le débat est ouvert et Partout, on réduit la place de la voiture)), témoignages (lénifiants) ((Une nécessaire complémentarité, Offrir la gratuité des transports en ville )), tests grandeur nature ((Rien ne sert de rouler il faut partir à point)), article promotionnel ((Le TER joue la navette ferroviaire)) et même article-fiction ((Des trains, des bus, moins de voitures)) sont au rendez-vous pour vous faire aimer vos élus et leur PDU.

Comme en partenariat avec la CAP et la Région Aquitaine, le quotidien s’est démené pour mélanger enjeux réels et communication, vraies infos et slogans publicitaires. Forçant le trait jusqu’à un militantisme décomplexé, aujourd’hui, en plagiant l’Humanité sur le 4 novembre 1956, Sud Ouest aurait pu titrer :

L’agglomération périgourdine retrouve le sourire

Visiblement inquiets des récentes critiques sur la vacuité de cette collectivité locale, ((JF Cros A chacun son film ou ici même La Cap est un échec de la décentralisation)), la CAP et Sud Ouest se sont mobilisés dans une campagne de communication sans précédent pour l’image des élus et l’action de l’agglomération, PDU en tête.

Il fallait employer les grands moyens pour répondre à des critiques fortes. Sont pointés l’incohérence territoriale et politique, l’anarchie régnante en l’absence de planification urbaine et commerciale (cause principale de l’inflation du trafic routier), une politique générale étriquée, sans vision globale, de lourds retards dans le développement économique le long de l’A89, etc.

Les questions-réponses de Claude Bérit-Débat

Sud Ouest commence par une interview du président de la CAP, Claude Berit-Débat, se donnant pour objet de répondre presque point par point aux récentes critiques. Le titre de l’article résume la tonalité générale : « Le débat est ouvert ».

Le community manager de SO offre par des questions calibrées l’occasion de valoriser l’image de l’action intercommunale. Mais sur un fond de sincérité bien sur, face à des éléments que personne ne peut plus dissimuler aujourd’hui. Claude Bérit-Débat tente ainsi d’expliquer tout le bien fondé de son Plan de Déplacements Urbains en l’absence de tout autre document d’urbanisme ou commercial dans un périmètre territorial indigent.

Il présente aussi sa méthode de décision : la quête de l’unanimité. En général dans le régime démocratique en usage, les collectivités territoriales prennent des décisions à la majorité, procédant de la logique électorale. Mais plus soucieux de la vitrine politique que de la cohérence de l’action publique, Bérit-Débat s’échine à préserver l’unanimité pour des communes en totalité socialistes ou communistes (ou les deux bien souvent).

Il accorde ainsi à chaque commune un droit de véto, introduisant une excentricité périgourdine dans le processus démocratique. C’est au nom de cette apparence d’union politique que Champcevinel exerce ce droit de véto contre le contournement nord, Trélissac contre le pont de l’Arsault, ou Coulounieix-Chamiers contre un peu tout à la fois.

Cette méthode de décision se rapproche davantage du Conseil de Sécurité de l’ONU que de notre Code Général des Collectivités Territoriales. Il s’agit moins de communes que d’ambassades, conduisant les maires non à se soumettre à une démocratie par majorité, mais à s’ériger en censeur au nom de leur souveraineté territoriale.

Les projets ne sont donc pas décidés en fonction d’un intérêt général résultant d’un vote à la majorité, mais selon un consensus dont la logique est géopolitique, fondée sur la recherche du plus petit dénominateur commun. Que l’on ne s’étonne donc plus de l’incapacité de la CAP à agir par une politique générale cohérente.

C’est un échec que Bérit-Débat a au moins le courage de reconnaitre, lorsqu’il indique que « l’intérêt général passe au second plan », conséquence directe du refus des élus périgourdins de se soumettre aux principes du régime démocratique au niveau intercommunal.

Résultat, ce n’est pas que le PDU qui est vidé de sa substance comme le demande Sud Ouest, mais l’ensemble de la politique intercommunale. Ici Bérit-Débat fait un autre constat d’échec. Car s’il présente le PDU comme étant « d’abord la promotion des transports en commun », il concède également vouloir ensuite s’attaquer au commerce puis au périmètre intercommunal et à l’urbanisme (SCOT).

Une méthode étonnante et si peu cartésienne. Il va ainsi du particulier au général et du secondaire à l’essentiel. La logique voudrait l’inverse. D’abord la fixation d’un territoire, ensuite des règles générales et enfin des dispositions particulières. Bérit-Débat et ses amis avancent à reculons.
Lorsque le sens de la marche va du décret d’application vers la loi organique, forcément c’est compliqué. Il fait face à un conglomérat d’ambassades municipales sur un escalator monté à l’envers.

Le résultat est là. 10 ans de retard sur le périmètre de l’intercommunalité ((Rapport CRC 15/07/2004 et 02/12/2008)) , 10 ans de retard sur le développement économique le long de l’A89 ((Rapport DRE août 2009)) , aucun document de planification urbaine et commerciale, mais des couloirs de bus pour toute régulation du trafic automobile.

En revanche sur l’accessoire (comparé à l’étalement urbain et aux enjeux environnementaux), la CAP ne boude pas son succès. Une piscine ludique (Aquacap) et une voie pédestre le long de la rivière (Voie Verte) en 10 ans, les périgourdins ne semblaient pas en demander plus.

Evidement, parler de concertation avec les habitants alors que les élus n’y parviennent pas entre eux, c’est risible. Mais face à un tel constat d’échec, il faut savoir se détendre aussi.

Pour Sud Ouest vous en rêviez ; Moyrand l’a fait. C’est formidable !

S’ensuit un article promotionnel comme Sud Ouest en a le secret où le vendeur de tapis se substitue au journaliste. La trame du scénario demeure classique : une situation périlleuse, du suspens et le dénouement avec l’arrivée d’un sauveur.

D’abord la présentation d’une solution inextricable, l’impossibilité de se doter d’une navette ferroviaire malgré des besoins criants. Une fatalité plongeant le bassin de vie dans un désarroi profond et altérant toute idée d’un avenir serein.

Allait-on sombrer dans le néant d’un enclavement impitoyable au prétexte que la navette est chère et nous, malheureux, si pauvres ?

Mais non car le sauveur arrive ! « Finalement, une solution de remplacement est trouvée en 2009 par Michel Moyrand… ». Plus de navette ferroviaire mais des TER au cadencement renforcé. Comme si personne n’y pensait avant, les syndicats de la SNCF par exemple…

Grâce au maire de Périgueux, ce ne sera pas cette navette ferroviaire « rêvée depuis des années », mais tout de même « un formidable moyen de déplacement ». Et le dithyrambe ne serait pas complet sans cette dernière envolée : « … le PDU périgourdin est considéré comme exemplaire. C’est la Région qui le dit ».

Ah ben si la Région le dit alors, c’est que ça doit être vrai !

Région du même bord politique que l’intercommunalité dont le premier vice président et maire de Périgueux se trouve être aussi vice président du Conseil Régional…

Grâce à ce journaliste exemplaire (c’est la Région qui le dit), vous saurez que vos élus sont formidables et font des choses formidables. Que demande le peuple hein ?!

Sud Ouest, les Sims, un acide, un article

En suivant, Sud Ouest se lance dans un article d’anticipation. Difficile de mettre en valeur un produit qui n’existe pas, qu’à cela ne tienne, Sud Ouest l’invente. C’est pourquoi l’auteur a pris un acide (présume-t-on) et imagine pour vous la situation périgourdine en 2020. Attention décollage.

Il s’invente des personnages, leur vie, leur boulot, leurs enfants et va même jusqu’à délirer sur la météo du jour, les prénoms, etc.

Et là, un peu comme avec les Sims, le journaliste anime et occupe son petit monde avec des activités choisies. Ah ben là Mathieu travaille à Boulazac et Juliette à l’hôpital heu… et c’est parti pour le Grand Huit intra muros dans la tête du narrateur.

La fiction se déroule donc en 2020 et notre Philip K. Dick local s’emploie à divaguer sur les transports en communs et la vie quotidienne dans l’agglomération. Et j’te prends le bus et j’te prends le train et tout va bien, c’est merveilleux au pays des Sims.

Les bus sont « quasiment toujours à l’heure », tout est fluide, on active gaiement la billetterie unique depuis son téléphone portable et merveille, le pont de l’Arsault vient d’ouvrir : plus aucun bouchon à déplorer en centre-ville. Wonderfull World.

En pleine montée d’acide, le journaliste s’attaque aux parents de sa famille imaginaire. Le pont des Barris est fermé aux voitures et pépé fonce comme un bolide avec son vélo électrique. La loi sur les retraites est entrée en application, ils ont 65 ans et travaillent encore (sur ce point il pourrait lire le Monde plutôt que de jouer aux Sim’s). Du coup mamie bosse et s’éclate non avec un TER mais carrément avec une navette ferroviaire. On l’imagine volontiers rose à poids jaunes pour l’occasion.

Dernier pic avant la descente, le romancier en herbe s’en prend à la Communauté d’Agglomération toute entière. La CAP est devenue la GCAP, la Grande Communauté d’Agglomération Périgourdine regroupant plus de 50 communes. Et pourquoi pas une Communauté Urbaine de 500 000 habitants. Avec les Sims on peut tout faire et avec Sud Ouest tout imaginer.

Et le journaliste de conclure en annonçant un nouveau PDU pour 2030. Dans de bonnes conditions, sous LSD, l’avenir est radieux, coloré, fluide. De là à supprimer l’investigation pour des fictions narratives, il n’y avait qu’un pas que Sud Ouest franchit avec souplesse et docilité.

Pour les curieux qui seraient tentés d’appuyer leur opinion sur des analyses objectives, nous allons mentionner quelques documents à toute fin utile.

Pourquoi y a-t-il trop de voitures aujourd’hui

Sans politique urbaine cohérente, la CAP a fait exploser l’usage de la voiture dans les années 90 et 2000. Le trafic routier augmente 10 fois plus vite que la population ((PAC DDE- Novembre 2006)) . Il est la conséquence directe de la forme de développement urbain voulu par les élus : anarchique et sauvage.

Si aujourd’hui, en 2010, la CAP s’apprête à réduire ou plutôt réguler le trafic automobile, c’est parce que depuis sa création, cette collectivité s’est développée sur des logements périurbains éloignés, des ZAE loin des quartiers d’habitat, etc., incitant toujours davantage à l’usage de la voiture, nonobstant la tendance macro-environnementale.

Il est donc bien naturel que celui qui vous a rendu malade depuis 20 ans se propose aujourd’hui de vous soigner en vous exhortant à des comportements écologistes et collectifs.

Mais toujours sans aucun document de planification urbaine et commerciale, ce qui amène à la conclusion suivante ((PAC DDE- Novembre 2006)) :

Les tendances à l’œuvre sur le territoire de l’aire d’étude ne sont pas favorables aujourd’hui à une amélioration de la situation que connaît l’agglomération : bien au contraire, du fait de l’absence de document de cadrage, tous les ingrédients sont réunis pour une poursuite de l’étalement urbain et une concentration des commerces.

Que se passe-t-il sans les voies de contournement et les ponts ?

Certains idéologues sophistiques avancent que tout aménagement routier ferait augmenter le trafic automobile. C’est ignorer ce qui est constaté plus haut pour promouvoir un interventionnisme contraignant. La solution du rail est en réalité moins une volonté politique qu’une victoire des lobbyistes syndicaux, qui en retour, ne pourront déroger à un soutien électoral opportun.

Maintenant que l’on vous a construit un logement à l’opposé de votre lieu de travail et en diagonal de votre supermarché, on va vous dégouter de prendre la voiture. On appelle ça une double peine.

En gros ça donne le résultat suivant :

Suite à une politique urbaine déplorable qui a favorisé l’étalement urbain et l’allongement des trajets, nous sommes heureux de vous annoncer que toute future utilisation de la voiture sera pénalisée.

PDU CAP Périgueux - juin 2008

Sans pont ni contournement, voilà ce qu’annonçait pourtant la CAP :

… si rien n’est fait d’ici à 2020, les cabinets spécialisés prévoient une aggravation des embouteillages aux heures de pointe…

La solution pourrait passer par la création de nouvelles infrastructures routières : deux ponts urbains (pont de l’Arsault et du bas Chamiers) et l’amélioration des voies de contournement actuelles…

L’idée est simple. D’ici à 2020, vous serez tellement écœurés à l’idée de prendre votre voiture que les grèves de la SNCF et les retards des bus seront de douces pensées à côté des embouteillages qui vous attendent. Du coup, vous laisserez votre voiture au garage et irez manifester votre joie en sifflotant à bicyclette.

Elle est pas belle la vie ?

La Communauté d’Agglomération Périgourdine, un échec de la décentralisation

C’est fantastique, la Communauté d’Agglomération Périgourdine (CAP) est fantastique. Voici tombé le énième compte rendu dans le quotidien Sud Ouest (Les sujets qui bloquent). Ils ne sont d’accords sur rien ou presque et le président sénateur Bérit-Débat ne peut imaginer agir dans sa majorité qu’à l’unanimité. Conséquence prévisible, d’indécrottables querelles de clochers.

:: Les manquements à l’action publique ::

Ils devaient se constituer en intercommunalité relativement à la cohérence d’un périmètre correspondant au bassin de vie. Ils se sont fragmentés en 3 petites entités, chacun dans son coin et sans coordination. Les rappels de l’Etat et de la Région n’ont servi à rien.

Ils devaient anticiper l’autoroute A89 et avaient été largement prévenus par les services de l’Etat. Ils ont aujourd’hui 10 ans de retard, impliquant les préjudices que l’on sait pour la collectivité.

Ils devaient agir en concertation pour développer des zones d’activités économiques le long de l’autoroute. Chacun a fait sa tambouille dans son coin pour le bonheur de l’étalement urbain, l’uniformisation des paysages et une pollution galopante.

Ils devaient, conformément à leur obligation, produire un Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). Incapables de faire un tel document, ils se gargarisent aujourd’hui avec un Plan de Déplacements Urbains (PDU) qu’ils n’arrivent même pas à boucler.

Dans leur PDU, ils devaient « maîtriser le développement urbain » (comme si un PDU remplaçait un SCOT) mais chaque commune agit en solitaire, pour l’une faisant un Plan Local d’Urbanisme, pour l’autre élaborant un projet commercial de plusieurs dizaines d’hectares amenant les responsables à mentir publiquement sur sa réalité. Ils arrivent même à se nier entre eux leurs propres compétences !

Ils devaient enfin rechercher une cohérence du développement économique via une charte qu’ils n’ont jamais été capables de mettre en œuvre. Cela conduisit un maire à menacer l’autre de se pourvoir près le Conseil d’Etat contre l’obtention d’une Commission Départementale d’Aménagement Commercial CDAC.

Pour finir, il faut écouter le maire de la ville de Boulazac qui a quitté la CAP, réagissant à l’idée d’intégrer à nouveau l’intercommunalité (SO 19/02/10) :

Par contre, il faut tendre vers l’efficacité. L’argent va être rare. Dans toutes les collectivités, il sera nécessaire d’avoir des démarches d’excellence : on ne va plus embaucher pour être agréable à X ou Y.

L’argent public au service de la corruption plombant les budgets, une accusation simple.

:: Le bilan de l’incapacité et la négation de l’intérêt général ::

Voilà où nous en sommes. A croire que le conseil communautaire est une assemblée de « barons fainéants » chargée de prendre les décisions les plus importantes pour la communauté. Il n’en est rien. Ces responsables sont simplement incapables d’agir pour l’intérêt général, paralysés par des enjeux particuliers et politiciens.

Alors aujourd’hui, Sud Ouest titre : Les sujets qui bloquent. Les stationnements, les ponts, les voies de contournement, sont au centre de querelles égotiques et politiques. Alors de quoi sont-ils capables ces gens là ? Et bien vous aurez droit à des couloirs de bus et un renforcement du cadençage des TER avec peut-être des gares supplémentaires. Pour mémoire, la maîtrise du déplacement automobile était un des objectifs majeurs présenté aux habitants.

Le premier problème aujourd’hui qui nuit depuis tant d’années au bien commun est simple. Les communes sont en position concurrentielle alors qu’elles font pourtant partie d’une intercommunalité. Résultat, les maires s’opposent à tout projet dont ils ne perçoivent pas un intérêt direct pour leurs affaires. Autrement dit, l’ensemble des 13 maires est depuis l’origine incapable de dégager l’intérêt général de ces communes autour d’un projet commun qui transcende les intérêts municipaux.

La présidence de la CAP est réduite à une animation de monsieur Loyal dans la chimère de l’unanimité ; principe rejeté par le fonctionnement de la démocratie puisqu’il ne conduit qu’au blocage et à l’immobilisme en attribuant un droit de véto. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont confié la présidence à un homme dans l’impuissance de fédérer et de convaincre. Sur ce point il semble que cette anomalie de ressources humaines ruine l’essence même d’un regroupement de communes dépassant les intérêts particuliers, en plaçant un homme inapproprié à la tête de la structure.

Mauvaise gestion des flux automobiles et congestions quotidiennes, étalement urbain, uniformisation des paysages, recul des terres agricoles, augmentation des pollutions, anarchie économique, saupoudrage d’argent public, accusations de corruption par leur « collègue » voilà le véritable bilan. Ajoutez à cela que depuis 10 ans les maires ignorent avec effronterie les recommandations de l’Etat et de la Région et l’on obtient de véritables manquements aux responsabilités publiques.

Mais qu’à cela ne tienne. Vous avez une grande piscine ludique, une voie verte, des sacs jaunes et même une distribution de compost. Ce qui compte est de croire que le principal est là.

Intercommunalités périgourdines : gauloiseries consanguines en milieu tempéré

Les pages du quotidien Sud Ouest servent en ce moment de cour de récréation. C’est à ce niveau de chicanerie que se situe le débat politique. Alors qu’avec un retard d’au moins 10 années, les responsables d’intercommunalités devraient être autour de la table pour dessiner un périmètre rationnel et déterminer les enjeux à long terme, ils s’obstinent dans leur concurrence toxique.

Toxique non pour leur pouvoir, ni pour leurs indemnités, encore moins pour leurs poissons pilotes, mais tout simplement pour le bassin de vie périgourdin, l’environnement et l’économie, les citoyens.

:: Le niveau zéro du débat politique ::

Il y a peu nous expliquions, avec quatre rapports de l’Etat et de la Région à l’appui, comment Claude Bérit-Débat, président de la CAP tournait en bouffonnerie de boulevard la consistance de l’action publique sur sa web TV.

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Ensuite, un point sur l’interview de Jacques Auzou, maire de Boulazac et président de la Communauté de Communes Isle Manoire, expliquant sans détour (SO La méthode sans états d’âme de Jacques Auzou):

La légèreté dans la gestion publique de ses principaux concurrents de la CAP

Une culture de la corruption consistant à pourvoir des postes de complaisance

Voilà qu’aujourd’hui Claude Bérit-Débat (président de la CAP) réplique vertement, accusant à son tour le maire de Boulazac :

Les charges de personnel sont justifiées à la CAP et inférieures à celles de Boulazac

– A la CAP pas de corruption, au contraire de Boulazac bien sur

Citations :

J’ajoute que le pourcentage de la masse salariale de la CAP, même si cela n’a pas de véritable signification, est inférieur de plus de la moitié à celle de Boulazac

Je ne lui ferai pas injure de penser qu’il parlait de ses propres pratiques [Ndlchouette, la corruption]

Voilà. C’est-celui-qui-dit-qui-l’est répond Claude Bérit-Débat sans surprendre. La gageur en conclusion de cette salve, d’appeler Jacques Auzou à la coopération est d’une ironie tordante.

:: Sur la corruption ::

Vous noterez la métaphore en usage. Personne ne parle de corruption. Ici on n’appelle pas un chat un chat. On parle avec discrétion de « plaçou ». Que penser maintenant que les deux protagonistes s’accusent symétriquement de corruption ?

Boulazac c’est fait, la CAP c’est fait, la commune de Périgueux aussi. Il manque le Conseil Général décrit souvent comme une vaste « usine à beaux frères » par certains observateurs. On n’omettra pas de signaler que la plupart des responsables d’intercommunalités sont également vice-présidents de l’assemblée départementale.

Bref, si ces responsables politiques ne sont pas des diffamateurs, alors se lève timidement le voile qui couvre la corruption locale. Timidement encore, parce qu’il faudra un jour rendre des comptes sur le rôle des Bureaux d’Etudes Techniques dans les marchés publics locaux, par exemple.

:: Sur la débilité du périmètre de la CAP ::

Pour Claude Bérit-Débat, la faute revient à Jacques Auzou :

Monsieur Auzou découvre que le sens de l’histoire est d’aller vers un élargissement de la coopération intercommunale. Mais nous, à la CAP, nous le savons depuis longtemps. Là encore, où était « l’utilité sociale » lorsqu’il a quitté le Sivom pour fonder ensuite la Communauté de communes Isle-Manoire, faisant fi de la logique la plus élémentaire ?

Avec 10 ans de retard, Bérit-Débat se dit concerné par ce problème depuis longtemps. Depuis longtemps incapable, ce sera sa confession, de rendre le meilleur des services aux administrés. Les différents rappels des services de l’Etat et de la Région depuis des années sont accablants.

Aujourd’hui Jacques Auzou est sur de sa force. Il a mieux anticipé que les autres l’arrivée de l’A89, ses structures sont opérationnelles et il a les meilleurs résultats économiques du bassin de vie. En revanche, il mène un règne autocratique à l’opposé du concept d’intercommunalité et de coopération dans une forme de communisme fortement centralisé mais économiquement débridé, un peu comme la Chine.

De son côté, Claude Bérit-Débat est président de l’intercommunalité légitime (canal historique), mais dans un consensus mou qui nuit à l’efficacité de l’action publique. Au contraire de Jacques Auzou, il est président précisément parce qu’il n’a aucun leader ship et un déficit profond de vision globale. Ce n’est pas lui faire injure, tant ce n’est pas un scoop).

La majorité de la CAP est majoritairement divisée. Le PCF y mène des push lobbyistes avec les syndicats locaux, les vice-présidents déposent leurs contentieux près le Conseil d’Etat, un autre vice-président renie les compétences de l’intercommunalité en menant dans son coin des projets immobiliers, conduisant un autre vice-président au mensonge public.

Incapables de produire une charte commerciale et un Schéma de Cohérence Territoriale, les élus de la CAP pataugent dans la contradiction de leurs intérêts personnels.

Dans ces conditions, c’est Jacques Auzou qui apparait sans difficulté comme l’homme fort du territoire. Et le pauvre Bérit-Débat n’a guère que la question (restreinte) de la gestion des déchets pour répliquer, en espérant briller sur le traitement des ordures. C’est maigre.

:: Gauloiserie consanguine en milieu tempéré ::

En lieu et place de rattraper leur retard comme l’exige leur responsabilité (ce que rappellent l’Etat et la Région), voilà où en sont les présidents d’intercommunalités: à de belliqueuses déclarations par tribunes interposées.

Il y a quand même un problème. Outre la dégradation de l’environnement, les paysages dévisagés et uniformisés, l’étalement urbain, l’anarchie économique et urbaine, la guerre des Zones d’Activité Economiques le long de l’A89 est perdue d’avance.
Aujourd’hui ces trois intercommunalités produisent toujours plus de surfaces à bâtir, dans l’espoir d’attirer des entreprises et de créer des emplois. D’ici quoi, 10 ans, 15 ans, nous verrons les perdants constater amèrement des friches urbaines, car toutes ne peuvent rencontrer le succès. Mais la défaite de l’un sera celle de tous.

A ce jeu là qui peut dire que celui qui aura gagné aura vraiment gagné ? Est-ce là le sens, le but des intercommunalités ?

Les périmètres d’aujourd’hui sont incohérents car ils découlent d’une logique politicienne. Chacun bombe le torse en brandissant ses autorisations de lotir. Faut-il rappeler que nous sommes sur un territoire minuscule organisé autour de l’Isle et de voies de communication communes ? Que la totalité de la population des ces trois intercommunalités atteint à peine celle d’une grande ville française ?

Mais c’est quoi ces petits villages de gaulois qui passent leur temps à s’envoyer à la gueule leurs poissons pourris !

Chaque petit chef de village, fier, debout sur son bouclier porté par ses sbires, défend son clan comme si celui d’en face était un irréductible adversaire. Et c’est cette décentralisation que ces messieurs promeuvent ?

A l’aune de l’intérêt général en tant que gestion publique, aménagement du territoire, cohérence économique, développement durable et création d’emplois, c’est un spectacle pitoyable. Et c’est exaspérant de voir ces intérêts supérieurs et fondamentaux bafoués systématiquement et rabaissés par des responsables politiques qui placent plus haut que tout le jeu de la politique politicienne.

Et bien merde à la fin. Ce n’est pas grave. Nous resterons des gaulois, avec leurs petits chefs de villages à l’écart du monde, des attardés dont on s’amuse des gesticulations folkloriques.

Et puis il n’y a pas le feu au lac. On peut raconter à peu près n’importe quoi, les critères d’efficacité et de probité sont marginaux dans le choix électoral. En rehaussant le trottoir de madame Michu ou en trouvant du boulot à Machin ça suffit. Les habitudes font le reste et l’alternance est une chimère qui ne porte en projet aucun changement.

Mais vous concevez comment on regarde les périgourdins vu de l’extérieur? Ca ne vous dérange pas de n’être évoqués dans le monde que pour vos pâtés et vos magouilles? Et que dans la Région Aquitaine on ne vous observe que comme des gaulois corrompus qui s’amusent dans leur réserve naturelle, aux statuts différents d’un véritable Etat de droit?

La ruralité ça ne se défend plus en frappant ses sabots.

La Capocratie, un truc à part

Délicieux comptes rendus des quotidiens locaux qui ont assisté hier au conseil communautaire –CAP– mettant sur le tapis le dossier de la Petite Borie. Alors que nous avions pris le temps de lister les déclarations officielles des uns et des autres, nous attendions avec impatience de pouvoir finir ce travail.

Sud Ouest et Dordogne Libre rapportent encore cette fois des visions assez différentes de l’affaire. Bruits, rumeurs et pétards mouillés d’un côté contre des verbatim de l’autre qui froissent cette interprétation câline. Quant à l’Echo de la Dordogne, il annonce sur Twitter qu’il est sur Twitter, c’est bien, mais sans aucun article en ligne, c’est original de nos jours.

Bouh ! bouh ! bouh ! Un triple bouh ! à Jean-Paul Mingasson le vilain menteur. C’est en tout cas l’avis du président sénateur Claude Bérit-Debat, propulsant un de ces concepts dont il a le secret et qui le porte au sommet de l’art discret de la poésie lyrique en politique:

Des mensonges presque diffamatoires

Stricto sensu la phrase est vide mais elle met en relief gesticulation et outrage. Qu’avons-nous pour comprendre ? Un chapelet d’invectives pour souligner la force de l’indignation. Des arguments, un rappel des faits ? Pas vraiment.
Nous allons donc reprendre le temps de poser et de comparer les différentes déclarations. En résumé, le projet de Coulounieix n’a jamais été discuté au bureau de la CAP, mais il a été décidé d’en faire un éco-pôle dans les couloirs de la CAP.

:: La position de Claude Bérit-Débat ::
Pour DL :

Car, comme Jean-François Larenaudie (qui préside la commission économique) et Jean-Pierre Roussarie (le maire de Chamiers) avant lui, il dément tout projet de galerie commerciale.

Conclusion du président de la CAP :

« Le bureau n’a jamais discuté un tel projet » , martèle le président de la Cap.

En somme, ce projet n’a jamais été discuté à la CAP. Ce que déclarait hier Claude Bérit-Débat ne relevait donc d’aucune discussion officielle au bureau de la CAP, sous-entendu en respectant les formes de débat imposées légalement à la collectivité territoriale (SO 30/01/10) :

Ils [Ndlchouette les terrains de la Petite Borie] sont intéressants sur le plan stratégique. Si la commune (de Coulounieix) change son plan d’urbanisme ça pourrait donner un écopôle comme elle le souhaite. Mais pas des commerces. Les seuls que nous avons acceptés dans ce secteur sont, après des accords politiques, en face à Notre-Dame-de-Sanilhac.

En conclusion, pour des responsables qui ne sont au courant de rien et qui n’en ont jamais discuté entre eux, qui n’ont pas défini le moindre projet… C’est déjà pas mal.

Mais si le bureau n’a jamais discuté un tel projet et que Jean-François Lareunaudie déclairait en substance ne rien savoir, alors pourquoi DL écrit-il :

Jean-Pierre Roussarie et Jean-François Larenaudie ont bien révélé qu’une étude d’une galerie commerciale a été présentée à la commune de Coulounieix-Chamiers, mais qu’elle a été tout de suite rejetée par la Cap.

Au passage, cette phrase nous indique donc que dans un premier temps, Coulounieix n’aurait pas refusé le projet, puisque pour cela, il aura fallu attendre la présentation à la CAP et in fine son rejet.

:: Les éléments nouveaux et le numéro complémentaire ::

Il y a cependant des éléments nouveaux. Le premier, est pour SO que le président remet les pendules à l’heure avec le maire de Coulounieix-Chamier, Jean-Pierre Roussarie:

Je rappelle que c’est la CAP qui a la compétence économique

Et oui, car nous l’expliquions, la mairie de Coulounieix a mené seul dans son coin, délibérations en conseil municipal à l’appui, une manœuvre en son nom qui impliquait l’ensemble de la communauté d’agglomération. Cette décision portant sur l’urbanisme faisait fi alors des compétences économiques de la CAP.
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Autrement dit, le président de la CAP lâche son vice-président, car ce dernier, en tant que maire, déclarait le 06 octobre 2009 en conseil municipal:

J’ai obtenu du Président de la C.A.P, Claude BERIT-DEBAT, la création d’une cellule de CONCERTATION ouverte et agissante comme force de proposition avec l’ensemble de nos partenaires.

Où est donc passée cette cellule de concertation puisqu’aujourd’hui la CAP nie en bloc d’avoir discuté de ce projet et rappelle à l’ordre la commune sur des compétences qu’elle n’a plus ?

Il y avait bien un projet de galerie commerciale. Ce projet a été présenté à la CAP. Il a été rejeté, mais sans que le bureau n’en ait jamais discuté « martèle » le président. Et sans jamais, officiellement, que la cellule de concertation ne voit le jour.

Le second élément, c’est ce que confirme aujourd’hui Jean-François Larenaudie, contraint de sauver les meubles en lâchant son collègue :

un projet monté dans son coin sans en parler à la CAP

Alors de quel projet s’agit-il ? De la ZAC ? Impossible, la délibération est en ligne sur le web, on voit mal le vice-président au développement économique ignorer une telle décision. De la révision du PLU ? Impossible, il suffit de téléphoner au service d’urbanisme de la mairie de Coulounieix pour savoir que cette révision débutera le 03 février 2010.

Du projet écopôle ? Si c’est le cas c’est intéressant puisque son existence était non dévoilée par la CAP jusque là. Et il est tout frais, puisque le 06 octobre 2009 Jean-Pierre Roussarie n’évoque en rien une telle structure devant son conseil municipal. Au contraire, il défend un projet qui comprend bien des surfaces commerciales :

Monsieur le maire rappelle que la commune souhaite favoriser l’accueil d’activités économiques complémentaires à « Cré@valléeNord », avec des pôles d’activités et de commerces dédiés.

Enfin Jean-Pierre Roussarie est officiellement mis en garde sur la légitimité de son action vis-à-vis de la CAP, ce que lui déclare Patrick Capot (qui anticipait alors les propos de Claude Bérit-Débat) :

Prétendre que ce projet sera mené en concertation avec la CAP c’est en réalité faire son procès en matière de compétence économique : si chaque commune agit comme vous le faites et cultive son pré carré en matière économique c’est faire marche arrière sur cette compétence partagée !

Il y a avait bien un projet d’implantation de surfaces commerciales. Et il y avait dès l’origine un problème de compétences, autrement dit de légalité dans cette action, ou à tout le moins de légitimité et de transparence.

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:: La Capocratie et la démocratie ::

A moins que Jean-Pierre Roussarie ne mente, avant le 06 octobre 2009, Claude Bérit-Débat avait été informé par son vice-président à la CAP de son projet. Le président avait alors donné son accord pour créer une cellule de concertation au sein de la CAP pour traiter précisément ce projet.

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Mais trois mois plus tard, les déclarations fin janvier de Jean-Paul Mingasson montrent que :
– Ou bien cette cellule n’a jamais été créée et seule la tête de l’exécutif à la CAP savait ce qui se passait. En l’occurrence aujourd’hui Claude Bérit-Débat fait valoir la décision de l’éco-pôle contre le projet de surfaces commerciales du maire de Coulounieix.
– Ou bien cette cellule de concertation a été créée, mais dans ce cas en dehors des règles démocratiques et légales régissant une collectivité, puisque il n’y a nulle part mention de son existence officielle.

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Mais dans les deux hypothèses, il y a clairement un déficit de limpidité dans l’action publique. Cette opération de ZAC, portant sur 20 ou 30 hectares de terrains qu’une révision du PLU va requalifier en Zone à Urbaniser n’est pas anodine. Le débat d’y implanter des commerces ou des entreprises n’est pas sans impact et sans intéresser l’ensemble du bassin de vie, a fortiori les représentants de la CAP qui ont été élus.

Aucune commission intercommunale n’a été saisie de ce dossier. Son traitement, depuis au moins le mois d’octobre 2009, est discret et à tout dire officieux, en marge du débat officiel de la collectivité. Cette opération était largement connue. Et puisque ses caractéristiques ont été tranchées par le président, en faveur d’un éco-pôle, c’est qu’il y a bien eu débat, discussion, présentation du projet, etc.

Les capocrates savaient. Et les capocrates ont décidé. Mais la Capocratie, en l’espèce, n’a pas utilisé tous les moyens que la République met à disposition pour l’organisation de la démocratie locale.

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– Le Vice-Prédident Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville (M. Roussarie) a dissimulé un projet majeur pour l’agglomération au Vice-Président Chargé du Développement économique et TIC, (M. Larenaudie), c’est ce qu’il dit.
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– Pourtant le Vice-Président Chargé du Développement économique et TIC assure que ce projet lui a été présenté, ainsi qu’il l’a lui-même refusé « pour protéger les commerces de Périgueux ».

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– Le Président (M. Bérit-Débat) ouvre ses faveurs à un éco-pôle plutôt qu’ à des surfaces commerciales, c’est ce qu’il dit. Et ceci officieusement, c’est ce qu’il ne peut qu’admettre.

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– Le Président accuse le Vice-Président Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville d’avoir abusé des compétences économiques d’une commune contre l’intérêt de l’intercommunalité, c’est ce qu’il dit.
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– Pourtant le Vice-Prédident Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville affirme depuis octobre 2009 que le Président lui a donné son accord pour créer une cellule de concertation intercommunale.

Oui, ils se donnent des titres à rallonge avec des majuscules partout, le capocrate est corporate.
Mais enfin quel spectacle que la Capocratie. Y avait-il besoin, dans la démocratie locale voulue par Claude Bérit-Débat, de tant de contradictions et de dissimulations ?

Ce type de gestion ne doit pas convaincre Jacques Auzou de réintégrer le bercail. Ca doit même faire froid dans le dos.