A Périgueux, le projet du Bas Saint Front à quoi servait-il déjà?

Comme nous l’avons vu, le maire de Périgueux s’est inscrit contre le projet d’aménagement des abords de la cathédrale Saint Front. Démantelé, ce projet a perdu sa finalité et sa cohérence générale. Aujourd’hui, il est remplacé par un projet d’aménagement tronqué, découpé et étalé sur plusieurs mandats, échappant à toute vision globale. Son objectif n’est plus urbain mais politique.

Ce projet n’était pas destiné en premier à embellir les abords de la cathédrale pour faire plaisir aux touristes. L’équipement de luxe qu’est l’ascenseur tient lieu de gadget en comparaison de l’objectif général. Il est sur ce point significatif que l’actuelle municipalité ait fait le choix de sa réalisation au détriment de l’essentiel. Vous verrez après les vidéos que les enjeux urbains liés à ce projet étaient d’une importance cruciale pour l’ensemble de la ville.

De la préservation du patrimoine à l’habitat, en passant par le commerce, l’écologie  et le cadre de vie, rien, dans ce projet, n’était superflu. L’objectif recherché était global, sa réalisation devait être globale. Aujourd’hui, il est morcelé en tranches fermes et conditionnelles et adapté sur mesure au calendrier électoral.

Ce billet est en deux grandes parties. La présentation vidéo en est la principale. Mais les documents suivants permettent de préciser les enjeux et les contours. Le seul but est ici de comprendre les enjeux urbains liés au projet, n’en déplaise aux militants fanatiques monophasés.

Nous vous proposons donc de revenir sur les principes directeurs de ce projet (peut-être oubliés) et de le présenter en vidéo. Car à quoi servait ce programme d’urbanisme dont, à tort, on n’évoque que le parking souterrain (qui n’était pas une fin mais simplement un moyen) ?
Les vidéos suivantes réalisées par www.neomonde.fr sont le résultat de la proposition lauréate du groupement constitué par l’Atelier du Paysage, l’Agence Dubus-Richez, l’Atelier Lumières et Egis Aménagement. La présentation se décompose en quatre parties.

1. Présentation générale et zonage

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=DX2cbWuR7i8[/youtube]

2. Présentation, diagnostic et enjeux

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ZzaaUEzTai4[/youtube]

3. Présentation du projet

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=pchSzFROpVo[/youtube]

4. Méthode et démarche générales

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=6Tth7wxzQgM[/youtube]

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Enjeux urbains et diagnostic de l’Etat

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Ce projet s’inscrivait dans la logique du diagnostic de l’Etat, correspondant au Porter-à-connaissance pour le Plan de Déplacements Urbains de la DDE en novembre 2006. En voici les passages qui touchent directement aux enjeux et risques que courent actuellement cette partie de la ville.

Le programme d’urbanisme initial tenait compte des recommandations du service départemental de l’architecture et du patrimoine :

L’agglomération de Périgueux vit sur un réseau de voiries organisé dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce plan de voirie, base de l’extension urbaine de la ville, a ainsi renforcé la convergence des itinéraires venant de l’extérieur vers la cité traditionnellement commerçante du Puy St Front. Les deux ponts qui ont longtemps permis seuls le passage de la rivière ont été connectés à un réseau de rues larges percées dans la ville ancienne (rue Taillefer et rue Saint-Front notamment), aux routes nationales , RN21 et RN89, dont les tracés ont alors été modifiés, et aux grandes avenues, support du développement urbain du 19ème siècle (rue Victor Hugo, rue Gambetta, rue de la Cité, avenue Wilson, cours Saint-Georges, Boulevard du Petit Change). Malgré le développement de l’agglomération et notamment des zones d’emploi et de chalandise à l’est et à l’ouest et des zones d’habitat sur les communes périphériques, le réseau principal de circulation à l’intérieur de l’agglomération reste basé sur le schéma du 19ème siècle.

La convergence d’une grande partie du trafic sur les deux ponts anciens entraîne un trafic extrêmement important dans la ville ancienne et sur les boulevards, l’ensemble étant protégé par le secteur sauvegardé et par un site classé sur les allées de Tourny. Ce trafic a plusieurs conséquences :

. des nuisances chimiques qui altèrent les monuments et les maisons anciennes de la ville (secteur sauvegardé, église de la Cité, Porte Normande),

. des nuisances sonores qui nuisent au confort de l’habitat et conduisent à l’abandon de certaines voies (rue Daumesnil, cours Fénelon, rue Saint-Front, quai Georges Saumande….),

. des impossibilités de mise en valeur des monuments bordant ces voies notamment les hôtels Renaissance bordant le quai Georges Saumande ; l’église de la Cité et la Porte Normande),

. un inconfort des zones réservées aux piétons (trottoirs) entraînant notamment une désaffection commerciale.

La réduction des flux de voitures transitant par le centre historique est donc une priorité pour la mise en valeur patrimoniale et pour la reconquête de l’habitat (quai Georges Saumande, avenue Daumesnil, boulevard Montaigne, cours Fénelon et Tourny, place Francheville, rue de la Cité).


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Les justifications politiques du projet en 2006

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La délibération du 25 novembre 2006 a lancé le projet. Michel Moyrand s’était abstenu puis s’était présenté en adversaire déclaré de ce programme. L’essentiel et là:

L’enjeu du projet est de recomposer un espace public mettant en valeur les atouts de la ville ancienne : le secteur sauvegardé et ses monuments historiques, dont l’emblème est la cathédrale St-Front qui domine le site d’intervention. Cette valorisation de la partie Est et du cœur du quartier St- Front doit se faire au profit d’une plus-value donnée à l’habitat du secteur, à sa dynamique commerciale et de services, et des usagers piétons qu’ils soient Périgourdins ou touristes.


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Financement et morcellement du projet en 2009

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Hors parking souterrain, le reste des travaux était évalué à 5.2 M€. Aujourd’hui le maire veut investir 400 000€ dans le parking Mauvard à titre temporaire, prévoyant peut-être d’autres travaux ultérieurs sur ce même parking pour 1.3M€, après 2014 s’il est réélu! Ce double investissement ferait passer le budget de 5.2M€ à 6.7M€!

Dans tous les cas, le budget initial pour les abords de la cathédrale était largement inférieur à celui du déménagement de la mairie et la rénovation de la CCI, (6M€ pour la CCI et 2.5M€ pour l’hôtel de ville).

La seule tranche de travaux aujourd’hui réellement visible concerne la place Mauvard. L’autre partie de la tranche dite « ferme » (Clautre, Denfer Rochereau et Daumesnil) est déjà reportée en 2013 et 2014. Quant au boulevard Georges Saumande et les quais, leur aménagement a tout simplement était supprimé.

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What else?

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Combien de périgourdins regrettent aujourd’hui le traitement sauvage réservé au quartiers des Rues Neuves, entièrement rasé entre 1950 et 1970?

Combien sont satisfaits aujourd’hui de ce trou et des bâtiments qui l’entourent à la place de ce quartier?

Aujourd’hui encore on continue de construire des logements bas de gamme dans cette partie du secteur sauvegardé. Et la rivière comme la voie verte sont séparées de la ville par une route d’un niveau de trafic national. La désertification commerciale de cette zone s’accentue. Les parvis de la cathédrales sont soit un parking, soit un trottoir d’un mètre de large. Le patrimoine architectural souffre des pollutions engendrées par la circulation. Et ainsi de suite jusqu’à un cadre de vie urbain et environnemental en détérioration constante. Donc, priorité au déménagement de la mairie !

Sur ce dossier, le silence des citoyens périgourdins relève d’une complicité passive, la même qui a laissé raser le quartier des Rues Neuves. Aujourd’hui personne ne se sent concerné au point de se faire entendre hormis une poignée d’habitants. Ce n’est pas important. Et demain, combien serez-vous à vous plaindre et à râler comme vous le faites aujourd’hui en repensant aux Rues Neuves?

A Périgueux, Michel Moyrand poursuit son One Man Show

Michel Moyrand, le maire de Périgueux, est l’homme qui écrivait en 2008 aux périgourdins :

J’ai pour Périgueux une ambition, c’est de donner du sens et de la vie à la démocratie dans notre cité.

Il se présentait alors comme un réformateur de la cité et annonçait sans chichi :

… ce que je veux aussi, c’est vous donner plus de responsabilités dans la gestion de notre quotidien en créant les conditions nécessaires pour l’exercice d’une nouvelle vie.

Dans son discours du 22 mars 2008, il enfonçait le clou avec emphase :

Aussi, en cet instant, je forme le vœu que le génie démocratique, que la démocratie participative à laquelle, vous le savez, je suis tellement attaché guide nos travaux et nous inspire.

Face à de tels ambitions, Moyrand se proposait de rester concret :

Je me suis engagé, nous nous sommes engagés à rendre régulièrement compte de notre travail.

Une fois élu, il fallait espérer que plus personne ne parle de ces engagements. Car deux ans plus tard, l’homme dirige la ville comme une permanence de parti politique et ses engagements ont disparu, il souhaite qu’on le laisse tranquille. Ainsi il déclare pour Sud Ouest début 2010 :

Laissez-nous travailler pour cette ville.

Faire exactement le contraire de qu’il avait annoncé, voilà tout le sens qu’il donne à son action. Saluons l’homme de parole.

:: Le renoncement et la manipulation ::

Ce qui se passe aujourd’hui pour la rénovation des abords de la cathédrale Saint Front est marqué du sceau de ces funestes promesses. Un bref rappel des engagements sera toujours nécessaire. Mais avant, il pourra être utile de revoir ce qu’était le projet d’aménagement de Saint Front.

réalisation: www.neomonde.fr

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LBgwECgDTYQ[/youtube]

Pendant l’élection municipale, le candidat déclarait lors d’un tchat organisé par Sud Ouest:

Est-il vrai que vous arrêteriez le projet du bas Saint-Front si vous étiez élu ?

Le quartier du Bas Saint Front est, comme d’autres d’ailleurs (Quatre Chemins, la gare…), d’avantage un point noir qu’un grain de beauté pour la ville ! En conséquence, je n’ai nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement, mais je reste fortement préoccupé par la réalisation du parking Mauvard, tant au niveau du coût que de la méthode retenue.

… Nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement. C’est ce qu’il confirma par écrit à l’association Renaissance du Greffe en février 2008 :

Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

Ca, c’était du vent pour être élu. Aucun de ces engagements n’a été respecté. Le 17 juin 2008, le maire déclarait en conseil municipal qu’il mènerait les études du projet initial jusqu’à leur terme. Foutaises. En conseil municipal du 09 décembre 2008, la décision est prise d’annuler les crédits alloués aux études (projet initial) d’un montant de 280 000 €. Le projet était « différé ». En réalité il allait être remplacé.

Le printemps 2009 allait voir s’ouvrir une nouvelle phase dans le traitement du dossier. Nouvelle ligne de communication : le maire n’abandonne pas le projet, il l’étale sur deux mandatures !

Si nous sommes réélus en 2014 « nous mènerons une autre tranche de travaux » sourit le maire…

Cette déclaration à Dordogne Libre du 17 mars 2009 fera date. Le maire impose alors un calendrier rocambolesque, tout en annonçant un faux budget deux fois inférieur à ce qu’il est aujourd’hui pour la place Mauvard.

Surprise, à l’horizon 2010, le 24 novembre 2009 exactement, le nouveau projet semble se préciser dans les prévisions budgétaires. Le politicard a flairé les complications s’il ne donnait pas du grain à moudre aux périgourdins pour un projet qu’il traîne comme un boulet. Voilà donc le parking temporaire évalué à plus de 400 000 € HT.

Et c’est ainsi que le maire, le 14 avril 2010, présenta son petit projet de rénovation du parking Mauvard. Rénover un parking et y mettre des horodateurs, le tout agrémenté de quelques plantes vertes « pour cacher les voitures ». Voilà par quel bout il entend donner l’illusion de répondre à ses engagements en n’abandonnant pas le projet initial.

:: Les comptes rendus des médias ::

Pour Dordogne Libre, c’est « Un parking Mauvard à petits pas » :

C’est que le sujet est chaud pour avoir alimenté la campagne des municipales et vu le maire de Périgueux sabrer le projet de son prédécesseur. En lieu et place d’un parking (version Darcos) souterrain avec une dalle paysagée desservant via un ascenseur la place de la Clautre, Michel Moyrand préfère réaménager l’espace actuel pour 95 places de stationnements.

Pour France 3 Périgord le problème est aussi très clair :

Exit l’aménagement paysager du Bas Saint Front, la mairie a son projet. En lieu et place de ce parking en 2011, un autre parking, de surface, jusqu’à 95 places sont prévues, quelques plantes et des voitures qui resteront donc visibles.

Pour Sud Ouest la version est officielle : « La rénovation du Bas Saint Front se précise »

L’ambitieux projet de la précédente municipalité avait été suspendu après l’élection de Michel Moyrand. Mais pas abandonné. Il vient d’être présenté aux membres du comité consultatif.

Passer d’un projet global à l’échelle d’un quartier à un aménagement temporaire d’un parking de surface ne pose aucune question à Sud Ouest. Leur crédo semble de s’imposer comme relai officieux de la communication municipale et c’est plutôt réussi. Souvenez-vous du maire : le projet n’est pas abandonné.

En dépit de la réalité décrite par les autres médias, Sud Ouest s’entache d’une partialité de plus en plus voyante.

:: Etat des lieux ::

D’ici quelques semaines, le maire présentera au public son projet de rénovation de parking, avec horodateurs et plantes vertes. Il indiquera que cet aménagement est temporaire. Un aménagement qu’il annonce cependant à 1.8 M€, dont plus de 400 000 € serviront au parking « temporaire ».

Décidément l’argent public est méprisé. Ce saupoudrage ne sert qu’à financer une illusion justifiant des engagements en réalité non tenus. Le projet initial a été réfuté pour des motifs politiques, malgré sa pertinence incontestée : recréer le lien entre la ville et la rivière.

:: La CAP, prétexte de l’immobilisme ::

L’argument avancé par le maire pour justifier son immobilisme, le Plan de Déplacements Urbains de la Communauté d’Agglomération, est un leurre de plus, un lièvre donné aux lévriers. Incapable d’affronter les conséquences de ses décisions (reporter la réalisation du projet), il préfère rejeter la responsabilité de son inaction sur une CAP de laquelle il est pourtant premier vice-président. Quand ça l’arrange, le PDU n’est pas un obstacle, c’est ainsi qu’il a fait valider son Plan Local d’Urbanisme.

Or la CAP étant une usine à gaz d’intérêts politiques et personnels peu convaincue par le concept d’intérêt général. Elle ne peut qu’annoncer sans cesse le report de la mise en œuvre du PDU en affichant l’impuissance qui la caractérise: une collectivité paralysée par l’absence d’unité. C’est encore une manière de gagner du temps en masquant ses responsabilités, comme les gouvernements français ont pris l’habitude de le faire avec l’union européenne. Le bouc émissaire en politique est considéré comme une martingale.

:: Le troubadour de la CCI ::

Contrarié par ses propres engagements et confronté à la volonté des habitants, Michel Moyrand s’enfonce dans une impasse. Faire et ne pas faire à la fois. La rhétorique au secours de cette contradiction échoue lamentablement sur le principe de réalité (même agrémenté de plantes vertes).

Il n’y a plus de projet d’urbanisme, de finalité cohérente et globale. Comme il l’avait annoncé il donne pourtant le meilleur de lui-même. Cette excellence consiste aujourd’hui à rénover un parking en investissant des centaines de milliers d’euros dans une réalisation temporaire et inutile. Voilà tout ce qu’il propose pour alternative au projet initial.

En 2014, lorsque son verbe sera mielleux pour bonifier son bilan, serrant des mains et flattant les caniches,  il affirmera avoir tenu ses engagements. Cela tiendra plus du comique troupier que du responsable politique. On attend maintenant le One Man Show avec impatience, le rire étant tout ce qui reste de ses promesses.

Périgueux et son canon de Pompadour

Ce matin j’imaginais le jardin du Thouin sous la neige. Un lieu particulier de Périgueux. Sous lui courent les fondations de la cathédrale, avec leurs galeries illuminées de quelques rayons. Pénétrer ces galeries vous plonge dans les siècles. Descendre dans la grotte sous le poids de l’édifice, laisse l’impression d’avoir laissé son corps en surface.

Il y eut ici une abbaye, dite de Saint Front. On l’appela pendant un temps la place du Chevalier de la Barre. Quand l’évêché se dressait encore sur la place de la Clautre, la coursive du cloître servait de déambulatoire. A côté, vers la rue de l’Harmonie, on y voit encore l’ancienne chapelle de la Maison du Thouin, sans sa cloche de 1733. Les sœurs de Sainte Marthe l’ont décroché au moment de céder le bâtiment à un acquéreur civil.

Bientôt, un jour en tout cas, ce jardin sera remanié pour y installer un ascenseur. Il servira à relier deux parkings en soulageant le marcheur de la pente qui les sépare. On percera donc la muraille et on déplacera les canons (?). On atteindra donc sans efforts le pied de la cathédrale, point de vue panoramique d’où l’on pourra admirer le parking Moyrand. Encore un de ces progrès qui me laissent dubitatif et songeur.

:: Les canons du Thouin ::
Car justement je songeais à ces canons, et c’est d’eux dont je voudrais vous entretenir. Nous laisserons de côté celui de Périgueux, fondu en 1588. Plus exactement, nous parlerons du canon Pompadour de 1592 qui porte les armoiries de la famille.

Merci Laurent…

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 Dans l’écu de Pompadour « d’azur à trois tours d’argent maçonnées de sable », les trois tours représentent les trois castrums de Lastours, Pompadour, Hautefort.

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Un canon qui porte ce nom, Pompadour, a forcément les faveurs de la Marquise dans notre esprit. Philosophie et libertinage nous emmènent vers le petit Trianon à pas feutrés mais non sans arrière pensée, nous éloignant des rudesses guerrières de la fin du XVI° siècle. Ne nous laissons pas embarquer, ce canon ne propulsait pas des encyclopédies.

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Revenons d’abord sur une brève histoire de leur découverte.

:: Au hasard des fouilles ::
En 1979, lors de travaux entrepris sur la place du Coderc, ils furent fortuitement mis au jour. Des photos, que nous n’avons pas, montrent des ouvriers sortant les engins des entrailles de l’histoire du Puy Saint Front.
Plusieurs pièces d’artillerie furent ainsi disposées en marges du chantier. Elles provenaient des caves du consulat, détruit au XIX° siècle. Hypothèse la plus probable, les Consuls, recevant l’ordre de Louis XIII (1601-1643) de se désarmer et d’envoyer leur matériel de guerre au château Trompette à Bordeaux (actuelle place des Quinconces), décidèrent de dissimuler les puissants moyens de défense. Une prudence toute périgourdine.

Il fut un temps projeté de les exhiber sur la place de la mairie. Finalement, depuis une trentaine d’années, les canons reposent sur l’ancienne muraille. Avant d’aborder les canons, revenons brièvement sur la ville du Puy Saint Front et sur le Consulat.

:: Le Puy Saint Front ::
Les documents suivants sont largement connus ; nous les présentons à dessein pour les néophytes et les curieux. Le premier plan connu du Puy Saint Front et ses environs (la Cité) est de François Belleforest, dans sa Cosmographie Universelle de 1575 : « Le vray pourtraict de la ville de Périgueux ».

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Le plan Gaignieres de 1652 permet de se faire une idée des fortifications de la ville. Sans elles, le Puy Saint Front serait tombé à maintes reprises entre les mains des assaillants.

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Le plan de Lallié de la Tour de 1764 offre une autre perception des dispositions défensives. A l’est (haut) le grand moulin est visible, tandis qu’au nord (gauche) on perçoit les alignements de vergers.

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:: Le Consulat ::
Nous en avons déjà beaucoup parlé mais nous ne résistons jamais à l’idée de l’évoquer. La « Maison de ville de Périgueux » de 1646 en propose la façade.

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Enfin, son emprise (a), place du Coderc,  sur le plan de Fournier de Laurière en 1938 est largement intelligible.

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Aux nouveaux visiteurs, nous rappelons que le consulat fut la « mairie » de Périgueux pendant au moins 800 ans, avant d’être détruit en 1830 pour laisser place à la halle actuelle.

:: L’époque du canon de Pompadour ::
Périgueux se défit de l’emprise protestante en 1581, ville « occupée » depuis 1575 suite à la ruse invasive survenue par le pont de Tournepiche. L’historien Géraud Lavergne rapporte que « noblesse, bourgeois et habitants se réunirent dans le plus grand secret ». Le 25 juillet, un camp fut formé à Andrivaux, coordonné avec les troupes en alerte à Château-l’Evêque, Chancelade :

C’est ainsi que le 26 juillet, jour de sainte Anne, sa patronne, la ville recouvra sa liberté.

Le 30 mai 1589, les consuls de Périgueux signent un traité en faveur de la religion catholique, apostolique et romaine. Ils jurèrent ainsi la guerre à tous les hérétiques, à la faveur des jésuites. Henri III de Navarre devint Henri IV, (1553-1610) Roi de France converti au catholicisme, la même année, en 1589.

C’est dans ce contexte, guerrier et ce n’est pas surprenant, que Périgueux fait l’acquisition dans ces années de la fin du XVI° siècle d’une grande quantité de pièces d’artillerie. En 1588, trois canons sont fondus et plusieurs couleuvrines acquises, l’une achetée en 1592, une autre offerte en 1591.

:: Le canon et son contexte historique ::
Cette pièce d’artillerie d’une longueur de 3.2m avait été acquise au printemps 1592. Ce canon fondu pour la famille de Pompadour datait déjà de 1550. Les caractéristiques du canon seraient issues de l’édit de Blois de 1572, à l’initiative de Jean d’Estrée, alors Grand Maître de l’artillerie en 1550 (à vérifier).

Ceux qui dominent la terre de Pompadour portent son nom. Et la suzeraineté de Pompadour n’est pas sans lien avec Périgueux. Les Pompadour figurent dans la liste des évêques périgourdins : Geoffroy de Pompadour (1430-1514). Il devint évêque de Périgueux en 1470 après l’évêché d’Angoulême.

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Mais ce qui nous intéresse plus précisément au sujet de ce canon, c’est le contenu de la décision qui l’amena à Périgueux. Nous devons au chanoine Roux la publication d’un document de première importance :

L’inventaire du trésor de la maison du consulat de Périgueux de 1598

Il s’agit des archives de l’évêché de Périgueux, sorties de la poussière par le chanoine en 1934 (SHAP).

En 1598, Bernard Jay, seigneur de Beaufort et maire de Périgueux dressa le document original sur l’inventaire des archives du consulat. Il avait pour titre à l’origine :

Coppie de l’inventaire des pièces qui sont au trésort de la Maison commune du Consulat, qui concernent les droicts, franchises et libertés de la présente ville de Perigeurs, et aultres pièces concernent le bien public.

Ce document est précieux au regard des lacunes dans les registres municipaux. Pour ceux qui découvrent Périgueux, sa mémoire est colorée. Elle se compose en différents registres municipaux, dits Livres.

Le petit livre Noir : 1360-1449
Le livre Jaune : 1458-1541
Le grand livre Noir : 1542-1617 (disparu en 1807)
Le livre Vert : 1618-1716
Le livre Rouge : 1686-1750

La recherche du grand livre noir pourrait être un thème romanesque. Certains savent en réalité qu’il n’a pas disparu. Mais en 1807, il a été soustrait à la lecture publique, en raisons de secrets, qui, dit-on, ne devaient jamais réapparaitre. Nul ne sait plus où il est caché et les meilleurs experts ignorent les causes de sa disparition. Pourtant, un vieil homme nous en a laissé la trace dans un ouvrage ancien annoté de sa main. Sa piste s’est subitement arrêtée dans l’abbaye de Cadouin, où il était persuadé de trouver un indice codé non loin du Saint Suaire rapporté d’Obazine… On irait non ?

:: La décision de 1592 ::
Presque à contre cœur, revenons à l’histoire. L’inventaire de 1598 nous parle fort à propos du canon de Pompadour, en voilà ce qu’il dit :

1592. Quictance pour la Ville avec l’achapt du canon du Seigneur Pompadour.

Plus une lyasse de pièces où sont les quictances concernant les payements faicts à la descharge de la Communaulté de la présente ville au nombre de douze signées Normand, de Besse, Dalesme, de la Guierche, de Montpezat et y a cinq Langlade, Migot, Brouliet et Gérard et ung compte dud. Gérard des deniers levés sur les habitants par forme d’emprunt duquel ledict Gérard demeure redebvable en la somme de quarante escuts.

Plus une quictance du 15e novembre 1586 de la somme de 720 escuts que Clementis a reçeu en déduction des LIII liv. de la rente que la Communauté debvoit au Chappitre de plusieurs années, dans laquelle lyasse y a aussi des pièces de M. Martial Benoit trésorier général de France par lesquelles il est mendé et ordonné à Gontrand et Cremoux recepveurs délivrer au sindic de ladicte ville la somme de 170 escuts avec l’intérest d’icelle pour les urgentes affaires du pays du 24e may 1595 signées Benoist et Pindrac.

Y a aussi ordonnance par commandement faict par led. Sr de Mompezat à Gontrand recepveur de délivrer au sindic de lad. ville la somme de 2.600 escuts pour employer à l’achapt du canon du Sr de Pompadour, de laquelle somme il a faict don à ladicte communaulté du 24e febvrier 1592, signée Mompezat et plus bas Fouquet. Auquel don y a astaché un contrac du dernier du moys de may audict an par lequel le Sr de Long a vandu à Mr Pierre Brouliandie sindic de ladicte ville led. canon monté à quatre roues, plus cinq quintaulx de pouldre à canon moyennant la somme de quatre mille livres de laquelle le syndic a payé 300 escuts à Nicolas Alesme, en laquelle le sieur de Pompadour estoit redebvable. Le contrac signé Lapierre notaire.

Plus ung veu de l’ordonnance dudict Sr de Mompezat par Martial Benoist trésorier général de France, lequel en tant qu’il luy touche consent à l’interinement de ladicte ordonnance et contrac pour avoir lieu pour la somme de quatre mille livres pour estre employée à l’affaire que dessus du 8e juillet 1592, signée Benoist et plus bas Pindrac.

Aussi y a l’estat et articles de la despense faicte par les sieurs maire et consulz des sièges de Vouldre Belquaire et Azerat, laquelle despense venue par led. Sr Benoist mende et ordonne à Me Pierre Crémoux recepveur des tailles payer comptant audict sindic la somme de 1.576 escuts le 5e de febvrier 1591 signé Benoist et Pindrac.

Plus une ordonnance dud. Sr Benoist par laquelle il est mendé à Gontrand recepveur suyvant le mendement dud. Sr de Mompezat de délivrer des denyers tant ordinaires que extraordinaires aulx pères Jésuystes la somme mille livres le 3e mars 1592, signée Benoist et plus bas Pindrac.
Plus un contrac par lequel Denys et Foucaud Huards frères se sont obligés envers le sindic de la somme de 200 liv., laquelle somme appert avoir esté payée au comptable Deysseguier et quictance du 19 octobre 1593. Signée Lapierre.

Ainsi voilà comment ce canon et ses cinq quintaux de poudre arrivèrent à Périgueux, où il est toujours après 417 années, dont au moins 350 passées dans les caves ou sous terre. D’après quelques petites recherches sur le pouce, ce Sr de Pompadour pourrait être Jean de Pompadour, fils du vicomte Louis de Pompadour et de Peyronne de La Guiche. Ce Jean de Pompadour fut aussi baron de Laurière et son fils, Philibert de Pompadour sera marquis de Laurière.

Il ne reste plus qu’à aller se promener vers le jardin du Thouin maintenant. Le vieux canon y accueille les amoureux, les enfants, les clochards, les rêveurs, les mélancoliques même, il accueille dans sa vieille rondeur et sa patine généreuse ceux qui contemplent, qui aiment. Au fond, il est bien plus utile aujourd’hui.

Dossier OMAC, le MICMAC de Dosset

N’ayant pas vocation à contempler les trains qui arrivent à l’heure, (la propagande officielle s’en charge très bien), nous mettons un coup de projecteur sur les métiers d’artisanat d’art à Périgueux. Enfin non, pas sur eux.
Mais sur la façon dont ils sont (in)considérés, et comment des outils qui devraient être à leur service ne les abaissent en réalité à faire d’eux les instruments de cet outil.

Tout le monde se souvient que ce thème avait fait l’objet d’âpres échanges entre les candidats à l’élection municipale. Le sortant disait l’avoir fait, le rentrant disait vouloir le faire. D’où une légère impression de flou.

Le rentrant étant rentré, il s’est attelé à la tâche, lui qui faisait valoir une situation privilégiée de par sa fonction au Conseil Régional. Une forme de cumul des mandats « légitime » arguait-il.

Alors voilà.

Une situation professionnelle difficile, en souffrance, mais sur laquelle la municipalité doit pouvoir compter pour le développement de la ville. Car une fois les artisans d’art disparus, il faudrait reconnaître qu’il y aurait comme une béance dans l’identité de la ville.

En même temps, on peut compter sur le développement des franchises et des hyper surfaces d’agro-alimentaire en périphérie de la ville pour ramener du monde en centre ville. D’après nos sources, cette théorie est mise en application par Eric Dosset, d’où l’abstention de la ville de Périgueux sur l’agrandissement d’Auchan à Marsac.
Il faudrait presque comprendre qu’Eric Dosset fait plus pour l’artisanat de centre ville en s’associant aux franchises périphériques de l’intercommunalité, qu’en travaillant directement sur leurs conditions locales et le développement de Périgueux.
C’est à se demander si laisser la cathédrale dans son jus impropre et archaïque, n’est pas aussi utile que cautionner les hyper commerces des faubourgs, pour le bien du centre ville et l’artisanat d’art. On ne se doute pas à quel point Eric Dosset est perspicace.

Du coup, le maire mobilise toute ses compétences sur le sujet, lui le spécialiste de la chose artisanale, ne saurait être mis en échec sur ce thème dans sa propre ville. Une gageure !
Que ne serait-on en droit d’attendre de la symbiose d’un spécialiste du tourisme et un spécialiste de l’artisanat ?

Celui qui a dit « des ballades à poneys » il sort !

Comme pour le reste des dossiers, Eric Dosset a pris les choses en main. Il a donc fait organiser une réunion sur le sujet avec les artisans d’art de Périgueux. La réunion s’est déroulée le mercredi 25 mars, dans des « appartements » municipaux au 1 rue de la Sagesse.

La présentation officielle de l’invitation est la suivante :
Création prochaine de l’OMAC. L’OMAC intégrera les métiers d’art.
Donc (appréciez les sous-entendus flatteurs du soldat Moreau) :

Afin de permettre à nos métiers d’être enfin représentés à leur juste valeur, je souhaite vous convier à une présentation de ce projet.

Cette réunion avait pour objectif de constituer, au terme de la rencontre, une association des artisans d’art de Périgueux. Elle devrait être l’interlocuteur privilégié d’une nouvelle structure dossetique, l’OMAC ;

Office Municipal de l’Artisanat et du Commerce.

Le statut juridique est une SEM, Société d’Economie Mixte ayant vocation à des échanges assouplis entre public et privé, entre (investissement et bénéfice).
Vous aurez remarqué que pour l’occasion, les communistes ne mouftent pas. C’est un signe. L’économie de marché internationale ou nationale, c’est le diable. Au niveau local, c’est leur grenadine.
Parmi les surnoms généralement associés à ces structures, on trouve par exemple « planche à billets », ou « bandit manchot », etc. Question de destination.

Pour l’instant ce n’est pas drôle pensez-vous. Deux secondes, le temps de planter le décor et on peut commencer.

C’est un artisan de la place de Périgueux, Jean-Pierre Moreau, qui a été chargé, (ou s’est chargé) d’organiser la réunion et de constituer l’association des artisans d’art.
Il a donc envoyé des invitations aux artisans de son choix, environ une quinzaine nous a-t-on dit. Pour le détail, sachez qu’ils sont plutôt au nombre de 64 ces artisans d’art, à Périgueux.
Ah ! Votre premier sourire ?
Voyez plutôt.

Jean-Pierre Moreau a donc fait le casting, trié les désirés des indésirables, puis procédé à ses invitations. La question intéressante repose sur les critères de sélections des nominés. Pourquoi untel et pas l’autre ? Sa réponse serait certainement captivante.
Alors, Jean-Pierre Moreau. Pourquoi Jean-Pierre Moreau à la source de l’organisation des artisans d’Eric Dosset et de son micmac ?
Peut-être un lien avec le fait qu’il soit président de l’association des commerçants de la rue Limogeanne ? Ou bien trésorier de l’office de tourisme ?
Va savoir. Dans tous les cas, c’est l’association des commerçants de la rue Limogeanne qui figure en en-tête de l’invitation. C’est donc sous cette autorité que les artisans ont été conviés.

Vous ne connaissez pas l’Association Limogeanne ? Bah c’est eux qui, pour une animation de premier rang, ont vendu aux autres commerçants des coquilles Saint Jacques vides (mais lavées) à 50 centimes/pièce. Un succès, autant qu’un excellent souvenir. Une opération « cendriers » franche et massive. Nous remercions au passage les pèlerins de Compostelle de ne pas avoir choisi l’huître pour symbole.

Bref, Jean-Pierre Moreau bat le rappel de quelques artisans méthodiquement triés et nous voilà partis. Les gentils organisateurs présents étaient donc :
Eric Dosset, maire de Périgueux, directeur de la Sémitour, président du Pôle Emploi, égérie des taureaux « adossés » du Thôt, adjoint au développement économique touristique, commercial, artisanal, salarial, frontal, intestinal, minimal, etc.
Le « tout frais » directeur de l’Office de Tourisme en stage « découverte ». (Il a été servi)
Un représentant de la Chambre des Métiers. (Très discret pour les heures sup’ effectuées).

Premier imprévu qui annonçait le calvaire de Jean-Pierre Moreau.
Doux Jésus Marie Joseph !
Des artisans non invités se sont invités quand même, au point qu’il n’y avait pas assez de chaises pour la trentaine de personnes présentes.
Diantre, ces artisans non prévenus auraient-ils le téléphone ou bien s’envoient-ils des texto par signaux de fumée ?
Se sentent-ils donc concernés par cette réunion sur leur métier et leur avenir au point de se déplacer sans être conviés ?
Visiblement.

Qu’à cela ne tienne on fera avec. Bon alors, l’objet de cette réunion, les amis, c’est de faire une association, qui sera le porte-voix officiel des artisans d’art périgourdins et force de propositions pour travailler sous les fourches caudines de l’OMAC.
Eric Dosset d’expliquer qu’il travaille sur l’OMAC depuis 6 mois, que tout est prêt, qu’il n’y a plus qu’à signer en bas de la feuille. Et même qu’on aura ainsi plein de subventions pour faire des animations. Youuu !

– On va vous faire exposer vos produits sur les places publiques !
– Oué c’est ça et mes pianos t’en veux combien ? C’est toi qui les portes ?

– Hum. L’été on vous fera des animations pour faire venir les touristes !
– Ben voyons, comme si on vendait aux touristes… du 15 juin au 15 août.

– Z’aurez des subventions !
– Ca c’est bien. C’est tout à fait notre cœur de métier de vivre de subventions…

Zut, personne n’avait entendu parler de l’OMAC à part Jean-Pierre Moreau. Six mois qu’Eric se creuse la tête et il n’en avait parlé à personne, en tout cas personne de réellement concerné. Toujours en quête de concertation et de transparence, Eric Dosset avait choisi de leur faire la surprise et leur mâcher le travail :

– Coucou les amis, signez en bas, sinon les autres faites une croix.

Ben oui, quand on a un esprit supérieur, comme Eric Dosset, on sait bien mieux les choses que les gens dont ces choses sont le métier. C’est logique.
Si par exemple la Ministre Albanel connaissait toutes les qualités de notre élu, elle le laisserait régler le problème des champignons noirs sur les peintures de la grotte de Lascaux

– T’en foutrais un coup d’eau de javel sur ces cons de champignons !!!
De toute façon on a les copies et l’original est interdit au public alors…

Et voilà, avec Eric plus de problèmes et plein de touristes. Souvenons-nous de la dérive « Lascauxland » dénoncée par Sud Ouest (08 03 09). Et méfiez-vous de ne pas devoir faire votre métier en chantant en patois, en n’oubliant pas la paille dans les sabots.

Quoi ! Ca ferait venir des touristes et ça distrairait les guides périgourdins sur Périgueux Renaissance (entre le XI° et le XIX° siècles) à la torche, même que la cathédrale Saint Front a de tous temps eu des coupoles byzantines à pierre de taille mécanique du XIX° siècle ?

Parce qu’elle le vaut bien. Non ?

Il a bien fallu, pourtant, faire remarquer à Eric Dosset qu’il ne maîtrisait que très relativement son dossier, au regard de son nez plongé dans ses notes colorées, ses confondantes approximations, avançant des idées que les mêmes artisans avaient produites il y a plusieurs années, déjà…

Bah, on s’en fout! Allez, Jean-Pierre Moreau a préparé ses fiches d’inscriptions pour l’association, il n’y a plus qu’à les remplir et signer.
Arf. (Roulement de tambour puis silence).
En regard de la tournure des évènements, ces petites fiches ne furent même pas distribuées. Fin psychologue, notre homme vit assez vite qu’il n’y aurait pas une seule signature ce soir là.

Le maire adjoint (à lui-même) à plié les gaules au bout de deux heures pour amener ses collègues débriefer la situation.
Jean-Pierre devait faire venir des amis pour créer l’association des artisans d’art et vlan !
Tout le monde s’incruste, pose des questions intelligentes, ose des critiques pertinentes et l’association n’est même pas constituée. C’est n’importe quoi Jean-Pierre !

Récapitulons
L’opaque Eric Dosset a constitué l’OMAC dans son coin, hors concertation avec les principaux intéressés. Car en réalité, cette structure a moins vocation à l’artisanat local qu’à être un objet politique porteur et séduisant auprès de l’électorat. Selon ces critères, effectivement, les artisans n’avaient nul besoin d’être associés à cette problématique.

Contrôlant de facto sa SEM, (par ici la monnaie), il ne lui restait plus qu’à contrôler la corporation des artisans, via son obligé Jean-Pierre Moreau, chargé de trier le grain de l’ivraie. Sur le papier rien à dire.
Une campagne de communication plus tard, le maire aurait pu faire valoir, dans la transparence et la concertation, l’étendue de son œuvre en matière de promotion de l’artisanat.
Chacun, dans sa chaumière, aurait du conclure à la belle et bonne action d’un maire efficace, attaché à ses engagements de campagne.

Mais tout cela, c’était en oubliant que les artisans sont libres, qu’ils sont des professionnels et qu’en plus, n’en déplaise à l’ « adjoint à lui-même », ils sont dotés d’un cerveau. Il n’était donc pas légitime qu’il revienne à l’obligé Jean Pierre Moreau de considérer par lui-même la juste valeur des artisans devant être présents ou non.

La prochaine réunion est prévue pour le 16 avril 2009. Pour tout renseignement, s’adresser à Jean-Pierre Moreau, (physionomiste officiel d’Eric Dosset pour l’élevage d’artisans présentables) place du Marché au Bois.

La mise en service de l’OMA est annoncée pour le 1er juin 2009. On va avoir un bel été.

Bas Saint Front, dommage collatéral de Michel Moyrand

Nous revenons aujourd’hui sur le projet du Bas Saint Front, dont l’importance pour la ville de Périgueux peut difficilement être contestée.Pourtant, ce projet, pâtissant d’être le « souffre-douleur » de Michel Moyrand, est à classer parmi les dommages collatéraux de sa politique générale et orientations budgétaires.

Documentation pour information

1. Orientations Budgétaires 2009/2014
2. Archives ruedelachouette / commissions extra-municipales
3. Engagements du candidat Michel Moyrand
4. Procès verbaux des conseils municipaux
5. Déclarations à la presse ( DL et SO)
6. Analyses de Jean Paul Daudou, faisabilité du projet

Ce projet de rénovation urbaine a été présenté en long en large et en travers sur ce blog. Aussi, nous ne reviendrons pas sur les éléments fondateurs du dossier, (que l’on peut toutefois relire ici).

Tout le monde sait également que le maire de Périgueux s’était engagé par écrit à livrer le projet réalisé, exception faite du parking souterrain, pour le mois d’avril 2011. (Vérification ici).

Il est apparu pourtant que le maire n’a pas porté aux orientations budgétaires la concrétisation de la parole donnée, comme si cette dernière n’avait ni sens ni importance. A la suite du conseil municipal d’orientations budgétaires du 17 mars 2009, il donna les explications suivantes en aparté :

1. Il aurait fait ce qu’il pouvait contre l’avis majoritaire de son équipe, en maintenant un bout du projet.
2. Il respecte cependant ses engagements de campagne en prévoyant la réalisation d’un parking de surface place Mauvard (sic).

Cela ne saurait prétendre à tirer un trait en guise de conclusion sur la situation, ces engagements et ses dernières propositions. C’est pourquoi nous commençons par faire l’état des lieux de ses intentions et de ses propositions.

Durant le conseil municipal du 17 03 09, il lui a été rappelé son dédit envers ses engagements politiques. Sa réponse fut courte. En substance il a assumé des choix (« pratiques et pragmatiques ») en reportant le projet.

Deux remarques.
1. La première est qu’un engagement est libre à moins d’être nul. Qu’étant libre à l’annonce de son engagement, ce dernier représentait déjà un choix (« pratique et pragmatique »). Par conséquent, il lui revient d’assumer des choix contradictoires relevant de l’incohérence de gestion.
2. D’autre part, révélant avoir fait un choix, c’est qu’il n’a pas été contraint d’abandonner le projet faute de capacité financière. A ce propos, le budget d’investissement le prouve. On n’entendra donc plus le prétexte de la pauvreté de la ville pour ne pas faire le projet.

LE DEBAT D’ORIENTATIONS BUDGETAIRES
GERER AVEC RIGUEUR ET VOLONTARISME DANS UN ENVIRONNEMENT INCERTAIN

III Les orientations 2009 : véritable année de départ de la mandature

La part d’investissement en « Urbanisme, aménagement urbain », représente 16% de l’investissement global, pour la somme de 6.35 M€. C’est le second budget, loin derrière « l’Administration et Centre Technique », comptant pour 31.5%.

Dans le cadre du plan de relance national, la ville de Périgueux peut inscrire en « recette » la somme de 900 000 € de l’Etat, si elle réalise un investissement en 2009, supérieur de 1M€ à la moyenne d’investissement entre 2004 et 2007, soit une somme supérieure à 11.3M€. Selon le maire, cette somme en 2009 compense une perte sèche équivalente en 2010 (réduction des dotations de l’Etat).

C’est ce que le maire a décidé de faire, notamment à travers la présentation de son Programme Prévisionnel d’Investissement 2009/2014, en consacrant la somme de 60M€, environ 10M€/an, à l’investissement.

En guise de première tranche d’investissement 2011/2012, le maire entend investir dans le projet du Bas Saint Front à hauteur de 1.17 M€. Pour comparer et rester dans l’ordre du million, ce budget est proche de l’aménagement du nouveau Centre Culturel, (actuellement l’hôtel de ville), du lot « Espaces Verts », ou du budget « Parc Automobile + Réparations ».
Par comparaison, il est de 2 fois inférieur au budget informatique et 4.5 fois inférieur au déménagement de la mairie (foncier + travaux + travaux).

Il faut préciser que l’estimation des travaux sur la CCI, à 1 M€, est ou une coquille dans la colonne, ou un mensonge.
Un bâtiment de 2800m², dont le ratio des travaux de réhabilitation est de 357 €/m², ne correspond en rien à la réalité du marché.
Même en admettant que la structure, la charpente et la couverture et les planchers soient sains, l’ensemble des travaux impliqués par les mises aux normes diverses et les finitions, y compris abords et VRD (Voirie Réseau Distribution), ne peut en aucun cas se ramener à un ratio de 357 €/m². C’est impossible en France aujourd’hui.

:: Décomposition de l’investissement dans le planning de réalisation ::

2011 : 420 000 €
Réalisation du parking de surface et horodateurs, + ascenseur arrivant place du Thouin.

2012 : 750 000 €
Continuité et livraison de la tranche initiée en 2011.

2013 : 1M€
Aménagement urbain (Clautre + Denfert-Rochereau OU Denfert-Rochereau + Daumesnil ?)

2014 : 2M€
Continuité et livraison de la tranche initiée en 2013.

Pourtant le coût du projet d’aménagement hors place Mauvard représente un total à investir de 6.5M€. Sachant qu’à la fin de son mandat et dans le meilleur des cas, le maire n’aurait réalisé que la moitié du projet (haut), il a pris le soin de préciser par voie de presse :

Dordogne Libre, 17 03 09

Si nous sommes réélus en 2014 « nous mènerons une autre tranche de travaux » sourit le maire…

Sud Ouest, 17 03 09

Nous ferons le reste si nous sommes riches et réélus 

Sachant très bien qu’une ville comme Périgueux aura toujours les moyens de financer 3.5M€ de travaux, la seule inconnue est sa réélection. Ne pourrait-on pas demander au maire, lorsqu’il s’adresse à la population, par surcroît sur des sujets importants, de traiter les choses avec moins de désinvolture et de sarcasme. Ou bien montre-t-il en définitive un plaisir à la politique inversement proportionnel à son intérêt pour Périgueux ?

La livraison qu’il avait promis pour avril 2011 se trouve donc, de ses propres aveux, soumise à 2 nouvelle conditions.

1. Sa réélection
2. Son jugement sur la capacité financière de la ville

Cela implique tout d’abord qu’il entend pouvoir convertir un engagement non tenu en promesse de campagne électorale.

Cette contorsion politique n’est pas acceptable. Car Michel Moyrand, après avoir torpillé le projet, ne propose que d’être réélu pour faire le dit projet !

Ensuite, cela signifie, en cas de réélection, que s’il juge les finances insuffisantes, les travaux du Bas Saint Front ne seront pas réalisés avant 2019/2020, à l’horizon de la mandature suivante. La manœuvre d’évitement n’aurait dans ce cas duré que 11 à 12 années, laissant le soin à son successeur de terminer un projet à moitié commencé.

Pourtant, en conseil municipal du 17 09 08, le maire savait très bien à quoi s’en tenir sur l’incurie d’étaler trop longuement les travaux et surtout d’en renvoyer la moitié aux horizons 2014/2015 au mieux et 2019/2020 au pire :

Il faudra bien aussi qu’on l’étale dans le temps, mais relativement court, afin de limiter les nuisances et les incidences sur le commerce de proximité. C’est une de mes préoccupations parce que le commerce de proximité sera perturbé, nul ne l’ignore.

Cynique et méprisant à l’égard des citoyens qui ont cru en sa parole et agit en conséquence, Michel Moyrand ne peut se montrer satisfait que de sa forfaiture.

:: Les propositions concrètes du maire sur le Bas Saint Front ::

Ce nouveau parking, sur le parking actuel, devrait être fini pour 2013. Il serait équipé d’horodateurs pour accélérer le turnover et éviter les voitures « ventouses ».
Cette mesure avait été annoncée en commission extra-municipale (15 09 08) pour compenser la perte de places de stationnement sur la place de Clautre, rendue piétonne à la suite des travaux.

Mais la place de la Clautre, demeurerait donc un parking pendant au minimum 3 ans, « si nous sommes riches », et davantage si nous ne le sommes pas.
D’où l’on comprend l’inutilité caractérisée d’un parking qui n’a de cohérence que dans un ensemble et participant d’un tout. A tout prendre et à défaut de poursuivre le reste, cet investissement est intrinsèquement absurde, inutile et coûteux pour ce qu’il est.

A votre avis, le maire en a t-il conscience ? Oui ! (CM 17 06 08) :

…je dis que c’est un grand projet à deux volets, mais je sais bien aussi que c’est complémentaire

(La longue phrase dont ce jugement est tiré, ne modifie en rien, dans son contexte, ce que l’on peut lire ci-dessus)

Le parking n’a de sens que parce qu’il anticipe la piétonnisation du secteur haut et créer un lien direct avec la rivière. Et sinon quoi ?!
Michel Moyrand aura fait un parking à la place d’un parking. Un coup de génie qui lui vaudrait la Marianne d’Or, c’est certain.

Le projet du « haut » Saint Front, quant à lui, est divisé en deux tranches, l’une sur 2013/2014, tandis que l’autre demeure suspendue à une réalisation incertaine (réélection et finances).
Il s’engage donc à financer 25% du projet tout en ne pouvant affirmer s’il pourra réaliser les 25% restant. Ce genre de déclaration engage la crédibilité du gestionnaire public. Cela en devient dangereux.
Imaginons deux secondes un particulier qui prévoit un budget pour acheter une voiture mais qui ne sait pas s’il pourra assumer les frais d’essence, l’assurance, et les réparations…

En terme d’urbanisme, il faut imaginer le « raccord » entre une place de la Clautre rendue piétonne et rénovée et un Greffe restant dans son « jus ». Ou bien l’inverse, c’est au choix (municipal). Ce n’est plus de l’aménagement urbain, c’est du bricolage dominical.

Ainsi au bout de 6 budgets et de 60 M€ programmés, il n’aura su investir qu’un peu plus de la moitié de la somme nécessaire à la réalisation du projet global, (4.17M€ pour 7.67M€), en le divisant en trois tranches de réalisation, dont la dernière est conditionnée par sa réélection.
Et tout cela en ne réalisant pas le parking souterrain, se contentant d’horodateurs en surface.

De même, à saucissonner un projet en autant de tranches que d’opportunités politiques, non seulement la cohérence de l’ensemble se dissout, mais il sera impossible de dire, si, en définitive, le projet aura été réalisé ou non réalisé.

:: La preuve en image ::

Le maire, ayant bien compris qu’il risquait de griller son mandat en manquant à sa parole et en récusant un projet objectivement sain et cher aux périgourdins, a cherché et trouvé une solution bâtarde, un panaché de faire et de non faire.
Le peu qu’il fera lui permettra de dire qu’il fera. Au prétexte de flanquer des horodateurs sur le parking Mauvard en 2011, il se permet aujourd’hui d’affirmer poursuivre le projet.

Dordogne Libre, 20 03 09

Le projet d’aménagement de la place Mauvard n’est pas abandonné. Je ne le laisse pas tomber.

Justification: accrochez-vous vous pénétrez dans la 5ème dimension…

Un budget de 4 170 000 euros est prévu pour la place Mauvard et la rénovation urbaine autour de Saint-Front. On peut donc difficilement appeler cela abandonner !

1. Ce qui a été abandonné c’est son engagement politique
2. Ce qui a été abandonné c’est la moitié du projet (un détail)
3. Ce qui a été abandonné c’est le planning de réalisation
4. Ce qui a été abandonné c’est la démocratie et la concertation (au trou les commissions extra municipales)

Dans la foulée, il a budgétisé des modifications de travaux sur le parking Mauvard dont nul ne sait aujourd’hui ce qu’ils seront en réalité. Aucune étude ne permet de mesurer la pertinence de l’investissement par rapport à un projet en plans. Forcément, il aurait bien du mal, après avoir annulé les crédits de 280 000 € alloués aux dites études (conseil municipal du 09 12 08).

Pourtant, ne déclarait-il pas, sur les études du Bas Saint Front, en conseil municipal du 17 juin 2008:

Je l’ai dit, je le répète, je tiens à ce que ces études, même si elles sont onéreuses, soient menées jusqu’au bout.

:: Mensonge ou incohérence ? ::

Selon le même principe d’enfumage permanent, souvenez-vous. Ne déclarait-il pas lors de la même séance que ce projet du Bas saint Front était conditionné par le Plan de Déplacements Urbains. Et qu’en est-il ? Le PDU est toujours à l’étude, loin encore de la moindre enquête publique.

Il savait très bien en séance que le PDU n’était pas un élément conditionnant la faisabilité du projet. La preuve, c’est qu’il a modifié, planifié et budgétisé la réalisation du parking Mauvard avant de connaître les conclusions du PDU.

Les études liminaires à l’investissement sont faites au doigt mouillé, de la même façon que le budget prévisionnel des travaux de la CCI est volontairement sous dimensionné, à proportion de la surévaluation du budget travaux des écoles.

L’accumulation de fausses déclarations, intentionnelles ou non, mêlée à l’empilement déclaratif de fausses intentions, ne peut plus prétendre à la cohérence exigée par la gestion honnête d’un bien public.