Périgueux: après sa nouvelle voiture, sa nouvelle mairie

Le maire annonce en fanfare, avec « jubilation » l’avancée obtenue pour déménager la mairie, tel que présenté aujourd’hui par les quotidiens Sud Ouest et Dordogne Libre.

Le premier thème rappelé par le maire est « chose promise chose dûe », respectivement pour SO et DL :

Cela faisait partie de mon programme, je tiens mes promesses

Ce dossier faisait partie de mon programme, je suis heureux de faire ce que j’avais annoncé

On n’en doute pas. Car sur d’autres points les mensonges sont incontestables et les promesses trahies, (comme la démocratie participative, fuie comme la peste). N’y revenons pas davantage, personne n’est dupe de cette petite politique dont après tout les électeurs sont responsables de la pérennité.

La Dordogne Libre ne semble guère se faire d’illusion en titrant d’ailleurs :

LE maire aura SA mairie à la place de la CCI

Car ce n’est que de cela qu’il s’agit au fond et non de fumeuses raisons d’intérêt général. Le maire est à ce point obsédé de marquer son passage qu’il est prêt à laisser son nom sur un des projets les plus incohérents et à contre sens de l’histoire de la ville.

D’autant que ce dernier se met à projeter son œuvre dans le futur :

C’est une opération sur 200 ans ! Et je crois qu’il y avait là une opportunité. Nous avions besoin d’espace et le bâtiment a une architecture de qualité.

Ce déplacement est historique, il y en a pour plus de deux cents ans.

C’est sur qu’il est historique ce maire. Quant à se permettre d’annoncer que la mairie sera à cet emplacement pour les deux cents prochaines années, à savoir 2209, ne lui demandez surtout pas une réponse rationnelle. Mais que l’homme confonde histoire et science fiction ne surprendra pas les plus avertis.

Pour le coup, nous allons essayer d’en faire un peu de l’histoire, pour comprendre que cet acte amorti par le terme même de « déménagement » est bien plus important qu’il n’y parait.

:: Le consulat ::
Ce bâtiment, place du Coderc, fut le lieu du pouvoir local depuis au moins le XIII °s., pendant 600 ans.
Sa destruction fut décidée en janvier 1830 sous l’administration de Jean-Baptiste VIDAL, un éphémère. Le projet fut surtout suivi par Léger COMBRET de MARCILLAC, dont on préfère le souvenir du raccordement au réseau d’eau potable à la source du Toulon.
La destruction du consulat s’inscrivait dans le projet d’ouverture de la rue des Chaînes, projet voté en 1825. Ce vaste projet avait pour but d’ouvrir une voie de communication avec la gare de chemin de fer et le quartier St Martin via le cours des Princes (boulevard Montaigne), alors en pleine expansion, une expansion que l’on décrivait alors comme durable, un « quartier des affaires » qui serait le poumon économique et commercial de la ville.
Certes, on n’en voit même plus les traces aujourd’hui, mais c’est comme ça. Les politiques sont faits pour vendre de l’éternité sur leurs passages éphémères.
Alors on expliqua que si la vieille ville ne se connectait pas à la nouvelle ville, elle péricliterait et s’effondrerait sur elle-même, ses habitants la déserteraient et ses commerces disparaîtraient. Ironie de l’histoire, c’est exactement le contraire aujourd’hui.

Et comble de cette ironie, la rue des Chaînes est amenée à devenir piétonne et fait partie des rues interdites à la circulation dans l’opération municipale Cœur Piéton, à l’instar de la rue de la République, un autre fleuron de la catégorie.
Passons. Le principal problème pour la population d’alors, qui s’en ouvrit au maire par voie pétitionnaire, fut la destruction du clocher du consulat, qui rythmait depuis des centaines d’années la vie civile de sa cloche grave et profonde. Un accord fut trouvé et la cloche continua de sonner dans la cathédrale Saint Front jusqu’en 1912, date de sa fatale fêlure.

:: La mairie actuelle ::
Car au fond, le lieu du pouvoir ne serait pas emmené bien loin, à quelques mètres, à l’emplacement actuel de la mairie. L’acquisition de ce bâtiment donna lieu à de nouveaux projets d’ouverture, celles de la rue de la République et la rue de la Mairie. La première fut l’objet d’une délibération de 1857 et la seconde de mai 1868. C’est à Jean Jules Alfred BARDY-DELISLE que l’on doit ce qu’il est convenu d’appeler à l’époque, ces « embellissements ».
Cette rue de la Mairie reliait la place de l’Hôtel de Ville avec la rue Taillefer, voie dont il serait décidé l’élargissement plus tard, en juillet 1878.
La rue de la République fut dessinée selon un axe précis, afin de créer un vis-à-vis majestueux entre la place de la mairie et le théâtre. Tout un symbole. Manque de « peau », il n’y a plus de théâtre. En matière de symbolique, les jets d’eau font tout autant l’affaire.

Dans tous les cas, ce qui a été en premier conservé, c’est la notion de place. Le bâtiment fait face à un vaste espace public sur lequel la population peut se rassembler. Sinon concrètement, c’est à tout le moins symbolique et tout aussi important. Faire face à l’espace public.

Ensuite, le lieu de la démocratie périgourdine ne fut déplacé que de quelques mètres, assurant une continuité géographique et symbolique avec le consulat. Il n’était pas apparu pertinent d’expulser le pouvoir municipal en dehors du Puy Saint Front, et surtout à l’écart, expulsé des lieux en lesquels la ville est la plus vivante et où les périgourdins ont l’habitude de se rassembler.

Enfin, le bâtiment a été dégagé et ouvert à l’espace, par l’aménagement des abords et voies de communication. Car le bâtiment ne fait pas tout, loin de là, ses abords constituant une partie de sa justification et de sa signifacation. Ce projet avait heureusement été pensé avec plus de sérieux, de connaissance de la vie publique et de l’histoire, qu’un simple « déménagement » que l’on voudrait par surcroît chiche et au rabais (rénovation 380 euros/m²).

:: La nouvelle maison de Moyrand ::
Comme tout un chacun à loisir de le remarquer, les édifices publics importants ne sont pas disposés au hasard. Ce ne sont pas des boîtes standardisées que l’on flanque au gré des opportunités. Il y a toujours un sens. Ou du moins il y en avait.
C’est le problème de ce misérabilisme culturel agissant à court terme, au gré des opportunités politiciennes, dissimulant les véritables intentions derrière des normes et des réglementations qui changent annuellement, voire mensuellement. Et c’est toujours ce problème de l’hypocrisie et de la démagogie, serviles compagnes de l’ambition égotique et l’obsession de sa propre mémoire.

Il suffit de voir ce pauvre homme en quête d’éternité, clamer que son geste « historique » prendra pied dans l’histoire de la ville pendant au moins deux cents ans !

Comment lui expliquer que pour espérer anticiper l’avenir, il faut déjà avoir deux sous d’histoire. Et qu’avant de se projeter deux siècles plus tard, il faut au moins avoir regardé et compris les deux siècles passés.
Mais non, il veut SA mairie à SON image.

Elle ne fera pas face à l’espace public, elle sera de biais. Elle ne sera pas droite, mais de travers.

Elle ne sera pas au coeur de la cité, assumant pleinement son rôle, mais à l’écart, en retrait, comme si le maire ne voulait pas qu’on l’y dérange, comme s’il ne pouvait pleinement admettre sa fonction au centre de la vie publique.

Elle ne sera pas ouverte sur la ville comme il le prétend, mais bien refermée en un coin de la cité, entre une large route et un long bâtiment de 4 étages plus haut qu’elle.

Cette mairie sera sans perspective, dissimulée au regard, confinée dans son luxe bourgeois, (« architecture de qualité »).

:: Pour plus tard ::
Au final, le manque d’intérêt des périgourdins pour ce dossier, l’absence de réactivité, (ou l’enthousiasme benoît pour plus de parking), révèle une indifférence, sinon une crise d’identité locale.

Car la volonté mise en œuvre par le maire pour se projet, (et pas de doute qu’il la mobilise toute entière), est en contrepoint de l’abandon du Bas Saint Front. Une dent creuse, un trou, comblé ça et là par quelques verrues, qui viennent orner le cimetière des Rues Neuves.
Un détail, juste un détail, montrant d’une part un acte politique sachant bien détruire mais pas construire, et d’autre part des générations de successeurs s’accommodant sans honte de cet ignoble héritage.
Il ne faut aimer décidément ni Périgueux ni son histoire, pour assumer encore avec désinvolture ce droit de succession morbide et préférer en pérenniser la honte pour se porter vers ce déménagement bling bling mettant à l’honneur sa seule gloriole.

Mais après tout, l’émotion passée, les périgourdins ne réagirent en rien contre les projets d’Yves GUENA, dont on sait bien qu’ils furent opportuns pour la rénovation de la toiture de sa propriété de Chanterac. Il en fut même réélu. De même que les hauts quartiers ne manifestèrent aucun trouble à voir rasés ceux d’en bas, ceux-là même qui pleurnichent aujourd’hui toute leur nostalgie du temps jadis. Si bien pour le maire que l’occasion à saisir n’est pas immobilière mais dans l’indifférence profonde de la population à son propre sort, tant qu’elle n’est plus concernée par ses responsabilités citoyennes.

In fine, nous devrions nous réjouir de ce projet, car il permettra, dans la longue durée, de constater à quel point le peuple périgourdin donna raison aux dirigeants de le ridiculiser et le moquer. Il n’en a pas toujours été ainsi et cela ne saurait durer éternellement.

En guise de post scriptum, nous nous souviendrons attentivement de cette phrase du maire de Périgueux, laissée à France Bleu Périgord (12/06/09) en guise de justification et de connaissance des périgourdins:

Je pense que les périgourdins seront fiers, seront fiers de leur nouvelle mairie, de leur nouvel hôtel de ville et qu’ils y seront biens pour faire l’ensemble des actes que l’on peut faire dans un hôtel de ville

Action publique municipale, analyses et commentaires d’un ancien maire de Périgueux (MAJ 18 03 09)

Il n’est pas si fréquent qu’un élu détaille, en commentaires d’un blog (non aligné), les principes de l’action publique qui ont présidé aux analyses politiques et conduit aux prises de décisions.
C’est pourtant le cas ici, de par les deux interventions de Jean-Paul Daudou, conseiller général, ancien maire et ancien adjoint de Périgueux.

Oublions deux minutes l’appartenance politique, elle n’a pas d’intérêt pour l’instant (j’espère ne froisser personne en proposant cela). Toute action politique n’est pas l’effet d’un déterminisme idéologique, a fortiori dans une ville comme Périgueux, et en particulier sur les sujets abordés.

Dans la même lignée, le but de retranscrire in extenso sous forme d’un billet complet ces commentaires n’est pas de faire valoir une action plutôt qu’une autre, mais au moins de prendre le temps de considérer les analyses pour ce qu’elles sont.
Déterminer l’objectif, produire une méthode et suivre un plan. Que la conclusion soit vraie ou fausse n’a pas d’importance en l’espèce, d’autant que seule l’expérience aurait permis de le vérifier.

Voilà, le premier commentaire rapporté ici porte sur l’analyse de la situation de la mairie et l’hypothèse de son déménagement, le second porte sur la situation financière de la ville et la contestation du bilan municipal.
Je vous entends déjà. Oui M. Daudou critique les choix politiques de l’actuelle majorité !
Mais ce n’est pas parce qu’on ne saurait s’en étonner que cela ouvre le ban à une nuée d’adjectifs stériles. Ou du moins toute critique sera bienvenue à condition qu’elle soit au moins autant étayée.

Pour information, (que de précautions aujourd’hui), les positions exprimées par M. Daudou ne sont pas idéologiquement soutenues par l’auteur de ce billet. J’entends uniquement les verser au débat, un débat dont on ressent la faiblesse, étouffé par des opérations marketing puériles. Fermez les portes en partant, merci.

:: Monsieur Daudou: La mairie, son diagnostic et les solutions envisagées ::
En 1830, date d’acquisition du bâtiment pour en faire la mairie, il était sans doute difficile de prévoir l’évolution des services administratifs. Aujourd’hui il est admis par tout le monde que le bâtiment est trop exigüe pour accueillir tous les services qui y sont installés.

Une première idée avait été d’utiliser pour extension le bâtiment limitrophe côté place du Coderc. L’étude architecturale a montré que ce n’était pas une bonne solution et qu’il valait mieux l’affecter au logement ce qui a été fait via l’office d’HLM.

Une deuxième solution fut l’acquisition du bâtiment LEHM place Faidherbe. Là encore après étude, le choix de le vendre à un promoteur a été privilégié, du fait de la nécessité d’augmenter la population de Périgueux d’autant qu’il a été revendu avec une plus value de 100%.

Troisième solution envisagée lorsque j’étais maire : La CCI, non pas pour y transférer la mairie mais à titre de complément. En effet actuellement la CCI ne dispose pas d’un nombre de bureaux équipés supérieur à ceux de l’hôtel de ville actuel (j’y ai travaillé pendant trente ans et je sais donc de quoi je parle) par contre l’espace de réunion y est plus important et l’espace à aménager également.

Les bâtiments supposent des travaux d’accessibilité importants: pas d’accès handicapé, pas d’ascenseur, des niveaux différents entre les bâtiments donc des travaux à prévoir en sus de l’acquisition. L’idée était donc de conserver l’hôtel de ville actuel pour le Maire son cabinet, son secrétariat, le conseil municipal, les adjoints et leur secrétariat, et quelques services de proximité et transférer à la CCI l’ensemble des autres services municipaux.
Le tout devant se faire après négociation sérieuse puisqu’il est très improbable que de nombreux acquéreurs se précipitent pour le bâtiment consulaire et que grâce au droit de préemption, la Ville peut se substituer à tout acquéreur au dernier prix négocié.
Cette stratégie répondait à la nécessité de donner de l’air aux services municipaux, tout en conservant l’hôtel de ville parfaitement situé au centre de la cité première et en limitant le risque financier. Dommage que la municipalité actuelle en ait décidé autrement.

:: Commentaires ::
En complément, il faudra prendre en compte la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, augmentée par décret du 17 mai 2006, (Art. R. 111-19-9): les Etablissements Recevant du Public (ERP) doivent répondre des dispositions de cette loi entre 2011 et 2015, (diagnostic et réalisation).

Il est évident dans ces conditions que ni l’actuel hôtel de ville, ni la CCI ne sont aux normes. Selon la loi, ils devront tous les deux et d’égale façon être transformés et adaptés. Dire que l’un serait plus adapté que l’autre est faux. Il suffit pour le comprendre de lire le détail des prescriptions au Code de la Construction et de l’Habitat.

Il s’agit dans les deux cas de travaux lourds, puisque cette loi doit permettre à toute personne, quelque soit son handicap, d’exercer les actes de la vie quotidienne et de participer à la vie sociale.
Dans tous les cas, ce n’est pas par volontarisme que les représentants feront des travaux dans les bâtiments publics, mais par obligation légale. Donc attention à la récupération…

Monsieur Daudou: réponse au commentaire –  14 03 09

Pour compléter mon propos, je dois dire que l’accessibilité de l’hotel de ville actuel a fait l’objet d’une étude chiffrée de la même façon que le théatre de l’Odyssée et que la commission du même nom, que je présidais, avait programmé l’étude de l’accessibilité de la ville, ainsi que l’exige la règlementation.

:: Monsieur Daudou: Orientations budgétaires ::
J’ajoute que si Michel Moyrand affirme pouvoir réaliser 60 millions d’investissements en cinq années, cela veut dire qu’il a menti sur la situation financière de la ville, qu’il aurait pu lancer les réalisations prévues sur le “bas st Front” (parking et aménagements urbains) et même l’aménagement des boulevards.
S’il l’avait programmé, il aurait en outre bénéficié du plan de relance gouvernemental (anticipation du reversement de la TVA sur investissement) ce qui représente de l’ordre de 15% du montant d’investissement des deux dernières années, ce qui aurait permis de bénéficier d’une trésorerie bien venue pour ces opérations.
Ainsi, il se confirme que l’abandon des projets urbains n’est que la conséquence de l’idéologie mal placée de la nouvelle municipalité (M. Moyrand a toujours dans le passé voté contre les aménagements urbains) ou bien de son incompétence manifeste. Dans les deux cas on peut légitimement s’inquiéter pour l’avenir.

:: Commentaires ::
La Majorité oppose aux arguments de l’ancienne municipalité que cette dernière n’avait pas budgétisé le projet. Et que dans la situation financière actuelle, elle aurait été dans l’incapacité de le financer. Accusant l’ancienne municipalité de mensonge sur la faisabilité financière de ce projet, il serait essentiel d’avoir sous les yeux une simulation comptable « réaliste », pour conclure, en présentant un plan de financement cohérent et planifié en fonction du budget Investissement.
Pour l’instant, le maire ne se dit pas défavorable au projet, mais affirme que les finances ne le permettent pas. D’où l’idée d’en reporter la réalisation et de ne faire qu’un parking à parcmètres place Mauvard à la fin du mandat.

Il y a donc nécessairement une des deux parties qui dissimule la vérité, qui demeure, faute de preuves, inaccessible. Or cette dernière n’est pas une coquetterie ou une récompense, elle est due aux citoyens par les représentants élus.

Monsieur  Daudou : réponse au commentaire – 14 03 09

En complément à la rubrique “orientations budgétaires”: Tous ceux qui ont à gérer une collectivité savent que l’on ne “budgetise” pas une opération qui doit se dérouler, donc se financer sur trois ou quatre années,car le budget est annuel. Donc en ce qui concerne le bas-St Front il n’était techniquement pas possible en decembre 2007 date à laquelle était discuté le budget 2008, de prévoir le financement d’opérations devant se dérouler de juillet 2009 à juiullet 2011, d’autant que ce n’était qu’à l’été 2009 que les appels d’offres devaient intervenir. Par contre un découpage annuel pouvait être théoriquement envisagé sur la base de l’estimation faite par le bureau d’études et ensuite, chaque année une réserve prioritaire devait être décidée au moment de l’établissement de chacun des budgets annuels. Ainsi que je l’ai dejà affirmé à plusieurs reprises, je maintiens que l’on aurait pu dès cette année 2009 prévoir au budget une première tranche de crédits au deuxième semestre.

Questions – 16 03 09

Le principe de la budgétisation étant compris. Il y a eu un appel à la vigilance de la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine concernant l’érosion « importante » de l’excédent brut de fonctionnement, la CAF brute et des questions sur le remboursement de la dette, impactant négativement sur la capacité d’emprunt. La CRCA confirmait en cela une note du préfet et du TPG dans laquelle il était soulevé que Périgueux flirtait avec le seuil d’alerte selon les baremes de l’Etat.

Ajoutant à cela la situation macro économique et nationale, les taux d’intérêts bancaires et la dégradation du marché de l’emploi…

Dans ce contexte fragilisé, était-il réellement possible de mobiliser l’investissement nécessaire au lancement des travaux, sans aggraver plus encore et durablement les difficultés financières de la ville?

L’investissement important à mobiliser pour la réalisation du projet ne se serait-il pas fait au détriment d’autres investissements, moins ambitieux mais tout aussi nécessaires?

Enfin la majorité dit aujourd’hui pouvoir mobiliser environ 3 M d’euros en 2009 pour l’achat du foncier de la CCI, ce qui représente 25% de l’investissement annoncé, à savoir 12 M d’euros / an. Elle prévoit pour 2010 et 2011, 1 M d’euros de travaux. (Pour un bâtiment de 2800m², cela représente un coût de travaux de 357 euros /m². C’est peu).

Le maire nie en revanche, à l’ancienne majorité, la capacité financière d’avoir pu procéder de la sorte pour la réalisation du Bas Saint Front. A combien le bureau d’études avait-il estimé la première tranche de travaux correspondant au budget 2009?

Monsieur  Daudou : réponses – 16 03 09

Observations financières en réponse

La vigilance de la Chambre Régionale des Comptes :

Tant au regard de sa capacité d’autofinancement que de sa capacité de désendettement, la situation financière de la ville de Périgueux, telle qu’elle ressort des données 2002 à 2006, ne suscite pas d’inquiétude particulière. Toutefois trois aspects susceptibles de peser à terme sur la situation financière méritent à l’avenir une attention particulière :

-l’importance structurelle des dépenses de personnel qui sont à l’origine d’un ratio de rigidité des dépenses de fonctionnement relativement important,

-La faiblesse des marges de manœuvre fiscales, avec un potentiel fiscal par habitant assez faible mais un coefficient de mobilisation dudit potentiel assez élevé,

-la tendance constatée à partir de 2003 d’une croissance des charges de gestion plus rapide que celle des produits de gestion, qui a entrainé une érosion importante de l’excédent brut de fonctionnement, du résultat et de la capacité d’autofinancement brute.

En clair, pas d’affolement mais attention à ne pas surcharger ces trois domaines, or si Mr Moyrand affirme vouloir faire des économies de charge, il vient d’ouvrir très largement les recrutements de directeurs de services (Police Municipale, tourisme, direction générale adjointe, achats, communication) et il vient d’annoncer l’augmentation de la fiscalité !

La crise

La meilleure solution municipale, pour répondre à la crise, c’est bien évidemment de privilégier l’investissement local afin de donner du travail aux entreprises, en faisant des choix prioritaires en fonction de la nécessité et de l’urgence. Le Bas St Front, projet d’aménagement urbain structurant est prioritaire à la fois en répondant aux exigences de bien-être des habitants du centre ville mais également à l’impact touristique, force d’attraction de Périgueux.

La municipalité actuelle semble vouloir privilégier ponctuellement et peut être demain  définitivement le caractère piétonnier du secteur renaissance. Or l’implantation d’un parking au pied de la cathédrale est idéal pour les chalands venant des banlieues Est, comme Montaigne et Francheville le sont pour les migrants du Nord ou de l’Ouest, d’autant que dans cette hypothèse nouvelle de piétonisation les stationnements Taillefer, Clautre, Coderc, République sont supprimés.

Intégration du Bas St Front

Le coût estimatif du parking est de 8,8 millions d’euros HT pour 300 places soit 10,5 millions TTC. Le coût de l’aménagement du quartier est de 6 millions d’euros.

Sur quatre exercices cela représente 4 millions d’euros annuels en sachant que la TVA sera reversée à la collectivité avec décalage sauf pour l’année 2009 (plan de relance gouvernemental)

Si l’on se réfère au tableau d’orientations de l’investissement proposé par le Maire actuel on se rend compte qu’il y a possibilité de « récupérer » les 7,2 millions de construction écoles car il n’y a aucune urgence en la matière, (les 2,9 millions de grosses réparations suffisent) les 1,17 millions du Bas St Front (solution au rabais inacceptable), 1,5 millions de réserve foncière inutiles sur les cinq années à venir, les 3,5 millions de rachat de la CCI, sachant qu’aujourd’hui il y a moins de priorité en la matière et que de nouveaux lieux deviennent disponibles (espace de la mutualité périgourdine dans les étages de Monoprix), auquel il conviendra de rajouter 2 millions d’euros représentatifs de reversements de TVA sur la période, soit au total 15,37 millions d’euros c’est-à-dire la quasi-totalité de l’investissement estimé sans compter quelques participations état, région département.

Même si ce calcul est sujet à caution compte tenu de son caractère évaluatif sans garantie de financement budgétaire, il est clair que sur un volume de 60 millions d’investissements, il est possible d’en affecter 27% à un projet d’aménagement urbain validé par la population de la ville.

En conclusion, Mr Moyrand aurait pu inscrire dès cette année une première tranche d’opérations d’aménagement du projet Bas St Front et c’est seulement parce que c’était un projet de l’ancienne équipe qu’il s’y est refusé.