Archives pour l'étiquette communauté d’agglomération périgourdine

Nouvelle CAP, le profil idéal pour devenir maire

Personne n’ignore que la CAP, la communauté d’agglomération périgourdine, vient de s’agrandir. Après d’âpres discussions, Jacques Auzou, maire de Boulazac et président de l’intercommunalité Isle Manoire, a remporté le match par K.O contre le maire de Périgueux qui ne voulait pas de ses communes. La présidence de la CAP est en jeu en 2014.

Grâce à sa super veste ultra réversible, Michel Moyrand plastronne. Aujourd’hui il est pour, mais il y a peu encore, il s’opposait farouchement au profil de cette extension. Il est bon ce Michel.

Carte politique de la nouvelle CAP

C’est donc l’occasion de dresser une carte politique de cette nouvelle CAP. La domination socialiste est totale. Et ceux qui se cachent derrière un officiel SE (sans étiquette -sans logo sur la carte-), sont la plupart du temps soumis aux directives du parti socialiste (intérêts bien compris).

Disons qu’à RISK, la partie serait finie. Game Over ou en tout cas tant que les socialistes maintiennent l’illusion que le PS est à gauche; c’est devenu une profession à temps plein, un vrai métier.

Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le profil idéal pour espérer être maire d’une de ces communes et intégrer la brillante et dynamique équipe intercommunale.

Le profil idéal pour devenir maire dans la communauté d’agglomération périgourdine

Si vous êtes de droite, jeune, actif et porté sur une profession innovante, vos probabilités sont nulles. Si vous pensez que le cumul des mandats dans le temps sclérose le système représentatif, ce n’est même pas la peine de rêver.

Le profil idéal pour siéger à la CAP, le voici. Il faut absolument être socialiste ou de gauche très ami avec les socialistes. 100% des communes sont dans cette lignée.

Il faudra également être vieux et à la retraite, comme 52% des maires. Sans compter ceux qui se font passer pour des actifs, mais sont en réalité des professionnels de la politique, et qui en vivent grassement (Auzou, Colbac, Moyrand, etc.).

Une fois que vous êtes retraité et socialiste, vous augmenterez vos chances en étant fonctionnaire et encore mieux si vous étiez dans l’éducation nationale, 35% des maires à la retraite. Si vous êtes retraité d’une fonction territoriale quelconque, pas d’inquiétude, vous conservez toutes vos chances.

Et enfin, vous augmenterez vos chances en louant le cumul des mandats. 33% des maires occupent leur poste depuis 15 ou 20 ans. Près de la moitié avant les années 2000. Le record va au maire d’Atur, Alain Cournil, enkysté depuis 28 ans derrière son bureau, à égalité avec le maire de Coursac. Ils sont suivis de près par les communistes comme Colbac (Trelissac), Auzou (Boulazac) et Comte (Champcevinel), 22 ans de mariage électoral, alors que leur parti prône le contraire. Tout un symbole.

Vous êtes vieux, à la retraite (de préférence de l’éducation nationale), socialiste et vous défendez ouvertement l’idée que la représentativité consiste à s’incruster dans un fauteuil le plus longtemps possible ? Le job est pour vous.

L’avenir confié à un club de retraités de la fonction publique

Bien sur, si vous avez quelque considération pour le pluralisme et la diversité, c’est plus compliqué. Si en plus vous pensez qu’un mandat électif n’est pas une manière de s’offrir un complément retraite pour le restant de ses jours, c’est foutu.

La CAP est un monolithe sociologique et idéologique. Ce mammouth administratif ne laisse aucune place à la différence. Et quand on ajoute à cela le goût pour les intrigues et les manœuvres politiciennes par lesquelles un Michel Moyrand respire et s’inspire jusqu’à lasser parfois ses proches, on mesure sans répit l’étendue des dégâts.

Certains pensent que cette sclérose politique est due au statut de l’élu, pas assez rémunéré, comme l’annonce le maire de Périgueux avec ses immeubles défiscalisés et sa voiture de fonction.

Ce statut est si avantageux aujourd’hui qu’il fait de l’élu un cadre de la fonction territoriale pour la durée du mandat. D’où l’intérêt évident de chercher à se professionnaliser en politique. Juteux, confortable, faits d’avantages multiples en numéraire et en nature, ce statut est une source d’enrichissement personnel sans commune mesure avec les autres.

En cumulant le job avec un mandat parlementaire, ça permet même de se voter sa propre rémunération. Et incroyable hasard, ces « indemnités » ont augmenté de 135% en 10 ans (pleurez braves gens, ça a été gelé). Il faut dire qu’elles ne sont pas indexées sur l’inflation mais plutôt sur le cours du marché de l’immobilier.

Les compétences y comptent moins que la ruse et l’absence de talent se compense largement par la vigueur de son écurie politique. C’est comme ça que l’on devient maire de Périgueux par exemple. Ca en fait un plan de carrière très rentable.

Aussi ce club 3ème âge pour retraités de la fonction publique qu’est la CAP n’augure rien de très dynamique. Ils sont pour la plupart nés dans la première moitié du XX° siècle et n’ont pour principal problème dans la vie que la surveillance de leur épargne. Autant dire que les enjeux du XXI° siècle paraissent lointains…

Tout le problème du service de communication sera de faire croire le contraire.

Sud Ouest Dordogne partenaire officiel de la CAP Périgueux

Jeudi en 20, la rédaction de Sud Ouest s’est dévouée à la Communauté d’Agglomération Périgourdine, la CAP. Interviews ((Le débat est ouvert et Partout, on réduit la place de la voiture)), témoignages (lénifiants) ((Une nécessaire complémentarité, Offrir la gratuité des transports en ville )), tests grandeur nature ((Rien ne sert de rouler il faut partir à point)), article promotionnel ((Le TER joue la navette ferroviaire)) et même article-fiction ((Des trains, des bus, moins de voitures)) sont au rendez-vous pour vous faire aimer vos élus et leur PDU.

Comme en partenariat avec la CAP et la Région Aquitaine, le quotidien s’est démené pour mélanger enjeux réels et communication, vraies infos et slogans publicitaires. Forçant le trait jusqu’à un militantisme décomplexé, aujourd’hui, en plagiant l’Humanité sur le 4 novembre 1956, Sud Ouest aurait pu titrer :

L’agglomération périgourdine retrouve le sourire

Visiblement inquiets des récentes critiques sur la vacuité de cette collectivité locale, ((JF Cros A chacun son film ou ici même La Cap est un échec de la décentralisation)), la CAP et Sud Ouest se sont mobilisés dans une campagne de communication sans précédent pour l’image des élus et l’action de l’agglomération, PDU en tête.

Il fallait employer les grands moyens pour répondre à des critiques fortes. Sont pointés l’incohérence territoriale et politique, l’anarchie régnante en l’absence de planification urbaine et commerciale (cause principale de l’inflation du trafic routier), une politique générale étriquée, sans vision globale, de lourds retards dans le développement économique le long de l’A89, etc.

Les questions-réponses de Claude Bérit-Débat

Sud Ouest commence par une interview du président de la CAP, Claude Berit-Débat, se donnant pour objet de répondre presque point par point aux récentes critiques. Le titre de l’article résume la tonalité générale : « Le débat est ouvert ».

Le community manager de SO offre par des questions calibrées l’occasion de valoriser l’image de l’action intercommunale. Mais sur un fond de sincérité bien sur, face à des éléments que personne ne peut plus dissimuler aujourd’hui. Claude Bérit-Débat tente ainsi d’expliquer tout le bien fondé de son Plan de Déplacements Urbains en l’absence de tout autre document d’urbanisme ou commercial dans un périmètre territorial indigent.

Il présente aussi sa méthode de décision : la quête de l’unanimité. En général dans le régime démocratique en usage, les collectivités territoriales prennent des décisions à la majorité, procédant de la logique électorale. Mais plus soucieux de la vitrine politique que de la cohérence de l’action publique, Bérit-Débat s’échine à préserver l’unanimité pour des communes en totalité socialistes ou communistes (ou les deux bien souvent).

Il accorde ainsi à chaque commune un droit de véto, introduisant une excentricité périgourdine dans le processus démocratique. C’est au nom de cette apparence d’union politique que Champcevinel exerce ce droit de véto contre le contournement nord, Trélissac contre le pont de l’Arsault, ou Coulounieix-Chamiers contre un peu tout à la fois.

Cette méthode de décision se rapproche davantage du Conseil de Sécurité de l’ONU que de notre Code Général des Collectivités Territoriales. Il s’agit moins de communes que d’ambassades, conduisant les maires non à se soumettre à une démocratie par majorité, mais à s’ériger en censeur au nom de leur souveraineté territoriale.

Les projets ne sont donc pas décidés en fonction d’un intérêt général résultant d’un vote à la majorité, mais selon un consensus dont la logique est géopolitique, fondée sur la recherche du plus petit dénominateur commun. Que l’on ne s’étonne donc plus de l’incapacité de la CAP à agir par une politique générale cohérente.

C’est un échec que Bérit-Débat a au moins le courage de reconnaitre, lorsqu’il indique que « l’intérêt général passe au second plan », conséquence directe du refus des élus périgourdins de se soumettre aux principes du régime démocratique au niveau intercommunal.

Résultat, ce n’est pas que le PDU qui est vidé de sa substance comme le demande Sud Ouest, mais l’ensemble de la politique intercommunale. Ici Bérit-Débat fait un autre constat d’échec. Car s’il présente le PDU comme étant « d’abord la promotion des transports en commun », il concède également vouloir ensuite s’attaquer au commerce puis au périmètre intercommunal et à l’urbanisme (SCOT).

Une méthode étonnante et si peu cartésienne. Il va ainsi du particulier au général et du secondaire à l’essentiel. La logique voudrait l’inverse. D’abord la fixation d’un territoire, ensuite des règles générales et enfin des dispositions particulières. Bérit-Débat et ses amis avancent à reculons.
Lorsque le sens de la marche va du décret d’application vers la loi organique, forcément c’est compliqué. Il fait face à un conglomérat d’ambassades municipales sur un escalator monté à l’envers.

Le résultat est là. 10 ans de retard sur le périmètre de l’intercommunalité ((Rapport CRC 15/07/2004 et 02/12/2008)) , 10 ans de retard sur le développement économique le long de l’A89 ((Rapport DRE août 2009)) , aucun document de planification urbaine et commerciale, mais des couloirs de bus pour toute régulation du trafic automobile.

En revanche sur l’accessoire (comparé à l’étalement urbain et aux enjeux environnementaux), la CAP ne boude pas son succès. Une piscine ludique (Aquacap) et une voie pédestre le long de la rivière (Voie Verte) en 10 ans, les périgourdins ne semblaient pas en demander plus.

Evidement, parler de concertation avec les habitants alors que les élus n’y parviennent pas entre eux, c’est risible. Mais face à un tel constat d’échec, il faut savoir se détendre aussi.

Pour Sud Ouest vous en rêviez ; Moyrand l’a fait. C’est formidable !

S’ensuit un article promotionnel comme Sud Ouest en a le secret où le vendeur de tapis se substitue au journaliste. La trame du scénario demeure classique : une situation périlleuse, du suspens et le dénouement avec l’arrivée d’un sauveur.

D’abord la présentation d’une solution inextricable, l’impossibilité de se doter d’une navette ferroviaire malgré des besoins criants. Une fatalité plongeant le bassin de vie dans un désarroi profond et altérant toute idée d’un avenir serein.

Allait-on sombrer dans le néant d’un enclavement impitoyable au prétexte que la navette est chère et nous, malheureux, si pauvres ?

Mais non car le sauveur arrive ! « Finalement, une solution de remplacement est trouvée en 2009 par Michel Moyrand… ». Plus de navette ferroviaire mais des TER au cadencement renforcé. Comme si personne n’y pensait avant, les syndicats de la SNCF par exemple…

Grâce au maire de Périgueux, ce ne sera pas cette navette ferroviaire « rêvée depuis des années », mais tout de même « un formidable moyen de déplacement ». Et le dithyrambe ne serait pas complet sans cette dernière envolée : « … le PDU périgourdin est considéré comme exemplaire. C’est la Région qui le dit ».

Ah ben si la Région le dit alors, c’est que ça doit être vrai !

Région du même bord politique que l’intercommunalité dont le premier vice président et maire de Périgueux se trouve être aussi vice président du Conseil Régional…

Grâce à ce journaliste exemplaire (c’est la Région qui le dit), vous saurez que vos élus sont formidables et font des choses formidables. Que demande le peuple hein ?!

Sud Ouest, les Sims, un acide, un article

En suivant, Sud Ouest se lance dans un article d’anticipation. Difficile de mettre en valeur un produit qui n’existe pas, qu’à cela ne tienne, Sud Ouest l’invente. C’est pourquoi l’auteur a pris un acide (présume-t-on) et imagine pour vous la situation périgourdine en 2020. Attention décollage.

Il s’invente des personnages, leur vie, leur boulot, leurs enfants et va même jusqu’à délirer sur la météo du jour, les prénoms, etc.

Et là, un peu comme avec les Sims, le journaliste anime et occupe son petit monde avec des activités choisies. Ah ben là Mathieu travaille à Boulazac et Juliette à l’hôpital heu… et c’est parti pour le Grand Huit intra muros dans la tête du narrateur.

La fiction se déroule donc en 2020 et notre Philip K. Dick local s’emploie à divaguer sur les transports en communs et la vie quotidienne dans l’agglomération. Et j’te prends le bus et j’te prends le train et tout va bien, c’est merveilleux au pays des Sims.

Les bus sont « quasiment toujours à l’heure », tout est fluide, on active gaiement la billetterie unique depuis son téléphone portable et merveille, le pont de l’Arsault vient d’ouvrir : plus aucun bouchon à déplorer en centre-ville. Wonderfull World.

En pleine montée d’acide, le journaliste s’attaque aux parents de sa famille imaginaire. Le pont des Barris est fermé aux voitures et pépé fonce comme un bolide avec son vélo électrique. La loi sur les retraites est entrée en application, ils ont 65 ans et travaillent encore (sur ce point il pourrait lire le Monde plutôt que de jouer aux Sim’s). Du coup mamie bosse et s’éclate non avec un TER mais carrément avec une navette ferroviaire. On l’imagine volontiers rose à poids jaunes pour l’occasion.

Dernier pic avant la descente, le romancier en herbe s’en prend à la Communauté d’Agglomération toute entière. La CAP est devenue la GCAP, la Grande Communauté d’Agglomération Périgourdine regroupant plus de 50 communes. Et pourquoi pas une Communauté Urbaine de 500 000 habitants. Avec les Sims on peut tout faire et avec Sud Ouest tout imaginer.

Et le journaliste de conclure en annonçant un nouveau PDU pour 2030. Dans de bonnes conditions, sous LSD, l’avenir est radieux, coloré, fluide. De là à supprimer l’investigation pour des fictions narratives, il n’y avait qu’un pas que Sud Ouest franchit avec souplesse et docilité.

Pour les curieux qui seraient tentés d’appuyer leur opinion sur des analyses objectives, nous allons mentionner quelques documents à toute fin utile.

Pourquoi y a-t-il trop de voitures aujourd’hui

Sans politique urbaine cohérente, la CAP a fait exploser l’usage de la voiture dans les années 90 et 2000. Le trafic routier augmente 10 fois plus vite que la population ((PAC DDE- Novembre 2006)) . Il est la conséquence directe de la forme de développement urbain voulu par les élus : anarchique et sauvage.

Si aujourd’hui, en 2010, la CAP s’apprête à réduire ou plutôt réguler le trafic automobile, c’est parce que depuis sa création, cette collectivité s’est développée sur des logements périurbains éloignés, des ZAE loin des quartiers d’habitat, etc., incitant toujours davantage à l’usage de la voiture, nonobstant la tendance macro-environnementale.

Il est donc bien naturel que celui qui vous a rendu malade depuis 20 ans se propose aujourd’hui de vous soigner en vous exhortant à des comportements écologistes et collectifs.

Mais toujours sans aucun document de planification urbaine et commerciale, ce qui amène à la conclusion suivante ((PAC DDE- Novembre 2006)) :

Les tendances à l’œuvre sur le territoire de l’aire d’étude ne sont pas favorables aujourd’hui à une amélioration de la situation que connaît l’agglomération : bien au contraire, du fait de l’absence de document de cadrage, tous les ingrédients sont réunis pour une poursuite de l’étalement urbain et une concentration des commerces.

Que se passe-t-il sans les voies de contournement et les ponts ?

Certains idéologues sophistiques avancent que tout aménagement routier ferait augmenter le trafic automobile. C’est ignorer ce qui est constaté plus haut pour promouvoir un interventionnisme contraignant. La solution du rail est en réalité moins une volonté politique qu’une victoire des lobbyistes syndicaux, qui en retour, ne pourront déroger à un soutien électoral opportun.

Maintenant que l’on vous a construit un logement à l’opposé de votre lieu de travail et en diagonal de votre supermarché, on va vous dégouter de prendre la voiture. On appelle ça une double peine.

En gros ça donne le résultat suivant :

Suite à une politique urbaine déplorable qui a favorisé l’étalement urbain et l’allongement des trajets, nous sommes heureux de vous annoncer que toute future utilisation de la voiture sera pénalisée.

PDU CAP Périgueux - juin 2008

Sans pont ni contournement, voilà ce qu’annonçait pourtant la CAP :

… si rien n’est fait d’ici à 2020, les cabinets spécialisés prévoient une aggravation des embouteillages aux heures de pointe…

La solution pourrait passer par la création de nouvelles infrastructures routières : deux ponts urbains (pont de l’Arsault et du bas Chamiers) et l’amélioration des voies de contournement actuelles…

L’idée est simple. D’ici à 2020, vous serez tellement écœurés à l’idée de prendre votre voiture que les grèves de la SNCF et les retards des bus seront de douces pensées à côté des embouteillages qui vous attendent. Du coup, vous laisserez votre voiture au garage et irez manifester votre joie en sifflotant à bicyclette.

Elle est pas belle la vie ?

La Communauté d’Agglomération Périgourdine, un échec de la décentralisation

C’est fantastique, la Communauté d’Agglomération Périgourdine (CAP) est fantastique. Voici tombé le énième compte rendu dans le quotidien Sud Ouest (Les sujets qui bloquent). Ils ne sont d’accords sur rien ou presque et le président sénateur Bérit-Débat ne peut imaginer agir dans sa majorité qu’à l’unanimité. Conséquence prévisible, d’indécrottables querelles de clochers.

:: Les manquements à l’action publique ::

Ils devaient se constituer en intercommunalité relativement à la cohérence d’un périmètre correspondant au bassin de vie. Ils se sont fragmentés en 3 petites entités, chacun dans son coin et sans coordination. Les rappels de l’Etat et de la Région n’ont servi à rien.

Ils devaient anticiper l’autoroute A89 et avaient été largement prévenus par les services de l’Etat. Ils ont aujourd’hui 10 ans de retard, impliquant les préjudices que l’on sait pour la collectivité.

Ils devaient agir en concertation pour développer des zones d’activités économiques le long de l’autoroute. Chacun a fait sa tambouille dans son coin pour le bonheur de l’étalement urbain, l’uniformisation des paysages et une pollution galopante.

Ils devaient, conformément à leur obligation, produire un Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). Incapables de faire un tel document, ils se gargarisent aujourd’hui avec un Plan de Déplacements Urbains (PDU) qu’ils n’arrivent même pas à boucler.

Dans leur PDU, ils devaient « maîtriser le développement urbain » (comme si un PDU remplaçait un SCOT) mais chaque commune agit en solitaire, pour l’une faisant un Plan Local d’Urbanisme, pour l’autre élaborant un projet commercial de plusieurs dizaines d’hectares amenant les responsables à mentir publiquement sur sa réalité. Ils arrivent même à se nier entre eux leurs propres compétences !

Ils devaient enfin rechercher une cohérence du développement économique via une charte qu’ils n’ont jamais été capables de mettre en œuvre. Cela conduisit un maire à menacer l’autre de se pourvoir près le Conseil d’Etat contre l’obtention d’une Commission Départementale d’Aménagement Commercial CDAC.

Pour finir, il faut écouter le maire de la ville de Boulazac qui a quitté la CAP, réagissant à l’idée d’intégrer à nouveau l’intercommunalité (SO 19/02/10) :

Par contre, il faut tendre vers l’efficacité. L’argent va être rare. Dans toutes les collectivités, il sera nécessaire d’avoir des démarches d’excellence : on ne va plus embaucher pour être agréable à X ou Y.

L’argent public au service de la corruption plombant les budgets, une accusation simple.

:: Le bilan de l’incapacité et la négation de l’intérêt général ::

Voilà où nous en sommes. A croire que le conseil communautaire est une assemblée de « barons fainéants » chargée de prendre les décisions les plus importantes pour la communauté. Il n’en est rien. Ces responsables sont simplement incapables d’agir pour l’intérêt général, paralysés par des enjeux particuliers et politiciens.

Alors aujourd’hui, Sud Ouest titre : Les sujets qui bloquent. Les stationnements, les ponts, les voies de contournement, sont au centre de querelles égotiques et politiques. Alors de quoi sont-ils capables ces gens là ? Et bien vous aurez droit à des couloirs de bus et un renforcement du cadençage des TER avec peut-être des gares supplémentaires. Pour mémoire, la maîtrise du déplacement automobile était un des objectifs majeurs présenté aux habitants.

Le premier problème aujourd’hui qui nuit depuis tant d’années au bien commun est simple. Les communes sont en position concurrentielle alors qu’elles font pourtant partie d’une intercommunalité. Résultat, les maires s’opposent à tout projet dont ils ne perçoivent pas un intérêt direct pour leurs affaires. Autrement dit, l’ensemble des 13 maires est depuis l’origine incapable de dégager l’intérêt général de ces communes autour d’un projet commun qui transcende les intérêts municipaux.

La présidence de la CAP est réduite à une animation de monsieur Loyal dans la chimère de l’unanimité ; principe rejeté par le fonctionnement de la démocratie puisqu’il ne conduit qu’au blocage et à l’immobilisme en attribuant un droit de véto. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont confié la présidence à un homme dans l’impuissance de fédérer et de convaincre. Sur ce point il semble que cette anomalie de ressources humaines ruine l’essence même d’un regroupement de communes dépassant les intérêts particuliers, en plaçant un homme inapproprié à la tête de la structure.

Mauvaise gestion des flux automobiles et congestions quotidiennes, étalement urbain, uniformisation des paysages, recul des terres agricoles, augmentation des pollutions, anarchie économique, saupoudrage d’argent public, accusations de corruption par leur « collègue » voilà le véritable bilan. Ajoutez à cela que depuis 10 ans les maires ignorent avec effronterie les recommandations de l’Etat et de la Région et l’on obtient de véritables manquements aux responsabilités publiques.

Mais qu’à cela ne tienne. Vous avez une grande piscine ludique, une voie verte, des sacs jaunes et même une distribution de compost. Ce qui compte est de croire que le principal est là.

« Le président de la CAP vous explique les grands projets 2010 »

Ce n’était pas au programme, mais nous devons relayer ici un discours récent de Claude Bérit-Débat, le président de la Communauté d’Agglomération Périgourdine (CAP). Le président s’exprime dans le numéro de février de CAP TV News. L’annonce est telle quelle :

Le président de la CAP vous explique les grands projets 2010

Voilà le passage qui nous occupe :

Le territoire de la CAP n’est pas pertinent. Il manque un certain nombre de communes qui sont situées à l’est ou autour de notre agglomération et qui ont toutes leur place dans la communauté d’agglomération que je préside. C’est une obligation qui va être faite à toutes les intercommunalités. Ca devient une de nos priorités pour ce mandat.

Je crois que tous les maires concernés, tous les présidents d’EPCI ont la même préoccupation que moi, c’est-à-dire de faire mieux à l’échelle d’un territoire pour que les citoyens puissent bénéficier des meilleurs services qu’ils sont en droit d’attendre d’une collectivité comme la notre.

Il s’agit là d’une version officielle. Et nous l’avons vu, les versions officielles sont généralement en carence de questions. Deux parties distinctes forment le corps du message :

La première nous explique que le périmètre de la CAP est mauvais et qu’il va obligatoirement être corrigé. Et que par conséquent cela devient une priorité pour la CAP de se corriger elle-même.

La seconde s’adresse aux administrés, témoignant le volontarisme mis en œuvre par les représentants pour le meilleur service possible.

Donc la qualité de ce service est subordonnée pour partie à l’amélioration du périmètre de l’intercommunalité. Jusque là nous sommes d’accords.

En contre point Sud Ouest a publié une interview du maire de Boulazac et président de la communauté de commune adjacente Isle Manoire. Concédant que le périmètre est déficient lui aussi, il adresse néanmoins un message aux communes de la CAP :

– Les charges de personnel dépassent les 50% du budget alors que lui est à 37%. En somme de quoi être efficace, considérant que les 13% restant sont justifiés politiquement et non techniquement.
– Il défend une démarche d’excellence, contre ses voisins dont il dénonce l’habitude « d’embaucher pour être agréable à X ou Y ». En passant c’est bien de corruption dont on parle.
– Enfin il note que « les intercommunalités ont généré des frais de structure sans rapport avec leur utilité sociale ».

Globalement le maire de Boulazac stigmatise un manque d’efficacité de ses voisins, peu économes en matière d’argent public, a fortiori pour embaucher les copains et les cousins. Sur le papier il semble valider le principe d’une fusion entre intercommunalités, mais se refuse concrètement de s’adonner à la gestion particulière de ses « collègues » de la CAP. Difficile de lui en faire le reproche.

:: Bérit-Débat et l’amnésie de l’excellence ::

Cet intermède étant apprécié, revenons à Claude Bérit-Débat et sa culture de l’excellence. Une question quand même. Si le président est bien conscient que le périmètre de la CAP était mauvais et que cela avait pour effet d’amoindrir l’efficacité de l’action publique. Alors pourquoi le périmètre de la CAP est tel ? Pourquoi depuis que ce diagnostic existe rien n’a changé comme si rien n’avait été entrepris ? Où serait donc cette volonté affichée il y a encore quelques lignes de rendre « le meilleur service possible » ?

Régulièrement depuis 6 années, les services de l’Etat et de la Région interpellent la CAP sur les carences de son périmètre, soit dès l’année suivant son extension officielle le 1er janvier 2003 (forme actuelle). Cela signifie que dès cette date, tous les responsables savaient que ce périmètre était mauvais.

Plus rude encore, si cette extension de 2003 était déficiente, que dire du périmètre à sa création le 20 décembre 1999 ?
Et le principal impact de ce périmètre déficient fut sur le développement urbain. Le résultat fut un développement incohérent, sans coordination ni vue d’ensemble et qui plus est nuisible à l’environnement. Chacun des présidents d’intercommunalités en porte sa part de responsabilité y compris le maire de Boulazac, qui n’est pas dispensé au prétexte que ses collègues sont nuls.

La responsabilité de cette politique incombe aux mêmes qui aujourd’hui prétendent donner le meilleur d’eux-mêmes, pour « rendre le meilleur des services ». Car si chacun était bien conscient à l’origine de la CAP de devoir faire mieux (c’est peu de le dire ainsi) alors comment justifier que nous soyons en 2010 au même niveau qu’en 2003 ?

Il y a donc de quoi affirmer aujourd’hui que les rivalités d’égo, les jeux de pouvoirs, les stratégies politiques, sont directement liés aux incuries présentes. Toute forme de réflexion technique et objective, pour rendre le meilleur service, n’aurait jamais abouti au périmètre actuel, inchangé depuis plus de 7 ans.

:: La communication du désastre ::

C’est plutôt pour éviter de perdre la face et de passer pour un incapable que le président de la CAP prétend aujourd’hui s’afférer à la rationalité du périmètre. Car il sait pertinemment qu’avec la loi sur les collectivités territoriales l’Etat va faire valoir son autorité pour mettre de l’ordre. Et qu’il vaut mieux faire volte-face pour anticiper cette échéance plutôt que d’être mis devant le fait accompli.

Car oui, ces responsables (largement rémunérés) souffrent d’être politiquement incapables. Le meilleur service à rendre aurait été d’agir pour modifier le périmètre depuis son extension en 2003. Il aurait été aussi de faire un Schéma de Cohérence Territoriale –SCOT- et enfin de développer une vision globale des enjeux du territoire.

Rien de cela n’a été fait. Le Plan de Déplacements Urbains est un alibi qui cache mal ces manquements. L’Etat insiste pourtant lourdement sur la question dès 2004, rappelant la règle relative à loi « Solidarité et Renouvèlement Urbain » du 13 décembre 2000. Non seulement la CAP a menti en affirmant réfléchir au futur SCOT, mais le remplacer (pour gagner du temps ?) par un Plan de Déplacements Urbains –PDU- est une filouterie. Et c’est loin d’être le meilleur service rendu à la population.

A l’heure actuelle la situation est plutôt celle-ci:

– Non respect de la loi SRU et absence de SCOT demandé depuis 10 ans

– Manque d’anticipation sur la construction de l’A89 et retard dans le développement

– Absence de stratégie globale et émiettement des projets: préjudice environnemental et étalement urbain non maîtrisé

– Aucune vision concertée sur le développement territorial et l’urbanisme

– Saupoudrage de financements publics et uniformisation des paysages

Voilà pour l’essentiel. Il est possible de s’en tenir là. La suite sert à étayer ce qui est avancé en détaillant les rapports de l’Etat sur la question. On rentrera dans le détail du périmètre intercommunal, de l’ensemble du bassin de vie, de l’A89 et de Cre@vallée.

:: Situation géographique ::

Les voies de communication humaines se sont greffées d’est en ouest sur la voie naturelle, la rivière ; l’Isle. Voie romaine, chemin de fer, RN 221 et enfin l’autoroute A89. Ce corridor de communication est le plus important du département et sa principale artère d’échanges.

carte_dordogne.jpg

:: Les 3 intercommunalités en concurrence ::

D’ouest en est, CC Astérienne Isle et Vern, CA Périgourdine, CC Isle Manoire en Périgord. Elles sont toutes les trois articulées autour de ces mêmes voies de communication.

ccca.jpg

:: La rationalité d’un périmètre intercommunal ::

Les communautés d’agglomérations sont issues de la loi du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale.
La détermination d’un périmètre cohérent est définie ainsi par les services de l’Etat :

La communauté est appelée à organiser l’agglomération, constituant un ensemble structuré autour d’un bassin d’emploi, possédant une homogénéité économique et sociale. Le périmètre pertinent recouvre les communes appartenant à un bassin d’emploi, de vie, une zone de chalandise ou de services. Il inclut l’ensemble des espaces constituant un enjeu pour le développement maîtrisé des territoires, au plan de l’aménagement de l’espace, du développement économique, ou de la gestion des services publics.

C’est sur cette base (entre autre) que les préfets seront prochainement amenés à évaluer ces périmètres en vertu d’une autorité nouvelle conférée par la loi sur les collectivités territoriales. Chacun sait pourtant que le périmètre des intercommunalités périgourdines n’est pas le résultat des ces critères. Au contraire, la carte des intercommunalités locales a été dessinée selon les alliances politiques, les compatibilités d’égos et les intérêts strictement politiciens.

:: Rapport CRC du 15 juillet 2004 ::

En l’espèce, les syndicats exercent des compétences de la CAP, ce qui nuit à la cohérence de l’intercommunalité et n’en simplifie guère le fonctionnement.

En préalable, la chambre relève que la CAP ne s’est pas encore dotée d’un projet d’agglomération, bien que l’établissement d’un tel projet soit une obligation dans les aires urbaines de plus de 50 000 habitants.

En premier lieu, aucun schéma de cohérence territoriale (SCOT) n’a encore été arrêté à ce jour. L’élaboration des SCOT est prévue par la loi  » solidarité et renouvellement urbain  » du 13 décembre 2000. Ils doivent présenter le projet d’aménagement et de développement durable, fixant les objectifs des politiques publiques en matière d’urbanisme, d’habitat, de développement économique, de loisirs, de déplacements des personnes et des marchandises, de stationnement et de régulation du trafic automobile.

Les SCOT doivent ainsi remplacer les anciens schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (SDAU). Or, la CAP ne dispose pas d’un ancien SDAU permettant d’assurer la transition vers le futur SCOT. En réponse, l’ordonnateur a précisé que des réflexions sur l’élaboration d’un SCOT sont déjà engagées.

Par ailleurs, dans ce domaine, la CAP s’appuie toujours sur le plan des transports urbains (PTU) élaboré à l’époque du District, qui n’a pas été réactualisé depuis et qui n’englobe donc pas les six nouvelles communes. Les PTU doivent désormais être remplacés, dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, par des plans des déplacements urbains (PDU). Bien que la CAP soit en-dessous de ce seuil, la chambre note sa volonté de mettre en place un tel PDU, qui devrait prévoir l’extension du périmètre et l’amélioration de Péribus. Ce PDU devra, le cas échéant, être mis en cohérence avec le SCOT.

:: CRC Rapport du 02 décembre 2008 ::

Depuis son élargissement en 2003 à 6 nouvelles communes, la CAP inclut 13 communes, avec une population totale avoisinant 70 000 habitants. Pour autant, l’extension du périmètre opéré en 2003 n’a pas encore permis à la CAP d’atteindre son périmètre optimal.

En effet, des études réalisées dès 2002 sur la base de critères mesurant l’influence du pôle urbain de Périgueux sur les quarante cinq communes environnantes ainsi que sur l’existence d’enjeux partagés avaient mis en évidence un noyau de cinq communes qui, au regard de ces analyses, auraient le plus vocation à rejoindre la CAP.

L’idée d’une réflexion approfondie sur une éventuelle fusion de la CAP avec la communauté de communes de l’Isle Manoire a été évoquée, mais cette perspective n’a guère connu d’évolution à ce jour.

Une telle situation, qui complique l’organisation institutionnelle, ne semble pas conforme à la logique devant en principe présider à la création de syndicats mixtes, lesquels ne sauraient avoir pour objectif de pallier l’absence de pertinence des périmètres de l’intercommunalité.

Cette situation concerne notamment l’élaboration du Schéma de cohérence territoriale (SCOT).De tels schémas, institués par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains n°20001208 du 13 décembre 2000, sont des documents d’urbanisme régis par les articles L.121-1 à L.122-19 du code de l’urbanisme. Ils constituent des documents stratégiques opposables, qui doivent être compatibles avec, entre autres, les programmes locaux de l’habitat, les plans de déplacements urbains, les schémas de développement commercial ou encore les plans locaux d’urbanisme.

Le périmètre du SCOT de l’agglomération périgourdine a été arrêté par le Préfet le 21 décembre 2001. Il inclut la CAP, la communauté de communes d’Atur-Marsaneix-Saint Pierre de Chignac et 40 autres communes. Le précédent rapport d’observations définitives de la Chambre indiquait que le SCOT n’avait pas été élaboré. Or, cette situation n’a toujours pas évolué depuis, en raison de l’impossibilité, à ce jour, de créer le syndicat mixte qui devrait être chargé de son élaboration.

:: Porter à connaissance des services de l’Etat pour le PDU de novembre 2006 ::

Le territoire d’étude retenu englobe 54 communes, correspondant à l’aire urbaine de Périgueux associée à l’unité urbaine de St Astier. Ce territoire tient compte des attractions de l’agglomération de Périgueux. Il est pratiquement similaire à celui arrêté en décembre 2001 par le préfet de Dordogne pour le Schéma de cohérence territoriale (SCOT). Le périmètre du SCOT a été fixé mais il n’y a pas de syndicat d’étude constitué à ce jour pour conduire l’élaboration du projet.

La nécessité d’articuler la planification des transports avec celle de l’aménagement urbain est une évidence qui nécessite cependant d’être rappelée.

Après consultation des collectivités, la délimitation du territoire du SCOT a fait l’objet d’un arrêté préfectoral de décembre 2001. Le consensus s’est réalisé pour un territoire de 50 communes qui correspond à peu près au territoire de l’aire urbaine de Périgueux. La notion d’aire urbaine définie par l’INSEE est basée sur les relations d’échanges des actifs avec le pôle urbain. C’est donc un territoire pertinent pour réfléchir sur la question de l’organisation des déplacements. Bien que les réflexions sur le projet de territoire du futur SCOT ne soient pas avancées en 2006, faute de syndicat d’étude, la DDE de Dordogne a cependant réalisé plusieurs études portant sur l’habitat, le paysage et l’environnement qui ont été diffusées et peuvent alimenter les réflexions sur le PDU.

Le PDU n’est pas un outil de planification urbaine mais il peut contribuer à relancer le débat pour que s’engage rapidement le futur schéma de cohérence territoriale.

Les tendances à l’œuvre sur le territoire de l’aire d’étude ne sont pas favorables aujourd’hui à une amélioration de la situation que connaît l’agglomération : bien au contraire, du fait de l’absence de document de cadrage, tous les ingrédients sont réunis pour une poursuite de l’étalement urbain et une concentration des commerces. L’émergence de zones nouvelles autour des échangeurs pose la question de leurs relations avec l’agglomération. Dans ce contexte, l’offre actuelle de transport collectif même si elle a connu des améliorations sensibles, risque fort d’être insuffisante pour contenir la croissance des déplacements. Il est donc nécessaire de mobiliser tous les moyens à la disposition du PDU pour aller plus loin.

:: Rapport de la DRE d’août 2009, interaction autoroutes territoires ::

L’étude s’est donc particulièrement intéressée aux effets d’opportunités liés aux nouvelles conditions créées par la réalisation de l’A89 : meilleure accessibilité, restructuration de l’espace, aménagement du territoire, développement économique et social. Elle a consisté à évaluer les effets de la mise en service de l’autoroute A89 sur le développement économique et urbain de l’agglomération de Périgueux.

La zone d’étude, qui représente 90 % de la population de l’aire urbaine de Périgueux
regroupe :
• La Communauté d’Agglomération de Périgueux,
• La Communauté de Communes Astérienne Isle et Vern,
• La Communauté de Communes Isle Manoire.
Cependant, aujourd’hui encore, force est de constater que l’augmentation de l’accessibilité et de la mobilité n’ont pas forcément rimé avec attractivité et synergies territoriales.

L’évolution de l’occupation de l’espace par le bâti à usage résidentiel traduit certes le dynamisme des constructions de logements depuis une dizaine d’années, mais souligne aussi l’insuffisante maîtrise de l’étalement urbain au sein de la zone d’étude.

Si A89 permet désormais de faire la promotion du territoire de Périgueux, on peut déplorer une insuffisante anticipation vis-à-vis d’A89 et une insuffisante coordination entre acteurs du territoire, le long du tracé, et dans la zone d’étude en particulier.
Le projet d’implantation du Super U est porté par la CAP, malheureusement sans grande cohérence avec les autres zones commerciales de l’agglomération.

A l’heure actuelle, à l’échelle de la zone d’étude, l’offre en ZAE est devenue pléthorique, ce qui conduit à des phénomènes importants de concurrence territoriale. Ces effets d’A89 ne sont pas conformes aux préconisations de l’Etat qui ne souhaitait pas l’implantation systématique de ZA sur chaque diffuseur, étroitement collées à l’autoroute, afin d’éviter un saupoudrage de finances publiques et une banalisation des paysages. Enfin, on constate certains préjudices en matière d’urbanisme et de préservation du paysage.

Un projet d’implantation du Super U à proximité du diffuseur de Périgueux (zone Cré@vallée) est porté par la CAP, sans aucune réflexion collective sur la cohérence avec les autres implantations commerciales de l’agglomération.

Aujourd’hui, le territoire qui compte parmi les principales zones touristiques d’Aquitaine n’a pas connu depuis la mise en service de l’A89, le fort développement touristique espéré.

Un centre de congrès d’environ 1000 places, ainsi que plusieurs hôtels seront également créés sur cette zone desservie directement par l’autoroute… cependant ces équipements seront en service 15 ans après les premiers travaux d’A89.

A une échelle plus locale, d’autres démarches ont pu être conduites. Tel est le cas de la Communauté de Communes Isle Manoire qui a intégré, dès l’annonce de la réalisation de l’autoroute lors du CIADT du 13 avril 1987, l’arrivée d’A89 dans ses stratégies de développement au travers de projets tels que la ZAC Agora.

Le manque de vision interterritoriale, principalement dû à une vision trop locale de l’aménagement et du développement, se traduit par des projets essentiellement locaux et essaimés. Ainsi, les démarches interterritoriales afin de promouvoir des projets globaux sont insuffisantes. Cela se traduit avec force notamment par le manque de documents de planification stratégique à l’échelle supra-communale (absence de SDEC ou de SCOT par exemple) sur l’agglomération de Périgueux.

Les stratégies ou réflexions générales ont été insuffisantes. Les actions de concertation qui ont été menées se sont avérées pour certaines inefficaces car les territoires avaient déjà mis en place des stratégies de développement local.

Les acteurs du territoire n’ont pas réussi à travailler ensemble sur le secteur géographique de Périgueux. Le contexte politique explique sans doute l’insuffisante valorisation d’A89 : concurrence, manque de vision globale et partagée des acteurs.

A89 était fortement attendue. Pourtant, les acteurs politiques ont eu du mal à se mobiliser en vue d’anticiper la mise en service de l’autoroute via des stratégies de développement destinées à valoriser de façon collective la desserte par A89.

La valorisation de la desserte autoroutière doit nécessairement passer par une collaboration, une concertation entre acteurs locaux, l’émergence de stratégies, et de projets de développement économique et touristique de territoires, cohérents entre eux, mais aussi de documents de planification à une échelle inter-territoriale (SCOT).

:: Conclusion ::

Gardons dans un coin de la tête ce que le président déclarait en mai 2008, fêtant le renforcement de sa majorité après les municipales :

Les différences s’exprimeront mais elles s’appuieront sur une même analyse, de mêmes convictions. C’est un gage d’efficacité sans précédent.

Ca laisse rêveur.

La Capocratie, un truc à part

Délicieux comptes rendus des quotidiens locaux qui ont assisté hier au conseil communautaire –CAP– mettant sur le tapis le dossier de la Petite Borie. Alors que nous avions pris le temps de lister les déclarations officielles des uns et des autres, nous attendions avec impatience de pouvoir finir ce travail.

Sud Ouest et Dordogne Libre rapportent encore cette fois des visions assez différentes de l’affaire. Bruits, rumeurs et pétards mouillés d’un côté contre des verbatim de l’autre qui froissent cette interprétation câline. Quant à l’Echo de la Dordogne, il annonce sur Twitter qu’il est sur Twitter, c’est bien, mais sans aucun article en ligne, c’est original de nos jours.

Bouh ! bouh ! bouh ! Un triple bouh ! à Jean-Paul Mingasson le vilain menteur. C’est en tout cas l’avis du président sénateur Claude Bérit-Debat, propulsant un de ces concepts dont il a le secret et qui le porte au sommet de l’art discret de la poésie lyrique en politique:

Des mensonges presque diffamatoires

Stricto sensu la phrase est vide mais elle met en relief gesticulation et outrage. Qu’avons-nous pour comprendre ? Un chapelet d’invectives pour souligner la force de l’indignation. Des arguments, un rappel des faits ? Pas vraiment.
Nous allons donc reprendre le temps de poser et de comparer les différentes déclarations. En résumé, le projet de Coulounieix n’a jamais été discuté au bureau de la CAP, mais il a été décidé d’en faire un éco-pôle dans les couloirs de la CAP.

:: La position de Claude Bérit-Débat ::
Pour DL :

Car, comme Jean-François Larenaudie (qui préside la commission économique) et Jean-Pierre Roussarie (le maire de Chamiers) avant lui, il dément tout projet de galerie commerciale.

Conclusion du président de la CAP :

« Le bureau n’a jamais discuté un tel projet » , martèle le président de la Cap.

En somme, ce projet n’a jamais été discuté à la CAP. Ce que déclarait hier Claude Bérit-Débat ne relevait donc d’aucune discussion officielle au bureau de la CAP, sous-entendu en respectant les formes de débat imposées légalement à la collectivité territoriale (SO 30/01/10) :

Ils [Ndlchouette les terrains de la Petite Borie] sont intéressants sur le plan stratégique. Si la commune (de Coulounieix) change son plan d’urbanisme ça pourrait donner un écopôle comme elle le souhaite. Mais pas des commerces. Les seuls que nous avons acceptés dans ce secteur sont, après des accords politiques, en face à Notre-Dame-de-Sanilhac.

En conclusion, pour des responsables qui ne sont au courant de rien et qui n’en ont jamais discuté entre eux, qui n’ont pas défini le moindre projet… C’est déjà pas mal.

Mais si le bureau n’a jamais discuté un tel projet et que Jean-François Lareunaudie déclairait en substance ne rien savoir, alors pourquoi DL écrit-il :

Jean-Pierre Roussarie et Jean-François Larenaudie ont bien révélé qu’une étude d’une galerie commerciale a été présentée à la commune de Coulounieix-Chamiers, mais qu’elle a été tout de suite rejetée par la Cap.

Au passage, cette phrase nous indique donc que dans un premier temps, Coulounieix n’aurait pas refusé le projet, puisque pour cela, il aura fallu attendre la présentation à la CAP et in fine son rejet.

:: Les éléments nouveaux et le numéro complémentaire ::

Il y a cependant des éléments nouveaux. Le premier, est pour SO que le président remet les pendules à l’heure avec le maire de Coulounieix-Chamier, Jean-Pierre Roussarie:

Je rappelle que c’est la CAP qui a la compétence économique

Et oui, car nous l’expliquions, la mairie de Coulounieix a mené seul dans son coin, délibérations en conseil municipal à l’appui, une manœuvre en son nom qui impliquait l’ensemble de la communauté d’agglomération. Cette décision portant sur l’urbanisme faisait fi alors des compétences économiques de la CAP.
.

Autrement dit, le président de la CAP lâche son vice-président, car ce dernier, en tant que maire, déclarait le 06 octobre 2009 en conseil municipal:

J’ai obtenu du Président de la C.A.P, Claude BERIT-DEBAT, la création d’une cellule de CONCERTATION ouverte et agissante comme force de proposition avec l’ensemble de nos partenaires.

Où est donc passée cette cellule de concertation puisqu’aujourd’hui la CAP nie en bloc d’avoir discuté de ce projet et rappelle à l’ordre la commune sur des compétences qu’elle n’a plus ?

Il y avait bien un projet de galerie commerciale. Ce projet a été présenté à la CAP. Il a été rejeté, mais sans que le bureau n’en ait jamais discuté « martèle » le président. Et sans jamais, officiellement, que la cellule de concertation ne voit le jour.

Le second élément, c’est ce que confirme aujourd’hui Jean-François Larenaudie, contraint de sauver les meubles en lâchant son collègue :

un projet monté dans son coin sans en parler à la CAP

Alors de quel projet s’agit-il ? De la ZAC ? Impossible, la délibération est en ligne sur le web, on voit mal le vice-président au développement économique ignorer une telle décision. De la révision du PLU ? Impossible, il suffit de téléphoner au service d’urbanisme de la mairie de Coulounieix pour savoir que cette révision débutera le 03 février 2010.

Du projet écopôle ? Si c’est le cas c’est intéressant puisque son existence était non dévoilée par la CAP jusque là. Et il est tout frais, puisque le 06 octobre 2009 Jean-Pierre Roussarie n’évoque en rien une telle structure devant son conseil municipal. Au contraire, il défend un projet qui comprend bien des surfaces commerciales :

Monsieur le maire rappelle que la commune souhaite favoriser l’accueil d’activités économiques complémentaires à « Cré@valléeNord », avec des pôles d’activités et de commerces dédiés.

Enfin Jean-Pierre Roussarie est officiellement mis en garde sur la légitimité de son action vis-à-vis de la CAP, ce que lui déclare Patrick Capot (qui anticipait alors les propos de Claude Bérit-Débat) :

Prétendre que ce projet sera mené en concertation avec la CAP c’est en réalité faire son procès en matière de compétence économique : si chaque commune agit comme vous le faites et cultive son pré carré en matière économique c’est faire marche arrière sur cette compétence partagée !

Il y a avait bien un projet d’implantation de surfaces commerciales. Et il y avait dès l’origine un problème de compétences, autrement dit de légalité dans cette action, ou à tout le moins de légitimité et de transparence.

.

:: La Capocratie et la démocratie ::

A moins que Jean-Pierre Roussarie ne mente, avant le 06 octobre 2009, Claude Bérit-Débat avait été informé par son vice-président à la CAP de son projet. Le président avait alors donné son accord pour créer une cellule de concertation au sein de la CAP pour traiter précisément ce projet.

.
Mais trois mois plus tard, les déclarations fin janvier de Jean-Paul Mingasson montrent que :
– Ou bien cette cellule n’a jamais été créée et seule la tête de l’exécutif à la CAP savait ce qui se passait. En l’occurrence aujourd’hui Claude Bérit-Débat fait valoir la décision de l’éco-pôle contre le projet de surfaces commerciales du maire de Coulounieix.
– Ou bien cette cellule de concertation a été créée, mais dans ce cas en dehors des règles démocratiques et légales régissant une collectivité, puisque il n’y a nulle part mention de son existence officielle.

.
Mais dans les deux hypothèses, il y a clairement un déficit de limpidité dans l’action publique. Cette opération de ZAC, portant sur 20 ou 30 hectares de terrains qu’une révision du PLU va requalifier en Zone à Urbaniser n’est pas anodine. Le débat d’y implanter des commerces ou des entreprises n’est pas sans impact et sans intéresser l’ensemble du bassin de vie, a fortiori les représentants de la CAP qui ont été élus.

Aucune commission intercommunale n’a été saisie de ce dossier. Son traitement, depuis au moins le mois d’octobre 2009, est discret et à tout dire officieux, en marge du débat officiel de la collectivité. Cette opération était largement connue. Et puisque ses caractéristiques ont été tranchées par le président, en faveur d’un éco-pôle, c’est qu’il y a bien eu débat, discussion, présentation du projet, etc.

Les capocrates savaient. Et les capocrates ont décidé. Mais la Capocratie, en l’espèce, n’a pas utilisé tous les moyens que la République met à disposition pour l’organisation de la démocratie locale.

.
– Le Vice-Prédident Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville (M. Roussarie) a dissimulé un projet majeur pour l’agglomération au Vice-Président Chargé du Développement économique et TIC, (M. Larenaudie), c’est ce qu’il dit.
.

– Pourtant le Vice-Président Chargé du Développement économique et TIC assure que ce projet lui a été présenté, ainsi qu’il l’a lui-même refusé « pour protéger les commerces de Périgueux ».

.
– Le Président (M. Bérit-Débat) ouvre ses faveurs à un éco-pôle plutôt qu’ à des surfaces commerciales, c’est ce qu’il dit. Et ceci officieusement, c’est ce qu’il ne peut qu’admettre.

.

– Le Président accuse le Vice-Président Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville d’avoir abusé des compétences économiques d’une commune contre l’intérêt de l’intercommunalité, c’est ce qu’il dit.
.

– Pourtant le Vice-Prédident Chargé des Grands projets routiers et entrées de ville affirme depuis octobre 2009 que le Président lui a donné son accord pour créer une cellule de concertation intercommunale.

Oui, ils se donnent des titres à rallonge avec des majuscules partout, le capocrate est corporate.
Mais enfin quel spectacle que la Capocratie. Y avait-il besoin, dans la démocratie locale voulue par Claude Bérit-Débat, de tant de contradictions et de dissimulations ?

Ce type de gestion ne doit pas convaincre Jacques Auzou de réintégrer le bercail. Ca doit même faire froid dans le dos.