De l’art de faire perdre le temps des autres…

Tout a commencé quelques jours avant le 6 février, date annoncée de la commission des finances. Je feuillette les rapports que la municipalité m’a adressés et je tombe sur l’annonce de l’augmentation des droits de place des forains. Tiens, me dis-je, encore les petites entreprises qui trinquent !

Périgueux, une fête foraine permanente (spécialisation tourniquet)

Je me gratte la tête en me demandant  ce que peut bien vouloir dire « les tarifs actuels, adoptés par le conseil municipal le 22 juin 2011, ne sont pas adaptés pour les fêtes foraines d’une durée inférieure à 20 jours » ( adaptés à qui, adaptés à quoi ?). Cette introduction sibylline précédait le rappel  les tarifs au m² applicables en 2011 et la nouvelle grille des tarifs pour 2012, dont certains étaient notés forfaitaires hebdomadaires.

Comme de coutume, je m’attèle à mon tableur et commence à faire les calculs. Après une heure de travail, je fais des bonds en constatant les augmentations faramineuses qu’impliquait cette future décision.  Le 6 février au soir, lors de la Commission, je fais part de mon étonnement à son président, qui à ma grande surprise, s’en étonne également. Le lendemain on m’annonce par mail qu’il s’avèrait que les tarifs forfaitaires n’étaient pas hebdomadaires mais concernait la durée de la fête.

Je recommence donc mes calculs pour le Conseil Municipal du 14 février . Et je constate que si les tarifs des grandes fêtes régressent du fait des redevances forfaitaires, il n’en n’est pas de même pour les petites fêtes. Là ça passe du simple au double, voire à presque triple. Exemple, ceux qui devaient payer 75 € en paieront 150…

J’en déduis un danger pour les fêtes courtes qui risquent soit de faire fuir les forains, soit de les inciter à augmenter le prix d’une distraction fort populaire, au dépend, vous l’avez deviné, des Périgourdins. Cela ne collait pas avec les déclarations du Maire qui constatait (fort justement) à quel point les revenus des Périgourdins étaient minces.

J’ai donc fait part de mes conclusions au conseil municipal le 14 février(soit dit en passant, j’espère que les amoureux auront passé une bonne Saint Valentin, petits veinards !). Il m’a été répondu (façon « mais vous n’avez rien compris !) que les tarifs 2011 n’avaient été appliqués qu’aux fêtes de Noël. Que l’on veut changer les règles du jeu avant Carnaval car Carnaval de 2011 avait été facturé aux tarifs 2010. Donc en comparaison, les tarifs proposés pour 2012 sont très favorables et que les forains sont d’accord.. Ah bon ? Mais sur ma feuille de route de conseillère-municipale-qui-se-fit-à-ce-qu’on-lui donne, on parle uniquement des tarifs de 2011.

Et j’ai compris pourquoi les forains avaient approuvé. On ne leur avait par parlé des tarifs votés en juin 2011. Bin nan ! Sinon, ils y auraient vu leur avantage et n’auraient certainement pas été d’accord.

Suivez moi bien : en mars 2010, la nouvelle municipalité avait reconduit les tarifs 2009. Puis en juin 2011, se penchant un peu plus sur la question, elle s’est dit qu’elle allait inventer une grille de tarifs beaucoup plus simple sur le mode progressif, par m² et par jour. Comme ça plus c’est long, plus ça rapporte.

Mais (oups) ils s’aperçurent vite, après Noël, que cette simplicité n’était guère lucrative pour les fêtes de courte durée,  notamment Carnaval. Ils ont donc inventé un classement un peu comme avant en fonction de la taille des manèges mais beaucoup plus détaillé et incluant la durée des fêtes.

Comment faire pour  ne pas essuyer les foudres des forains ? Bon sang, mais c’est bien sûr. Il suffit de ne pas leur parler des nouveaux tarifs. On leur présenta donc le projet de la nouvelle grille en la comparant uniquement avec les tarifs 2010 ! Vous me suivez ? En mars, la grille de juin n’était pas encore adoptée… Donc, les forains ne pouvaient se rappeler que de la facture basée sur les tarifs 2010… Et là, miracle, au lieu d’une augmentation, c’est une baisse générale des tarifs qu’on leur annonça pour 2012. (Baisse conséquente pour les « grands manèges » et légère pour les petits).

C’est comme si on vous disait : vos légumes sont chers ? Mais non, ils ont baissé comparé à ce qu’ils vous coûtaient il y a deux ans !

Et voilà comment on perd son temps lorsqu’on est conseiller municipal. On nous envoie des documents approximatifs,  on bidouille, on embrouille, on ne nous dit pas tout… Et à mon avis, ça n’est pas fini et  nous ne sommes pas les seuls.

« Faut-il réévaluer la spéculation astro-mythologique de Freud dans son approche structuraliste de la psychosomatique fliessienne ? » Réponse : « Ah ça dépend. »

Desproges

Le CLAP vu par Moyrand, Dordogne Libre applaudit des deux mains

On pensait passer à autre chose. Et puis Dordogne Libre s’enflamma. En bon et loyal partenaire officiel du CLAP et de la mairie, le journal triomphait : « Michel Moyrand démonte point par point les attaques contre CLAP ».

Heureux de mettre en avant « la transparence » du maire, le journal local a foncé dans le tas. En conseil municipal, le maire a « détaillé », « justifié » et montré qu’il avait bien raison. Na !

En gros notre petit journal local a fait ce qu’on attendait de lui : servir les intérêts politiques au pouvoir.

Mais les choses ne sont pas si « transparentes » et « justifiées » que nos journalistes de choc voudraient le faire croire dans leur compte rendu.

Car les dires sur lesquels ils fondent leur compte rendu de conseil proviennent surtout d’un document public. Ce document le voilà : « La lettre de Moyrand pour sauver le CLAP et Theodorides »

Chacun pourra ainsi se faire son idée, non d’après des fabricants d’opinions, mais d’après des informations non transformées, brutes.
Une fois ce document proposé à la lecture, quelques remarques…

Alchimie #1: un déficit qui se transforme en recette (mais après)

Le déficit de 18 435 € est confirmé. Mais ce n’est pas vraiment un déficit. Dordogne Libre qui dit faire un compte rendu du conseil municipal (ORAL mais écrit), ressort presque trait pour trait une phrase contenue dans le document (ECRIT).

Dordogne Libre aurait entendu le 29 novembre en conseil :

« qui s’explique par le fait que des dépenses ont été engagées sur l’exercice 2010 avec des recettes à ne percevoir qu’en 2011 »

Quand à la version du document :

« L’association Sinfonia avait en effet un déficit de 18 435 euros, qui s’explique par le fait que des dépenses ont été engagées pour la Saison des grands interprètes sur l’exercice 2010 avec des recettes à ne percevoir qu’en 2011 ».

L’essentiel c’est d’y être. Il s’agit bien d’un passif, mais bon, après, ça gagnera de l’argent. En réalité, juré craché, c’est une recette déguisée en passif. Alors ce n’est pas vraiment un passif. Ok Michel c’est très clair. Alors c’est quoi ces dépenses, pardon ces futures recettes ? Mystère…

Si c’est le cas, pourquoi avoir annulé 13 000 € de concert en 2010 ? Hum ? Non parce que s’il s’agissait d’un bon plan avec de futures recettes, pourquoi sarcler dans le budget ?

Surtout qu’on apprend un truc étonnant. Pour le maire, en 2010, il fallait « réduire le déficit généré par l’absorption de l’association Sinfonia ». Faudrait savoir amigo… Parce qu’un passif qui fait des recettes, on ne le baisse pas, on l’augmente, et au taquet.

Si on récapitule, les comptes de Sinfonia ont plombé le budget musique du CLAP qui a du tailler dans le gras pour rester à l’équilibre. Par contre, ce qui était un déficit en 2010, en 2011, ça fera des bénéfices, parce qu’en réalité, c’était un super plan thune.

La personne qui a rédigé la lettre du maire a du s’arracher les cheveux. « transparent » et « détaillé » vous dit Dordogne Libre !

Alchimie #2:  transformation du passif en actif « incorporel », le retour

Mais alors attend. Du coup, si c’était en réalité un « faux » déficit. Pourquoi avoir besoin de parler d’actifs incorporels pour faire avaler la pilule et ce qui est officiellement annoncé comme de futures recettes ?

Non parce que le 17 octobre 2011, le CLAP précise bien qu’il a « estimé que cette dévolution négative a été compensée par des éléments incorporels… »

On se souvient, en octobre 2011, cette valeur immatérielle opportune, qui correspondait exactement au passif -un miracle je vous dis- c’était : (I) la valeur de la marque, (II) le savoir faire en organisation de festival de musique et (III) un fichier client de 3800 contacts.

Mais là attention. Le maire relance et pointe des trucs, des actifs immatériels auxquels les gars du CLAP n’avaient même pas pensé ! Même Theodorides en lisant ça, il a découvert des richesses dans son association, il ne s’en doutait même pas.

Ok pour la marque Michel reconnaît, on ne sait vraiment pas ce que ça vaut. Ben rien, c’est une association, pas une marque. Ca c’est mort, on oublie. Ce n’est pas un actif incorporel, merci de le confirmer.

Quand Michel multiplie les actifs incorporels comme l’autre les…

Donc Michel est allé chercher ailleurs. Au fichier clients il ajoute un fichier de 1260 mails ! Balèze !

Et un site internet ! Que en 2009 il a fait 79 000 visites ! Et alors ? Et bien 6 583 visites par mois, vous vous rendez compte ? Non ? Une mine d’or…

Les 1260 mails et les 79 000 visites, c’est totalement ridicule. Tout le monde le sait sauf Dordogne Libre qui sèche encore ses larmes de soulagement, son partenariat est sauvé.

Les partenaires particuliers de Michel, que du lourd

Alors le maire relance et allonge les actifs incorporels. Et un « réseau de partenaires économiques »… et heu… « un réseau professionnel qualifié »… et heu… « un réseau artistique constitué » !

Ouah, un réseau artistique constitué, un R.A.C. Oh la vache ! Alors ça, on ne le dit pas assez, mais c’est un actif incorporel colossal.

En ajoutant le R.P.E et le R.P.Q; rien qu’en réseau, il y en a déjà pour plusieurs batons. Alors ça, plus 6500 visites mensuelles sur le site, plus 1260 mails… Ok ?

Et bien ça ne fait toujours que  18 435 €, c’est décevant.

Alchimie #3: tout actif incorporel plongé dans la municipalité vaut 18 435 €

Le passif de Sinfonia s’élève bien à 18 435 €. Il se trouve que pour le maire de Périgueux, ce passif correspond exactement à la valeur des actifs incorporels. Michel et David se sont bien trouvés.

Mais le 17 octobre 2011, ces actifs incorporels étaient composés de :

  • La valeur de la marque « Sinfonia »
  • Le savoir faire en organisation de festival de musique
  • Un fichier client de 3 800 contacts

Le 29 novembre 2011, un mois plus tard, les actifs incorporels ont changé, mais toujours pour une valeur invariante de 18 435 €.

Bon, c’est la magie du cinéma.

Alchimie #4: déficit = future recette = actifs incorporels

D’autant que, si ce passif n’en était pas réellement un, comme indiqué au début du document, puisqu’il devait se transformer en recette, dans ce cas, pourquoi vouloir ajouter des actifs incorporels pour rattraper le montant du passif ?

Si tout cela était vrai, ou au moins sincère, alors David Theodorides serait le plus mauvais businessman de Dordogne. Ah pardon, je me trompe avec mon mauvais esprit. Il n’est guidé que par l’amour de la musique et tout ceci n’est que le fruit pur et généreux d’un altruisme désintéressé. En réalité, la dévolution de Sinfonia à la ville de Périgueux, il faudrait plus voir ça comme un don.

Allez on ferme. On saura ce que Dordogne Libre entend par « transparence » et « justification ». Ah au fait. N’oubliez pas le concours de cuisine de DL, ils sont en train de réussir leur reconversion.

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Conseil municipal du 29 novembre: une chambre d’enregistrement

En avant pour un nouveau conseil, à Périgueux, le 29 novembre prochain, 18 heures pétantes.

Accrochez-vous, voici le programme des festivités

On nous demandera de valider :

  • les décisions modificatives du budget principal et du budget de l’aéroport
  • l’attribution de subventions à des associations
  • la programmation complémentaire 2011 du Contrat urbain de cohésion sociale
  • la demande (habituelle) d’agrément de l’irrécouvrabilité de certaines créances
  • d’autoriser l’exécution de certains dépenses d’investissement avant le vote du budget principal primitif 2012 et du budget de l’aéroport
  • Des avances sur subventions de fonctionnement aux associations
  • La validation du budget primitif annexe 2012 de l’eau et de l’assainissement
  • La participation financière à l’équilibre de la ligne aérienne Périgueux-Paris et l’autorisation de signer une convention de partenariat pour 2011
  • La cession d’un bien immobilier (61 rue Victor Hugo)
  • La Taxation d’office de la taxe de séjour
  • La création de tarifs pour la location des salles de la maison de quartier St Georges
  • La simplification des tarifs dans le cadre de la mission patrimoine
  • La fixation de la nouvelle taxe consécutive à la réforme de la fiscalité de l’urbanisme
  • Le compte rendu annuel à la collectivité de l’opération Ilot 53 de la SEMIPER (bilan 2010)
  • La résiliation à l’amiable de la convention de concession passée avec la SEMIPER pour la rénovation de ce même îlot 53.
  • L’autorisation d’occupation du domaine public au profit de la SAS Avenir pour l’implantation de panneaux publicitaires
  • L’actualisation du règlement des places, foires et marchés
  • L’autorisation de signer les marchés pour l’acquisition de matériel roulant : un véhicule neuf équipé d’un bras de levage, une balayeuse de voirie
  • La signature d’un avenant au marché de maîtrise d’œuvre passé le 7 avril 2011 avec le groupement SEGURA/DUGUET/INTECH ESI CONCEPT concernant l’aménagement du futur hôtel de ville
  • L’avenant n° 1 au contrat de délégation de service public pour la production et la distribution d’énergie calorifique concernant la chaufferie bois et le réseau chaleur du Gour de l’Arche
  • La candidature à l’appel à projets « quartiers durable en Aquitaine » pour le quartier de la gare
  • La demande de subvention pour la création d’un centre social « maison de quartier haut de gare
  • Les demandes de subventions pour la 2° tranche des travaux de l’Eglise de la Cité
  • Les demandes de subvention pour l’aménagement de la dalle sportive du Gour de l’Arche
  • Le transfert du personnel municipal petite enfance à la CAP
  • La mise à jour du tableau des effectifs au 1er décembre 2011
  • La mise à disposition d’une partie du personnel municipal aux associations
  • La rémunération des agents recenseurs et coordonnateurs adjoints pour le recensement annuel
  • L’élargissement du territoire de la CAP aux communes de Sarliac, Agonac et Cornille
  • La désignation d’un représentant supplémentaire pour siéger au conseil d’administration du collège Bertran de Born
  • Le vœu du conseil municipal demandant au gouvernement de renoncer à l’amputation de 10 % de la cotisation pour la formation des agents territoriaux

Le tout sera conclu par une information sur le rapport annuel de la commission communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées.

Vous ne rêvez pas. 35 points à l’ordre du jour, un record !

Une folie douce ! La preuve, s’il en est, que le conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement qui méprise le débat. Une moyenne de 10 minutes par sujet nous obligerait à rester assis 6 heures de rang. C’est dire que l’ « on » compte bien que les sujets, et même les plus importants, soit frôlés, effleurés, survolés !

Inscrire 35 points à l’ordre du jour, c’est une manière d’épuiser les troupes, de décourager les velléités d’intervention, de couper court aux questions, de passer sous silence les autres sujets qui fâchent.

Il est fort à parier que le dernier rapport sera lu d’un œil morne, mi clos, par des cerveaux asphyxiés par l’étouffante ambiance d’une salle surchauffée, épuisés par l’hypoglycémie et la tension nerveuse.

Certains points, pourtant, méritent que l’on s’y attarde, comme les décisions modificatives des budgets, ou l’augmentation du coût des travaux de la future mairie (quelle surprise !) ; comme les retards de chantiers et le quartier de la gare (alors cette étude !?) ; comme le règlement Foires et Marchés et l’apparition de la publicité lumineuse et animée dans nos rues ; comme les subventions pour l’animation de la ville ou le rôle de la SEMIPER…

Plus l’ordre du jour est long, plus l’esprit doit rester en alerte, aiguisé et vigilant. C’est sans doute pour cela que nous ne disposons, pendant ces séances, que d’eau et surtout pas de café !

« L’habileté est à la ruse ce que la dextérité est à la filouterie »

Chamfort

Conseil municipal du 22 juin 2011: Le Grand Détournement

Le procès verbal du conseil municipal de Périgueux du 22 juin 2011 recèle quelques perles (télécharger le .pdf). Il est tout frais, tout chaud, il vient de sortir, c’est donc l’occasion d’en partager les meilleurs moments, d’autant qu’un des morceaux de choix était la validation du budget 2010.

On en est là. Dans Le Grand Détournement de Périgueux, Michel Moyrand a vraiment la classe américaine.

L’investissement pour Périgueux rabaissé à celui des années 2000

Des années 2000 à 2009, la dépense en équipement était en augmentation. Sur la période, l’investissement pour la ville a plus que doublé. Mais pour des motifs qui lui sont propres, Michel Moyrand a décidé pour 2010 de ramener cet investissement au niveau des années 2000.

Cette régression spectaculaire suscite quelques interrogations. Le débat d’orientation budgétaire 2010/2014 de février 2010 (pas si vieux) prévoyait une baisse, certainement pas de cette ampleur.


La justification du maire est éloquente :

« je me suis dit tiens ils vont me parler des investissements sur les trois années et je vais regarder ce qu’ils avaient fait, eux, sur les trois premières années de leur précédent mandat. Vous aviez sur vos trois premiers mandats, 2001, 2002, 2003, investi une moyenne annuelle de 779 € par habitant. Nous, nous sommes à 960 € ».

Les chiffres gouvernementaux et les données de l’INSEE ne permettent jamais d’arriver à ce résultat. Peu importe. Le fait est que cette dépense d’équipement est la plus basse depuis 2001 et qu’elle ne se justifie que par une pirouette du maire.

Forcément les caisses sont pleines. Quid du développement de la ville dans ces conditions ?

Suez augmente déjà ses tarifs sur l’eau potable. Et alors ?

Au détriment de tous ses engagements, Michel Moyrand avait reconduit le contrat de Suez dans des conditions rocambolesques à la sauce région PACA. Seul argument d’alors pour conforter sa décision : la baisse du prix de l’eau potable.

Pas de chance. Suez Lyonnaise des Eaux, comme on pouvait s’y attendre, a déjà trouvé un moyen d’augmenter ses tarifs. Cette augmentation stipule une conseillère municipale :

Pour que cette baisse des tarifs ne soit pas trop douloureuse pour les comptes de la Lyonnaise, celle-ci, s’appuyant sur votre courrier, profite de cet effet d’annonce pour faire valider une augmentation par anticipation des échéances mensuelles obligeant les consommateurs que nous sommes à faire une avance sur trésorerie au profit de la Lyonnaise.

Allô Thérèse ?

Pour répondre à cet entubage de première catégorie, le maire, en guise de réponse, laisse la place au métaphysicien :

A l’égard des grands groupes privés, je vois et je partage ce que vous dites, les grands groupes peuvent faire des dividendes et des bénéfices sur les usagers. On en est là et on peut le dénoncer voilà.

Voilà. C’est simple, le maire de Périgueux reconnaît ne pas avoir su (ou voulu) défendre les intérêts des périgourdins. Effectivement maintenant, on ne peut que le dénoncer. Mais on vous a bien niqués quand même !

La vente de la maison Estignard pour financer la nouvelle mairie

Personne n’ignore aujourd’hui que la nouvelle mairie de Michel va couter un bras. Le projet vendu pendant les élections à 1 million d’euros, puis rapidement à 3 et maintenant à 7 millions sans compter la rénovation de l’actuelle mairie absente du budget 2010/2014 va faire très mal. Pour information, cette rénovation non budgétée coûtera au minimum 2.8 M€.

L’ardoise pour la ville sera supérieure à 10M€ à l’arrivée. On peut le comparer à la dépense totale d’équipement de 2010 s’élevant à 6 M€…

En contrepartie, le maire s’était engagé à une « opération blanche ». Comment ? En se débarrassant d’autant de patrimoine communal qu’il serait nécessaire pour payer sa nouvelle mairie.

On apprend donc ainsi que la maison Estignard sera vendue et qu’elle est estimée aujourd’hui à 700 000 €. Classée aux Monuments Historiques, la maison Estignard est considérée comme un des plus importants édifices de la Renaissance périgourdine. Acquise par la ville en 1951, elle a été rénovée en 1953 et 2001 pour la toiture.

Source: http://jintrans.com/1PHOTOessay/Perigueux/Perigueux.htm

En parallèle de cette vieille casserole de maison Estignard, on apprendra que le maire juge le bâtiment de la CCI « de bon goût ».

Cette erreur historique, reniant pas moins de 800 ans d’histoire autant que les principes essentiels d’un urbanisme public, sera doublée d’une incroyable braderie du patrimoine périgourdin.

Un peu à la manière des positivistes du XIX° siècle, les périgourdins d’aujourd’hui confondent modernité et progrès. Cette confusion qui amène à violer l’histoire au nom de la modernité est la même qui a conduit à la destruction des Rues Neuves entre 1950 et 1970.

Le positivisme bourgeois qui caractérise Moyrand avec son « bon gôut » XIX° ne semble pas alerter les périgourdins, au contraire. La tâche n’en sera que plus rude pour leurs descendances.

Un nouveau poste municipal pour aider un ami du maire

Michel Moyrand créé un nouveau poste de cadre pour l’assister dans sa tache. La réponse à la question de savoir ce qui justifie une telle embauche est géniale. Simplement dit-il parce qu’il en a le droit.

En réalité, le poste fait-il l’objet d’un concours de recrutement ? Non. Car ce nouveau poste de cadre au sein du cabinet du maire n’est pas justifié par un besoin, loin s’en faut. On apprend par la suite que Michel Moyrand rend en réalité un service à un « ami ».

Cet « ami » est Pascal Bourdeau. Ayant été élu aux cantonales, il ne peut plus jouir de son poste de salarié dans la commune de Nontron. Sans emploi, il est donc embauché par Michel Moyrand. Elle est pas belle la vie ?

Le meilleur est qu’à cela, totalement décomplexé, Michel Moyrand ne disconvient nullement, bien au contraire, il confirme.

« … c’est vrai que Monsieur BOURDEAU savait qu’il prenait le risque, il ne savait pas qu’il allait être élu au départ, alors après comment cela s’est passé effectivement ne pouvant pas rester sans travail parce que l’indemnité d’élu, d’un conseiller de base n’est pas d’un niveau exceptionnellement élevé… »

Soit, c’est donc pour cette raison que la commune de Périgueux a un nouveau poste au cabinet du maire. Simplement parce qu’un pote de Moyrand, en gagnant les élections cantonales, s’est retrouvé au chômage.

On sera donc ravi d’apprendre que cet argent public, loin de se justifier par un besoin réel pour l’intérêt général, n’est utilisé que pour sortir les copains du maire de la panade.

Un dialogue surréaliste sur le principe de Peter

Nelly Perraud-Dausse y avait consacré un billet, mais le verbatim du dialogue est simplement irréel. A la tirade sur le contournement de la légalité pour embaucher son copain, Jean-Paul Mingasson commente :

« Principe de Peter »

Manifestement ignorant de ce principe, Moyrand embraye comme il peut et part en sucette :

Je ne vous réponds plus parce qu’il y a longtemps que vous êtes atteint par le principe de Peter. Vous êtes très agressif quand les choses vous dérangent.

Ok, Michel ne sait pas ce que c’est, donc joue à « c’est çui qui dit qui l’est ».

Réplique de Mingasson :

J’ai mis le doigt sur quelque chose qui fait mal.

Moyrand dans le brouillard fait diversion :

Non vous êtes un homme de mauvaise foi. Je vous le dis parce que vous utilisez cette tactique, cette stratégie à maintes reprises y compris avec le Président de la CAP, ce qui n’est pas à votre honneur.

Mingasson tombe dans le panneau :

Il m’avait insulté.

Et là Moyrand, pète gentiment un câble en direct :

Vous êtes un petit élu.

Mingasson, visiblement pris au dépourvu et piètre rhéteur s’enfonce :

C’est invraisemblable, il y a les grands élus et les petits élus.

Pour finir, Moyrand, ne comprenant toujours pas qui est ce fameux Peter qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam, justifie son indignation :

Taisez-vous. C’est vous qui dites que je suis atteint par le principe de Peter.

Nananananèreuuuuuuuuuuuu

En conclusion

« Au revoir messieurs dames. C’est ça la puissance intellectuelle »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dg41Pxm7qB4&feature=related[/youtube]

Prochain conseil municipal : un menu plutôt indigeste…

Je sais c’est dimanche mais je ne vous épargnerai pas ! Pas de raison que je sois seule face au monstre : l’ordre du jour du prochain conseil municipal du mercredi 22 juin 2011 :

Approbation du compte administratif et arrêté des comptes du trésorier municipal pour l’année 2010, budget principal et budget annexe aéroport et première décision modificative du budget principal.

1 kg de dossier, 100 pages de tableaux… On commence par le gros morceau. On y passera sans doute une heure…

Nous aborderons certaines dépenses et actes de délégation de gestion dans le détail :

  • Attribution de subventions aux associations
  • Création d’un budget annexe pour le suivi de la gestion de l’eau (par Suez)
  • Actualisation des tarifs en régie, taxes et redevances d’occupation du domaine public
  • Pré-acheminement aérien entre Bergerac et Périgueux/Bassillac
  • Prix de la ville à un(e) étudiant(e) méritant(e)
  • Nouvelle convention d’objectifs et de financement avec la CAF de la Dordogne

Nous passons aux renouvellement ou avenants aux délégations de service publique :

  • pour la restauration collective (avec l’AOL) avec signature d’un règlement intérieur de la restauration scolaire.
  • pour le stationnement payant (avec la SAP)
  • pour la fourrière automobile

Nous parlerons d’urbanisme :

  • du schéma départemental de coopération intercommunale
  • du déplacement du réseau structurant de l’assainissement au Gour de l’Arche
  • de la rétrocession de parcelles dans le cadre d’une procédure d’alignement au «Petit Paradis » rue du Puyrousseau
  • de la gestion de l’immeuble d’habitation 138 avenue du Maréchal Juin (Périgueux Habitat)

de demandes de subventions pour des projets connus ou nouveaux :

  • l’aménagement du futur Hôtel de Ville
  • une étude sur la réalisation de trois réseaux de chaleur urbains au bois
  • des études énergétiques sur 10 sites
  • la numérisation des actes d’état civil
  • la restauration d’œuvres des divers musées de la ville

Nous évoquerons

  • le legs de Monsieur NOIROT-COSSON (pour le théâtre)
  • les effectifs de la municipalité
  • l’emploi de la Dotation de Solidarité Urbaine

Nous finirons par les cerises, 3 rapports hyper importants

qu’il faudrait décortiquer et débattre mais au bout de 3 heures de réunion…

  • le rapport annuel sur la dette
  • le rapport annuel du délégataire sur les services publics de l’eau potable et de l’assainissement pour 2010 (que nous n’avons reçu qu’hier pour une approbation le 22 !)
  • le compte rendu 2009 et 2010 de Vinci Park qui a délégation de SP du stationnement payant.

Ouf, voilà. Vous avez lu jusqu’au bout ? Félicitations ! Vous avez gagné le droit d’assister, dans la chaleur et l’énervement, à cette représentation qui durera de 18 H à -sans doute-21 H 30. Je vous conseille d’apporter un sandwich et des rafraichissements !

Moi, je me contenterai d’aspirine.
Si vous voulez en parler avant, n’hésitez pas !

Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles

proverbe Africain