Conseil municipal du 22 juin 2011: Le Grand Détournement

Le procès verbal du conseil municipal de Périgueux du 22 juin 2011 recèle quelques perles (télécharger le .pdf). Il est tout frais, tout chaud, il vient de sortir, c’est donc l’occasion d’en partager les meilleurs moments, d’autant qu’un des morceaux de choix était la validation du budget 2010.

On en est là. Dans Le Grand Détournement de Périgueux, Michel Moyrand a vraiment la classe américaine.

L’investissement pour Périgueux rabaissé à celui des années 2000

Des années 2000 à 2009, la dépense en équipement était en augmentation. Sur la période, l’investissement pour la ville a plus que doublé. Mais pour des motifs qui lui sont propres, Michel Moyrand a décidé pour 2010 de ramener cet investissement au niveau des années 2000.

Cette régression spectaculaire suscite quelques interrogations. Le débat d’orientation budgétaire 2010/2014 de février 2010 (pas si vieux) prévoyait une baisse, certainement pas de cette ampleur.


La justification du maire est éloquente :

« je me suis dit tiens ils vont me parler des investissements sur les trois années et je vais regarder ce qu’ils avaient fait, eux, sur les trois premières années de leur précédent mandat. Vous aviez sur vos trois premiers mandats, 2001, 2002, 2003, investi une moyenne annuelle de 779 € par habitant. Nous, nous sommes à 960 € ».

Les chiffres gouvernementaux et les données de l’INSEE ne permettent jamais d’arriver à ce résultat. Peu importe. Le fait est que cette dépense d’équipement est la plus basse depuis 2001 et qu’elle ne se justifie que par une pirouette du maire.

Forcément les caisses sont pleines. Quid du développement de la ville dans ces conditions ?

Suez augmente déjà ses tarifs sur l’eau potable. Et alors ?

Au détriment de tous ses engagements, Michel Moyrand avait reconduit le contrat de Suez dans des conditions rocambolesques à la sauce région PACA. Seul argument d’alors pour conforter sa décision : la baisse du prix de l’eau potable.

Pas de chance. Suez Lyonnaise des Eaux, comme on pouvait s’y attendre, a déjà trouvé un moyen d’augmenter ses tarifs. Cette augmentation stipule une conseillère municipale :

Pour que cette baisse des tarifs ne soit pas trop douloureuse pour les comptes de la Lyonnaise, celle-ci, s’appuyant sur votre courrier, profite de cet effet d’annonce pour faire valider une augmentation par anticipation des échéances mensuelles obligeant les consommateurs que nous sommes à faire une avance sur trésorerie au profit de la Lyonnaise.

Allô Thérèse ?

Pour répondre à cet entubage de première catégorie, le maire, en guise de réponse, laisse la place au métaphysicien :

A l’égard des grands groupes privés, je vois et je partage ce que vous dites, les grands groupes peuvent faire des dividendes et des bénéfices sur les usagers. On en est là et on peut le dénoncer voilà.

Voilà. C’est simple, le maire de Périgueux reconnaît ne pas avoir su (ou voulu) défendre les intérêts des périgourdins. Effectivement maintenant, on ne peut que le dénoncer. Mais on vous a bien niqués quand même !

La vente de la maison Estignard pour financer la nouvelle mairie

Personne n’ignore aujourd’hui que la nouvelle mairie de Michel va couter un bras. Le projet vendu pendant les élections à 1 million d’euros, puis rapidement à 3 et maintenant à 7 millions sans compter la rénovation de l’actuelle mairie absente du budget 2010/2014 va faire très mal. Pour information, cette rénovation non budgétée coûtera au minimum 2.8 M€.

L’ardoise pour la ville sera supérieure à 10M€ à l’arrivée. On peut le comparer à la dépense totale d’équipement de 2010 s’élevant à 6 M€…

En contrepartie, le maire s’était engagé à une « opération blanche ». Comment ? En se débarrassant d’autant de patrimoine communal qu’il serait nécessaire pour payer sa nouvelle mairie.

On apprend donc ainsi que la maison Estignard sera vendue et qu’elle est estimée aujourd’hui à 700 000 €. Classée aux Monuments Historiques, la maison Estignard est considérée comme un des plus importants édifices de la Renaissance périgourdine. Acquise par la ville en 1951, elle a été rénovée en 1953 et 2001 pour la toiture.

Source: http://jintrans.com/1PHOTOessay/Perigueux/Perigueux.htm

En parallèle de cette vieille casserole de maison Estignard, on apprendra que le maire juge le bâtiment de la CCI « de bon goût ».

Cette erreur historique, reniant pas moins de 800 ans d’histoire autant que les principes essentiels d’un urbanisme public, sera doublée d’une incroyable braderie du patrimoine périgourdin.

Un peu à la manière des positivistes du XIX° siècle, les périgourdins d’aujourd’hui confondent modernité et progrès. Cette confusion qui amène à violer l’histoire au nom de la modernité est la même qui a conduit à la destruction des Rues Neuves entre 1950 et 1970.

Le positivisme bourgeois qui caractérise Moyrand avec son « bon gôut » XIX° ne semble pas alerter les périgourdins, au contraire. La tâche n’en sera que plus rude pour leurs descendances.

Un nouveau poste municipal pour aider un ami du maire

Michel Moyrand créé un nouveau poste de cadre pour l’assister dans sa tache. La réponse à la question de savoir ce qui justifie une telle embauche est géniale. Simplement dit-il parce qu’il en a le droit.

En réalité, le poste fait-il l’objet d’un concours de recrutement ? Non. Car ce nouveau poste de cadre au sein du cabinet du maire n’est pas justifié par un besoin, loin s’en faut. On apprend par la suite que Michel Moyrand rend en réalité un service à un « ami ».

Cet « ami » est Pascal Bourdeau. Ayant été élu aux cantonales, il ne peut plus jouir de son poste de salarié dans la commune de Nontron. Sans emploi, il est donc embauché par Michel Moyrand. Elle est pas belle la vie ?

Le meilleur est qu’à cela, totalement décomplexé, Michel Moyrand ne disconvient nullement, bien au contraire, il confirme.

« … c’est vrai que Monsieur BOURDEAU savait qu’il prenait le risque, il ne savait pas qu’il allait être élu au départ, alors après comment cela s’est passé effectivement ne pouvant pas rester sans travail parce que l’indemnité d’élu, d’un conseiller de base n’est pas d’un niveau exceptionnellement élevé… »

Soit, c’est donc pour cette raison que la commune de Périgueux a un nouveau poste au cabinet du maire. Simplement parce qu’un pote de Moyrand, en gagnant les élections cantonales, s’est retrouvé au chômage.

On sera donc ravi d’apprendre que cet argent public, loin de se justifier par un besoin réel pour l’intérêt général, n’est utilisé que pour sortir les copains du maire de la panade.

Un dialogue surréaliste sur le principe de Peter

Nelly Perraud-Dausse y avait consacré un billet, mais le verbatim du dialogue est simplement irréel. A la tirade sur le contournement de la légalité pour embaucher son copain, Jean-Paul Mingasson commente :

« Principe de Peter »

Manifestement ignorant de ce principe, Moyrand embraye comme il peut et part en sucette :

Je ne vous réponds plus parce qu’il y a longtemps que vous êtes atteint par le principe de Peter. Vous êtes très agressif quand les choses vous dérangent.

Ok, Michel ne sait pas ce que c’est, donc joue à « c’est çui qui dit qui l’est ».

Réplique de Mingasson :

J’ai mis le doigt sur quelque chose qui fait mal.

Moyrand dans le brouillard fait diversion :

Non vous êtes un homme de mauvaise foi. Je vous le dis parce que vous utilisez cette tactique, cette stratégie à maintes reprises y compris avec le Président de la CAP, ce qui n’est pas à votre honneur.

Mingasson tombe dans le panneau :

Il m’avait insulté.

Et là Moyrand, pète gentiment un câble en direct :

Vous êtes un petit élu.

Mingasson, visiblement pris au dépourvu et piètre rhéteur s’enfonce :

C’est invraisemblable, il y a les grands élus et les petits élus.

Pour finir, Moyrand, ne comprenant toujours pas qui est ce fameux Peter qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam, justifie son indignation :

Taisez-vous. C’est vous qui dites que je suis atteint par le principe de Peter.

Nananananèreuuuuuuuuuuuu

En conclusion

« Au revoir messieurs dames. C’est ça la puissance intellectuelle »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dg41Pxm7qB4&feature=related[/youtube]

Bas Saint Front, les confessions comptables du maire: différer n’est pas jouer

Il ne faut pas.
Il ne faut plus.
Il ne faut plus parler du projet de réaménagement du Bas Saint Front autour de la cathédrale du même nom.
Ah ? Pourquoi ?
Parce que le projet a été enterré manu militari par le maire de Périgueux, qui vient de flinguer les crédits alloués à la poursuite du projet. Le maire, contradictoirement avec ses déclarations récentes en réunions et ses engagements de campagne électorale, prouve sa mauvaise foi par des actes comptables. (Conseil municipal du 09 décembre 2008).

En section d’investissement :

Au chapitre 20 « immobilisations incorporelles » – 297 285 € dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

En justification, répondant aux questions de l’opposition, le maire n’a qu’un mot :

Parking Mauvard, vous l’avez dit vous-même, vous l’avez lu, l’étude est différée.

« Parking Mauvard ». Voilà un bien bel exemple de métonymie. Voilà que l’ensemble du projet du Bas Saint Front est réduit au terme de parking Mauvard.

Y a-t-il écrit :

  dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

Ou bien :

  dont annulation des crédits sur opération du parking Mauvard de 280 000 €.

On est bien d’accord.

Si tel n’était pas le cas, cela signifierait que les études concernant les autres parties du projet se poursuivraient.
Or ce n’est pas le cas, dans un contrat de maîtrise d’œuvre classique, cela répond d’une « suspension de mission ». A ce jour les études sont gelées, il est donc impossible d’enclencher la phase PROJET, et ainsi la consultation des entrepreneurs en vue de la réalisation.

L’engagement. L’engagement par écrit. Le maire n’hésite pourtant pas à y souscrire. N’a-t-il pas pris sa plume pour écrire, en février 2008 :

C’est avec plaisir que je vous confirme tout l’intérêt que je porte à ce quartier, à son aménagement, si nécessaire comme pour d’autres secteurs qui méritent également une grande attention.

Poursuivant :

Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

Engagement pris de réaliser les travaux pour le mois de MARS 2012 et non de commencer les travaux en MARS 2012.
Ah mais c’est vrai ! Stupide, j’oubliais que cet engagement écrit auprès d’une association représentant directement et indirectement plusieurs centaines d’habitants, s’est fait en campagne électorale…

Tout engagement écrit comptait-il pour du beurre ?

Alors, quels sont aujourd’hui les arguments que le maire oppose pour esquiver lesdits engagements ?
Autrement dit, quelle est aujourd’hui sa vision du projet et pourquoi ce dernier n’est plus digne de l’intérêt qu’il lui portait tant en campagne électorale, jusqu’à en éprouver du plaisir ?

1. Le Bas Saint Front est un projet de quartier et ce quartier n’est pas prioritaire

Sophisme municipal
Périgueux est composée de plusieurs quartiers, dont certains furent délaissés par l’ancienne municipalité et qui sont par conséquent plus prioritaires que le quartier du Bas Saint Front. De plus, ce quartier est un quartier de nantis, comparé à d’autres où le tissu social et économique est beaucoup plus fragile.

Le projet du Bas Saint Front concernant les abords de la cathédrale n’est pas un projet de quartier. En comparaison, le projet de mairie de quartier du quartier Saint Georges est un projet de quartier, (ce qui ne l’a pas empêché d’être annulé aussi).
La cathédrale Saint Front concerne et touche TOUS les habitants de Périgueux. Ce n’est tellement pas un problème de quartier que cet édifice a été classé par l’UNESCO à l’inventaire du patrimoine mondial. Le maire entend faire croire que seuls les habitants du quartier de la cathédrale s’intéressent à la cathédrale Saint Front. Cela mériterait d’être vérifié et éprouvé.
De même, le maire, pour son nouveau logo, a choisi la cathédrale Saint Front pour symbole de la ville, toute la ville. Un hasard ?

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Un projet global
Le projet du Bas Saint Front comporte des aménagements routiers, pour la régulation des flux, qui dépassent non seulement le cadre du quartier, évidemment, mais la ville également, et touche l’ensemble de la communauté d’agglomération.
De même, l’aménagement des abords de la cathédrale touche à la vie économique de l’ensemble de la cité, qu’il s’agisse du développement touristique ou des marchés de plein vent. Que l’on sache, les dividendes provenant du tourisme ne sont pas versés dans les caisses d’une association de quartier pour l’unique bénéfice des riverains, mais sont utilisés pour l’ensemble de la ville.
La pollution engendrée aujourd’hui par la mauvaise gestion des flux routiers se cantonne-t-elle uniquement au dessus du quartier de la cathédrale ? S’inspirerait-elle de son maître en la matière, le nuage de Tchernobyl ?

Le coup des nantis, une ville en forme de carte électorale
Enfin, il s’agirait d’un quartier de « nantis », donc non prioritaire. L’argument du projet de quartier ne valant rien, ce dernier s’écroule avec lui.
Et quand bien même, il faudrait voir les statistiques lui permettant de fonder ses dires.
Car en définitive, ce que le maire désigne par « nantis », c’est une catégorie de personnes dont il présume qu’en terme électoral, elle lui est moins favorable.
C’est un des problèmes pesant sur l’honnêteté intellectuelle de ses actions. Le maire n’aborde la vie communale qu’en fonction de la carte électorale des élections municipales et fonde son action en récompense des meilleurs scores électoraux. Cela induit dans sa stratégie de ne considérer Périgueux que sous un angle sectorisé, segmenté en zones électorales et en maillage de bureaux de votes, trahissant l’unité de la ville qui demeure légitime, ne lui en déplaise, à former un tout.

Politique de l’habitat
En terme de politique de l’habitat, nous savons que ce maire là, a, comme le ministre et comme ses prédécesseurs depuis 50 ans, pour objectif et devoir d’enrayer la chute de la population à Périgueux. Par l’absence de projet autour de la cathédrale, l’habitat se dégrade et les logements vacants augmentent. Il n’y aurait que le maire pour penser que le réaménagement du quartier n’aurait pas un impact positif sur les réhabilitations, les locations et les achats.

Cathédrale d’une ville, non d’un quartier
C’est donc aux périgourdins de faire comprendre au maire, même si ce n’est pas facile, que le projet de réaménagement des abords de la cathédrale Saint Front n’est pas le projet d’un quartier de la ville mais le projet de la ville toute entière. C’est à eux de faire entendre à la municipalité que sa stratégie de division et de sectorisation des habitants de Périgueux, si elle se comprend en terme de politique électoraliste et clientéliste, n’est pas, loin s’en faut, ce que les administrés peuvent en attendre.
Périgueux est une ville, les habitants font et sont cette ville, et ne se réduisent pas uniquement à des actions politiques par quartiers.
La cathédrale Saint Front EST la cathédrale de Périgueux, ce n’est pas la cathédrale du quartier Saint Front.

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2. Le projet du Bas Saint Front est un projet du ministre Xavier Darcos

Sophisme municipal
C’était un projet de Xavier Darcos. Il est à l’UMP, mais Michel Moyrand est au Parti Socialiste. Donc il n’a pas à réaliser son projet. De plus, ce projet n’était pas dans son programme de campagne, donc les périgourdins ne l’ont pas élu pour cela.

C’est un argument bien pratique pour enterrer le projet, que de mettre en avant une telle stupidité. Certes, le projet a été initié par cette équipe municipale. Mais l’ensemble des abords de la cathédrale souffre à en crever de l’absence de politique constructive depuis plus de 35 ans.
Autrement dit, tel ou tel projet n’est pas l’œuvre d’un homme, quelle que soit sa bannière partisane, cela n’a aucune espèce d’importance. Au contraire, ce serait la moindre des choses qu’un politique ait enfin le courage de s’attaquer au cœur historique de la ville, autrement qu’en le détruisant, comme l’a fait dans un geste barbare et aveugle, Yves Guéna en son temps.

Le projet des habitants
Le projet initié par l’ancienne équipe a fait l’objet de consultations et de concertations et au final, ce sont bien les habitants qui ont donné leur accord au projet présenté. Le caractère démocratique est incontestable et démontre tout l’engagement des habitants derrière le projet. Cela gêne le maire aujourd’hui. Lui qui se prétend plus démocrate, prétendant rendre la vie locale plus démocratique, alors qu’il ne fait rien, sinon accroître le service administratif de proximité. Il ne fait que confondre administration et démocratie, un détail.
Le maire se trouve confronté à un projet qui est cher aux habitants de Périgueux, non parce que c’était le projet de Xavier Darcos, mais parce que c’était leur projet.

Commission extra municipales
Il pourra bien dire qu’il a organisé des commissions extra municipales sur le projet et les a présidées. Oui, c’est vrai.
A la première commission, en somme, le maire s’est fait expliquer le projet dans les détails et a fait le point sur l’avancement des études.
A la seconde commission, il est venu présenter avec autoritarisme le découpage du projet en deux parties, en présentant l’abandon pur et simple du parking souterrain, l’aménagement de la place du Thouin, et le projet paysager allant de la place Mauvard à la rivière.
Non, en réalité, les commissions extra municipales ne lui servent qu’à gagner du temps et à préparer les habitants à l’abandon du projet. Malheureusement, il n’y a pas d’élément contradictoire aujourd’hui à ce constat.

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3. Il n’y a pas les financements pour réaliser le projet du Bas Saint Front

Sophisme municipal
Les dernières études ont montré que les finances de la ville de Périgueux étaient en grand danger et que la situation était alarmante. Par conséquent, il faut réduire les investissements pour retrouver un niveau d’autofinancement satisfaisant. D’où la nécessité de ne réaliser des projets que s’ils sont ultra prioritaires.
Ne considérant pas que le projet du Bas Saint Front soit dans cette catégorie, il doit être différé jusqu’à retrouver la capacité de le financer.

Périgueux, sur le plan économique, se situe aujourd’hui dans la moyenne de sa strate nationale. Passons.
Admettons qu’il faille être particulièrement vigilant sur les investissements, plus qu’à d’autres périodes, ce qui se comprend au regard de la conjoncture économique et sociale.

 Le fait du Prince
Ce n’est qu’en cet endroit qu’il dévoile réellement son choix en tant que décideur politique : la priorité accordée au projet du Bas Saint Front est inférieure, loin s’en faut, à celle de Son Déménagement de la mairie. Evidement, cette analyse politique est discutable, dommage qu’elle ne soit pas opposable, nous serions sur d’obtenir raison devant un magistrat.
Car en réalité, le maire déclare que tout projet doit faire l’objet d’une analyse financière poussée avant d’être engagé. Sauf celui du déménagement d’une mairie qu’il confond de trop près avec sa propre propriété. Ce dernier projet est annoncé avec force manchette, mais sans avoir fait l’objet d’aucune justification financière.
Le fait du Prince, c’est ça. La différence dans le traitement et la rigueur budgétaire est un privilège qu’il s’octroie, car pour son projet, il y aura toujours assez d’argent, rien ne sera trop beau.

Définition des priorités et déni de démocratie locale
Son Déménagement de la mairie n’a pas un caractère d’urgence prioritaire, tel qu’il impacterait positivement sur les finances de la ville en retour sur investissement, au contraire, cela alourdira sensiblement le budget de fonctionnement. Il n’aura pas un impact positif sur la rénovation de l’habitat et l’augmentation de la population, sur la diminution de la pollution, la sauvegarde du patrimoine architectural de la ville, etc. Tout au contraire du projet du Bas Saint Front.
De même que Son Déménagement de la mairie ne sera pas au bénéfice de l’ensemble des périgourdins, mais uniquement de quelques uns, comme la centaine de fonctionnaires territoriaux concernés, (ces derniers ont ils été seulement consultés?) et les élus (et les citoyens qui se marient).
Son Déménagement de la mairie est un luxe, un projet narcissique et égocentrique, symbolique et dispendieux.
Le grand désavantage de la situation, c’est que le maire n’a que ce projet à proposer en son nom, lui permettant de laisser une trace durable de son passage, et c’est ce qui fait à ses yeux la priorité de ce projet.
Quand bien même, a-t-on vu le démocrate Moyrand parler de consulter la population pour la réalisation d’un projet de cette importance ? Pas de si tôt. Il ne fait que se dissimuler derrière son programme de campagne, comme seule justification populaire, craignant s’il en est de se confronter lui et son projet directement à la population.

Mandature à projet unique ?
Mais il ne faut pas se laisser entraîner sur cette pente, consistant à laisser croire que le projet de déménagement de la mairie est en concurrence avec celui du Bas Saint Front, comme si la ville en était au point de devoir choisir entre les deux. C’est faux, c’est une manipulation. Cette concurrence ne fonctionne que dans la mesure où le maire entend prélever des financements destinés au projet du Bas Saint Front pour faire Son Déménagement. Là s’arrête la comparaison. L’étalement sur plusieurs exercices accompagné d’objectifs et quantifications en terme de retour sur investissement permettrait de rationnellement poser le projet en terme comptable. Il le sait très bien, il le sait comme tout le monde à Périgueux.

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En conclusion

La prochaine étape est celle du budget primitif de mars 2009. Au contraire des discours, les chiffres traduiront la réalité de la politique mise en œuvre.
Il est pourtant certain de devoir en finir avec une rhétorique qui ne convainc plus personne, ou presque, peut-il encore espérer. Car c’est à prendre les habitants de Périgueux pour plus naïfs qu’ils ne sont que cette rhétorique pourrait se retourner contre lui-même.