CCI-Mairie: travaux de démolition prévus pour l’été 2011

Ca y est ! L’offre publique de marché pour la démolition de l’intérieur de la CCI est disponible. L’architecte, Paul Ségura, a donc finalisé son permis de construire… Sélectionné en fin d’année 2010 dans des conditions déplorables, le maître d’œuvre nous permet aujourd’hui de découvrir les plans d’intérieur du bâtiment (en date du 10 mai 2011).

Nous savons ainsi que la démolition doit avoir lieu cet été, ce dont on n’a pas parlé pour l’instant dans les médias. L’été aidant, festivals et concours de boules sont à l’honneur. Aucune inquiétude cependant, ils en parleront très bientôt…

Des plans sans surfaces, Segura innove

Depuis le début, le maire de Périgueux entretient le flou autour des surfaces de la CCI. Normal, sachant que le montant total des travaux devrait atteindre 6 ou 7 millions d’euros alors qu’il en prévoyait 3.7 au départ, (orientations budgétaires 2009) il n’a pas intérêt à révéler les surfaces réelles à moins de révéler un cout au m² qui va en faire frémir plus d’un.

Avec toute la rigueur budgétaire dont il se vante, le prévisionnel des travaux a augmenté de 62.5% depuis 1 ans ½. Quand on aime on ne compte pas.

On se souviendra pourtant de cette phrase passée à la postérité en septembre 2008 dans Sud Ouest :

Je suis un gestionnaire rigoureux. Je ne gaspillerai pas l’argent des contribuables périgourdins et on fera les travaux a minima. Je pense qu’on devrait en avoir pour quatre millions d’euros au maximum.

L’architecte a donc livré des plans sans la moindre indication de surface (on en trouve dans le DPGF mais tout confondu). Les entreprises de démolition devront donc déduire les surfaces concernées à partir de l’échelle (1/200ème) indiquée sur le plan en .pdf que voici ((On ne met que le RDC mais si vous voulez les autres contactez-nous))

Perigueux CCI, démolition RDC

Un permis de construire à surveiller de près

Le dépôt de la demande de permis de construire devait être pour début juin 2010. Même s’il a un peu d’avance aujourd’hui, le permis est toujours en cours d’instruction. Et même à compter de son obtention (qui vaudra permis de démolition), il faudrait compter un délai de deux mois dédié à la possibilité du recours des tiers (droit de contester le permis).

En engageant cette consultation aujourd’hui et en indiquant le début de démolition à l’été 2011, tout semble indiquer que le projet ne sera contré par aucun recours. Mieux, la démolition est peut-être bien prévue en ignorant le délai de recours.

Michel Moyrand n’est pas serein

L’enjeu est de taille. Le maire veut des travaux réalisés au 1er trimestre 2013. S’ensuivra un fastidieux déménagement et le temps imparti à la réorganisation des services. Il serait malvenu dans le calendrier électoral d’être à la bourre et d’attaquer une campagne électorale dans le bordel et les cartons.

D’autant qu’il devra supporter dans son bilan un échec majeur. Celui de voir en 2014 l’ex bâtiment de l’actuelle mairie vide. Alors qu’en 2008 il avait promis sa rénovation, les 1 800 m² du bâtiment seront déserts pendant la campagne électorale.

Il devra donc alors assumer la responsabilité de 2 problèmes :

  • Celui d’avoir traité avec la plus grande légèreté le coût réel des travaux de la CCI sous évalué de plus de 60% ! (L’argument s’appuyant sur le dilettantisme de ses prédécesseurs pour justifier le sien risque de faire long feu.)
  • Celui de n’avoir pas su, en 6 années de mandat, réaliser l’ensemble de l’opération qui prévoyait aussi de relancer l’actuel bâtiment de la mairie. (A charge pour le successeur d’éponger les incuries du mandat 2008/2014).

Moyrand, maître d’œuvre de l’UMP

Quand on sait que la paternité de l’idée de transformer la CCI en mairie revient à l’UMP, que c’est clairement un projet de Jean-Paul Daudou que Michel Moyrand aura réalisé ; ça laisse supposer des débats à venir d’une mauvaise foi hors norme.

Ajoutant à cela l’aéroport, qu’il combattait en 2008 mais revendiquera en 2014, l’attitude servile face aux multinationales, de l’eau, du BTP et de la téléphonie, la réalisation partielle du projet du Bas Saint Front signé Darcos quoi qu’on en dise… et l’abandon du projet de la gare dans la lignée de son prédécesseur… [A grands coup d’études bien sur]…

Quant à l’aménagement des boulevards (stigmatisé en 2008 comme un truc de nantis de centre-ville) ; il sera en cours à l’unique bénéfice du groupe Eiffage, (qui aura acheté 13 000 m² de domaine public) avec lequel l’UMP local entretient de très très bons rapports de voisinage.

Ainsi sera laissé au successeur le soin de finir le boulot de centre commercial place Montaigne, un projet partagé par le PS et l’UMP, de finir l’aménagement du Bas Saint Front – particulier le boulevard Georges Saumande- un projet commun également, et de continuer à pipeauter sur le quartier de la gare, un hobby partagé par tous.

Blanc bonnet et bonnet blanc devront puiser dans leur imagination pour trouver des désaccords. Mais là-dessus on peut compter sur eux.

Toujours est-il que les tartufferies à venir seront un millésime exceptionnel dans l’art politique de l’hypocrisie et du mensonge. Ils auront trois atouts majeurs:

  • Des clivages fantoches mais néanmoins traditionnels qui assurent à eux deux un monopole sur l’action publique (à toi à moi)
  • L’indifférence des électeurs pressés de se débarrasser de leurs responsabilités tous les 6 ans avec la bonne conscience du devoir accompli
  • L’abstention qui permet d’ignorer dans la vie publique ceux qui ne veulent pas être pris pour des chèvres

Ainsi les moutons seront bien gardés.

Périgueux: après sa nouvelle voiture, sa nouvelle mairie

Le maire annonce en fanfare, avec « jubilation » l’avancée obtenue pour déménager la mairie, tel que présenté aujourd’hui par les quotidiens Sud Ouest et Dordogne Libre.

Le premier thème rappelé par le maire est « chose promise chose dûe », respectivement pour SO et DL :

Cela faisait partie de mon programme, je tiens mes promesses

Ce dossier faisait partie de mon programme, je suis heureux de faire ce que j’avais annoncé

On n’en doute pas. Car sur d’autres points les mensonges sont incontestables et les promesses trahies, (comme la démocratie participative, fuie comme la peste). N’y revenons pas davantage, personne n’est dupe de cette petite politique dont après tout les électeurs sont responsables de la pérennité.

La Dordogne Libre ne semble guère se faire d’illusion en titrant d’ailleurs :

LE maire aura SA mairie à la place de la CCI

Car ce n’est que de cela qu’il s’agit au fond et non de fumeuses raisons d’intérêt général. Le maire est à ce point obsédé de marquer son passage qu’il est prêt à laisser son nom sur un des projets les plus incohérents et à contre sens de l’histoire de la ville.

D’autant que ce dernier se met à projeter son œuvre dans le futur :

C’est une opération sur 200 ans ! Et je crois qu’il y avait là une opportunité. Nous avions besoin d’espace et le bâtiment a une architecture de qualité.

Ce déplacement est historique, il y en a pour plus de deux cents ans.

C’est sur qu’il est historique ce maire. Quant à se permettre d’annoncer que la mairie sera à cet emplacement pour les deux cents prochaines années, à savoir 2209, ne lui demandez surtout pas une réponse rationnelle. Mais que l’homme confonde histoire et science fiction ne surprendra pas les plus avertis.

Pour le coup, nous allons essayer d’en faire un peu de l’histoire, pour comprendre que cet acte amorti par le terme même de « déménagement » est bien plus important qu’il n’y parait.

:: Le consulat ::
Ce bâtiment, place du Coderc, fut le lieu du pouvoir local depuis au moins le XIII °s., pendant 600 ans.
Sa destruction fut décidée en janvier 1830 sous l’administration de Jean-Baptiste VIDAL, un éphémère. Le projet fut surtout suivi par Léger COMBRET de MARCILLAC, dont on préfère le souvenir du raccordement au réseau d’eau potable à la source du Toulon.
La destruction du consulat s’inscrivait dans le projet d’ouverture de la rue des Chaînes, projet voté en 1825. Ce vaste projet avait pour but d’ouvrir une voie de communication avec la gare de chemin de fer et le quartier St Martin via le cours des Princes (boulevard Montaigne), alors en pleine expansion, une expansion que l’on décrivait alors comme durable, un « quartier des affaires » qui serait le poumon économique et commercial de la ville.
Certes, on n’en voit même plus les traces aujourd’hui, mais c’est comme ça. Les politiques sont faits pour vendre de l’éternité sur leurs passages éphémères.
Alors on expliqua que si la vieille ville ne se connectait pas à la nouvelle ville, elle péricliterait et s’effondrerait sur elle-même, ses habitants la déserteraient et ses commerces disparaîtraient. Ironie de l’histoire, c’est exactement le contraire aujourd’hui.

Et comble de cette ironie, la rue des Chaînes est amenée à devenir piétonne et fait partie des rues interdites à la circulation dans l’opération municipale Cœur Piéton, à l’instar de la rue de la République, un autre fleuron de la catégorie.
Passons. Le principal problème pour la population d’alors, qui s’en ouvrit au maire par voie pétitionnaire, fut la destruction du clocher du consulat, qui rythmait depuis des centaines d’années la vie civile de sa cloche grave et profonde. Un accord fut trouvé et la cloche continua de sonner dans la cathédrale Saint Front jusqu’en 1912, date de sa fatale fêlure.

:: La mairie actuelle ::
Car au fond, le lieu du pouvoir ne serait pas emmené bien loin, à quelques mètres, à l’emplacement actuel de la mairie. L’acquisition de ce bâtiment donna lieu à de nouveaux projets d’ouverture, celles de la rue de la République et la rue de la Mairie. La première fut l’objet d’une délibération de 1857 et la seconde de mai 1868. C’est à Jean Jules Alfred BARDY-DELISLE que l’on doit ce qu’il est convenu d’appeler à l’époque, ces « embellissements ».
Cette rue de la Mairie reliait la place de l’Hôtel de Ville avec la rue Taillefer, voie dont il serait décidé l’élargissement plus tard, en juillet 1878.
La rue de la République fut dessinée selon un axe précis, afin de créer un vis-à-vis majestueux entre la place de la mairie et le théâtre. Tout un symbole. Manque de « peau », il n’y a plus de théâtre. En matière de symbolique, les jets d’eau font tout autant l’affaire.

Dans tous les cas, ce qui a été en premier conservé, c’est la notion de place. Le bâtiment fait face à un vaste espace public sur lequel la population peut se rassembler. Sinon concrètement, c’est à tout le moins symbolique et tout aussi important. Faire face à l’espace public.

Ensuite, le lieu de la démocratie périgourdine ne fut déplacé que de quelques mètres, assurant une continuité géographique et symbolique avec le consulat. Il n’était pas apparu pertinent d’expulser le pouvoir municipal en dehors du Puy Saint Front, et surtout à l’écart, expulsé des lieux en lesquels la ville est la plus vivante et où les périgourdins ont l’habitude de se rassembler.

Enfin, le bâtiment a été dégagé et ouvert à l’espace, par l’aménagement des abords et voies de communication. Car le bâtiment ne fait pas tout, loin de là, ses abords constituant une partie de sa justification et de sa signifacation. Ce projet avait heureusement été pensé avec plus de sérieux, de connaissance de la vie publique et de l’histoire, qu’un simple « déménagement » que l’on voudrait par surcroît chiche et au rabais (rénovation 380 euros/m²).

:: La nouvelle maison de Moyrand ::
Comme tout un chacun à loisir de le remarquer, les édifices publics importants ne sont pas disposés au hasard. Ce ne sont pas des boîtes standardisées que l’on flanque au gré des opportunités. Il y a toujours un sens. Ou du moins il y en avait.
C’est le problème de ce misérabilisme culturel agissant à court terme, au gré des opportunités politiciennes, dissimulant les véritables intentions derrière des normes et des réglementations qui changent annuellement, voire mensuellement. Et c’est toujours ce problème de l’hypocrisie et de la démagogie, serviles compagnes de l’ambition égotique et l’obsession de sa propre mémoire.

Il suffit de voir ce pauvre homme en quête d’éternité, clamer que son geste « historique » prendra pied dans l’histoire de la ville pendant au moins deux cents ans !

Comment lui expliquer que pour espérer anticiper l’avenir, il faut déjà avoir deux sous d’histoire. Et qu’avant de se projeter deux siècles plus tard, il faut au moins avoir regardé et compris les deux siècles passés.
Mais non, il veut SA mairie à SON image.

Elle ne fera pas face à l’espace public, elle sera de biais. Elle ne sera pas droite, mais de travers.

Elle ne sera pas au coeur de la cité, assumant pleinement son rôle, mais à l’écart, en retrait, comme si le maire ne voulait pas qu’on l’y dérange, comme s’il ne pouvait pleinement admettre sa fonction au centre de la vie publique.

Elle ne sera pas ouverte sur la ville comme il le prétend, mais bien refermée en un coin de la cité, entre une large route et un long bâtiment de 4 étages plus haut qu’elle.

Cette mairie sera sans perspective, dissimulée au regard, confinée dans son luxe bourgeois, (« architecture de qualité »).

:: Pour plus tard ::
Au final, le manque d’intérêt des périgourdins pour ce dossier, l’absence de réactivité, (ou l’enthousiasme benoît pour plus de parking), révèle une indifférence, sinon une crise d’identité locale.

Car la volonté mise en œuvre par le maire pour se projet, (et pas de doute qu’il la mobilise toute entière), est en contrepoint de l’abandon du Bas Saint Front. Une dent creuse, un trou, comblé ça et là par quelques verrues, qui viennent orner le cimetière des Rues Neuves.
Un détail, juste un détail, montrant d’une part un acte politique sachant bien détruire mais pas construire, et d’autre part des générations de successeurs s’accommodant sans honte de cet ignoble héritage.
Il ne faut aimer décidément ni Périgueux ni son histoire, pour assumer encore avec désinvolture ce droit de succession morbide et préférer en pérenniser la honte pour se porter vers ce déménagement bling bling mettant à l’honneur sa seule gloriole.

Mais après tout, l’émotion passée, les périgourdins ne réagirent en rien contre les projets d’Yves GUENA, dont on sait bien qu’ils furent opportuns pour la rénovation de la toiture de sa propriété de Chanterac. Il en fut même réélu. De même que les hauts quartiers ne manifestèrent aucun trouble à voir rasés ceux d’en bas, ceux-là même qui pleurnichent aujourd’hui toute leur nostalgie du temps jadis. Si bien pour le maire que l’occasion à saisir n’est pas immobilière mais dans l’indifférence profonde de la population à son propre sort, tant qu’elle n’est plus concernée par ses responsabilités citoyennes.

In fine, nous devrions nous réjouir de ce projet, car il permettra, dans la longue durée, de constater à quel point le peuple périgourdin donna raison aux dirigeants de le ridiculiser et le moquer. Il n’en a pas toujours été ainsi et cela ne saurait durer éternellement.

En guise de post scriptum, nous nous souviendrons attentivement de cette phrase du maire de Périgueux, laissée à France Bleu Périgord (12/06/09) en guise de justification et de connaissance des périgourdins:

Je pense que les périgourdins seront fiers, seront fiers de leur nouvelle mairie, de leur nouvel hôtel de ville et qu’ils y seront biens pour faire l’ensemble des actes que l’on peut faire dans un hôtel de ville

Action publique municipale, analyses et commentaires d’un ancien maire de Périgueux (MAJ 18 03 09)

Il n’est pas si fréquent qu’un élu détaille, en commentaires d’un blog (non aligné), les principes de l’action publique qui ont présidé aux analyses politiques et conduit aux prises de décisions.
C’est pourtant le cas ici, de par les deux interventions de Jean-Paul Daudou, conseiller général, ancien maire et ancien adjoint de Périgueux.

Oublions deux minutes l’appartenance politique, elle n’a pas d’intérêt pour l’instant (j’espère ne froisser personne en proposant cela). Toute action politique n’est pas l’effet d’un déterminisme idéologique, a fortiori dans une ville comme Périgueux, et en particulier sur les sujets abordés.

Dans la même lignée, le but de retranscrire in extenso sous forme d’un billet complet ces commentaires n’est pas de faire valoir une action plutôt qu’une autre, mais au moins de prendre le temps de considérer les analyses pour ce qu’elles sont.
Déterminer l’objectif, produire une méthode et suivre un plan. Que la conclusion soit vraie ou fausse n’a pas d’importance en l’espèce, d’autant que seule l’expérience aurait permis de le vérifier.

Voilà, le premier commentaire rapporté ici porte sur l’analyse de la situation de la mairie et l’hypothèse de son déménagement, le second porte sur la situation financière de la ville et la contestation du bilan municipal.
Je vous entends déjà. Oui M. Daudou critique les choix politiques de l’actuelle majorité !
Mais ce n’est pas parce qu’on ne saurait s’en étonner que cela ouvre le ban à une nuée d’adjectifs stériles. Ou du moins toute critique sera bienvenue à condition qu’elle soit au moins autant étayée.

Pour information, (que de précautions aujourd’hui), les positions exprimées par M. Daudou ne sont pas idéologiquement soutenues par l’auteur de ce billet. J’entends uniquement les verser au débat, un débat dont on ressent la faiblesse, étouffé par des opérations marketing puériles. Fermez les portes en partant, merci.

:: Monsieur Daudou: La mairie, son diagnostic et les solutions envisagées ::
En 1830, date d’acquisition du bâtiment pour en faire la mairie, il était sans doute difficile de prévoir l’évolution des services administratifs. Aujourd’hui il est admis par tout le monde que le bâtiment est trop exigüe pour accueillir tous les services qui y sont installés.

Une première idée avait été d’utiliser pour extension le bâtiment limitrophe côté place du Coderc. L’étude architecturale a montré que ce n’était pas une bonne solution et qu’il valait mieux l’affecter au logement ce qui a été fait via l’office d’HLM.

Une deuxième solution fut l’acquisition du bâtiment LEHM place Faidherbe. Là encore après étude, le choix de le vendre à un promoteur a été privilégié, du fait de la nécessité d’augmenter la population de Périgueux d’autant qu’il a été revendu avec une plus value de 100%.

Troisième solution envisagée lorsque j’étais maire : La CCI, non pas pour y transférer la mairie mais à titre de complément. En effet actuellement la CCI ne dispose pas d’un nombre de bureaux équipés supérieur à ceux de l’hôtel de ville actuel (j’y ai travaillé pendant trente ans et je sais donc de quoi je parle) par contre l’espace de réunion y est plus important et l’espace à aménager également.

Les bâtiments supposent des travaux d’accessibilité importants: pas d’accès handicapé, pas d’ascenseur, des niveaux différents entre les bâtiments donc des travaux à prévoir en sus de l’acquisition. L’idée était donc de conserver l’hôtel de ville actuel pour le Maire son cabinet, son secrétariat, le conseil municipal, les adjoints et leur secrétariat, et quelques services de proximité et transférer à la CCI l’ensemble des autres services municipaux.
Le tout devant se faire après négociation sérieuse puisqu’il est très improbable que de nombreux acquéreurs se précipitent pour le bâtiment consulaire et que grâce au droit de préemption, la Ville peut se substituer à tout acquéreur au dernier prix négocié.
Cette stratégie répondait à la nécessité de donner de l’air aux services municipaux, tout en conservant l’hôtel de ville parfaitement situé au centre de la cité première et en limitant le risque financier. Dommage que la municipalité actuelle en ait décidé autrement.

:: Commentaires ::
En complément, il faudra prendre en compte la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, augmentée par décret du 17 mai 2006, (Art. R. 111-19-9): les Etablissements Recevant du Public (ERP) doivent répondre des dispositions de cette loi entre 2011 et 2015, (diagnostic et réalisation).

Il est évident dans ces conditions que ni l’actuel hôtel de ville, ni la CCI ne sont aux normes. Selon la loi, ils devront tous les deux et d’égale façon être transformés et adaptés. Dire que l’un serait plus adapté que l’autre est faux. Il suffit pour le comprendre de lire le détail des prescriptions au Code de la Construction et de l’Habitat.

Il s’agit dans les deux cas de travaux lourds, puisque cette loi doit permettre à toute personne, quelque soit son handicap, d’exercer les actes de la vie quotidienne et de participer à la vie sociale.
Dans tous les cas, ce n’est pas par volontarisme que les représentants feront des travaux dans les bâtiments publics, mais par obligation légale. Donc attention à la récupération…

Monsieur Daudou: réponse au commentaire –  14 03 09

Pour compléter mon propos, je dois dire que l’accessibilité de l’hotel de ville actuel a fait l’objet d’une étude chiffrée de la même façon que le théatre de l’Odyssée et que la commission du même nom, que je présidais, avait programmé l’étude de l’accessibilité de la ville, ainsi que l’exige la règlementation.

:: Monsieur Daudou: Orientations budgétaires ::
J’ajoute que si Michel Moyrand affirme pouvoir réaliser 60 millions d’investissements en cinq années, cela veut dire qu’il a menti sur la situation financière de la ville, qu’il aurait pu lancer les réalisations prévues sur le “bas st Front” (parking et aménagements urbains) et même l’aménagement des boulevards.
S’il l’avait programmé, il aurait en outre bénéficié du plan de relance gouvernemental (anticipation du reversement de la TVA sur investissement) ce qui représente de l’ordre de 15% du montant d’investissement des deux dernières années, ce qui aurait permis de bénéficier d’une trésorerie bien venue pour ces opérations.
Ainsi, il se confirme que l’abandon des projets urbains n’est que la conséquence de l’idéologie mal placée de la nouvelle municipalité (M. Moyrand a toujours dans le passé voté contre les aménagements urbains) ou bien de son incompétence manifeste. Dans les deux cas on peut légitimement s’inquiéter pour l’avenir.

:: Commentaires ::
La Majorité oppose aux arguments de l’ancienne municipalité que cette dernière n’avait pas budgétisé le projet. Et que dans la situation financière actuelle, elle aurait été dans l’incapacité de le financer. Accusant l’ancienne municipalité de mensonge sur la faisabilité financière de ce projet, il serait essentiel d’avoir sous les yeux une simulation comptable « réaliste », pour conclure, en présentant un plan de financement cohérent et planifié en fonction du budget Investissement.
Pour l’instant, le maire ne se dit pas défavorable au projet, mais affirme que les finances ne le permettent pas. D’où l’idée d’en reporter la réalisation et de ne faire qu’un parking à parcmètres place Mauvard à la fin du mandat.

Il y a donc nécessairement une des deux parties qui dissimule la vérité, qui demeure, faute de preuves, inaccessible. Or cette dernière n’est pas une coquetterie ou une récompense, elle est due aux citoyens par les représentants élus.

Monsieur  Daudou : réponse au commentaire – 14 03 09

En complément à la rubrique “orientations budgétaires”: Tous ceux qui ont à gérer une collectivité savent que l’on ne “budgetise” pas une opération qui doit se dérouler, donc se financer sur trois ou quatre années,car le budget est annuel. Donc en ce qui concerne le bas-St Front il n’était techniquement pas possible en decembre 2007 date à laquelle était discuté le budget 2008, de prévoir le financement d’opérations devant se dérouler de juillet 2009 à juiullet 2011, d’autant que ce n’était qu’à l’été 2009 que les appels d’offres devaient intervenir. Par contre un découpage annuel pouvait être théoriquement envisagé sur la base de l’estimation faite par le bureau d’études et ensuite, chaque année une réserve prioritaire devait être décidée au moment de l’établissement de chacun des budgets annuels. Ainsi que je l’ai dejà affirmé à plusieurs reprises, je maintiens que l’on aurait pu dès cette année 2009 prévoir au budget une première tranche de crédits au deuxième semestre.

Questions – 16 03 09

Le principe de la budgétisation étant compris. Il y a eu un appel à la vigilance de la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine concernant l’érosion « importante » de l’excédent brut de fonctionnement, la CAF brute et des questions sur le remboursement de la dette, impactant négativement sur la capacité d’emprunt. La CRCA confirmait en cela une note du préfet et du TPG dans laquelle il était soulevé que Périgueux flirtait avec le seuil d’alerte selon les baremes de l’Etat.

Ajoutant à cela la situation macro économique et nationale, les taux d’intérêts bancaires et la dégradation du marché de l’emploi…

Dans ce contexte fragilisé, était-il réellement possible de mobiliser l’investissement nécessaire au lancement des travaux, sans aggraver plus encore et durablement les difficultés financières de la ville?

L’investissement important à mobiliser pour la réalisation du projet ne se serait-il pas fait au détriment d’autres investissements, moins ambitieux mais tout aussi nécessaires?

Enfin la majorité dit aujourd’hui pouvoir mobiliser environ 3 M d’euros en 2009 pour l’achat du foncier de la CCI, ce qui représente 25% de l’investissement annoncé, à savoir 12 M d’euros / an. Elle prévoit pour 2010 et 2011, 1 M d’euros de travaux. (Pour un bâtiment de 2800m², cela représente un coût de travaux de 357 euros /m². C’est peu).

Le maire nie en revanche, à l’ancienne majorité, la capacité financière d’avoir pu procéder de la sorte pour la réalisation du Bas Saint Front. A combien le bureau d’études avait-il estimé la première tranche de travaux correspondant au budget 2009?

Monsieur  Daudou : réponses – 16 03 09

Observations financières en réponse

La vigilance de la Chambre Régionale des Comptes :

Tant au regard de sa capacité d’autofinancement que de sa capacité de désendettement, la situation financière de la ville de Périgueux, telle qu’elle ressort des données 2002 à 2006, ne suscite pas d’inquiétude particulière. Toutefois trois aspects susceptibles de peser à terme sur la situation financière méritent à l’avenir une attention particulière :

-l’importance structurelle des dépenses de personnel qui sont à l’origine d’un ratio de rigidité des dépenses de fonctionnement relativement important,

-La faiblesse des marges de manœuvre fiscales, avec un potentiel fiscal par habitant assez faible mais un coefficient de mobilisation dudit potentiel assez élevé,

-la tendance constatée à partir de 2003 d’une croissance des charges de gestion plus rapide que celle des produits de gestion, qui a entrainé une érosion importante de l’excédent brut de fonctionnement, du résultat et de la capacité d’autofinancement brute.

En clair, pas d’affolement mais attention à ne pas surcharger ces trois domaines, or si Mr Moyrand affirme vouloir faire des économies de charge, il vient d’ouvrir très largement les recrutements de directeurs de services (Police Municipale, tourisme, direction générale adjointe, achats, communication) et il vient d’annoncer l’augmentation de la fiscalité !

La crise

La meilleure solution municipale, pour répondre à la crise, c’est bien évidemment de privilégier l’investissement local afin de donner du travail aux entreprises, en faisant des choix prioritaires en fonction de la nécessité et de l’urgence. Le Bas St Front, projet d’aménagement urbain structurant est prioritaire à la fois en répondant aux exigences de bien-être des habitants du centre ville mais également à l’impact touristique, force d’attraction de Périgueux.

La municipalité actuelle semble vouloir privilégier ponctuellement et peut être demain  définitivement le caractère piétonnier du secteur renaissance. Or l’implantation d’un parking au pied de la cathédrale est idéal pour les chalands venant des banlieues Est, comme Montaigne et Francheville le sont pour les migrants du Nord ou de l’Ouest, d’autant que dans cette hypothèse nouvelle de piétonisation les stationnements Taillefer, Clautre, Coderc, République sont supprimés.

Intégration du Bas St Front

Le coût estimatif du parking est de 8,8 millions d’euros HT pour 300 places soit 10,5 millions TTC. Le coût de l’aménagement du quartier est de 6 millions d’euros.

Sur quatre exercices cela représente 4 millions d’euros annuels en sachant que la TVA sera reversée à la collectivité avec décalage sauf pour l’année 2009 (plan de relance gouvernemental)

Si l’on se réfère au tableau d’orientations de l’investissement proposé par le Maire actuel on se rend compte qu’il y a possibilité de « récupérer » les 7,2 millions de construction écoles car il n’y a aucune urgence en la matière, (les 2,9 millions de grosses réparations suffisent) les 1,17 millions du Bas St Front (solution au rabais inacceptable), 1,5 millions de réserve foncière inutiles sur les cinq années à venir, les 3,5 millions de rachat de la CCI, sachant qu’aujourd’hui il y a moins de priorité en la matière et que de nouveaux lieux deviennent disponibles (espace de la mutualité périgourdine dans les étages de Monoprix), auquel il conviendra de rajouter 2 millions d’euros représentatifs de reversements de TVA sur la période, soit au total 15,37 millions d’euros c’est-à-dire la quasi-totalité de l’investissement estimé sans compter quelques participations état, région département.

Même si ce calcul est sujet à caution compte tenu de son caractère évaluatif sans garantie de financement budgétaire, il est clair que sur un volume de 60 millions d’investissements, il est possible d’en affecter 27% à un projet d’aménagement urbain validé par la population de la ville.

En conclusion, Mr Moyrand aurait pu inscrire dès cette année une première tranche d’opérations d’aménagement du projet Bas St Front et c’est seulement parce que c’était un projet de l’ancienne équipe qu’il s’y est refusé.

Périgueux, le maire dépose le bilan (annuel)

Aujourd’hui paraît dans Sud Ouest une belle interview du maire de Périgueux en forme de bilan annuel, le premier de la série. D’où l’émoi.
On y parle même de ruedelachouette. La chouette serait un animal féroce ! Dam, ce modeste volatile nocturne serait-il aussi féroce qu’une bande de scolopendres ?
Revenons plutôt à nos moutons et au jeu d’insomniaque dont ils sont les héros.
Hervé Chassain produit une interview en 13 questions, afin de laisser au maire l’occasion de présenter avec sagacité l’étendue de la nouvelle politique communale.

Attention il y avait des questions pièges !

 :: Question n°1 ::
Michel Moyrand, tombeur du ministre Xavier Darcos ?
« … quelque chose qui fait plaisir ».
Ce qui est pris n’est plus à prendre.

:: Question n°2 ::
Pensiez-vous être élu ?
Ne répond pas à la question, mais indique :

C’est au moment où on fera le bilan au bout de six ans que l’on verra.

On verra dans six ans s’il pensait être élu ?
Cette question fondamentale pour l’avenir de Périgueux ne trouvera donc réponse qu’en 2014.
En réalité, il ne peut pas dire « oui ». Ce serait gros comme le nez au milieu de la figure.
Mais il ne peut pas dire « non », car il avouerait ne pas être préparé à diriger une mairie exigeante et avouerait par là avoir été dépassé. Ce qui aurait entraîné une autre question en corollaire:

Pensez-vous vraiment ne plus l’être aujourd’hui ou faites-vous semblant ?

:: Question n°3 ::
Un maire qui travaille beaucoup, mais indisponible pour les habitants ?
Il confirme travailler beaucoup, se déplacer, dialoguer, etc.
En même temps, travailler beaucoup en étant maire d’une ville de 30 000 habitants n’est pas censé surprendre ou relever du miracle politique.
En parallèle, le « sacrifice » est compensé par un salaire de 8 000 euros/mois, (hors déplacements, frais de bouche…) toutes indemnités cumulées. De surcroît, les indemnités que le maire s’est octroyé plafonnent au maximum légal.
Un mouchoir pour la maire dolorosa ?

:: Question n°4 ::
Il ne se passe rien en ville, signe de lenteur politique ?
Si. Le maire tire le bilan des bilans du bilan. Il tire même sur la sonnette d’alarme après avoir tiré à boulets rouges sur la gestion de ses adversaires. Il n’en finit pas de tirer sur tout ce qui bouge. (enfin tant que ça bouge…)
Le maire se dit fidèle à ses engagements, avec un bémol, (« en fonction de nos possibilités »).
C’est simplement faux. L’exemple de l’engagement de livrer le projet Bas Saint Front pour avril 2011, alors que les études sont gelées (annulation des crédits – 280 000 €). Appelons un chat « un chat ». C’est un mensonge et un manque de parole, une tromperie. Cela sera vérifié à la fin du mois de mars.
Explication du maire : « une situation très fragilisée » jusqu’en 2013 induisant un ralentissement de l’investissement. Pour une situation si catastrophique, nous sommes soulagés d’apprendre que l’équilibre sera recouvré en 4 ans.

:: Question n°5 ::
L’avenir du projet du Bas Saint Front, métaphoriquement appelé « parking Mauvard » ?
Pas de réponse. Le concept d’interview en prend un coup.
On saura en échange que le maire procède à un Programme Prévisionnel d’Investissement de 60 millions d’euros sur 5 ans, (moyenne de 12 millions / an) qui correspond pil-poil à une situation financièrement très fragile. C’est limpide.

:: Question n°6 ::
Continuité du plan Périgueux 2010 de l’ancienne municipalité ?
Pas de réponse.
On commence à se demander si cette interview n’était pas prématurée…
On relève cependant que le maire se dit contraint par ses engagements. C’est énorme. Lui qui est amateur de belles lettres, nous devons lui rappeler la signification de ce mot qu’il semble désespérément confondre avec un autre :

ENGAGEMENT Substantif masculin
A/ Action de mettre en gage quelque chose ; résultat de cette action.
Exemple d’engagement :

Je confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

(Michel Moyrand, futur maire de Périgueux, février 2008).

On ne saurait faire plus clair.

:: Question n°7 ::
Une situation financière difficile ?
Oui, « une situation très fragile ». Endettement « très fort » et capacité d’autofinancement « insignifiante ». Pas de quoi non plus renverser un mammouth nous indique-t-il, puisqu’en 2013 ça ira mieux, de même que l’investissement serait réduit à 12 M€/an pendant 5 ans.

:: Question n°8 ::
Les grandes conclusions de l’état des lieux ?
Il faut « faire exploser l’organisation extrêmement centralisée ». Comment ?
En recrutant un maximum de chefs de services qui obéissent au doigt et l’œil au Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui interdisent aux services la moindre communication d’information sur le fonctionnement de la mairie, sauf autorisation expresse du Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui demandent d’annuler congés et RTT pour remplir la mairie à coups d’épaules.
Visiblement, en répondant à cette question, le maire a eu une panne d’oreillette et n’a pas pu entendre ce que lui dictait son directeur de cabinet. Du coup, il a bien répondu, mais à l’envers.

:: Question n°9 ::
Justement, la manie des recrutements ?
La ville est tellement pauvre que le maire ne peut pas recruter comme il le voudrait. Pourtant, on peut quand même compter sur quelques nouveaux postes qui laissent rêveurs sur le nombre de recrutements s’il pouvait se lâcher.
Réponse n°9 dans la question n°8. Le maire a bien recruté son directeur de campagne, sans recours à la sélection prévue par la fonction publique. Un acte de népotisme fondateur.
Par ailleurs, si la ville était si pauvre, le maire aurait sûrement baissé ses indemnités, consacrées à l’exercice de sa mission et non à son enrichissement personnel. Mais le dévouement à la mission de service public vaut bien quelques investissements défiscalisés.

:: Question n°10 ::
Puisque vous refusez le principe de cette interview, quid de vos ambitions ?
« Il faut rendre cette ville plus attractive ».
On sera surpris « par un programme ambitieux… » décomposé comme suit par le maire.

1. Attractivité sur l’aspect de l’animation (Périgueux sans voitures et ballades à poneys)
2. Attractivité commerciale (comme en soutenant l’extension d’Auchan à Marsac)
3. Attractivité culturelle avec le festival Art & Eau dans 3 ans et une Artothèque à la place de l’ancienne mairie dont on aura bientôt les détails de mise en œuvre, à moins que le bâtiment ne reste vide et inutilisé pendant des années…
4. Attractivité du tourisme d’affaire, via des congrès dont le succès, déjà, est garanti par le talent d’orfèvre de l’adjoint Eric Dosset. (1 congrès en 1 an, attention les mirettes.)
5. Urbanisme. Construire pleins de logements, comme l’installation de DOMOFRANCE dans le secteur sauvegardé, continuer le programme ANRU au Gour de l’Arche, tout en remplissant les 3000 logements vacants en surtaxant les propriétaires comme cela a été annoncé. Ami boulanger, tu n’arrives pas à vendre toutes tes baguettes ? Donc augmente ta production de baguettes, nous allons faire venir des clients par la contrainte. Bref, une logique imparable.

Concentrons nous. L’ambition du maire est de rendre la ville de Périgueux a-ttrac-tive, autrement dit, une ville en capacité d’attirer à elle, de séduire. Et pas l’inverse attention hein ?! N’imaginez pas qu’il pense que le « a » de attratif soit un « a » privatif. Je sais, on dirait bien des fois, mais c’est non.

Pourquoi ?
Pour se développer et ne pas être une bourgade oubliée de département rural, (en passe d’être dépassée par une sous préfecture dynamique), enclavée à l’écart des grands réseaux de communication, en dehors du dynamisme de la Région Aquitaine.

Comment ?
En générant de l’activité économique, culturelle, en dynamisant l’activité sociale, en augmentant sa population en baisse constante depuis 50 ans.

Un enjeu nouveau ?
Non. Le projet du ministre éconduit, Périgueux 2010, avait déjà pour objectif la réalisation de cette ambition, conduisant à penser que les deux hommes partagent le même diagnostic de fond.
La méthode du ministre a été dénoncée puis condamnée par Michel Moyrand, proposant aujourd’hui le même objectif mais indiquant y accéder via une nouvelle méthode.

La méthode de Michel Moyrand pour répondre aux enjeux de la ville ?
La première réalisation illustrant cette nouvelle méthode sera donc le déménagement de la mairie, libérant environ 3 M€ pour l’achat du foncier, nécessitant la mise au placard d’autres projets, comme la rénovation des abords de la cathédrale.

On aurait pu penser par exemple que le maire, pour aller dans le sens de :
– l’activité économique et donc touristique en Périgord,
– l’attractivité de l’habitat et la rénovation du tissu urbain,
– l’attractivité culturelle concernant un patrimoine dont il a fait le symbole de la ville classé à l’inventaire mondial de  l’UNESCO et recevant une subvention de 1 M€ (Etat) pour la rénovation des coupoles de la basilique,
– l’attractivité touristique d’un patrimoine architectural unique en France, (20 ha de secteur sauvegardé) dégradé par des  flux routiers non maîtrisés ;
prenne en considération de façon prioritaire ces différents éléments. Mais pas du tout !

L’urgence, pour coller à la nécessité de développer Périgueux, afin qu’elle devienne une ville attractive et que sa population augmente à nouveau, que son économie se déploie à travers le tourisme et que son activité se dynamise, c’est le DEMENAGEMENT DE LA MAIRIE.

On ne peut pas contester à ce projet, incarnant la nouvelle méthode de Michel Moyrand selon son diagnostic de la ville et de ses enjeux pour l’avenir, un caractère éminemment AMBITIEUX.

Et si vous ne comprenez pas le rapport entre d’une part le projet de rendre la ville plus attractive (économie / culture / habitat) et de l’autre de commencer – au détriment du reste –par le déménagement de la mairie, c’est que vous ne comprenez rien aux subtilités d’administrer un bien public, d’en discerner les enjeux, et de proposer un projet politique visionnaire et durable. Na !

:: Question n°11 ::
Les impôts vont-ils augmenter malgré l’engagement de ne pas le faire ?
Au regard de l’occurrence obscure et indéfinie que le maire prête au terme d’ « engagement », on saurait avec prudence s’attendre à tout.
On lui demande s’il va augmenter les impôts et il répond qu’il sait où il va. C’est logique.
Il confesse ne pas vouloir répondre à la question de toute façon. Par le taux ou par la base, on sent quand même la baffe arriver.

:: Question n°12 ::
Le maire entouré de plusieurs futurs maires ?
Là le maire nous rassure : « Je ne suis pas éternel ». C’est vrai, des fois qu’on ait imaginé le contraire…
Ce qui est plus rassurant encore, c’est d’apprendre qu’ils sont pléthore, au sein de son équipe, à bien vouloir prendre sa place, au cas où il l’a laisse. Tout cela augure une navigation paisible sur l’océan de la félicité.
Encore plus rassurant, il confie décider de tout : « in fine ». Ouf.

:: Question n°13 ::
Une opposition active à Périgueux ?
Là, une réponse à double tranchant, pour la presse et pour l’opposition.

1. « … elle est fortement relayée par la presse »
Accusation non voilée à l’encontre des journalistes de favoriser la présence médiatique de l’opposition contre la personne du maire. La preuve, un encart est réservé à Philippe Cornet (leader de l’opposition) à côté de son interview en deux pages pleines. Depuis quand la déontologie journalistique invite-t-elle au respect du contradictoire !!!

2. l’opposition parle pour ne rien dire
Non seulement les journalistes relaient bien trop complaisamment les propos de l’opposition, mais en plus, « parfois pour des futilités ». L’accusation de futilités est tempérée par l’emploi d’un « parfois » circonstancié, presque politiquement obligatoire dans la situation.

En gros, si l’opposition pouvait la fermer et les journalistes se concentrer sur les concours de belote du département, le maire n’y verrait pas d’inconvénient.

:: Conclusion ::
 1. Le fait marquant de cette interview, d’abord, est d’apprendre que Jean Louis Demaret a quitté la politique. Nous espérons le revoir en 2014 pour changer sa Kangoo. Nous parions 3 chouettes en chocolat au lait qu’après son programme Ni gauche Ni droite, il pourrait retrouver le succès avec un nouveau programme appelé cette fois Ni droite Ni gauche.

2. Ensuite, il est notable, dans une interview, que le maire refuse de répondre au 1/3 des questions posées. Pour un homme qui n’a au bout des lèvres que le mot TRANSPARENCE, cela est fort étonnant. Pourquoi accepter une interview pour ne répondre qu’aux questions que l’on veut s’entendre dire ?
Donc pour la prochaine interview, nous proposons que le directeur de cabinet du maire rédige directement les questions pour le journaliste. A coup sur, on gagnerait du temps et cela laisserait toute latitude au conseiller à la communication pour préparer les réponses. Une bonne idée ça non ?

3. Enfin, il faut constater l’absence remarquable d’un mot qui était au cœur du programme de campagne du candidat Moyrand : LA DEMOCRATIE.
Elle était participative, et même de proximité, peu importe les amalgames et les duperies. Il voulait une ville plus démocratique, où les droits des citoyens seraient mieux respectés et renforcés même.
Ainsi n’avait-il pas signé le pacte démocratique de la Liste, un engagement (encore un) d’œuvrer pour une véritable démocratie citoyenne et locale ?

Après un an de pouvoir, le maire semble espérer que les citoyens oublient ces histoires de démocratie participative, pour laquelle il a créé un poste d’adjoint, qui jusqu’à présent n’a pas eu à montrer l’étendue de ses compétences en la matière, mais plutôt à vérifier et contrôler que l’art de la sieste est intrinsèquement diurne.
Il avait consenti électoralement à suivre ce thème à la mode en marketing politique, mais las, la victoire consommée et son discours inaugural prononcé, la volonté pour la chose démocratique s’est réduite à un spasme.