Constitution, Représentation, Choucroute

Nous revenons ici sur la question du cumul des mandats, par le biais d’une lecture où nous ne pensions pas retrouver le problème ainsi posé.
C’est en lisant la Constitution, commentée par Guy Carcassonne, que cette particularité française est réapparue sous la plume du commentateur.
A titre confidentiel, cette lecture de notre Constitution et les commentaires de Guy Carcassonne, font du bien. En cette période troublante, où le Président de la République, entretient une confusion stratégique entre la réforme des institutions, la guerre en Afghanistan, sa femme en robe de soirée sur le toit de l’Elysée et la location d’une partie du ministère des Affaires Etrangères pour une soirée privée du groupe LVMH, le retour aux sources de notre démocratie relève d’une plongée en apnée dans les caves de la République.

Le point de départ entre les commentaires de Guy Carcassonne et l’état de la situation d’occupation électorale, se résume dans le bilan publié en 2007 par Le Monde.

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Outre les sophismes les plus gras, développés par les cumulards les plus dodus, (Alain Lambert, un gabarit exceptionnel!), pour défendre un injustifiable cumul des mandats, le dossier est vide, de sens autant que d’honnêteté. Leur plus grande responsabilité devant le peuple, est en définitive de voter des lois dont la destination relève de leur intérêt personnel, ce qui s’appelle ni plus ni moins qu’une dérive oligarchique. L’ensemble de la classe politique semble aujourd’hui impuissant, quand bien même il serait volontaire, à imposer au Sénat et à l’Assemblée Nationale la restriction des mandatures. Et pour cause, chacun en croque.

:: Commentaires de G. Carcassonne ::

La Constitution
Le Seuil, 2005
Article 25, commentaires; 185.

La possibilité, pour un député, d’être en même temps élu d’une collectivité locale est une particularité française, à peu près unique au monde et qui serait stupéfiante dans n’importe quel autre pays civilisé.
Ce cumul touchait environ 35% des députés sous la IIIè République. Ils sont aujourd’hui près de 95%. Et dans cette aberration réside sans doute la cause principale de tous les dysfonctionnements de l’Assemblée Nationale.
Ainsi ne retrouvera-t-on un véritable Parlement, jouant véritablement son rôle, que le jour où, enfin, sera radicalement banni (car toute demi-mesure serait vite tournée) le cumul du mandat de député pour un autre.
Quant au contre-argument habituellement avancé, selon lequel le cumul permettrait aux députés d’être au fait des réalités du pays et des tendances de son opinion, il n’est pas seulement stupide – car tous les députés, alors, devraient être invariablement réélus -, indécent – car il n’y a qu’en France que l’on cumule, or il n’y a qu’en France que la majorité sortante, quelle qu’elle soit, s’est systématiquement fait battre aux six derniers renouvellements généraux-, il est aussi insultant pour les parlementaires du monde entier – qui ne cumulent pas, et dont on ne sache pas qu’ils soient moins compétents que leurs collègues français.
Au demeurant, aussi longtemps que le mode de scrutin sera ce qu’il est, ils auront un puissant motif – la réélection – de demeurer attentifs à leur circonscription, sans pour autant avoir à en gérer les collectivités.
… le moment est venu depuis longtemps de considérer que représenter le peuple, pour être une fonction à pleine dignité, un mandat à pleine efficacité, est un emploi à plein temps.

:: Ventilation par les urnes ::

Ne serait-ce pourtant qu’en Région Aquitaine, les messages ont été clairs. Alain Juppé n’a retrouvé son fauteuil de maire de Bordeaux qu’après avoir renoncé à celui de député, lui valant au passage le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. A Périgueux, Xavier Darcos a été éconduit par les électeurs en grande partie parce qu’il entendait conserver son Ministère. De ce point de vue, au regard d’une classe politique peu encline à réformer le pouvoir dans le sens de la démocratisation, il revient aux électeurs de le faire savoir, autant que de savoir le faire. C’est en principe leur plus grande responsabilité, par l’exercice de la souveraineté du peuple, avant celle de la Nation.

De son côté, Xavier Darcos se défendait d’ « être utile » à Périgueux par sa fonction nationale. Michel Moyrand défendait lui, de l’être par sa fonction régionale. La logique est bien la même et les deux candidats au fond défendaient l’intérêt du cumul du mandat, l’un plus médiatiquement que pour l’autre, seule distinction pouvant faire la différence. De ce point de vue, l’élection s’est cristallisée sur la quantité acceptable à accorder au cumul, non sur sa remise en question sur un plan fondamental et qualitatif.

Tous deux ont défendus qu’il était de l’intérêt de Périgueux, de choisir un maire cumulant des fonctions, qui par les portes qu’elles ouvrent, offrent un bénéfice quelconque aux périgourdins. Tous deux défendaient un système, dans lequel l’aboutissement ou le traitement favorable des » dossiers », se jouent dans les couloirs, au prorata de l’influence et du poids politique. Il était ainsi promis aux périgourdins des avantages en nature, l’un par l’Etat, l’autre par la Région. La victoire devait se résoudre dans une équation influence/proximité et non l’une ou l’autre simplement.

Mais en définitive, la syntaxe est la même et elle engendre d’ailleurs une phraséologie politique commune, quantitative, relevant du compteur de présence. Il n’est jamais venu à l’un ou à l’autre des candidats, l’idée de ne pas cumuler du tout, c’eût été aberrant. Ce n’est pas non plus ce que demandaient les périgourdins, partagés entre le désir d’une proximité par certains aspects rassurante, la présence du père, et celui de sa puissance, la capacité d’agir pour eux. Le choix était un compromis entre force et présence, thème que l’on devrait recroiser un jour.

Au passage, la question du non cumul des mandats déborde largement celle de la députation; elle se niche autant dans la représentation nationale, au Gouvernement, au Parlement, qu’en l’empilement des mandats locaux, dont les conséquences ne sont pas moins sclérosantes.

:: Mandat unique et décentralisation ::
Le mandat unique de Député ou Sénateur, s’il permet de démocratiser et dynamiser les fonctions au niveau national, ne répond pas pour autant au problème de la décentralisation sur le plan des collectivités territoriales. Que ne voit-on pas apparaître en contrepartie du mandat unique (ou presque) au sein des collectivités locales ? Des élus, sentant le vent tourner, qui utilisent le sens du mandat unique pour le réduire à celui de la proximité locale, du « contact » avec les habitants.

Ainsi pour ces derniers, comme le maire de Périgueux il semble, l’équation du mandat unique se résoudrait en un problème de distance dans l’espace et de disponibilité dans le temps. Aussi a-t-on vu, dans le duel télévisé sur France 3 opposant Xavier Darcos et Michel Moyrand, ces derniers faire le bilan comptable de leurs jours de présence/semaine à Périgueux, l’un par rapport à Paris et l’autre par rapport à Bordeaux. Le vainqueur devait être le moins absent et l’emporter 5 à 3, si mes souvenirs sont exacts.

Le calcul politique consistant à interpréter le non cumul des mandats comme une demande de proximité, entraîne une forme de paternalisme local, qui n’encourage en définitive qu’au clientélisme, se traduisant par un état de campagne électoral – étalon des autres calendriers – pour avoir l’air proche, disponible, présent, à observer où se posent les mouches, comme dirait un chercheur de truffes.

Les difficultés de la décentralisation ne seront en aucun cas améliorées par le non cumul des mandats, sans mettre à plat le problème de la professionnalisation et le corporatisme des élus locaux, incités à exploiter les opportunités néo-féodales offertes par le transfert des compétences.

:: Sénatoriales ::
Le 21 septembre, jour des élections sénatoriales, cette question ne pèsera pas lourd dans la balance, comparée à ce qui sera développé d’alliances, d’échanges, de stratagèmes, pour conquérir ou conserver les postes de sénateurs. S’il y a une chance de voir le problème posé en cas de suffrage universel direct, le suffrage indirect par le biais des grands électeurs, garanti à lui seul d’évoquer les intérêts bien compris plutôt que ceux de la démocratisation. Que ne sera pas prêt à « échanger » un Président de Conseil Général (Dordogne?), avec les maires, adjoints, conseillers, exécutifs des EPCI, pour garantir sa reconduction au poste de Sénateur? Et quoi de plus normal au fond?

Ou encore. Que serait la situation d’un candidat à la fonction sénatoriale, maire d’une commune, président d’une communauté de communes, vice président d’un Conseil Général (Dordogne?), s’il était élu ? Notons que la candidature est sérieuse, puisque le soutien proviendrait d’une partie de la droite, celle qui est convaincue de l’échec de son candidat et qui se raisonne à lutter contre l’hégémonie socialiste par un candidat dont les idéaux n’effraient plus depuis longtemps les partisans de l’économie de marché.

Aux élections sénatoriales, il faut comprendre que l’échiquier politique se dessine entre spécialistes du jeu, dont l’idée même de cumul des mandats ne représente pas une variante sérieuse, ni même un coup possible, au plus l’occasion d’un sourire, au mot de Delenda est cumulatio !.

:: Epilogue ::
En somme, lorsque le Président de la République met cette dernière au service des ses amis, usant de la fonction présidentielle comme une marque de luxe ; lorsqu’en province les caciques locaux se congratulent de ce que les mandats servent autant le peuple qu’à devenir des notables ; (lorsque par là même ils s’appliquent à assurer pérennité et continuité de leurs baronnies).

Unique consensus naît d’entre nous, pour inventer une démocratie digne de chacun, que la vénalité et la quête de pouvoir ne font que salir au fil des pages que l’on tourne, la Consitution.

Le point presse du maire: « je » n’est pas un autre

La Dordogne Libre publie aujourd’hui une interview du maire de Périgueux, Michel Moyrand. C’est un état des lieux sur les dossiers importants soutenus ou retoqués par la municipalité.

On trouvera quelques informations sur les sujets suivants :
Le budget municipal, sur lequel le nouveau maire accuse l’ancien d’avoir dissimulé des dépenses pour feindre un bilan excédentaire. Ca dénonce une arnaque en somme, ou bien on dit: « pisser à l’atout ».
L’aménagement du bas St Front qui semble poser des problèmes aujourd’hui quand il n’y en avait pas hier. C’est la place Mauvard que l’on déplace à la CCI ?
La fiscalité, où l’on comprend que si la croissance redémarre elle sera accompagnée d’une hausse des impôts, enfin peut-être pas.
Le déplacement de la mairie à l’ancienne CCI. Projet coûteux quoi qu’on en dise qui ne connaît pas le moindre débat mais pour autant demeure fermement soutenu, comme un symbole.
La rénovation des écoles, toujours au programme.
Le projet d’électrification de la ligne Périgueux/Limoges, projet court-circuité par le Grenelle de l’Environnement.
La maison de quartier St Georges, non budgétée, non concertée, mais déjà dotée d’un baby-foot offert par l’amicale de St Léon / Vézère ?
L’aménagement de Castel Peyssard où Ducasse pose un lapin.
La ligne aérienne Périgueux / Paris, projet soutenu par la CAP et l’ancien maire, seule alternative dorénavant dans la liaison avec Paris depuis le rétif Grenelle qui n’a pas tenu compte des injonctions de notre maire.
Le réaménagement des boulevards, projet définitivement enterré au bénéfice des quartiers périphériques, la revanche annoncée du projet de campagne.
Le réaménagement urbain du Gour de l’Arche ramené pragmatiquement à un city stade, on fait se qu’on peut dit-il.

Au total 11 dossiers abordés et pas des moindres. On y parle même de la promesse de campagne du maire de recevoir toute personne le demandant dans les 15 jours, c’est dire. Au fait, n’appelez plus, cette promesse est catégoriquement une promesse de campagne.

On serait tenter de penser que les autres dossiers, ceux qui ne sont pas abordés, le sont, « moindres », en tout cas moins prioritaires. En feuilletant le programme de campagne, en réécoutant les déclarations, que nous reste-t-il que nous aurions oublié ? Rien ou si peu.

Ah si. Bah, la démocratie participative. La démocratie parti… quoi ? Oui vous savez, cette pratique de la démocratie qui consiste à associer les habitants aux décisions, pour que le système représentatif actuel ne soit pas qu’un « bonapartisme municipal » depuis la décentralisation de la République. Oui, ça me revient, on en a parlé pendant la campagne électorale, on a même dit que c’était au cœur du projet politique, que c’était essentiel à mettre en œuvre, etc. Donc patience, ce n’est pas un sujet prioritaire, c’est un sujet fondamental, nuance.

Et cette « intelligence collective » recherchée à juste titre et omniprésente durant toute la campagne, y compris présente dans le discours d’investiture ? Désolé, le maire doit l’être. Combien dans l’interview de « je », « moi », « j’ai », « moi je », dénotant une recherche ô combien infructueuse plutôt qu’un concours d’égo avec Nicolas Sarkozy, pourtant classé hors catégorie. Rien de grave encore, juste des ajustements communicationnels en cours. En tout cas espérons, car n’oublions pas que « nous sommes encore en période d’installation ».

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ADELS. Débat Projet Urbain et Participation

Le 15 Avril 2008, l’Adels a organisé un débat ayant pour thème:

Projet urbain, participation:
A qui revient la production de la ville?

Diverses interventions dont les contributions téléchargeable en pdf sont accessibles sur le blog de l’Adels
Il a également été mis en ligne sur Dailymotion un compte-rendu vidéo du débat: toujours sur le blog de l’Adels.

Quelques pistes à la volée. En introduction il est revenu sur l’idée que le dessin de la ville correspond au dessein de la société, (Paul Blanquart, historien de la ville). Le rapport entre la forme de la ville et le dessein social a pour objet de « faire commune » et révèle le rapport intime entre le « contrat social » et la « politique de la ville ».

Cet axe permet de dégager toute la complexité de la relation entre la construction urbaine et l’usage de la citoyenneté, impliquant directement le rôle du politique et sa justification.

La traduction concrète de ces réflexions est lisible dans les mécanismes qui produisent l’exclusion et l’inégalité et produisent des villes « sectorisées » à outrance par les modes d’accessibilité – sociaux culturels et économiques – au logement.

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Ce n’est qu’un exemple. Il correspond pour autant à une préoccupation majeure de l’actuelle adjointe à la démocratie participative et l’éducation à la citoyenneté de Périgueux, tel que le journal Sud-Ouest l’a relayé. Oh, pour faire dans le local périgourdin, on entendra que Périgueux ne connait pas tous ces problèmes, que c’est une charmante bourgade en milieu majoritairement rural. Cela justifierait l’absence totale de structure participative, d’espaces de délibérations indépendants des élus, etc. Vous entendrez même que les gens ici, après tout, ne sont pas demandeurs.

Il n’empêche qu’ici, pour ceux qui ne sont pas de la région, le Schéma de Cohérence Territoriale, SCOT, est un serpent de mer de la Communauté d’Agglomération, que la ville de Périgueux n’a pas de Plan Local d’Urbanisme, PLU – il existe mais n’est pas applicable – qu’il n’y a pas en application de Plan de Déplacement Urbain, PDU, à l’échelle de l’intercommunalité. Si le dessin de la ville correspondait au dessein de la société, faudrait-il qu’au pays de Lascaux, il y est exception?

Au-delà du clin d’œil, les problèmes d’ici sont les mêmes qu’ailleurs.
En tout cas, ceux qui se révèlent ailleurs arriveront un jour ici.

Démocratie locale
Les citoyens sont tenus en périphérie des décisions politiques, hormis par le biais des diverses enquêtes publiques qui se résument à des cahiers de doléances facultatives.
Le devoir d’information des droits des citoyens est partiellement accompli. Il y a encore cette culture de la représentativité « à l’ancienne », fondée sur une hyper présence dans le temps électoral, proportionnellement inverse dans le temps de la mandature.
Pour autant il faut attendre à Périgueux que la nouvelle municipalité mette en œuvre son programme de campagne sur la démocratie locale. Le projet de démocratie participative est détaillé dans ce blog et sur le forum.

Au niveau de l’intercommunalité, l’agglomération périgourdine, souffre comme les autres Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, EPCI, de sa carence démocratique, Cf. articles précédents. Jouant de la loi, cette techno-structure ne se préoccupe pas pour autant de démocratie participative locale, idée par laquelle elle ne sent surement pas concernée puisqu’elle existe hors suffrage direct. Le soin de la démocratie locale est laissé aux élus en tant que maires. Mais pour ces mêmes maires, en tant que représentants du conseil communautaire, l’idée leur est tellement étrangère qu’il n’existe aucune structure officielle pour aborder la question à une échelle globale et non seulement communale.

Déplacement, mobilité
Le problème du déplacement y est majeur, l’augmentation du flux routier est bien supérieur à la capacité de le réguler. L’impact en pollution de l’air n’est que trop mesurable, le centre ville est surchargé d’embouteillages quotidiens, pour autant, les projets de contournement apparaissent suspects pour le petit commerce de centre ville. Il est aujourd’hui très difficile d’infléchir les grandes orientations de déplacement urbain mises en œuvre à l’époque du « progrès » pompidolien, les parisiens s’y reconnaitront.
C’est bien en sachant que la capacité de déplacement définit la taille de la ville et ainsi sa proportion de flux à gérer, qu’une grande réflexion aurait pu commencer il y a de nombreuses années, quand il n’y avait pas encore urgence.
L’usage du vélo par exemple, est encore considéré comme un déplacement de loisir. Son usage se concentre sur le temps de repos, en témoigne l’aménagement des voies longeant la rivière, (L’Isle, voies sur berge). Mais il ne sert pas au déplacement « utile », en témoigne l’absence de pistes cyclables conjointes aux voiries. Les pouvoirs publics se montrent encore frileux sur ce sujet, pour des raisons sociologiques que l’on doit rencontrer ailleurs qu’à Périgueux. Ici, en milieu semi rural, sans industries ni universités conséquentes, connaissant une gentrification moyenne et classique de cœur de ville occupé par une population âgée – +10% par rapport à la moyenne nationale – un vélo, c’est du loisir, sinon, ça fait pauvre. Tandis qu’une voiture permet de mesurer l’échelon social du propriétaire et ainsi l’importance de l’individu dans un maillage socio-culturel à dominante notabiliaire.

Etalement urbain
L’étalement péri urbain est conséquent, par le biais de programmes de logements ou zones d’activité économiques. Les opérateurs privés négocient parfaitement les terrains communaux, publics; en échange d’une règlementation urbaine allégée, ils produisent des programmes immobiliers permettant de ne pas endetter les communes ou de faire flamber la fiscalité locale. Pour faire correspondre le cout du logement et sa capacité de rentabilisation par rapport à la capacité d’investissement des particuliers, (le marché si on préfère), on écarte les problématiques liées à l’environnement, trop exigeantes, ou celles liées à la qualité de l’habitat, trop chères. En contre partie, les élus rendent des comptes positifs en terme d’emploi et de taxe professionnelle, pour des investissement minimes de viabilisation et programmes d’aménagement.
Concrètement, les règlements d’urbanisme ressemblent pour certains à des pages blanches à remplir soi-même, (c’est exagéré mais…). Le traitement des eaux pluviales, par exemple, y est caricatural. La totalité de l’eau collectée est directement transférée en réseau souterrain, au lieu d’être organisée en réseaux de surfaces avec toute l’utilité que l’on connait pourtant. Les paysagistes sont malheureusement peu considérés et ne servent que de caution « Espace vert« , ils « végétalisent« .
Localement, c’est la commune de Notre Dame de Sanilhac qui est la plus significative pour observer le phénomène.

On peut également citer dans cette catégorie l’étalement du logement. « Grâce » à la loi Robien, défiscalisation oblige, le secteur de la construction a été dopé dans la communauté d’agglomération et dans le département. Après la mise en œuvre de programmes divers, dont les maires n’ont rien trouvé à redire en signant les permis de construire à tout va, – car cela leur enlevait plutôt une épine de gestion publique de l’habitat – on se retrouve avec un parc de logements disproportionné par rapport à la demande, pour la plupart d’une qualité médiocre. Concrètement il s’agit de logements vacants, fermés, se dégradant très vite en l’absence d’alimentation électrique qui sert à la ventilation mécanique contrôlée. Un excédent de 600 ou 1000 logements, c’est une quantité localement importante. Le surpouvoir locatif des villes ne peut pour autant pas entrainer une décote inférieure à la rentabilisation. Et quand c’est le cas, de toute façon, il n’y pas d’autre solution que de faire supporter le déficit par les budgets publics.
Localement, c’est la commune de Trelissac qui semble être la plus concernée par le phénomène.

Patrimoine architectural et habitat
Le secteur sauvegardé de Périgueux, surement sous le regard désabusé et impuissant des collectivités et des services, malgré toutes leurs compétences et leur bonne volonté, est petit à petit « grignoté » par des sociétés privées qui détournent l’esprit de la loi Malraux. La défiscalisation et les marges qu’elle offre n’est que le seul et unique but de la rénovation du bâti ancien. Les immeubles Renaissance et autres ne sont pour certains, plus que des coquilles vides. Les logements y sont au minimum des surfaces réglementaires, pour des prestations au ras du plancher légal, les studios s’entassent de la cave au grenier. On aura sauvé les façades, c’est toujours ça. Les touristes ne sont demandeurs que de ces dernières, c’est le principal. On ne dit d’ailleurs plus « immeuble » mais « produit fiscal ». Il n’est pas fait état de tous les logements, mais d’une dérive qui concerne quelques opérateurs locaux et bordelais, cela suffit à pourrir le fruit. Le pouvoir conféré aux Architectes des Bâtiments de France est loin d’être suffisant dans ce domaine et le manque de suivi dans les contrôles de conformité est préjudiciable pour la qualité générale des restaurations. Là encore, ce n’est pas un problème d’hommes, mais de structures et de capacité publique.
Les projets d’aménagements urbains existent, notamment celui de Périgueux et sa rivière. Un programme intéressant qui ne fait pas l’objet des concertations et débats attendus. Un cas d’école.
Localement, c’est la commune de Périgueux qui est la plus touchée par le phénomène.

Secteurs socio-culturels
Périgueux ne veut rien dire en soi, c’est un cœur historique entouré d’un conglomérat de quartiers, qui pour certains, sont passés dans d’autres communes, pour d’autres sont restés.
Les élections municipales ont révélé l’écart croissant entre les différents quartiers, faisant apparaitre, voir exacerbant des disparités sociales et culturelles. Outre les divisions traditionnelles et historiques, entre bourgeois et ouvriers, jeunes et vieux, … celles de l’immigration est primordiale depuis une quarantaine d’années. Les quartiers sont l’expression, la représentation d’une certaine classe sociale, culturelle, économique. Les programmes de mixité sociale via le logement n’ont pas endigué le phénomène de « sectorisation », dans certains cas ils l’ont même renforcé.
Le découpage sociologico-politique instauré après guerre, « à toi la périphérie, à moi le centre », alliance historique entre droite et gauche, ne vient de basculer que depuis 3 mois! On savait que dans le centre il fallait faire des maisons de retraite et non des logements sociaux, en périphérie l’inverse, c’était la base.

Voilà pour quelques aperçus de la relation locale entre dessin de la ville et dessein social, en y rajoutant peut-être le destin environnemental et la variable économique. Le constat n’est à charge de personne, il ne met en cause individuellement personne. Si seulement il n’était que le point de départ d’une réflexion locale nouvelle au regard des enjeux qui attendent la petite vile de Périgueux et ses alentours. Les problématiques ci-dessus concernent au plus près les habitants et pourraient faire l’objet de débats publics et concertations. Non?

L’ajustement des marchés

Nous avions supposé, pas plus tard qu’avant hier, que le projet de la mairie, de développer des marchés de quartiers avait fait l’objet d’une erreur de communication.
Cette supposition a été confirmée hier par deux articles parus, l’un de Sud-Ouest, l’autre de la Dordogne Libre.

Autant SO lève le pied et annoncait sobrement une rencontre hier soir entre les élus et les professionnels, rencontre programmée avant ce qui est appelé « la fronde », ayant pour sujet l’avenir du commerce pour Périgueux. Question avenir, le débat aurait été nourri, Cf So du jour, autour d’un « malentendu ».

De son côté, la DL poursuivait pleine page en titrant: Le Coderc s’inquiète pour son marché
Sentant l’orage gronder, Monsieur le Maire dénonce une « maladresse de communication« , n’hésitant pas à admonester publiquement son premier adjoint, diffuseur de l’information et pourtant communiquant professionnel. Au cas où cela était passé inaperçu, c’est donc un sujet « sensible » qui demande « précaution« . Il est important de ne pas confondre « précaution » et « participation » pour l’instant; chaque chose en son temps. D’ailleurs, un des principaux intéressés le confesse lui-même, malgré sa bonne volonté: « …je constate que, comme d’habitude, nous sommes les derniers prévenus« .

De l’aveu du conseiller municipal en charge du dossier, … »il aurait fallu d’abord se réunir autour d’une table« , c’est vrai, pas pour engager une concertation participative, mais pour « marquer notre position« , que l’on ne confondra pas avec la notion de territoire, mais de proposition. La cause du problème, poursuit le conseiller, provient du bouche à oreille, pourquoi pas. Mais enfin, qui dit bouche à oreille, dit d’abord bouche. D’autre part, bouche à oreille peut aussi signifier, si l’on se prête au jeu, dialogue. C’est un détail.

Bref, ce projet de marchés de quartier, associant autant les habitants que les professionnels et l’ensemble des quartiers, aurait pu faire l’objet d’un premier rendez-vous participatif, intéressant et enrichissant, signe de la mise en marche du programme de campagne. Nous apprendrons au final qu’il ne s’agissait que d’une erreur de communication, une information mal transmise, non un problème de méthode.

La nouvelle équipe a été élue pour mener une politique nouvelle. Nous ne pouvons que soutenir et encourager le maire à concrétiser sa déclaration d’investiture.

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Marchés dans le vent

Depuis quelques jours, un débat s’amplifie autour d’un projet municipal, porté pendant la campagne électorale, les marchés de pleins vents dans les quartiers. Le projet consiste à implanter des marchés dans les différents quartiers de Périgueux, sur le modèle de ce qui existe places de la Clautre et du Coderc.

De la bouche d’un conseiller municipal, Cf. article de la Dordogne Libre du 05 05 08, l’objectif est de « …revitaliser la vie de certains quartiers et apporter des services nouveaux à la population« .

La réaction a été rapide. Une partie des commerçants et marchands de la Clautre et du Coderc appellent à la vigilance sur la mise en place du projet de multiplication des marchés de pleins vents, Cf. article de Sud-Ouest du 10 05 08. Une autre partie s’inscrit directement contre ce projet appelé de « délocalisation », en faisant circuler un tract indiquant les risques économiques qu’engendreraient la multiplication des marchés dans Périgueux.

Dans l’article du 12 05 08, l’article de Sud-Ouest relate l’intervention de la mairie pour apaiser les esprits échauffés et inquiets des bourrasques suscitées.
Le conseiller municipal en charge du dossier ainsi que le maire interviennent, enfin, diront certains…

Ce qui est intéressant, au delà du problème des marchés de pleins vents, de leur « délocalisation », « multiplication », de leur cohérence ou de leur futur échec, c’est le traitement de l’information et la communication de la mairie.

Les titres des journaux sont éloquents:

Dordogne Libre du 05 05 08: « Les marchés de quartiers ont-ils un intérêt ? »
Sud-Ouest du 10 05 08: « Grogne au Coderc »
Sud-Ouest du 12 05 08: « Le Coderc se rebiffe »

Les références aux Tontons Flingueurs sont entre les lignes, dans l’éparpillement du marché, entre les tomates et les navets…

« J’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J’vais lui montrer qui c’est Raoûl. Aux quatre coins de Périgueux (Paris) qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile… »

C’est plus Raoul qu’on l’appelle, c’est Michel, Michel Audiard bien sûr.

Dans le dernier article de Sud-Ouest, qui fait comprendre que le Maire a été forcé de préciser sa position, ce dernier s’en remet pour toute justification à une demande des riverains en sous-entendant des manœuvres politiques pour dramatiser et plomber le projet. A défaut de plein vent, le projet est vent de face.

Ce qui est frappant, dans le cadre des préoccupations de La Chouette, c’est que l’annonce de la réalisation de ce projet par un conseiller municipal, en mai 2008 pour septembre 2008, fut faite sans aucune préparation avec les habitants, les marchands et commerçants concernés. On comprend aisément la volonté municipale de réaliser son programme et de répondre à la demande de certains riverains.

Mais où sont donc les concertations préalables, le travail de communication et d’échanges en amont avec les principaux intéressés, les rencontres délibératives, le recours à l’intelligence collective si âprement cantonné?
Il n’y en a aucune trace, c’est en l’état, un modèle de démocratie anti-participative. Pourtant, cette démocratie participative était dans le projet de campagne, au même titre que les marchés de quartiers.

Informations et concertations préalables, communication précise du projet et sensibilisation des intéressés par une étude d’impact économique et social, auraient surement évité ce tollé, ce plantage de communication politique et ce pain béni pour l’opposition qui n’a plus qu’à surfer le sujet.

Que ne faudra-t-il pas déployer maintenant pour que le projet ne soit pas vécu comme un passage en force municipal? Comment ne plus patauger dès lors en pleine symbolique de 49-3?

Tout va s’arranger par le dialogue, nous dit le Maire.
– Mais, Monsieur le Maire, et si tout commençait par le dialogue?

Espérons donc au final que cet épisode ne soit que la bavette mal taillée d’un conseiller enthousiaste; l’erreur est humaine.