Dordogne : une application iphone pour le périgord

En réponse à notre billet d’hier sur les technologies de l’information, la nouvelle du jour fait plaisir. La première application iphone sur le Périgord vient de sortir. La Dordogne fait donc son entrée dans l’Apple Store à l’orée de la saison estivale.

Ce n’est pas tout à fait exact. Car existe déjà Izzyuide, une application dédiée au Périgord Noir. On ne mettra pas de lien tellement cette application est grotesque (entre nous on a l’impression qu’elle a été faite en 1996).

Voyons plutôt cette application dédiée au Périgord, efficace, sobre, complète, ergonomique et pratique.

Une application Iphone pour la Dordogne

Hier nous faisions référence aux collectivités locales. Rien d’étonnant donc de voir que cette application Iphone sur le Périgord vienne d’une initiative privée.

Ce guide du Périgord est dors et déjà disponible sur l’Apple Store et se présente en huit parties :

« Découvrir la Dordogne«  comprend des informations générales (histoire, géographie, climat, etc.), puis un catalogue thématique organisé autour de l’architecture religieuse, les châteaux, les grottes, les jardins, les musées, les parcs à thèmes, les sites naturels, les sites troglodytiques et les villes et villages.

La qualité ergonomique et la navigation sont au rendez-vous, permettant d’avoir les sites par liste, tout en pouvant les rechercher par commune ou nom propre, le tout assorti d’une carte d’implantation. On notera également l’indication des distances si vous activez votre fonction GPS, très pratique.

Gros boulot à la clé. Ce premier guide du Périgord pour téléphones mobiles a des ambitions exhaustives, rassemblant pas moins de 2 000 références pour l’instant et présentant un nombre impressionnant de catégories diverses et variées.

Le guide du Périgord comme base de données

La société Negocom à l’origine de cette application périgourdine propulse également le Guide du Périgord, un nom de domaine existant depuis les années 2000.

Cet acteur numérique du marketing territorial met un sacré vent à ses concurrents et démontre que la 3ème révolution industrielle n’est pas chimérique au prétexte d’être rurale ou semi rurale. Au contraire.

Ce coup de pied dans la fourmilière du tourisme périgourdin est un message aux collectivités couvant leur poule aux œufs d’or entre deux siestes. Idem pour les acteurs du marché, accros à leur tract pour Semitour, leur 4×3 aux entrées de villes ou même leurs sites invisibles dans Google.

On aurait pu imaginer que d’autres professionnels du tourisme périgourdin s’engouffrent avant dans la voie des applications mobiles, mais empourprés de leurs certitudes, ils ne jurent encore que par le papier et dans le meilleur des cas des sites portails incompréhensibles.

C’est donc un joli coup pour Negocom et longue vie à leur application !

Caractéristiques techniques de l’application guide périgord

Sortie : 17 avril 2011
Version : 1.0
Taille : 5.1 mo
Langue : fr
Editeur : Okapi

L’amiral Dartige du Fournet, entre Saint Chamassy et l’Arménie

Le mercredi 05 mai 2010 à Saint Chamassy, une commune de 492 habitants en Dordogne, sera un jour particulier sinon unique. Le village accueillera quelques descendants des survivants du génocide arménien (1915 à 1916) qui fit plus d’un 1.2 millions de morts.

A cette occasion exceptionnelle, l’orchestre de Musique Traditionnelle Arménienne Naregatsi d’Erevan donnera un concert dans l’église de Saint Chamassy à partir de 21h00. Le lien particulier entre Saint Chamassy et l’Arménie qui donne lieu à un tel évènement vaut d’être évoqué.

Il se trouve que Saint Chamassy protège en son cimetière l’amiral Louis Dartige du Fournet (1856-1940). Suite à son second mariage avec Edmée de La Borie de la Batut en 1922 (à 66 ans), il vint s’établir à la villa Paknam où il rédigea ses mémoires.

Nous verrons ici uniquement la raison pour laquelle cette rencontre franco-arménienne est provoquée et non l’ensemble de sa carrière militaire. La teneur exceptionnelle de la rencontre entre cet amiral français et le peuple arménien suffira amplement à ce billet. Nous suivrons directement Souvenirs de guerre d’un Amiral (1914-1916) ((Souvenirs de guerre d’un Amiral-Librairie Plon)) de Dartige du Fournet et sur le compte rendu pour le Ministère de la Marine du Contre Amiral Darrieus ((Le Contre-Amiral Darrieus, Commandant la 2° Division et p.i. la 3° Escadre de la Méditérannée, à M. Victor Augagneur, Ministre de la Marine)).

La carte ci-dessous permet de rafraichir les repères et de situer les lieux importants du récit.

Le contexte français

Après avoir été nommé vice amiral suite à la guerre des Balkans (1912-1913), Dartige du Fournet, depuis le début de la 1ère guerre mondiale, dirige la 3ème escadre française chargée de faire appliquer le blocus de la côte Syrienne (25 aout 1915).

En août 1915, il mouille en rade de Beirout (au sud de Tripoli) avec la Jeanne d’Arc, le d’Estrées, le Jauréguiberry, l’Amiral-Charner, le Guichen et le Jeanne. Il parvient à éviter de bombarder la ville malgré l’ordre qui lui en est donné sur de faux renseignements, après avoir mené sa propre contre enquête.

Les navires français de la 3° escadre

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Le 1er septembre 1915, l’amiral débarque et occupe la petite île sentinelle de Rouad, (5 000 habitants), à 3 km de Tripoli. Dans cet ancien port phénicien encore marqué par les croisades, Dartige du Fournet fonde rapidement un dispensaire et une école afin de créer « un foyer d’attraction pour les syriens fuyant la persécution turque et aussi une source de renseignements précieux ».

Le contexte arménien

Pendant le génocide orchestré par le régime des Jeunes Turcs, le massif montagneux de Musa Dagh est une des zones de résistance arménienne, situé au nord d’Antioche. En juillet 1915, les habitants ignorent les ordres de vendre leurs biens et de s’exiler vers Damas. Craignant d’être massacrés sur la route de l’exil, les habitants – huit villages – s’organisent et se préparent à la résistance. Il s’agit là de descendants du royaume de la Petite Arménie.

A partir du 07 aout 1915, les arméniens sur le mont Moïse avec à leur tête Pierre Dimlakian subissent les premiers assauts turcs. Très vite les arméniens sont encerclés ne gardant qu’une vallée pour tout accès à la mer. Munitions et vivres s’épuisent rapidement et l’issue des combats ne peut que leur être fatale. Leur défaite entrainerait le massacre de toute la population.

Le 05 septembre le croiseur Guichen contacte les arméniens qui se signalent depuis la terre par des signaux de fumée. Le capitaine de frégate Brisson alerte l’amiral Dartige du Fournet qui arrive sur les lieux le 06 septembre avec le Jeanne d’Arc et le Desaix.

Le sauvetage des populations arméniennes

Le 6 septembre, Pierre Dimlakian demande à l’amiral l’évacuation des femmes et des enfants, se faisant fort de tenir encore ses positions en échange d’armes et de vivres. Mais Dartige du Fournet commente un peu plus tard:

Je reconnais bientôt qu’il faut évacuer ces malheureux. Le temps presse et, quoi qu’ils en disent eux-mêmes, il faut les évacuer tous.

Le jour même, l’amiral envoie un télégramme pour visa d’évacuation au Ministère de la Marine. Suite à une erreur, ce télégramme ne sera envoyé que le 15 septembre par le Jauréguiberry. Entre temps, Dartige du Fournet reçoit l’ordre du Ministre de la Marine de se rendre aux Dardanelles et de céder le commandement de la 3ème escadre, qu’il remettra au Contre Amiral Darrieus.

Le 07 septembre, il part pour Famagouste sur l’île de Chypre où il se voit refuser l’asile pour les 4 000 arméniens. Le Jeanne d’Arc arrive à Port Saïd le 10 septembre où l’amiral réitère sa requête, acceptée cette fois par les égyptiens.

Le même jour, Pierre Dimlakian alerte le commandant du Desaix sur l’urgence de la situation, les insurgés n’ayant plus que pour 48h00 de munitions alors que les turcs progressent vivement. Prévenu de l’urgence, Dartige du Fournet donne ordre de préparer l’évacuation par le commandant du Desaix et envoie sur place le D’Estrées, l’Amiral Charer et le Foudre depuis Port Saïd.

Le samedi 11 septembre, les chefs arméniens font par de leur défaite imminente, Dartige du Fournet confirme l’ordre d’évacuation.

Au matin du dimanche 12 septembre, les 5 bâtiments se regroupent face à la plage où se massent les arméniens. Le temps est mauvais et la houle est forte ; l’opération menace d’être reportée. Le violent ressac effraie les femmes et les enfants, l’évacuation est lente. L’amiral raconte :

Il y avait là de pauvres bébés enveloppés dans des serviettes éponges, qu’on se passait de main en main à travers le ressac, petits Moïses vraiment sauvés des eaux et qui ne sauront jamais que par ouï dire à quels dangers ils ont échappé.

Diaporama de l’évacuation ((Base documentaire sur le génocide arménien))

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..

L’évacuation se poursuit le 13 septembre par beau temps. Le Guichen fait route vers Port Saïd suivi de l’Amiral Charner et le Desaix.
Dans ses souvenirs, Dartige du Fournet note en conclusion de ce chapitre :

On eut pu croire que chacun aurait réclamé l’honneur de les recevoir, aurait vu là une bonne fortune pour sa philanthropie, une occasion précieuse à saisir au vol de s’apitoyer autrement que dans des livres, des journaux ou des conférences.
On voit ce qu’il en a été dans la pratique ; il a fallu leur trouver asile par une sorte de violence et je ne me souviens pas d’avoir reçu à ce sujet un remerciement de qui que ce soit.

Voilà pourquoi, le mercredi 05 mai, des arméniens chanteront dans l’église de Saint Chamassy. Parce que l’homme qui y repose aujourd’hui, en 1915, pris la décision, sans attendre l’avis de son autorité de tutelle, de se détourner de sa mission pour sauver de l’extermination plus de 4 000 arméniens.

Bari galoust

Nous remercions Harry Sagot pour nous avoir mis la puce à l’oreille sur France Info

Confit d’oie, journalisme et corruption

Hasard du calendrier, c’est pendant les élections régionales que le Conseil Général de Dordogne s’est déployé pour la première fois et en direct sur l’internet. Le jeudi 11 février, il était ainsi possible d’assister à la séance du budget 2010, la messe n’avait qu’à bien se tenir.

Jusque là rien qui ne mérite commentaire. L’ADSL a plus de 10 ans, et depuis bien longtemps, dans la contrée éloignée qu’est la France, nombre de collectivités retransmettent les séances publiques sur le réseau. De là à célébrer cette première dans la baronnie périgourdine, c’est une autre paire de manches.

C’est vrai, il eut été de bon aloi de faire honneur au baron et à sa cour, en moult génuflexion high-tech devant son droit de franc-fief numérique. Toc toc toc, plaise à la cour, entre le président !

Prends garde à ta queue Ysengrin il commence à geler…

:: Alors parlons d’un vrai sujet ::

A l’occasion de cette première très péridourdine, vous aurez noté que le quotidien Sud Ouest a ouvert ses colonnes à l’évènement. Et largement même, puisqu’il y fait témoigner des zinternautes, des gens qui vont sur l’internet:

Pour cette première diffusion, nous avons demandé à des citoyens périgordins familiers du Net de donner leur avis.

D’un côté il y a l’avis d’un blogueur, JF Cros et de l’autre François Pelatan, sans autre précision sur son lien avec le réseau. Alors nous y voilà. Le journaliste de Sud Ouest qui a organisé ça, m’a convié le 11 février, à produire un commentaire dans son journal sur ce même sujet.

J’ai évidement refusé. Pourquoi commenter un évènement aussi futile, consistant à rattraper un retard typiquement local, alors que dans le même temps, des sujets bien plus importants errent dans les friches de l’indifférence. En particulier celui du niveau de corruption qui n’est pas anodin mais contre lequel personne ne s’élève. Et surtout pas, surtout pas les médias locaux, qui développent une science toute particulière pour éviter d’aborder ces sujets. Tous les deux ans, le gala organisé par le Club de la Presse local (les plumes d’or), rappelle avec humour aux politiciens, que les médias en savent bien plus qu’ils n’en dévoilent tout au long de l’année. Une piqure de rappel qui ressemble à un pacte de non agression.

La chape de plomb qui pèse aujourd’hui sur l’information périgourdine et qui induit ce sentiment d’impunité dans les malversations politico-financières et les manipulations politiques de tous ordres n’est pas un horizon durable. Le modèle économique de ces journaux consistant à faire de l’abattage sans jamais avoir le temps de l’investigation, n’est pas une excuse valable bien que souvent avancée. C’est au contraire une « circonstance accablante ».

Le journalisme de circonstance, qui par exemple s’obstine à maquiller en rumeur des faits pourtant avérés, est issu pour sa part de longues années de relations et plus si affinité. On ne peut donc compter que sur les jeunes générations pour reconquérir cette indépendance devenue trop relative à l’occasion. A contrario, lorsque la relation n’est pas complaisante ou amicale, les pressions sont multiples. Du coup de boule de Bernard Cazeau aux coups de téléphones colériques, la profession est sous un joug politique exacerbé, mais inévitable dans une région aux traditions féodales persistantes et vivaces.

:: Quelques miettes pour ne pas s’y perdre ::

Souvenons nous que la fraude à la TVA organisée par la Chambre des Métiers de Dordogne pendant 5 ans et dénoncée par la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine n’intéresse toujours aucun journaliste. Et ce même si le fisc vient de faire valoir ses créances il y a peu. Et ce même si le résultat comptable 2009 fait apparaitre la provision d’’une somme conséquente pour la vente d’un immeuble qui n’a pas encore eu lieu. J’en ai bien parlé avec un journaliste… Mais il m’a répondu qu’il n’avait pas le temps. Que cette actualité n’était plus assez fraîche en somme. Et même que l’URL de la CRC que j’avais envoyé n’était pas bonne et qu’ainsi il n’avait pas pu consulter le site internet de la CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES ! (http://www.ccomptes.fr/fr/CRC02/Accueil.html)

C’est vrai, c’est vrai que les Chambres Régionales des Comptes vont disparaitre par le fait du Prince présidentiel. Sarkozy hait la Justice politico-financière, il exècre les magistrats et il le leur fait payer le prix du sang. Mais là on ne les entend plus hurler les barons socialistes du Périgord. La réforme des collectivités territoriales ça les met hors d’eux, c’est une atteinte à la démocratie et à la République, une recentralisation autoritaire. Mais la disparition d’un contrôle public de gestion des collectivités et établissements publics, l’élimination des juridictions financières, ne suscite aucune réaction particulière, comme s’il s’agissait d’une aubaine. Rarement bal de faux cul aura été si luxueux.

Comprenez que ce qu’on nomme ici un « sport local », ailleurs, en République, c’est un délit inscrit au Code pénal passible de 5 ans de prison (pour ce que je vise). Et que quand un cadre important d’une collectivité territoriale utilise régulièrement sur leur temps de travail des jardiniers pour soigner son jardin privé, ce n’est pas drôle, c’est un délit et ça s’appelle de la corruption.

C’est une réalité que la réputation du Périgord résonne jusque dans les ors parisiens. Mais pas pour la bouffe mon ami (on s’en fout de ton canard), parce qu’ici la corruption et les magouilles politiques y sont hors normes. Les préfets et les procureurs, sont formés et s’aguerrissent en Dordogne avant d’être envoyés en Corse ou à la Réunion. Et les hauts fonctionnaires étant des gens méticuleux, ce n’est peut-être pas un hasard.

Quant à l’Etat, il observe. Il y a quelques années, sous la pression commerciale, j’ai vu en réunion, à Condat le Lardin, un préfet autoriser la construction d’une plate forme logistique de 20 000m² sans permis de construire! Plus près de nous, il faudra en reparler, la préfecture a sous son autorité les chambres consulaires, elle en est donc co-responsable.

Voilà parmi quelques exemples donnés en retour de mon invitation à faire l’intéressé dans le journal. Et nous parlons de faits, pas de thèses ; d’affaires graves, qui sont par malice ou par laxisme étouffées au nom du désintérêt du public pour la démocratie et l’Etat de droit. (Hormis bien sur les faits-divers sanglants ou les contentieux sexuels).

Mise à jour – 15 02 2010

Anticor.org vient de mettre en ligne une conférence avec Eric Alt et Renaud Van Ruymbeke, enregistrée aujourd’hui à Sciences Po Paris. Interventions de 88.40 mns à écouter en ligne ou à télécharger avec pour titre: Corruption, paradis fiscaux et suppression du juge d’instruction

:: Et les moutons sont bien gardés ::

Ah en revanche, ne vous inquiétez pas, vous aurez ce lundi tous les résultats sportifs de long en large, on vous dira même qu’il neige au cas où vous ne l’auriez pas vu. Et je ne vous dis rien sur les « Tartes aux pommes, primevères et tourterelles » du village de La Force !

Car à quoi servent les lois sinon à assurer notre démocratie ? Combien de gens savent dans Périgueux mais se taisent aujourd’hui par peur, oui, par peur des pressions et des représailles. Comment se nomme un système dans lequel on s’oblige au silence par la seule crainte ? Alors souvenez-vous de Rousseau disant qu’en démocratie il n’y a que les lois que nous devons craindre et non les hommes. Et qu’en est-il dans cette démocratie locale, de ce quatrième pouvoir que sont les journalistes ? Qu’avez-vous fauté pour être punis aujourd’hui à coups de tartes aux pommes et de basketball en lieu et place de la vérité tout simplement ?

Pour indication, Dordogne Libre, entre le 08 et le 13 février 2010 a publié pas moins de quatre articles sur le club de basket local (BBD). Combien de tournois de pétanque et de lotos dominicaux pour un article (09/02/10) du rédacteur en chef de Sud Ouest sur les incuries de la Semitour? Cela « simplement » pour apprendre que des copies de Lascaux sont traitées comme « un vulgaire tas de gravas » au seul motif qu’elles ont été rentabilisées, ce qui reste à prouver mais demeure une métonymie cynique du tourisme périgourdin.

:: Information et fin d’un monopole ::

En conclusion, j’ai dit au journaliste que j’allais écrire un billet sur son invitation en lui proposant de commenter à son tour le texte. Mais il faut croire que nous n’avons pas les mêmes valeurs, car il me répondit alors qu’il n’avait pas le « goût pour ce genre d’exercice qui mélange trop souvent les genres ».

Aussi compris-je que moi, crétin de blogueur, j’étais voué à commenter des futilités dans son journal. Mais que le journaliste, lui, n’allait quand même pas s’abaisser à écrire sur un blog !

Et c’est très intéressant. A l’heure où l’ensemble de la société est en train de muter avec l’internet, les journalistes sont frappés de plein fouet par cette révolution. Le processus de désintermédiation est implacable et le monopole de l’écrit de l’information dans l’espace public a volé en éclat. Les journalistes sont contraints, parce qu’ils seront toujours nécessaires, de rechercher de nouvelles valeurs ajoutées à l’information et à leur travail. Certes, il demeure quelques niches, notamment pour la presse spécialisée ou la presse locale ; Sud Ouest Périgueux en fait partie. Mais pour combien de temps et sous quelle forme à terme? Combien de temps pour que ce qui change le monde aujourd’hui ne change à son tour Périgueux ?

Et oui, le journaliste qui vous explique qu’il neige et que ça glisse finira par ne plus faire recette. D’ailleurs nos deux quotidiens locaux le sentent. Depuis peu ils se sont mis à communiquer leurs informations sur Twitter et Facebook, un pas important dans leur adaptation et dans leur intégration aux réseaux sociaux, part aujourd’hui essentielle de la circulation et l’échange d’informations.

Comme beaucoup l’expliquent, avec l’imprimerie nous avions conquis la lecture pour tous, avec l’internet nous sommes passés à l’écriture. Ca s’apprivoise. Mais le journaliste qui décide de ce qui deviendra une information ou non, de ce qui méritera d’être communiqué ou masqué, est un archétype obsolète. C’est ailleurs qu’il ajoute aujourd’hui de la valeur. Et ce n’est certainement pas par le mépris et le dédain qu’il survivra à ceux qui, hier encore, étaient dans le silence et qui ont aujourd’hui conquis la parole.

A ce titre on peut retenir cette phrase de Manuel Castel issue d’un article (Naissance des « médias de masse individuels ») publié récemment dans Manière de voir Internet révolution culturelle (février-mars 2010) :

L’influence la plus déterminante que les médias exercent ne procède pas de ce qui est publié, mais de ce qui ne l’est pas.

Cette phrase résonne en Dordogne comme un long cri de douleur.

Pour finir, au lieu de cette propagande misérable servie par Arte le 09 février, nous vous invitons à voir ce documentaire québécois  « On tue la une » (06 février). C’est encore aujourd’hui très loin de la réalité périgourdine, mais cela ira beaucoup plus vite qu’on ne peut probablement l’imaginer.

La Sepanso prend l’eau

Le mélodrame de la Sepanso tourne actuellement au tragicomique et se solde par la démission de deux responsables de l’association écologiste (Cf. SO 04/11/09 et 14/11/09).
Rien de grave en apparence pour une association qui fait figure d’ultra écologiste dans le département et aime à jouer le poil à gratter des promoteurs.

:: L’écologie concerne tout, donc tout me concerne ::
C’est plus problématique qu’il n’y parait. Cette association, qui, au nom de l’écologie lutte autant contre les grands projets immobiliers en zone rurale que la chasse au sanglier, n’a sous couvert de son nom et de sa mission, aucune limite à s’immiscer dans la vie locale. Le terme même d’écologie est assez vaste et flou pour aller du tri sélectif aux installations classées Sevesoen passant par la protection des salamandres.
Entre le circuit de Bagatelle et les sangliers, il y a l’écologie. Ou du moins ce que ses représentants considèrent comme relevant de l’écologie, c’est-à-dire à peu près tout. Y compris la définition des règles morales qui vous imposerait un certain comportement dès lors que vous vous promeniez dans les bois en risquant de déranger les oiseaux ou d’empêcher un cèpe de pousser en commentant le dernier match du Cap.

:: L’Etat en carence ::
Pour autant, cette association qui existe depuis 1969 est reconnue d’intérêt public. Sa mission officielle est de faire appliquer les normes en matière d’environnement dès lors que le débat est public. Voilà qui suffit à rendre sa sueur sur l’ouvrage.
La protection de l’environnement pourrait être une mission de l’Etat se dit-on. S’en est une, via la DIREN, la Direction Régionale de l’Environnement. Elle est régionale. Beaucoup de services sont départementaux de par l’intérêt de leur mission, mais on a considéré que la protection de l’environnement pouvait n’être que régionale. En somme qu’un agent de l’Etat pouvait bien couvrir à lui seuls plusieurs départements pour accomplir sa mission. Concrètement nous avons vu la DIREN Aquitaine obtenir le résultat inverse de l’objet de sa mission, à savoir la destruction d’un zone humide accueillant certaines espèces protégées. Incompétence ou surcharge de travail, les faits sont là.

:: Entre intérêts général et particulier ::
En réalité il y a une carence manifeste de l’Etat en la matière et la Sepanso fait office de bras armé local. Là où un service de l’Etat est présent en amont du projet et rend un avis permettant à celui qui décide de l’autoriser ou non, la Sepanso n’intervient qu’en aval et donne ainsi toujours l’impression de jouer les censeurs de dernière minute. Sans autre légitimité que de se mêler de tout et sans visibilité sur ses choix d’intervention. Composant avec ses moyens, la sélection des projets qui seront attaqués demeure discrétionnaire, ce qui n’est pas un gage de service public et d’intérêt général.

:: Cas pratique avec la Sepanso ::
On mesure donc le problème entre un Etat « distrait » et une association qui n’a les moyens et la visibilité que ceux relevant de son statut juridique, une association loi 1901. J’ai eu l’occasion de débattre avec la Sepanso, ou plutôt l’un de ses représentants, sur un projet immobilier. C’est un exemple en aucun cas généralisable à l’ensemble de l’action associative.

Acte 1

Premièrement ce représentant n’a apporté aucune solution concrète aux problèmes environnementaux qui étaient réellement soulevés et pour lesquels nous cherchions des solutions. Nous lui avions proposé une collaboration, il n’a jamais fourni le moindre élément positif.

Il fallait davantage subir sa logorrhée sur sa vision du monde dont il s’étonnait qu’elle ne fut pas universelle. Toujours en lieu et place de discuter des problèmes d’environnement précis liés au projet, il a fallu supporter son analyse architecturale du projet, nous expliquant que ce dernier ne correspondait pas à ses goûts et qu’il n’en voulait pas en Dordogne. Taisant sur ce qui relevait de ses compétences, intarissable sur un sujet qu’il ignorait de bout en bout, les échanges furent pénibles. Mieux, quelques jours après, alors que nous lui avions transmis tous les éléments liés à notre étude d’impact environnementale, il se répandait dans la presse locale pour critiquer l’architecture du projet en énonçant les contre vérités les plus insensées. Au regard des éléments qui lui avaient été transmis et ce qu’il en concluait, ou bien il était de mauvaise foi, ou bien il était sot. Je n’ai jamais su trancher, car sa mauvaise foi l’aurait amenée à bien communiquer, ce qui ne fut pas le cas.

Acte 2

Ca c’est de la réalité de terrain et ce n’est pas fini. Lors de l’enquête publique, il a produit un document abracadabrantesque toujours sur l’architecture, émaillé de quelques chiffres fantaisistes sur la relation du projet et de l’environnement, sous couvert d’une analyse globale du capitalisme aussi puérile que déplacée. Nous avons donc produit un document rappelant l’objet de sa mission démontrant l’étendue non seulement de son incompétence touchant au délire, mais au-delà il nous permit de couper court, analyses précises à l’appui, montrant tout le bien fondé du projet. Sa partialité était si caricaturale et sa compétence si peu révélée qu’en miroir, il revenait à donner toujours plus de crédit au projet, ce que la commission d’enquête n’a pas manqué de relever.

Epilogue

En somme, ce personnage n’avait en rien défendu les objectifs liés aux missions statutaires de son association, au contraire il n’avait fait que renforcer par ses bouffées délirantes la légitimité du projet. Mais au-delà, il avait instrumentalisé cette mission environnementale comme un porte-voix psychanalytique révélant la finalité véritable de sa présence écologiste.

Au final, les espèces protégées présentes sur le site pouvaient bien crever du moment que lui était donnée l’occasion d’exprimer publiquement tout le bien qu’il pensait de sa propre personne, comment le monde allait mal, et l’écoutant lui, comment on le sauverait.

:: Une mission de la plus haute importance ::
Cela fait beaucoup pour une association qui relève le gant d’une mission de la plus haute importance et qui prend en charge une carence de l’Etat pour des objectifs que l’on sait essentiels pour l’avenir.
La voir aujourd’hui se déchirer pour des enjeux gotiques et égotiques, entraînant son affaiblissement par des démissions multiples, répandue dans la presse à coup d’incontinence médiatique, oui, cela est attristant.
Car au fond le discrédit est là. L’image est affaiblie et le ridicule traîne aux entournures.

De quoi faire rigoler les promoteurs les plus vils qui voient un de leurs adversaires les plus légitimes se diminuer et se diluer dans des chicaneries d’appareil.
De quoi aussi renforcer l’image d’une bande d’intégristes portées par une idéologie totalisante utilisant le grand thème de la nature pour résoudre leurs difficultés personnelles et existentielles. La Sepanso n’est pas cela, sa mission est bien trop importante pour échouer sur ce genre de récif. Elle aurait déjà bien assez de travail pour faire appliquer les règles de droit en matière d’environnement.

L’écologie est-elle bien trop grave pour être confiée à des écologistes ?

Cumul des mandats, les élus périgourdins livrent leur verdict

Le mandant (unique) sort du bois. Après le congrès socialiste (2009) de La Rochelle, le ton était donné au risque de contrarier le maire de Périgueux, celui de la consultation.
Les militants socialistes vont avoir l’occasion de se prononcer sur le cumul ou le non cumul des mandats le 1er octobre.

Du coup la Dordogne Libre (30 09 09) a fait un intéressant sondage sur ce qu’en pensent les élus socialistes locaux. Comme personne ne l’ignore, la plupart sont des cumulards accomplis et des briscards de l’addition de fonctions électives.

« êtes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l’impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d’une loi, dès les prochains renouvellements (cantonales 2011, sénatoriales 2011, législatives 2012) un mandat de parlementaire avec une présidence d’exécutif local (communes, intercommunalité, Conseil général, Conseil régional) ou la participation à un exécutif (vice-président, maire adjoint) ? »

Le sondage résumé à une question fermée, a le mérite d’être binaire, mais estompe des contradictions ou des grands écarts à s’en faire péter les adducteurs. Les avis sont recueillis tels que, le sondage sans analyse ni commentaire, au plaisir de se lire entre les lignes et de nous tomber dans les bras. Merci.

Alors reprenons et détaillons ces commentaires, mais en relation avec les actes. Car sinon la politique ne sert à rien et n’est qu’une fumisterie au long cours.

Dans la catégorie des « pour », on démarre par le champion toutes catégories confondues, le grand spécialiste en la matière, le bien nommé Bernard Cazeau.
S’il y en a un qui suscite l’étonnement dans cette catégorie, c’est bien le Sénateur et Président du Conseil Général Dordogne.
Le palmarès est à laisser sans voix les plus ambitieux du parti :

Maire de Ribérac de 1971 à 2001
Conseiller Général de la Dordogne du canton de Ribérac depuis 1976
Conseiller Régional d’Aquitaine de 1977 à 1998
Président du Conseil Général de la Dordogne depuis 1994
Elu Sénateur le 27 Septembre 1998

De 1998 à 2001, il n’était pas moins que Maire, Président du Conseil Général et sénateur.
Entre 1994 et 2001, il a aussi été maire, Conseiller Régional d’Aquitaine et Président du Conseil Général.
Bref l’homme est sans égal en Dordogne, non moins en terme de fonctions cumulées que de maitrise politique du territoire.

Et voilà notre sénateur de nous expliquer :

J’ai souvent eu deux mandats et j’ai longtemps été défenseur de ce cumul avec l’argument d’être à la fois au four et au moulin. Mais aujourd’hui, je reviens un peu là-dessus. Quand on mène corrélativement un mandat départemental important et un mandat national, on a parfois du mal à assumer l’un et l’autre. Il est difficile de mener de front deux exécutifs à la fois. Je pense qu’un mandat parlementaire se suffit à lui-même. Peut-être que ça vient un peu tard mais je suis tout à fait ouvert à cette réflexion.

Aujourd’hui, comme par hasard, il revient « là-dessus ». Cumulant des mandats, depuis plus de 20 années, il confesse publiquement avoir des difficultés à assumer un mandat national et un mandat local. Et c’est bien pour cette raison, car rarement un retournement de veste avec une telle impunité politique n’aura été si cynique, qu’il conclut « que ça vient un peu tard ».

Il aura donc fallu attendre le congrès de La Rochelle, en 2009, pour que Bernard Cazeau prenne conscience ou en tout cas l’affiche, de l’intérêt, soudain, du non cumul. C’est opportun pour l’homme qui est Sénateur et Président de Conseil Général depuis 11 ans. On ne saurait mettre en doute sa totale sincérité.

Au tour de Claude Bérit-Debat.
Sénateur, Adjoint au Maire de Chancelade et Président de la Communauté d’Agglomération périgourdine.

Je répondrai oui à la question de Martine Aubry à laquelle je suis favorable. Je le pense depuis que je suis sénateur. J’ai d’ailleurs laissé mon mandat de maire sans en avoir été obligé.

Encore un élu qui dira oui mais accuse réception du contraire. Ou plutôt agira comme s’il avait répondu non en continuant à jouir de la cumulation. Il faut préciser, à décharge, qu’élu Sénateur en 2008, l’homme alors encore Maire, et Président de la CAP n’avait pas une idée très claire sur la chose (France 3 Périgord 30 09 08):

Il n’y a pas de cumul de mandat puisque c’est une fonction de président et le mandat de maire et de sénateur sont parfaitement compatibles…

C’est donc après une sérieuse mise à jour que l’on peut le voir maintenant reconnaitre qu’effectivement, il cumule bien deux mandats.

Pascal Deguilhem
Député à Périgueux, Conseiller Général et Conseiller municipal à Saint-Aquilin (485 habitants).

Il l’a dit, il l’a écrit, il l’a fait. Après tout c’est bien la première chose que l’on peut demander à un candidat et par surcroît à un élu. Il est quand même hallucinant que celui qui apparaisse comme le plus intègre dans sa démarche soit en même temps le plus isolé…

Colette Langlade
Députée, Conseillère Générale et Conseillère Municipale à Thiviers.

En revanche, être député et maire ou vice-président, ça me paraît difficile avec la gestion du temps et des dossiers.

On passe. Rien à rajouter sur une suppléante qui est devenue députée dans des circonstances exceptionnelles et dont l’activité parlementaire demeure une des plus faible de France (153è/557).

Et nous voilà dans la catégorie des « contre » le mandat unique. Ceux-là, c’est un peu comme les parlementaires qui ont voté la loi Hadopi sans savoir se servir d’un mulot. Un combat d’arrière garde franchouillarde qui attachent à leurs bretelles, même le caleçon.

Michel Moyrand
Maire de Périgueux, 1er Vice-Président de la Communauté d’Agglomération périgourdine et Vice-Président du Conseil régional.

Je voterai non à la question de Martine Aubry. Le mandat unique, j’en ai toujours entendu parler. Il n’a jamais été mis en place. C’est une question qui passionne les militants. Sur le fond, je ne suis pas opposé mais il faut que cette règle s’impose à tout le monde et pas seulement au PS à titre d’exemple. Il faut légiférer. Nous risquons de perdre un grand nombre d’élus et je ne pense pas que le PS puisse agir de la sorte.

Amateur de syllogismes en tous genres, le Maire de Périgueux, toujours très franc, votera « non » tout n’étant pas opposé au mandat unique.
C’est qu’il a la sienne de logique. Lui qui ne jure que par l’exemplarité, là ça va trop loin. Il ne faudrait pas que le PS montre l’exemple. L’évolution de la démocratie de notre pays, propulsée par son propre parti politique, est bien secondaire à l’importance de la quantité d’élus socialistes à préserver.

Décidément, chassez l’apparatchik, il revient au galop.

On comprend bien que c’est une question qui passionne les militants, mais pas les élus. Il avait d’ailleurs qualifié ce sujet de « tarte à la crème » dénonçant toute la démagogie qu’il voyait derrière l’entreprise de sa Secrétaire Nationale.

Germinal Peiro
Député, Vice-Président du Conseil Général et Maire de Castelnaud

Au moins lui, il cumule, il aime ça, il le dit, il en redemande.

Je ne suis pas favorable au mandat unique de parlementaire. C’est même une erreur. Avoir un mandat local devrait être un critère pour les parlementaires à qui l’on reproche trop souvent de ne pas avoir les pieds sur terre, de ne pas connaître la réalité du terrain. Le mandat de maire permet d’acquérir une expérience irremplaçable. Et puis, il faut prendre en compte la taille des communes. Être député et maire de Limoges, ce n’est pas la même chose qu’être député et maire de Castelnaud.

Et au contraire de son acolyte il propose un raisonnement, faux, certes, mais un raisonnement.
Celui de la réalité de terrain qui permettrait au mandat national d’être en « contact » avec le local.

Pour ce faire, relisons Guy Carcassonne, professeur en droit public Paris X Nanterre et Institut d’Etudes Politiques de Paris (Cf.).

Quant au contre-argument habituellement avancé, selon lequel le cumul permettrait aux députés d’être au fait des réalités du pays et des tendances de son opinion, il n’est pas seulement stupide – car tous les députés, alors, devraient être invariablement réélus -, indécent – car il n’y a qu’en France que l’on cumule, or il n’y a qu’en France que la majorité sortante, quelle qu’elle soit, s’est systématiquement fait battre aux six derniers renouvellements généraux-, il est aussi insultant pour les parlementaires du monde entier – qui ne cumulent pas, et dont on ne sache pas qu’ils soient moins compétents que leurs collègues français.

Il est rejoint sur ce point par Marion Paoletti, maître de conférence sociologie politique Université Montesquieu Bordeaux IV (L’Obscure) :

On connaît l’argument sans cesse ressassé par les partisans du cumul local/national : l’exercice de fonctions politiques locales donnerait au parlementaire cette expérience irremplaçable du terrain, ce contact avec l’électeur qui garantirait la qualité de la loi.
Cet argument est souvent fallacieux : les intérêts locaux font oublier les perspectives nationales et internationales et favorisent la myopie politique. La soi-disant connaissance du terrain n’a pas empêché les parlementaires d’être souvent sourds et aveugles aux problèmes du moment. Un député n’exerçant que ce mandat, qui reçoit dans sa permanence les habitants et sillonne sa circonscription, est confronté aux problèmes et attentes de son électorat sans que sa vision ne soit déformée par la collectivité qu’il gère.

Il va falloir que Germinal Peiro propose un peu mieux que ses poncifs sophistiques pour espérer défendre ses ambitions de cumulard vertueux. Car en l’espèce, démonté de bout en bout dans son argumentaire archaïque, il ne s’affiche que comme le défenseur des néo-féodalités.

:: Conclusion ::

Les deux Sénateurs se disent pour le mandat unique mais s’affichent en cumulards invétérés. C’est l’argument Kung Fu Panda: la gourmandise mène au grand écart facial.

Le maire de Périgueux ne se dit pas opposé au mandat unique mais s’y refuse pour des raisons d’appareil politique. Argument politicien, comptable, il révoque la dimension réformiste en matière de démocratie du PS au profit d’une pure logique de parti.

Le député Germinal Peiro s’affiche en seul et unique défenseur du cumul des mandats pour légitimer ses ambitions mais en aval d’un argumentaire obsolète. L’argument du »terrain » était connu et récusé depuis longtemps.

Colette Langlade était suppléante, le moire destin l’a voulu députée, passons. Cela étant, son argument n’est pas politique mais strictement pratique et matériel. « Il pleut, mets tes bottes ».

Il n’y a donc que Pascal Deguilhem, qui assume volontairement, pour des raisons politiques (au sens générique et pas celui du maire de Périgueux), d’accorder le dire et le faire sur la question. Appliquant déjà cette hygiène politique il s’abstient sur l’argument, dommage.

En gros, en Dordogne, les propositions de Martine Aubry, et donc du PS en ce qu’elle en est la représentante élue, sont très largement minoritaires auprès des élus.

Maintenant on le sait.

Courage, l’union !

Ah, on allait oublier les secrétaires… Pardon, mais comme ils n’ont aucune fonction élective républicaine c’est secondaire.

Matthieu Druillole, secrétaire de la section du PS de Périgueux  :

Quand j’ai commencé en 1994, le mandat unique était l’une des revendications des jeunes socialistes. Je pense que c’est important mais ce n’est pas la question centrale sur laquelle les Français attendent le PS.

Dans la lignée de ses pairs: c’est important mais pas central. Démerdez-vous avec ça. (Avec mention en Travaux Dirigés « langue de bois » il reçoit les encouragements du jury politique).Au passage quand même, un tacle sur Martine Aubry, qui, elle, en a bel et bien fait une question centrale. Car au fond et dans le sens de Michel Moyrand, il ne semble pas considérer comme centrale la question de la démocratisation du système représentatif.

Benoît Secrestat, premier secrétaire fédéral du PS :

Je suis favorable au non-cumul des mandats mais pas à un non-cumul absolu. J’estime que l’on peut très bien être député et conseiller général ou maire d’une commune. C’est même souhaitable pour que l’élu ne perde pas le lien et les repères du terrain. Et puis, je ne vois pas pourquoi le PS appliquerait quelque chose que n’appliqueraient pas les autres partis. Cette question seule n’a pas de sens. C’est plutôt la question du statut de l’élu qu’il faut revoir dans sa globalité.

Un orfèvre. C’est la théorie du non-cumul relatif qui équivaut au cumul absolu. Il reprend l’argument de Germinal Peiro dont nous avons vu l’inconsistance à la fois logique et pratique. Ensuite il mixe le problème avec la thèse du maire de Périgueux sur la logique d’appareil politique. Entre le député Germinal Peiro et le maire Michel Moyrand, il se montre un fidèle secrétaire fédéral en plein syncrétisme.