Antennes relais : Moyrand, seul maire de france sans responsabilité

Jusqu’à quel point peut-on faire de l’hypocrisie une méthode politique ? Dans son dernier magazine de propagande municipale, (1er trimestre 2012), Michel-Michel a sorti le grand jeu.

Tout le monde sait avec quelle couardise le maire a laissé implanter une antenne relais de téléphonie mobile à 100 mètres de la crèche des arènes et d’une maison de retraite. Alors qu’il espérait que l’ouvrage passa inaperçu, il s’était fait choper en flagrant délit de tromperie à la population.

Du coup, il avait créé une commission fantoche pour faire genre « démocratie des ondes ». Totalement bidon, la commission avait volé en éclat dès ses premiers jours. Le collectif Priartem 24 avait quitté l’assemblée après s’être fait sournoisement manipulé.

Depuis, Michel-Michel rame tant qu’il peut. Son vernis écolo tendance électoraliste s’effrite comme de l’amiante. Ses positions anti écologistes au profit de sociétés privées le poursuivent. Aussi n’hésite-t-il pas dès que possible à brandir un alibi écolo pour rappeler à quel point cet électorat lui est précieux.

Un des rares maires français à jouir officiellement de son incompétence

C’est officiel, le maire de Périgueux se félicite d’un arrêt du Conseil d’Etat qui, à ses yeux, le dédouane de toute responsabilité en matière d’antennes relais. Selon lui, cet arrêt lui permet de se débarrasser du problème en bottant en touche.

« Les installations d’antennes relais à Périgueux : point sur la réglementation et rappel des projets en cours« 

Le passage le plus intéressant porte sur l’instrumentalisation d’une décision du Conseil d’Etat du 26 octobre 2011, qui rappelle les compétences en matière de réglementation sur les implantations d’antennes relais. Le maire de Périgueux cite la phrase qui, selon lui, l’exempte de toute responsabilité:

« un maire ne saurait réglementer par arrêté l’implantation des antennes relais sur le territoire de sa commune ».

En l’espèce, le maire de Périgueux, en rappelant ce passage de l’arrêt, fait passer l’idée qu’il n’a aucune compétence en la matière et qu’il n’y peut rien :

« le maire n’a aucune autorité pour exiger le démontage ou l’interdiction des antennes»

Ca c’est un mensonge. Le maire voudrait ainsi faire croire qu’il n’a aucune responsabilité vis-à-vis de l’ordre public, de la tranquillité et de la salubrité, quand ils sont liés à une problème d’antennes relais. Justement, le Conseil d’Etat rappelle fermement le contraire.

On va donc directement citer le Conseil d’Etat:

Il convient de souligner que les décisions rendues par le Conseil d’État ne concernent que la question de l’autorité compétente pour édicter une réglementation générale des implantations d’antennes relais, sans préjuger ni de la légalité des règlements nationaux applicables ni de l’éventualité de décisions individuelles de police municipale que les maires pourraient prendre, notamment en cas d’urgence, concernant une antenne relais déterminée, au regard de circonstances locales exceptionnelles.

Ce besoin incessant de vouloir tromper les gens, de les désinformer pour mieux les manipuler tourne à l’obsession. On arrive à un point tel que cela relève de la psychiatrie. Ce n’est plus simplement de la mauvaise intention, c’est une maladie.

Le pavillon des paresseux

La loi donne à un maire diverses compétences en matière de réglementation. C’est un pouvoir de police (administrative). Cette réglementation peut être soit générale, soit exceptionnelle (circonscrite dans le temps et l’espace).

Ce que le Conseil d’Etat rappelle, c’est qu’un maire ne peut pas prendre un arrêté général concernant l’implantation d’antennes relais sur sa commune. Car dans ce cas, il se substituerait aux autorités compétentes qui relèvent de l’Etat (ministre, ARCEP, ANFR) et jouissent d’un pouvoir de police supérieur, dit « spécial ».

Le respect de la hiérarchie administrative rappelé par le Conseil d’Etat permet à Michel Moyrand de dire : « vous voyez, je ne peux rien faire ».
C’est là que le bât blesse. Personne n’a demandé au maire de Périgueux de produire une mesure de police générale sur les antennes relais et de se placer au-dessus du ministre. Et quand bien même, certaines communes ont eu le courage politique de le faire pour l’intérêt de la population.

Par contre, on lui a bien demandé d’examiner au cas par cas les problèmes engendrés par ces antennes relais. Et c’est le cas pour celle qui rayonne au-dessus de la crèche des Arènes.

La loi comme alibi

Le Conseil d’Etat n’infirme en rien le pouvoir d’un maire quant à une réglementation particulière, pour une antenne relais déterminée, au regard de circonstances locales exceptionnelles. Il pourrait très bien, si les parents et le personnel se sentaient plus concernés, prendre une mesure spéciale pour endiguer un trouble à l’ordre public. Encore faudrait-il avoir la volonté de travailler AVEC la population et non avec les opérateurs.

Certes, il ne peut pas produire une mesure de police générale au motif du principe de précaution porté par la charte de l’environnement. Cela ne le prive en rien des autres moyens d’agir, ni de tous les leviers administratifs dont il dispose.

D’ailleurs on peut louer le courage des communes qui ont pris le risque de cet arrêt. Elles ont été condamnées à 4000 € d’amende mais ont permis de prendre des positions politiques claires et de faire avancer le débat. Dans le même temps, Moyrand racontait qu’en cas de condamnation, cela coûterait des fortunes en dommages intérêts aux communes…

Les écologistes favorables aux antennes relais de Moyrand ?

Vous aurez remarqué que le médaillon sur la droite représente une élue écologiste (Elisabeth Patriat), comme si elle portait le message municipal sur les antennes relais.

On peut en douter. Car depuis le début, le groupe écologiste de la majorité municipale est engagé contre la politique du laisser faire de Michel Moyrand et son chèque en blanc aux opérateurs de téléphonie mobile.

EELV a officiellement, à ce titre, soutenu la création du collectif contre l’antenne relais de la crèche des Arènes. Le même collectif qui a claqué la porte de la commission suite à grossière tentative de manipulation du maire.

Encore une fois, les élus écologistes semblent servir d’alibi à une politique qui n’a strictement rien d’écolo mais qui a besoin d’eux pour le faire croire.

Des écologistes encombrants ?

Ce greenwashing devient troublant, quand, dans le même magazine, le groupe EELV parle du Forum alternatif local de l’eau à Périgueux. C’est l’occasion de dénoncer la forfaiture qu’est le forum mondial de l’eau officiel, lessiveuse marketing des principales sociétés spécialisées dans la vente de cette ressource -dont SUEZ-.

Or le forum mondial de l’eau n’était pas loin du festival Art et Eau, dont le financement par Suez a été annulé au dernier moment, celui-là même où Suez signait son contrat d’exploitation de l’eau potable périgourdine.

Rappeler l’existence d’un forum alternatif à celui qui a snobé la venue de Danielle Mitterrand à Périgueux pour la défense de l’eau comme ressource non privatisable, relève du camouflet.

C’est rappeler encore que Michel Moyrand a préféré les intérêts immédiats de SUEZ à ceux des périgourdins et qu’il a piteusement trahi sa parole et son programme politique.

Dans ce contexte, on peut imaginer tous les coups bas permis…

Conseil municipal du 22 juin 2011: Le Grand Détournement

Le procès verbal du conseil municipal de Périgueux du 22 juin 2011 recèle quelques perles (télécharger le .pdf). Il est tout frais, tout chaud, il vient de sortir, c’est donc l’occasion d’en partager les meilleurs moments, d’autant qu’un des morceaux de choix était la validation du budget 2010.

On en est là. Dans Le Grand Détournement de Périgueux, Michel Moyrand a vraiment la classe américaine.

L’investissement pour Périgueux rabaissé à celui des années 2000

Des années 2000 à 2009, la dépense en équipement était en augmentation. Sur la période, l’investissement pour la ville a plus que doublé. Mais pour des motifs qui lui sont propres, Michel Moyrand a décidé pour 2010 de ramener cet investissement au niveau des années 2000.

Cette régression spectaculaire suscite quelques interrogations. Le débat d’orientation budgétaire 2010/2014 de février 2010 (pas si vieux) prévoyait une baisse, certainement pas de cette ampleur.


La justification du maire est éloquente :

« je me suis dit tiens ils vont me parler des investissements sur les trois années et je vais regarder ce qu’ils avaient fait, eux, sur les trois premières années de leur précédent mandat. Vous aviez sur vos trois premiers mandats, 2001, 2002, 2003, investi une moyenne annuelle de 779 € par habitant. Nous, nous sommes à 960 € ».

Les chiffres gouvernementaux et les données de l’INSEE ne permettent jamais d’arriver à ce résultat. Peu importe. Le fait est que cette dépense d’équipement est la plus basse depuis 2001 et qu’elle ne se justifie que par une pirouette du maire.

Forcément les caisses sont pleines. Quid du développement de la ville dans ces conditions ?

Suez augmente déjà ses tarifs sur l’eau potable. Et alors ?

Au détriment de tous ses engagements, Michel Moyrand avait reconduit le contrat de Suez dans des conditions rocambolesques à la sauce région PACA. Seul argument d’alors pour conforter sa décision : la baisse du prix de l’eau potable.

Pas de chance. Suez Lyonnaise des Eaux, comme on pouvait s’y attendre, a déjà trouvé un moyen d’augmenter ses tarifs. Cette augmentation stipule une conseillère municipale :

Pour que cette baisse des tarifs ne soit pas trop douloureuse pour les comptes de la Lyonnaise, celle-ci, s’appuyant sur votre courrier, profite de cet effet d’annonce pour faire valider une augmentation par anticipation des échéances mensuelles obligeant les consommateurs que nous sommes à faire une avance sur trésorerie au profit de la Lyonnaise.

Allô Thérèse ?

Pour répondre à cet entubage de première catégorie, le maire, en guise de réponse, laisse la place au métaphysicien :

A l’égard des grands groupes privés, je vois et je partage ce que vous dites, les grands groupes peuvent faire des dividendes et des bénéfices sur les usagers. On en est là et on peut le dénoncer voilà.

Voilà. C’est simple, le maire de Périgueux reconnaît ne pas avoir su (ou voulu) défendre les intérêts des périgourdins. Effectivement maintenant, on ne peut que le dénoncer. Mais on vous a bien niqués quand même !

La vente de la maison Estignard pour financer la nouvelle mairie

Personne n’ignore aujourd’hui que la nouvelle mairie de Michel va couter un bras. Le projet vendu pendant les élections à 1 million d’euros, puis rapidement à 3 et maintenant à 7 millions sans compter la rénovation de l’actuelle mairie absente du budget 2010/2014 va faire très mal. Pour information, cette rénovation non budgétée coûtera au minimum 2.8 M€.

L’ardoise pour la ville sera supérieure à 10M€ à l’arrivée. On peut le comparer à la dépense totale d’équipement de 2010 s’élevant à 6 M€…

En contrepartie, le maire s’était engagé à une « opération blanche ». Comment ? En se débarrassant d’autant de patrimoine communal qu’il serait nécessaire pour payer sa nouvelle mairie.

On apprend donc ainsi que la maison Estignard sera vendue et qu’elle est estimée aujourd’hui à 700 000 €. Classée aux Monuments Historiques, la maison Estignard est considérée comme un des plus importants édifices de la Renaissance périgourdine. Acquise par la ville en 1951, elle a été rénovée en 1953 et 2001 pour la toiture.

Source: http://jintrans.com/1PHOTOessay/Perigueux/Perigueux.htm

En parallèle de cette vieille casserole de maison Estignard, on apprendra que le maire juge le bâtiment de la CCI « de bon goût ».

Cette erreur historique, reniant pas moins de 800 ans d’histoire autant que les principes essentiels d’un urbanisme public, sera doublée d’une incroyable braderie du patrimoine périgourdin.

Un peu à la manière des positivistes du XIX° siècle, les périgourdins d’aujourd’hui confondent modernité et progrès. Cette confusion qui amène à violer l’histoire au nom de la modernité est la même qui a conduit à la destruction des Rues Neuves entre 1950 et 1970.

Le positivisme bourgeois qui caractérise Moyrand avec son « bon gôut » XIX° ne semble pas alerter les périgourdins, au contraire. La tâche n’en sera que plus rude pour leurs descendances.

Un nouveau poste municipal pour aider un ami du maire

Michel Moyrand créé un nouveau poste de cadre pour l’assister dans sa tache. La réponse à la question de savoir ce qui justifie une telle embauche est géniale. Simplement dit-il parce qu’il en a le droit.

En réalité, le poste fait-il l’objet d’un concours de recrutement ? Non. Car ce nouveau poste de cadre au sein du cabinet du maire n’est pas justifié par un besoin, loin s’en faut. On apprend par la suite que Michel Moyrand rend en réalité un service à un « ami ».

Cet « ami » est Pascal Bourdeau. Ayant été élu aux cantonales, il ne peut plus jouir de son poste de salarié dans la commune de Nontron. Sans emploi, il est donc embauché par Michel Moyrand. Elle est pas belle la vie ?

Le meilleur est qu’à cela, totalement décomplexé, Michel Moyrand ne disconvient nullement, bien au contraire, il confirme.

« … c’est vrai que Monsieur BOURDEAU savait qu’il prenait le risque, il ne savait pas qu’il allait être élu au départ, alors après comment cela s’est passé effectivement ne pouvant pas rester sans travail parce que l’indemnité d’élu, d’un conseiller de base n’est pas d’un niveau exceptionnellement élevé… »

Soit, c’est donc pour cette raison que la commune de Périgueux a un nouveau poste au cabinet du maire. Simplement parce qu’un pote de Moyrand, en gagnant les élections cantonales, s’est retrouvé au chômage.

On sera donc ravi d’apprendre que cet argent public, loin de se justifier par un besoin réel pour l’intérêt général, n’est utilisé que pour sortir les copains du maire de la panade.

Un dialogue surréaliste sur le principe de Peter

Nelly Perraud-Dausse y avait consacré un billet, mais le verbatim du dialogue est simplement irréel. A la tirade sur le contournement de la légalité pour embaucher son copain, Jean-Paul Mingasson commente :

« Principe de Peter »

Manifestement ignorant de ce principe, Moyrand embraye comme il peut et part en sucette :

Je ne vous réponds plus parce qu’il y a longtemps que vous êtes atteint par le principe de Peter. Vous êtes très agressif quand les choses vous dérangent.

Ok, Michel ne sait pas ce que c’est, donc joue à « c’est çui qui dit qui l’est ».

Réplique de Mingasson :

J’ai mis le doigt sur quelque chose qui fait mal.

Moyrand dans le brouillard fait diversion :

Non vous êtes un homme de mauvaise foi. Je vous le dis parce que vous utilisez cette tactique, cette stratégie à maintes reprises y compris avec le Président de la CAP, ce qui n’est pas à votre honneur.

Mingasson tombe dans le panneau :

Il m’avait insulté.

Et là Moyrand, pète gentiment un câble en direct :

Vous êtes un petit élu.

Mingasson, visiblement pris au dépourvu et piètre rhéteur s’enfonce :

C’est invraisemblable, il y a les grands élus et les petits élus.

Pour finir, Moyrand, ne comprenant toujours pas qui est ce fameux Peter qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam, justifie son indignation :

Taisez-vous. C’est vous qui dites que je suis atteint par le principe de Peter.

Nananananèreuuuuuuuuuuuu

En conclusion

« Au revoir messieurs dames. C’est ça la puissance intellectuelle »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dg41Pxm7qB4&feature=related[/youtube]

Une baisse des prix dites-vous, une aumône de Suez

Une baisse des prix dites-vous, une aumône de Suez si l’on considère les profits qu’il a amassé pendant 24 ans à Périgueux.

Je vote pour la régie publique de l’eau et je ne vous ferai pas l’affront de vous en expliquer les raisons fondamentales puisque vous les avez déclinées vous-même, Monsieur le Maire, pendant votre campagne électorale.


Une fois élu, vous avez « oublié » que le retour en régie ne s’improvisait pas,

qu’il nécessitait, pour vos services techniques et votre directeur, un, voire deux ans de travail. C’était le seul moyen d’avoir une simulation fiable s’appuyant sur un prévisionnel financier, une estimation des contraintes techniques, une large consultation de la population, un rapprochement avec la CAP, une ébauche de conseil d’exploitation et d’une politique tarifaire favorable aux plus démunis.

On vous accordera que reprendre les rênes de Périgueux ne fût pas chose aisée

et que les impératifs d’une telle tâche furent chronophages. L’échéance de la concession était proche, vous n’étiez pas prêt. Personne en 2010 n’a vu d’inconvénient à voter un sursis d’une année. C’était une perche tendue et cette perche, que vous ne l’avez pas saisie.

Au lieu de mettre immédiatement l’ouvrage sur le métier,

vous avez décidé en Juin 2010 de commander une étude. Cette commande fut suivie dès juillet, le 27 précisément, d’un avis d’appel public à la concurrence clôturé le 10 septembre, pour un contrat d’affermage sur 10 ans.

Faire une étude avant de prendre une décision est une démarche respectable pour peu que ses conclusions s’appuient sur des données suffisantes et que les dés ne soient pas pipés à l’avance.

Horizon 2015 fut donc chargé d’une double mission :

estimer le coût de la régie publique et faire l’étude comparative des candidats à l’affermage.

Concernant la première mission, ce cabinet ne cache pas le caractère aléatoire de ses conclusions, ayant constaté l’absence de véritable implication de la municipalité. Je remarque que vous vous appuyez cependant sur ces conclusions entachées d’approximation pour justifier de votre décision finale.

La deuxième mission d’Horizon 2015, en qualité d’assistant du maître d’ouvrage, aboutit au choix que vous avez fait, sans que la commission ad hoc ait pu rendre un véritable avis.

Vous demandez à présent aux conseillers de se prononcer sur une alternative : « Suez » ou la régie publique.

D’un côté, l’affermage à une société privée qui fait depuis plus de 20 ans le bonheur de quelques actionnaires, qui a magnifiquement traîné les pieds en matière d’investissements, qui fait un effort -dites vous- après avoir pratiqué des tarifs parmi les plus chers de France ; un effort dont on peut douter de la pérennité lorsqu’on constate que les factures augmentent de plus de 3 % chaque année-

Et qui fut si sympathique lorsque vous recherchiez des mécènes pour le festival de l’eau… On paiera l’eau moins chère, oui, mais à quel prix ?!!!

De l’autre, la régie publique, là, tout de suite. Une vue de l’esprit puisque nul sursis n’est possible. C’est comme si vous nous proposiez de traverser la Manche avec une barque sans rame et sans moteur.

Toute votre démarche depuis 2008 n’aboutit à qu’à l’enterrement en première classe de la régie publique de l’eau.

Vous vous battez les flans en prétextant que vous avez fait de votre mieux tout en piégeant vos propres alliés :

  • s’ils votent pour l’affermage, ils sacrifient leurs convictions et passent pour des gens sans parole.
  • S’ils votent contre, ils passeront pour des idéalistes dépourvus de pragmatisme, puisqu’ils votent pour un choix impossible à réaliser et par-dessus le marché, dont les conditions ont été présentées comme désavantageuses pour les ménages.
  • S’ils s’abstiennent, ils seront considérés comme des lâches ou des indécis.

Vous réussissez ainsi à disqualifier ce qui fait la grandeur d’un parti : le respect des hommes.

J’espère que ce contre exemple encouragera d’autres communes à se battre pour que l’eau, ce bien commun de l’humanité, reste dans le domaine public, gérée par le public pour le public.

Je vote pour la régie publique parce que je ne veux pas être complice d’une abdication et que je conteste la manière peu orthodoxe de la démarche.

Intervention de Nelly PERRAUD-DAUSSE
Conseil Municipal du 24 mars 2011

Histoire d’eau: un référendum pour la gestion publique

Histoire d’eau

Sans eau pas de vie

.. « L’eau n’est pas une ressource naturelle comme les autres. Elle est une ressource irremplaçable, non-substituable, ce qui en fait plus qu’une ressource, c’est-à-dire un bien vital pour tout être vivant et l’ensemble de l’écosystème Terre. Tout être humain a le droit, individuellement et collectivement, d’avoir accès au bien vital. L’accès à l’eau et l’obligation de sa conservation pour la survie « appartiennent » à l’humanité, collectivement; ils ne sauraient pas faire l’objet d’une appropriation individuelle « privée ». »

Valérie Peugeot, Le contrat de l’eau

L’eau est le bien de tous, est-ce encore vrai ?

Vaste sujet, qui pose le problème du droit de propriété sur l’eau : Est-il normal de posséder une source, voire un puits ? Est-il normal de transformer cette eau en profit ? A quand l’appropriation de nos rivières ? De nos nappes phréatiques ? Des glaciers et des mers ?

L’eau représente 70 % de la surface du globe. 97 % de cette eau est salée, impropre à la consommation sans transformation. Restent 3% d’eau douce, répartis inégalement sur la terre. Ces 3 % attirent bien des convoitises. Devant l’accroissement de la population mondiale, vous imaginez bien ce qui va suivre : l’économie fonctionnant sur le jeu de l’offre et la demande, certains petits malins ont compris qu’il y aura bientôt plus de demande que d’offre… Restera à mettre la main sur les sources… et la boucle sera bouclée.

Une dépossession progressive

Si cette eau est à nous, sa gestion ne l’est plus : 80 % des Français paient leur facture d’eau à des sociétés privées : les trois principales : VEOLIA, SUEZ et la SAUR. En Dordogne, 98 % des périgourdins paient leurs factures à l’une de ces compagnies chargée, par les communes, de prendre soin du réseau et de la potabilité de l’eau.

Ils s’engagent par contrat à maintenir en bon état le réseau de canalisation confié par la commune, à garantir la potabilité de l’eau et à gérer sa distribution.

La dépossession, comment ça marche ?

On confie son enfant à une nourrice

L’eau est notre bien le plus précieux. Mais on n’a guère le temps de s’en occuper. La « nourrice » frappe à votre porte et propose d’en prendre soin, acceptant même de payer un droit -dont le nom évolue mais pas le principe (Redevances d’occupation du domaine public: le nouveau décret). Comment refuser une offre aussi sympathique : non seulement on s’en occupe mais on nous paie le droit de s’en occuper. Soulagé, on dit oui, on signe en bas de la page et on en prend pour 20 ans.

…qui part avec pendant de longues années…

Bien sûr, on va aux infos régulièrement. Chaque année la bonne dame vous transmet un rapport qui vous explique ce qu’elle a dépensé ; un rapport de 20 pages rébarbatif que vous regardez en famille et en diagonale, et ça repart pour un an. On remarque bien que la facture augmente… Mais la nounou est sympa, elle vous fait même des cadeaux, ce qui vous permet de faire du sport et d’aller au spectacle.

…Et ne nous rend l’enfant que contre rançon.

Au bout d’un certain temps, malgré tout, on lui pose des questions … Elle fait la sourde oreille. Alors on demande à des amis qui s’y connaissent un peu de regarder de plus près les comptes et les rapports. Et on s’aperçoit que la bonne dame fait appel à du personnel (il semble parfois bien pléthorique), qu’elle met un temps fou à reverser ses impôts (placement à court terme assaisonné de quelques intérêts), qu’on ne sait pas finalement en quoi consiste les frais d’entretien… Ce qui jette un vieux doute sur sa sincérité. Alors on se dit « basta. J’arrête les frais. Rendez moi l’enfant, je me débrouillerai seul . ». Et là, en bas du contrat, elle pointe une clause parlant de dommages et intérêts exorbitants, et vous menace de reprendre ses petits cadeaux. Alors, il arrive que l’on se batte avec courage mais il arrive aussi, et plus souvent, qu’on baisse les bras.

Après le service, les sources ?

S’étant emparé de la gestion de l’eau et ayant bien ficelé les élus, qu’est-ce qui empêche ces sociétés privées de passer à l’étape suivante ? S’approprier notre bien… Ne nous inquiétant plus de l’état de l’eau (dont les analyses sont faites pour la plupart par les sociétés de gestion elles mêmes), nous nous apercevrons bientôt qu’il nous est impossible de faire face à sa dégradation. Le reversement des boues, du purin , des huiles usagées, de tout ce qui est possible et peu imaginable dans nos cours d’eau précipite le drame.

Combien de ces crimes contre l’environnement sont passés sous silence parce qu’ « on ne veut pas d’histoire ». Et qu’arrivera t’il ? La nounou frappera à nouveau à notre porte pour nous proposer de sauver le bébé et l’eau du bain. Et on signera en bas de la page la vente de nos rivières en compensation de ce sauvetage. La, nous perdrons définitivement la main.

C’est le moment ou jamais

Pourquoi évoquer ce sujet en ce moment ? C’est que la plupart des contrats municipaux sont en renégociation. C’est le cas à Périgueux. Beaucoup de communes en France ont réagi. C’est le cas à Montbéliard, Vierzon, Paris, Rouen, Castres et cela n’a rien à voir avec l’appartenance politique du maire.

Constat : la reprise en main aboutit partout à une baisse des factures. Elle permet aussi de trouver un autre mode de facturation, plus équitable. Elle permet surtout de prendre les dispositions nécessaires pour améliorer la qualité sanitaire de l’eau et pas seulement sa « potabilité » dont les critères sont fort discutables.

La gestion de l’eau, c’est un problème citoyen qui mériterait un référendum…

Certains élus de Périgueux ont réussi à déclencher une étude indépendante. Pas sûr cependant que d’autres
-et non des moindres- aient envie de sauter le pas, de reprendre les salariés en régie, de gérer ainsi ce bien qui nous appartient, à nous, habitants de Périgueux et au-delà, aux habitants de l’agglomération ! Alors si tout simplement on demandait la parole : un référendum.

Vous voulez plus d’information ? Des conférences sont organisées à Périgueux dans les jours qui viennent.

Ce n’est pas qu’une question d’argent,
C’est aussi préserver le bien de nos enfants
En se réappropriant la gestion de l’eau, on garantit l’universalité de sa jouissance.

« Il est souvent difficile de conserver sa foi en la destinée de l’homme, mais ce n’est que lâcheté de désespérer de l’avenir ».

René DUBOS