Nouvelles du Front

Les nouvelles du Front ne sont pas encourageantes. A un peu plus de 15 jours de la prochaine commission extra municipale autour du projet d’aménagement du Bas Saint Front, on peut se demander ce que nous réserve la municipalité.

:: Recadrage ::

Histoire de recadrer rapidement le projet, il s’agit ni plus ni moins que d’aménager les abords de la cathédrale Saint Front pour les raisons suivantes.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, l’édifice religieux possède aujourd’hui le plus petit parvis dans sa catégorie, à peine équivalent à un trottoir de rue secondaire. Tout l’espace a été voué aux automobiles, pour atteindre un carrefour dont les caractéristiques dimensionnelles sont celles d’une route départementale.

Le trafic routier généré, via la pénétrante de l’avenue Daumesnil, a un impact direct sur la zone:

  • – Baisse de la qualité de l’air,
  • – dégradation de l’habitat, (salubrité des logements et apathie du quartier),
  • – abandon des commerces, (perte d’activité économique et impact sur l’emploi),
  • – érosion accélérée de la pierre, (conséquences sur les monuments et couts de rénovation),
  • – difficulté des déplacements piétons, (praticabilité et dangerosité),
  • – sous exploitation du potentiel touristique et culturel.

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.:: La position du maire ::

Etroitement lié au projet d’aménagement urbain et paysager, le projet de parking souterrain de place Mauvard est l’objet de toutes les attentions. Depuis longtemps le maire actuel n’y est pas favorable, il suffit de lire les comptes rendus des conseils municipaux où le sujet a été débattu. Pour autant, face au caractère d’intérêt public majeur de ce projet, on aurait pu penser que la filiation du projet avec l’ancienne municipalité ne soit pas un obstacle à sa continuité.

Aujourd’hui pourtant, force est de constater le contraire. Alors que le projet de parking souterrain est proposé à 8.8 millions d’euros par Vinci, le maire, dans Sud-Ouest, annonce un coût de 15 millions d’euros, alors qu’en dernière instance il avait toujours était question d’une estimation à 11 millions d’euros. Il lui plaît ainsi d’ajouter 4 millions, comme ça, histoire de tailler une bavette. Les chiffres seraient donc un peu comme les mots à la veille des élections. Pour flinguer ou retarder un projet, on ne s’y prendrait pas autrement; aussi, quand on veut se débarrasser de son chien, on commence par dire qu’il a la rage.

On notera au passage que le projet du Bas Saint Front a également pour objectif de rapprocher les périgourdins de la rivière l’Isle, à laquelle ils tournent actuellement le dos. Un des projets du maire est de faire de Périgueux une ville d’eau, notamment par le biais d’un festival bi annuel sur le thème Art et Eau. On pourrait donc penser que le projet BSF va dans le sens de ce projet de ville d’eau. Ca n’a pas l’air.

Un autre projet a été directement mis en concurrence, celui du déménagement de la mairie dans un bâtiment tout aussi adapté que le premier, bien que plus vaste, mais qui a le mérite d’être vierge d’une odeur politique qui n’est pas la sienne.

Aujourd’hui qu’entend-on ? Les commerçants du Puy Saint Front semblent un peu désabusés. Lorsqu’ils demandent des nouvelles du projet BSF au maire, ce dernier répond :

on a plus d’argent

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.:: Tombé du ciel ::

Et oui, depuis que Périgueux a fait l’objet d’un rappel à l’ordre sur l’état des finances, assorti d’une note de 29.09 / 30, communiqué par le Préfet et le Trésorier Payeur Général, ami de la famille politique au pouvoir, rien ne va plus. Cela a d’ailleurs valu au préfet un petit tour au Ministère de l’Intérieur, où MAM n’a pas du se montrer des plus souriante, on l’en sait fort capable. Bien sur, le préfet a tenté de minimiser l’affaire dans la presse, mais trop tard. La manœuvre réussie de la gauche a mis en difficulté le premier représentant de l’Etat, coincé entre l’habileté du TPG et un Ministère de l’Intérieur acquis à la cause du Ministre de l’Education Nationale..

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Du pain béni pour la majorité qui voit dans cette note toute l’opportunité de manœuvrer à son avantage. En terme de gestion de bien public c’est désolant. Cette difficulté, au lieu d’être mise sur la table en toute transparence, pour voir quels sont les problèmes réels, est instrumentalisée en tactique politicienne. Traduction pour les habitants :

on a pas plus d’argent

Comprendre, on n’a plus d’argent, sauf bien sur pour ce qui nous intéresse. Le projet du Bas Saint Front semble ne plus intéresser le conseil municipal, entièrement tourné vers le déménagement de la mairie, projet devenu prioritaire en coulisses. Il faut rajouter en coulisses, car le maire ne prend pas ses responsabilités de décideur politique. Il ne défend pas un projet contre un autre, en assumant ses décisions, mais camoufle d’un côté et agit en douce de l’autre, comme s’il n’y avait pas de choix à faire.

Ainsi, le projet du Bas Saint Front, fait maintenant l’objet d’une commission de pilotage, dont on se demande si, tant qu’à faire, il ne faudrait pas y associer Saint Pierre et Miquelon, tant les acteurs invités à donner leurs avis sont disparates et pour certains fraichement concernés par le projet.

:: Le dernier en premier et vice et versa ::

Cela n’empêche pas, au contraire, de poursuivre les études sur l’aménagement qui ne concerne pas le parking. Pour mémoire le projet bas est en stand bye, mais doit commencer en premier. Le projet haut avance bon train mais doit commencer à être réalisé en second. Cette logique, qui ferait froid dans le dos à tout investisseur averti, devrait être clarifiée lors de la prochaine commission extra municipale.
D’un côté, pour la réalisation du projet du Bas Saint Front, il est présenté par le maire comme nécessaire de :

  • – Consulter une commission de pilotage
  • – Attendre les résultats de l’audit financier sur les finances de la ville
  • – Reconsulter les entreprises de réalisation du parking
  • – Attendre la mise en place du Plan de Déplacement Urbain par la communauté d’agglomération
  • – Avoir une démarche budgétaire extrêmement serrée

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De l’autre côté, pour le déménagement de la mairie, rien. Il est simplement accessoire de prendre en compte le cout de :

  • – Rachat du foncier et du bâti de l’ancienne CCI
  • – Réhabilitation et mise aux normes du bâtiment et des abords
  • – Réhabilitation et mise aux normes de l’actuel bâtiment municipal

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Pour ce projet, plus rien de ce qui est évoqué plus haut n’est nécessaire, cela coule de source. Disparue la rigueur budgétaire invoquée en déesse de la méthode comptable, envolées les commissions techniques « essentielles », évaporée la gestion des flux communale et extra communale, aucune importance de l’audit financier en cours, accessoire également l’inscription du projet au Plan Local d’Urbanisme de Périgueux. Seule réponse aux périgourdins :

Un projet de première nécessité

 

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:: Deux poids deux mesures ::

Il n’est pas question de dresser un projet l’un contre l’autre, les deux ont leurs propres justifications. Mais c’est dans la différence de traitement sur le plan de la communication du maire que l’écart est le plus éloquent. Là où l’on ne devrait parler que d’intérêt général, de priorité en terme de gestion de bien public, d’équité et de transparence dans la présentation des enjeux, on se heurte à l’ego, à la dissimulation, à la manipulation de l’information; au service de la couleur politique et des ambitions personnelles, à l’inverse de la mission de service public découlant de l’élection.

Il n’est pas certain que ces manipulations, somme toute grossières, trouvent satisfaction chez les électeurs. Si d’un côté le nouveau maire a obligation de se démarquer de la politique de ses prédécesseurs pour matérialiser la promesse de rupture qui l’a porté au pouvoir, de l’autre, avec un écart de 113 voix aux élections et une population en attente de résultats concrets et rapides, l’absence de lisibilité politique par le biais d’un homme peinant à incarner la fonction de maire, (ce qui oblige entre autre à assumer les yeux dans les yeux avec la population des choix politiques), risque de se traduire par un désaveu brutal.

Cette absence de lisibilité et les tâtonnements convulsifs des trois premiers mois de mandature ont été absorbés par la difficulté compréhensible de prendre ses marques. Si en revanche cet état perdure et s’inscrit comme griffe de la méthode municipale, se caractérisant par l’absence de vision à long terme pour Périgueux et de projets structurants, il est certain que les périgourdins ne s’y retrouveront pas et le feront savoir.

Le projet porté par le maire était celui d’une ville dynamique, avec une démocratie locale modernisée, au commerce relancé, au tourisme redynamisé, aux quartiers revitalisés, avec une politique de l’emploi volontaire et un rayonnement extra communal de fait et non de droit. En somme, il s’agissait de proposer un projet faisant entrer Périgueux de plein pied dans le XXIème siècle.

En commençant par saborder le projet du Bas Saint Front et en déplaçant la mairie à 300 mètres, on a du mal à comprendre les moyens mis en œuvre répondant des objectifs du projet de campagne électorale.

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