#Aquitaine: les élections régionales et Twitter

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus d’un mois. L’UMP et le PS auront attendu la fin du mois de janvier pour annoncer les listes départementales. La campagne en forme de blitz krieg de l’UMP rappelle celles des municipales de 2008 menée par le ministre du travail à Périgueux, avec le résultat que l’on connait.

Bref rappel en préambule, la cartographie des régionales sur la toile via Pearltrees

Régionales Aquitaine 2010

Ce qui découle de notre observation de janvier : autant le dire, si les candidats stagnent sur Twitter ils feraient un carton sur Foursquare. En effet, leur microblogging est largement destiné à dire où et quand les candidats seront, limité en grande partie à un usage d’agenda.
Nous avons donc relevé les compteurs pour mesurer (superficiellement) la pénétration et la progression des têtes de listes dans les principaux réseaux sociaux. Par ailleurs, il sera pris en compte cette fois les candidats Aquitaine Ecologie et le Modem qui viennent de créer des comptes Twitter depuis début janvier.

:: No FB Day ::

Pour ce jour nous ne regarderons que Twitter en laissant de côté Facebook, que nous verrons plus tard. La grande vue d’ensemble aurait été de rigueur mais en ce dimanche, les gazouillis ont plus retenu mon attention.
Depuis le dernier billet sur la question, Qui Twitte a mis en ligne un lien pour suivre l’actualité des élections régionales sur Twitter. Un peu avant, Le Post avait lancé Tweest, consacré aux politiques sur ce réseau. Enfin, Sud Ouest met à disposition une « list » des politiques en Aquitaine, c’est toujours pratique.

:: PS3 vs UM P2p ::

En terme de stratégie de communication générale, il est intéressant de s’arrêter sur celle du PS et de l’UMP, tant le contraste est grand. D’un côté, le PS continue de nourrir une activité soutenue sur son site de campagne. Les mises à jour sont régulières et de nouveaux contenus sont disponibles avec une bonne fréquence. Sur un plan pratique par exemple, depuis leur annonce officielle, les listes départementales sont consultables, ainsi que les sites départementaux sont développés en continuité du site général. Ce n’est pas le cas à l’UMP.

Mais plus original, depuis le 27 janvier, le PS vient de lancer rousset.mobi, une application pour Iphone afin de suivre la campagne. Certes, il  n’est pas distribué sur l’Appstore. De plus, le lien renvoyant sur la page de téléchargement ne fonctionne pas et l’on se contentera pour l’instant d’une déclaration d’intention :

A l’heure où plus de 300 000 Aquitains sont sur facebook et où 1,8M d’iPhone sont en circulation en France, l’équipe d’Alain Rousset a décidé de jouer à fond la carte des outils numériques pour renouveler les modes de communication traditionnels et toucher de nouveaux publics.

Peu importe, la victoire sur l’internet se dessine déjà. L’un est de plus en plus réactif quand l’autre est de plus en plus amorphe. Devrait-on leur rappeler qu’en choisissant une blitz krieg, ils ont opté pour une tactique de mouvement?

Car il commence à y avoir un gouffre avec l’UMP. De son côté, le site de campagne de l’UMP reste peu mis à jour et faiblement nourri de contenus : il est à l’heure actuelle l’inverse d’un site vivant et donc l’objet d’une réelle communication. L’immense « panneau » Twitter au milieu de la page ne sert quasiment à rien, puisque le candidat a envoyé 7 tweets depuis le 07 janvier 2009.

D’ailleurs c’est marrant. A l’instant, le site vient d’être mis à jour et les « encarts » Twitter et Facebook ont été remplacés par des annonces évènementielles (aujourd’hui pour un meeting). Les têtes de listes départementales sont également à jour. Au regard de ce que nous allons dire, c’est assez significatif qu’ils décident de changer de stratégie.

Autrement dit, il semble que l’UMP a fait le choix de ne pas faire campagne sur l’internet, évoquant sa présence sur les réseaux sociaux plus qu’il n’y participe et délaissant son site officiel, parent pauvre de sa campagne électorale. On peut même aller jusqu’à se demander si au fond, ce désengagement sur le réseau ne correspond pas à une réalité plus matérielle quant aux véritables objectifs de la droite dans cette élection.

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:: La politweeque en chiffres ::

Voici les résultats bruts et l’évolution des comptes depuis qu’ils sont mis en observation.

@moniquedemarco (AE) analysé sur Twittercounter. 48 abonnés et 44 tweets.

@jeanlassalle (Modem) analysé sur Twittercounter. 35 abonnés et 25 tweets.

@RoussetAlain (PS) analysé sur Twittercounter. 153 abonnés (+51) et 68 tweets (+56).

@XavierDarcos (UMP) analysé sur Twittercounter. 756 abonnés (+145)  et 27 tweets (+7).

:: Les gazouillis de Xavier Darcos ::

Le compte UMP obtient la marge de progression des abonnés la plus importante alors que paradoxalement, c’est lui qui communique le moins. Il semble que l’aura de la fonction ministérielle y soit pour beaucoup, ce compte est national bien plus que régional.
Cela dit le ministre communique en variant les thèmes et propose un agenda, des réflexions « personnelles » des liens vers son blog ou le site de campagne. Il est certes très rare, mais pas inutilement.

:: Les gazouillis d’Alain Rousset ::

Quantitativement, le candidat socialiste a accéléré avec plus de 50 tweets. Mais cela demeure obstinément quantitatif. Il se contente en grande partie de poster des liens sans titres renvoyant sur sa page Facebook. Qui pourrait bien avoir envie de cliquer sur un lien de ce type ? Cette communication abstraite et monotypique a peu de chances de générer beaucoup d’abonnés, de même que peu d’effet dans le référencement. Ce compte n’est pas fait pour durer au-delà de la campagne mais il pourrait lui profiter, ce qui n’est pas probant.

:: Les néo gazouilleurs ::

Quant au Modem et Aquitaine Ecologie, les nouveaux arrivants semblent s’être impliqués un peu tard dans la campagne. On peut se demander si, en terme de communication, cet investissement connaîtra bien un retour et offrira ce qu’on peut attendre de lui, des électeurs. En deçà de cet objectif, il a au moins pour effet une amélioration infra réseaux.

Centristes et écologistes s’y prennent différemment et se sont créés à deux jours d’intervalle. Ils seront donc intéressants à suivre pour ça et l’on peu penser que leur manière de communiquer fera la différence. L’avantage est aujourd’hui à Aquitaine Ecologie et nous prenons le pari qu’à l’arrivée ils seront nettement devant.

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Le Modem accumule les tweets de liens Facebook sans autre forme d’informations, du temps perdu selon moi. Les deux réseaux ont leurs particularités. Utiliser Twitter en boîte à lettre de liens Facebook a peu de chance de rencontrer satisfaction. Pour le détail, poster des url de 126 caractères sans passer par bit.ly par exemple est une légère faute de goût. Seuls 3 tweets sur 35 sont à caractère personnel, traduisant un sentiment ou une appréciation. On reste dans une communication politique froide et objective. Le résultat est connu maintenant. Ces comptes sont toujours en déficit d’abonnés par rapport à ceux qui se montrent personnels et quotidiens..

Côté Verts il semble y avoir une meilleure organisation ou une meilleure communication entre communicants. Pour commencer, Europe Ecologie a su se ventiler comme un label sur l’ensemble du territoire. Chaque Région est porteuse de son compte Twitter, c’est efficace en terme de présence et de diversité, unique et commun à la fois si l’on peut dire. C’est à l’intérieur de ce réseau largement maillé que le compte de la candidate s’inscrit personnellement. Elle est d’ailleurs 2 fois plus listée que le candidat Modem.

La candidate mélange les temps et les personnes. Là « elle est », ici « nous serons », etc. bit.ly apparait dès le 3ème tweet, l’apprentissage est allé vite! Quelques retweet, un ton dynamique, réactions, évènements variés, le compte est vivant. Ce n’est pas qu’une impression, le vocabulaire joue son rôle. L’exemple est amusant, voici les débuts de tweets. Débattre, consulter, réagir, rejoindre, sont des verbes employés dans les messages souvent mêlés d’enthousiasme sans être niais. La candidate évite ainsi un piège dans lequel tombe souvent les politiques : montrer d’eux-mêmes un compte mécanique et impersonnel, comme s’ils étaient l’Agence France Presse de leur emploi du temps.
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A mon sens, ces quatre comptes sous exploitent les ressources de Twitter. L’ingratitude d’être politicien, candidat par surcroît, conduit à un compte qui ne s’intéresse qu’à lui-même. C’est se priver de la fonction retweet qui est un des outils les plus dynamiques de Tweeter. Enfin et j’ignore pourquoi, on constate une absence totale de htags. Là encore c’est faire une économie couteuse en référencement.

:: La politique entre marketing et communication ::

Ce qui continue d’être frappant, c’est la continuité ici entre marketing et communication politique. Et par extension même, les règles du personnal branding. Le format et les ressources de Twitter conduisent à des stratégies équivalentes en approche et en méthode. Les politiques qui ont le plus de succès et qui sont le plus en avance sont ceux qui se sont adaptés à Twitter et ses usages et non ceux qui ont voulu que le réseau ne soit pour eux qu’un destinataire comme un autre. Or cette adaptation semble passer par l’intégration des règles de Twitter, règles communes au marketing et la com’.

Cela demande forcément du temps. C’est pourquoi aussi l’on peut douter de l’utilité de créer un compte pour une seule campagne, électorale ou publicitaire. Si l’on peut s’exprimer ainsi, les « dividendes » des comptes Modem et Aquitaine Ecologie ne seront pas pour l’élection de 2010. Ils servent davantage aujourd’hui à montrer que l’on n’est pas en retard et non plus comme il y a peu encore que l’on était en avance.

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Cela dit ces réseaux sont aujourd’hui des outils incontournables par leur transversalité. La campagne à papa, la grande pyramide montée sur roulettes est une forme de communication qui recule face à l’unicité et l’égalité des adresses IP. Il reste que les politiques ne sont pas égaux face à ce darwinisme numérique qui n’occulte pas (encore) l’action de terrain.

Aquitaine 2010, les Régionales vues de Pearltrees

Aujourd’hui je poursuis l’exploration de la campagne des élections régionales Aquitaine 2010 sur le réseau. Jusque là, j’avais observé mensuellement le « match » PS/UMP sur Twitter et Facebook, en décembre et janvier (la cession de février promet des surprises).
Pour mémoire ou à l’attention de ceux qui l’observent de loin, le phénomène se développant sur internet est nouveau au niveau régional. Les politiques comme les électeurs sont en train d’apprivoiser de nouveaux outils, dont la maîtrise dépend souvent de celle qui a été acquise dans d’autres contextes, (personnels, professionnels, etc.). Cette période est particulière, car le maniement de ces outils, s’ils sont simples d’usage, requièrent une expertise certaine dès qu’on les met en oeuvre. Chacun sait qu’une partie non négligeable de l’élection se joue sur internet, alors que les subtilités de ce réseau ne sont pas encore totalement maîtrisées en communication politique.

La stratégie politique, aussi chaotique qu’elle puisse être parfois, ne peut ignorer ce qui se joue sur la toile et a l’obligation d’agir. Suite à l’élection de Barack Obama, beaucoup ont compris la nécessité de l’outil quand d’autres y ont même vu un eldorado électoral.
Dans cet ordre d’idées et à la suite du succès de mybarackobama.com, l’UMP et le PS viennent de lancer leurs réseaux sociaux militants, Créateurs de possibles pour le premier et Coopol pour le second.

:: Politique internet et réseaux sociaux ::
Ce qui nous intéresse là, c’est le niveau de pénétration actuelle des réseaux par les partis politiques dans le cadre des régionales en Aquitaine. C’est l’objet d’un passe temps, c’est donc incomplet et encore superficiel. Néanmoins, à terme, car le travail est en cours, nous espérons pouvoir livrer une carte assez fidèle de cette campagne. In fine, nous pourrons tirer quelques conclusions sur les stratégies qui ont été mises en place par les forces politiques régionales.

Bémol à la description unifiée de cette stratégie, les principaux acteurs politiques présents sur les réseaux sociaux l’étaient avant la campagne. Certains mélangent comptes personnels et comptes de campagne et des groupes préexistants militent pour l’occasion en surcroit de leur activité habituelle.

:: Les élections vue de Pearltrees ::
Nous avons développé cette carte sur Pearltrees, qui semblait un outil particulièrement adapté et simple d’accès. Précaution renouvelée avant usage, le travail est en l’état, non achevé. Son incomplétude correspond parfois aux partis politiques eux-mêmes, n’ayant pas encore dévoilé leurs listes ou communiquant confusément des informations pourtant essentielles.
Enfin, cette carte, nous l’espérons, sera utile aussi pour suivre les élections de près, dégageant une vision synoptique des sites, blogs et réseaux sociaux. C’est pourquoi, aux lecteurs que cela intéresse, toute aide sera bienvenue afin de compléter le travail.

:: Les niveaux de pertinence visuelle ::
La carte se développe selon un principe centrifuge à quatre niveaux pour l’instant.
1. Elections régionales
2. Les forces politiques en présence
3. Les outils médias utilisés
4. Les individualités actives sur les réseaux (FB uniquement pour l’instant, le plus populaire)

:: Ebauche de Pearltrees ::
Avant de cliquer sur « la perle », voici l’état des lieux

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Régionales Aquitaine 2010

:: Les premiers éléments de stratégie de communication ::
Une brève présentation, à chaud.

Les extrêmes gauches
Globalement, internet ne semble pas être une priorité pour l’extrême gauche. L’absence de séparation claire, parfois, entre enjeu national et régional, ou la profusion de partis politiques, ne permet pas dans Google un référencement clair et distinct. Leur préférence va à Facebook et encore, sans aboutissement.

Le Parti Socialiste
Le parti socialiste a misé largement sur son site de campagne, de loin la plateforme la plus efficace et la plus aboutie en matière d’outils et d’ergonomie. Présent sur Twitter et Facebook, Dailymotion et Youtube ainsi que sur Flickr, c’est le parti qui a le plus exploité les outils à disposition. En revanche, les têtes de listes départementales ne sont pas explicites et tout est misé sur la personne d’Alain Rousset.

Aquitaine Ecologie
Le schéma semble clair pour Aquitaine Ecologie. Le groupe fait l’économie d’une communication sur Twitter mais compense par une forte activité sur Facebook, dont la page est complète. Par ailleurs la liste des candidats par départements est clairement affichée et dans cette lignée, la communication se veut davantage collective que portée sur la tête de liste, notamment sur Dailymotion.
Ils se présentent ainsi comme un parti structuré et clair et dont les ambitions ne sont pas moindres qu’aux élections européennes.

 Le Modem
De son côté, le Modem possède la page Facebook la plus complète et la mieux renseignée. On notera une bonne présence des têtes de listes dont les comptes Facebook sont actifs. En revanche, ils font l’impasse sur Twitter Youtube et Flickr, ce qui peut étonner au regard de la dimension numérique voulue initialement au niveau national.

Le Centre Démocrate
Nous nous permettrons une zone d’ombre concernant le Centre Démocrate, politiquement en attente de clarification de la maison mère. Sur le plan des outils médias, Twitter (29 followers) et Facebook sont les cibles. De manière surement approximative, on le trouvera aussi sur Myspace, ce qui ne sert à rien en l’espèce.

L’UMP
L’UMP présente une stratégie particulière, difficile à synthétiser. Les têtes de listes départementales ne sont pas livrées, en revanche chaque zone a déjà son porte-parole avec sa fiche d’identité, mais sans parole. Le parti est présent sur Flickr mais ignore les formats vidéo. Il y a un site officiel, mais le blog personnel de Xavier Darcos lui sert de relai de communication, comme son compte Twitter. L’accent est mis sur une carte interactive pour apporter une valeur ajoutée participative, mais toute la campagne repose sur la personnalité du ministre. La ligne de mire est par conséquent complexe à isoler, notamment aux travers des comptes Facebook servant à la communication gouvernementale.

Mise à jour. Vers 22h00, Xavier Darcos twitte sa liste de candidats départementaux. 

Le Front National
Quant au Front National, il offre une visibilité minimale, globalement discret dans les réseaux sociaux (Facebook) et isolé sur internet en général. La moindre vague en dehors de « son territoire » déclenche des tsunamis numériques.

:: Conclusion temporaire ::
Tout d’abord, il faut le répéter, le travail est cours et comporte certainement des erreurs que nous essaierons de corriger.
Premier étonnement devant cette carte, les similitudes entre les extrêmes. La présence numérique, le choix des outils et des médias sont assez proches, mais pour des raisons différentes surement. L’extrême droite n’a pas, sociologiquement et dans sa pyramide des âges, intérêt à se risquer dans une communication trop large sur le réseau. Mais l’extrême gauche, elle, éparpillée et diluée, répond peut-être davantage d’un facteur culturel, d’assemblées générales en rassemblements humains, dans des couches sociales encore partiellement « numérisées » (?).

Second étonnement, il y a d’un côté Alain Rousset et Xavier Darcos, de l’autre le Modem et Aquitaine Ecologie. L’effet est accentué puisque ni PS ni UMP ne dévoilent les listes de candidats sur leurs sites de campagne. Pour ces deux parties, tout se joue sur l’unique personne du n°1. Cela est flagrant pour le PS, alignant une multitude de vidéos dans lesquelles les interviewés disent tout le bien qu’ils pensent non de l’équipe ou du parti, mais de la seule personne d’Alain Rousset. Cette focalisation est peut-être due au déficit de notoriété du candidat sortant qu’a révélé un sondage récent.

Stratégie inverse pour le Modem (non sur le plan national) et Aquitaine Ecologie, jouant la carte de l’action collective. L’attention de l’électeur est plus difficile à canaliser que dans un face à face avec le n°1, mais le mouvement correspond plus à l’air du temps et surtout à l’image initiale d’Europe Ecologie. Deux stratégies s’affrontent donc. Celle du leader charismatique pour le PS et l’UMP contre la synergie de groupe pour les autres.

Au début du mois de février nous pourrons faire un point plus complet sur le niveau de pénétration des réseaux, avant de compléter et d’élargir cette carte.