Dossier OMAC, le MICMAC de Dosset

N’ayant pas vocation à contempler les trains qui arrivent à l’heure, (la propagande officielle s’en charge très bien), nous mettons un coup de projecteur sur les métiers d’artisanat d’art à Périgueux. Enfin non, pas sur eux.
Mais sur la façon dont ils sont (in)considérés, et comment des outils qui devraient être à leur service ne les abaissent en réalité à faire d’eux les instruments de cet outil.

Tout le monde se souvient que ce thème avait fait l’objet d’âpres échanges entre les candidats à l’élection municipale. Le sortant disait l’avoir fait, le rentrant disait vouloir le faire. D’où une légère impression de flou.

Le rentrant étant rentré, il s’est attelé à la tâche, lui qui faisait valoir une situation privilégiée de par sa fonction au Conseil Régional. Une forme de cumul des mandats « légitime » arguait-il.

Alors voilà.

Une situation professionnelle difficile, en souffrance, mais sur laquelle la municipalité doit pouvoir compter pour le développement de la ville. Car une fois les artisans d’art disparus, il faudrait reconnaître qu’il y aurait comme une béance dans l’identité de la ville.

En même temps, on peut compter sur le développement des franchises et des hyper surfaces d’agro-alimentaire en périphérie de la ville pour ramener du monde en centre ville. D’après nos sources, cette théorie est mise en application par Eric Dosset, d’où l’abstention de la ville de Périgueux sur l’agrandissement d’Auchan à Marsac.
Il faudrait presque comprendre qu’Eric Dosset fait plus pour l’artisanat de centre ville en s’associant aux franchises périphériques de l’intercommunalité, qu’en travaillant directement sur leurs conditions locales et le développement de Périgueux.
C’est à se demander si laisser la cathédrale dans son jus impropre et archaïque, n’est pas aussi utile que cautionner les hyper commerces des faubourgs, pour le bien du centre ville et l’artisanat d’art. On ne se doute pas à quel point Eric Dosset est perspicace.

Du coup, le maire mobilise toute ses compétences sur le sujet, lui le spécialiste de la chose artisanale, ne saurait être mis en échec sur ce thème dans sa propre ville. Une gageure !
Que ne serait-on en droit d’attendre de la symbiose d’un spécialiste du tourisme et un spécialiste de l’artisanat ?

Celui qui a dit « des ballades à poneys » il sort !

Comme pour le reste des dossiers, Eric Dosset a pris les choses en main. Il a donc fait organiser une réunion sur le sujet avec les artisans d’art de Périgueux. La réunion s’est déroulée le mercredi 25 mars, dans des « appartements » municipaux au 1 rue de la Sagesse.

La présentation officielle de l’invitation est la suivante :
Création prochaine de l’OMAC. L’OMAC intégrera les métiers d’art.
Donc (appréciez les sous-entendus flatteurs du soldat Moreau) :

Afin de permettre à nos métiers d’être enfin représentés à leur juste valeur, je souhaite vous convier à une présentation de ce projet.

Cette réunion avait pour objectif de constituer, au terme de la rencontre, une association des artisans d’art de Périgueux. Elle devrait être l’interlocuteur privilégié d’une nouvelle structure dossetique, l’OMAC ;

Office Municipal de l’Artisanat et du Commerce.

Le statut juridique est une SEM, Société d’Economie Mixte ayant vocation à des échanges assouplis entre public et privé, entre (investissement et bénéfice).
Vous aurez remarqué que pour l’occasion, les communistes ne mouftent pas. C’est un signe. L’économie de marché internationale ou nationale, c’est le diable. Au niveau local, c’est leur grenadine.
Parmi les surnoms généralement associés à ces structures, on trouve par exemple « planche à billets », ou « bandit manchot », etc. Question de destination.

Pour l’instant ce n’est pas drôle pensez-vous. Deux secondes, le temps de planter le décor et on peut commencer.

C’est un artisan de la place de Périgueux, Jean-Pierre Moreau, qui a été chargé, (ou s’est chargé) d’organiser la réunion et de constituer l’association des artisans d’art.
Il a donc envoyé des invitations aux artisans de son choix, environ une quinzaine nous a-t-on dit. Pour le détail, sachez qu’ils sont plutôt au nombre de 64 ces artisans d’art, à Périgueux.
Ah ! Votre premier sourire ?
Voyez plutôt.

Jean-Pierre Moreau a donc fait le casting, trié les désirés des indésirables, puis procédé à ses invitations. La question intéressante repose sur les critères de sélections des nominés. Pourquoi untel et pas l’autre ? Sa réponse serait certainement captivante.
Alors, Jean-Pierre Moreau. Pourquoi Jean-Pierre Moreau à la source de l’organisation des artisans d’Eric Dosset et de son micmac ?
Peut-être un lien avec le fait qu’il soit président de l’association des commerçants de la rue Limogeanne ? Ou bien trésorier de l’office de tourisme ?
Va savoir. Dans tous les cas, c’est l’association des commerçants de la rue Limogeanne qui figure en en-tête de l’invitation. C’est donc sous cette autorité que les artisans ont été conviés.

Vous ne connaissez pas l’Association Limogeanne ? Bah c’est eux qui, pour une animation de premier rang, ont vendu aux autres commerçants des coquilles Saint Jacques vides (mais lavées) à 50 centimes/pièce. Un succès, autant qu’un excellent souvenir. Une opération « cendriers » franche et massive. Nous remercions au passage les pèlerins de Compostelle de ne pas avoir choisi l’huître pour symbole.

Bref, Jean-Pierre Moreau bat le rappel de quelques artisans méthodiquement triés et nous voilà partis. Les gentils organisateurs présents étaient donc :
Eric Dosset, maire de Périgueux, directeur de la Sémitour, président du Pôle Emploi, égérie des taureaux « adossés » du Thôt, adjoint au développement économique touristique, commercial, artisanal, salarial, frontal, intestinal, minimal, etc.
Le « tout frais » directeur de l’Office de Tourisme en stage « découverte ». (Il a été servi)
Un représentant de la Chambre des Métiers. (Très discret pour les heures sup’ effectuées).

Premier imprévu qui annonçait le calvaire de Jean-Pierre Moreau.
Doux Jésus Marie Joseph !
Des artisans non invités se sont invités quand même, au point qu’il n’y avait pas assez de chaises pour la trentaine de personnes présentes.
Diantre, ces artisans non prévenus auraient-ils le téléphone ou bien s’envoient-ils des texto par signaux de fumée ?
Se sentent-ils donc concernés par cette réunion sur leur métier et leur avenir au point de se déplacer sans être conviés ?
Visiblement.

Qu’à cela ne tienne on fera avec. Bon alors, l’objet de cette réunion, les amis, c’est de faire une association, qui sera le porte-voix officiel des artisans d’art périgourdins et force de propositions pour travailler sous les fourches caudines de l’OMAC.
Eric Dosset d’expliquer qu’il travaille sur l’OMAC depuis 6 mois, que tout est prêt, qu’il n’y a plus qu’à signer en bas de la feuille. Et même qu’on aura ainsi plein de subventions pour faire des animations. Youuu !

– On va vous faire exposer vos produits sur les places publiques !
– Oué c’est ça et mes pianos t’en veux combien ? C’est toi qui les portes ?

– Hum. L’été on vous fera des animations pour faire venir les touristes !
– Ben voyons, comme si on vendait aux touristes… du 15 juin au 15 août.

– Z’aurez des subventions !
– Ca c’est bien. C’est tout à fait notre cœur de métier de vivre de subventions…

Zut, personne n’avait entendu parler de l’OMAC à part Jean-Pierre Moreau. Six mois qu’Eric se creuse la tête et il n’en avait parlé à personne, en tout cas personne de réellement concerné. Toujours en quête de concertation et de transparence, Eric Dosset avait choisi de leur faire la surprise et leur mâcher le travail :

– Coucou les amis, signez en bas, sinon les autres faites une croix.

Ben oui, quand on a un esprit supérieur, comme Eric Dosset, on sait bien mieux les choses que les gens dont ces choses sont le métier. C’est logique.
Si par exemple la Ministre Albanel connaissait toutes les qualités de notre élu, elle le laisserait régler le problème des champignons noirs sur les peintures de la grotte de Lascaux

– T’en foutrais un coup d’eau de javel sur ces cons de champignons !!!
De toute façon on a les copies et l’original est interdit au public alors…

Et voilà, avec Eric plus de problèmes et plein de touristes. Souvenons-nous de la dérive « Lascauxland » dénoncée par Sud Ouest (08 03 09). Et méfiez-vous de ne pas devoir faire votre métier en chantant en patois, en n’oubliant pas la paille dans les sabots.

Quoi ! Ca ferait venir des touristes et ça distrairait les guides périgourdins sur Périgueux Renaissance (entre le XI° et le XIX° siècles) à la torche, même que la cathédrale Saint Front a de tous temps eu des coupoles byzantines à pierre de taille mécanique du XIX° siècle ?

Parce qu’elle le vaut bien. Non ?

Il a bien fallu, pourtant, faire remarquer à Eric Dosset qu’il ne maîtrisait que très relativement son dossier, au regard de son nez plongé dans ses notes colorées, ses confondantes approximations, avançant des idées que les mêmes artisans avaient produites il y a plusieurs années, déjà…

Bah, on s’en fout! Allez, Jean-Pierre Moreau a préparé ses fiches d’inscriptions pour l’association, il n’y a plus qu’à les remplir et signer.
Arf. (Roulement de tambour puis silence).
En regard de la tournure des évènements, ces petites fiches ne furent même pas distribuées. Fin psychologue, notre homme vit assez vite qu’il n’y aurait pas une seule signature ce soir là.

Le maire adjoint (à lui-même) à plié les gaules au bout de deux heures pour amener ses collègues débriefer la situation.
Jean-Pierre devait faire venir des amis pour créer l’association des artisans d’art et vlan !
Tout le monde s’incruste, pose des questions intelligentes, ose des critiques pertinentes et l’association n’est même pas constituée. C’est n’importe quoi Jean-Pierre !

Récapitulons
L’opaque Eric Dosset a constitué l’OMAC dans son coin, hors concertation avec les principaux intéressés. Car en réalité, cette structure a moins vocation à l’artisanat local qu’à être un objet politique porteur et séduisant auprès de l’électorat. Selon ces critères, effectivement, les artisans n’avaient nul besoin d’être associés à cette problématique.

Contrôlant de facto sa SEM, (par ici la monnaie), il ne lui restait plus qu’à contrôler la corporation des artisans, via son obligé Jean-Pierre Moreau, chargé de trier le grain de l’ivraie. Sur le papier rien à dire.
Une campagne de communication plus tard, le maire aurait pu faire valoir, dans la transparence et la concertation, l’étendue de son œuvre en matière de promotion de l’artisanat.
Chacun, dans sa chaumière, aurait du conclure à la belle et bonne action d’un maire efficace, attaché à ses engagements de campagne.

Mais tout cela, c’était en oubliant que les artisans sont libres, qu’ils sont des professionnels et qu’en plus, n’en déplaise à l’ « adjoint à lui-même », ils sont dotés d’un cerveau. Il n’était donc pas légitime qu’il revienne à l’obligé Jean Pierre Moreau de considérer par lui-même la juste valeur des artisans devant être présents ou non.

La prochaine réunion est prévue pour le 16 avril 2009. Pour tout renseignement, s’adresser à Jean-Pierre Moreau, (physionomiste officiel d’Eric Dosset pour l’élevage d’artisans présentables) place du Marché au Bois.

La mise en service de l’OMA est annoncée pour le 1er juin 2009. On va avoir un bel été.

Périgueux, Michel Moyrand navigue au gré du clafoutis

Décidément, à l’approche du printemps, Périgueux a des airs marins. Après avoir appris par un de ses proches que le maire Michel Moyrand avait le « charisme d’une huître », voilà t’y pas qu’il renchérit en conseil municipal sur le thème fort iodé de la navigation. Aussi les orientations budgétaires avaient un air de marée basse.

Tout avait été dit en conférence de presse la veille du conseil, par un maire emphatique sur son plan quinquennal. Aussi nulle surprise, sinon quelques précisions sur l’augmentation de la fiscalité ou les niveaux d’investissements. Le décor étant définitivement planté, nous reviendrons en détail sur ce sujet, documents en main, pour une analyse aussi nette que possible.

Mais pour l’heure, ami périgourdin, laisse toi porter sur les flots de l’insouciance, écoute les grues rejoindre leurs quartiers d’été, hume le vent des horodateurs autour de la cathédrale, et sors ton chéquier pendant que le maire fait ses cartons. Voilà en substance le message du maire:

propulser Périgueux à un niveau jamais atteint d’activité et d’attractivité

Voilà la salle du conseil municipal avant la séance, vide.

Attendant d’être comblé, le vide n’espérait pas tant de vent.

noname.jpg

.
:: Il n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras … :: 
Eric Dosset a été grand. Eric Dosset a été Eric Dosset. Sans complexe et avec plénitude, il s’acharne à parodier la marionnette des Guignols de l’Info d’Alain Delon.
Il suffit d’écouter

Allez, pour l’essentiel…

Pour la référence saline

Le roi de l’innovation touristique a encore frappé hier soir, révélant à bon marché tout son infini contentement de soi. Dommage que le maire se refuse à diffuser les conseils municipaux, car seuls ceux qui le connaissent comprendront le rapprochement avec la marionnette de l’acteur. Nous sommes bel et bien passés de la caricature de boulevard au néoréalisme burlesque.

:: Le vide, puis le vent, et rien, puis le vide ::
Bref, un monde sur lequel on vogue au gré du clafoutis, à ne pas confondre avec le clapotis.
Vous souriez peut-être, mais le maire se mord encore les doigts d’une telle entame pour sa première orientation budgétaire.
Car, comme le maire nous l’indique, il n’est pas le commandant du Titanic, un vulgaire bateau à moteur, (à explosion rajouterait l’adjoint Mathivet), mais le skipper d’un fier voilier, quitte à le confondre avec l’embarcation de Jean le Cam au dernier Vendée Globe

_090107_vendee_le_cam.jpg

                                                                  afp

Là nous devons tirer un coup de safran à Jean-Marc Pennetier, dont on ne saurait ignorer le style, la pâte du littéraire sur le « charbonnier » Moyrand. Le directeur de cabinet, si l’on se permettait de filer sa nautique métaphore, pourrait s’entendre questionné sur le droit de vie et de mort du capitaine sur son équipage.

Ou encore de savoir, si quand les mouettes ont pied, n’est-il pas temps de virer ?

Nenni. N’en déplaise à l’adjoint lutte des classes de 6ème bleue contre 6ème jaune, Le Vacon, le maire est bien le skipper d’une bête de course, d’un étendard de l’America’s Cup. Alain Dosset est à la tactique, fier comme une pataras au pré serré, tendu comme un string.
Les adjoints Doat et Mathivet sont au réglage de grand voile, l’une prend des ris, l’autre des vents (purs).
Tandis que les gros bras au cabestan, s’activent et se remplacent, les nommés Dupuy et Le Vacon. Ils vous montent une grand voile comme à l’abattoir de Vincennes on vous découpait un bœuf au merlin pendant les 12 coups de midi.
Dans la position du « singe », comme on dit dans la littérature, à la manœuvre du spinaker, le conseiller Belloteau n’a de cesse de chercher le meilleur angle venteux. Non non, ce terme n’a pas été choisi en fonction du calendrier chinois. Seuls les critères d’agilité à repérer le sens du vent font la différence.

Car c’est de vent qu’il s’agit, sentir d’où il vient, pour l’utiliser opportunément, afin de zigzaguer vers son destin. Le maire tire des bords, empanne, souque, autour des bouées qu’il s’est donné pour parcours. Dans le poste de pilotage, à l’abri des risées, analysant les données météo et donnant le cap à 24h00 chrono, les technocrates Laporte (pour souffler le chaud) et Pennetier (soufflant le froid) s’activent à éviter les écueils, en donnant leurs instructions de route.

:: La croisière s’amuse ? ::
Et vogue, et vogue et vogue. Et les autres direz-vous ? L’Equipe !
Ah madame, il s’agit d’un équipage de course, pas de la Croisière qui s’Amuse !
Les autres ne font pas du shopping sur le pont n°2, ils servent de lest, ils basculent et font masse.
Au pré, ils se mettent en position inverse à l’inclinaison et décuplent l’ouverture de grand’ voile par rapport au vent. Leur fonction est de faire poids, mais face à leur qualité d’être forts différents, voire opposés, le skipper doit donc sans cesse mouvoir cette masse en équilibre avec son cap. Bon courage.

:: Un sponsor omniprésent ::
Le bateau est luxueusement sportif mais son sponsor, Bernard de Cazeau Comte du Périgord, redouterait, dit-on, le manque de préparation de son équipage à enchaîner les manœuvres si rapidement. Aussi, il verrait d’un bon œil que le skipper s’étranglât d’un os de lapin au passage d’une bouée. Se débarrassant d’une embarcation usée avant d’avoir commencé, il pourrait ainsi armer un bateau flambant neuf pour la prochaine régate en 2014. N’est pas Comte du Périgord qui veut…
D’autant que la bête de grand large périgourdine est en passe de se faire coiffer par l’aviron bergeracois. Il ne manquerait plus que ça !
Alors voilà, 6 anorexiques à la rame pourraient donc doubler le 60 pieds du sous commandant Moyrand ?

Que le grand Cric me croque !
C’est inacceptable !!!!

Et on reconnaît les capitaines à leur détermination, voire à leur obstination, grisés qu’ils sont par le large et la fatigue, forces nées de la mère. Tatatan.

Alors il augmente l’impôt de 5%, investit comme jamais alors qu’il dit les finances en berne, manque à sa parole en ne respectant pas ses engagements, fait croire à de l’investissement quand il s’agit de fonds perdus, mais, mais.

Il déploie 11.5 M€ pour la rénovation des écoles. Chapeau bas. Ayant tout loisir d’apprécier le contenu décidé par l’Education Nationale, il aura au moins des contenants impeccables.
Par exemple, avec 11.5 M€, vous pouvez acheter le château Puycharnaud, modèle de Napoléon III au nord de Nontron, pour 3.5 M€. Avec le reste, vous pouvez rénover l’ensemble du bâti, le mettre aux normes et même faire un hôtel de luxe**** avec spa et restaurant.
Pour tout renseignement, s’adresser à La Perla Living, à Saint Jean de Côle.

Les écoles ne sont jamais assez neuves ni suffisamment équipées. Gageons qu’avec une telle somme, on soit tranquille pour un moment quand même. Mais comme le maire ne veut rien dire publiquement sur les écoles concernées, il est difficile de se faire une idée. Foutue transparence.

:: Ouin Ouin et son totem ::
Finissant par là où nous avions commencé, il parait que le maire a vu rouge en apprenant qu’un proche collaborateur lui avait attribué des caractéristiques normalement réservées à François Hollande. C’est lui au départ, et lui seul qui devait avoir le charisme d’une huître. Pas Michel Moyrand.

Toujours en recherche de compromis, ne serait-on pas inspiré de regarder une fois encore notre ami Ouin Ouin (allias Antoine Decaune) dissertant allègrement de son totem?

Cela ne vous rappelle rien?

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=R09CXOocyxI[/youtube]

Périgueux, le maire dépose le bilan (annuel)

Aujourd’hui paraît dans Sud Ouest une belle interview du maire de Périgueux en forme de bilan annuel, le premier de la série. D’où l’émoi.
On y parle même de ruedelachouette. La chouette serait un animal féroce ! Dam, ce modeste volatile nocturne serait-il aussi féroce qu’une bande de scolopendres ?
Revenons plutôt à nos moutons et au jeu d’insomniaque dont ils sont les héros.
Hervé Chassain produit une interview en 13 questions, afin de laisser au maire l’occasion de présenter avec sagacité l’étendue de la nouvelle politique communale.

Attention il y avait des questions pièges !

 :: Question n°1 ::
Michel Moyrand, tombeur du ministre Xavier Darcos ?
« … quelque chose qui fait plaisir ».
Ce qui est pris n’est plus à prendre.

:: Question n°2 ::
Pensiez-vous être élu ?
Ne répond pas à la question, mais indique :

C’est au moment où on fera le bilan au bout de six ans que l’on verra.

On verra dans six ans s’il pensait être élu ?
Cette question fondamentale pour l’avenir de Périgueux ne trouvera donc réponse qu’en 2014.
En réalité, il ne peut pas dire « oui ». Ce serait gros comme le nez au milieu de la figure.
Mais il ne peut pas dire « non », car il avouerait ne pas être préparé à diriger une mairie exigeante et avouerait par là avoir été dépassé. Ce qui aurait entraîné une autre question en corollaire:

Pensez-vous vraiment ne plus l’être aujourd’hui ou faites-vous semblant ?

:: Question n°3 ::
Un maire qui travaille beaucoup, mais indisponible pour les habitants ?
Il confirme travailler beaucoup, se déplacer, dialoguer, etc.
En même temps, travailler beaucoup en étant maire d’une ville de 30 000 habitants n’est pas censé surprendre ou relever du miracle politique.
En parallèle, le « sacrifice » est compensé par un salaire de 8 000 euros/mois, (hors déplacements, frais de bouche…) toutes indemnités cumulées. De surcroît, les indemnités que le maire s’est octroyé plafonnent au maximum légal.
Un mouchoir pour la maire dolorosa ?

:: Question n°4 ::
Il ne se passe rien en ville, signe de lenteur politique ?
Si. Le maire tire le bilan des bilans du bilan. Il tire même sur la sonnette d’alarme après avoir tiré à boulets rouges sur la gestion de ses adversaires. Il n’en finit pas de tirer sur tout ce qui bouge. (enfin tant que ça bouge…)
Le maire se dit fidèle à ses engagements, avec un bémol, (« en fonction de nos possibilités »).
C’est simplement faux. L’exemple de l’engagement de livrer le projet Bas Saint Front pour avril 2011, alors que les études sont gelées (annulation des crédits – 280 000 €). Appelons un chat « un chat ». C’est un mensonge et un manque de parole, une tromperie. Cela sera vérifié à la fin du mois de mars.
Explication du maire : « une situation très fragilisée » jusqu’en 2013 induisant un ralentissement de l’investissement. Pour une situation si catastrophique, nous sommes soulagés d’apprendre que l’équilibre sera recouvré en 4 ans.

:: Question n°5 ::
L’avenir du projet du Bas Saint Front, métaphoriquement appelé « parking Mauvard » ?
Pas de réponse. Le concept d’interview en prend un coup.
On saura en échange que le maire procède à un Programme Prévisionnel d’Investissement de 60 millions d’euros sur 5 ans, (moyenne de 12 millions / an) qui correspond pil-poil à une situation financièrement très fragile. C’est limpide.

:: Question n°6 ::
Continuité du plan Périgueux 2010 de l’ancienne municipalité ?
Pas de réponse.
On commence à se demander si cette interview n’était pas prématurée…
On relève cependant que le maire se dit contraint par ses engagements. C’est énorme. Lui qui est amateur de belles lettres, nous devons lui rappeler la signification de ce mot qu’il semble désespérément confondre avec un autre :

ENGAGEMENT Substantif masculin
A/ Action de mettre en gage quelque chose ; résultat de cette action.
Exemple d’engagement :

Je confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

(Michel Moyrand, futur maire de Périgueux, février 2008).

On ne saurait faire plus clair.

:: Question n°7 ::
Une situation financière difficile ?
Oui, « une situation très fragile ». Endettement « très fort » et capacité d’autofinancement « insignifiante ». Pas de quoi non plus renverser un mammouth nous indique-t-il, puisqu’en 2013 ça ira mieux, de même que l’investissement serait réduit à 12 M€/an pendant 5 ans.

:: Question n°8 ::
Les grandes conclusions de l’état des lieux ?
Il faut « faire exploser l’organisation extrêmement centralisée ». Comment ?
En recrutant un maximum de chefs de services qui obéissent au doigt et l’œil au Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui interdisent aux services la moindre communication d’information sur le fonctionnement de la mairie, sauf autorisation expresse du Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui demandent d’annuler congés et RTT pour remplir la mairie à coups d’épaules.
Visiblement, en répondant à cette question, le maire a eu une panne d’oreillette et n’a pas pu entendre ce que lui dictait son directeur de cabinet. Du coup, il a bien répondu, mais à l’envers.

:: Question n°9 ::
Justement, la manie des recrutements ?
La ville est tellement pauvre que le maire ne peut pas recruter comme il le voudrait. Pourtant, on peut quand même compter sur quelques nouveaux postes qui laissent rêveurs sur le nombre de recrutements s’il pouvait se lâcher.
Réponse n°9 dans la question n°8. Le maire a bien recruté son directeur de campagne, sans recours à la sélection prévue par la fonction publique. Un acte de népotisme fondateur.
Par ailleurs, si la ville était si pauvre, le maire aurait sûrement baissé ses indemnités, consacrées à l’exercice de sa mission et non à son enrichissement personnel. Mais le dévouement à la mission de service public vaut bien quelques investissements défiscalisés.

:: Question n°10 ::
Puisque vous refusez le principe de cette interview, quid de vos ambitions ?
« Il faut rendre cette ville plus attractive ».
On sera surpris « par un programme ambitieux… » décomposé comme suit par le maire.

1. Attractivité sur l’aspect de l’animation (Périgueux sans voitures et ballades à poneys)
2. Attractivité commerciale (comme en soutenant l’extension d’Auchan à Marsac)
3. Attractivité culturelle avec le festival Art & Eau dans 3 ans et une Artothèque à la place de l’ancienne mairie dont on aura bientôt les détails de mise en œuvre, à moins que le bâtiment ne reste vide et inutilisé pendant des années…
4. Attractivité du tourisme d’affaire, via des congrès dont le succès, déjà, est garanti par le talent d’orfèvre de l’adjoint Eric Dosset. (1 congrès en 1 an, attention les mirettes.)
5. Urbanisme. Construire pleins de logements, comme l’installation de DOMOFRANCE dans le secteur sauvegardé, continuer le programme ANRU au Gour de l’Arche, tout en remplissant les 3000 logements vacants en surtaxant les propriétaires comme cela a été annoncé. Ami boulanger, tu n’arrives pas à vendre toutes tes baguettes ? Donc augmente ta production de baguettes, nous allons faire venir des clients par la contrainte. Bref, une logique imparable.

Concentrons nous. L’ambition du maire est de rendre la ville de Périgueux a-ttrac-tive, autrement dit, une ville en capacité d’attirer à elle, de séduire. Et pas l’inverse attention hein ?! N’imaginez pas qu’il pense que le « a » de attratif soit un « a » privatif. Je sais, on dirait bien des fois, mais c’est non.

Pourquoi ?
Pour se développer et ne pas être une bourgade oubliée de département rural, (en passe d’être dépassée par une sous préfecture dynamique), enclavée à l’écart des grands réseaux de communication, en dehors du dynamisme de la Région Aquitaine.

Comment ?
En générant de l’activité économique, culturelle, en dynamisant l’activité sociale, en augmentant sa population en baisse constante depuis 50 ans.

Un enjeu nouveau ?
Non. Le projet du ministre éconduit, Périgueux 2010, avait déjà pour objectif la réalisation de cette ambition, conduisant à penser que les deux hommes partagent le même diagnostic de fond.
La méthode du ministre a été dénoncée puis condamnée par Michel Moyrand, proposant aujourd’hui le même objectif mais indiquant y accéder via une nouvelle méthode.

La méthode de Michel Moyrand pour répondre aux enjeux de la ville ?
La première réalisation illustrant cette nouvelle méthode sera donc le déménagement de la mairie, libérant environ 3 M€ pour l’achat du foncier, nécessitant la mise au placard d’autres projets, comme la rénovation des abords de la cathédrale.

On aurait pu penser par exemple que le maire, pour aller dans le sens de :
– l’activité économique et donc touristique en Périgord,
– l’attractivité de l’habitat et la rénovation du tissu urbain,
– l’attractivité culturelle concernant un patrimoine dont il a fait le symbole de la ville classé à l’inventaire mondial de  l’UNESCO et recevant une subvention de 1 M€ (Etat) pour la rénovation des coupoles de la basilique,
– l’attractivité touristique d’un patrimoine architectural unique en France, (20 ha de secteur sauvegardé) dégradé par des  flux routiers non maîtrisés ;
prenne en considération de façon prioritaire ces différents éléments. Mais pas du tout !

L’urgence, pour coller à la nécessité de développer Périgueux, afin qu’elle devienne une ville attractive et que sa population augmente à nouveau, que son économie se déploie à travers le tourisme et que son activité se dynamise, c’est le DEMENAGEMENT DE LA MAIRIE.

On ne peut pas contester à ce projet, incarnant la nouvelle méthode de Michel Moyrand selon son diagnostic de la ville et de ses enjeux pour l’avenir, un caractère éminemment AMBITIEUX.

Et si vous ne comprenez pas le rapport entre d’une part le projet de rendre la ville plus attractive (économie / culture / habitat) et de l’autre de commencer – au détriment du reste –par le déménagement de la mairie, c’est que vous ne comprenez rien aux subtilités d’administrer un bien public, d’en discerner les enjeux, et de proposer un projet politique visionnaire et durable. Na !

:: Question n°11 ::
Les impôts vont-ils augmenter malgré l’engagement de ne pas le faire ?
Au regard de l’occurrence obscure et indéfinie que le maire prête au terme d’ « engagement », on saurait avec prudence s’attendre à tout.
On lui demande s’il va augmenter les impôts et il répond qu’il sait où il va. C’est logique.
Il confesse ne pas vouloir répondre à la question de toute façon. Par le taux ou par la base, on sent quand même la baffe arriver.

:: Question n°12 ::
Le maire entouré de plusieurs futurs maires ?
Là le maire nous rassure : « Je ne suis pas éternel ». C’est vrai, des fois qu’on ait imaginé le contraire…
Ce qui est plus rassurant encore, c’est d’apprendre qu’ils sont pléthore, au sein de son équipe, à bien vouloir prendre sa place, au cas où il l’a laisse. Tout cela augure une navigation paisible sur l’océan de la félicité.
Encore plus rassurant, il confie décider de tout : « in fine ». Ouf.

:: Question n°13 ::
Une opposition active à Périgueux ?
Là, une réponse à double tranchant, pour la presse et pour l’opposition.

1. « … elle est fortement relayée par la presse »
Accusation non voilée à l’encontre des journalistes de favoriser la présence médiatique de l’opposition contre la personne du maire. La preuve, un encart est réservé à Philippe Cornet (leader de l’opposition) à côté de son interview en deux pages pleines. Depuis quand la déontologie journalistique invite-t-elle au respect du contradictoire !!!

2. l’opposition parle pour ne rien dire
Non seulement les journalistes relaient bien trop complaisamment les propos de l’opposition, mais en plus, « parfois pour des futilités ». L’accusation de futilités est tempérée par l’emploi d’un « parfois » circonstancié, presque politiquement obligatoire dans la situation.

En gros, si l’opposition pouvait la fermer et les journalistes se concentrer sur les concours de belote du département, le maire n’y verrait pas d’inconvénient.

:: Conclusion ::
 1. Le fait marquant de cette interview, d’abord, est d’apprendre que Jean Louis Demaret a quitté la politique. Nous espérons le revoir en 2014 pour changer sa Kangoo. Nous parions 3 chouettes en chocolat au lait qu’après son programme Ni gauche Ni droite, il pourrait retrouver le succès avec un nouveau programme appelé cette fois Ni droite Ni gauche.

2. Ensuite, il est notable, dans une interview, que le maire refuse de répondre au 1/3 des questions posées. Pour un homme qui n’a au bout des lèvres que le mot TRANSPARENCE, cela est fort étonnant. Pourquoi accepter une interview pour ne répondre qu’aux questions que l’on veut s’entendre dire ?
Donc pour la prochaine interview, nous proposons que le directeur de cabinet du maire rédige directement les questions pour le journaliste. A coup sur, on gagnerait du temps et cela laisserait toute latitude au conseiller à la communication pour préparer les réponses. Une bonne idée ça non ?

3. Enfin, il faut constater l’absence remarquable d’un mot qui était au cœur du programme de campagne du candidat Moyrand : LA DEMOCRATIE.
Elle était participative, et même de proximité, peu importe les amalgames et les duperies. Il voulait une ville plus démocratique, où les droits des citoyens seraient mieux respectés et renforcés même.
Ainsi n’avait-il pas signé le pacte démocratique de la Liste, un engagement (encore un) d’œuvrer pour une véritable démocratie citoyenne et locale ?

Après un an de pouvoir, le maire semble espérer que les citoyens oublient ces histoires de démocratie participative, pour laquelle il a créé un poste d’adjoint, qui jusqu’à présent n’a pas eu à montrer l’étendue de ses compétences en la matière, mais plutôt à vérifier et contrôler que l’art de la sieste est intrinsèquement diurne.
Il avait consenti électoralement à suivre ce thème à la mode en marketing politique, mais las, la victoire consommée et son discours inaugural prononcé, la volonté pour la chose démocratique s’est réduite à un spasme.

Périgueux, après la faillite, la défaillance.

20 janvier 2008, jour de l’investiture du président des Etats-Unis, Barak Obama et conseil municipal du maire de Périgueux.
Quand les grands hommes se rencontrent au hasard du calendrier, on ne sait plus où donner de la tête.
18h00, le maire arrive sans cravate, il est cool. Il va faire présenter dans quelques minutes son audit organisationnel des services municipaux. Eric Dosset, est là, stoïc, concentré, personne ne parle, il prend déjà des notes, c’est rassurant.

:: Chérie, fais moi un mot du médecin ::
Le responsable détaché par KPMG, la société d’audit, est un tueur. Une sorte de Jean-Michel Apathie des collectivités territoriales.
Pour l’occasion, une dizaine de fonctionnaires de la mairie sont là. Pourquoi ont-ils fait le déplacement ?
Pourquoi sont-ils venus écouter une analyse dont on aurait pu penser qu’ils la connaissaient déjà ?
Et bien. Par simple curiosité ? Peu probable. Parce qu’ils savaient que l’homme était un tueur ? Peut-être plus.
Une plaidoirie à charge d’une vingtaine de minutes, menée tambour battant par un procureur déchaîné.
Choc et terreur, il commence par une bombe. 16 000 journées d’absentéisme pour 617 salariés, soit 26 jours par personne, ou l’équivalent de 80 emplois à l’année. Inutile de préciser que c’est plus que la moyenne.
(Tousse tousse). Mes voisins s’étranglent.
Oh il ne faut pas dramatiser, l’absentéisme parlementaire rigole de ce genre de statistiques.

:: Malaise dans la civilisation municipale ::
Il y aurait un malaise dans la mairie du à une mauvaise organisation des compétences. Du coup, fortes carences en qualité de fonctionnement. Organigramme non opérationnel. Hypercentralisation des décisions. Faible dialogue social. Pléthore d’agents pour un désert de cadres. Culture d’entreprise municipale inexistante. Atomisation de la gestion sociale. Peu de culture de résultat. Faible suivi des carrières, un service des ressources humaines en dessous de tout. Un pilotage budgétaire à l’aveugle, pas d’informations de gestion, « hors de toute logique de cohérence ». Une culture dispersée au capital humain gâché. Un bon point pour l’organisation des services techniques, « plus cohérente ». N’en jetez plus, fermez le ban.
Personne n’est responsable, ce n’est qu’un problème d’organisation. Quoi… Même pas le ministre ?
Non, il a dirigé la mairie pendant 11 années, on laissera donc le soin à chacun de tirer lui-même les conclusions. On appelle cela de la communication en creux. L’audit financier était en bosse, l’organisationnel en creux.

:: Mention pour Jean-Paul Lacot ::
Une mention spéciale cependant pour l’hypercentralisation des décisions, dont on a compris qu’elle serait le fait de l’ancien Directeur Général des Services. Mais comme le nouveau, M. Laporte, porte déjà partout l’étiquette du digne successeur de l’ancien, ça promet. On nous dit dans l’oreillette qu’il s’agit du même, mais en plus jeune et plus séduisant. C’est toujours ça.
La charge a été d’une telle intensité que le maire a cru opportun de passer 5 minutes de pommade à la gloire des fonctionnaires municipaux. Que surtout personne ne sente en cause hein ?! Non tu m’étonnes. Ne vous inquiétez pas, on ne va licencier personne ! A côté de moi ça ricane :

  Facile à dire, il ne le peut pas.

Pourtant, chaque périgourdin « achète » à la mairie un service public qui lui revient à 691 euros par tête de pipe, un score au-delà de la moyenne, pour un résultat en dessous. Pas classe.
Enfin le maire nous rassure sur la libre pensée des services municipaux :

On ne demande pas au personnel d’adhérer au projet politique.

En revanche, le choix est plus clair lors du recrutement, ce qui revient sensiblement au même.

:: Sans appel ::
La dessus, ceux qui visiblement faisaient partie des services municipaux se lèvent et quittent l’assemblée. On se demande encore pourquoi ils ont eu la curiosité de venir. Non qu’ils ne fussent pas leur place, au contraire, bien au contraire. Mais c’est bizarre.
On résume. Une organisation pourrie. Une inefficacité hors norme. Une absence de cohérence de pilotage. Et en prime des salariés qui restent au pieux 16 000 jours par an.
Réorganisation des services, recrutement de cadres, rationalisation des effectifs, diminution de la masse salariale. Et vlan. C’est la faute à personne, vous êtes tous merveilleux, mais c’est la crise.
Merci docteur, combien je vous dois ?

Affaire classée. Suivant !

:: chambre régionale des comptes ::
Présentation du rapport de la chambre régionale des comptes d’Aquitaine sur la gestion de la ville de Périgueux, sur la période 2002/2005, avec quelques détails jusqu’au 31 décembre 2007. Tiens tiens.
Le maire a lourdement insisté sur ce que ne devaient pas écrire les journalistes dans vos journaux préférés. Il ne s’agit pas d’une « analyse financière ». Comprenez, ce rapport n’est pas vraiment ce qu’il espérait et a tendance à contredire certains résultats de son audit. Alors bouclez-là !
C’est vrai quoi, un magistrat de la cour des comptes, depuis quand ça sait compter ?
Notez, il s’agit du seul organisme public qui rende publics certains résultats de gestion des collectivités territoriales ou des sociétés d’économies mixtes. Enlevez cet organisme et c’est le Moyen-Age de la transparence républicaine des collectivités. Ce n’est pas pour rien que certains parlementaires, élus locaux, cumulards et viandards, s’acharnent à obtenir son élimination. Après celle des juges d’instruction sans l’indépendance du parquet, cela devrait venir un jour…
Ne nous étalons pas. Attendons le texte, il sera certainement en ligne sur le blog du maire prochainement. Nous en publierons des commentaires détaillés.
En revanche, aux commentaires de l’opposition quant à l’interprétation de ce document, le maire eut un mot, en une conclusion laissant place au silence :

Je pourrais vous le prouver, que même dans ce rapport il y a quelques éléments qui auraient pu y figurer.

Qu’est-ce à dire ?
Des éléments qui auraient pu y figurer mais n’y figurent pas, tenus en discrétion par le maire ?
Des éléments, on peut supposer, qui par leur absence, arrangeraient l’opposition ?
Des éléments donc, que l’analyse d’un magistrat aurait pu surprendre plus qu’à l’ordinaire ?
Pourtant il y a visiblement dans ce rapport un relevé non négligeable d’actes en infraction du Code Général des Collectivités Territoriales. Cela n’a pas conduit le magistrat à renvoyer le dossier en Tribunal Administratif, mais à des significations d’irrégularités que l’on juge ordinaires.
Que penser de cette phrase alors ?
Mystère et boule de gomme.

Congrès mal gré, le défi d’Eric Dosset

Si dans deux ans on n’a pas fait décoller cette activité, c’est que l’idée n’était pas bonne 

C’est ainsi que résume le monsieur développement économique de la mairie de Périgueux, Eric Dosset, sa dernière trouvaille en matière de business.

Périgueux ville de congrès

Dans les colonnes déployées de la Dordogne Libre, en date du 10 décembre 2008, le directeur de la société d’économie mixte SEMITOUR, organe centralisé politico-économique du tourisme périgourdin, a pu se livrer à l’un de ses exercices favoris : annoncer.

Sous son impulsion, Périgueux va essayer de devenir une ville de congrès. En deux ans, sinon rien.

:: La méthode du discours ::

Développons d’abord la commercialisation, on verra ensuite pour l’outil

C’est une sorte de vente en état futur d’achèvement (la commercialisation) sans savoir comment on va assurer la prestation vendue, (l’outil). En cas d’échec, on en a vu devoir éplucher le Code du Commerce pour moins que ça.

Voilà le concept, faire du tourisme d’affaire en VEFA, et créer l’outil une fois le produit vendu. Il ne manque plus que d’être éclairé sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif, autrement dit dépenser de l’argent pour savoir si cela a raté ou pas. La philosophie d’Eric Dosset tiendrait-elle en 3 concepts majeurs ?

COMMUNICATION – COMMERCIALISATION – CONSTERNATION

:: Un esprit de conquête à l’aventure de nouveaux marchés ::
Une nouveauté ? Non, pas vraiment, mais un parcours éloquent.
Ce qu’il ne faut surtout pas souhaiter pour cette nouvelle idée d’Eric Dosset, c’est une quelconque ressemblance avec son Salon International de l’Innovation Touristique (SIIT), catapulté à grands frais de communication en 1998, devant sceller l’union de la modernité numérique avec l’industrie du tourisme périgourdin entre autre. Cette union n’a duré que le temps du salon, exemplaire unique d’un succès qui se finit le lendemain de la noce, en divorce à l’amiable, mais néanmoins durable.

L’évènement en quelques chiffres. (Sud-Ouest, Octobre 1998)
Durée de l’évènement : 4 jours
Lieu : Foire Expo de Marsac
Fréquentation à atteindre : 5000 visiteurs
Fréquentation comptée : 6872
Entrées payantes à 15 francs : 1000
Conclusion : selon Eric Dosset c’est un succès, puisque 5872 invitations sont totalisées.
Coût total : 3 200 000 francs
Participation Région : 350 000 francs
Participation Département : 1 600 000 francs
Participation Sémitour : 600 000 francs
Total participation : 2 550 000 francs
Total recettes : 650 000 francs dont 15 000 francs d’entrées payantes, en 4 jours : « les ventes, les bars et la librairie ».
Autant dire qu’à raison de 158 750 francs/jour, (pas loin de 25 000 euros), non seulement les visiteurs ont du prendre une cuite mémorable, mais en plus ils sont rentrés chez eux avec des palettes de bouquins.

:: Objectif: 50 000 visiteurs ::
Un détail retient l’attention. L’objectif de fréquentation, dans cet article tirant le bilan de l’évènement, est de 5000 visiteurs pour Eric Dosset, pas peu fier de son « succès ». Objectif atteint et dépassé nous dit-il, avec 1000 entrées payantes ?

Eric Dosset pour Sud Ouest, 27 octobre 1998:

Nous avions annoncé qu’à 5000 visiteurs, le SITT serait un succès

Et du journaliste de conclure: « La fréquentation constitue donc un premier point de satisfaction pour les organisateurs« .
Pourtant, le même Eric Dosset, dans sa campagne de communication, annonçait non 5 000 visiteurs mais 50 000 visiteurs ! Ce n’est pas une coquille. Simplement une erreur de 45 000 visiteurs, comme ça, en passant. Face à l’échec de son salon, soutenue par une fréquentation 10 fois inférieure à celle qu’il annonçait avant le lancement, splatch. Un gros mensonge, en plein dans Sud Ouest.

Cette belle fréquentation, placardée sur la plaquette de présentation de l’évènement et en dossier de presse, devait servir à justifier un budget de communication de 1 500 000 francs. Pas moins. Le budget a été confié à l’agence parisienne Concept Corporate et Communication, qui a aujourd’hui apparemment disparu de la circulation.
Aussi plus de la moitié du budget total aurait été consacrée à une campagne de communication d’envergure nationale (jusqu’à Thiviers?), pour environ 230 000 euros, et aurait ramené moins de 7000 visiteurs
Ce bel argent public a donc servi, en lieu et place d’un évènement international, à organiser un fiasco magistral, dont on se demande aujourd’hui s’il n’a pas servi au passage à autre chose qu’essayer de faire venir les 45 000 visiteurs manquant à l’appel.
Parce qu’atteindre un tel niveau de nullité n’est quasiment pas humain, on ne saurait croire que les sommes colossales engagées n’aient pas été recyclées à bon escient d’une manière ou d’une autre.
Au bénéfice du doute, il faut pourtant conclure au pur gaspillage d’argent public, au mensonge sur la fréquentation et le succès de l’évènement, à l’incompétence arithmétique sinon plus, rien d’autre n’est autorisé.C’est déjà pas mal remarque.

Bref, ne soyons pas trop près de nos sous. Toujours est-il que cet évènement fut fondateur pour Eric Dosset :

Nous avons assis le concept d’innovation touristique en Dordogne. Il ne peut désormais pas y avoir de SIIT autre part qu’ici

Dans cet élan de triomphalisme tout de même assez onéreux, bien que l’on n’espérait pas vendre autant de canettes de bières que lors de la victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde la même année, on annonçait déjà la prochaine édition pour l’an 2000.

Trop bien assis peut-être, le concept s’est endormi et deux ans plus tard, il ne s’est pas réveillé. Effectivement rien. Rien ailleurs, rien en Dordogne.

:: Lascaux, l’Art et la Manière ::
Dans l’art d’asseoir des concepts, cet été 2008 fut encore l’occasion de la preuve par l’exemple. Il ne s’agissait plus seulement de l’asseoir le concept, mais carrément de le planter au marteau.
Le concept était de commercialiser un billet jumelé pour Lascaux II, le Thot et Lascaux Révélé.
Tu ne veux voir que Lascaux II ? C’est possible mais tu achètes quand même mon multipass pour les 3 sites. Seuls les esprits chagrins ont pu voir là une forme de « vente forcée ». C’est pourtant une fourniture de service, sans commande préalable, accompagnée d’une demande de paiement.
Cela ne correspondait pas stricto sensu à l’article L 122-3 du Code de la Consommation. Mais de peu. C’est pourquoi on a parlé de vente très très aidée.
Peu importe, en terme d’image et de professionnalisme ce fut un carton. Le public, en masse, fit part de son extrême ravissement et loua le Code de la Consommation de ne pas interdire directement ce genre de pratiques de ventes, à la hauteur de la qualité de la prestation : offre inadaptée, visites au pas de course, conditions d’accueil déplorables, suppression des visites guidées…
Cet été, Eric Dosset a fait le grand schelem, au grand dam des professionnels du tourisme. On a même été obligé, de planquer le livre d’or de l’exposition qu’il aurait fallu interdire en lecture aux moins de 18 ans.

:: Un peu d’histoire récente ::
Mais au fait, se dit-on benoîtement. N’a-t-on pas un centre des congrès à Périgueux ? Non. Enfin plus. Jadis au temps jadis, un homme eut la même idée qu’Eric Dosset, (si si c’est possible), faire des congrès. C’était sous l’ère Yves Guéna, (qui inspire encore le maire actuel en matière de démocratie participative), qu’un élu en charge du tourisme, Jean-Jacques Rathier, avait initié ce chantier. On se souviendra même de ce concept « Périgueux Ville d’Accueil », associé à une agence de voyage qui n’en fit pas beaucoup sur ce thème.
Il fit donc construire un magnifique Palais des Congrès, au bord de la rivière, bien en co-visibilité avec la cathédrale Saint Front, pour le plus grand bonheur des amateurs d’architecture Est Allemande (moderne). Les connaisseurs le savent, ce bâtiment est appelé depuis son édification en 1988, « La Cuve », on vous laisse deviner pourquoi.
Mais enfin, comme le maire de l’époque fit raser les abords de la cathédrale avant même de recevoir l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France, on était plus à ça près, l’ABF non plus, encore pas remis de l’anéantissement de son quartier historique.
Le temps passa, et toujours pas de congressistes. Fluctuat nec mergitur, le « Palais des Congrès » devint, dans les esprits, « Centre des Congrès ». Toujours à flot, il devint enfin le « Centre Départemental de la Communication ». En guise de congressistes, le Conseil Général loue des locaux à France 3 pour concocter sa quotidienne. Tout cela tourne rond depuis 2002. Tous les détails : ici.

:: Histoire très récente ::
Plus près de nous, un « event manager » de la société Ericsson s’était rapproché de la municipalité pour organiser un congrès à Périgueux. A chaque changement d’âne, les mouches changent de méthode. Cette fois-là un fonctionnaire territorial avait produit une étude sérieuse avant de conclure n’importe quoi. Or le résultat de cette étude avait sonné pour Ericsson comme une fin de non recevoir. Un bête problème d’accès, d’accueil, d’hébergement, trois fois rien. Comme une idée d’infrastructures à développer pour être à la hauteur d’une prestation de qualité en matière de congrès, déjà concurrentielle. En somme, un vrai travail à fournir en amont avant de prétendre quoi que ce soit en la matière.

Et pourtant. Cela n’empêche nullement l’organisation de congrès, mais adaptés aux capacités de la ville. Quand on sait qu’il n’y a guère plus de 500 chambres d’hôtel, pour une gamme de qualité et de prestations inégales, on adapte le cahier des charges à ses moyens. Dans ces cas là, on pourvoit à l’image du département en s’adonnant à notre savoir faire premier, bien manger, finir ronds comme des queues de pelles, et admirer les paysages en découvrant les châteaux et l’art pariétal.

:: Le coup de l’amnésie ::
Mais avec Eric Dosset, il faudrait faire comme si la page était vierge et repartir de plus belle, mais sans toujours avoir de bases et en se contentant de rhétorique « marketico-volontariste ».
Lorsque Eric Dosset suggère de dynamiser l’offre mais que l’accès n’est pas un problème si important, il est le seul à s’en convaincre :

L’accès est un souci mais ne rebute pas ! C’est bien la preuve que l’on a une carte à jouer, que l’on bénéficie d’une véritable attractivité.

C’est tout le charme d’un souci attractif. On va bientôt entendre que Périgueux est justement choisie pour sa difficulté d’accès et que cette touche d’exotisme est une indéniable valeur ajoutée. Il n’y a qu’à voir les commentaires des congressistes.

Quant à l’hébergement ce n’est plus un problème. Notre maire, devenu par définition spécialiste de tout, l’a résumé en une sentence magistrale (La Vie Economique du Sud-Ouest, 03/12/08) :

Il y a assez d’hôtels et de restaurants à Périgueux

Faites donc confiance au maire, il en connaît un rayon sur la capacité hôtelière de Périgueux. A moins que sa langue ait fourché, peut-être voulait-il parler de Bassillac en fait.

Peu importe donc que 650 congressistes soient ventilés dans un rayon de 30 à 40 kilomètres autour de Périgueux en pleine saison creuse. Après tout ils sont là pour ça, faire des ballades en bus. C’est bien connu.
Peu importe que certains se retrouvent dans la suite de l’hôtel Accor en centre ville et d’autres envoyés en chambres d’hôtes à Pétaouchnock ou encore dans un hôtel « entrée de gamme » de bord d’autoroute vers Terrasson.
Au contraire, on peut parier que cette coquetterie locale va faire un vrai carton. Il leur reviendra de découvrir, sous des apparences trompeuses, le charme glamour de nos bretelles d’autoroutes.

Pour Eric Dosset il n’y a qu’à communiquer et sensibiliser les « locaux ». Pour d’autres, il y a d’abord un problème de capacité d’accueil et d’organisation, pour une logistique performante à mettre en place. Au cas où, si vous voulez organiser un congrès en France et que vous n’avez pas le numéro de portable d’Eric Dosset, vous pouvez quand même consulter le site de France Congrès, on se ne sait jamais. Ce site regroupe l’offre nationale des villes structurées autour de l’organisation de congrès. N’y cherchez pas Périgueux.

:: Epilogue ::
En l’état, cette annonce sonne creux tant qu’elle ne répond pas d’un critère professionnel, d’une organisation structurée et d’un plan solide du développement de l’outil. Faudra déjà commencer par la base, prévoir les cintres…
La méthode consistant à dilapider investir l’argent public pour simplement vérifier qu’une idée est bonne ou non relève d’un concept que l’on n’aurait pas cru d’actualité, même chez Dexia.
Ce genre d’idées lancées à la volée ne nourrit que les animaux trouvant pitance à même le sol.
Errare humanum est, perseverare diabolicum. En langage actuel. Se planter une fois, ça passe. Mais l’ériger en méthode n’est pas acceptable.
Or l’expérience du SIIT promu à un grand avenir, consistant à utiliser un violon pour satisfaire la nature, de même que planter un évènement comme « Lascaux Révélé » en inclinant les touristes à s’aligner sur la trayeuse électrique, cela ne relève pas d’un objectif atteint. On sent bien ce que commercialiser en état futur d’achèvement peut comporter comme dérive.
Une dernière chose. Si l’homme dispense volontiers son tutoiement en échange de votre vouvoiement, n’en attendez pas moins un accueil cordial à toute bonne idée. (Proverbe d’architecte à Montignac).