La mairie de Périgueux surveille ses employés sur Facebook et sanctionne leurs « like »

Ah la liberté d’expression… Cette invention saugrenue semble titiller la mairie de Périgueux, qui l’a fait savoir à ses employés municipaux (cf. Dordogne Libre du jour). Convoqués et avertis, ces derniers sont accusés d’avoir quitté leur « devoir de réserve » à cause d’un comportement subversif sur Facebook. L’un a « liké » un commentaire de l’opposition municipale, l’autre a laissé un commentaire personnel et le dernier impétrant se voit reproché d’être « ami » avec le fils du leader de l’opposition municipale ! Non mais où va-t-on ?!

Sélection Ufunk
Sélection Ufunk

Quand la mairie de Périgueux fait de la (sur) veille sur Facebook

La mairie a donc mis en place un système de surveillance des correspondances Facebook afin de pouvoir blâmer ces comportements déviants des règles administratives. Le Directeur Général des Services, Philippe Laporte, explique qu’il s’agit là d’un comportement contrevenant au « devoir de réserve » d’un employé municipal.

Pour le DGS, ces employés municipaux sont coupables de ne pas respecter leurs devoirs, car un agent public, même à titre privé dans son salon, n’a pas le droit « d’exprimer son opinion personnelle mais se doit de respecter la neutralité et son obligation de réserve ».

Le syndicat UNSA a réagi en parlant de « fliquage », affirmant que « ça fait un peu Stasi comme démarche ». Non pas du tout dit le DGS, qui évoque une démarche « préventive et pédagogique » afin d’apprendre aux agents le comportement à adopter sur Facebook.

Neutralité et devoir de réserve dépendent du parti politique soutenu

Cette neutralité semble toutefois à géométrie variable. Elle ne vaut semble-t-il que dans le cas où un employé municipal « like » l’opposition municipale. A l’inverse, cette neutralité n’est nullement atteinte quand un employé municipal milite ouvertement en faveur de la majorité socialiste (que l’on pense à Marc Demaison par exemple, un ancien employé municipal très actif sur les réseaux et ancien directeur de campagne de l’actuel maire de Périgueux).

Ainsi le « like » UMP est proscrit mais le « like » socialiste est autorisé. Ceci est une grande leçon de neutralité administrative effectivement…

Le « like » inscrit au devoir de réserve d’un fonctionnaire ?

Il semble que le Directeur Général des Services ait une lecture particulièrement restrictive du droit attenant à la fonction publique. Ce devoir de réserve est une création jurisprudentielle et ne fait pas l’objet d’une loi statutaire relative à la fonction publique.

On peut citer en ce sens le Journal Officiel de l’Assemblée Nationale du 8-10-2001 qui précise :

« Mais il convient de rappeler, au plan des principes, que cette obligation de réserve ne saurait être conçue comme une interdiction pour tout fonctionnaire d’exercer des droits élémentaires du citoyen : liberté d’opinion et, son corollaire nécessaire dans une démocratie, liberté d’expression. Ces droits sont d’ailleurs, eux, expressément reconnus par l’article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ». 

Aussi la question serait. En faisant un « like » Facebook sur un commentaire de l’opposition municipale, le fonctionnaire a-t-il violé son devoir de réserve ou a-t-il exercé normalement ses droits élémentaires ?

Dans le premier cas, on veut bien croire Vladimir Poutine lorsqu’il écrit que « la Russie n’est pas un pays autoritaire », en tout cas pas plus que la France. Dans le second cas, la mairie de Périgueux aurait besoin de se rappeler que les droits fondamentaux préexistent au devoir de réserve.

Ce système de surveillance est-il légal ?

A l’inverse on pourrait demander à la mairie quelque précision quant à la finalité poursuivie et les moyens mis en œuvre. Tout système de surveillance n’est jamais anodin, il vise le contrôle des individus. Aussi serait-on tenté d’interroger la mairie elle-même sur la légalité de cette surveillance organisée sur la correspondance de ses employés.

Car le pouvoir de police administrative octroyé à un organe communal n’a rien de commun avec celui de la police judiciaire dans le cadre d’une enquête. Quel est le but poursuivi ? Y a-t-il des traces écrites de cette surveillance ? Qui est désigné pour la réaliser, combien de temps et avec quels moyens ?

Toutes ces questions pourraient former le périmètre légal de la surveillance, ou bien caractériser une organisation plus proche de l’espionnage et par conséquent totalement illégale.

Si des juristes veulent se manifester pour préciser le contexte, ils sont les bienvenus.

Le maire de Périgueux sur Facebook ou l’anachronisme 2.0

Mark Zuckerberg peut remercier Michel Moyrand. Depuis que le maire de Périgueux s’est inscrit sur Facebook, le cours de l’action remonte. Certains n’y verront aucune corrélation. Rien n’est moins sûr. Car depuis que François Hollande est Président de la Dette, Michel Michel a accumulé les points de karma. Certes pas assez pour faire venir le TGV à Périgueux ou faire une véritable école du mime mais bon. Rendez-vous en 2038.

Voici donc le cours de l’action Facebook depuis que Michel le Maire s’est inscrit :

N’y voyez aucune diablerie, c’est juste la puissance de son karma.

L’information fait le tour du quartier du Toulon en quelques secondes

Trêve de sérieux. Le Michel a tellement peu d’amis que l’information était passée inaperçue. Il a fallu tout le talent des limiers pétrocoriens de la rédaction du Sud-Ouest local pour débusquer le scoop. Même Reuters et l’AFP avaient raté l’info. Mais le 09 aout, à 06h00 du matin, c’est la libération.

Le peuple périgourdin, en quête d’informations sur la situation internationale, découvrait avec joie et fierté que leur canard local s’illustrait parmi les plus grands quotidiens. Incroyable mais vrai, seul Sud-Ouest ce jour-là avait eu l’info et en partageait la primeur.

Quelques minutes plus tard, le scoop faisait le tour du monde et l’action Facebook jusque-là en plein marasme redécollait plein tube. Un grand bravo à la rédaction pour son talent journalistique !

Michel Moyrand sur l’autoroute de l’information

Car en réalité Sud-Ouest ne s’est pas contenté d’une dépêche. Toute la rédaction s’est mobilisée pour se fendre d’un dossier complet. Nous découvrons ainsi toute la genèse de l’histoire dans les moindres détails.

Ainsi apprend-on que le maire de Périgueux était frileux face à cet outil symbolique des nouvelles « Autoroutes de l’Information ». Il lui aura fallu pas moins d’un an pour se décider (chacun connait son rythme cognitif).

Ne comprenant strictement rien au numérique et pas plus à cette mode de d’jeuns qu’est l’internet avec ses 2 milliards d’internautes, le maire de Périgueux a sauté le pas et enfourché sa souris. Le voilà « branché » au réseau.

Sud-Ouest décrit alors une scène surréaliste et cite le maire :

Ce n’est pas mon outil de communication préféré, mais ne dit-on pas qu’il faut vivre avec son temps ! Alors il était bien temps que je l’adopte

On comprend alors que pour Michel Moyrand, avoir un compte Facebook, c’est « vivre avec son temps ». Cette phrase ne peut qu’attirer une profonde pitié. Michel Moyrand est bien de cette génération d’élus qui ne comprennent rien à la société contemporaine.

Il faudra attendre que cette génération disparaisse et laisse place à celle qui aura la lourde tâche de rattraper le retard pris par ces élus anachroniques.

Les plus optimistes verront un geste de courage de la part du maire pour s’adapter à cette époque qui le dépasse tant. Mais nous sommes en 2012, année d’entrée en bourse de Facebook et début de son déclin.

Facebook est déjà mort. Alors que près de la moitié de ses connexions se font sur mobile, l’entreprise n’a aucun modèle économique à proposer. Tablettes et mobiles ont ouvert un autre paradigme et le web stagne : l’ère post PC est engagée.

Et c’est grâce à ce support que le maire du pâté en croûte s’imagine dans le vent. Bon courage.

Michel devrait embaucher un community manager

Moyrand est un vrai politicien. Il se dit « très touché » par le décès de Jean-Pierre Gautherie. Il est tellement ému que sous ces doigts le nom devient : « Jean Paul Gaufherie ». Il ne peut même pas prendre le soin de respecter le nom du défunt mais a le culot de parler de « condoléances » à la famille.

Aussi le maire devrait vite créer un emploi pour écrire à sa place et masquer ce cynisme doublé d’incompétence.

Le meilleur ami de l’homme (et de tous les politiciens)

Heureusement il pourra compter sur le plus grand flatteur que le Périgord ait porté : Pascal Serres. Toujours prêt à dégainer ses brosses à reluire, le meilleur ami de tout le monde, autrement dit de personne, n’a pas perdu de temps :

Pour les élections municipales de 2014 on devrait se fendre la poire avec notre Michel 2.0.

Aquitaine, les régionales sur Twitter?

La campagne électorale pour le région Aquitaine est comme les 21 autres, modifiée par l’apparition de médias et de réseaux qui, soit étaient largement moins imposés, soit n’existaient pas du tout lors de la dernière campagne.

Une partie de la campagne, comme les autres, va se jouer sur la toile. Certes pas à l’échelle des présidentielles américaines, mais quand même. Des outils il y a peu dont on entendait qu’ils étaient réservés à la « jeunesse » se sont avérés être des moyens de communication incontournables. C’est en tout cas ce qu’a montré Barak Obama à nombre d’élus français qui voyaient dans ces activités des occupations juvéniles réservées à leur enfants et petits enfants. Le cas est flagrant pour Facebook et Twitter et les députés ont même droit à leurs ateliers de l’élu 2.0, c’est dire.

En tronc commun des réseaux sociaux, le site de campagne demeure la plateforme principale. Enjeu de taille s’il en est, ce que montre l’intrusion du blog de Xavier Darcos consistant à rediriger l’url vers le site de son adversaire. On peut dire sans emphase, et c’est une première, que cet évènement marque le réel lancement de la campagne électorale.

Nous allons donc un peu, de temps en temps, observer cette campagne dans son développement numérique. Ce billet ne fait donc que poser certains jalons à partir desquels nous reviendrons relever les compteurs à l’occasion. Mélange d’observations objectives et d’interprétations subjectives, nous n’éprouverons aucune crainte à les mélanger, vous vous débrouillerez avec, je vous fais toute confiance pour cela.

:: Au fait ::
A ce propos, c’est l’occasion pour vous annoncer que pour la première fois depuis sa mise sur orbite en mars 2008, ce modeste blog local vient tout juste, au mois de novembre, de dépasser la barre fatidique des 10 000 visites. Notre humilité nous interdisant de nous attribuer cette progression inattendue, c’est donc aux sujets abordés qu’en revient le mérite. Et comme principalement ce blog a parlé de la politique générale du maire Périgueux, Michel Moyrand, c’est donc lui que nous remercions chaleureusement, ayant permis ainsi au fragile volatile de voler de branches en branches.

:: Les principaux réseaux sociaux ::
Les compteurs au 02 décembre 2009

Pour Alain Rousset
Facebook, 740 inscrits et un album photo déroutant pour l’instant.

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Twitter, 70 followers et 6 tweets. Il annonce le lancement de son site internet le 06 novembre et rien depuis.

Pour Xavier Darcos
Facebook, 478 inscrits
Twitter, 441 followers et 16 tweets. A noter que c’est le compte du ministre ouvert depuis le 21 septembre 2009 et qu’il sert essentiellement à relayer les liens vers ses nouveaux billets sur son blog personnel.

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(Parfois, les bandeaux de pub sont impitoyables…)

Les débuts en la matière ne montrent pas un engouement particulier, il y a aussi peu d’inscrits que de followers, la mobilisation et l’actualité ne sont pas encore palpables. Nous verrons donc si ces mouvements s’intensifient durant la campagne ou si stagnants, il faudra trouver d’autres conclusions. Pour comparaison sur Twitter, un blogeur « influent » peut dépasser les 10 000 followers et 500, pour un homme public, est vraiment le minimum syndical.

:: Les sites ::
Question sites, celui du PS se veut une véritable plateforme de campagne, fonctionnelle et déjà opératoire. La preuve, jusqu’au kit militant pour bien apprendre sa leçon et les widgets : classe.

 

La rubrique vidéo est déjà bien garnie et l’on remarque la prestation de Michel Moyrand (le maire de Périgueux). Son instinct pour l’improvisation et son sens inné de la scène font déjà beaucoup pour l’efficacité de ces vidéos. Il se permet même un remake de la sortie de VGE en 1981, luxe réservé à l’élite des grands hommes politiques (il l’a fait).
Pour le reste, c’est efficace et direct : actu/bilan/projet/débat.

Le site de l’UMP est encore assez vide. Graphique, jeune, collectif, vert/écolo, tonique. Il colle à une certaine tendance « graph » joyeux, clair avec des boutons énormes. A ma connaissance ce n’est pas si fréquent pour un site politique, il faut noter là une pointe d’audace dans une communication visuellement à l’ordinaire uniforme et aussi stimulante qu’un pv sur le pare-brise. Comme son homologue, le ton est devenu traditionnel maintenant : Par-ti-ci-pez ! (enfin donnez votre avis quoi). La plateforme est largement moins complète et présente moins de contenus, moins de fonctionnalités, moins de formats. Il faut dire que pour l’instant, à part exprimer des désaccords sur la ligne LGV, projet sur lequel PS et UMP sont d’accords contre les Verts, ce n’est pas facile…

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:: Les slogans ::
On y reviendra à l’occasion.
Pour le PS, c’est : l’Aquitaine, innovante, solidaire, écologique. Je ne sais quel plaisantin aurait pu défendre l’inverse. On n’est pas plus avancé et ce slogan ne veut pas moins dire qu’ensemble, tout est possible.
Pour l’UMP, c’est : Votre Aquitaine, donnons lui de l’ambition. L’ambition de quoi, on ne sait pas très bien, d’être innovante, surement, solidaire, oui, écologique, c’est certain.

:: Les grands thèmes ::
Là, en tant qu’électeur, il n’y aura pas besoin de suivre l’actualité politique comme un forcené, c’est simple.

Pour Alain Rousset, son projet est à la mesure de son bilan: excellent (avec assez de choses en suspend pour engager un autre mandat quand même). Cela est d’autant plus méritant que l’Etat, tant qu’il est dirigé par la droite, ne lui facilite pas le travail, bien au contraire. Bref, si ce n’était lui, ce serait un miracle.

Pour Xavier Darcos, le candidat sortant est incompétent, il fait perdre un temps précieux à la Région et n’est pas un gestionnaire à la hauteur des enjeux, surtout en matière de fonctionnaires territoriaux. Quant aux transports, qui sont un enjeu général de cette campagne, c’est une catastrophe.

Pour l’occasion nous créons un onglet Aquitaine 2010, afin de faciliter le rangement de billets qui ne manqueront pas de venir…