Supplique pour les TIC

Autant le dire tout de suite, c’est une humeur.
Les vacances n’excusent rien en matière de service public. Et c’est bien d’un problème de service public dont il s’agit à la mairie de Périgueux.
Vous voulez savoir que la ville vient de confirmer l’achat d’une quarantaine de photocopieurs couleur ? C’est possible.
Que le maire sera au « spectacle théâtrale » (sic) Ruy Blas au parc Gamenson le 24 juillet ? Super.
Vous voulez le voir en photo remettre un trophée au Triathlon de Périgueux le dimanche 21 juin ? Facile et de mieux en mieux.
Vous voulez connaître la limite d’inscription au concours des maisons fleuries ? C’est le 10 juillet.
Vous voulez lire le discours du maire du 20 juillet pour la journée nationale à la mémoire des victimes de la guerre de 39/45 ? C’est en ligne.
Dans les actualités, vous trouverez également les nouveaux horaires du service d’Etat civil ainsi qu’un ultimatum sur les merdes de chien. A cette occasion, vous pourrez lire « les 10 règles d’or du savoir-vivre du maître et de son chien ». En passant, vous noterez cette règle ultime :

9 – mon chien est sociable et bien éduqué ; il respecte le voisinage et n’aboie pas sans raison ;

Car en véritable philosophe éthologue, le rédacteur du texte sait faire la différence entre un aboiement raisonnable et un aboiement dénué de raison.

– Médor, veuillez déclinez le motif pour lequel, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2009, vous aboyâtes durant de longues minutes. Il reviendra au maire de décider si cet aboiement était justifié ou non. Faites un effort Médor et montrez-vous sociable.

Tout ça est fort agréable et fait passer le temps. En revanche, si vous voulez consulter les procès verbaux de séances délibératives du conseil municipal, ça va coincer. Car si par hasard, vous voulez des informations sur un conseil postérieur à décembre 2009, il faudra s’en remettre aux comptes rendus bloqués à juin. Et comme le compte rendu porte bien son nom, il ne montre que le résultat délibératif, non le contenu des débats.

Les discours sont écrits avec talent et les photos que le maire montre de lui en pleine action sont bien jolies. Son agenda est passionnant et il aura sans nul doute un beau « spectacle théâtrale ». Il organise cette année le plus beau des concours de maisons fleuries, on s’en réjouit. De même, il saura se montrer implacable dans la croisade contre les crottes de chiens.

Il donne la priorité à l’essentiel et c’est bien normal. Pour autant, nous pourrions aussi accéder à des informations plus légères, comme par exemple les procès verbaux du conseil municipal. Ce dernier est intégralement enregistré et la saisie est bien longue nous dirait-il, visiblement plus d’un semestre. Certes cela ne vaut pas 40 photocopieurs, mais il existe des logiciels de reconnaissance vocale qui fonctionnent très bien de nos jours.

Merci par avance de prendre en considération l’intérêt que portent les citoyens aux délibérations du conseil municipal. Une mise à jour sera faite dès que ce détail, qui touche autant la démocratie que la transparence, sera réglé.

L’Intercommunalité des comtes du Périgord

L’incohérence du découpage territorial en milliers de minuscules entités administratives et politiques a conduit au vaste mouvement d’agglomération connu sous le nom d’intercommunalité.

C’est une recette très française qui consiste, face à un problème donné, à rajouter une couche plutôt qu’à en enlever. Loin de simplifier la situation, qui conduit la France à posséder autant d’entités administratives qu’il n’y en a dans le reste de l’Europe, l’avantage est d’au moins satisfaire les élus locaux. Pouvoirs locaux et empilements indemnitaires génèrent une confusion entre intérêts politiques et l’intérêt général.

:: Féodalité élective ::
Que voulez-vous, la France est une vieille monarchie féodale qui a échoué dans l’absolutisme pour aboutir depuis la décentralisation à une forme incongrue de démocratie féodale.
Dit autrement, nous nous acheminons vers un système féodal électif, où le cumul vertical des mandats revêt tous les aspects d’un règne, plus ou moins intense selon l’horizontalité du cumul.

On a même prévu pour les intercommunalités un scrutin à deux degrés écartant de facto le citoyen du processus électif. Ainsi ils se choisissent entre eux, ce qui écarte la question de la représentativité au profit des arrangements politiques.

:: Le Prince contre les mandarins ::
Depuis peu, notre Roi quinquennal a demandé une sorte de rationalisation de ce découpage territorial, peu lisible et coûteux. Il est évidement supposé qu’il s’en prenne aux barons locaux pour dégraisser le territoire de ses adversaires politiques. Le Président de la République poursuit la décentralisation tout en voulant affaiblir les potentats locaux tenus en majorité par ses opposants ?

Peut-être. Mais sans remettre en cause le cumul des mandats. Aussi, les deux Chambres sont vent debout, puisqu’elles comportent en leur sein et en majorité, des barrons locaux. C’est pourquoi la tâche est encore plus compliquée que pour les capétiens à la conquête du territoire national contre les seigneuries féodales. Car si le Sénat est une chambre de représentation nationale, elle est avant tout l’anti-chambre de la représentation locale, permettant aux élus territoriaux d’y défendre leurs intérêts.

La puissance constitutionnelle du Sénat donne droit aux barons de contester le Roi. Et l’appartenance à une majorité politique ne va pas jusqu’à la confluence de tous les intérêts. Leur serment d’allégeance ne souffre pas, quand même, la destruction de leurs fiefs.
C’est dans ces conditions que le Sénat a rendu son rapport au Président Sarkozy sur la réforme du découpage territorial.

:: Le tribun à la tribune ::
Et c’est par ce vaste canevas que nous revenons sur l’intervention du sénateur Claude Bérit-Débat, également président d’une intercommunalité ; la communauté d’agglomération périgourdine – la CAP –.
Intervention au Sénat sur la rationalisation des territoires :

La mission s’est largement accordée sur l’intercommunalité, la nécessité d’en achever la carte et de revisiter les intercommunalités existantes avec le souci de rationaliser territoires et compétences.

Il semble nous dire que les cordonniers sont les plus mal chaussés. Car son souci de rationaliser le territoire périgourdin demeure à ce jour sans effet. La décentralisation a permis l’émergence de deux fiefs opposés, celui de la CAP et celui de la communauté de communes d’Isle Manoire, comprenant la commune de Boulazac, dont le maire n’est autre que le président de la « comcom ».

En 2008, la Chambre Régionale des Comptes a rappelé l’incohérence de la situation :

Le processus de rationalisation de l’intercommunalité en Dordogne a récemment fait l’objet d’une relance, sous l’impulsion de la préfecture de la Dordogne. L’idée d’une réflexion approfondie sur une éventuelle fusion de la CAP avec la communauté de communes de l’Isle Manoire a été évoquée, mais cette perspective n’a guère connu d’évolution à ce jour.

En 2005 déjà, la CRCA avait relevé le « caractère encore inachevé et incohérent du périmètre de la CAP ». Même l’Etat via le préfet fait pression pour remédier à cet irrationnel découpage, qui engendre la création de syndicats inter-inter communaux pour gérer des affaires communes comme les transports (Péribus). Qu’on le veuille ou non, Boulazac fait partie intégrante de l’agglomération périgourdine.

:: Linge sale en famille ::
Pourtant Boulazac faisait partie des premiers regroupements (SIVU et SIVOM) de 1987 et 1988. Ce n’est qu’à la création du District en 1994 que cette commune fait scission tout en opérant par syndicat intercommunal commun. Et c’est en 2001 que le maire de Boulazac créer sa propre communauté de communes qui englobe aujourd’hui 17 000 habitants (dont 6350 pour Boulazac), tous inclus dans l’influence du pôle urbain de Périgueux.

Cela n’empêche pas le maire de Boulazac de défendre crânement son fief face aux 70 000 habitants de la CAP :

Concernant une coopération intercommunale élargie, notre volonté commune est de ne fermer aucune porte au dialogue mais de défendre le projet Isle Manoire articulé autour du développement et de la solidarité.

Il ne concède rien sur l’idée de fusion, préférant s’en tenir à une coopération possible, s’il est « bien traité ». A son goût, la CAP ne semble pas remplir ses critères de développement et de solidarité. Sachant que nous parlons d’un échange entre le parti socialiste et le parti communiste, dominant chacun les deux entités, il y a de quoi se poser des questions sur la réalité des idées défendues.

:: Ce que je dis, pas ce que je fais ::
Et voilà donc notre sénateur défendant sur le plan national une situation qui lui échappe au niveau local. Impuissance ou hypocrisie ?
Tout le monde est d’accord pour conclure à l’incohérence de ce découpage territorial, engendrant autant de déficiences dans la gestion des territoires. Le sénateur et président de la CAP, l’Etat et la préfecture, la Chambre Régionale des Comptes, et même à demi-mot le président d’Isle Manoire.

La comcom existe depuis 8 années et la CAP depuis 10 ans. Elles sont interdépendantes, elles se font face, ont des intérêts économiques communs, partagent les mêmes enjeux sur l’aménagement du territoire, mais rien n’y fait. La tambouille politique l’emporte sur la logique et le bon sens; au nom des électeurs bien sur.

:: Destin commun et intérêts particuliers ::
De fait, chaque intercommunalité opère selon ses propres intérêts, des intérêts qui peuvent être divergents dans la mesure où il s’agit d’EPCI à fiscalité propre, ayant tendance à générer une concurrence pour la captation des taxes territoriales.
Concurrence consanguine, puisque cela revient à faire lutter le frère contre la sœur. En l’absence de tout Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), chacun y va de son propre Plan Local d’Urbanisme. Quant au Plan de Déplacements Urbains porté par la CAP (hasard: son application correspond au calendrier électoral), il prend nécessairement en compte l’intercommunalité concurrente, qui elle-même ne demande qu’à s’y inscrire…

Alors quand le président de la CAP, dit devant la Nation en tant que sénateur qu’il faut « rationaliser territoires et compétences », ont ne peut que le croire. Mais constater aussi et dans le même temps l’incurie d’une situation pour laquelle il porte une lourde responsabilité en tant que président de la CAP.

:: Complémentarité territoriale vs consanguinité politique ::
Pariant sur une taxe professionnelle qui est leur principale ressource, chaque intercommunalité a misé sur le développement de zones d’activités économiques le long des échangeurs autoroutiers de l’A89. Loin des problèmes d’étalement urbain et de rationalité des territoires dans un cadre de développement durable et homogène, les deux techno-structures s’affrontent à l’ouest pour la CAP et à l’est pour Isle Manoire.
La fin annoncée de la Taxe Professionnelle remet en cause cette pertinence concurrentielle. Pourtant, les travaux sont exécutés. Et s’ils ne donnent lieu à de vastes friches, ils n’en demeureront pas moins des investissements hasardeux et des fautes d’urbanisme. Pas grave, nous n’en paieront le prix que quand ils seront à la retraite.

En définitive, chacun (barons locaux) défend ses intérêts personnels en instrumentalisant leurs mandats électifs. L’évidence partagée d’aller contre l’intérêt général et parfois de lui nuire, ne fait pas le poids contre les intérêts politiques en jeu.

:: Dépeçage territorial et seigneuries locales ::
Cumuls des mandats, jouissance du pouvoir, profits indemnitaires, conflits d’intérêts individuels, sont les principales sources de l’incohérence de notre territoire. Pour le reste et à grand coup de solidarité par ci et de développement par là, le maire de Boulazac sait faire passer la pilule (longue vie à son abattoir à canards). Cumulard accompli, maire depuis 20 ans, il a su saisir l’opportunité de renforcer son règne électif.
De son côté, son concurrent de la CAP s’enflamme à désirer pour la Nation ce qu’il ne fait pas pour son propre territoire. Et s’il en manifeste le désir, les faits en confirment son incapacité.

Il y a bien une incohérence entre la mission d’intérêt général que confère un mandat électif et la manifestation concrète de cette mission. Car il y a un moment aussi où nous devons savoir si nous sommes en face d’une hypocrisie ou d’une incompétence. Sournois ou nul ?
Certes, c’est à jeu égal tant que les élections intercommunales seront à deux degrés, opaques et politiciennes. Mais si la réforme tient ses promesses pour un suffrage direct, le besoin de faire la différence risque de se faire sentir.

Périgueux, maire des quartiers, père de la division

Nous y voilà, le maire de Périgueux, notez bien ces dates historiques dans vos agendas, annonce l’inauguration des deux mairies de quartier promises en campagne, il n’en manquera donc qu’une.Rendez-vous samedi 14 février 2009 à 14h30 pour la mairie de quartier du Gour de l’Arche et à 15h30 pour celle du quartier Saint Georges. Les renseignements sur le facebook du maire: ici.

Le maire, tranquillement, passe du statut de « maire de Périgueux » à celui de « maire des quartiers de Périgueux« , dans sa stricte logique de segmentation et de division. Ce n’est donc là qu’un exemple d’une démarche bien plus générale dont la finalité tient moins à la démocratie d’un territoire qu’au contrôle de son zonage électoral. Tout sera prêt pour les élections de 2014, voilà un vrai programme politique pour l’avenir de la ville.

:: Fonctionnement ::
Elles feront l’objet d’une permanence hebdomadaire, de 09h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h30.

:: Fonction affichée ::
Service administratif de proximité, informations locales, (prospectus), et « centre d’écoute », pour, lorsqu’on ouvre la bouche, trouver une oreille.

:: Objectif général du maire ::

Créer un nouveau lien plus étroit avec la population

Le décor est planté. La base légale de ce dispositif est issue du Code Général des Collectivités Territoriales et répond de la loi de 2002, sur la démocratie dite de proximité. C’est une loi critiquée, timide et incomplète, dans laquelle le législateur a repris d’une main ce qu’il avait donné de l’autre. Passons sur ce point, considérons le texte, Article L 2144-2:

Dans les communes de 100 000 habitants et plus, sont créées dans les quartiers des annexes de la mairie qui peuvent être communes à plusieurs quartiers. Dans ces annexes, des services municipaux de proximité sont mis à la disposition des habitants. Les dispositions de l’article L. 2144-1 sont applicables à ces annexes.

Comme nous en avions parlé, ce qui est frappant, là, tout de suite, c’est que la loi rend le dispositif obligatoire pour les villes de plus de 100 000 habitants. Ces critères touchent à la superficie de la ville pour se traduire en quantité de population concernée.Voyons donc le progrès apporté par ces mairies de quartiers en terme de proximité.

Place de l’hôtel de ville / Saint Georges: 900 mètres
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Place de l’hôtel de ville / Gour de l’Arche: 4200 mètres
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Chacun se fera son idée sur la justification de ce dispositif dans une ville de 9,82 km², d’environ 30 000 habitants et d’une densité d’ à peu près 3000 habitants / km².

Sur le vocabulaire employé, le terme de « mairie de quartier » est volontairement flatteur et discrètement démagogique. La loi rappelle qu’il s’agit d’une « annexe de la mairie », et beaucoup de villes traduisent par « mairie annexe », comme à Toulouse par exemple.Il n’y a guère que Michel Moyrand pour appeler « mairie de quartier » une surface de 35m² à disposition 6 heures par semaine destinée à du service administratif.

:: Un nouveau lien plus étroit ::
Virage à 180° par rapport au programme de campagne axé sur la démocratie participative. Les promesses oubliées, les engagements non tenus, (pour l’heure), conduisent maintenant à faire passer les dispositifs démocratiques pour des dispositifs administratifs. Ceux sont ces derniers qui sont censés faire office de lien social en renforçant l’offre de service municipal.
Alors qu’il s’était engagé par écrit à créer des conseils de quartier, obligatoires pour les villes de plus de 80 000 habitants, il se retourne vers du service administratif en guise de réponse à ce qui est communément appelée la fumeuse et fameuse « fracture sociale ».

C’est une façon de démontrer sa défiance envers ce qui serait véritablement démocratique au niveau local et à l’inverse, tout son attachement à l’administratif et ce qui renforce son propre contrôle.
Or les prétentions démagogiques au travers de ce renforcement du système administratif s’accompagnent des excès connus liés aux dérives bureaucratiques, en terme de division des responsabilités, de fortes hiérarchies impersonnelles, d’inflation de règles procédurières, pour finir par une centralisation outrancière et toxique du système. Rappelons nous l’épisode des moto-crottes, dont l’induction par compilation de nombre de faits identiques, nous permettrait de qualifier la politique du maire comme le « paradigme des moto-crottes« . Un grand moment de sociologie en perspective.

Il faut vendre à la population, pardon, aux électeurs, une politique d’écoute et de fraternité, passant par la proximité et l’empathie. Ce n’est jamais qu’une forme de « sarkozysme compassionnel » reconfiguré à la sauce gauche-caviar locale, dans laquelle, il faut le reconnaître, le maire de Périgueux excelle; à vous faire pleurer.
En échange de cette politique de l’empathie quotidienne, fondée sur les affects et non sur la raison, sur le sentiment et non sur l’analyse, la réaction plutôt que le jugement, il faut éviter tout pensée critique, comme par exemple Hélène la boulangère se l’est fait bruyamment rappelée par le maire en personne. En contrepartie aussi, l’accès aux informations les plus libres et publiques sont confisquées par des procédures hiérarchiques, ne pouvant être délivrées que sur autorisation expresse d’un supérieur, qu’il s’agisse du DGS ou du Directeur de Cabinet.

:: Transparence et bureaucratie ::
Non content d’essayer de faire gober que la démocratie s’accroit par le développement de la bureaucratie, il faudrait en plus croire que la transparence est garantie par la communication d’informations légalement soumises à publicité. On s’explique.
Sur le facebook du maire, on peut lire ceci au sujet de la communication du rapport de la Chambre Régionale des Comptes:

Transparence encore et toujours

Cette mention tendrait à faire croire que le maire met en ligne ce document par souci de transparence puisqu’il n’y est pas obligé par la loi.

Or ce document est public et sa publicité est obligatoire, de même qu’il était obligatoire d’en donner accès après le conseil municipal en faisant état. C’est pourquoi ce document est en téléchargement sur le site des Chambres Régionales des Comptes, ici.A ce niveau de transparence, c’est comme si le Président de la République se flattait de rendre publique une information déjà parue au Journal Officiel!

On se souviendra utilement du droit de toute personne à l’information, garanti par la loi du 17 juillet 1978. La communication de documents administratifs par une collectivité territoriale ne sont en rien une faveur, ou une grâce octroyée par le maire, mais bien une obligation légale correspondant à l’idée que l’on se fait d’un état de droit.

:: Conclusion ::
Enfilez la proximité dans la bureaucratie pour obtenir un collier de perles démocratiques.
Diluez la transparence politique dans les obligations légales des collectivités territoriales.
Et obtenez ce que vous voudrez, mais les yeux ouverts…

:: Dernière minute ::
Comment ne pas terminer sur la passe d’armes qui occupe actuellement opposition et majorité, via leurs leaders respectifs. Quelques désaccords qui, nous disent les journalistes de Sud Ouest et de la Dordogne Libre, ont courroucé le premier magistrat de la ville. Nous devons relayer cette situation du maire, comme l’a si bien mise en valeur Sud Ouest:

Il faut balayer devant sa porte avant de parler.

Wouah, ça c’est du débat politique de haut niveau. Que répondre à une analyse aussi cinglante, justifiant que de droite comme de gauches les pratiques locales sont les mêmes, et que les appels d’offre publics sont contraires à l’intérêt des copains?

Allez osons suggérer d’humbles tentatives de réplique face à une phrase d’une telle puisssance:

– C’est celui qui dit qui est
– Chacun voit midi à sa porte
– Tous les gôuts sont dans la nature

Démocratie XIE rencontres de la démocratie locale

En marge de la réflexion périgourdine sur la démocratie participative de nos élus locaux dans le cadre du Plan de Déplacements Urbains, ailleurs, dans un pays lointain qu’est la France, le travail continue sur la démocratie locale et le rapport des citoyens avec la politique et les gouvernants.

A Ivry-sur-Seine, les 28 et 29 Novembre 2008, se sont tenues les XIe rencontres de la démocratie locale. Il s’agissait de l’assemblée générale de l’ADELS.

XI_rencontres_democratie_locale.jpg

Diverses informations peuvent se trouver sur plusieurs plateformes.
Le site de l’ADELS, ici.
La blog de l’ADELS, faisant état de l’évènement, . Ce blog présente aussi la possibilité d’écouter quelques extraits audio :

(Nous citons ci-après le texte de présentation du blog de l’ADELS, réalisé par Aline Chambras).

1. Bilan et perspectives de la démocratie participative
Loïc Blondiaux, professeur en science politique à Lille estime qu’aujourd’hui l’aspiration à la démocratie participative est en train de stagner voire de passer de mode, tout en se banalisant.
Un paradoxe que François Hannoyer, le directeur de l’Adels considère comme le signe de l’essor de l’aspiration à la participation.
Pour Philippe Brachet, maître de conférences à Paris 10, ces contradictions sont la marque d’une confusion et signifient qu’il est temps pour la démocratie participative de se redéfinir.
L’occasion enfin pour Serge Depaquit de rappeler que pour lui la participation doit rimer avec décision.

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Extrait n°1

  … y a des adjoints à la démocratie participative, de plus en plus, qu’est-ce qu’ils font on en sait rien, mais c’est devenu un élément normal de la gouvernance municipale.

2. Démocratie locale et décentralisation : le retour de l’État ?
Si pour Loïc Blondiaux, la décentralisation dans sa forme émancipatrice est aujourd’hui en recul, François Hannoyer en appelle au contre-pouvoir délocalisé. Le risque pour Loïc Blondiaux c’est la main mise des élus locaux sur le pouvoir décentralisé.

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 Extrait n°2

  … la notion de délibération, dans l’espace public français, assimile la délibération aux élus et les élus disent ‘ c’est nous la démocratie délibérative’, y a un problème de monopole sur cette désignation.

3. De la participation à la justice sociale ? Comment faire le(s) lien(s) ?
Jean Berthinier, adjoint chargé de la démocratie locale et de la citoyenneté à la mairie de Villeurbanne, souligne l’absence de certaines catégories de populations dans les structures participatives. En cause : la difficulté à lier les problématiques sociales à la question de la participation, comme le rappelle Loïc Blondiaux.
Pour Jean-Marc Noirault de la Métro Grenoble, la démocratie participative peine à sortir des logiques d’appareillage.
Bénédicte Madelin, de Profession Banlieue en conclut que la démocratie participative se contente souvent de rester sourde à certaines revendications….

Extrait n°3

 Extrait n° 3

Je crois que nous sommes tous convaincus, si on est à l’ADELS, qu’il y a un lien nécessaire entre démocratie participative et justice sociale. Et on veut arriver à l’égalité sociale par l’égalité politique. On fait ce pari que plus on donnera la parole aux plus faibles, plus on élargira le cercle du débat public, du débat politique, plus ils auront la possibilité de défendre leurs droits, et plus leurs droits seront pris en compte.

D’un point de vue tactique il faut défendre la démocratie participative au nom strict de l’égalité des droits politiques, au nom de l’idée qu’en démocratie, une voix égale une voix.

Enfin, il est possible de consulter le site des XIe rencontres de la démocratie locale, comportant vidéos et documents.
En conclusion de ce relais à propos de l’ADELS, nous renvoyons sur leur site, à l’observatoire de la démocratie locale, où sont recensées nombre de villes mettant en place des dispositifs participatifs.
Tout d’abord, cela permet d’envisager l’étendu et la variété des outils à mettre en œuvre. D’autre part, cela force à constater le nombre important de villes en activité.
Il n’y a bien plus guère qu’en Périgord, que nos élus locaux avec 3 réunions publiques s’arrogent l’AOC participative et bâtissent des programmes électoraux aussi mensongers que flatteurs.
Il n’y a guère qu’en Périgord que les élus socialistes se prétendent de gauche en snobant avec désinvolture le travail pour l’égalité des droits, la lutte contre l’exclusion, le partage du débat public, l’accès à l’information, etc.
Il n’y a guère qu’en Périgord ai-je dit ? Non bien sur.

Mais ce département, avec sa préfecture en tête, rétropédale dans une semoule obscurantiste où il est montré le pire de la décentralisation: les baronnies, les caciques et les vassaux, les petits chefs à vie, les cumulards provinciaux. Leur plus grande crainte, en définitive, est que l’on regarde là où la décentralisation est synonyme de démocratie locale, de diversité, d’ouverture des droits politiques et d’une vraie tentative de démocratie continue entre citoyens et gouvernants.

On ne fera pas porter le chapeau ad hominem, c’est inutile. C’est bien plus un problème de génération et de renouvèlement du personnel politique. Ces générations d’hommes d’appareils, formés dans le moule de la manipulation et des arrangements, instruits à considérer la responsabilité élective comme leur seul et unique pouvoir, le rêve de leur vie, leur quête de sens, être un notable.
Cette génération d’élus, qui après avoir largement contribué à l’étalement urbain, au pourrissement des entrées de ville, à la privatisation des espaces publics, s’émeut devant son crime en le faisant passer pour une fatalité qu’ils combattent, maintenant qu’ils n’ont plus le choix. Vive le PDU !

Ce n’était qu’un exemple parmi d’autres et d’actualité, sur les réflexes archaïques de cette génération d’élus qui n’ont à proposer que leur réélection, en espérant mourir dans leur pompeux fauteuil, à défaut du panache de passer à trépas pour cause de Pompe Funèbre.

M je dis M

Relayons avec un peu de retard une annonce locale. Un conseil municipal « surprise », sorti de la manche du maire avec soudaineté, se tiendra le lundi 17 novembre à 18h00. Pour une fois, nous n’en communiquerons pas les Rapports à l’avance ; une fois n’est pas coutume.
On pourra toujours consulter l’ordre du jour lapidaire mis en ligne par la mairie, dont, décidément, le faible état de transparence et de communication révèle son besoin d’ombre et de brouillard pour œuvrer à sa noble tâche.

:: Salon du Livre Gourmand, un discours International ::
Prenons le temps de revenir sur quelques évènements récents qui méritent une certaine attention. Actualité oblige, le Salon du Livre Gourmand de Périgueux, une institution locale, non, In-ter-na-tio-nale, instaurée par la droite, critiquée par le maire actuel en terme de « grande bouffe » et dont on voudrait qu’elle soit po-pu-laire nous a t-on dit hier.
Nous y sommes, à Périgueux, Internationale et Populaire, ce sera la révolution par le ventre, ou du ventre tout court, c’est déjà ça.

Par hasard et en flanant, je me suis rendu à l’inauguration le vendredi 15 novembre, à 16h00.
Evidement, je n’avais pas été invité par le maire, vous imaginez sans peine la contrition qui fut la mienne. Pour le principe, j’ai donc resquillé, en faisant valoir que j’avais oublié le sacrom-unicipal droit de passage. Je me trouve à l’entrée avec un jeune adjoint au maire, contraint de décliner sa fonction à l’hôtesse avant que cette dernière ne lui marque toute la déférence d’usage.
Le discours du maire commence, encadré qu’il est par la Confrérie du Pâté de Périgueux, qui est au Saint Pâté ce que Saint Thomas d’Aquin est à la Sainte Nitouche.

Passons sur le discours, qui semblait être prononcé en mâchant des châtaignes chaudes offertes pour l’occasion. A la suite, un alsacien averti et invité à discourir, a salué la « continuité républicaine » du maire PS, ce que ce dernier n’a pas manqué d’apprécier.
Le maire a pourtant tenté de souligner toutes les belles innovations dont il était porteur, comme le nombre accru d’éditeurs : une véritable révolution culturelle pour un salon du livre. Puis il a marié avec talent l’art culinaire et le développement durable, l’art culinaire et la géostratégie. Mais des pensées si profondes ont laissé perplexes quelques auditeurs, dont votre serviteur. Le maire n’avait-il pas oublié d’associer l’art culinaire et le réchauffement climatique, ou l’art culinaire et le Congrès de Reims ?

Bref, passons sur ce moment inoubliable, comme ne manquera pas de l’être ce salon du livre gourmand, que l’on nous envie à l’international et de façon très géostratégique. J’espère contribuer à Périblog, en lui évitant un billet laborieux qu’il ne manquera pas de produire par professionnalisme !

:: XD/MM, âmes sensibles s’abstenir ::
Revenons donc aux discussions politiques des derniers jours, qui promettent une fin d’année où le Père Noël sera sollicité, y compris pour remplir la grande chaussette du maire de Périgueux. En effet, Xavier Darcos s’est exprimé pour la première fois depuis sa défaite électorale dans les colonnes de Sud-Ouest en date du 14/11/08. Avec une certaine rudesse, il dénonce le sectarisme et le clanisme de la nouvelle équipe, forte d’un projet réel pour Périgueux qu’elle n’aurait pas encore trouvé. Et de toute façon ça tombe bien parce qu’elle ne saurait pas comment le financer, sinon en augmentant la pression fiscale, ce qu’elle ne manquera pas de faire, au moins pour lancer ce projet incroyable de déménager la mairie.
Michel Moyrand, (le maire de Périgueux) répond aujourd’hui en substance dans le même journal : cause toujours, c’est moi le maire.

Et puis il a cette phrase, assez énigmatique :

Nous travaillons et on est bien présents dans la ville

On se doute qu’ils travaillent, mais que signifie « bien présents dans la ville » ?
VAE VICTIS : « Malheur aux vaincus » dit le chef gaulois l’ayant emporté face à la grande Rome en – 390 av. JC. Car si le maire parle de recruter du personnel pour les postes vacants, il se garde de citer les fonctionnaires territoriaux poussés vers la sortie pour suspicion d’intelligence avec l’ennemi : finances, culture, ressources humaine, état civil…

Il se garde également de parler de son ami et directeur de campagne Marc Demaison, actuel directeur des achats, poste créé sur mesure et dont le concours a été évité afin de lui garantir le fauteuil pour les deux ans qui le séparent de la retraite.
Un « républicain » qui contourne la loi pour favoriser l’ascension de son entourage dans une hiérarchie dont il est le sommet, et donc garant des valeurs et du droit, ne fait jamais preuve que de népotisme. Cette pratique que l’on voudrait savoir éteinte, consiste en l’utilisation abusive d’un pouvoir reçu par délégation, à savoir une forme de corruption.

C’est bien cette présence dans la ville, qu’il faut aussi comprendre, non comme une chasse aux sorcières, mais comme une grande lessive de printemps. Notez, ce n’est pas une raison pour se brouiller avec tout le monde. Car si le maire renvoi le ministre dans ses 22 sur le rabâchage des thèmes de campagne, il ne lui en a pas moins écrit une lettre pour lui demander des soutiens financiers de l’Etat… Comme quoi on peut vilipender le cumul de maire et de ministre en campagne électorale et demander l’aumône à ce même ministre, car ministre, c’est quand même bien pratique.

M moi je dis

M

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:: Pour quelques dollars de plus ::
Plus sérieux, les finances de la ville. Un grand débat, un grand débat que le maire met en avant pour expliquer toute sa difficulté à mettre en œuvre un réel projet pour la ville, pour cause de trésorerie. Il avait affirmé en campagne qu’il n’augmenterait pas l’impôt ; mais aujourd’hui il souligne « ne pas avoir l’envie ». Par cette nuance, on doit comprendre qu’il risque d’y être obligé, même s’il n’en a pas l’envie, il le ferait donc à regret.
Mais il faut saisir la situation : les caisses sont vides ! clame-t-il, pour faire comprendre que si augmentation de l’impôt il y a, c’est la faute à l’ancienne équipe.
C’est pourquoi l’on ne demande que la publication intégrale de l’audit financier. Nous ne manquerons pas de le mettre en ligne si le maire consent à le rendre public, autrement que par bribes et citations. Espérons donc qu’à l’issue du conseil municipal de lundi, nous pourrons y voir plus clair. On pourrait quand même condidérer que les citoyens sont assez grands pour prendre connaissance de ce document, dans son exhaustivité, sans passer au préalable par l’interprétation orientée et prémachée, ni de la majorité, ni de l’opposition, ni de personne. Car et jusqu’à preuve du contraire, le maire est gestionnaire d’un argent qui n’est pas le sien; de même que cet audit n’a pas été financé avec ses petites économies, mais avec l’argent des périgourdins pour connaitre l’état de LEURS finances.

Dans le cas contraire, où cette analyse de la situation financière de Périgueux serait tenue secrète, ou partiellement restituée, il s’agirait d’un abus de pouvoir d’un maire, hors des devoirs liés aux droits ouverts par la fonction élective.

Le contexte est simple. Si l’audit révèle des manquements dans la gestion de l’ancienne équipe, alors le maire en fera état, en long, en large et en travers, comme pour la note d’alerte du préfet et du TPG. Mais si l’audit révèle au contraire une situation par laquelle le maire ne peut pas objectivement charger l’ancienne équipe, alors il sera pondéré, voire discret sur ce qui aura été une tentative échouée de justifier l’incurie d’une situation dont il est dorénavant le responsable.
Pour l’heure et sur un thème aussi important, l’opposition dénonce une rétention d’information de la part du maire qui se refuse à transmettre copie de l’audit avant d’en faire la présentation lundi, comme en témoigne France Bleu Périgord. Ainsi le maire préserve tout le suspens qui fait le sel de cette affaire.

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:: Une politique de proximité ::
Et puis il y a la politique, pas celle que les médias ne peuvent pas raconter sous peine de pressions, menaces, noyautage, non. La petite, celle de tous les jours, la petite politique et la réalité contradictoire avec tout discours électoraliste et condescendant, dont certains font leur véritable profession de foi jusqu’à l’indigestion.

Un crime de lèse majesté. Le maire a piqué une grosse colère, accompagnée de menaces sur les subventions du club de rugby (CAP). Et oui, son adjoint aux Sports Populaires est venu se plaindre de ce que l’opposition avait la part belle dans les vestiaires avec les joueurs, mais pas lui. Un scandale !
Ce même adjoint au sport, chargé de réunions qui le passionnent tant qu’il en déploie son journal ostensiblement. Le pauvre, non seulement il s’ennuie dans sa fonction, mais quand c’est la fête, il n’est même pas invité. Cela valait bien un ultimatum municipal.
Savez-vous pourquoi l’association Ciné-Cinéma éprouve des difficultés de fonctionnements alors qu’elle fait un travail remarquable dans l’enceinte « diabolique » du cinéma capitaliste CAP Cinéma ?
Diable pour quelle raison l’adjointe tentaculaire plutôt que tant attendue, pourtant déléguée à la politique de la ville, (économie sociale et solidaire) n’est-elle pas favorable à cette association ?

Et puis cette historiette de circonstance. Une jeune architecte se rend au service d’urbanisme pour retirer un dossier de concours public. L’adjoint au maire délégué à l’urbanisme n’a-t-il pas refusé de lui donner le dossier, au motif qu’il ne la jugeait pas capable de répondre correctement ? Un bel exemple. Il faut noter que l’adjoint à l’urbanisme est lui-même architecte de profession spécialiste ès concours publics, (grâce à son immense talent), ce qui lui donne tout pouvoir pour juger ses confrères, bien entendu. Cela ne consiste jamais qu’à faire une partie du concours à la place du jury, preuve d’un esprit démocrate et républicain s’il en est, sous les fourches caudines mais savantes de la suffisance de soi.

Allez, je dois vous laisser. Je vais postuler pour un poste à la mairie, j’ai une lettre de motivation à rédiger. Nul doute que ma candidature ne soit reçue avec toute l’équité requise. D’autant que nous parlerons bientôt du thème de l’indépendance des pouvoirs de la Justice et du Politique dans les collectivités territoriales, dont Périgueux représente un thème d’interrogation réelle, aux travers des combinaisons administratives constitutionnellement étanches.
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PS: Nous entendons depuis quelques mois une douce rengaine. Personne ne lit jamais le blog de la Chouette à Périgueux, quand il admet en connaitre l’existence. Un blog confidentiel donc, intime même, un blog sous le manteau. Et bien nous leur disons tout notre bonheur de voir cette confidentialité partagée, le mois dernier, par près de 6 000 visites et qu’elles sont chaque mois plus nombreuses depuis mai 2008.