Elus référents à Périgueux

La mairie met en place un nouveau dispositif, inédit à Périgueux. Il s’agit d’un réseau de conseillers municipaux dont la mission est, comme on peut le lire sur le site de la mairie :

– Pédagogie
Expliquer les actions de la municipalité

– Social
Recréer du lien humain entre les habitants et entre les quartiers

– Renseignement
Recueillir et transmettre au maire les observations des habitants et des associations

:: Sur le papier ::

Ce dispositif est composé d’élus référents, dont les trois chefs de mission indiqués ci-dessus, répondent d’un objectif global, « … se rapprocher des habitants afin que la gestion de la cité devienne l’affaire de tous ». Pour que cette gestion devienne l’affaire de tous, il faut initier nous dit-on « une co-construction des politiques publiques ».

Ainsi, le texte énumère différents outils, parmi lesquels celui d’élu référent a été choisi :
– conseil des quartiers
– conférences de citoyens
– comités d’usagers
– élus référents

Au passage, le rédacteur visiblement peu au fait de ce qui existe en matière de co-construction des politiques publiques, omet de faire référence aux budgets participatifs, aux référendums locaux, à l’inscription à la délibération du conseil municipal des demandes collectives, etc.

Mettre dans le même panier des outils de ce type créer un amalgame. Tout d’abord, seuls les conseil de quartier ont un cadre législatif et obligatoires dans les villes de plus de 80 000 habitants, comme les mairies de quartiers le sont pour les villes de plus de 100 000 habitants.
Il est abusif de comparer, dans le processus de co-décision, un outil comme les conseils de quartiers et celui des élus référents. C’est créer l’illusion que ces outils se valent, alors qu’ils ont une portée complètement différente. En ce qui concerne les élus référents, ils ne sauraient être efficaces dans le processus de co-décision, sans au préalable, s’inscrire dans des structures où les délibérations citoyennes sont organisées.

En réalité, s’il y a avait une sincère volonté de co-construction des politiques publiques, ce n’est certainement pas les élus référents qui en seraient les fondations.

:: Proximité et non codécision ::

Si les conseils de quartier sont, ou peuvent être considérés comme des outils de co-construction des politiques publiques, les élus référents ont une portée qualitativement autre, vers une relation de proximité, non concernée par le cadre de la prise de décision.

En gros, les élus référents ne peuvent pas servir, via une permanence hebdomadaire, à rendre les décisions politiques plus conjointement élaborées avec les citoyens, mais d’abord à renforcer la connaissance que le maire a des quartiers, leurs problèmes et leurs tendances. Car ils sont autant des éléments relais de l’action municipale, descendants, que des antennes chargées de remonter des informations, ascendants.

C’est bien pourquoi ce dispositif est sous la responsabilité de l’adjoint délégué à la vie des quartiers ; non à l’adjointe déléguée à la démocratie participative. Il s’agit bien de renforcer la relation avec les quartiers, non de procéder à la mise en œuvre d’une démocratie continue.

Il fallait éclairer ces distinctions pour savoir que si le maire venait à parler des élus référents comme leviers d’une démocratie participative, ce serait sans fondements et clairement un abus de langage. Ce n’est pas dans le « rapprochement » et le surcroît de requêtes personnelles que l’on verra une quelconque amélioration dans la co-construction des politiques publiques. S’en prévaloir serait pure démagogie.

:: La spéciale du maire ::

Et puis il y a la surprise du chef ; un traitement différentiel selon les quartiers. L’accès aux élus référents est différent selon que vous viviez au Puy-Saint-Front ou aux Mondoux. Six quartiers ont un élu désigné qui propose une permanence hebdomadaire. En revanche le centre de Périgueux n’a aucun élu référent ni aucune permanence. Il sera possible de prendre un rendez-vous et au préalable et désigner un élu que l’on veut rencontrer, n’importe lequel.

Comme si les habitants des autres quartiers n’avaient pas, comme tous les citoyens, la possibilité de prendre un rendez-vous avec n’importe quel élu de la mairie! ( Nous parlons bien de Périgueux, ville de 9.83 km², pas de Los Angeles…). Cette distinction inégalitaire au possible, indique le caractère démagogique du procédé, en faveur de ce que l’on croit être le nouvel électorat du maire. C’est un signe navrant en défaveur de la démocratie locale.

On verra donc ce qu’il sera réellement fait de ce dispositif et quels seront les résultats concrets des missions confiées aux conseillers municipaux. Quant aux habitants du centre ville, ils n’auront qu’à se débrouiller et sont, au fond, peut-être épargnés de la mise en place d’un système.

:: Dispositif technique ::

Sous la bannière :

Votre quartier dans la ville… la ville dans votre quartier 

On croit comprendre que l’on nous parle de notre quartier, mais pas dans notre ville, dans la ville. La ville à qui ? Certes l’intention n’était pas de stigmatiser les quartiers en rappelant que la ville, a contrario des quartiers, n’est pas à décliner au possessif pour les périgourdins.  Ah la communication, cela ne s’improvise pas…

Allez, voici le dispositif en image

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 Le texte d’accompagnement, où l’on nous explique qu’il s’agit de favoriser la démocratie de proximité, néo synonyme de participative pour le conseil municipal:

 

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 Enfin, les permanences hebdomadaires


Gour de l’Arche : Cathy Tytgat
Maison de quartier, rue Pierre Brantôme
Le lundi de 17 h à 19 h

Le Toulon : Mostafa Moutawakkil
Maison de quartier, place de Verdun
Le mercredi de 16 h à 18 h

La Gare / Saint Martin : Marc Gélineau, Anne Karasseff suppléante
Ecole André Boissière, rue Louis Blanc
le lundi de 9 h à 11 h

Vésone : Christian Dupuy
Cité de Campniac, salle des locataires
Le jeudi, de 17 h à 19 h

Saint-Georges : Nicole Laffargue, Hugues Lintignac suppléant
Local du C.C.A.S, rue Béranger
Le jeudi de 17 h à 19 h

Haut Périgueux : Anne Marchand
Maison de l’emploi, avenue Georges Pompidou
Le lundi de 14 h à 16 h

Dans le quartier de la Gare / Saint Martin, le lundi matin à 09h00, vous penserez à prendre un ticket car on pressent d’intenses bousculades dans l’interminable file d’attente.

Allez, courage !

Le nouvel esprit de la démocratie

Tout d’abord un clin d’œil aux « manants », qui, en observateurs de la médiocratie, comme ils s’en prétendent, ne sont pas prêts d’avoir besoin de jumelles.

Actualité de la démocratie participative. Loïc Blondiaux rappelle que la démocratie dite participative ne saurait être le monopole d’un candidat, d’un parti, d’une stratégie électorale, à l’instar de l’écologie par exemple.

Le nouvel esprit de la démocratie

Actualité de la démocratie participative

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La République des idées, Seuil. Mars 2008.

Sommaire

:: Pour commencer ::

Une notion floue et indistincte, argument de relégation pour ses détracteurs et les sceptiques. Loïc Blondiaux fait l’hypothèse inverse, en posant que cette thématique d’idéal participatif tire sa force précisément de son indétermination et sa capacité à s’inscrire dans des stratégies et des registres disparates.
Au travers de certaines applications, l’auteur pointe un retour sur expérience parfois mitigé, allant jusqu’à penser qu’en notant les effets pervers, les contradictions, les limites, la démocratie participative peut avoir tendance à se retourner contre ses propres objectifs.

Dans quelle mesure ces nouvelles formes de participation n’ont-elles pas le plus souvent pour résultat sinon pour finalité de maintenir en place les logiques et les structures de domination politique traditionnelles ?

Réalité balbutiante, la démocratie participative n’en demeure pas moins un élément de transformation efficace des régimes représentatifs existants, afin que ceux-ci méritent effectivement le nom de « démocratie » qu’ils se donnent.

:: Une démocratie partiellement représentative ::

Statistiques

Cette dernière phrase peut susciter l’incompréhension, pour qui croit comme en un mythe à la réalité d’une pleine démocratie à travers notre régime représentatif. Mais représentatif de quoi ? Du peuple, sur le papier. Or, de l’Assemblée Nationale au Conseil Municipal d’une petite ville, cette représentativité est déformante. Car si cela était le cas, le peuple français serait selon les catégories socio professionnelles de leurs élus, composé de 18% d’agriculteurs, (1.3% en réalité), de 29.7% de retraité, de 22.7% de cadres et professions intellectuelles supérieures.
Les ouvriers, présents à 15.1% sur le territoire, comptent pour 1.5% des maires. La France compterait, selon les proportions mayorales, 12% de femmes, ne parlons pas des populations immigrées, ce n’est plus des chiffres, au mieux des virgules.

Stratégies politiques

Ajoutant à cela, le monopole des partis politiques sur la possibilité de se présenter à une élection, le cumul des mandats, horizontaux et verticaux, (cumul des fonctions en même temps et cumul dans le temps), âprement défendu par le Sénat et l’Assemblée Nationale, rendez-vous hexagonal de nos exécutifs locaux transformés en lobbys pour l’empilement de leurs mandats, la professionnalisation juteuse des fonctions, rendant les élus sinon vénaux, en tout cas « suffrago-dépendants » au bénéfice de leur patrimoine immobilier, la complexification des responsabilités dans le mille-feuilles administratif des collectivités territoriales, la fonctionnarisation des élus territoriaux, etc.

Un Conseil Municipal en circuit fermé

Sur ce dernier point, la commune de Périgueux est un cas exemplaire. Le maire socialiste ne connaissait comme activité professionnelle depuis longtemps que de diriger la cellule locale, tout en étant élu à la Région. Mais le Conseil Municipal est plus parlant. Aux élections municipales, la présentation de l’équipe de campagne indiquait pour chacun une profession. Ce qui était dissimulé en revanche, et plutôt deux fois qu’une, c’est dans quelle structure s’exerçait cette profession, comme si cela était anodin. On découvrira ensuite qu’untel était fonctionnaire territorial pour le Conseil Régionnal Aquitaine, un autre pour le Conseil Général de la Dordogne, un autre directeur d’une société d’économie mixte du Conseil Général de la Dordogne, et ainsi de suite jusqu’à former une part non négligeable du Conseil Municipal. Ce processus tend à faire l’amalgame entre la fonction élective et la fonction territoriale, ce qui se comprend en terme de stratégie politique et permet un meilleur contrôle des collectivités, mais ne cadre pas avec l’esprit du régime représentatif ni l’universalité de la représentativité et le renouvellement des élus. La conquête d’un mandat n’a souvent comme objectif premier que d’assurer sa continuité, pour cela tous les moyens sont bons.

La corporation politique et le contrôle du dispositif démocratique

L’ensemble de ces éléments mis bout à bout produit une réelle carence de la représentativité, car ce qu’il faut être pour être élu, relève de critères qui sont à l’opposé du principe d’universalité de la démocratie. Cette sélection a tendance à produire une classe politique formant une corporation autonome, dont les acteurs ne sont plus comme le principe le voudrait, issus de la population française, mais d’une classe en particulier, d’une catégorie socio culturelle distincte, dont le dénominateur commun est de vivre de la politique.

:: La place du citoyen ::

Revenant à l’ouvrage, après avoir cerné quelques carences et inégalités démocratiques du régime représentatif :

Face à des démocraties libérales représentatives accusées de favoriser l’apathie politique du plus grand nombre à des fins de conservation de l’ordre existant, il importe dans ces conditions que le maximum de personnes puissent être impliquées dans des activités de participation. Il importe en particulier que puisse réapparaître dans cet espace public de discussion ceux des citoyens que l’ordre libéral moderne maintient ordinairement en lisière de la chose politique.

Cette implication commence par le débat et des efforts importants qu’il nécessite. On sait depuis longtemps maintenant que l’accès à la parole, a fortiori publique, dépend pour beaucoup du milieu socioculturel et professionnel dans lequel l’individu se trouve. La description du phénomène a atteint un point de maturité réelle avec le principe de monopole de la culture légitime de P. Bourdieu.

Si donc les élus n’organisent ni ne promeuvent le débat, qu’ils se rassurent, il vient rarement d’en bas, hormis les fourches en cas de désespoir trop grand. Il en ira de même de la forme des débats, trop faciles à tronquer et orienter, lorsqu’on maîtrise l’ordre du discours. Il s’agit pourtant d’améliorer les droits politiques, ce qui ne semble pas une hérésie dans un système que l’on prétend démocratique.

:: La rhétorique réactionnaire ::

Donnons un peu de grain à moudre aux opposants à la démocratie participative, pensant notamment à quelque adjoint au maire de la commune de Périgueux. Historiquement, Albert O. Hirschmann, a montré les structures de la « rhétorique réactionnaire », que l’on retrouve à l’oeuvre contre la démocratie participative.

Ce dernier a bien montré comment, à toutes les étapes du processus d’élargissement des droits – civils au XVIIIe siècle, politiques au XIXe siècle et sociaux au XXe siècle -, s’était déployée une contre-offensive idéologique reposant sur trois arguments.

– Le premier est celui de l’ « effet pervers » : l’attribution de droits nouveaux est censée aboutir, par un enchaînement de conséquences non voulues, à un résultat qui sera exactement contraire au but recherché. En l’occurrence, la démocratie participative, en lieu et place de promouvoir la liberté politique, ne ferait qu’instaurer un régime d’oppression et de tyrannie populaire.
– Le deuxième de ces reproches conservateurs contre la démocratie est celui de l’ « inanité » : la prétendue révolution des droits annoncée ne changera rien, elle n’est qu’un simulacre et un trompe-l’œil. Les puissants resteront toujours puissants, quelles que soient les armes qu’ils se donnent.
– La dernière de ces thèses, celle de la « mise en péril », veut au contraire que les réformes envisagées aient des conséquences désastreuses et remettent en cause l’ensemble du système politique et social. Ici, ce serait moins que la « démocratie représentative » qui serait en danger et menacée d’effondrement du fait de ces de l’introduction de ces nouveaux droits politiques.

Qu’en est-il si ces arguments sont justifiés par une classe d’experts, sélectionnés pour décider à eux seuls, comme le prétend notre 1er adjoint de Périgueux, de ce qui relève du bien commun, en empêchant les humbles de s’ériger en sujets politiques et en affirmant leurs droits ?

La République a bon dos, d’être prêchée pour l’avènement de son contraire.

:: Effets pervers, participatifs / représentatifs ::

Ce que prétend défendre cet ouvrage est tout le contraire. Il entend par l’observation des limites et des effets pervers de la démocratie participative, défendre avant tout le projet en prenant « …au sérieux les efforts accomplis pour expérimenter véritablement l’idéal d’un public démocratique actif ».

Citons pêle-mêle et à l’économie, des éléments du siège du désordre participatif, ou plutôt son simulacre :
La disqualification politique des populations les plus socialement démunies engendre un renforcement des inégalités politiques. La marginalisation des groupes les plus défavorisés en périmetrie du système représentatif, gonflant le taux d’abstention, est le symptôme d’une perte progressive des droits politiques.
La tentation de l’instrumentalisation des outils participatifs, consiste en une posture dont l’intention n’a rien à voir avec le résultat. En l’occurrence, il s’agira d’un exercice de communication homologué par les principes de marketing politique en vigueur.
L’absence d’influence sur la décision est le principe par lequel on se préserve de tout risque encouru par la participation. Toute la loi organique de 2003, révision constitutionnelle dans le cadre de la Décentralisation ouvrant de nouveaux droits, ou les renforçant, va dans ce sens. Le législateur n’a pas résolu la question de la responsabilité de la décision et a choisi quelques éléments de démocratie directe ou semi directe, en un complément dépourvu de réelle substance.

:: En conclusion ::
Pour autant, l’auteur rappelle deux choses:

La revendication grandissante d’un droit à l’expression politique de la part d’une fraction de citoyens, et l’exigence qu’ils font peser sur les gouvernements de rendre des comptes sur l’exercice de leur mandat. Cette double dimension d’expression et d’interpellation nous semble fondamentale pour comprendre les transformations qui s’opèrent actuellement sous le nom générique de démocratie participative.

Il n’est pas question de transférer le pouvoir entre d’autres mains que celles des élus. Mais ils sont désormais comptables de la discussion qu’il leur revient d’organiser.
Pour une autre conception de l’exercice du pouvoir, qu’il soit national ou communal :

Une conception dans laquelle les citoyens ne sont plus considérés comme des enfants à la recherche d’un père ou destinés à demeurer sous la tutelle d’experts, mais comme des sujets politiques capables de raisonner et de produire des jugements dignes d’être pris en compte.

Enfin, l’ouvrage se conclut par 6 recommandations pour une démocratie effective :
– Prendre au sérieux les formes matérielles de la discussion
– Encourager l’émergence de pouvoirs neutres
– Promouvoir une constitution démocratique mixte
– Jouer sur la complémentarité des dispositifs
– Repenser la relation à la décision
– Réaffirmer sans cesse l’idéal d’inclusion

:: Et à Périgueux, qu’en est-il ? ::

Nous avons écrit en Juin à l’adjointe à la démocratie participative, l’éducation à la citoyenneté et au devoir de mémoire, (et oui). La lettre posait la question de l’application du programme de campagne basé sur la démocratie participative et l’intelligence collective, quoi, quand, comment.
La réponse est arrivée un mois plus tard environ. En substance, la mairie travaille à un projet de démocratie participative qui ne générera pas « un écart important entre les résultats attendus et les résultats avérés ». A suivre dans les prochaines semaine nous écrit-on, dont acte.

Entre temps, on découvre en pied de page qu’il ne faut plus adresser directement un courrier aux adjoints au maire, mais au maire directement

Tout courrier doit être adressé de manière impersonnelle à Monsieur le Maire

 

Autant donc écrire directement à son directeur de cabinet, qui en fera état à Monsieur le Maire, qui le transmettra à l’adjoint concerné.

On y voit en tout cas un manque de confiance patent du maire à l’égard de ses adjoints, contraints de se voir ouvrir leurs courriers. En terme d’intelligence collective, marotte électorale s’il en est, on a vu mieux.

Dorénavant, je prierai le Trésor Public, d’adresser tout courrier à mon chat, le dénommé Serpico, auquel je donne toute attribution pour l’information et le traitement de mes effets.

Conseil municipal de Périgueux, bientôt filmé

La salle du conseil municipal de Périgueux est petite, trop petite. En effet, les places réservées aux citoyens n’y sont que pour une quinzaine de personnes au maximum, services de presse compris. Du coup, nous l’avons vu il y a peu, les citoyens s’entassent dans le couloir lors des conseils de grande affluence, ce qui n’est pas la règle non plus.

Et quand bien même, la salle du conseil pourrait être plus grande, cela ne changerait pas la situation. Certaines personnes ne peuvent pas se déplacer, d’autres ne sont pas disponibles au jour J, etc.

Nous avions évoqué la possibilité de dématérialiser le conseil municipal, sous une forme vidéo en libre accès via Internet. C’est déjà le cas dans quelques villes en France, pas uniquement les plus importantes. En témoigne la ville de Grigny, (69), ville pilote en matière de démocratie participative.

Conseil municipal de Grigny du 26 juin 2008 1/2

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Les films sont réalisés par Vivé, Ecole Internationale de vidéo et de TV participative.

Considérant que le conseil municipal est le poumon de la démocratie locale, qu’y sont prises les décisions concernant l’ensemble de la collectivité, il regarde chaque citoyen. Il serait donc normal que chaque citoyen puisse le regarder aussi. En bref il n’y a pas plus public qu’un conseil municipal. C’est en ce sens que le législateur définit l’accès à tout citoyen au conseil mais également à son enregistrement audio, photo ou vidéo et à sa diffusion en direct ou différée.

Bien que le maire ait tout droit de police pour faire respecter l’ordre de la séance, Article L 2121-16 Code Général des Collectivités Territoriales, ce dernier ne concerne pas le droit d’enregistrement et de diffusion, Article L2121-18. C’est pourquoi l’interdiction municipale de procéder aux enregistrements de séances est illégale, comme en témoigne cet extrait du Journal Officiel du 12 07 05.

Partant de ce principe, on se donne rendez-vous à la rentrée pour que ce conseil municipal devienne le plus accessible possible aux Périgourdins, sur Internet au moins. D’ici là, peut-être, la mairie aura-t-elle mis en place ce dispositif.

Démocratie participative y es-tu ?

La fin du mois de juillet aura été un moment de communication intense pour le maire de Périgueux. Tout d’abord le premier bulletin municipal de cette nouvelle mandature, ensuite une conférence de presse annonçant les vacances mayorales assortie d’un état des lieux sur les dossiers en cours.
Il n’est question ici que d’un mot, qui frappe par son absence : la participation, celle qui concerne la démocratie participative. Le mot est banni du vocabulaire municipal, après avoir été le fer de lance de la campagne électorale.

:: Le discours d’investiture ::

Il n’est donc pas inutile de rappeler que le sujet était au cœur de sa campagne électorale, ce qui semblait être un signe d’avancée démocratique à Périgueux. Pour s’en souvenir on peut relire le projet de campagne ou visionner les vidéos. Ce sujet fut même, la victoire consommée, au cœur du discours d’investiture du 22 Mars 2008, où était convoquée cette modernisation du dialogue démocratique, pour faire en sorte :

que la démocratie participative à laquelle, vous le savez, je suis tellement attaché, guide nos travaux et nous inspire.

Ou encore :

Je me suis engagé, nous nous sommes engagés à faire appel à cette “intelligence collective” sans laquelle une vraie démocratie participative n’aurait pas de sens.

Pourquoi, après s’être tant engagé pour cette dernière, reculer à ce point pour se fondre dans le moule d’un présidentialisme municipal, certes confortable et ô combien défendu par les élus locaux/parlementaires à l’Assemblée Nationale, mais pour partie responsable des carences démocratiques du système représentatif.

:: Adjoint et élus référents ::

Pourquoi dans ce cas avoir créé un poste d’adjoint au maire spécifique à la démocratie participative et l’éducation à la citoyenneté ?
Car si aujourd’hui cet adjoint s’emploie à décentraliser les services administratifs de la mairie dans les quartiers, il y a erreur sur la marchandise. Nous pourrons en dire plus quand nous aurons lu quels sont les chefs de missions donnés aux élus référents et à quoi serviront-ils réellement. Pour mémoire, un conseiller municipal a déjà pour tâche de faire le lien entre la population et la mairie. Il lui est même remis d’office un carnet où il est censé noter les informations à faire remonter.

S’il ne s’agit que de territorialiser des missions déjà incluses dans les fonctions de base, on ne saurait prétendre avoir besoin d’un adjoint spécialement détaché à l’amélioration de la démocratie locale, à moins d’être en face d’un mandat fictif, ce qui s’est déjà vu et ne saurait être le cas ici, à terme.

:: Les mairies de quartiers ::

Pour revenir aux textes. Les permanences administratives municipales, mairies de quartiers, telles qu’elles sont mises en place par le maire, sont obligatoires pour les villes de plus de 100 000 habitants, comme Nancy, (106 300), Perpignan, (116 700), Rouen, (114 000), ou Mulhouse, (112 002), Périgueux en a moins du tiers, (28 000) – Fiche INSEE en pdf – .

Nancy fait 15 km², pour une densité de 7 022 hab./km²,
Perpignan fait 68,07 km², pour une densité de 1 715 hab./km²,
Rouen fait 21,38 km², pour une densité de 5 126 hab./km²,
Mulhouse fait 22,18 km² pour une densité de 4 976 hab./km²,
Périgueux fait 9,82 km² pour une densité de 2 932 hab./km².

Partant de l’obligation légale du plancher des 100 000 habitants et en comparaison des villes réellement concernées par ces mesures, Périgueux n’est pas vraiment dans l’urgence, avec son périmètre communal modeste et sa densité de population peu élevée. Sur le plan législatif, c’est un luxe, un octroi très généreux, qui ne se comprend que par un potentiel clientéliste à travers une proximité flatteuse et paternaliste. Sinon quoi d’autre, la mesure n’étant absolument pas justifiée, ni sur le plan législatif, démographique ou géographique. D’ailleurs, l’actuelle opposition ne s’y était pas trompée non plus. Son projet de campagne comportait le même projet de permanence administrative.

:: Proximité et participation ::

En comparaison, les conseils de quartiers, qui pourraient être des outils réellement participatifs, dépendant bien sur de leur modalité de fonctionnement, sont obligatoires pour les villes de plus de 80 000 habitants. Et ces conseils de quartiers ne sont absolument pas à l’ordre du jour, ou en tout cas bien passés sous silence.

Ce n’est pas dans la cohérence de l’action publique territoriale que l’on justifie qu’un adjoint à la démocratie participative soit délégué à des mesures dites de proximité, obligatoires pour des villes de plus de 100 000 habitants. L’amélioration de la démocratie locale n’est pas soluble dans l’extension des services administratifs. C’est comme si l’adjoint à l’urbanisme s’attachait au mobilier urbain, l’adjoint aux sports aux concours de cuisine, ou l’adjoint à l’environnement aux crottes de chiens, etc.

En revanche, ce que l’on perçoit bien, c’est le retour sur investissement en terme électoraliste, sur une population économe en déplacements, justifiés ou non, que l’on invite à ne défendre que des intérêts individuels, voir égoïstes. Dans le même temps et en toute logique, on agrandira également les surfaces d’accueil administratif dans la nouvelle mairie à la CCI. De fait, les surfaces destinées à l’administration communale vont connaître un accroissement égal à celui d’une ville de 100 000 habitants, comme si démographiquement et géographiquement, la ville de Périgueux allait doubler ou tripler.

:: Des engagements de campagne à l’ordre du jour ::

L’engagement, oral et écrit, durant la campagne électorale, de mettre en place des outils utiles à l’amélioration de la démocratie locale, engagement qui s’est concrétisé à travers la création d’un poste d’adjoint à la démocratie participative, était sans nul doute des plus sincères.
Cet engagement a fait l’objet de débats, parfois contradictoires mais fertiles, pour cerner les modalités d’applications concrètes d’une démocratie continue dédiée à l’usage des citoyens.

C’est en ce sens qu’il est étonnant aujourd’hui, de constater que ce thème n’est plus une priorité, il ne figure pas dans la liste des dossiers à l’ordre du jour. Il a été remplacé, en connaissance de cause, c’est certain, par le dossier de la proximité et l’extension du service administratif.
On ne saurait penser à une tentative de faire passer la proximité pour la participation dans l’esprit des citoyens, ce qui reviendrait à prendre des vessies pour des lanternes.

PDU: débat à explosion

Revenons sur le PDU, décidément moteur de débats explosifs et expressions diverses.
Un nouvel élément non contrôlé se glisse dans le déroulement des concertations prévues par la CAP. Suite à la constitution du collectif ETAPE, Ensemble pour des Transports Alternatifs en Périgord, le site de la CAP met en ligne via un pop up en page d’accueil, le rapport de Juin 2008 sur le PDU. Jusque là, ce rapport n’était disponible que dans la rubrique Presse.

Mais là attention, la CAP communique. Il a été rajouté un texte du président en première page du rapport. C’est cette page cette page qui nous occupe ici. Rappel des 3 principes affichés par la CAP.

1. Rien n’est décidé, tout est ouvert.
2. Transparence et concertation.
3. C’est le syndicat Péribus qui décide.

Au-delà d’une orthographe fort malmenée, cet édito s’adresse à des personnes bien précises, des élus, pour certains au cœur même des exécutifs locaux. Il s’agit du collectif ETAPE à qui ce texte répond directement aux attaques contre la présélection des scénarios dont la navette ferroviaire n’est pas favorite parmi les nominés.

Le message est clair. Il appelle ETAPE à réintégrer le cadre du débat organisé par la CAP. En effet, sur leur blog, ils annoncent travailler dans leur coin durant l’été, pour proposer des nouvelles solutions à la rentrée. Politiquement, cette passe d’arme est intéressante à plus d’un titre.

:: Tâche d’huile sous les essieux de l’unité ::

Nous avions évoqué dans un article précédent les conséquences du changement de majorité partisane au sein de la CAP. Il était envisagé qu’une forte majorité, avec la ville de Périgueux, au conseil communautaire, permette une plus grande cohésion politique et une meilleure unité dans les décisions. Cela était souhaitable, il n’en est rien. Une partie de la majorité se comporte comme une opposition, à coup de contre propositions fracassantes et critiques acerbes. Le conseil communautaire se retrouve donc constitué d’une majorité et de deux groupes d’opposition, PCF/UMP, eux-mêmes parfaitement opposés, avec les électrons en semi-liberté que sont les Verts et le Modem, face à un PS contraint de fonctionner avec ses alliances de campagne électorale.
Du coup, c’est M. Béri-Debat en personne qui demande à M. Le Vacon de rentrer dans le rang avec le texte de présentation du PDU et de ne pas « enfoncer des portes ouvertes ». Ce document est-il vraiment l’occasion de régler ses comptes ? Est-il vraiment le lieu pour rappeler que la CAP refusera tout débat indépendant au sien, à celui qu’elle organise et dirige ?

:: Un lobby anti voiture ::

Le phénomène ETAPE. Il se présente comme un collectif bigarré, composé des acteurs locaux suivants :
Collectif unitaire pour une alternative au libéralisme / Les amis de la Terre / Vélorution / Attac / CGT cheminots / FSU / Les Verts / Le PCF.
Pour mémoire, les Verts et les Communistes font partie de la majorité et sont bien représentés au conseil municipal de Périgueux et au conseil communautaire de la CAP : ambiance.

Visiblement ce collectif se définit mieux comme un lobby, un groupe de pression composé d’éléments très divers, mais rassemblés autour d’intérêts communs et occasionnels. Ce n’est pas un gros mot, appelons un chat un chat, ETAPE se définit bien comme :

des entités qui cherchent à représenter des intérêts de sections particulières de la société en vue d’influencer les processus politiques

Les enjeux de ce lobbying sont l’abandon des projets de ponts et la promotion de la navette ferroviaire. Certains par souci environnemental, d’autres par intérêt économique, d’autre par idéologie doctrinale, d’autres enfin pour la généralisation de leur hobby.
Ce lobby entend donc mener indépendamment de la CAP des débats sur le sujet, mais cela ressemble plus à une campagne d’opinion qu’autre chose. Il y a fort à parier que contribuer au débat à ce niveau, ne signifie pas autre chose qu’être en accord avec les intérêts défendus. L’évolution de ce blog nous dira si on se trompe.

D’ailleurs, sur le fond, il y a, hormis le projet de pont, une quantité non négligeable de convergences, (navette ferroviaire, déplacements doux – raisonnés – , bus) avec les analyses précises des services de l’Etat, (Porté-à-connaissance de 2006). A part l’estimation du déficit de fonctionnement par rapport à la fréquentation, au bout du bout, personne ne semble aller contre ce projet.

Juste pour l’info, le blog d’ETAPE est un produit Overblog, développé par la société JFG NETWORKS, dont le groupe TF1 détient environ 30% des parts. C’est pour cela qu’en bas du blog, tout en bas, on trouve ce lien : TF1 Network.

Merci donc à TF1 de participer à la lutte contre les dérives du capitalisme et à la promotion du développement durable