Les voeux pieux du maire à la CCI

Personnel municipal, population, corps constitués, platanes des allées Tourny et finalement tout l’univers, les vœux du maire sont l’occasion d’un rite annuel consacré à la grandeur et l’éloquence.

Mais en cette nouvelle année 2011, le maire de Périgueux a décidé de marquer les mémoires à jamais. Il a trouvé une idée originale et subtile mettant en valeur son sens de l’anticipation et de l’organisation.

Il avait prévu de convoquer d’inviter le personnel municipal dans le sein des seins, pour y délivrer sa transcendante cérémonie du nouvel an. Quel théâtre plus majestueux et symbolique que les locaux de la CCI pour célébrer la pamoison municipale ? Aucun bien sur.

Une idée de génie: la cérémonie des vœux 2011 dans ce qui sera bientôt pour 10 millions d’euros la nouvelle mairie de Périgueux… Autant commencer à la rentabiliser tout de suite, avant même le début des travaux.

Ni une ni deux, les fonctionnaires territoriaux recevaient donc une invitation qui, à n’en pas douter, valait bien tous les cadeaux d’un Noël déjà oublié.

Invitation aux vœux du maire à la CCI

Invitation de Michel Moyrand à la cérémonie des vœux

Une larme d’émotion coulait sur ma joue à l’idée d’un tel cérémonial. Et puis patatras.

Annulation de l’invitation aux vœux du maire à la CCI

Parce que la vie est injuste, cruelle parfois et c’est peu dire en l’occurrence, tout a été annulé. A croire que le bâtiment de la CCI se refuse encore un peu. Impossible dans cette enceinte de délivrer l’onction municipale, pas encore, c’est raté.

« Pour des raisons logistiques » (tu parles) le maire, contrit, fut contraint de se rabattre sur le théâtre de Périgueux, qui s’impose décidément comme son lieu de prédilection.

Annulation de Michel Moyrand à ses voeux dans la CCI

Heureusement il y aura une visite guidée, mais parait-il les photos seront interdites. Par contre, cartes postales, magnets, portes-clés, seraient prévus en vente libre… Et même la tant attendue (exclusivité Rue de la chouette) boule à neige de la CCI!

Perigueux, une ville en friche politique

Paraissait hier dans un quotidien local une interview de Michel Moyrand qui fera date. Le maire de Périgueux confie son désarroi sur la gestion municipale. Aveu d’incompétence, promesses électorales bafouées, stigmatisation d’une corporation, le maire vide son sac. Sur 28 mois de mandature, 18 auront été consacrés à comprendre ce qui lui arrivait, expliquant un peu l’enlisement constaté sur des dossiers importants. Mains dans les manches, pantalon sur les chaussures, épaules flottantes, le costume parait si vaste pour l’ancien adjoint du conseil municipal de Bassillac.

Un conseil municipal fragilisé en quête d’unité

La rentrée était déjà assez délicate pour le conseil municipal, le maire enfonce le clou.

Suite au départ de deux conseillers municipaux, plus le retrait volontaire d’un poste d’adjoint par un conseiller, ainsi que la mise à l’écart du conseiller municipal anciennement chargé de la communication, Michel Moyrand ne montrait pas un conseil municipal très serein.

S’ajoute aujourd’hui la démission du 1er adjoint [Eric DOSSET – ?] qui laisse un désert pour la gestion du commerce et du tourisme, alors qu’il n’arrivait déjà pas depuis deux ans à proposer un projet viable.

Les difficultés de la 2ème adjointe [ Gatienne DOAT – PS] actuellement sous le coup d’une procédure prudhommale pour licenciement abusif de 5 salariés n’augure rien de fameux sur ses méthodes de gestion ((Association S.O.S Femmes Dordogne)).

La récente interpellation de la 4ème adjointe [Sylvie REIHNART – PS] en état d’ivresse ayant causé des dommages matériels ne renforce en rien l’image de sérieux et de rigueur voulue par le maire.

La manière avec laquelle le 5ème adjoint [Fabrice MATHIVET – Verts] (et l’ensemble de son groupe) pris à contre pied par la pose surprise d’une antenne relai téléphonique à 100 mètres d’une crèche, alors qu’il engageait une démarche contre celle de Gay Lussac.

Il ne reste que le 3ème adjoint [Vianney Le VACON – PCF] qui demeure droit dans ses bottes. Mis à part qu’il s’était engagé férocement contre l’aéroport et qu’il persiste depuis deux ans à en voter la continuité, main dans la main avec l’UMP.

Dans un contexte tendu où la crédibilité de la majorité est engagée sur des dossiers lourds, le maire de Périgueux a choisi de se porter l’estocade dès la rentrée, plombant ainsi toute sa communication du dernier trimestre.

Un bilan de mi-mandat en forme de faillite

1. L’aveu d’incapacité

Pendant un an et demi, le maire confie n’avoir pas été à la hauteur de ses responsabilités. Waoh ! Alors que depuis le début il clamait dans les déclarations publiques qu’il était au top pour le job, cela devrait nous mettre en confiance pour croire que maintenant il l’est ?

Aujourd’hui, je reconnais que j’ai mis dix-huit mois pour appréhender la fonction et affiner ma connaissance de la ville et de sa gestion.

Dans un grand moment de sincérité, Michel Moyrand avoue avoir trompé les périgourdins sur ses capacités à les diriger

What’s next !

2. Regrets d’un maire qui descend les poubelles

La majeure partie du temps consacrée à la gestion quotidienne… Il semble que les 18 mois d’adaptation pour appréhender la fonction n’étaient pas de trop, il aurait pu intégrer l’idée de délégation de pouvoir, à ses adjoints par exemple.

Ce qui occupe la majeure partie de mon temps de maire, c’est la gestion quotidienne, ce ne sont pas les grands dossiers. Je le regrette.

Alors qu’il s’est présenté pour faire entrer Périgueux dans le 21ème siècle, il déclare se concentrer sur les crottes de chiens et les poubelles ((Dixit Sud Ouest)) …

What’s next !

3. Un diagnostic d’échec, une absence de propositions

Le projet pour éviter la naufrage du commerce et de l’artisanat, (spécialité du maire au Conseil Régional pendant 6 ans), est reporté sine die, car il n’y a plus d’élu capable de mener à bien une mission qui patinait depuis deux ans.

La SEM, il faut la gérer au quotidien et je n’ai plus d’élu pour le faire. Ce n’est plus à l’ordre du jour du prochain Conseil municipal.

A travers le tourisme, le commerce et l’artisanat, il ne s’agissait rien moins que « de développer et promouvoir le tissu économique et local ».

Pourtant, le programme de campagne tirait un bilan inquiétant nécessitant des actions sérieuses :

Un constat s’impose. Le petit commerce est en danger sur Périgueux dans le centre et surtout dans les quartiers. […] Des solutions existent avec l’implication forte de la nouvelle municipalité, en concertation avec tous les acteurs socio-économiques. Redonner vie à tous les commerces et dans tous les quartiers, c’est notre ambition.

Alors que la situation s’aggrave, toujours aucune proposition…

What’s next !

4. Les commerçants responsables de la situation

Les commerçants périgourdins sont des emmerdeurs égoïstes, des cas uniques en France.

Mes collègues maires ont moins de problèmes que moi : ils décident et ils construisent ! Et leurs commerçants ne s’opposent pas !
C’est une corporation très particulière : je prends tout, je ne donne rien. Heureusement qu’ils ne sont pas tous comme ça.

Et maintenant que les périgourdins savent ce que Michel Moyrand pense des commerçants…

What’s next !

5. Pas de solutions, mais des envies

Pour régler les problèmes du commerce périgourdin (avec ces emmerdeurs égoïstes) et après avoir abandonné le projet de développement du tissu économique, le maire « a envie » d’un grand centre commercial.

C’est un projet qui pourrait ouvrir vers fin 2014. Mais il y a encore beaucoup de problèmes techniques à régler.

Les emmerdeurs seront ravis d’être invités par le groupe Eiffage et Michel Moyrand à faire une visite à Poitiers.

Comme le plus important pour le commerce périgourdin était de connaitre l’envie du maire…

What’s next !

6. Malentendu sur les promesses électorales

Le programme politique du candidat était clair :

Nous réaménagerons le quartier de la gare autour du pôle multimodal. Ce quartier deviendra un quartier plus vivant et plus agréable, plaque tournante des transports en commun et des voies de déplacements respectueuses de l’environnement

Il n’était pas annoncé en 2008 que ce projet était prévu dans les 12 à 17 ans à venir.

Quand on parle du quartier de la gare, j’ai déçu des personnes en disant que ces projets sont pour 2020-2025.

Maintenant qu’on sait que le programme de Michel Moyrand vendait pour 2008/2014 ce qu’il savait être pour 2020/2026…

What’s next !

C’est assez. Cette interview est un désastre. Michel Moyrand s’englue dans le rôle d’un Sisyphe périgourdin. Il porte de lourds espoirs au sommet des promesses, qui redescendent inexorablement au bas des principes de réalité.

Jouer sur le registre de l’empathie de l’électeur est à double tranchant. Car en activant la corde de la sincérité, (incapacités, regrets, envies, frustrations…), il remet en cause les raisons pour lesquelles il a demandé aux périgourdins de lui faire confiance.

Reconnaissant en filigrane la médiocrité de sa gestion, il complique par cette posture la stratégie d’une éventuelle réélection. Sauf en pariant sur l’amnésie des citoyens ou les faveurs d’un contexte national, le slogan « essayez-moi et vous verrez » n’étant qu’à un coup, la situation sera complexe à défendre.

Sur le thème de l’apitoiement, « j’étais nul mais j’ai tout donné« , il sera compliqué de vanter le moindre bilan sans tirer la liste des échecs, et par là même porter le moindre espoir nouveau pour atteindre 2020 autrement qu’à cloche pied.

A Périgueux la mairie de Moyrand ne connait pas la crise

A l’heure où les collectivités locales, (comme tout le monde serait-on tenter de dire), sont contraintes à une certaine rigueur budgétaire, Michel Moyrand s’éclate.

Le maire de Périgueux vient de lancer l’appel public à candidature pour désigner le maître d’œuvre de la rénovation du bâtiment de la CCI pour y implanter la mairie, le 30 juin exactement.

A chaque fois que Michel Moyrand parle de ce projet, son coût augmente. La pompe à fric est en marche et elle ronronne.

En septembre 2008, le maire déclarait officiellement un coût total ne devant pas dépasser 4 M€ ((Sud Ouest, 11/09/08)). Car comme il le disait un mois plus tôt, le 05 août ((Dordogne Libre, 05/08/08)) :

On fera une analyse budgétaire et un état des lieux très précis.

Pour mémoire ce projet est Le symbole de la mandature Moyrand. C’est Son bébé le Déménagement de la Mairie ©, même si le 02 juin dernier, il rappelait avec ambiguïté que ce projet était une connerie trouvée en son temps par la droite… Qu’il est donc aujourd’hui heureux de concrétiser.

Mais vous allez voir, ce n’est pas si simple de suivre le budget de Moyrand à la trace…

C’est ce qu’il vous en coutera (temporairement) pour une nouvelle mairie excentrée, en biais, face à une barre de logements et sans place publique.

Y a qu’à leur dire que c’est pas cher…

Banco, dans le Plan Prévisionnel d’Investissement de 2009, l’achat du bâtiment était de 2.576 M€ et la rénovation d’1M€, soit 3.576 M€.
Rigueur budgétaire et précision de l’analyse permettaient au maire d’envisager des économies.

Bref, de quoi nous rappeler cette phrase d’un ministre des finances en 1828 ((Comte de Villèle commentant le budget de 1 milliard)):

Saluez ce chiffre, messieurs, vous ne le reverrez plus

… Mais que ça a augmenté

Car soudain, dans le Plan Prévisionnel d’Investissement de 2010, le projet subit une inflation de 62,5%, le propulsant à 5.715 M€ !
Erreur d’estimation des travaux, ces derniers se voient majorés de plus de 2 M€.

Qu’on se rassure, le maire n’est pas stupide. Il a toujours su que les travaux couteraient bien plus qu’un simple million d’euros. Il fallait toutefois attendrir la viande électorale avant de passer aux choses sérieuses.

Moyrand victime d’une emphytéose aiguë

Nous pensions que notre rigoureux analyste s’en tiendrait là pour l’année 2010. Car entre temps il cherchait de subtiles solutions de financements en rendant les périgourdins locataires de leur mairie.

Cette idée originale alla jusqu’à interpeller, par son ridicule il s’entend, des journaux nationaux. L’Humanité s’en est ému autant que la Lettre du Cadre en est resté scotché. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un maire vendre la mairie pour la déménager, ou l’inverse on ne sait plus.

D’une certaine façon on se rapproche de Coluche:

Pour rétablir nos finances, il faut déclarer la guerre à la Suisse, puis la perdre afin d’être envahis et de disposer enfin d’une monnaie forte.

La rigueur au doigt mouillé

Rarement à court d’idées lumineuses et pour fêter la déliquescence qui touche les plus hautes fonctions de l’Etat, Michel a encore décidé d’augmenter le cout des travaux.

Aujourd’hui dans l’avis public à candidature (téléchargement en .pdf), ces fameux travaux  sont estimés à 3 135 200 euros.

Certes, cette augmentation est symbolique. Mais en y ajoutant comme il le projette un nouveau bâtiment à 600 000 euros, on passe dès lors à 6 311 200 euros.

C’est bien ça. Pendant que les échotiers locaux font diversion à coup de sports et de faits divers, le maire a tranquillement augmenté son budget de 2 735 200 euros.

Et ce sans compter la rénovation de l’actuelle mairie, qui devra, après une mise aux normes handicapés avant 2015 obligatoirement ((Loi du 11 février 2005 qui explique les travaux de rénovation du théâtre de l’Odyssée)), accueillir toute la culture du monde et quelques associations. Encore un des ces projets à 2.5/3 M€ que vous ne sentirez pas passer.

On se rapproche lentement mais surement d’un projet à 10 000 000 d’euros ; grosso modo une année d’investissement de la ville.

Problème, en 2008, le maire allait péter la baraque et s’installer dans sa-mairie-rien-qu’à-lui en 2010. Aujourd’hui la fin des travaux est prévue pour le 1er trimestre 2013, un an avant les élections.

Glissez encore un peu d’insensible façon, des larmes au baiser il n’y a qu’un frisson.

A Périgueux, Michel Moyrand poursuit son One Man Show

Michel Moyrand, le maire de Périgueux, est l’homme qui écrivait en 2008 aux périgourdins :

J’ai pour Périgueux une ambition, c’est de donner du sens et de la vie à la démocratie dans notre cité.

Il se présentait alors comme un réformateur de la cité et annonçait sans chichi :

… ce que je veux aussi, c’est vous donner plus de responsabilités dans la gestion de notre quotidien en créant les conditions nécessaires pour l’exercice d’une nouvelle vie.

Dans son discours du 22 mars 2008, il enfonçait le clou avec emphase :

Aussi, en cet instant, je forme le vœu que le génie démocratique, que la démocratie participative à laquelle, vous le savez, je suis tellement attaché guide nos travaux et nous inspire.

Face à de tels ambitions, Moyrand se proposait de rester concret :

Je me suis engagé, nous nous sommes engagés à rendre régulièrement compte de notre travail.

Une fois élu, il fallait espérer que plus personne ne parle de ces engagements. Car deux ans plus tard, l’homme dirige la ville comme une permanence de parti politique et ses engagements ont disparu, il souhaite qu’on le laisse tranquille. Ainsi il déclare pour Sud Ouest début 2010 :

Laissez-nous travailler pour cette ville.

Faire exactement le contraire de qu’il avait annoncé, voilà tout le sens qu’il donne à son action. Saluons l’homme de parole.

:: Le renoncement et la manipulation ::

Ce qui se passe aujourd’hui pour la rénovation des abords de la cathédrale Saint Front est marqué du sceau de ces funestes promesses. Un bref rappel des engagements sera toujours nécessaire. Mais avant, il pourra être utile de revoir ce qu’était le projet d’aménagement de Saint Front.

réalisation: www.neomonde.fr

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LBgwECgDTYQ[/youtube]

Pendant l’élection municipale, le candidat déclarait lors d’un tchat organisé par Sud Ouest:

Est-il vrai que vous arrêteriez le projet du bas Saint-Front si vous étiez élu ?

Le quartier du Bas Saint Front est, comme d’autres d’ailleurs (Quatre Chemins, la gare…), d’avantage un point noir qu’un grain de beauté pour la ville ! En conséquence, je n’ai nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement, mais je reste fortement préoccupé par la réalisation du parking Mauvard, tant au niveau du coût que de la méthode retenue.

… Nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement. C’est ce qu’il confirma par écrit à l’association Renaissance du Greffe en février 2008 :

Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

Ca, c’était du vent pour être élu. Aucun de ces engagements n’a été respecté. Le 17 juin 2008, le maire déclarait en conseil municipal qu’il mènerait les études du projet initial jusqu’à leur terme. Foutaises. En conseil municipal du 09 décembre 2008, la décision est prise d’annuler les crédits alloués aux études (projet initial) d’un montant de 280 000 €. Le projet était « différé ». En réalité il allait être remplacé.

Le printemps 2009 allait voir s’ouvrir une nouvelle phase dans le traitement du dossier. Nouvelle ligne de communication : le maire n’abandonne pas le projet, il l’étale sur deux mandatures !

Si nous sommes réélus en 2014 « nous mènerons une autre tranche de travaux » sourit le maire…

Cette déclaration à Dordogne Libre du 17 mars 2009 fera date. Le maire impose alors un calendrier rocambolesque, tout en annonçant un faux budget deux fois inférieur à ce qu’il est aujourd’hui pour la place Mauvard.

Surprise, à l’horizon 2010, le 24 novembre 2009 exactement, le nouveau projet semble se préciser dans les prévisions budgétaires. Le politicard a flairé les complications s’il ne donnait pas du grain à moudre aux périgourdins pour un projet qu’il traîne comme un boulet. Voilà donc le parking temporaire évalué à plus de 400 000 € HT.

Et c’est ainsi que le maire, le 14 avril 2010, présenta son petit projet de rénovation du parking Mauvard. Rénover un parking et y mettre des horodateurs, le tout agrémenté de quelques plantes vertes « pour cacher les voitures ». Voilà par quel bout il entend donner l’illusion de répondre à ses engagements en n’abandonnant pas le projet initial.

:: Les comptes rendus des médias ::

Pour Dordogne Libre, c’est « Un parking Mauvard à petits pas » :

C’est que le sujet est chaud pour avoir alimenté la campagne des municipales et vu le maire de Périgueux sabrer le projet de son prédécesseur. En lieu et place d’un parking (version Darcos) souterrain avec une dalle paysagée desservant via un ascenseur la place de la Clautre, Michel Moyrand préfère réaménager l’espace actuel pour 95 places de stationnements.

Pour France 3 Périgord le problème est aussi très clair :

Exit l’aménagement paysager du Bas Saint Front, la mairie a son projet. En lieu et place de ce parking en 2011, un autre parking, de surface, jusqu’à 95 places sont prévues, quelques plantes et des voitures qui resteront donc visibles.

Pour Sud Ouest la version est officielle : « La rénovation du Bas Saint Front se précise »

L’ambitieux projet de la précédente municipalité avait été suspendu après l’élection de Michel Moyrand. Mais pas abandonné. Il vient d’être présenté aux membres du comité consultatif.

Passer d’un projet global à l’échelle d’un quartier à un aménagement temporaire d’un parking de surface ne pose aucune question à Sud Ouest. Leur crédo semble de s’imposer comme relai officieux de la communication municipale et c’est plutôt réussi. Souvenez-vous du maire : le projet n’est pas abandonné.

En dépit de la réalité décrite par les autres médias, Sud Ouest s’entache d’une partialité de plus en plus voyante.

:: Etat des lieux ::

D’ici quelques semaines, le maire présentera au public son projet de rénovation de parking, avec horodateurs et plantes vertes. Il indiquera que cet aménagement est temporaire. Un aménagement qu’il annonce cependant à 1.8 M€, dont plus de 400 000 € serviront au parking « temporaire ».

Décidément l’argent public est méprisé. Ce saupoudrage ne sert qu’à financer une illusion justifiant des engagements en réalité non tenus. Le projet initial a été réfuté pour des motifs politiques, malgré sa pertinence incontestée : recréer le lien entre la ville et la rivière.

:: La CAP, prétexte de l’immobilisme ::

L’argument avancé par le maire pour justifier son immobilisme, le Plan de Déplacements Urbains de la Communauté d’Agglomération, est un leurre de plus, un lièvre donné aux lévriers. Incapable d’affronter les conséquences de ses décisions (reporter la réalisation du projet), il préfère rejeter la responsabilité de son inaction sur une CAP de laquelle il est pourtant premier vice-président. Quand ça l’arrange, le PDU n’est pas un obstacle, c’est ainsi qu’il a fait valider son Plan Local d’Urbanisme.

Or la CAP étant une usine à gaz d’intérêts politiques et personnels peu convaincue par le concept d’intérêt général. Elle ne peut qu’annoncer sans cesse le report de la mise en œuvre du PDU en affichant l’impuissance qui la caractérise: une collectivité paralysée par l’absence d’unité. C’est encore une manière de gagner du temps en masquant ses responsabilités, comme les gouvernements français ont pris l’habitude de le faire avec l’union européenne. Le bouc émissaire en politique est considéré comme une martingale.

:: Le troubadour de la CCI ::

Contrarié par ses propres engagements et confronté à la volonté des habitants, Michel Moyrand s’enfonce dans une impasse. Faire et ne pas faire à la fois. La rhétorique au secours de cette contradiction échoue lamentablement sur le principe de réalité (même agrémenté de plantes vertes).

Il n’y a plus de projet d’urbanisme, de finalité cohérente et globale. Comme il l’avait annoncé il donne pourtant le meilleur de lui-même. Cette excellence consiste aujourd’hui à rénover un parking en investissant des centaines de milliers d’euros dans une réalisation temporaire et inutile. Voilà tout ce qu’il propose pour alternative au projet initial.

En 2014, lorsque son verbe sera mielleux pour bonifier son bilan, serrant des mains et flattant les caniches,  il affirmera avoir tenu ses engagements. Cela tiendra plus du comique troupier que du responsable politique. On attend maintenant le One Man Show avec impatience, le rire étant tout ce qui reste de ses promesses.

Régionales 2010: Michel Moyrand remporte la mairie de Périgueux

Beaucoup de candidats aux régionales, au lendemain du premier tour, ont été tentés d’esquiver les véritables causes de l’abstention en l’expliquant par une méconnaissance des français de l’action des Régions.

Piètre explication, puisqu’elle stigmatise à juste titre l’absence de communication et de pédagogie des exécutifs sortants, tout comme le flou entretenu au niveau national. En somme, les responsables de ces collectivités n’ont que peu à faire de l’abstention, le jeu électoral consistant à gagner ou perdre, non à améliorer la démocratie.

Ombre d’une démocratie en souffrance au lendemain du 1er tour, l’abstention au lendemain des élections est le cadet des soucis. Parce qu’elle a nettement reculé au 2ème tour ? Pas du tout. En Dordogne, passer de 141 328 à 127 450 abstentions sur 308 000 électeurs n’est en rien une satisfaction.

En réalité, l’abstention a effrayé au 1er tour parce qu’elle constituait un dangereux réservoir de voix, imprévisible, potentiellement captable par l’adversaire, intéressant à gratter pour améliorer son propre  score. Le 14 mars, c’était un échec de la démocratie. Le 21 mars, on s’en fout, on a gagné ou perdu.

Il n’y évidement aucune hypocrisie dans ces changements de discours à une semaine d’intervalle.

:: La confusion des enjeux entre scrutins: niveau 1 ::

Pourtant, on peut douter que les discours politiques rendent plus lisibles l’enjeu du scrutin régional. Il suffit d’écouter les candidats.
Michel Moyrand pour le PS, appelait à sanctionner la politique gouvernementale. Du désengagement de l’Etat à la réforme des collectivités territoriales en passant par la protection sociale, il fallait presque davantage voter contre Nicolas Sarkozy (incarné par Xavier Darcos) que pour Alain Rousset, le président PS sortant.

Il fallait comprendre ainsi que les Régions étaient des foyers de résistance quasi guévaristes contre le néo-libéralisme de l’Elysée et la tentative (avortée par la crise) d’adapter le pays au modèle anglo-saxon.

Ceci est le premier niveau de confusion généré par les candidats, la nationalisation du scrutin. Tactiquement, s’appuyant sur un bilan de 3 années et de lourdes difficultés nationales, le jeu a été payant (au moins électoralement).

:: La confusion des enjeux entre scrutins: niveau 2 ::

Le second niveau de confusion fut apporté par le candidat UMP Philippe Cornet. Leader de l’opposition à Périgueux, il voulut donner au vote régional une allure de scrutin municipal, en appelant à sanctionner Michel Moyrand pour sa politique communale. Au point même que Dordogne Libre titrait entre les deux tours : Des Régionales aux allures de Municipales à Périgueux.

Ben voyons. Soucieux de nationaliser le débat mais pas de le municipaliser, le maire Michel Moyrand rétorquait à juste titre sur le terrain de la Région :

Les gens ne votent pas là en fonction des personnes, mais pour un projet ou un bilan. Moi j’ai un bilan de 12 ans positif à la Région.

La tactique était mauvaise et pour cause. Le maire de Périgueux a mis un an à découvrir le « métier », il en est pour la 2ème année à mener des études et à ajuster ses budgets: il n’y a aucun bilan à tirer. De plus les amalgames entre scrutins sont verticaux et à sens unique. On peut élargir l’enjeu d’un scrutin local, bien plus rarement réduire un enjeu électoral à un scrutin plus modeste.

:: La confusion des enjeux entre scrutins: niveau 3 ::

Troisième niveau de confusion au lendemain de la victoire de l’exécutif régional sortant. Alors que l’on attendait le maire de Périgueux se féliciter des résultats de l’ensemble de la gauche pour la Région Aquitaine, il focalise la victoire sur sa personne à Périgueux (DL) :

Rendez-vous compte, j’ai gagné les municipales avec 113 voix et je suis ce soir à 57 %

De ce point de vue, il remet ses partenaires d’Europe Ecologie et du Front de Gauche à leur place, les ramenant à la réalité qui est la leur : des équipes d’amateurs évoluant en CFA.

Partageant un peu de son succès, il pense soudain à citer sa dream team :

C’est une grande victoire pour l’équipe municipale

Plus surprenant, c’est lui, à son tour, qui municipalise le scrutin en comparant les deux élections, concluant que son action municipale est largement confortée par ce score de 57%. A une semaine d’intervalle, alors qu’il ne fallait pas le juger sur son action municipale, voilà cette dernière confortée par les résultats du second tour.

Cette auto satisfaction est d’ailleurs relative. Aux municipales de 2008, Michel Moyrand recueillait 6 741 voix alors qu’il en récolte aujourd’hui 5 405. Au jeu des comparaisons hors-sol il n’y a donc pas lieu de se gargariser.

Hier il ne fallait parler que d’élection régionale, aujourd’hui c’est un scrutin municipal à la limite du plébiscite, mais qui n’en demeure pas moins une sanction pour la droite parlementaire. C’est bien en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui, même maire d’une ville de 30 000 habitants.

:: Responsabilité politique de l’abstention ::

L’instrumentalisation et la confusion des scrutins, couplées à l’absence totale de pédagogie sur les différents niveaux territoriaux entretient sciemment l’ignorance et la confusion. Rien dans la mise en œuvre de cette méthode ne va contre l’abstention, elle la conforte et la nourrit. On fait ainsi passer les abstentionnistes pour des absentéistes des rendez-vous démocratiques. Cela permet à peu de frais d’obérer la réalité en se croyant légitime avec la moitié des électeurs. C’est simplement une rhétorique de faux-cul.

Mais pardon, nous parlions encore de l’abstention alors que les élections sont finies. Désolé.