Casino CCI No Limit, Michel Moyrand relance « all in »

Près d’un périgourdin sur quatre est contre le projet de déménagement de la mairie. [Consulter l’intégralité du sondage BVA de juin 2011]. Le maire feint dans les journaux de s’en moquer (« je m’attendais à bien plus !« ). Trop tard, l’erreur est faite et il ne peut plus reculer.

N’ayant jamais été délimité sur un plan budgétaire, ce projet est un puits sans fond. L’absence de maîtrise et d’analyse en fait un divertissement investissement sans limites. Il coûtera ce qu’il coûtera.

Quand en 2008 Michel Moyrand a pris les commandes, il ne savait ni combien coûterait réellement son projet de nouvelle mairie, ni comment il le financerait. Depuis il a trouvé une martingale.

La CCI a bel et bien été transformée en casino, Michel est assis à la table. Il prend une trempe. C’est pas grave; Michel aime jouer. Michel recave et relance au tapis avec le patrimoine immobilier de la ville. Plus ça cogne en face, plus il allonge. Il vient de sortir des poches de la ville pas moins de 15 bâtiments pour pouvoir suivre les enchères.

Rien ne va plus à la roulette municipale !

Le coût de la nouvelle mairie a été multiplié par 7 en trois ans, atteignant officiellement la somme (provisoire) de 7 millions d’euros HT.

L’évolution du coût de cette nouvelle mairie est assez épatante.

  • 2008: 1 000 000 € (campagne électorale)
  • 2009 : 3 576 000 € (PPI 2009/2014)
  • 2010 : 5 700 000 € (PPI 2010/2014)
  • 2011: 7 000 000 € (estimation architecte)

Côté financement une parade de circonstance a été trouvée.

La mairie flambe ? Vendez le reste de la ville !

Au prétexte que la ville aurait un patrimoine immobilier important, ce dernier est une réserve sans fond. Il n’y a qu’à céder autant de patrimoine qu’il faudra pour réaliser le rêve de Michel.

C’est ce que Michel appelle une « opération blanche », qui ne coûte pas d’argent aux périgourdins. En réalité si. Ca leur coûte simplement plus de 8 millions d’euros de patrimoine immobilier, dont par exemple la maison Estignard (mais tout le monde s’en fout).

Les dépenses (pour l’instant) consacrées à la nouvelle mairie

Acquisition du bâtiment : 2.63 M€
Démolition : 120 000 €
Honoraires maîtrise d’œuvre : 367 000 €
Travaux : 3.536 M€ (estimation maître d’œuvre avant marché de travaux)
Stylos et plantes vertes : 175 000 €

Cela nous fait une petite note que le maire arrondit à 7 M€ en conseil municipal. Sans compter à l’évidence sur la rénovation et la mise aux normes de l’actuelle mairie pour accueillir de nouveaux services publics.

Autant dire un minimum de quelques millions d’euros toujours absents des budgets prévisionnels. Mais à ce niveau là c’est une question de plaisir, on ne compte plus mon brave !

Les recettes issues de la vente du patrimoine immobilier

Là il n’y a qu’à se servir. Voici donc la petite liste dressée par le maire.

Ventes déjà effectuées
3.5 M€ (dont Castel Peyssard pour 940 000 €)

En 2012 :
La Daudie : 1 000 000 €
Hôtel Estignard : 700 000 €
Trésorerie municipale : 380 000 €
Rue Lacombe : 100 000 €
Restaurant du golf : 191 000 €
Rue des Tanneries : 20 000 €

En 2013 :
Salle horticulture : 420 000 €
CAPEB : 145 000 €
Rue Ernest Guiller (après ouverture maternelle la Cité) : 350 000 €

En 2014:
Maison des associations : 825 000 €
Office de tourisme : 250 000 €
Pavillon Bidanchon : 300 000 €
Fonds de commerce CIJ : 250 000 €

Il faut ajouter à cela une dote du comte Cazeau du Périgord de 900 000 €.

On arrive à un total de 8.431 M€ pour plus de 15 bâtiments liquidés. Autant dire que le maire prévoit déjà quelques dépassements budgétaires.

Disons que prudent, Michel s’offre une marge de dérapage d’encore 1.5 M€.

Moralité, heureusement que la cathédrale n’appartient pas à la commune de Périgueux sinon elle serait déjà en vente…

Oui vous avez bien lu, en 2014

La dernière ligne de recette est marrante. Car il devra attendre d’avoir libéré l’actuelle mairie pour y installer des services occupants aujourd’hui des bâtiments prévus à la vente.

Voici donc l’histoire. L’emménagement dans la nouvelle mairie est prévu pour mai 2013. Bon là ça se complique. En moins d’un de 12 mois il aura du réaliser les travaux de l’actuelle mairie. Quand on sait qu’il annonçait en 2008 l’inauguration de la nouvelle mairie pour 2010…

Conclusion, Michel Moyrand disposera d’environ 10 mois non seulement pour réaliser 1 800 m² de travaux mais aussi pour libérer et vendre 4 bâtiments pour un montant de 1.625 M€ avant la fin de son mandat en 2014… LOL Michel !

Autant dire qu’en pleine campagne électorale, Michel, s’il y retourne, devra assumer en réalité un bordel sans nom, entre des travaux non finis au pire et au mieux un trou de 1.625 M€.

Attendez-vous à d’ubuesques galimatias sur cette question…

Le respect de l’argent public ? C’est démodé

Depuis que Moyrand constate sa propre dérive sur le financement surréaliste de son projet, il n’oppose qu’un seul argument pour sa défense.

Systématiquement, il renvoie à la Filature, projet de son prédécesseur dont le coût des travaux avait été magistralement sous-estimé.

Il n’a pas manqué de le faire en conseil municipal le 22 juin :

« …mon prédécesseur avait entrepris une grande rénovation d’un grand bâtiment, il avait démarré à 2,5 M €, il a terminé à 8,5 M €, il n’est pas encore tout à fait achevé, nous devons le faire et c’est peut-être la fonction qui fait que ».

Autrement dit, les gabegies du passé justifient celles du présent. On ne sort donc jamais d’un tel cercle vicieux.

Michel Moyrand se pose ainsi en conservateur d’une tradition budgétaire laxiste et insouciante. Si Xavier Darcos aimait la jouer « grand prince » avec l’argent du bon peuple, alors Michel Moyrand aussi.

What canal do ?

Je fréquente le canal, matin et soir, à vélo ou à pied.

Le niveau est tellement bas, qu’on a l’impression que les canards marchent sur l’eau… Les poissons se regroupent à la recherche d’oxygène, bientôt ils nageront le ventre en l’air. Les poules d’eau, suivies de leurs petits, semblent perplexes. Les ragondins, rescapés du grand massacre, trottinent d’un terrier à l’autre sans se mouiller les pattes. L’eau est devenue verte et glauque.

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J’y croise l’insouciance, la grâce…

Je croise régulièrement les promeneurs, les joggeurs, les cyclistes, les vététistes, concentrés et insouciants. «How can we danse when the world is burning » ? Réponse : we can ! Le beau temps fait plaisir aux citadins…

Peu importe qu’à quelques kilomètres de là, une éleveuse de chèvres devra bientôt, la mort dans l’âme, faire abattre 40 de ses bêtes faute de pouvoir les nourrir. Les gamins dans la plaine des jeux poursuivent leur valse à deux roues, mêlant la grâce à l’audace.

Une grande indifférence semble s’être installée sur la voie verte.

… la bêtise ordinaire

Certains adultes font des barbecues dans le Jardin des Vagabondes, à la lumière des phares de voiture. Dans ce jardin, consacré à la biodiversité, je vois régulièrement pousser des fleurs de carton souillé, des bouquets de canettes de bière, des buissons de détritus au creux des arbres.

Une branche arrachée d’un jeune tilleul reste suspendue à l’arbre, comme la larme à l’œil. Sur la voie verte des modes doux, j’ai croisé des scooters, et même un camion de quelques tonnes, chargé à bloc de palettes…

Au matin il n’est pas rare que la fontaine publique crache son précieux liquide à gros bouillon. Le clapet ne fonctionne plus, la CAP n’a toujours pas investi dans l’entretien de ce matériel et il semblerait que ce soit difficile de tourner un bouton

Et ses conséquences

N’avez-vous jamais eu envie de botter le train des décervelés sans respect pour la nature ? Moi si, j’avoue. Je n’ai jamais mis en pratique, je vous rassure.

Mais rien que de l’imaginer, ça me fait du bien. La colère est une réaction saine à condition de savoir la maîtriser…

Hier j’ai croisé un jeune homme promenant sa fille en poussette. Il était en pleine dispute avec un retraité. Indigné, il montrait le canal et criait : « vous avez vu dans quel état il est ? Et vous avez le toupet de balancer une bouteille pour vérifier la profondeur de l’eau !»

Eh oui ! La bêtise n’a pas d’âge et l’aîné bafouillait dans sa barbe. Embarrassé, il refusait d’assumer la portée de son geste. La colère du jeune papa était rassurante, mais à côté de lui, la petite fille, apeurée, pleurait.

Nous sommes seuls, donc inefficaces

Alors, faut-il laisser filer ? Ne rien dire ? Mauvaise pioche. A St Georges, les plaintes s’accumulaient devant l’incivilité d’un groupe de jeunes. Le maire a fait la sourde oreille. Il a laissé filer.

C’était lâcher la bride des gamins, qui –normal- en ont rajouté une couche. Du coup, la colère des riverains est montée d’un cran et s’est organisée. Conséquences, à présent, on parle de conflit « entre les jeunes et les vieux », ou plutôt entre « les jeunes incompris » et les « vieux cons de bourgeois ».

Belle réussite après des assises de la tranquillité. Les Brigades vertes n’ont jamais vu le jour, encore promesse de Gascon. Les tensions montent : on en vient aux insultes, et bientôt aux mesures coercitives.

C’est ce qu’on appelle une belle réussite.

« La colère est nécessaire, on ne triomphe de rien sans elle si elle ne remplit l’âme,
si elle n’échauffe le cœur. Elle doit donc nous servir non comme chef, mais comme soldat. »

Aristote

Les périgourdins deviendraient locataires de leur mairie

Hier à Périgueux se tenait un conseil municipal. Sud Ouest s’intéresse aujourd’hui à une question qui a éclaté alors qu’elle n’était pas inscrite à l’ordre du jour :

Et si la ville louait sa mairie pour la financer ?

L’article relate l’embarras du maire lorsque l’opposition a abordé la question du financement du projet de réhabilitation en hôtel de ville de l’ancienne CCI. En effet, le maire étudie la possibilité d’un montage financier et juridique très particulier pour sa nouvelle mairie.

Il projette de céder le bâtiment qui va accueillir la mairie pour faire réaliser les travaux par un opérateur privé. En échange, le maire s’engagerait à signer un bail emphytéotique (de très longue durée). Ainsi, la ville paierait un loyer pouvant aller jusqu’à 99 ans.

Nous allons voir ce qu’implique un bail emphytéotique en quelques mots avant de voir pourquoi le maire planche sur cette solution et quelles en sont les implications politiques.

:: Principes d’un bail emphytéotique ::

C’est un bail particulier issu du droit romain. Le terme provient du grec, « planter ». Le bail ordinaire accorde au preneur un droit personnel. Le bail emphytéotique accorde un droit réel (sur la chose). Le preneur, l’emphytéote (la ville en l’occurrence), devient quasi propriétaire de la chose louée. Son droit sur la chose permet l’hypothèque, le bien est cessible et saisissable.

Mais le bail emphytéotique administratif BEA (ce qui serait le cas) est différent. Normalement, un bien du domaine public est frappé d’imprescriptibilité et d’inaliénabilité ; il est exorbitant de droit commun et incompatible avec ce type de bail. La loi du 05 janvier 1988 a aménagé sa compatibilité.

Dans notre cas, le maire céderait le bâtiment à une personne privée. Cette personne privée deviendrait le bailleur et la ville de Périgueux l’emphytéote pour un contrat de très longue durée. La ville ne jouirait pas des caractéristiques de droit réel impliquées par ce type de bail en droit privé, soumise aux principes généraux du droit administratif.

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:: De l’emphase à l’emphytéose ::

Le maire se vendant à qui veut l’entendre comme un « gestionnaire rigoureux » vient d’annoncer dans son plan prévisionnel d’investissement 2010/2014 une augmentation de 2.139M€ sur le prévisionnel des travaux. Soit une augmentation de 62% par rapport à ce qui était annoncé par voie de presse (septembre 2008) et qui prouve aujourd’hui un joli mensonge public (voir le détail ici).

Autant dire que le dossier devient épineux. D’un côté il est le symbole de sa mandature et c’est la raison principale, voire unique de ce projet. D’un autre côté, son coût pour les périgourdins par rapport au gain réel va être calamiteux. Avant travaux, le chiffrage se monte déjà à 6M€ (ce budget sera allègrement dépassé in fine), sans compter la réhabilitation de l’actuelle mairie qui mobilisera largement plus de 2M€ de travaux. Gain en retour pour les périgourdins : peau de balle. Voilà le symbole du passage de Michel Moyrand à Périgueux qui, à sa manière, aura marqué l’histoire de la ville mais à contre sens.

Le maire commence à comprendre que les périgourdins lèvent un sourcil face à ce qu’il leur prépare.

:: De l’emphytéose à l’apothéose ::

Loin de renoncer à son symbole, le maire sait aussi que politiquement le dossier va devenir épineux, limite défendable. Claquer entre 8 et 10M€ pour la gloriole dans ce contexte macro économique alors que Périgueux a besoin de réels investissements (compris leurs retours), c’est très limite. Car au final, la dépense dans son projet mobilisera la totalité d’un budget d’investissement annuel, 1/6ème des budgets de la mandature dont il portera la responsabilité. Ça fera cher le symbole.

D’où l’idée de vendre la nouvelle mairie pour en être locataire. Cela permettra d’étaler sur de nombreuses années le coût des travaux et d’achat. En réalité, la collectivité paiera un loyer au propriétaire, qui dégagera ses propres bénéfices en plus du prix d’achat et des travaux. (Il faudra bien qu’il ait un intérêt à investir plus de 6M€). Cet intérêt sortira pour des dizaines d’années de la poche des périgourdins.

Nous parlons directement d’une personne privée pour le futur propriétaire de la mairie. Mais il n’est pas exclu de magouiller un montage avec le Conseil Général et le Conseil Régional pour carrément faire payer cette fois la totalité des administrés de la région ou du département. On peut s’attendre à tout.

Au final, la mairie n’appartiendra pas à la ville et la collectivité paiera largement plus cher que si elle avait fait les travaux elle-même. Où est le gain ? Nulle part sinon politiquement.

:: De l’art de faire avaler les couleuvres… ::

L’avantage est politique, essentiellement électoral. Il permettra au maire de dire que ce projet ne coute rien aux périgourdins, à première vue, puisque le coût des travaux sera déduit du budget d’investissement et l’achat sera « remboursé » par l’acquéreur du bâtiment. C’est ce que Moyrand essayerait de faire avaler, selon son expression, pour une « opération blanche » (dans laquelle la vente des autres patrimoines municipaux ne compensera jamais le prix de sa mairie bling bling).

Évidement, tout se retrouvera dans le loyer, en intégralité plus les intérêts. La ficelle est grosse. Ce plan n’est pas sans inconvénient. Personne ou presque ne sera dupe de la manœuvre, même si le maire va enrober le stratagème d’un maximum de vaseline.

A travers cette étude du maire, on reconnait qu’il a compris la débilité de ce projet et l’effet désastreux qu’il peut avoir sur le plan politique et financier. Mais il en a fait une affaire personnelle et a déjà claqué 2.6M€ dans l’achat de la CCI. Considérant qu’il ne peut plus reculer, il cherche donc des chemins de traverses pour faire avaler la pilule aux périgourdins (il va vous falloir un sacré verre d’eau).

Périgourdins au passage que l’on finit par prendre pour des crétins. Cas ubuesque s’il en est, les citoyens seraient locataires de leur propre maison de ville. Cette maison de ville sera de biais, sans recul ni place publique en vis-à-vis et faisant face pour toute perspective, à un immeuble de logements plus haut qu’elle.

:: … à l’art de la brosse à reluire ::

Non, vraiment, c’est formidable. Il n’y avait guère que Pascal Serre, sur Périblog, pour associer Michel Moyrand à Clisthène, un des fondateurs de la démocratie athénienne au VI° av. JC: « Michel Moyrand a l’âme d’un Clithène« . Il fallait une langue bien pendue pour assumer l’immense incongruité de cette comparaison.

Pour information, le projet actuel consiste à supprimer l’espace public du bâtiment municipal qui lui est normalement contigu. Cet espace est précisément celui qui remplit la fonction d’agora si l’on pousse la métaphore. Sur ce point comme sur d’autres, Moyrand est dans la démarche inverse de ce qui était visé dans l’antiquité athénienne: la formation de la démocratie par l’agencement urbain.

Le même Pascal Serre, toujours esthète en matière de surface à reluire, utilise aujourd’hui le blog précité (Cf. « L’avenir selon Moyrand« ) pour lustrer d’adjectifs tous plus élogieux les uns que les autres le maire de Périgueux. Crédité d’un « esprit tacticien peu commun« , de « sens politique » et j’en passe, le maire de Périgueux est invité à reconsidérer sa position sur celui qui compte soudainement parmi ses plus fidèles admirateurs.

La manœuvre emphytéotique de Moyrand est décrite par Pascal Serre comme un « habile cordage » là où nous ne trouvions qu’une grosse ficelle. Sans doute devrons nous considérer à partir de maintenant Périblog comme un sorte de Pravda municipale, bénévole et spontanée. Ce qui compte, c’est de le savoir.

Périgueux Ecologie s’engage contre une antenne relai à 100m d’une crèche

Aujourd’hui est un jour particulier à Périgueux. Le laboratoire Aexpertise livre ses premiers résultats sur les mesures du champ électromagnétique au sein de la crèche à moins de 100 mètres de la nouvelle antenne relai.

Sud Ouest (En dessous du seuil) et Dordogne Libre (Les premières mesures de l’antenne relai sous le seuil de tolérance) s’en font l’écho et nous livrent les résultats suivants : 0.16 et 0.2 volts/mètre. Il faudra attendre un mois pour connaitre les conclusions définitives, qui devraient nous confirmer que tout va bien au pays merveilleux des normes. C’est un peu l’interprétation que l’on peut faire des propos tenus par Julienne Berro, du service développement durable à Périgueux:

Et si jamais cette réglementation n’était pas respectée, « on pourrait facilement se retourner contre les opérateurs responsables »

Comme chacun sait que la réglementation sera respectée et que le problème, pour le principal, n’est pas là… Autant que dans un combat au corps à corps entre Oui Oui et Predator, on nous conseillerait de parier pour le second comme le feraient avec science les Barbapapa.

:: Des mesures ineptes et sans valeur ::

Après avoir dissimulé l’existence de cette antenne à la population, le maire de Périgueux avait fait saisir, à la demande du collectif Antenn, Aexpertise pour procéder à des mesures complémentaires. Le calendrier de ces expertises étant connu à l’avance, nous présumions que les résultats seraient excellents! Et ils le sont à la date du 15 mars 2010, encore un pronostic gagnant des Barbapapa.

Inutile de rappeler que les mesures n’ont de sens que si elles sont inopinées et effectuées par des organismes non mandatés par l’opérateur, comme en témoigne le jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris du 02 mai 2006 sur des collusions et des manipulations.

:: Une réglementation de 61 à 0.6… ::

Le contexte réglementaire est relativement velu. Le décret dit « Jospin » de 2002 établit des seuils limites : 41, 58 et 61 volts/mètre pour les signaux de téléphonie mobile (respectivement 900 ; 1800 et 2100Mhz). Mais il se heurte au décret du 18 octobre 2006 qui est la transcription de la directive européenne 89/336/CCE, fixant un seuil maximal de 3 volts/mètre. Comme quoi, les normes annoncées en fanfare sont largement discutables. L’amplitude des rapports entre différentes normes et préconisations manifeste en soi une imprécision certaine et une indécision politique. On passe allègrement de 61 à 3 pour arriver à 0.6…

Cela nous importe peu en l’espèce, puisque la première mesure est de 0.2 volts/mètre, largement inférieure au seuil de 0.6 volts/mètre habituellement préconisé. Il faut dire que lorsque mon portable sonne pour me prévenir d’un radar, j’ai tendance à ralentir, c’est humain.

:: Périgueux Ecologie prend position::

Périgueux Ecologie vient ce soir de prendre position publiquement sur le dossier par la voix de madame Patriat, adjointe au développement durable, (concrétisant son engagement de prendre position dans le bulletin municipal n°5 du dernier trimestre 2009):

Je pense que le principe de précaution doit désormais s’appliquer pour toutes les installations d’antennes-relais à venir à Périgueux proches d’un établissement accueillant des enfants et des jeunes (crèches, écoles, accueils périscolaires, etc…).
De plus, je souhaite apporter des précisions plus générales :
les mesures effectuées rue Wilson ne sont pas acceptables (le jour des mesures était annoncé dans la presse);
le démontage de cette antenne doit être demandé;
l’abaissement du seuil d’émission à moins de 0,6 Volt/Mètre pour toutes les antennes de la ville doit être négocié avec les opérateurs après des mesures indépendantes et inopinées.

Cet engagement politique est le premier dans son genre. La municipalité demeurait jusque là silencieuse dans sa majorité. Pour la première fois dans ce dossier, un responsable politique s’engage clairement pour l’application du principe de précaution en demandant le démantèlement de l’antenne relai.

Ce n’est en rien une fantaisie politique sortie du chapeau équitable. Il s’agit rien de moins que d’anticiper avec bon sens et courage la proposition de loi du 08 juillet 2009 à l’Assemblée Nationale, la proposition de loi du Sénat du 17 avril 2009, ou encore le consensus parlementaire du 19 septembre 2005, ou bien encore les préconisations du Parlement européen. Et pour finir, de suivre les propositions d’expérimentations (0.6 volts/mètre) du Grenelle des ondes qui demeure sans effet sur la réglementation.

Tous ces textes sont d’accords sur deux points essentiels:

1. La limitation du seuil à 0.6 volts/mètres

2. Un périmètre de sécurité de 100 mètres autour des écoles et des crèches

:: Convaincre le maire de ses propres déclarations ::

Le problème sera de savoir comment passer des mots aux actes. Il faudra convaincre le maire que la stratégie de camouflage derrière une réglementation vacillante et contredite par la jurisprudence est vouée à l’échec. Que la non information de la population sur un problème de santé publique, ou l’ignorance d’un risque de trouble à l’ordre public, ou encore le devoir de prudence vis-à-vis des tiers, mettent en jeu sa responsabilité, bien au-delà du strict respect du Code de l’urbanisme.

Cela en tenant compte bien sur de la politique. Le dossier n’étant pas défendable et voué à l’explosion, autant le déminer réellement avant de devoir le porter comme une ceinture d’explosif électoral.

Il y a une chance d’y parvenir, avant que le maire ne soit définitivement perçu comme acquis aux lobbies de la téléphonie, si l’on considère ses récentes déclarations du mois de mars sur France Bleue Périgord:

Je suis écologique au quotidien depuis ma plus tendre enfance.

Comment faire une telle déclaration sans appliquer le principe de précaution, en laissant une antenne relai à moins de 100 mètres d’une crèche et sans tenir compte de l’inquiétude des parents (autrement que par des mesures douteuses cela va de soi)?

:: Collectif Antenn ::

Aujourd’hui, le collectif Antenn a besoin du soutien de tous les périgourdins et de ceux qui n’en sont pas aussi. L’antenne est là, elle aurait pu être ailleurs. La prochaine sera peut-être au-dessus de votre chambre, à vous conduire, qui sait, vers le pavillon des cancéreux; en attendant que s’applique légalement ce que tout le monde sait être une nécessité.

On peut contester l’efficacité d’une pétition. N’empêche, on peut toujours la signer, ce n’est pas grand chose. Parler, échanger les liens, discuter, voilà aussi qui parait peu mais fait beaucoup. En fait, comprendre que ce n’est pas parce qu’on n’a pas un gamin dans cette crèche que l’indifférence est justifiée. Et ça devrait faire le reste.

Nous reparlerons très prochainement et régulièrement de cette antenne, ainsi que des propositions concrètes de Périgueux Ecologie. Un clip vidéo contre cette antenne est en cours d’élaboration. La totalité des médias nationaux sera interpellée, radio, tv, presse, web, etc. Il suffira d’une étincelle, d’un instant opportun pour braquer la lumière sur cette crèche et la revendication des mamans.

J’en appelle ici à tous ceux qui croient en la prudence de ne pas laisser une antenne relai à proximité d’une crèche. Tous les mois je vous sais plus nombreux à lire ce blog. Faites circuler cette information, faites rouler la boule de neige.

Michel Moyrand et sa mairie: +2 millions d’euros

A l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire en conseil municipal du 23 février 2010, le maire de Périgueux (Michel Moyrand) a encore eu l’occasion de briller en se lustrant lui-même les cuivres :

Gérer avec rigueur et volontarisme dans un environnement incertain

Pourtant, cette rigueur auto proclamée est loin de se manifester sur tous les dossiers, en particulier celui du déménagement de la mairie dans le bâtiment de l’ancienne CCI de Dordogne.

:: En 2010: 5.7 millions ::

Dans son Programme Prévisionnel d’Investissement –PPI 2010/2014- cet aménagement se résume ainsi :

– Achat du bâtiment en 2009 : 2.645 M€
– Rénovation du bâtiment : 2010 / 70 000€ ; 2011/1M€ ; 2012/2M€
Au total, la somme de cette dépense serait égale à 5.715 M€. (Et les travaux n’ont pas commencé…)

:: En 2009: 3.5 millions ::

Il y a encore un an, dans le précédent PPI 2009/2014, cette opération se décomposait comme suit :

– Achat du bâtiment en 2009 : 2.576 M€
– Rénovation du bâtiment : 2010 / 500 000€ ; 2011/500 000€
Au total, la somme de cette dépense serait de 3.576 M€.

Aujourd’hui, un an après donc, l’écart en hausse est de 2.139M€. Ce budget pour 2010 est donc en augmentation de 62.5%.

Sans la moindre explication aux principaux intéressés, le budget de rénovation vient de tripler. L’avantage avec l’argent public, c’est que ce n’est pas le votre.

Pourtant, le maire n’hésitait pas à déclarer publiquement et en toute rigueur que les travaux ne dépasseraient pas le million d’euros. Nous rappelions dès leur annonce que ces chiffres étaient mensongers (Déménagement de la mairie, un maire unique en 800 ans/mai 2009) :

…les travaux prévisionnels de 1M€ pour 1800m² sont largement en dessous de la réalité, le double s’en rapprochant davantage. Au bout du bout, il ne serait pas excessivement déconnant de prévoir entre 5M€ et 6M€, 7M€ au pire.

C’est dans cette fourchette que le budget est corrigé aujourd’hui, ce qui permet d’affirmer que Michel Moyrand a menti pendant de longs mois à la population sur la réalité de ces dépenses. Et ce n’est pas fini. Car le ratio de rénovation qu’il propose aujourd’hui est de 1071€/m². Les connaisseurs sourient déjà en sachant que le bâtiment devrait être irréprochable sur le plan énergétique.

:: Au choix, mensonge ou incompétence ::

Car s’il avait été sincère, autant être clair, avec une erreur de 62%, il se couvrirait de ridicule en faisant état d’une telle incompétence.
Au bénéfice du doute, nous le préférons encore manipulateur plutôt qu’incapable (l’addition n’est pas exclue encore).

Ne déclarait-il pas dans Sud Ouest, en septembre 2008 :

Je suis un gestionnaire rigoureux. Je ne gaspillerai pas l’argent des contribuables périgourdins et on fera les travaux a minima. Je pense qu’on devrait en avoir pour quatre millions d’euros au maximum.

Bref, après cela, de longs débats seraient inutiles. Quelques lignes suffisent.

:: Etat des lieux ::

Il commet une faute historique contre la ville de Périgueux en déplaçant sa mairie qui est à cet endroit depuis plus de 800 ans.
Il propose un emplacement aberrant pour un hôtel de ville au mépris de toute règle élémentaire d’urbanisme.
En tentant de manipuler l’opinion, il a maquillé la réalité budgétaire de l’opération, à moins qu’il ne doive assumer en échange de sa sincérité le ridicule de cette gabegie.

Enfin il a enfumé l’auditoire avec la règlementation handicapée dont la contrainte légale n’engendrait pas plus de frais dans l’actuel bâtiment que dans la CCI.

L’opération in fine dépassera allègrement les 6M€ sans la moindre création de richesse pour la ville (un coup de maître dans le contexte économique actuel).

Enfin, il n’a toujours aucune idée de ce que coutera la rénovation de l’actuelle mairie pour y installer de nouveaux services. Cette dépense n’étant pas inscrite au PPI, elle ne semble donc pas prévue d’ici 2014. Cet établissement recevant du public devra être mis aux normes qu’exige la réglementation et adapté au fonctionnement de services différents (Office de Tourisme, Maison des associations et salles d’exposition). Cette dépense est indubitablement à rajouter au budget de ce projet. Calculez : 1800m² multipliés par un ratio moyen de rénovation, même en le flattant, ce ne sera pas inférieur à 1.8M€.

Sur le plan politique, ce dossier auquel il s’accroche symboliquement depuis l’origine est en train de virer à l’opération kamikaze. Pour cette fixette, il aura sacrifié le projet du Bas Saint Front revu en opération discount et étalé sur deux mandatures.

Pour l’heure, Michel Moyrand s’enlise dans la réalité de cette opération malgré ses incantations budgétaires. Aujourd’hui, c’est au nom de cette mairie qui n’est pas sa chose, de cet argent qui ne lui appartient pas, qu’il présente sans explication aux administrés une augmentation de plus de 60% pour 2M€.

:: En attendant la suite ::

Il y a peu pour Le Point, Michel Moyrand avait l’air « confiant et philosophe ». L’occasion lui fut donnée de se faire mousser en se voulant prophétique:

L’histoire me donnera raison. Mais, s’ils considèrent que j’ai fait une erreur, ils me sanctionneront

Mais s’il est aussi prophétique que ne l’était son budget pour le déménagement de la mairie, alors l’histoire le remettra à la place qui a toujours été la sienne.