Bas Saint Front, les confessions comptables du maire: différer n’est pas jouer

Il ne faut pas.
Il ne faut plus.
Il ne faut plus parler du projet de réaménagement du Bas Saint Front autour de la cathédrale du même nom.
Ah ? Pourquoi ?
Parce que le projet a été enterré manu militari par le maire de Périgueux, qui vient de flinguer les crédits alloués à la poursuite du projet. Le maire, contradictoirement avec ses déclarations récentes en réunions et ses engagements de campagne électorale, prouve sa mauvaise foi par des actes comptables. (Conseil municipal du 09 décembre 2008).

En section d’investissement :

Au chapitre 20 « immobilisations incorporelles » – 297 285 € dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

En justification, répondant aux questions de l’opposition, le maire n’a qu’un mot :

Parking Mauvard, vous l’avez dit vous-même, vous l’avez lu, l’étude est différée.

« Parking Mauvard ». Voilà un bien bel exemple de métonymie. Voilà que l’ensemble du projet du Bas Saint Front est réduit au terme de parking Mauvard.

Y a-t-il écrit :

  dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

Ou bien :

  dont annulation des crédits sur opération du parking Mauvard de 280 000 €.

On est bien d’accord.

Si tel n’était pas le cas, cela signifierait que les études concernant les autres parties du projet se poursuivraient.
Or ce n’est pas le cas, dans un contrat de maîtrise d’œuvre classique, cela répond d’une « suspension de mission ». A ce jour les études sont gelées, il est donc impossible d’enclencher la phase PROJET, et ainsi la consultation des entrepreneurs en vue de la réalisation.

L’engagement. L’engagement par écrit. Le maire n’hésite pourtant pas à y souscrire. N’a-t-il pas pris sa plume pour écrire, en février 2008 :

C’est avec plaisir que je vous confirme tout l’intérêt que je porte à ce quartier, à son aménagement, si nécessaire comme pour d’autres secteurs qui méritent également une grande attention.

Poursuivant :

Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

Engagement pris de réaliser les travaux pour le mois de MARS 2012 et non de commencer les travaux en MARS 2012.
Ah mais c’est vrai ! Stupide, j’oubliais que cet engagement écrit auprès d’une association représentant directement et indirectement plusieurs centaines d’habitants, s’est fait en campagne électorale…

Tout engagement écrit comptait-il pour du beurre ?

Alors, quels sont aujourd’hui les arguments que le maire oppose pour esquiver lesdits engagements ?
Autrement dit, quelle est aujourd’hui sa vision du projet et pourquoi ce dernier n’est plus digne de l’intérêt qu’il lui portait tant en campagne électorale, jusqu’à en éprouver du plaisir ?

1. Le Bas Saint Front est un projet de quartier et ce quartier n’est pas prioritaire

Sophisme municipal
Périgueux est composée de plusieurs quartiers, dont certains furent délaissés par l’ancienne municipalité et qui sont par conséquent plus prioritaires que le quartier du Bas Saint Front. De plus, ce quartier est un quartier de nantis, comparé à d’autres où le tissu social et économique est beaucoup plus fragile.

Le projet du Bas Saint Front concernant les abords de la cathédrale n’est pas un projet de quartier. En comparaison, le projet de mairie de quartier du quartier Saint Georges est un projet de quartier, (ce qui ne l’a pas empêché d’être annulé aussi).
La cathédrale Saint Front concerne et touche TOUS les habitants de Périgueux. Ce n’est tellement pas un problème de quartier que cet édifice a été classé par l’UNESCO à l’inventaire du patrimoine mondial. Le maire entend faire croire que seuls les habitants du quartier de la cathédrale s’intéressent à la cathédrale Saint Front. Cela mériterait d’être vérifié et éprouvé.
De même, le maire, pour son nouveau logo, a choisi la cathédrale Saint Front pour symbole de la ville, toute la ville. Un hasard ?

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Un projet global
Le projet du Bas Saint Front comporte des aménagements routiers, pour la régulation des flux, qui dépassent non seulement le cadre du quartier, évidemment, mais la ville également, et touche l’ensemble de la communauté d’agglomération.
De même, l’aménagement des abords de la cathédrale touche à la vie économique de l’ensemble de la cité, qu’il s’agisse du développement touristique ou des marchés de plein vent. Que l’on sache, les dividendes provenant du tourisme ne sont pas versés dans les caisses d’une association de quartier pour l’unique bénéfice des riverains, mais sont utilisés pour l’ensemble de la ville.
La pollution engendrée aujourd’hui par la mauvaise gestion des flux routiers se cantonne-t-elle uniquement au dessus du quartier de la cathédrale ? S’inspirerait-elle de son maître en la matière, le nuage de Tchernobyl ?

Le coup des nantis, une ville en forme de carte électorale
Enfin, il s’agirait d’un quartier de « nantis », donc non prioritaire. L’argument du projet de quartier ne valant rien, ce dernier s’écroule avec lui.
Et quand bien même, il faudrait voir les statistiques lui permettant de fonder ses dires.
Car en définitive, ce que le maire désigne par « nantis », c’est une catégorie de personnes dont il présume qu’en terme électoral, elle lui est moins favorable.
C’est un des problèmes pesant sur l’honnêteté intellectuelle de ses actions. Le maire n’aborde la vie communale qu’en fonction de la carte électorale des élections municipales et fonde son action en récompense des meilleurs scores électoraux. Cela induit dans sa stratégie de ne considérer Périgueux que sous un angle sectorisé, segmenté en zones électorales et en maillage de bureaux de votes, trahissant l’unité de la ville qui demeure légitime, ne lui en déplaise, à former un tout.

Politique de l’habitat
En terme de politique de l’habitat, nous savons que ce maire là, a, comme le ministre et comme ses prédécesseurs depuis 50 ans, pour objectif et devoir d’enrayer la chute de la population à Périgueux. Par l’absence de projet autour de la cathédrale, l’habitat se dégrade et les logements vacants augmentent. Il n’y aurait que le maire pour penser que le réaménagement du quartier n’aurait pas un impact positif sur les réhabilitations, les locations et les achats.

Cathédrale d’une ville, non d’un quartier
C’est donc aux périgourdins de faire comprendre au maire, même si ce n’est pas facile, que le projet de réaménagement des abords de la cathédrale Saint Front n’est pas le projet d’un quartier de la ville mais le projet de la ville toute entière. C’est à eux de faire entendre à la municipalité que sa stratégie de division et de sectorisation des habitants de Périgueux, si elle se comprend en terme de politique électoraliste et clientéliste, n’est pas, loin s’en faut, ce que les administrés peuvent en attendre.
Périgueux est une ville, les habitants font et sont cette ville, et ne se réduisent pas uniquement à des actions politiques par quartiers.
La cathédrale Saint Front EST la cathédrale de Périgueux, ce n’est pas la cathédrale du quartier Saint Front.

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2. Le projet du Bas Saint Front est un projet du ministre Xavier Darcos

Sophisme municipal
C’était un projet de Xavier Darcos. Il est à l’UMP, mais Michel Moyrand est au Parti Socialiste. Donc il n’a pas à réaliser son projet. De plus, ce projet n’était pas dans son programme de campagne, donc les périgourdins ne l’ont pas élu pour cela.

C’est un argument bien pratique pour enterrer le projet, que de mettre en avant une telle stupidité. Certes, le projet a été initié par cette équipe municipale. Mais l’ensemble des abords de la cathédrale souffre à en crever de l’absence de politique constructive depuis plus de 35 ans.
Autrement dit, tel ou tel projet n’est pas l’œuvre d’un homme, quelle que soit sa bannière partisane, cela n’a aucune espèce d’importance. Au contraire, ce serait la moindre des choses qu’un politique ait enfin le courage de s’attaquer au cœur historique de la ville, autrement qu’en le détruisant, comme l’a fait dans un geste barbare et aveugle, Yves Guéna en son temps.

Le projet des habitants
Le projet initié par l’ancienne équipe a fait l’objet de consultations et de concertations et au final, ce sont bien les habitants qui ont donné leur accord au projet présenté. Le caractère démocratique est incontestable et démontre tout l’engagement des habitants derrière le projet. Cela gêne le maire aujourd’hui. Lui qui se prétend plus démocrate, prétendant rendre la vie locale plus démocratique, alors qu’il ne fait rien, sinon accroître le service administratif de proximité. Il ne fait que confondre administration et démocratie, un détail.
Le maire se trouve confronté à un projet qui est cher aux habitants de Périgueux, non parce que c’était le projet de Xavier Darcos, mais parce que c’était leur projet.

Commission extra municipales
Il pourra bien dire qu’il a organisé des commissions extra municipales sur le projet et les a présidées. Oui, c’est vrai.
A la première commission, en somme, le maire s’est fait expliquer le projet dans les détails et a fait le point sur l’avancement des études.
A la seconde commission, il est venu présenter avec autoritarisme le découpage du projet en deux parties, en présentant l’abandon pur et simple du parking souterrain, l’aménagement de la place du Thouin, et le projet paysager allant de la place Mauvard à la rivière.
Non, en réalité, les commissions extra municipales ne lui servent qu’à gagner du temps et à préparer les habitants à l’abandon du projet. Malheureusement, il n’y a pas d’élément contradictoire aujourd’hui à ce constat.

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3. Il n’y a pas les financements pour réaliser le projet du Bas Saint Front

Sophisme municipal
Les dernières études ont montré que les finances de la ville de Périgueux étaient en grand danger et que la situation était alarmante. Par conséquent, il faut réduire les investissements pour retrouver un niveau d’autofinancement satisfaisant. D’où la nécessité de ne réaliser des projets que s’ils sont ultra prioritaires.
Ne considérant pas que le projet du Bas Saint Front soit dans cette catégorie, il doit être différé jusqu’à retrouver la capacité de le financer.

Périgueux, sur le plan économique, se situe aujourd’hui dans la moyenne de sa strate nationale. Passons.
Admettons qu’il faille être particulièrement vigilant sur les investissements, plus qu’à d’autres périodes, ce qui se comprend au regard de la conjoncture économique et sociale.

 Le fait du Prince
Ce n’est qu’en cet endroit qu’il dévoile réellement son choix en tant que décideur politique : la priorité accordée au projet du Bas Saint Front est inférieure, loin s’en faut, à celle de Son Déménagement de la mairie. Evidement, cette analyse politique est discutable, dommage qu’elle ne soit pas opposable, nous serions sur d’obtenir raison devant un magistrat.
Car en réalité, le maire déclare que tout projet doit faire l’objet d’une analyse financière poussée avant d’être engagé. Sauf celui du déménagement d’une mairie qu’il confond de trop près avec sa propre propriété. Ce dernier projet est annoncé avec force manchette, mais sans avoir fait l’objet d’aucune justification financière.
Le fait du Prince, c’est ça. La différence dans le traitement et la rigueur budgétaire est un privilège qu’il s’octroie, car pour son projet, il y aura toujours assez d’argent, rien ne sera trop beau.

Définition des priorités et déni de démocratie locale
Son Déménagement de la mairie n’a pas un caractère d’urgence prioritaire, tel qu’il impacterait positivement sur les finances de la ville en retour sur investissement, au contraire, cela alourdira sensiblement le budget de fonctionnement. Il n’aura pas un impact positif sur la rénovation de l’habitat et l’augmentation de la population, sur la diminution de la pollution, la sauvegarde du patrimoine architectural de la ville, etc. Tout au contraire du projet du Bas Saint Front.
De même que Son Déménagement de la mairie ne sera pas au bénéfice de l’ensemble des périgourdins, mais uniquement de quelques uns, comme la centaine de fonctionnaires territoriaux concernés, (ces derniers ont ils été seulement consultés?) et les élus (et les citoyens qui se marient).
Son Déménagement de la mairie est un luxe, un projet narcissique et égocentrique, symbolique et dispendieux.
Le grand désavantage de la situation, c’est que le maire n’a que ce projet à proposer en son nom, lui permettant de laisser une trace durable de son passage, et c’est ce qui fait à ses yeux la priorité de ce projet.
Quand bien même, a-t-on vu le démocrate Moyrand parler de consulter la population pour la réalisation d’un projet de cette importance ? Pas de si tôt. Il ne fait que se dissimuler derrière son programme de campagne, comme seule justification populaire, craignant s’il en est de se confronter lui et son projet directement à la population.

Mandature à projet unique ?
Mais il ne faut pas se laisser entraîner sur cette pente, consistant à laisser croire que le projet de déménagement de la mairie est en concurrence avec celui du Bas Saint Front, comme si la ville en était au point de devoir choisir entre les deux. C’est faux, c’est une manipulation. Cette concurrence ne fonctionne que dans la mesure où le maire entend prélever des financements destinés au projet du Bas Saint Front pour faire Son Déménagement. Là s’arrête la comparaison. L’étalement sur plusieurs exercices accompagné d’objectifs et quantifications en terme de retour sur investissement permettrait de rationnellement poser le projet en terme comptable. Il le sait très bien, il le sait comme tout le monde à Périgueux.

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En conclusion

La prochaine étape est celle du budget primitif de mars 2009. Au contraire des discours, les chiffres traduiront la réalité de la politique mise en œuvre.
Il est pourtant certain de devoir en finir avec une rhétorique qui ne convainc plus personne, ou presque, peut-il encore espérer. Car c’est à prendre les habitants de Périgueux pour plus naïfs qu’ils ne sont que cette rhétorique pourrait se retourner contre lui-même.

Périgueux et le Tribunal des Flagrants Délires. Acte I

Parait aujourd’hui dans les journaux locaux l’annonce des travaux de réhabilitation du Tribunal de Grande InstanceTGI– au Palais de Justice de Périgueux. Sud-Ouest et la Dordogne Libre relatent l’évènement.

Depuis le 10 janvier 2009, a paru un appel d’offre public concernant lesdits travaux.
Cette rénovation concerne les services en place, les services du TGI.
Autrement dit, elle ne concerne pas les surfaces de bureaux à créer dans le cadre de la modification de la carte judiciaire, à savoir une centralisation des services départementaux au niveau de la Préfecture de la Dordogne.

:: Le point sur la situation::
A Périgueux, le TGI et le Tribunal d’InstanceTI– sont scindés en deux, faute d’un espace commun suffisant. En d’autres villes qui regroupent ces services, on appelle cela une Cité Judiciaire. Des fois.
Le TI gère ce qu’on appelle la petite instance, le civil pour des sommes inférieures à 10 000 €, (tutelles, saisies rémunération, etc.). Il se situe au 5 rue Maleville.
Le TGI s’occupe des affaires supérieures à 10 000 €, et de ce que ne comprend le TI, (correctionnelle, assises, etc.). Le TGI est au 19 bis boulevard Montaigne, soit l’adresse du Palais de Justice qui doit être rénové.
Cela étant, ils sont tous deux dirigés par les mêmes personnes, à savoir la Présidente du TGI, Madame Corinne Panetta et le Procureur Général, Monsieur Yves Squercioni. Evidement, les décisions sont plus aisées quand ces deux fonctions s’entendent et se complémentent plutôt que l’inverse.

Dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire ordonnée par le Président de la République et mise en œuvre par le Garde des Sceaux, la situation départementale de la Dordogne est la suivante.
Les services juridiques de Sarlat sont intégrés à Bergerac.
Les services juridiques de Nontron et de Ribérac sont intégrés à Périgueux.

C’est pour cette raison que le TI de la rue Maleville déménagera sous peu une partie de ses services aux 2ème et 3ème étages de l’immeuble de la librairie Marbot, nouvellement édifié cours Montaigne. La surface disponible est de 427 m² en tout.

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Pour la petite histoire une partie des équipements du TI resteront rue Maleville, car les planchers de l’immeuble Marbot ne supporteront par le poids des coffres-forts. Pourquoi ?
Simplement parce que dans le cahier des charges introduisant la signature du bail, la direction régionale des travaux des services juridiques, (rattachés directement à la Chancellerie), a omis de préciser ce « détail » et les planchers ont donc conservé une résistance standard de 350 kg/m², trop faible pour le surpoids engendré par les coffres.

L’annonce est faite de la rénovation du TGI, pour une surface de 4059 m², nous y reviendrons. Mais pour l’instant il faut comprendre que le Parquet réside quant à lui à l’angle de la rue Sirey et de la place du Général Leclerc, bâtiment appartenant à Monsieur Bernard Cazeau, (enfin au Conseil Général). L’actuel bâtiment va être démoli et reconstruit nous dit-on.

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Peu importe de savoir que ce bâtiment se trouve dans un périmètre de protection architecturale et patrimoniale, (500 mètres autour du Palais de Justice) autrement dit que l’Architecte des Bâtiments de France aurait du avoir son mot à dire. L’a-t-il eu ?
Pendant les travaux de démolition et de construction, le Parquet devrait être transféré à côté, rue Sirey, actuels bureaux du Crédit Agricole. La surface y est de 800 à 900m².

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Le Crédit Agricole, quant à lui, transfère ses bureaux… où ça ?
Et bien au 1er étage de l’actuel immeuble de la librairie Marbot, en dessous des services du TI.
Mais pas tout de suite. Les travaux n’en sont qu’au commencement.

:: Arrêtons nous sur le projet::
Ce projet avait été présenté « opportunément » par le candidat et Ministre Xavier Darcos et s’appelait Cité Judiciaire, lors de la campagne électorale des municipales. Souvenons nous, c’était dans Sud Ouest.

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Ce projet comprenait le regroupement des services juridiques et nécessitait une surface d’environ 4000m², impliquant l’acquisition d’un autre immeuble dont l’emprise au sol est de 253m² prévus sur 5 niveaux et donnant sur la rue Victor Hugo, de l’autre côté de la rue Sirey. Ce projet nécessitait une modification du Plan d’Occupation des Sols ainsi qu’un aménagement urbain particulier pour les parkings souterrains. Par la suite, ce projet a été revu à la baisse pour descendre à une surface de 2306m².

Il est certain que la rénovation du TGI, comprenant le bâtiment du Parquet, ainsi que le déménagement du TI, s’inscrivaient dans un projet vaste et unique, dont chaque phase représentait ainsi une étape, pour arriver, in fine, à la création d’un pôle judiciaire unique et cohérent, et non comme c’est le cas éparpillé en plusieurs morceaux dans Périgueux. C’est ce projet que les pouvoirs publics n’ont pas été en mesure de mener à bien pour l’instant. Enfin, parce que la stratégie nationale consiste à passer des partenariats entre le public et le privé, ce projet avait été confié à un investisseur en mesure de réaliser le bâtiment. On ne pourra pas dire que ce projet était incohérent ou irréaliste, ou même des plus complexes. Mais c’était sans compter certains aléas qui font le sel et le désespoir de la Nation.

:: Voilà donc l’exposé des faits ouvrant débats et discussions ::
Les acteurs en présence et occupant le théâtre des opérations.
D’un côté le Ministère de la Justice et ses décideurs locaux, la Présidente du TGI et le Procureur Général pour le département, en interaction avec la direction régionale et la Chancellerie lui-même.
D’un autre enfin, les élus locaux attachés à leurs réseaux de gens biens vus et de gens mal vus.
Encore à un autre niveau, la Préfecture, qui dirige les services de l’Etat dans le département, dont le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine, chargé de la conservation du patrimoine architectural. Ce service est sous la responsabilité du Ministère de la Culture.
Enfin il y a les investisseurs privés qui construisent à leurs frais et louent aux services publics. Autrement dit, la réussite de leur entreprise est étroitement liée aux décisions politiques, nationales, régionales et communales. Autant dire que le concept de « bonne relation » est primordial. N’allez pas penser que l’on pourrait faire tout cela d’une façon totalement objective, c’est-à-dire détachée de l’importance des noms propres. Tout cela demeure de la relation très humaine.

Le projet de démolition/construction du bâtiment recevant le Parquet, (puisque ce dernier doit s’installer pendant le temps des travaux, à l’emplacement du projet de construction initiale), élimine la possibilité de voir se regrouper définitivement les services dans le projet de la rue Sirey. Le projet initial défini pour le regroupement des services devait débuter prochainement. D’où la surprise. Les deux projets, au lieu de se compléter, se contredisent et se télescopent, car la reconstruction de l’un empêche la construction de l’autre, logique. Par conséquent, il y a eu des conflits d’intérêt politiques et de personnes quelque part et avantage trouvé à mener l’un des projets en sous-marin, c’est-à-dire dans l’impasse. Oh ce serait anodin s’il ne s’agissait de service public, d’argent public, de moyens donnés à la Justice, etc. Or là, ce n’est pas anodin. En l’état, c’est une sorte de tambouille où l’on ne sait faire la différence entre la malveillance et l’incompétence.

Et en plus, il faudrait que cela soit dissimulé aux administrables, aux justiciables, aux contribuables, bref, aux principaux intéressés, à tous ces –ables– représentant un peuple souverainement sous informé.

Nous espérons nous tromper. Etre dans l’erreur. Avoir la joie, la semaine prochaine, d’apporter un démenti formel et d’expliquer rationnellement et simplement cette situation. L’avenir est pour bientôt. Espérons qu’il nous le dira.

Fort de ce complément d’information, il nous faut revenir sur les déclarations des uns et des autres dans la presse.

La Dordogne Libre relate après enquête du journaliste les citations suivantes.
(Souvenons nous que l’appel d’offre publique date du 10 janvier 2009).

Le journal écrit :

Curieusement, ni la présidente du TGI Corinne Panetta, ni le procureur de la République, Yves Squercioni, n’étaient au courant hier de cette annonce, publiée le 10 janvier dernier au Bulletin officiel d’annonces des marchés publics.

La Présidente du Tribunal de Grande Instance, Madame Corinne Panetta, répond à l’annonce par le journaliste, de la nouvelle par :

Vous me l’apprenez

Puis :

On attend la confirmation de la Garde des Sceaux car il n’y a que sa décision qui compte

Autrement dit, l’appel d’offre est public, donc très officiel depuis le 10 janvier 2009, mais le Garde des Sceaux n’aurait toujours pas confirmé officiellement les futurs travaux à la présidente du TGI au 29 janvier 2009. C’est très fort !
De plus, personne n’a prévenu la Présidente du TGI, depuis le 10 janvier, que l’appel d’offre était paru depuis 18 jours…

Nous prenons le pari, (sur une bouteille de champagne), pourtant, que le Garde des Sceaux a signé officiellement le document attendu par la Prédidente du TGI, au matin du mercredi 28 janvier. Le fax devait être panne.

Pourtant, le maire de Périgueux déclare en avoir eu la confirmation par le Premier Président de la Cour d’Appel de Bordeaux le 26 janvier 2009. Aussi le maire n’en aurait pas informé son Directeur de Cabinet, Monsieur Jean-Marc Pennetier?

Décidément personne ne se dit rien, personne ne sait rien, personne n’a rien vu. Tout le monde suit le projet depuis plusieurs années, mais non. Aujourd’hui, c’est comme si nous étions face à l’immatriculée conception, un concept qui fait fureur au plus haut niveau de la Chancellerie. Car il faut noter que le Procureur Général déclare au journal ne pas être officiellement informé à son tour de cette nouvelle.

Ainsi, Rachida le dit à Jérôme, qui le dit à Philippe, qui le dit au journaliste… Mais rien aux principaux intéressés, qui attendraient toujours le cachet officiel de Rachida…

Comme quoi, il fallait compter sur l’intervention d’un journaliste pour leur apprendre l’appel d’offre des travaux du Palais de Justice dont ils ont la responsabilité. Oui, cette version officielle à de quoi étonner, tout comme la Présidente du TGI s’est montrée étonnée en apprenant la nouvelle. Pourtant, c’est la seule version à laquelle nous sommes autorisés à croire, puisque rien ne saurait faire douter de la sincérité de ces déclarations.

Et ce même si le lundi 26 janvier, selon l’agenda du maire déclarant avoir été informé par le Premier Président de la Cour d’Appel de Bordeaux, il participait bien à l’audience solennelle de rentrée du Tribunal de Grande Instance. Ben non, motus. Il n’a rien lâché. De plus, le maire veut nous faire comprendre que personne de son entourage, qui connaissait la chose depuis le 10 janvier, ne lui a rien dit pendant 15 jours… Décidément, encore.

Mais où est le dindon dans cette farce ?

:: Au sujet du maire de Périgueux, la Dordogne Libre relate deux éléments importants ::
Le premier, c’est que pour le maire, cette annonce :

met fin aux spéculations sur un éventuel projet de cité judiciaire.

Le second :

Projet qui n’avait pas eu l’assentiment de la nouvelle municipalité.

Visiblement, le maire emploie le terme de « spéculation » dans un sens non économique, mais en celui qui désigne quelque chose de particulièrement théorique et abstrait. Le terme est appliqué à un « éventuel » projet de cité judiciaire.
Plus loin, le journaliste relève que ce projet spéculatif et hypothétique n’aurait pas rencontré l’adhésion du maire de Périgueux.

En réalité, la mairie a eu une réunion technique sur ce projet, au mois de décembre 2008. Il a été présenté en phase de Permis de Construire, prêt à être instruit.
Or, à moins que son adjoint à l’urbanisme et ses services techniques lui aient tout dissimulé, eux aussi, le maire a pris connaissance et validé le projet dans le cadre de la préparation à l’instruction administrative.

Précisément, ce n’est pas le même projet que celui défendu par le candidat et Ministre Xavier Darcos en son temps. Mais il possède la même destination, (des bureaux pour la Justice) et le même emplacement, (rue Sirey et rue Victor Hugo). Il comporte cependant et de manière incontestable mois de surfaces de plancher. Et c’est bien ce dernier projet qui a été validé à la veille de Noël.

Pour la coquetterie, le maire déclare que le projet qui lui a été présenté induisait une révision du Plan d’Occupation des Sols. C’est inexact. Le projet a été conçu pour correspondre au POS sans impliquer modification. Dommage, encore raté.

Les déclarations du maire, au contraire des autres, ne sont pas exemptes de doutes. Car appliquer le terme de « spéculation » et d' »éventuel » à un projet qu’il connaît bien et qu’il a approuvé pour l’instruction du permis de construire avec ses services et son adjoint à l’urbanisme, c’est une déformation de la réalité qui confine au… désespoir.

:: Récapitulons ::
Les plus hautes instances judiciaires du département sont fort surprises d’apprendre par le journaliste le lancement de l’appel d’offre public du 10 janvier 2009 concernant les travaux de rénovation du Tribunal de Grande Instance de Périgueux. Visiblement, tant que la Chancellerie n’aura pas officialisé la chose, personne ne sera au courant de rien.
Quant au maire de Périgueux, il vient de valider un éventuel projet de 2306 m² qui lui a été présenté en décembre 2008 pour la future instruction des permis de construire. Mais il déclare que le projet annoncé dans la presse aujourd’hui met fin au spéculatif programme de cité judiciaire. Dans ce cas, s’il dit vrai sur le caractère hypothétique de ce projet, en l’ayant approuvé en réunion pour instruction du permis de construire, alors il procédait à une omission manipulatrice. La transparence tant promise ne resterait-elle qu’un horizon onirique?

Le secret est l’exception.

La semaine prochaine, épilogue.

Périgueux, après la faillite, la défaillance.

20 janvier 2008, jour de l’investiture du président des Etats-Unis, Barak Obama et conseil municipal du maire de Périgueux.
Quand les grands hommes se rencontrent au hasard du calendrier, on ne sait plus où donner de la tête.
18h00, le maire arrive sans cravate, il est cool. Il va faire présenter dans quelques minutes son audit organisationnel des services municipaux. Eric Dosset, est là, stoïc, concentré, personne ne parle, il prend déjà des notes, c’est rassurant.

:: Chérie, fais moi un mot du médecin ::
Le responsable détaché par KPMG, la société d’audit, est un tueur. Une sorte de Jean-Michel Apathie des collectivités territoriales.
Pour l’occasion, une dizaine de fonctionnaires de la mairie sont là. Pourquoi ont-ils fait le déplacement ?
Pourquoi sont-ils venus écouter une analyse dont on aurait pu penser qu’ils la connaissaient déjà ?
Et bien. Par simple curiosité ? Peu probable. Parce qu’ils savaient que l’homme était un tueur ? Peut-être plus.
Une plaidoirie à charge d’une vingtaine de minutes, menée tambour battant par un procureur déchaîné.
Choc et terreur, il commence par une bombe. 16 000 journées d’absentéisme pour 617 salariés, soit 26 jours par personne, ou l’équivalent de 80 emplois à l’année. Inutile de préciser que c’est plus que la moyenne.
(Tousse tousse). Mes voisins s’étranglent.
Oh il ne faut pas dramatiser, l’absentéisme parlementaire rigole de ce genre de statistiques.

:: Malaise dans la civilisation municipale ::
Il y aurait un malaise dans la mairie du à une mauvaise organisation des compétences. Du coup, fortes carences en qualité de fonctionnement. Organigramme non opérationnel. Hypercentralisation des décisions. Faible dialogue social. Pléthore d’agents pour un désert de cadres. Culture d’entreprise municipale inexistante. Atomisation de la gestion sociale. Peu de culture de résultat. Faible suivi des carrières, un service des ressources humaines en dessous de tout. Un pilotage budgétaire à l’aveugle, pas d’informations de gestion, « hors de toute logique de cohérence ». Une culture dispersée au capital humain gâché. Un bon point pour l’organisation des services techniques, « plus cohérente ». N’en jetez plus, fermez le ban.
Personne n’est responsable, ce n’est qu’un problème d’organisation. Quoi… Même pas le ministre ?
Non, il a dirigé la mairie pendant 11 années, on laissera donc le soin à chacun de tirer lui-même les conclusions. On appelle cela de la communication en creux. L’audit financier était en bosse, l’organisationnel en creux.

:: Mention pour Jean-Paul Lacot ::
Une mention spéciale cependant pour l’hypercentralisation des décisions, dont on a compris qu’elle serait le fait de l’ancien Directeur Général des Services. Mais comme le nouveau, M. Laporte, porte déjà partout l’étiquette du digne successeur de l’ancien, ça promet. On nous dit dans l’oreillette qu’il s’agit du même, mais en plus jeune et plus séduisant. C’est toujours ça.
La charge a été d’une telle intensité que le maire a cru opportun de passer 5 minutes de pommade à la gloire des fonctionnaires municipaux. Que surtout personne ne sente en cause hein ?! Non tu m’étonnes. Ne vous inquiétez pas, on ne va licencier personne ! A côté de moi ça ricane :

  Facile à dire, il ne le peut pas.

Pourtant, chaque périgourdin « achète » à la mairie un service public qui lui revient à 691 euros par tête de pipe, un score au-delà de la moyenne, pour un résultat en dessous. Pas classe.
Enfin le maire nous rassure sur la libre pensée des services municipaux :

On ne demande pas au personnel d’adhérer au projet politique.

En revanche, le choix est plus clair lors du recrutement, ce qui revient sensiblement au même.

:: Sans appel ::
La dessus, ceux qui visiblement faisaient partie des services municipaux se lèvent et quittent l’assemblée. On se demande encore pourquoi ils ont eu la curiosité de venir. Non qu’ils ne fussent pas leur place, au contraire, bien au contraire. Mais c’est bizarre.
On résume. Une organisation pourrie. Une inefficacité hors norme. Une absence de cohérence de pilotage. Et en prime des salariés qui restent au pieux 16 000 jours par an.
Réorganisation des services, recrutement de cadres, rationalisation des effectifs, diminution de la masse salariale. Et vlan. C’est la faute à personne, vous êtes tous merveilleux, mais c’est la crise.
Merci docteur, combien je vous dois ?

Affaire classée. Suivant !

:: chambre régionale des comptes ::
Présentation du rapport de la chambre régionale des comptes d’Aquitaine sur la gestion de la ville de Périgueux, sur la période 2002/2005, avec quelques détails jusqu’au 31 décembre 2007. Tiens tiens.
Le maire a lourdement insisté sur ce que ne devaient pas écrire les journalistes dans vos journaux préférés. Il ne s’agit pas d’une « analyse financière ». Comprenez, ce rapport n’est pas vraiment ce qu’il espérait et a tendance à contredire certains résultats de son audit. Alors bouclez-là !
C’est vrai quoi, un magistrat de la cour des comptes, depuis quand ça sait compter ?
Notez, il s’agit du seul organisme public qui rende publics certains résultats de gestion des collectivités territoriales ou des sociétés d’économies mixtes. Enlevez cet organisme et c’est le Moyen-Age de la transparence républicaine des collectivités. Ce n’est pas pour rien que certains parlementaires, élus locaux, cumulards et viandards, s’acharnent à obtenir son élimination. Après celle des juges d’instruction sans l’indépendance du parquet, cela devrait venir un jour…
Ne nous étalons pas. Attendons le texte, il sera certainement en ligne sur le blog du maire prochainement. Nous en publierons des commentaires détaillés.
En revanche, aux commentaires de l’opposition quant à l’interprétation de ce document, le maire eut un mot, en une conclusion laissant place au silence :

Je pourrais vous le prouver, que même dans ce rapport il y a quelques éléments qui auraient pu y figurer.

Qu’est-ce à dire ?
Des éléments qui auraient pu y figurer mais n’y figurent pas, tenus en discrétion par le maire ?
Des éléments, on peut supposer, qui par leur absence, arrangeraient l’opposition ?
Des éléments donc, que l’analyse d’un magistrat aurait pu surprendre plus qu’à l’ordinaire ?
Pourtant il y a visiblement dans ce rapport un relevé non négligeable d’actes en infraction du Code Général des Collectivités Territoriales. Cela n’a pas conduit le magistrat à renvoyer le dossier en Tribunal Administratif, mais à des significations d’irrégularités que l’on juge ordinaires.
Que penser de cette phrase alors ?
Mystère et boule de gomme.

M je dis M

Relayons avec un peu de retard une annonce locale. Un conseil municipal « surprise », sorti de la manche du maire avec soudaineté, se tiendra le lundi 17 novembre à 18h00. Pour une fois, nous n’en communiquerons pas les Rapports à l’avance ; une fois n’est pas coutume.
On pourra toujours consulter l’ordre du jour lapidaire mis en ligne par la mairie, dont, décidément, le faible état de transparence et de communication révèle son besoin d’ombre et de brouillard pour œuvrer à sa noble tâche.

:: Salon du Livre Gourmand, un discours International ::
Prenons le temps de revenir sur quelques évènements récents qui méritent une certaine attention. Actualité oblige, le Salon du Livre Gourmand de Périgueux, une institution locale, non, In-ter-na-tio-nale, instaurée par la droite, critiquée par le maire actuel en terme de « grande bouffe » et dont on voudrait qu’elle soit po-pu-laire nous a t-on dit hier.
Nous y sommes, à Périgueux, Internationale et Populaire, ce sera la révolution par le ventre, ou du ventre tout court, c’est déjà ça.

Par hasard et en flanant, je me suis rendu à l’inauguration le vendredi 15 novembre, à 16h00.
Evidement, je n’avais pas été invité par le maire, vous imaginez sans peine la contrition qui fut la mienne. Pour le principe, j’ai donc resquillé, en faisant valoir que j’avais oublié le sacrom-unicipal droit de passage. Je me trouve à l’entrée avec un jeune adjoint au maire, contraint de décliner sa fonction à l’hôtesse avant que cette dernière ne lui marque toute la déférence d’usage.
Le discours du maire commence, encadré qu’il est par la Confrérie du Pâté de Périgueux, qui est au Saint Pâté ce que Saint Thomas d’Aquin est à la Sainte Nitouche.

Passons sur le discours, qui semblait être prononcé en mâchant des châtaignes chaudes offertes pour l’occasion. A la suite, un alsacien averti et invité à discourir, a salué la « continuité républicaine » du maire PS, ce que ce dernier n’a pas manqué d’apprécier.
Le maire a pourtant tenté de souligner toutes les belles innovations dont il était porteur, comme le nombre accru d’éditeurs : une véritable révolution culturelle pour un salon du livre. Puis il a marié avec talent l’art culinaire et le développement durable, l’art culinaire et la géostratégie. Mais des pensées si profondes ont laissé perplexes quelques auditeurs, dont votre serviteur. Le maire n’avait-il pas oublié d’associer l’art culinaire et le réchauffement climatique, ou l’art culinaire et le Congrès de Reims ?

Bref, passons sur ce moment inoubliable, comme ne manquera pas de l’être ce salon du livre gourmand, que l’on nous envie à l’international et de façon très géostratégique. J’espère contribuer à Périblog, en lui évitant un billet laborieux qu’il ne manquera pas de produire par professionnalisme !

:: XD/MM, âmes sensibles s’abstenir ::
Revenons donc aux discussions politiques des derniers jours, qui promettent une fin d’année où le Père Noël sera sollicité, y compris pour remplir la grande chaussette du maire de Périgueux. En effet, Xavier Darcos s’est exprimé pour la première fois depuis sa défaite électorale dans les colonnes de Sud-Ouest en date du 14/11/08. Avec une certaine rudesse, il dénonce le sectarisme et le clanisme de la nouvelle équipe, forte d’un projet réel pour Périgueux qu’elle n’aurait pas encore trouvé. Et de toute façon ça tombe bien parce qu’elle ne saurait pas comment le financer, sinon en augmentant la pression fiscale, ce qu’elle ne manquera pas de faire, au moins pour lancer ce projet incroyable de déménager la mairie.
Michel Moyrand, (le maire de Périgueux) répond aujourd’hui en substance dans le même journal : cause toujours, c’est moi le maire.

Et puis il a cette phrase, assez énigmatique :

Nous travaillons et on est bien présents dans la ville

On se doute qu’ils travaillent, mais que signifie « bien présents dans la ville » ?
VAE VICTIS : « Malheur aux vaincus » dit le chef gaulois l’ayant emporté face à la grande Rome en – 390 av. JC. Car si le maire parle de recruter du personnel pour les postes vacants, il se garde de citer les fonctionnaires territoriaux poussés vers la sortie pour suspicion d’intelligence avec l’ennemi : finances, culture, ressources humaine, état civil…

Il se garde également de parler de son ami et directeur de campagne Marc Demaison, actuel directeur des achats, poste créé sur mesure et dont le concours a été évité afin de lui garantir le fauteuil pour les deux ans qui le séparent de la retraite.
Un « républicain » qui contourne la loi pour favoriser l’ascension de son entourage dans une hiérarchie dont il est le sommet, et donc garant des valeurs et du droit, ne fait jamais preuve que de népotisme. Cette pratique que l’on voudrait savoir éteinte, consiste en l’utilisation abusive d’un pouvoir reçu par délégation, à savoir une forme de corruption.

C’est bien cette présence dans la ville, qu’il faut aussi comprendre, non comme une chasse aux sorcières, mais comme une grande lessive de printemps. Notez, ce n’est pas une raison pour se brouiller avec tout le monde. Car si le maire renvoi le ministre dans ses 22 sur le rabâchage des thèmes de campagne, il ne lui en a pas moins écrit une lettre pour lui demander des soutiens financiers de l’Etat… Comme quoi on peut vilipender le cumul de maire et de ministre en campagne électorale et demander l’aumône à ce même ministre, car ministre, c’est quand même bien pratique.

M moi je dis

M

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:: Pour quelques dollars de plus ::
Plus sérieux, les finances de la ville. Un grand débat, un grand débat que le maire met en avant pour expliquer toute sa difficulté à mettre en œuvre un réel projet pour la ville, pour cause de trésorerie. Il avait affirmé en campagne qu’il n’augmenterait pas l’impôt ; mais aujourd’hui il souligne « ne pas avoir l’envie ». Par cette nuance, on doit comprendre qu’il risque d’y être obligé, même s’il n’en a pas l’envie, il le ferait donc à regret.
Mais il faut saisir la situation : les caisses sont vides ! clame-t-il, pour faire comprendre que si augmentation de l’impôt il y a, c’est la faute à l’ancienne équipe.
C’est pourquoi l’on ne demande que la publication intégrale de l’audit financier. Nous ne manquerons pas de le mettre en ligne si le maire consent à le rendre public, autrement que par bribes et citations. Espérons donc qu’à l’issue du conseil municipal de lundi, nous pourrons y voir plus clair. On pourrait quand même condidérer que les citoyens sont assez grands pour prendre connaissance de ce document, dans son exhaustivité, sans passer au préalable par l’interprétation orientée et prémachée, ni de la majorité, ni de l’opposition, ni de personne. Car et jusqu’à preuve du contraire, le maire est gestionnaire d’un argent qui n’est pas le sien; de même que cet audit n’a pas été financé avec ses petites économies, mais avec l’argent des périgourdins pour connaitre l’état de LEURS finances.

Dans le cas contraire, où cette analyse de la situation financière de Périgueux serait tenue secrète, ou partiellement restituée, il s’agirait d’un abus de pouvoir d’un maire, hors des devoirs liés aux droits ouverts par la fonction élective.

Le contexte est simple. Si l’audit révèle des manquements dans la gestion de l’ancienne équipe, alors le maire en fera état, en long, en large et en travers, comme pour la note d’alerte du préfet et du TPG. Mais si l’audit révèle au contraire une situation par laquelle le maire ne peut pas objectivement charger l’ancienne équipe, alors il sera pondéré, voire discret sur ce qui aura été une tentative échouée de justifier l’incurie d’une situation dont il est dorénavant le responsable.
Pour l’heure et sur un thème aussi important, l’opposition dénonce une rétention d’information de la part du maire qui se refuse à transmettre copie de l’audit avant d’en faire la présentation lundi, comme en témoigne France Bleu Périgord. Ainsi le maire préserve tout le suspens qui fait le sel de cette affaire.

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:: Une politique de proximité ::
Et puis il y a la politique, pas celle que les médias ne peuvent pas raconter sous peine de pressions, menaces, noyautage, non. La petite, celle de tous les jours, la petite politique et la réalité contradictoire avec tout discours électoraliste et condescendant, dont certains font leur véritable profession de foi jusqu’à l’indigestion.

Un crime de lèse majesté. Le maire a piqué une grosse colère, accompagnée de menaces sur les subventions du club de rugby (CAP). Et oui, son adjoint aux Sports Populaires est venu se plaindre de ce que l’opposition avait la part belle dans les vestiaires avec les joueurs, mais pas lui. Un scandale !
Ce même adjoint au sport, chargé de réunions qui le passionnent tant qu’il en déploie son journal ostensiblement. Le pauvre, non seulement il s’ennuie dans sa fonction, mais quand c’est la fête, il n’est même pas invité. Cela valait bien un ultimatum municipal.
Savez-vous pourquoi l’association Ciné-Cinéma éprouve des difficultés de fonctionnements alors qu’elle fait un travail remarquable dans l’enceinte « diabolique » du cinéma capitaliste CAP Cinéma ?
Diable pour quelle raison l’adjointe tentaculaire plutôt que tant attendue, pourtant déléguée à la politique de la ville, (économie sociale et solidaire) n’est-elle pas favorable à cette association ?

Et puis cette historiette de circonstance. Une jeune architecte se rend au service d’urbanisme pour retirer un dossier de concours public. L’adjoint au maire délégué à l’urbanisme n’a-t-il pas refusé de lui donner le dossier, au motif qu’il ne la jugeait pas capable de répondre correctement ? Un bel exemple. Il faut noter que l’adjoint à l’urbanisme est lui-même architecte de profession spécialiste ès concours publics, (grâce à son immense talent), ce qui lui donne tout pouvoir pour juger ses confrères, bien entendu. Cela ne consiste jamais qu’à faire une partie du concours à la place du jury, preuve d’un esprit démocrate et républicain s’il en est, sous les fourches caudines mais savantes de la suffisance de soi.

Allez, je dois vous laisser. Je vais postuler pour un poste à la mairie, j’ai une lettre de motivation à rédiger. Nul doute que ma candidature ne soit reçue avec toute l’équité requise. D’autant que nous parlerons bientôt du thème de l’indépendance des pouvoirs de la Justice et du Politique dans les collectivités territoriales, dont Périgueux représente un thème d’interrogation réelle, aux travers des combinaisons administratives constitutionnellement étanches.
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PS: Nous entendons depuis quelques mois une douce rengaine. Personne ne lit jamais le blog de la Chouette à Périgueux, quand il admet en connaitre l’existence. Un blog confidentiel donc, intime même, un blog sous le manteau. Et bien nous leur disons tout notre bonheur de voir cette confidentialité partagée, le mois dernier, par près de 6 000 visites et qu’elles sont chaque mois plus nombreuses depuis mai 2008.

Du 109 à Périgueux: merci !

Aujourd’hui, 109apx met la clef sous la porte. Michel Grégoire est allé au bout de ce qu’il avait proposé pour la campagne municipale de Périgueux, un site internet à la disposition des citoyens désireux de voter, autant que faire ce peut, en connaissance de cause.

Pour ce faire, nous avons pu lire des articles, ses fameux éditos, participer à un forum, regarder des interviews des différents candidats, présentant leur programme, sur un ton dégagé, personnel, équitable, libre. Ce dernier terme n’a pas été du goût de tous les candidats, qui le lui ont fait savoir par la bande, notamment via des appels anonymes aux contenus menaçants.

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:: Fatwa sauce périgourdine ::

Aujourd’hui encore, il subit des pressions sur sa situation économique par exemple. Certains sbires zélés – peu suffisent – du Conseil Général de Dordogne, s’y entendent pour lui faire payer, au prix fort sa liberté d’expression et son refus d’alignement sur la pensée officielle. On ne sait même plus ce qui lui est reproché, d’avoir dit ou de dire, ce qu’il ne plaît pas d’être entendu à certains endroits. Et il faudra demander à « ces gens là » d’où provient leur acharnement envers cet homme dont la situation actuelle, financière et sanitaire, est sous la garantie de notre société.

On pourrait demander à « gens là », qui ont lancé contre lui une procédure de radiation inique et vengeresse, ou plus sommairement une sorte de fatwa version sauce aux cèpes, s’ils lui reprochent sa grande gueule, son insoumission, sa plume ou s’ils sont tout simplement antisémites?

Aussi, « ces gens là », en larmoiement de circonstance sur les injustices de la mondialisation, d’un côté plaideront l’aide publique et la solidarité, mais de l’autre, en priveront qui ils auront décidé de châtier pour ses opinions. Et quand on dit opinion, encore faudrait-il les connaitre sans les déformer d’un air pitral.

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Il faut souligner que le département de la Dordogne a une des politiques les plus dures, sur le plan national, en matière d’obligation alimentaire, pour faire jouer cette dernière plutôt que les allocations publiques. Peu importe les liens du parent âgé ou isolé que l’on cherche avec méthode, cela fait toujours quelques économies au Département. Il fallait plusieurs de ces économies de RMI pour remplacer l’ordinateur portable du Président, balayé d’un revers de main parce qu’il n’était pas de la bonne couleur, un vrai crime de lèse majesté.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à « ces gens là ». Qu’ils sachent par la présente que leurs manœuvres ne resteront pas souterraines, dans leur obscurité sournoise, et qu’il sera fait jour, pour l’instant seulement dans un modeste blog, de ces actions qui trahissent et bafouent leur mission de service public, sous le frontispice de « Liberté, Egalité, Fraternité ». On ne règle pas des comptes politiques ou d’opinions, en supprimant impunément des RMI, via des commissions sociales transformées en tribunaux d’inquisition.

:: Révérence et interview ::

Aujourd’hui, 109apx propose deux interviews, correspondant au premier bilan de 109 jours de mandature pour le maire, Michel Moyrand ,et d’opposition, pour Philippe Cornet. On pourra également consulter le dernier édito de Michel Grégoire. Des éclairages ultérieurs seront apportés sur l’état des lieux des 100 premiers jours du maire, notamment sur la démocratie participative.

L’interview de Michel Moyrand et Philippe Cornet

L’édito de Michel Grégoire

 

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Bonne route !