Aquitaine, les régionales sur Facebook

Il y a peu nous avons jeté un œil sur la façon dont les candidats aux régionales Aquitaine utilisaient Twitter dans le cadre de la campagne. Il manquait à relever les compteurs sur FacebookFB– pour clôre l’observation du mois de janvier.
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C’est un tweet de Jean Lassalle, le candidat Modem, qui a alerté mon attention le 1er février:

est honoré d’entrer au top 100 des politiques sur facebook… et désolé de voir deux aquitains en sortir…

La phrase indique une double satisfaction, bien que la seconde partie soit en creux. Il l’indique donc doublement en la communiquant sur sa page FB.

:: Over the Top ::

Mais la déclaration à de quoi étonner à plusieurs titres.

C’est tout d’abord la satisfaction, mieux, un honneur d’être dans le top 100 FB. A l’issue des résultats d’un institut de sondage on peut comprendre. Mais c’est dire ici la place que commence à occuper FB et l’influence grandissante que ce réseau acquiert.

Le second c’est la crédibilité que l’on donne a priori à ce classement que l’on veut fiable. Non en terme de mesure, mais en terme de critère de sélection. A examiner de près ces critères, il semblerait que la satisfaction de Jean Lassalle dénote un enthousiasme prématuré.
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:: FB top 100: baromètre de l’opinion ? ::

Les responsables de ce travail se veulent comme un nouveau baromètre de l’opinion. Comme ils l’expliquent, ils n’ont retenu qu’un critère parmi les trois « états » possible de FB : « rejoindre » « ami » et « fan », impliquant des fonctionnalités différentes. Seul le dernier a été retenu sur des critères subjectifs :

En effet, il est très facile de se dire « amis » avec tel ou tel homme ou femme politique tandis que le fait de se déclarer « supporter » nécessite une démarche plus volontaire et plus engageante.

Ce classement était hébergé par le blog MonTours.info de Christophe Becker, avant de migrer vers une adresse dédiée. Un passe-temps qui prenait en compte au début toutes les personnalités politiques et qui s’est précisé empiriquement.

Le travail est non professionnel et cela n’est pas dissimulé :

Notre classement, sans se prendre au sérieux, se veut un complément aux enquêtes d’opinions et aux sondages plus classiques.

Sans gâcher la joie du candidat Modem il faut rappeler que ses concurrents ont non seulement des « pages » approchant le millier d’abonnés mais en plus un compte « amis » comptant autant et plus de contacts. Au final, le candidat est derrière le PS et l’UMP, au coude à coude avec Europe Ecologie.
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Les critères et la partialité de ce classement n’ont qu’une valeur relative au point même que de dernier on peut devenir premier. Une sorte de comptabilité de chambre consulaire. Si l’on veut s’en convaincre, on peut consulter le top 50 2009 des entreprises sur FB. Les critères sont multiples et la quantité seule n’est pas déterminante. Et si Coca-Cola arrive premier, ce n’est pas du fait de quelques « fan » épris de boisson gazeuse. Au cas où, le 2° est Starbucks et le 3° Disney. La désintermédiation réoriente une part du budget com’ à la recherche de nouveaux consommateurs. A l’issue de ce type de classement, il y a en jeu plusieurs millions de dollars.

:: Information pour « le journal » ? ::

Plus surprenante encore est cette crédibilité accordée de fait et que l’on voit reprise par les journalistes, comme c’est le cas pour Le Journal du Pays Basque ou l’Express.  Outre la méthodologie employée, le classement créer une illusion de baromètre. Il faudrait déjà établir le lien de causalité entre la température politique, l’opinion, et le nombre d’abonnés. Entre cliquer pour exprimer un sentiment positif ou d’appartenance et cliquer pour s’abonner à un flux d’information, il y a une différence que n’exprime pas la mesure de la quantité. Ce n’est qu’un variable parmi d’autres.
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L’intérêt de ce classement est donc plus dans la valeur (symbolique) qui lui est accordée que dans l’information qu’il produit. Mais c’est un premier pas d’envergure qui tient FB en mass média et qui l’inscrit en grille d’observation de la vie politique dans la démocratie d’opinion. Et si avec une certaine immaturité, les politiques courent après les « fan » pour figurer dans ce classement, il ne fait aucun doute que la mesure et l’observation de cette « compétition » sera prochainement analysée avec bien plus de profondeur.

:: Les candidats sur FB ::

Sur FB, les candidats ont une tendance à l’inflation. Ici un groupe, là une page, ici pour son profil et là pour son parti et enfin pour la campagne électorale, etc. Je ne saurais avancer que ces choix relèvent d’une stratégie précise, en tout cas je ne la lis pas clairement.

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L’UMP

L’Aquitaine avec Xavier Darcos – Régionales 2010. Fans: 281
Xavier Darcos pour l’Aquitaine. Membres : 770
Xavier Darcos. Fans : 881
Xavier Darcos. Amis : 1597

Le PS

L’Aquitaine – Alain Rousset 2010. Fans : 923
Alain Rousset. Amis : 2076
Alain Rousset. Fans: 69

Le Modem

Mouvement Démocrate – Modem Aquitaine. Membres : 189
Jean Lassalle – Candidat à la présidence de la Région Aquitaine. Membres : 473
Jean Lassalle. Fans : 1054
Jean Lassalle. Amis: 4

Aquitaine Ecologie

Europe Ecologie Aquitaine. Membres : 121
Europe Ecologie Aquitaine. Amis : 558
Monique de Marco. Amis : 1016
Monique de Marco. Fans : 356
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Entre le parti, l’équipe et la tête de liste les approches sont différentes. La question serait de savoir si les candidats utilisent vraiment les différents statuts relativement à leurs fonctionnalités, ou s’ils créent des pages au gré de leur feeling du moment. Il faudrait adresser quelques questions aux divers staffs à la fin de la campagne, ce n’est pas exclu.

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:: Pour conclure ::

Terminons par là où nous commencions. Jean Lassalle vient tout juste d’annoncer le lancement de son site de campagne (mieux vaut tard que jamais), soulignant ainsi la différence avec le site du Mouvement Démocrate qui servait jusque là de plateforme centrale.
En terme de web design, on ne saurait nier que les modèles de WordPress ont la côte. Cette uniformité a peut-être pour avantage de préparer le second tour qui sait ?

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#Aquitaine: les élections régionales et Twitter

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus d’un mois. L’UMP et le PS auront attendu la fin du mois de janvier pour annoncer les listes départementales. La campagne en forme de blitz krieg de l’UMP rappelle celles des municipales de 2008 menée par le ministre du travail à Périgueux, avec le résultat que l’on connait.

Bref rappel en préambule, la cartographie des régionales sur la toile via Pearltrees

Régionales Aquitaine 2010

Ce qui découle de notre observation de janvier : autant le dire, si les candidats stagnent sur Twitter ils feraient un carton sur Foursquare. En effet, leur microblogging est largement destiné à dire où et quand les candidats seront, limité en grande partie à un usage d’agenda.
Nous avons donc relevé les compteurs pour mesurer (superficiellement) la pénétration et la progression des têtes de listes dans les principaux réseaux sociaux. Par ailleurs, il sera pris en compte cette fois les candidats Aquitaine Ecologie et le Modem qui viennent de créer des comptes Twitter depuis début janvier.

:: No FB Day ::

Pour ce jour nous ne regarderons que Twitter en laissant de côté Facebook, que nous verrons plus tard. La grande vue d’ensemble aurait été de rigueur mais en ce dimanche, les gazouillis ont plus retenu mon attention.
Depuis le dernier billet sur la question, Qui Twitte a mis en ligne un lien pour suivre l’actualité des élections régionales sur Twitter. Un peu avant, Le Post avait lancé Tweest, consacré aux politiques sur ce réseau. Enfin, Sud Ouest met à disposition une « list » des politiques en Aquitaine, c’est toujours pratique.

:: PS3 vs UM P2p ::

En terme de stratégie de communication générale, il est intéressant de s’arrêter sur celle du PS et de l’UMP, tant le contraste est grand. D’un côté, le PS continue de nourrir une activité soutenue sur son site de campagne. Les mises à jour sont régulières et de nouveaux contenus sont disponibles avec une bonne fréquence. Sur un plan pratique par exemple, depuis leur annonce officielle, les listes départementales sont consultables, ainsi que les sites départementaux sont développés en continuité du site général. Ce n’est pas le cas à l’UMP.

Mais plus original, depuis le 27 janvier, le PS vient de lancer rousset.mobi, une application pour Iphone afin de suivre la campagne. Certes, il  n’est pas distribué sur l’Appstore. De plus, le lien renvoyant sur la page de téléchargement ne fonctionne pas et l’on se contentera pour l’instant d’une déclaration d’intention :

A l’heure où plus de 300 000 Aquitains sont sur facebook et où 1,8M d’iPhone sont en circulation en France, l’équipe d’Alain Rousset a décidé de jouer à fond la carte des outils numériques pour renouveler les modes de communication traditionnels et toucher de nouveaux publics.

Peu importe, la victoire sur l’internet se dessine déjà. L’un est de plus en plus réactif quand l’autre est de plus en plus amorphe. Devrait-on leur rappeler qu’en choisissant une blitz krieg, ils ont opté pour une tactique de mouvement?

Car il commence à y avoir un gouffre avec l’UMP. De son côté, le site de campagne de l’UMP reste peu mis à jour et faiblement nourri de contenus : il est à l’heure actuelle l’inverse d’un site vivant et donc l’objet d’une réelle communication. L’immense « panneau » Twitter au milieu de la page ne sert quasiment à rien, puisque le candidat a envoyé 7 tweets depuis le 07 janvier 2009.

D’ailleurs c’est marrant. A l’instant, le site vient d’être mis à jour et les « encarts » Twitter et Facebook ont été remplacés par des annonces évènementielles (aujourd’hui pour un meeting). Les têtes de listes départementales sont également à jour. Au regard de ce que nous allons dire, c’est assez significatif qu’ils décident de changer de stratégie.

Autrement dit, il semble que l’UMP a fait le choix de ne pas faire campagne sur l’internet, évoquant sa présence sur les réseaux sociaux plus qu’il n’y participe et délaissant son site officiel, parent pauvre de sa campagne électorale. On peut même aller jusqu’à se demander si au fond, ce désengagement sur le réseau ne correspond pas à une réalité plus matérielle quant aux véritables objectifs de la droite dans cette élection.

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:: La politweeque en chiffres ::

Voici les résultats bruts et l’évolution des comptes depuis qu’ils sont mis en observation.

@moniquedemarco (AE) analysé sur Twittercounter. 48 abonnés et 44 tweets.

@jeanlassalle (Modem) analysé sur Twittercounter. 35 abonnés et 25 tweets.

@RoussetAlain (PS) analysé sur Twittercounter. 153 abonnés (+51) et 68 tweets (+56).

@XavierDarcos (UMP) analysé sur Twittercounter. 756 abonnés (+145)  et 27 tweets (+7).

:: Les gazouillis de Xavier Darcos ::

Le compte UMP obtient la marge de progression des abonnés la plus importante alors que paradoxalement, c’est lui qui communique le moins. Il semble que l’aura de la fonction ministérielle y soit pour beaucoup, ce compte est national bien plus que régional.
Cela dit le ministre communique en variant les thèmes et propose un agenda, des réflexions « personnelles » des liens vers son blog ou le site de campagne. Il est certes très rare, mais pas inutilement.

:: Les gazouillis d’Alain Rousset ::

Quantitativement, le candidat socialiste a accéléré avec plus de 50 tweets. Mais cela demeure obstinément quantitatif. Il se contente en grande partie de poster des liens sans titres renvoyant sur sa page Facebook. Qui pourrait bien avoir envie de cliquer sur un lien de ce type ? Cette communication abstraite et monotypique a peu de chances de générer beaucoup d’abonnés, de même que peu d’effet dans le référencement. Ce compte n’est pas fait pour durer au-delà de la campagne mais il pourrait lui profiter, ce qui n’est pas probant.

:: Les néo gazouilleurs ::

Quant au Modem et Aquitaine Ecologie, les nouveaux arrivants semblent s’être impliqués un peu tard dans la campagne. On peut se demander si, en terme de communication, cet investissement connaîtra bien un retour et offrira ce qu’on peut attendre de lui, des électeurs. En deçà de cet objectif, il a au moins pour effet une amélioration infra réseaux.

Centristes et écologistes s’y prennent différemment et se sont créés à deux jours d’intervalle. Ils seront donc intéressants à suivre pour ça et l’on peu penser que leur manière de communiquer fera la différence. L’avantage est aujourd’hui à Aquitaine Ecologie et nous prenons le pari qu’à l’arrivée ils seront nettement devant.

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Le Modem accumule les tweets de liens Facebook sans autre forme d’informations, du temps perdu selon moi. Les deux réseaux ont leurs particularités. Utiliser Twitter en boîte à lettre de liens Facebook a peu de chance de rencontrer satisfaction. Pour le détail, poster des url de 126 caractères sans passer par bit.ly par exemple est une légère faute de goût. Seuls 3 tweets sur 35 sont à caractère personnel, traduisant un sentiment ou une appréciation. On reste dans une communication politique froide et objective. Le résultat est connu maintenant. Ces comptes sont toujours en déficit d’abonnés par rapport à ceux qui se montrent personnels et quotidiens..

Côté Verts il semble y avoir une meilleure organisation ou une meilleure communication entre communicants. Pour commencer, Europe Ecologie a su se ventiler comme un label sur l’ensemble du territoire. Chaque Région est porteuse de son compte Twitter, c’est efficace en terme de présence et de diversité, unique et commun à la fois si l’on peut dire. C’est à l’intérieur de ce réseau largement maillé que le compte de la candidate s’inscrit personnellement. Elle est d’ailleurs 2 fois plus listée que le candidat Modem.

La candidate mélange les temps et les personnes. Là « elle est », ici « nous serons », etc. bit.ly apparait dès le 3ème tweet, l’apprentissage est allé vite! Quelques retweet, un ton dynamique, réactions, évènements variés, le compte est vivant. Ce n’est pas qu’une impression, le vocabulaire joue son rôle. L’exemple est amusant, voici les débuts de tweets. Débattre, consulter, réagir, rejoindre, sont des verbes employés dans les messages souvent mêlés d’enthousiasme sans être niais. La candidate évite ainsi un piège dans lequel tombe souvent les politiques : montrer d’eux-mêmes un compte mécanique et impersonnel, comme s’ils étaient l’Agence France Presse de leur emploi du temps.
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A mon sens, ces quatre comptes sous exploitent les ressources de Twitter. L’ingratitude d’être politicien, candidat par surcroît, conduit à un compte qui ne s’intéresse qu’à lui-même. C’est se priver de la fonction retweet qui est un des outils les plus dynamiques de Tweeter. Enfin et j’ignore pourquoi, on constate une absence totale de htags. Là encore c’est faire une économie couteuse en référencement.

:: La politique entre marketing et communication ::

Ce qui continue d’être frappant, c’est la continuité ici entre marketing et communication politique. Et par extension même, les règles du personnal branding. Le format et les ressources de Twitter conduisent à des stratégies équivalentes en approche et en méthode. Les politiques qui ont le plus de succès et qui sont le plus en avance sont ceux qui se sont adaptés à Twitter et ses usages et non ceux qui ont voulu que le réseau ne soit pour eux qu’un destinataire comme un autre. Or cette adaptation semble passer par l’intégration des règles de Twitter, règles communes au marketing et la com’.

Cela demande forcément du temps. C’est pourquoi aussi l’on peut douter de l’utilité de créer un compte pour une seule campagne, électorale ou publicitaire. Si l’on peut s’exprimer ainsi, les « dividendes » des comptes Modem et Aquitaine Ecologie ne seront pas pour l’élection de 2010. Ils servent davantage aujourd’hui à montrer que l’on n’est pas en retard et non plus comme il y a peu encore que l’on était en avance.

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Cela dit ces réseaux sont aujourd’hui des outils incontournables par leur transversalité. La campagne à papa, la grande pyramide montée sur roulettes est une forme de communication qui recule face à l’unicité et l’égalité des adresses IP. Il reste que les politiques ne sont pas égaux face à ce darwinisme numérique qui n’occulte pas (encore) l’action de terrain.