Chambre Régionale des Comptes Aquitaine. Suite

Passons à la suite de la lecture du rapport de gestion de la ville de Périgueux par la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine, (CRCA).
Nous avions fait l’impasse sur les chapitres 2 et 3, asseyons nous.

2. La participation de la ville à un syndicat mixte
Le chapitre est court et concerne qu’un volet particulier de la relation qu’entretient Périgueux avec la CAP.
Evidement, la nature de ces relations ont changé depuis l’élection du maire actuel. On se dit que deux majorités socialistes sont complémentaires.  Ces deux structures devraient collaborer plus franchement qu’elles ne le faisaient, sachant que leur grand jeu était de se tirer dans les pattes au nom de leur désaccord politicien consenti au mépris de leur mission d’intérêt général.
Encore, que, « devraient collaborer » n’est pas sur. Il suffit d’observer les communistes et les verts se comporter en parti d’opposition au sein de leur propre majorité pour douter encore de la défense réelle de l’intérêt général au bénéfice des guerres de clans. Passons.
La CRCA examine le cas de la politique de la ville, dont les compétences sont réparties entre la ville et l’agglomération :

Il importe toutefois que les champs de compétence respectifs soient bien délimités et ne se chevauchent pas. Dans le cas périgourdin, la Chambre observe que ces conditions semblent bien respectées actuellement.

C’est déjà fini ?
Non
Le maire regrette quant à lui l’absence d’un véritable service de « politique de la ville » à Périgueux. D’ailleurs, il déclare recruter un chef de projet développement urbain et social au 1er septembre 2008 pour palier à cette carence.
Je ne l’ai pas vu passer ce chef de projet. On va se renseigner. Il n’est pas non plus impossible que le maire se vautre dans son effet d’annonce, ce ne serait pas la première fois. Donc à suivre.

3. Les délégations d’attribution et de signature
Concernant les délégations d’attribution du conseil municipal au maire.
Simple, la mairie n’a pas respecté, dans l’esprit, sinon à la lettre, l’arrêt n°249 402 du 30 décembre 2003 du Conseil d’Etat.
La CRCA en pointe les « entorses », concluant que ce « n’est pas très grave », tout en demandant « une vigilance particulière quant aux auteurs des actes pris dans les matières déléguées par le conseil municipal du maire ».
La chose demeure sans commentaire du maire.

4. Le personnel
Alors là, attention. C’est un autre problème et les conclusions de l’audit de KPMG confirment en certains points le rapport de la CRCA.
. La fiabilité des informations sur les effectifs budgétaires et pourvus

  … la connaissance précise des effectifs budgétaires et des emplois pourvus au cours de la période 2002 à 2006 ne s’est pas avérée évidente.

Notez la courtoisie du magistrat…

Quant aux bilans sociaux 2003 et 2005, la ville a elle-même reconnu qu’ils présentaient un faible degré de fiabilité.

En définitive, la Chambre observe que toutes ces insuffisances amenaient les lecteurs des comptes administratifs à n’avoir qu’une connaissance très imparfaite des emplois créés et pourvus.

Cette observation, lue à la lettre, dénote une carence profonde, dont on a du mal, en citoyen lambda, à accepter la pillule, même si elle est postmortem. Car en effet, qu’est-ce qu’une « lecture très imparfaite des emplois créés et pourvus« ?

En 2002, il y avait un écart de 122 postes pourvus entre l’annexe au compte administratif et la délibération ayant fixé les emplois. En 2003, c’est un écart de 92 postes. En 2006, il en reste encore 21.
Ou bien encore. Fin 2006, le « service paie » compte 663 postes pourvus, le compte administratif en compte 634 et la délibération du conseil municipal en compte 655.

Du coup, il faut citer le paragraphe entier sur la gestion des ressources humaines :

La ville ne s’est dotée d’aucune stratégie globale et pluriannuelle pour appréhender les évolutions jugées nécessaires en ce qui concerne son personnel. Par ailleurs, de 2002 à 2007 inclus, aucun audit n’a été réalisé pour améliorer la gestion des ressources humaines de la commune. Il a également été indiqué qu’il serait abusif de considérer que la ville était alors en mesure d’estimer précisément l’évolution future de ses emplois quant à leur volume, leur nature et leur niveau 

Cette conclusion accablante révèle un laxisme politique et une faute de gestion de bien public lourde. C’est comme ça, d’autant que ces observations viennent d’être confirmées par l’audit privé. Cela se traduit au final par des coûts de fonctionnement beaucoup trop lourds par rapport au service rendu et immobilise des ressources financières inutilement. Aussi, cet état des lieux comporte autant d’incuries sur le traitement professionnel et la carrière des salariés que sur la porte laissée ouverte à des dérives en matière de « traitement » que la CRCA ne manque pas de relever, (usage des véhicules publics, attribution opaque des primes, mise à disposition des agents, logements de fonction, etc.)
Le rapport et l’audit privé se retrouvent globalement sur l’absentéisme, en augmentation constante.

Sur ce point le maire ne pourra pas faire pire et la réorganisation ou plutôt l’organisation qu’il se propose de mettre en place a statut d’évidence. A juste titre, l’opposition a elle même concédé, lors du dernier conseil municipal, que ce système devait être régularisé, (politiquement on dit « réorganisé »). A la lecture du rapport, on ne peut que donner raison au maire sur l’urgence d’avoir commandé un audit sur l’organisation des services.
Un bémol cependant. L’audit a été fait dans une période de chamboulement, alors qu’à l’été 2008, le maire s’adonnait au jeu des chaises musicales dans les services, introduisant par là un désordre conjoncturel et non structurel. Cela ne faisait qu’en rajouter.

Et le maire, en réponse, de se questionner :

Les questions essentielles n’ont pas été posées : de quelle compétences la ville a-t-elle besoin pour une gestion efficiente, quels sont les emplois qui peuvent générer des économies ?

Il fait très fort sur la dernière question. Car la réponse qu’il a apporté, immédiatement, fut, en priorité, de pourvoir un poste d’éco-achats destiné à son ami et directeur de campagne électorale. Or ce poste n’a pas fait l’objet d’appel à candidature et n’a pas suivi les règles habituelles de recrutement de la fonction territoriale. Le maire a utilisé l’autorité que lui confère son mandat pour récompenser un ami, au mépris des compétences requises pour le poste et en dehors de toute offre publique.

Confirmant le bordel régnant dans les ressources humaines et le « non pilotage » des compétences, la CRCA souligne, dans les relations de la ville avec les associations, (chapitre 6), des anomalies concernant la mise à disposition des agents de la ville. Représentant des infractions réelles, le maire s’engage à revenir au droit. Il en va de même pour certaines des primes de l’ancien Directeur Général des Services, qui auraient du faire l’objet d’une délibération exécutoire du conseil municipal. Autrement dit être publiques et transparentes.

Pour finir cette présente lecture, on reste perplexe sur le chapitre 4 consacré au personnel. Il laisse l’impression d’une ville gérée à la va comme j’te pousse, pas comme une commune employant plus de 600 personnes.
Il est probable que le maire, en ayant découvert l’ampleur et les détails à sa prise de fonction, ait fait de ce volet une des priorités de la présente mandature.

Car au fond, la Chambre Régionale des Comptes ne demande pas la lune aux représentants élus. Elle leur demande d’appliquer et respecter la Loi. Est-ce trop demandé ? Ou bien n’ont ils d’autre passe temps que de vouloir la contourner, pour réaliser leurs desseins ? Ainsi, vantant et louant la République et ses Lois d’un côté, (de préférence en public), elles deviendraient contraires, en privé, à l’exercice de leur pouvoir ?

Il faudra attendre le prochain rapport de la Chambre Régionale des Comptes pour le savoir. Si elle existe encore d’ici là. Espérons que les cumulards de la République n’auront pas sa peau avant. Sinon après, ce sera un écran noir.

A Périgueux, la Cour des Comptes ne connaissait pas Raoul !

Rapport de gestion de la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine (CRCA)
Transmis le 02 décembre 2009 à l’attention du maire de Périgueux
Par Monsieur Bernard Girel. Conseiller Maître à la Cour des Comptes

Rapport de gestion sur la ville de Périgueux assorti d’une lettre du maire de Périgueux, Monsieur Michel Moyrand, en date du 21 novembre 2008, suite aux observations retenues à titre provisoire.

Voilà deux documents à lire attentivement, tant ils enseignent, l’un et l’autre.
On ne saurait douter de l’objectivité du premier et l’inverse pour le second. Les missions ne sont pas les mêmes et selon le premier constat, elles sont presque opposées.

Sommaire du rapport de la CRCA, selon des observations relatives :
1. à la stratégie Périgueux 2010,
2. à plusieurs structures intercommunales,
3. aux délégations d’attributions et de signatures,
4. à la situation financière,
5. au personnel,
6. aux relations entre la ville et diverses associations subventionnées,
7. à l’enquête commune entre la Cour des Comptes et les chambres régionales des comptes concernant les dotations de l’Etat.

Pour commencer, le maire a raté sa première lettre du 17 novembre. Alors il en a écrit une autre le 21 novembre. Décidément…
Commentaire du commissaire aux comptes :

Cette réponse qui n’engage que votre responsabilité est jointe au présent rapport.

Visiblement, l’analyse de l’un n’emporte pas l’adhésion de l’autre.

Oh, on ne va tout dépouiller, se contentant de quelques morceaux choisis. Mais ces morceaux choisis là n’étant pas partisans, ils ne seront ni au blâme ni à la louange de personne. Commençons.
En bleu le rapport du commissaire. En rouge ceux du maire.

1. La stratégie de Périgueux 2010

La stratégie Périgueux 2010 est une politique urbaine définie par la ville en 1998 et 1999. Selon la note présentée en janvier 2000 à son comité de pilotage, son objectif principal est de maintenir, voire d’augmenter la population périgourdine, à travers quatre axes d’action : accueillir de nouveaux habitants dans le parc ancien rénové, en particulier avec le développement d’une offre locative ; aménager les espaces publics pour mettre en valeur les avantages de la vie en ville ; fluidifier la circulation automobile et aménager des parcours piétons et cyclistes ; conforter la dimension d’ « habitant citoyen » par la participation des habitants au projet.

Bon ou mauvais, réussi ou non, c’était un plan. Et aux Echecs, on dit qu’il vaut mieux avoir un plan faux que pas de plan du tout ; on y reviendra.
Alors qu’en est-il ? La population a-t-elle augmentée ?
Recensement de 1999, population sans double compte : 30 193
Enquêtes annuelles de recensement 2004/2006 sur un échantillon de 8 % des logements : 28 800
Données mises à jour par l’INSEE sur estimation 2007 : 29 600
Visiblement non, pour un écart de 593 habitants entre le recensement de 1999 et l’estimation valant pour 2008.

Rectification sur la lecture des statistiques par le directeur de l’INSEE :

Cette estimation n’inclut pas plusieurs catégories de population qui ne pourront être prises en compte dans la population totale qu’à la fin du cycle de collecte, c’est-à-dire en 2008.

Il faudra donc attendre la publication officielle en 2009, des résultats statistiques, pour se prononcer sur les résultats de cette politique.

Mais de cela le maire n’en a cure. Il ne va quand même attendre les préconisations du directeur de l’INSEE et du commissaire aux comptes pour conclure :

Force est de constater que cette stratégie [Px 2010] n’a pas donné les résultats escomptés en terme de population pour Périgueux puisque la population sans double compte s’élevait à 30 193 en 1999 et qu’une nouvelle estimation donnait le chiffre de 29 600 habitants au 1er juillet 2005.

Le solde négatif de 593 habitants signifie-t-il que le plan était mauvais et que cette politique était un échec ?
Et que par conséquent les quatre grands axes de développement politique étaient erronés ?
Incapable de répondre à cette question, en disant NON pour la droite et OUI pour la gauche. Ce type de raisonnement binaire et simpliste n’augure pas en tout cas une politique de discernement et de pondération dans les jugements.

Aussi le nouveau maire braillant un grand « YA » nietzschéen à la question, instruisons nous sur son plan à lui :

Elaborer une nouvelle stratégie urbaine, réaliste et réalisable, travaillant sur l’offre de logements mais aussi sur la demande de services de la population, afin de rendre l’habitat dans Périgueux plus attractif.

Mais que l’on se comprenne bien. L’objectif est donc bien le même que son prédécesseur : augmenter la population. D’accord. Ce ne serait donc alors qu’une question de méthode sur le traitement de l’offre et de la demande. Travailler sur l’offre de logements, pour l’instant, c’est augmenter les impôts fonciers pour inciter les propriétaires à louer davantage. Sur la demande, il transforme « mettre en valeur les avantages de la vie en ville » par « rendre l’habitat dans Périgueux plus attractif ».
Quelle révolution en perspective.
Au dernier conseil municipal, il disait déjà que bon, s’il arrivait à stabiliser la population, ce serait bien. D’où l’impression d’une ambition chiche, anticipant déjà les futurs résultats de cette toute toute nouvelle politique.

On passe pour l’instant sur les chapitres 2 et 3, je n’ai pas le niac tout de suite.

4. La situation financière
Le commissaire aux comptes appelle cela une « analyse financière ».
Souvenons nous que lors du conseil municipal, le maire avait insisté devant les journalistes pour qu’ils n’appellent pas cela une analyse financière, car « ce n’est pas une analyse financière ».
Exact, c’est un rapport de la CRCA produit par un conseiller maître de la cour des comptes, comportant une analyse financière. Cela n’a rien à voir. Rien. Non, vraiment rien. Non, vraiment. Ah ce maire, quel humour !
L’analyse porte sur la période 2002 2006 pour l’analyse du budget officiel et va de 2002 au 31 décembre 2007 avec les données transmises par la municipalité d’alors. Autrement dit cette analyse financière se croise avec celle du Préfet et celle de l’audit privé.
Voyons les conclusions :

Trois aspects susceptibles de peser à terme sur la situation financière de la ville méritent à l’avenir une attention particulière :

– les dépenses de personnel
– la faiblesse des marges de manœuvres fiscales
– une érosion importante de l’excédent brut de fonctionnement et de la capacité d’autofinancement brute

En gros, il faut être vigilant sans besoin de crier au loup. Rejoint en cela le fait que Périgueux est globalement et comparativement dans la moyenne de sa strate nationale, mais légèrement en dessous.

A cela le maire apporte des compléments assez alarmistes sur les comptes 2008 et contredit dans le texte les résultats de la CRCA. C’est le problème quand les enjeux politiques se glissent dans les chiffres. Car plus personne n’ignore que pour le maire, la situation est alarmante, catastrophique et conditionne tout son projet politique, sauf le déplacement de la mairie.
On notera avec quelle désinvolture le maire, spécialiste en analyse financière tout comme son DGS, rembarre le magistrat :

Vous considérez que les données 2002 à 2006 (sic) ne suscitent pas d’inquiétude particulière. J’estime, comme cela est confirmé par l’inscription de la ville dans le réseau d’alerte, que les données 2004 à 2007 sont préoccupantes et doivent conduire à un redressement de la gestion.

Sauf que le magistrat ne dit nulle part qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir mais conclut rationnellement au sujet de l’encours de la dette :

Il importe néanmoins que la ville fasse également preuve de vigilance à l’avenir sur ce point.

En cela il confirme pleinement l’analyse du préfet, qui ne disait pas non plus que la ville était au bord de la faillite, mais placée en réseau d’alerte, c’est qu’elle nécessitait une vigilance.
C’est là où le maire s’emballe, ayant vu l’opportunité du politicien de flinguer l’adversaire, en se dédouanant par anticipation, au cas où il se vautrerait dans sa gestion et la mise en œuvre de son programme.
Mais c’est une autre histoire. On va s’arrêter là pour l’instant, on reprendra plus tard.
En attendant, on peut toujours aller admirer le maire en action sur son facebook.Il vient de poster de nouvelles photos. Cool.

Moyrand de Périgueux: « On m’a dit que vous avez mal parlé de moi! »

:: La proximitude attitude ::
Le maître mot de son mandat, au maire, c’est la proximité.
Après avoir tenté de parler de démocratie participative parce que le vocable est vendeur auprès des électeurs, il a raisonnablement lâché l’affaire. Mais s’apercevant toutefois que cette dernière nécessitait autre chose que du blabla pour prendre corps et être réellement mise en œuvre, après l’avoir abandonnée en somme, il s’est rabattu à bras raccourcis sur la proximité.
Du coup, il tente maintenant de faire croire qu’il s’agirait de la même chose, avec ses élus référents ratissant les quartiers, ce qui sera utile pour exercer des missions de renseignement et de lobbying, le temps des élections venu. Et avant qui sait.
Aussi, avec les mairies de quartiers, obligatoires pour les villes de plus de 100 000 habitants, il tente encore le coup. Il ne s’agit pour autant que d’une décentralisation du service administratif, non d’une association des citoyens à une démocratie continue qu’il n’appelle surtout plus de ses vœux depuis qu’il est élu.
Autrement dit, croyons son analyse, in fine :
L’accroissement de service public, (administratif), accroit mécaniquement la qualité de la démocratie locale.
Ou bien en une autre version :
Plus l’on augmente la taille des bananes, meilleur est le jus d’orange.
Une prouesse qui ne manquera pas de donner la migraine au nouveau service de la communication politique.

Donc sus à la proximité pour la nouvelle année. Il aurait pu citer à ce sujet :

La proximité installe, à la longue, une étrange distance.

Non il a préféré citer Pierre Mendès-France :

L’amour de la démocratie est d’abord un état d’esprit.

Pourquoi écrire ça ? Pour s’auto féliciter ensuite et en ces termes :

Après dix mois de fonction, nous voyons déjà les éléments tangibles de notre démarche. Cette politique se nourrit de proximité : nous avons mis en place des élus référents de quartier.

On s’interroge. Quel est le rapport entre l’esprit de la démocratie pour un Mendès-France et les élus référents de quartier du maire de Périgueux ?
Nous trouvons une piste un peu plus loin :

En prise directe avec la population, ils sont le trait d’union entre la population et la mairie.

Hum, ce n’est toujours pas clair. Rappelons nous que nos élus référents de quartier ont une permanence de 02h00 par semaine et que leur mission est celle de l’écoute des habitants, (Sud-Ouest 18/09/08). Ces deux heures de permanence seraient ce trait d’union qui promeut l’action municipale au rang de cet état d’esprit nommé par Mendès-France.
Donc, l’écoute engendre de la proximité et la proximité engendre de la démocratie, démocratie correspondant à cet état d’esprit et d’amour cité par Mendès-France ?
Nous remercions donc ces élus référents de quartier, qui, deux heures par semaine, incarnent l’amour de la démocratie de Mendès-France, son esprit, et puis au point où l’on en est, la paix, le bonheur, la prospérité… bonne année quoi.

:: On m’a dit que vous avez mal parlé de moi ! ::
En matière de proximité, le maire a révélé il y a peu un autre de ces talents : la Police Politique de Proximité. A ne pas confondre avec la théorie des MM 3P : Pousser, Propulser, Propager.
Il est entré furibard dans la boulangerie d’Hélène, au Puy-Saint-Front, juste avant Noël, en se présentant en ces termes :

On m’a dit que vous avez mal parlé de moi !

Attention Hélène, dans le régime politique moyrandiste, où l’on chérit l’amour de la démocratie, et donc la liberté de pensée et d’expression, il ne faut pas imaginer dire du mal du maire. Entendons nous. Il ne s’agissait ni d’injures, ni de calomnies…
Sur le rapport des Renseignements Municipaux, (un élu référent ?), par ce précis, courageux et non délateur, « on m’a dit… », on encoure donc dorénavant une remontrance officielle. Seront punis de disgrâce tous ceux qui regimberont à porter allégeance. Non mais !
C’est cela l’amour de la démocratie dans laquelle on sent bien la proximité de la baffe dans ta gueule si tu ne fais pas les louanges du maire !
A quand un décret municipal interdisant de penser et dire du mal du maire ! Vite. L’amour de la démocratie ne saurait tolérer que son talentueux promoteur puisse être blâmé par la populace !

(Plus d’infos sur le blog d’Hélène)

:: Loin des yeux loin du coeur ::
Dans le moyrandisme de proximité, la « prochitude » fait la démocratie.
Il suffit d’être prévenu. Comprenons qu’en théorie, la qualité et la quantité du service administratif garantiraient les droits civiques et politiques, que l’on traduit par la vigueur de la démocratie locale. Ainsi, plus il y aurait de mairies de quartiers, plus il y aurait de démocratie. Plus il y aurait d’élus référents, plus il y aurait de démocratie. Fantastique.
Nous pensions en prémisses que le démagogique amalgame entre proximité et démocratie était un poison du marketing politique. Pas que. Il s’agirait d’une nouvelle théorie politique dont le commune de Périgueux est le laboratoire, dont l’application, en terme de projet pilote, pourrait conduire les périgourdins à la notoriété.
En effet, ils auront vu l’homme qui change les formulaires administratifs en Particules Elémentaires de Démocratie, (les PED) !

Le Périgord ne sera bientôt plus connu pour sa grotte de Lascaux et ses foies malades, mais pour l’homme qui changeait les fiches d’état civil en droits de la citoyenneté. Qui a dit que cette année 2009 risquait d’être morose !

:: L’adjointe à la démocratie [bip] et au devoir de quoi déjà ? ::
Oui, bientôt il ne faudra même plus prononcer le nom de démocratie participative, terme officiellement remplacé par celui de proximité. C’est pourquoi il faudra modifier les attributions de l’actuelle adjointe à « la démocratie participative, à l’éducation à la citoyenneté et au devoir de mémoire« , par adjointe à la mémoire de la démocratie participative.
Nous voulions vous donner des nouvelles, mais visiblement, elle se concentre plutôt sur des problèmes de mnémotechnique, combattant une soudaine amnésie. Car à 1500 euros/mois, on se demande où est le bilan des 9 premiers mois. On se dit qu’au moins, pour Rachida Dati, on sait. Là non.
Si personne ne se souvenait de ce bilan, on nous permettra de nous interroger sur le caractère fictif de ce mandat.
Peut-être lui faudra-t-il un grand bureau dans la nouvelle mairie pour y installer une chaise longue électrique avec repose pied chauffant ?
Non, on ne saurait penser une telle chose. C’est impossible.

:: Conseil municipal, on fait une crapette ? ::
Changeons de sujet. Ce soir, se tiendra un conseil municipal. Certes, cette petite réunion formelle et trimestrielle n’est en rien comparable, sur le plan démocratique, au rôle que jouent les élus référents de quartier. Mais quand même.
On n’y apprendra comment les services municipaux étaient très très mal gérés par l’ancienne municipalité. C’est toujours bon à savoir. Après les finances, les ressources humaines. Notez, c’est juste une question d’organisation, hein Roselyne !
Cela fait maintenant 10 mois que le maire fait l’audit complet de la situation précédente. D’audit en audit, il s’escrime à démontrer que l’équipe précédente est coupable de :
. Promesses intenables, en toute connaissance de cause, donc mensonge éhonté. (Réalisation Bas-Saint-Front)
. Mauvaise gestion des ressources humaines
. Dilapidation d’argent public
. Gestion financière de kamikaze
Il lit et relit les rapports, les notes, les audits, quitte à donner l’image d’un homme résolument tourné vers le passé, assoiffé de revanche et préférant pourrir le bilan du ministre plutôt que de mettre en place sa propre politique. Il communique, commente, analyse, à partir de notes internes, de rapport de la chambre régionale des comptes, d’audits privés, d’analyses du trésorier et du comptable.
10 mois. 10 mois que son idée fixe est de pourfendre le bilan de l’équipe précédente. Cette obsession politique a un objectif. Montrer qu’il ne peut pas faire pire avant d’avoir fait quoi que ce soit ?

A ce rythme là, il faudrait proposer, parce qu’il le mérite, d’étendre le mandat de maire à, disons 20 ans, pour que notre cher élu se mette réellement à réaliser un projet politique. Car, et on le croit sur parole : Il travaille ! En plus il travaille !
Il a travaillé à faire comprendre que les décisions seront prises en toute rigueur et selon une extrême nécessité, après des analyses financières et des études de faisabilité poussées, parce que l’argent public doit être utilisé avec célérité.
Sauf, sauf, le déplacement de la mairie et la transformation de l’actuelle en artothèque. Là on s’en fout, l’argent n’est plus un problème. Rien à taper du budget d’investissement, et quant au coût de fonctionnement, on verra quand ce sera en place. Un des mystères de la mandature, assurément.

:: L’opposition déposée ::
On se dirait que face à de telles attaques et cette coulée de rapports accablants, l’opposition a quelque chose à proposer, tentant de justifier, au moins à minima, son bilan. Non.
Elle est en train de nous laisser conclure que le nouveau maire est dans le vrai. Et si ce vrai prend racine, il faudra comprendre comment, pendant plus de 10 années, les périgourdins ont été dupes d’une politique de tartuffes, vidant et laissant vider les caisses avec désinvolture et indifférence. Las, au peuple souverain la responsabilité des ses dirigeants ?

:: La belle endormie ::
Non ! La Belle Endormie n’est pas Bergerac, c’est Périgueux ! Aussi vrai que se discute l’appartenance de Nantes à la Bretagne, messieurs !
Preuve à l’appui, la diminution de la population à Périgueux et son augmentation à Bergerac. Ah on fait moins les malins là hein ?!
Il est temps de lancer un défi aux 3 Manants, pour le titre unique de Belle Endormie, car une seule ville en Dordogne peut le mériter, (sinon toutes… ce n’est pas faux).
Mais au moins pour le principe, ces prétentieux de bergeracois s’arrogent un endormissement qui, à Périgueux, fait figure d’hyperactivité aigue. Parfaitement. Votre arme sera la nôtre, voilà le gant jeté.
Pour votre information et en première escarmouche, parlons urbanisme. Bergerac a approuvé son PLU en décembre 2008. Nous à Périgueux, on trouve que c’est trop fun un PLU, on préfère réviser notre POS qui date de Mathusalem, alors qu’un PLU tout neuf n’attend plus que d’être voté en conseil municipal.
Sauf qu’il a été fait par l’ancienne équipe municipale et donc jugé PLU de droite = à refaire en PLU de gauche. C’est pas une vraie belle apathie ça ?
En quête d’informations sur le Conseil Général et son éternel et bondissant président, nous pouvons lire sur leur site comment le grand timonier des grottes ornées avait anticipé, à sa façon, la crise financière, en 2008 :

Un nouvel équilibre s’est ainsi instauré, malgré la croissance ininterrompue des dépenses subies. Cet équilibre doit beaucoup au dynamisme de la fiscalité locale, particulièrement celle des droits de mutation. Nous savons que ces derniers sont précaires par essence, tant l’évolution du marché immobilier est sujette à caution. Mais on recense des éléments de solidité budgétaire qui vont au-delà de cette seule conjoncture.”(discours de B. Cazeaux, vote du budget primitif janvier 2008)

La preuve en 2009. Encore bravo pour la leçon.

:: Message à caractère informatif ::
En parcourant les requêtes de recherche qui ont conduit sur le site de la ruedelachouette.org, certaines ont retenu notre attention.
En décembre, sûrement à l’approche de Noël, un(e) internaute à écrit sur google :

Comment ne pas rater un foie gras

La ruedelachouette.org arrive en 11ème position sur cette requête, proposant un titre de billet intitulé :

Rue de la Chouette » Archives » Foie gras à perpétuité ?
Ca laissait le temps de sortir du boulot ou de ne pas rater l’inspecteur Derrick Conditions d’accueil : excellentes … Comment dire. C’est un peu comme si votre médecin vous disait : ….

Comme quoi en Périgord, tout finit toujours dans l’assiette…

Le maire a les clefs de la ville, du coffre et du bonheur

Quelques brèves pour commencer l’année. Grâce à l’activisme débordant de la nouvelle municipalité et la mise en œuvre de ses idées audacieuses, la ville explose de toutes parts. Les rues sont bondées, l’artisanat et le commerce s’éclatent, d’animations en évènements, d’évènements en manifestations, la ville de Périgueux fourmille de vie et d’allégresse. Les bistrots sont remplis, vivants, les tv sont éteintes et grâce à la nouvelle équipe, les gens sont à nouveau heureux de partager leurs envies. A l’instar de ce qui s’est passé au congrès de Reims, nous voyons enfin ce que veut dire solidarité et fraternité. Le vivre ensemble du maire est là, débordant d’enthousiasme, faisant la chasse aux petits intérêts politiciens et aux calculs électoraux.
Nous ne savons plus où donner de la tête, la Renaissance tant promise est là, prête à jaillir de mille feux au printemps.

Vous ne l’aviez pas remarqué ? Non, il faudrait être aveugle.

:: Réforme du découpage administratif des territoires ::
Vivre en Périgord, janvier 2009, porte voix officiel de Sa Majesté
BC :

 … un redécoupage des collectivités est programmé dans le plus grand secret.

Un comité présidé par Edouard Balladur doit décider de réorganiser la carte administrative de France en catimini, sans discussion avec les élus, ni avec la population d’ailleurs.

L’omniprésident (de Dordogne) est radicalement contre la disparition des Conseils Généraux. Etonnant. Pouvoir à la sauce Haut Moyen-Age, enrichissement personnel, modestes indemnités, viviers de reclassement pour les amis, (dans le jargon on dit « usine-à-beaux-frères »), ascenseur pour un mandat national, etc. Etonnant.
Et en plus on le fait dans son dos selon lui ?
Pas exactement.
Peut-être faut-il rappeler que le Sénat a lancé une mission sur le sujet, (mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales), qu’aucune réforme des collectivités territoriales ne se fera sans l’aval du Sénat, (Constitution), et pour finir que Bernard Cazeau, (avec le tribun Claude Bérit-Débat), est membre de cette commission ?
En catimini, dans le plus grand secret, le sénateur Cazeau, membre de la mission parlementaire sur la réforme territoriale travaille à sauver ses privilèges.
Il craint sa nuit du 4 Août à lui ?

:: Comment dit-on « augmenter les impôts » en langage Cazeau ? ::

L’Etat veut nous étrangler, nous devons réagir : nous le ferons en décalant certains travaux et en demandant une contribution légère à nos concitoyens.

La classe.
En fait, la Droite, en France ne sert qu’à systématiquement rejeter toute responsabilité sur elle, par la Gauche. Et comme cela fonctionne dans les deux sens, au milieu, nous, le peuple souverain, (sic), on est bien avancé.

:: Françis Colbac, la différence entre penser et calculer ::
Prône un budget « volontariste » pour 2009 et défend l’existence des départements. Espérons que ce budget sera moins colbacien que celui de la ville dont il est le maire. Les résultats sont les plus mauvais de l’agglomération.
Cette pauvre ville de Trélissac n’en avait pas besoin. Mais elle a été balkanysée, ou plutôt tibérisée par une fraude électorale condamnée en Conseil d’Etat. Les élections sont relancées.
Ce qui est étonnant, c’est que dans les casinos par exemple, les tricheurs attrapés en flagrant délit ne sont plus admis aux tables de jeux. En politique c’est l’inverse.
Ce serait même mal vu un politicien honnête ?

:: Et Périgueux dans tout ça ? ::
Ben rien de spécial. Si, la mairie lance un appel d’offre pour acheter un nouveau tractopelle.
Sinon la population baisse. Ah ben c’est la faute au ministre alors, question d’héritage non ?
Si on veut, c’est de la recette de politicard provincial. En réalité Périgueux se vide depuis 60 ans, -10 000 habitants.

Dordogne Libre 07/01/09

Pour inverser la tendance, précise-t-il, il faut agir sur certains leviers en mettant en place un programme de rénovation de l’habitat ou en réfléchissant, pourquoi pas, à la mise en place d’une taxe d’habitation pour les logements vacants.

Car il y a encore trop de logements inoccupés, estime le maire de Périgueux…

Les gens s’en vont, ou ceux qui meurent laissent des logements durablement vacants. Ainsi va.
Périgueux n’attire pas, elle fait fuir. Ca vous étonne ?

Car le maire, lui, il a une solution géniale pour endiguer le phénomène. Forcer les propriétaires à louer en les taxant davantage. On s’incline.
Et surtout ce n’est qu’une question de capacité locative. Plus de logements, plus d’habitants. Aussi, le maire se croit en mesure d’affirmer que d’ici les prochaines élections, il aura endigué le phénomène. Ben oui, tous les héritages ne seront pas négatifs. Quel génie !

:: Communication, le blog du maire ::
Décidément la proximité est devenue une obsession. On en aura pour notre argent. Après la série Martine, « le maire fait quelque chose », (et en photo s’il vous plait), voici « l’actualité du maire», un Google Agenda pour ses fans.
La nouveauté est la mise en ligne de cet agenda du maire, le public bien sur, pas le vrai. 9 jours de rendez-vous alignés, tous consacrés à la présentation des vœux de nouvelle année. Ca frise le fantasme du culte.

Toujours à la traîne en matière de TIC, avec 2 pauvres @ au classement des Villes Internet, le service info de la ville consacre toute son énergie à pondre du code à la seule gloire de notre ancien Directeur de Recherche des courriers perdus de l’usine du timbre.
En somme on conclut que le maire confond le site de la mairie avec sa page Facebook. Ce n’est plus une plateforme d’échange et d’information à destination du public, c’est le blog de Michel M.
La méthode Sarkozy lui monte à la tête ?

 :: Finances ::
Le maire met en ligne des résultats budgétaires négatifs, produits cette fois par le trésorier de Périgueux, Paul Arquet. Une véritable jubilation pour le maire : et maintenant champion, tu comptes répéter la rengaine de l’héritage pendant 5 ans ?

 :: Le journal du Périgord ::
On y cause projet du Bas Saint Front et ça défouraille. Le maire y déploie ses dernières recettes de langue de bois apprises en média training. Cet homme qui n’est même pas capable de prononcer le nom de Goethe correctement, (pardon c’est de l’élitisme ? Pouah !), quel est-il pour saisir l’enjeu réel, historique et culturel de ce quartier du Puy-Saint-Front qui, n’en déplaise à ses électeurs, est le cœur, la tête et les poumons de la ville de Périgueux ?
Alors qu’il s’évertue à se victimiser dans cette affaire, accusant X de procès d’intention sur son intérêt pour le projet, est drolatique. Ce qui est un fait, en retour, est bien l’annulation d’une ligne de crédit de -280 000 euros destinée à la poursuite du projet. C’est un procès d’intention ça ?

En revanche il y aura bien de nouveaux immeubles HLM dans le quartier historique, à côté de la place Mauvard. Tout est en place avec Domofrance. Avec le Grand Architecte de la mairie, (R. Bourgeois pour les intimes), ces bâtiments devraient être supérieurs, géniaux, à son image quoi. Le dernier espoir de ne pas voir une verrue de plus repose donc sur la sagacité de l’Architecte des Bâtiments de France. Il sera le seul à pouvoir empêcher les margoulins de pourrir un peu plus le secteur historique. Croisons les doigts, pas les bras.

Que ne ferait-il pas pour déménager SA mairie, SON projet à lui rien qu’à lui, le seul en définitive. Enfin non, il y aurait aussi l’artothèque et la résidence d’artiste. Verra-t-on en exposition permanente l’œuvre du photographe officiel de la mairie et en résidence à vie l’artiste faiseur d’encre sympathique ? Bien sur que non, il a plus d’amis que cela dans le l’Art.

Le temps est à la flatterie, la courtisanerie, la veulerie souligne Pascal Serre dans son édito. Il ne vise personne, mais les personnes concernées s’y reconnaîtront. C’est qu’il y a un risque à contredire le nouveau pouvoir si l’on dépend, en quelque endroit, pour n’importe quelle raison, d’une décision municipale.

Allez, allez, chantez quoi.
Le bonheur est dans sa main, cours y vite, cours y vite, il va filer.

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Périgueux, un conseil, deux raisons

Ce Conseil Municipal du 29 septembre, était en terme sportif, un match référence. Pour la première fois vraiment, nous avons vu un maire dont le costume ne semble plus trop grand, et un leader de l’opposition se sentant dans le sien moins à l’étroit.
Jusque là, le maire s’était montré tantôt hésitant, méfiant, avalant les mots en fin de phrase comme s’il n’osait pas les finir. Ce n’est plus le cas. En face, depuis l’avis du Commissaire du Gouvernement devant le Tribunal Administratif de Bordeaux, l’affaire du recours semble être pliée et la défaite acceptée.

Du coup les débats ont été à la hauteur des attentes, plus précis dans le cadre de dossiers complexes dont les protagonistes n’ont plus besoin de mémos pour rentrer dans le détail. Les dossiers semblent davantage maîtrisés, une page est tournée. Libéré ou presque par l’épée de Damoclès du recours, le maire a montré une sérénité nouvelle, ni sur la défensive, ce qui rend parfois agressif et maladroit, ni fermé au dialogue, ce qui fut une manière d’esquiver les débats tendus.

Les journaux relatent abondamment ce Conseil et nous avons même cru que le maire avait déjà mis en place un dispositif d’enregistrement vidéo du Conseil, en arrivant sur les lieux. Il s’agissait en fait de France 3 Périgord venu faire un tour, dont nous souhaitons bon courage aux monteurs tant il y aurait à conserver. Du coup, la future demande au Conseil Municipal de dématérialiser les délibérations en les mettant à disposition sur Internet demeure d’actualité. A suivre.

Quelques temps forts émaillent la convivialité de la séance, dont les sourires échangés ne sauraient dissoudre des divergences de fond.

:: RAPPORT N°9, financement communal de l’enseignement privé ::

Dans le cadre de l’aide financière allouée par la mairie à l’enseignement catholique. Nous relaterons juste que les représentants de l’enseignement catholique se sont levés comme un seul homme et sont partis à la fin de la délibération du point n°9. On a bien senti que l’opposition a un peu surjoué la colère devant la décision du maire de ne pas répondre à leur requête, parce que le corps religieux fait partie de l’électorat traditionnel de l’UMP et qu’il n’est pas insignifiant à Périgueux.

Les mouches ont changé d’âne, mais il ne faudrait pas qu’elles se sédentarisent. C’est un peu la philosophie de toute nouvelle opposition.

Mais venir en Conseil Municipal pour agir comme un lobby, en ne s’intéressant qu’à son petit problème et en quittant la séance une fois celui-ci traité, est loin de correspondre au sens démocratique de l’accueil du public.
Ainsi le lobby des charcutiers serait présent si l’on traitait un projet de rénovation des halles du Coderc, et l’association des amis des oiseaux ferait grand bruit si l’on s’en prenait aux étourneaux des allées Tourny…
Car au passage, les signes ostentatoires de désapprobation, les commentaires et les apartés à mi-voix des représentants catholiques ne cadraient pas vraiment avec la règle de silence et d’impartialité que doit le public en séance délibérative. Le grand Pfeuuuuuuhh !!! de ma voisine de droite au prononcement du vote, sous le coup de l’émotion, on la comprend, aurait cependant du être maîtrisé par son stoïcisme républicain.

:: RAPPORTS N° 27 et 28, ligne aérienne ::

Une sorte d’avant-après digne d’une publicité contre la calvitie vient de voir le jour, dans le cadre de la ligne aérienne de Périgueux.

Avant
Le maire y était radicalement opposé, votant contre dans l’opposition d’alors et se montrant réticent et pessimiste en début de mandature. L’opposition a toujours fait valoir, à ses yeux, l’utilité de cette liaison Périgueux/Paris.

Après
La majorité et l’opposition votent la main dans la main, au « cas échéant » près, une autorisation de résiliation des contrats, comme levier de négociation d’une participation accrue des actuels partenaires aux frais de la plateforme aéroportuaire.

En marge, le Président du Conseil Général déclare par voie de presse que l’arrêt de la liaison serait une « erreur économique ». Autrement dit, il se trame quelque chose, tant l’homme ne dit jamais rien par hasard.

Ou bien le maire de Périgueux a la certitude que la liaison va être stoppée et il affiche à bon escient et en fin politique tout son soutien à cette voie des airs désormais agonisante. Mais point trop n’en faut, car il doit composer avec une partie du Conseil Municipal radicalement opposée à ce projet incarnant autant le réchauffement climatique que la lutte des classes.
Ou bien il y a un plan plus ambitieux qui n’est pas dévoilé, qui pourrait par exemple consister à restaurer le Syndicat Mixte Air Dordogne, le SMAD, intégrant une liaison avec Bergerac et sollicitant par exemple sa participation.
Ou bien on ne comprend plus rien à ce consensus en faveur de la liaison Périgueux/Paris, que l’on soutient en mettant les partenaires devant le fait accompli d’une négociation inconditionnelle, rognant un tantinet le sens premier de « négociation ».

Cette structure, complexe et fachée avec les prévisionnels, (Cf. Rapport de la Cour Régionale des Comptes), pourrait se révéler une alternative départementale à ce qui devient la chimère du maire de Périgueux, l’électrification du rail sur le tronçon Périgueux / Limoges, dont la dernière visite en Dordogne du Président de Région Aquitaine a clairement freiné toute velléité de fournir la moindre date, non de réalisation, mais pour commencer, d’étude de faisabilité.

:: Une sortie remarquée ::

En pleine explication de texte sur les indemnités de défraiement des Conseillers Municipaux dans le cadre de leur activité d’élu, le Conseiller Municipal Marc Gélineau a fait une sortie de piste plus que remarquée, pile sous la caméra de France 3 Périgord, un peu à la manière d’un Jean Alési dans ses heures de gloire.

Coupant la parole d’on ne sait plus qui, à fond de pédale à l’entrée du virage, il invective directement le leader de l’opposition sur une phrase prononcée un peu plus tôt, sur le thème que seuls « les nantis » pourraient faire de la politique, car l’exercice étant gratuit, (c’est pourtant ainsi que la chose est formulée dans le Code Général des Collectivités Territoriales), les plus défavorisés ne pourraient s’offrir le luxe de faire de la politique.

Aïe, le Maire coupé en plein élan d’apaisement, fut contraint de laisser le leader de l’opposition expliquer au conseiller révolutionnaire ce qu’il n’avait visiblement pas compris du tout.
Nul doute que ce conseiller ait eu droit en retour, à une autre explication de texte de la part du Maire, sur la hiérarchie d’une séance municipale et la bienséance de rigueur. L’invective n’est pas de mise bien sur, mais en plus, quand elle provient d’une erreur de compréhension personnelle, elle n’évite pas un certain ridicule.

:: La République des amis ::

Lors du Conseil Municipal du 17 Juin 2008, le maire avait lancé la création de plusieurs postes de fonctionnaires territoriaux, dont un particulier, celui de Directeur des Achats, (rapport n°25).

Lors de cette délibération, l’opposition avait fait remarquer que la création de ce poste était taillée sur mesure pour récompenser un ami du maire, très actif pendant la campagne.
Offusqué, le maire avait alors répondu :

– les candidats apprécieront

Effectivement, ils ont du apprécier, puisque le maire a trouvé une astuce pour éviter tout concours de recrutement, visiblement parce qu’il valait mieux pour cet ami d’éviter toute forme de compétition et de concurrence avec des professionnels de cette activité. L’attribution du poste n’en eut été alors que fort incertaine.

L’opposition a indiqué hier, en passant, la confirmation de la nomination de cet ami au poste de Directeur des Achats. Il s’agit ni plus ni moins que du Directeur de Campagne du candidat PS, infatigable porteur de bidons et de bonnes paroles durant la campagne.

Il s’agit d’un élu de la commune d’Atur, Marc Demaison, plus connu des internautes sous le pseudonyme de Marc24. Après ses discours évangélistes sur le thème de l’impartialité et la vertu en politique, Marc 24 devient tout simplement Directeur des Achats pour la ville de Périgueux.

Cela valait bien une petite récompense, pour celui qui se serait vu un temps en Directeur de Cabinet, poste aujourd’hui tenu par l’homme avec lequel le Maire a eu un « coup de foudre« .

C’est donc l’histoire d’un renvoi d’ascenseur, d’un petit arrangement entre amis, comme nos hommes politiques aiment tant à se montrer fidèles en amitié grâce aux finances publiques. C’est une sorte de rémunération (publique) au mérite (politicien), principe cher au Président Sarkozy. Ce poste de fonctionnaire territorial, c’est un peu son appartement au Luxembourg à lui, une timbale décrochée pour bons et loyaux services.