Dordogne, les Faucons du marxisme

Les communistes périgourdins s’opposent au projet de réforme des collectivités territoriales et ils le font savoir. Dans Sud Ouest ce jour, s’y montrent les patrons du néo marxisme local. Vianney Le Vacon, adjoint aux sports de Périgueux et salarié du Conseil Général, Jacques Auzou, maire de Boulazac, président de la communauté de communes Isle Manoire et vice Président du Conseil Général Dordogne, Françis Colbac, maire de Trélissac, vice président de la communauté d’agglomération périgourdine et vice Président du Conseil Général Dordogne et pour finir, Jean-Claude Pineault, conseiller général de Dordogne.

:: UMP, PCF, diagnostic commun ::
Ils sont d’accords avec le gouvernement sur le réel besoin de réforme du mille-feuille territorial à la française. Pour mémoire, c’est 550 000 élus et autant d’entités administratives que dans tout le reste de l’Europe. Partageant le diagnostic, ils s’opposent à la méthode. Il faut réformer mais visiblement sans toucher aux strates administratives. Nous en saurons bientôt davantage, lorsqu’ils auront proposé leur positive contribution.

:: Des propositions concrètes en mal d’application ::
Pour avoir quelques précisions, il faut lire le communiqué officiel du PCF 24 lors de la conférence de presse du 03 septembre 2009, en ligne sur le site du parti, qui s’arroge le symbole de Jacquou le Croquant comme le FN celui de Jeanne d’Arc:

Travailler l’exigence démocratique : la réforme des territoires met à mal le pouvoir souverain des citoyens, comment peut-on travailler à la réappropriation de la chose publique ? Comment faire que nos Région soit le creusé d’une nouvelle forme de démocratie ? Et comment travaillons-nous l’élaboration et la prise de décision citoyenne ?

En réalité, ces questions ont déjà trouvé nombre de réponses via l’Association des Elu(e)s Communistes et Républicain(e)s et sa charte pour un nouveau contrat local adoptée en conseil national:

Nous voulons une pratique démocratique véritable
Nous voulons dépasser le simple stade de la concertation qui consiste à soumettre à l’avis des populations les projets locaux définis par les candidats, les techniciens et les élus. Il s’agit pour nous d’appréhender collectivement les besoins, de construire les programmes locaux dans le pluralisme des opinions, d’en définir la faisabilité dans la transparence, d’élaborer des outils d’évaluation accessibles à chacun et d’organiser l’information afin de permettre à chaque habitant de se faire sa propre opinion.

Cette approche est guère opposée au texte de l’ANECR qui fait suite à gesticulations présidentielles, dont on peut trouve le texte en pdf sur leur site:

Démocratiser les institutions locales. Il faut combattre l’éloignement des lieux de décision
et développer la démocratie participative de proximité.

Bref, autant de positionnements forts, concrets et positifs.

:: Paroles, paroles, paroles ::
Mais apparemment, ces propositions ne valent rien en dehors d’un discours d’opposition. Car sinon, le groupe communiste, fort de ses poids dans la majorité de Périgueux ou celle du conseil général, dans la communauté de commune Isle Manoire ou les communes de Boulazac et Trélissac, aurait mis en œuvre ces propositions dans ces différentes entités territoriales.

Rien de tout ce qui est dit n’a été réalisé. A contrario, l’adjointe communiste à la démocratie participative de Périgueux n’a, en bientôt deux ans, pas fait la moindre proposition. Françis Colbac imprime une représentativité archaïque classique, jusqu’à la sincérité du scrutin. Quant à Jacques Auzou, son autoritarisme n’est plus à vanter, jusqu’à créer pour lui-même une collectivité lui assurant un leadership qui lui aurait échappé dans la naturelle et rationnelle communauté d’agglomération périgourdine.

Ce n’est pas du côté de la démocratie que ces élus prennent position contre la réforme des collectivités. Pour l’amélioration des droits des citoyens ils peuvent bien hurler au loup, mais là où ils ont autorité, surtout, ils n’ont jamais agi.

:: Le libéral-communisme, un néo conservatisme local ::
Remarque, le communisme local s’exprime surtout, dans ces communes, par une incroyable capacité à privatiser les espaces publics pour favoriser une concurrence acharnée entre franchises. Dans ce cas, il n’est pas étonnant de voir des emplois précaires et sous payés, un urbanisme morbide, des programmes de logements défiscalisés en friche, etc. Et à ce compte là évidement c’est la notion même de communisme qui devient floue et insaisissable. Peu importe, cela fait le bonheur des promoteurs les plus libéraux.

En revanche, on saura ô combien ils s’opposent au remaniement des collectivités! Surtout il ne faut toucher à rien. Cela voudrait dire peut-être moins de postes de fonctionnaires attribués aux militants, moins de pouvoirs et moins d’indemnités.

Le libéralisme sans frein qu’ils dénoncent au niveau national, ils en sont des promoteurs zélés à l’échelon local. Alors que dans le même temps, ils n’ont jamais mis en pratique la charte pour un nouveau contrat local promulguée par leur propre formation politique.
L’amélioration de la démocratie locale qu’ils promettent dans l’opposition, ils l’évitent comme la peste quand ils sont majoritaires.
Et ce conservatisme territorial affiché aujourd’hui, bien loin d’œuvrer pour « le pouvoir souverain des citoyens », n’est autre qu’une revendication syndicaliste pour défendre des « acquis » obtenus par la décentralisation.

:: Les notables territoriaux ::
Ils sont devenus, en cumulant les mandats et élargissant leurs réseaux, des notables locaux installés dans de bourgeoises et confortables habitudes. Les voilà donc en train de défendre leurs petits postes et quantités de mandats, autant de petits pouvoirs qui font vivre leur parti et assurent de paisibles retraites.

De grâce messieurs, ne feignez pas en plus d’agir pour la démocratie, c’est pitoyable.

Périgueux, CAP, PDU, un Marx et ça repart

Dans le cadre du projet de Plan de Déplacement UrbainPDU – dont le maître d’ouvrage est la Communauté d’Agglomération de PérigourdineCAP -, le collectif ETAPE fait sa rentrée, via un tract posté sur leur blog le jeudi 18 septembre.

Ce collectif a pris le parti de s’inscrire dans un lobbying pro ferroviaire, accessoirement pro bus et déplacements doux pour étoffer les revendications. Nous avions eu l’occasion d’entretenir quelques échanges épistolaires intéressants avec son leader, Vianney Le Vacon, directeur départemental du PCF, adjoint aux sports de la ville de Périgueux et conseiller communautaire de la CAP.

Revenons sur le tract et essayons de comprendre ce qui se trame. Le président de la CAP a ouvertement sommé le collectif de rentrer dans le rang des débats que la communauté d’agglo entend diriger à elle seule, si possible sans voix dissidentes.
D’un autre côté, ETAPE ne l’entend pas de cette oreille et continue d’organiser réunions, débats, AG, et distribution de tracts pour faire droits à leurs revendications.

:: Une majorité divisée ::

Cette situation comporte des originalités déconcertantes. D’un côté le tract titre en grand :

Des élus qui risquent de se cantonner à un minimum de changement

Cette critique à peine voilée d’une politique frileuse, stigmatisant par exemple au passage les inquiétudes du maire de Périgueux, également vice président de la CAP délégué aux transports, qui déclare être pour l’instant incapable de répondre financièrement aux dépenses de fonctionnement d’une navette ferroviaire, située aux alentours de 13 millions d’euros par an.

Ainsi, le tract invite à « … convaincre nos élus de s’engager pour des solutions d’avenir », car, si l’on en croit le texte, les verts et les communistes au sein de la majorité, n’arrivent pas seuls à convaincre leur collègues socialistes du bien fondé de leurs propositions. Lasse, la moitié de la majorité en appelle au peuple pour influencer les décisions de l’autre majorité ! Cette situation croquignolesque doit faire mourir de rire l’opposition historique, mais en même temps inquiéter un peu sur la cohérence des politiques publiques.

Ces élus soupçonnés de frilosité, voire d’immobilisme, c’est un comble pour un PDU, attaqués par des élus de leur propre majorité, présents au conseil municipal de Périgueux et au conseil communautaire de la CAP, montrent l’état d’une gauche plurielle locale qui a su s’entendre pour gagner, moins pour gouverner.

Mais revenons à ETAPE. La finalité du groupe de pression permet de mieux se cerner à travers les dernières déclarations.

:: Charge anti voitures ::

Le collectif, dont l’adresse n’est autre que la boîte aux lettres de l’UD CGT, prend les villes de Bordeaux et de Strasbourg en exemple de bonnes politiques de transports. On les comprend, ces villes de droite bénéficient d’un vaste réseau de tramway, alternative certes efficace au tout voiture, mais dont Périgueux devra se passer au regard de sa taille. En garçon bien élevé, Alain Juppé ne manquera pas, au passage, de remercier la CGT Périgueux pour le compliment, dont cette dernière incite Michel Moyrand à suivre l’exemple.

Et puis toujours cette fixette sur les ponts de la CAP dont le but est de désengorger les transits routiers dans Périgueux :

Nous n’avons pas besoin de nouveaux ponts qui amèneraient encore plus de voitures et de camions dans la ville.

ETAPE s’est bien gardé sur son blog, de mettre en ligne le rapport des services de l’Etat expliquant les cause de l’augmentation du trafic routier ; souvenons nous :
P.41, 3.2.1.4 :

Le trafic routier augmente 10 fois plus vite que la population
Alors que la population du territoire d’étude n’augmentait globalement que de 2.26% (environ + 0.25%/an) entre 90 et 99, et que la construction de logements croissait de 10.78% (soit 1% par an en moyenne), les trafics routiers sur les axes pénétrants de Périgueux ont connu des augmentations beaucoup plus importantes de l’ordre de 4% par an particulièrement à l’est de Périgueux (Trélissac et Boulazac) avec l’implantation des zones d’activités et de commerces.
Ces fortes hausses de trafic ne sont donc pas les conséquences ni de l’accroissement démographique ni du transit mais de la forme du développement urbain qui génère une augmentation des échanges vers les pôles d’emplois qui concentrent commerces et services.

Non, décidément, ETAPE n’arrive pas à comprendre les causes de l’augmentation du trafic routier, ou peut-être les ignore-t-il, parce que la vérité va à l’encontre de leur rhétorique de circonstance. Mesdames, Messieurs, les ponts ne sont pas générateurs de l’augmentation du trafic routier, ils ne sont pas là pour amener des voitures dans le centre ville, mais pour au contraire permettre de contourner la ville. Mais qui disait qu’un tract était par définition toujours mensonger ?

:: Les vieux démons ::

Et puis ils craquent. Chassez le naturel, ils revient au galop, (tiens, un mode de transport oublié celui-la).
Déboule derrière les présentables motifs environnementaux, ce qui constitue le corps des revendications, les références idéologiques, s’imposant comme les motivations réelles de la démarche. Le PDU d’un coup de baguette magique cégétiste, cristallise la lutte du service public contre la privatisation, symbolisée par le train contre la voiture, le collectif contre l’individuel, etc. Voilà que notre pauvre PDU, devient à lui seul capable d’exprimer un temps, l’essence même de la lutte des classes. On ne se refait pas.

Aussi, on comprendra pourquoi le tract est assorti de revendications qui n’ont rien à voir avec le PDU de l’agglomération périgourdine, pour finir sur :

– l’élargissement du tronçon ferroviaire Périgueux / Limoges,

– un ticket unique départemental,

– et l’extension de la navette ferroviaire Niversac / Mussidan, alors qu’ils ne s’en sortent déjà pas avec l’agglomération périgourdine.

Notre lobby périgourdin, tant qu’il y est, se montre un peu ingrat envers l’homme qui leur a donné les clefs de la ville, le maire de Périgueux, en n’exigeant pas, sans délai, l’électrification de la ligne Périgueux / Limoges. Et la reconnaissance du ventre alors !

:: Une réalité plus crue ::

Ce que l’on finit par comprendre, avec les communistes et les cégétistes en locomotive du collectif, c’est qu’ETAPE est d’abord un groupe de défense des intérêts des cheminots locaux, voyant au travers du PDU l’opportunité de glaner un peu plus d’emprise locale, de faire valoir des intérêts de développement corporatistes, en contradiction symétrique avec leur idéologie universaliste. Il y est question de leurs propres intérêts érigés en intérêt commun. Une chance que dans leurs wagons TER, ils aient prévu la place de ranger quelques vélos et que le bus peut aller dans des endroits innaccéssibles aux trains.

Il n’est pas certain qu’ils aient tort sur le fond, peut-être qu’il ne faut plus se déplacer qu’en train et en navette, mais comme souvent, la méthode est à l’image de l’objectif : spécieuse.

Mais en contrepoint, leur jetterait-on la pierre, au prétexte de méthodes qui raisonnent comme des rengaines et d’une représentation gauchement bipolaire des enjeux, de chercher à lutter pour ce qu’ils estiment être leur survie ? Pas vraiment non plus.
L’Etat se contracte et se retire des territoires comme une marée en baie de Somme, en violentant un fonctionnariat qui, en tant que service public, comme l’écrit P. Rosanvallon, a représenté longtemps « la force identifiée de la réalisation de l’intérêt général ».

Et à Périgueux quelle force ! On gardera en mémoire, sous le gouvernement versaillais, que les cheminots périgourdins refusèrent d’accéder à la demande d’envoi de wagons blindés destinés à dézinguer les communards. C’est face à l’artillerie seulement qu’ils abdiquèrent, après avoir répandu dans tout Périgueux, dans un cortège de plusieurs milliers de personnes, un bordel sans nom qui appartient aujourd’hui aux faits d’armes de la Commune.

PDU: débat à explosion

Revenons sur le PDU, décidément moteur de débats explosifs et expressions diverses.
Un nouvel élément non contrôlé se glisse dans le déroulement des concertations prévues par la CAP. Suite à la constitution du collectif ETAPE, Ensemble pour des Transports Alternatifs en Périgord, le site de la CAP met en ligne via un pop up en page d’accueil, le rapport de Juin 2008 sur le PDU. Jusque là, ce rapport n’était disponible que dans la rubrique Presse.

Mais là attention, la CAP communique. Il a été rajouté un texte du président en première page du rapport. C’est cette page cette page qui nous occupe ici. Rappel des 3 principes affichés par la CAP.

1. Rien n’est décidé, tout est ouvert.
2. Transparence et concertation.
3. C’est le syndicat Péribus qui décide.

Au-delà d’une orthographe fort malmenée, cet édito s’adresse à des personnes bien précises, des élus, pour certains au cœur même des exécutifs locaux. Il s’agit du collectif ETAPE à qui ce texte répond directement aux attaques contre la présélection des scénarios dont la navette ferroviaire n’est pas favorite parmi les nominés.

Le message est clair. Il appelle ETAPE à réintégrer le cadre du débat organisé par la CAP. En effet, sur leur blog, ils annoncent travailler dans leur coin durant l’été, pour proposer des nouvelles solutions à la rentrée. Politiquement, cette passe d’arme est intéressante à plus d’un titre.

:: Tâche d’huile sous les essieux de l’unité ::

Nous avions évoqué dans un article précédent les conséquences du changement de majorité partisane au sein de la CAP. Il était envisagé qu’une forte majorité, avec la ville de Périgueux, au conseil communautaire, permette une plus grande cohésion politique et une meilleure unité dans les décisions. Cela était souhaitable, il n’en est rien. Une partie de la majorité se comporte comme une opposition, à coup de contre propositions fracassantes et critiques acerbes. Le conseil communautaire se retrouve donc constitué d’une majorité et de deux groupes d’opposition, PCF/UMP, eux-mêmes parfaitement opposés, avec les électrons en semi-liberté que sont les Verts et le Modem, face à un PS contraint de fonctionner avec ses alliances de campagne électorale.
Du coup, c’est M. Béri-Debat en personne qui demande à M. Le Vacon de rentrer dans le rang avec le texte de présentation du PDU et de ne pas « enfoncer des portes ouvertes ». Ce document est-il vraiment l’occasion de régler ses comptes ? Est-il vraiment le lieu pour rappeler que la CAP refusera tout débat indépendant au sien, à celui qu’elle organise et dirige ?

:: Un lobby anti voiture ::

Le phénomène ETAPE. Il se présente comme un collectif bigarré, composé des acteurs locaux suivants :
Collectif unitaire pour une alternative au libéralisme / Les amis de la Terre / Vélorution / Attac / CGT cheminots / FSU / Les Verts / Le PCF.
Pour mémoire, les Verts et les Communistes font partie de la majorité et sont bien représentés au conseil municipal de Périgueux et au conseil communautaire de la CAP : ambiance.

Visiblement ce collectif se définit mieux comme un lobby, un groupe de pression composé d’éléments très divers, mais rassemblés autour d’intérêts communs et occasionnels. Ce n’est pas un gros mot, appelons un chat un chat, ETAPE se définit bien comme :

des entités qui cherchent à représenter des intérêts de sections particulières de la société en vue d’influencer les processus politiques

Les enjeux de ce lobbying sont l’abandon des projets de ponts et la promotion de la navette ferroviaire. Certains par souci environnemental, d’autres par intérêt économique, d’autre par idéologie doctrinale, d’autres enfin pour la généralisation de leur hobby.
Ce lobby entend donc mener indépendamment de la CAP des débats sur le sujet, mais cela ressemble plus à une campagne d’opinion qu’autre chose. Il y a fort à parier que contribuer au débat à ce niveau, ne signifie pas autre chose qu’être en accord avec les intérêts défendus. L’évolution de ce blog nous dira si on se trompe.

D’ailleurs, sur le fond, il y a, hormis le projet de pont, une quantité non négligeable de convergences, (navette ferroviaire, déplacements doux – raisonnés – , bus) avec les analyses précises des services de l’Etat, (Porté-à-connaissance de 2006). A part l’estimation du déficit de fonctionnement par rapport à la fréquentation, au bout du bout, personne ne semble aller contre ce projet.

Juste pour l’info, le blog d’ETAPE est un produit Overblog, développé par la société JFG NETWORKS, dont le groupe TF1 détient environ 30% des parts. C’est pour cela qu’en bas du blog, tout en bas, on trouve ce lien : TF1 Network.

Merci donc à TF1 de participer à la lutte contre les dérives du capitalisme et à la promotion du développement durable