Dordogne : une application iphone pour le périgord

En réponse à notre billet d’hier sur les technologies de l’information, la nouvelle du jour fait plaisir. La première application iphone sur le Périgord vient de sortir. La Dordogne fait donc son entrée dans l’Apple Store à l’orée de la saison estivale.

Ce n’est pas tout à fait exact. Car existe déjà Izzyuide, une application dédiée au Périgord Noir. On ne mettra pas de lien tellement cette application est grotesque (entre nous on a l’impression qu’elle a été faite en 1996).

Voyons plutôt cette application dédiée au Périgord, efficace, sobre, complète, ergonomique et pratique.

Une application Iphone pour la Dordogne

Hier nous faisions référence aux collectivités locales. Rien d’étonnant donc de voir que cette application Iphone sur le Périgord vienne d’une initiative privée.

Ce guide du Périgord est dors et déjà disponible sur l’Apple Store et se présente en huit parties :

« Découvrir la Dordogne«  comprend des informations générales (histoire, géographie, climat, etc.), puis un catalogue thématique organisé autour de l’architecture religieuse, les châteaux, les grottes, les jardins, les musées, les parcs à thèmes, les sites naturels, les sites troglodytiques et les villes et villages.

La qualité ergonomique et la navigation sont au rendez-vous, permettant d’avoir les sites par liste, tout en pouvant les rechercher par commune ou nom propre, le tout assorti d’une carte d’implantation. On notera également l’indication des distances si vous activez votre fonction GPS, très pratique.

Gros boulot à la clé. Ce premier guide du Périgord pour téléphones mobiles a des ambitions exhaustives, rassemblant pas moins de 2 000 références pour l’instant et présentant un nombre impressionnant de catégories diverses et variées.

Le guide du Périgord comme base de données

La société Negocom à l’origine de cette application périgourdine propulse également le Guide du Périgord, un nom de domaine existant depuis les années 2000.

Cet acteur numérique du marketing territorial met un sacré vent à ses concurrents et démontre que la 3ème révolution industrielle n’est pas chimérique au prétexte d’être rurale ou semi rurale. Au contraire.

Ce coup de pied dans la fourmilière du tourisme périgourdin est un message aux collectivités couvant leur poule aux œufs d’or entre deux siestes. Idem pour les acteurs du marché, accros à leur tract pour Semitour, leur 4×3 aux entrées de villes ou même leurs sites invisibles dans Google.

On aurait pu imaginer que d’autres professionnels du tourisme périgourdin s’engouffrent avant dans la voie des applications mobiles, mais empourprés de leurs certitudes, ils ne jurent encore que par le papier et dans le meilleur des cas des sites portails incompréhensibles.

C’est donc un joli coup pour Negocom et longue vie à leur application !

Caractéristiques techniques de l’application guide périgord

Sortie : 17 avril 2011
Version : 1.0
Taille : 5.1 mo
Langue : fr
Editeur : Okapi

Périgord, 100 lieux pour les curieux par Michel Grégoire

PERIGORD 100 LIEUX POUR LES CURIEUX (Editions Christine Bonneton) n’est pas un guide de plus sur le Périgord. Signé par Michel Grégoire, ce livre condense les pérégrinations périgourdines de l’auteur accompagné par Philippe Cadot à la photo.

Nous parlons rarement d’ouvrages contemporains tant par principe ils étalent les clichés et les facilités, copiant et collant les communiqués surannés des offices de tourismes. Ici c’est différent.

A la lecture de ce guide on respire. On découvre un Périgord libéré des ses poncifs charcutiers et de son conformisme à la graisse d’oie. Ici pas de magdaléniens thermo-moulés ou d’intermittents en sabots. Ce Périgord là n’est pas une vitrine, il se découvre et se chemine, loin des supermarchés de la préhistoire ou d’un moyen-âge botoxé pour jeux vidéo.

C’est avec plaisir que nous vous proposons une interview de Michel Grégoire, qui a bien voulu répondre à nos 7 questions.

Le Périgord de Michel Grégoire en sept questions

1. Michel, tu viens d’écrire un livre. C’est rarement neutre, il y a souvent un avant et un après. Dans ce périple géographique, historique et littéraire, qu’est-ce qui a changé en toi après ce livre ?

– Difficile de répondre sans se déboutonner un peu. Intimement, j’ai renoué avec une liberté de ton et de choix que j’ai connue jadis à France inter; l’éditrice m’a offert le luxe de me laisser carte blanche (c’est le cas de le dire !) C’était d’ailleurs ma seule exigence ! Être libre face aux institutions et aux enjeux de ce pôle touristique.

– Ma sélection de lieux et d’activités m’a obligé à me pencher sur des sujets dont j’étais assez éloigné ; je ne suis pas très adepte des randonnées ni même des activités physiques en général mais j’ai voulu explorer ces nouvelles façons de rompre avec le cliché Périgord = préhistoire et gastronomie même si je n’y échappe pas complètement. Ce livre fut une façon, pour paraphraser un récent prix Goncourt, de confronter « la carte et le territoire ». Autre particularité de l’exercice, le public. Ce modeste livre est à la fois destiné aux périgourdins bien sûr mais aussi distribué nationalement.

– Cette rencontre entre l’équipe parisienne (éditrice et graphistes, etc.) et mes interlocuteurs locaux fut parfois musclée et très enrichissante. Entre les idées reçues, les chauvinismes de clocher et à la nécessité de prendre un peu de hauteur, il a fallu jongler un peu. J’ai pu exercer un de mes modestes principes de vie : apprendre plutôt que savoir …et lorsqu’on sait ; partager le plus largement possible.

2. Présentant des personnalités de Périgueux, je note qu’il y a des gens qui sont vus d’un mauvais œil par l’actuelle municipalité. Tu n’as pas peur que ton livre soit refusé à l’office de tourisme ?

– D’abord, et sans fanfaronner la peur n’est pas mon fort. Ensuite, je n’ai cure des querelles de boutiques et de boutiquiers et je n’ai pas vocation dans ce travail à distribuer des satisfécits ou à ménager les susceptibilités. Ce livre est pour tout le monde ! Je n’ai soumis aucun texte à approbation, sauf pour des questions d’exactitude, et je n’ai parlé que de ce dont j’ai voulu parler. Librement ! Pour la ville de Périgueux, une des six villes « capitales » du bouquin, j’ai été très bien accueilli partout et notamment au musée Vesunna qui ouvre le premier chapitre du livre et, outre les personnes concernées, le Comité Départemental du Tourisme, a lui aussi répondu présent à mes demandes d’informations et d’ouverture de certaines portes. Il a une vocation plus large et il sera, selon mes infos, l’un des dépositaires du guide, avec les librairies et la maison de la presse bien évidemment.

– Deuxièmement, et c’est un des avantages d’une structure comme les éditions Bonneton, je ne suis pas le commercial de l’affaire. Quelqu’un de très professionnel et de tout à fait neutre est chargé de ce travail. Enfin, tous les gens, comme tu dis, qui sont présents dans le livre méritent selon moi, grâce à leur talent ou à leur inventivité, une place dans ce guide illustré, subjectif et forcément incomplet. Ce livre n’a pas pour vocation de plaire aux édiles, quel qu’ils soient, ni de leur déplaire d’ailleurs, il n’a été dicté que par ce qui me semblait être l’intérêt des lecteurs.

– Cela dit, j’ai adressé par courtoisie un exemplaire de l’ouvrage au maire de Périgueux qui pourra ainsi découvrir des lieux méconnus ou certaines personnes avec un œil nouveau. Quant à l’office du tourisme, il a été contacté je pense et sinon, l’ouvrage est en vente libre et à des tarifs préférentiels auprès de l’éditrice Christine Bonneton.

3. On te connait amateur de jeux de mots, contrepèteries et calambours. Souvent fameux d’ailleurs et que l’on retient avec plaisir. Mais concernant « YOURTE NATURE », « VAUX : DE L’OR » et « SAVOIR FER », comment as-tu réussi à convaincre l’éditrice ?

– L’éditrice m’a connu notamment à la radio comme un amoureux de ce qu’on appelle « la titraille » …elle a su que j’avais été au « Canard enchaîné » un des « calembourdiers » chargés des « accroches » durant ma vie parisienne. Non seulement je n’ai pas eu à la convaincre pour placer mes facéties de langages mais c’est elle qui me « poussait au crime »

– Il faut ajouter que ça rassure aussi ceux qui craignent d’un guide, l’aspect didactique et un peu scolaire. Ce fut ma manière de jouer au potache que je suis toujours resté. Il y a les photos et les titres qui sont destinés à la mise en bouche et les textes qui se veulent, ce sont les mots de Christine Bonneton, informatifs, incitatifs et légers…J’espère être parvenu avec Philippe Cadot, à cette alchimie digeste entre le fond et la forme !

4. Au sujet du maréchal Bugeaud, tu soulignes toutes les facettes du personnage, y compris les plus atroces (exactions, enfumage, torture). Comment expliques-tu qu’il ait un tel succès en Périgord et que sa mémoire soit encore publiquement honorée ?

– J’ai failli intituler le chapitre sur Bugeaud « Je suis partout ! », le titre d’un journal collabo durant l’occupation mais en dehors du jeu de mot sur l’omniprésence de ce personnage en Périgord, la pertinence de la vanne n’était pas extraordinaire et les jeunes lecteurs n’auraient pas goûté la « plaisanterie ». Cela dit, il est vraiment partout et, si j’ose dire, de ville en ville, il change de casquette ! Et par surcroît, comme arriviste et « collabo », il se pose là. Tour à tour bonapartiste, ami des bourbons, puis de Thiers, il est l’homme à tout faire de tous les pouvoirs. C’est une sorte de Talleyrand sans brio et sans esprit, un carriériste sans scrupules et sans conviction, contrairement à Daumesnil, dans le genre galonné.

– A Périgueux, il « pacifie » l’Algérie, à Excideuil, il offre une statue à la ville où il veut se faire élire député ; A Lanouaille, il fut un maire prétendument ami des paysans et de l’agriculture. C’est n’importe quoi ! Pourquoi est-il honoré de la sorte ? Parce qu’il a sa place au carnaval des vanités et qu’à une époque, on a trouvé que ça faisait chic d’avoir un Maréchal comme « people » par chez nous.

– Aujourd’hui, cette supercherie qui fait passer ce criminel de guerre (même pas périgourdin en plus … ;-)) pour un « père » de la nation est une connerie parmi d’autres. Et, quitte à honorer un personnage sulfureux, j’aurais préféré, comme le dit si bien Sarko maintenant qu’il a fait l’acquisition d’un manuel de langue française, qu’on « édifiât » une statue à l’écrivain Léon Bloy, né à Périgueux, en lieu et place de ce massacreur d’algériens, bien avant Maurice Papon en octobre 1961.

– C’est une suggestion que je fais au maire actuel qui pourrait, en déboulonnant le « grand homme » manifester ainsi son désaveu des pratiques sanglantes de ce « héros » bien embarrassant tout de même…surtout non loin de la récente esplanade Badinter !

5. Je remarque que tu n’as pas parlé de PREHISTOPARC et du VILLAGE DU BOURNAT. C’est un hasard ?

– Si l’on commence par parler de ce dont je n’ai pas parlé, on n’a pas fini ! Cela dit, ça n’est bien sûr pas un hasard. Pour être honnête, je ne parle pas non plus de Lascaux II. Mon souhait est de rendre service aux curieux et de faire en sorte de les aiguiller vers des endroits plaisants et authentiques. Il s’agissait pour les sites « incontournables » de les raconter de façon méconnue et de faire de lieux parfois méconnus, des lieux incontournables !

– Mais pour la préhistoire, et Préhistoparc par exemple, c’est simple, je me suis borné à des sites véritables et encore ouverts au public et j’ai évité les parcs d’attraction. Pour le Bournat, j’ai hésité mais l’accueil réservé au photographe, très réservé même, le côté « ça va pas être simple ! » Nous a un peu refroidis. C’est sans doute un malentendu mais peut-être pour une réédition…

– Pour le reste, j’ai choisi de parler de la réserve de Calviac, des gîtes de cabanes en bois et de yourtes, du land art de Bourrou, de Proumeysssac, du site du Regourdou, des jardins de Limeuil ou de certains domaines viticoles par exemple pour les gens qu’il y a derrière, pour leur éthique face aux visiteurs, bien loin d’un acte simplement mercantile. C’est vrai pour la plupart des sites et j’ai testé moi-même l’accueil et les propositions. C’est une sorte d’assiette du chef…

6. Au Moulin de la Rouzique à Couze-et-St-Front tu as trouvé cette « perle anglaise » du XVIII° s. :
« Les chiffons usés font le papier, le papier fait la monnaie, la monnaie fait les banques, les banques font les emprunts, les emprunts font les mendiants, les mendiants font les chiffons, les chiffons usés font le papier… »
Tu nous proposes une question qui aurait pu donner lieu à cette réponse ?

– En visitant cet endroit bouleversant des bords de la Couze, j’ai trouvé ce petit texte intitulé « L’histoire sans fin » ! C’est étonnant de simplicité. C’est atrocement limpide. En pleine crise financière, où, semble-t-il, personne ne comprend rien, cette petite comptine dit tout sur l’absurdité et la mécanique implacable du système.

– Quant à la réponse, aux solutions pour sortir de ce maudit manège qui mène de la richesse à la mendicité en passant par la banque, je ne suis pas économiste. Mais, j’aime bien la façon toute british et distanciée d’exposer le problème.

– Eric Cantona a peut-être visité le moulin de la Rouzique avant de proposer aux français révoltés de vider leurs comptes bancaires en un seul et même jour. Peut-être est-ce une idée de transformer les banquiers en mendiants ? En tout cas, c’est un couplet qui manque à cette enfantine ritournelle !

7. Dernière question. 100 chapitres pour le Périgord, ça parait beaucoup mais c’est très peu. As-tu quelques regrets de sujets non abordés ou réservés pour un prochain volume ?

– Oui bien sûr, j’ai quelques regrets mais pas tant que ça. Mon souci était d’équilibrer les « curiosités » entre le type de lieux, leur histoire, les personnages, le passé, le présent, les choses à voir, les choses à savoir, les choses à faire, les sujets et la répartition sur tout le département pour éviter, une fois encore de ne parler que de paysages, de cuisine, de préhistoire ou de la guerre de cent ans et que le sarladais, comme souvent, se taille encore la part du lion. Dans ce pays, chaque village est pour ses habitants un lieu qui, à lui seul, mérite 200 pages ! C’est d’ailleurs souvent vrai !

– J’ai adoré les rencontres, souvent providentielles, que ce périple a permises. De fil en aiguille, de discussions en suggestions, nous avions parfois un mal fou à poursuivre la route tant l’accueil fut chaleureux et la passion communicative, il nous semblait, de Tourtoirac à Saint-Michel de Montaigne, en passant par Nontron, Payzac, Terrasson, Bourrou ou le lieu-dit de Tartou que chaque endroit était le centre du monde !

– Si j’avais écouté tous ceux à qui j’ai parlé de ce projet et que je remercie au passage, on y serait encore ! Cela dit, je suis sûr qu’il y a encore mille histoires et de jolis trésors de toutes sortes à récolter. Nous avons avec Philippe Cadot, le photographe de ce livre illustré avec talent, ouvert nos yeux et nos oreilles jusqu’à la dernière minute et puis, il a fallu conclure. Et mettre le mot FIN.

Guides touristiques de Dordogne et mauvais goût en Périgord

Le tourisme est une des principales ressources économiques de Dordogne. Alors forcément, l’été venu, les professionnels du secteur défouraillent tous azimuts. D’ailleurs on nous annonce une petite révolution locale.

Le château de Castelnaud aurait devancé Lascaux II en nombre de visiteurs, ce qui, au regard de l’intérêt soutenu des foules pour l’art rupestre, constitue un réel camouflet pour la gestion de la Semitour. Cette société d’économie mixte particulièrement appréciée par la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine est un organe hybride que le Conseil Général de Dordogne cajole comme la cassette de Molière.

Mais passons. Car avant d’engranger le grisbi, il faut conduire le « visiteur » vers une « destination » et déclencher un désir irrépressible incarné par un mouvement de main qui va de la banane vers la caissière.

C’est dans ce but que les collectivités locales, les offices de tourisme ou des sociétés privées éditent chaque année des guides. Des guides touristiques qui s’avancent comme les GPS de vos plaisirs et vous conduisent vers les trésors du Périgord.

Nous en avons repéré 5 qui valent le détour. A l’issue de ce test, vous verrez qu’il n’est pas si simple de se laisser guider. Entre les gabegies historiques, une langue française défigurée ou un graphisme d’un autre monde, la tâche du touriste est lourde.

On y va.

Le guide touristique de Périgueux

Ville d’art et d’histoire choyée par Michel Moyrand, le maire en personne se devait de signer l’édito de la Station de Tourisme.
C’est un progrès, le maire arrive en 2010 à situer la naissance de Périgueux dans le bon siècle.

Las, il pêche encore un peu. Non Michel, Saint Louis n’a pas signé le traité d’union entre la Cité et le Puy Saint Front en 1240.
C’est fâcheux. Les deux villes ont signé un traité d’union en 1240, mais ce n’est qu’en 1247 que Louis IX confirma le traité ((Sentence royale de septembre 1247 à l’encontre du comte Archambaud et de la Cité au bénéfice du Puy Saint Front. R. Villepelet, 1908)).

Soucieux de ne pas trop vanter les mérites de la ville aux visiteurs, il s’étale en un vaste inventaire des hôtels et des restaurants de toute la région. Le point d’orgue du guide est sans conteste une grande publicité pour le gouffre de Padirac, dans le Lot… (Site géré par la Semitour)

Normal, le directeur de la Semitour qui gère ce site est également 1er adjoint de Périgueux, ce qui doit faciliter les négociations pour les encarts publicitaires.

Pour finir, l’image de présentation du guide est un photo-montage grossier. Cette ville dont on vante tant la beauté devait faire l’objet d’un gloubi boulga photoshopesque. Ce n’est pas surprenant, il fallait rester cohérent avec l’édito.

Ah, un détail. Sur son site, l’office de tourisme met à disposition la brochure sur une plateforme de téléchargement. Elle ne pèse que 23.7 Mo, profitez-en !

Bref, le guide de Périgueux est une véritable perle. Seul défaut, ce papier glacé se consume mal, du genre à faire des petites flammes bleues sans chaleur ni consistance.

Continuons la visite.

A la découverte du Périgord

Un guide déployé par Aquitaine Communication basé à Agen. On découvre des merveilles sur le Périgord, comme les Laveries de l’Océan à Mussidan ou les taxis Tardieu. Mais ce n’est pas tout.

Le guide nous rappelle que le pixel est la brique élémentaire de l’image (non vectorielle). Alors pourquoi le cacher ? Outre un graphisme en hommage aux grandes heures du 8 bits, Aquitaine Communication présente Périgueux sous des angles nouveaux.

Attention, suivez le guide (commentaires en vert)

La cathédrale Saint-Front, témoignage de l’art romano-bysantin, (selon l’interprétation du XIX° siècle), inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, (le chemin de pèlerinage uniquement), domine l’un des plus vastes secteurs sauvegardés de France (85ème sur 95, l’un des plus petits avec ses 0.20 ha).
Profitez de l’été pour découvrir Périgueux en gabarre (il n’y en a pas) ou en petit train.

Ah ! Petit train, première information exacte, on arrête là.

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La fête en Périgord !

Le guide du Conseil Général nous ramène à la réalité. Celle des infographistes qui ont fait un stage sur Paintbrush en 1993 mais qui ont l’avantage d’être un cousin ou un neveu.

Mise en page, typographie, couleurs, design, le document est traumatisant, voire déconseillé aux épileptiques.

Comme par hasard, c’est aussi le guide où les médias locaux (Dordogne Libre, Sud Ouest, France3, France Bleu Périgord), ont choisi de faire leur pub. On n’ose imaginer ce qui adviendrait s’ils refusaient de passer à la caisse (à moins qu’il ne s’agisse d’une grâce du Magnum Suprême du département… bien sur).

S’ensuit un agenda police 4 à interligne négatif qui permet de stocker une information qui révolutionne la cryptographie.

Puis vient la libération, la publicité sur La Route du Foie Gras. Avant d’attaquer la 3ème étape, on vous conseille vivement une cuillerée de bicarbonate. Quand vous confondrez votre langue avec votre 12ème tranche de foie, les numéros d’urgence sont dans le guide de Périgueux.


Un must have, c’est certain.

Sélection Périgord – Quercy – Limousin

Un guide à vocation extensive. L’année prochaine qui sait, ils vous présenteront en plus le Vercors, le Cantal, la Champagne et les Côtés d’Armor.

Le guide est édité par Couleurs & Création à Sarlat et c’est du lourd.

Il faut lire l’éditorial, qui conteste la première place à celui de Michel Moyrand.

Agrémentée de multiples outrages à l’orthographe, la littérature du texte s’envole comme un pigeon libre revenu avec le soleil qu’on voit en été, mais qui plus, que tout mène à Rome comme les chemins du Quercy peut-être. Aussi on vous laisse apprécier.

Et enfin le dernier et le moins drôle aussi.

Sarlat & le Périgord Noir

Le guide se démarque des autres. Point d’ostentation vulgaire, rédigé en (vrai) français et soutenu par des photos de qualité, il parle de son sujet, le Périgord Noir.

Globalement clair, aéré, (hormis l’inventaire), il ne fait pas étalage de mauvais goût, d’erreurs grossières ou d’amateurisme.

Un guide en somme, qui fait son boulot.

Ca semble simple mais compte tenu de sa solitude dans le panel, il faut croire que non.

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Conclusion

Pour visiter le Périgord, rien de tel qu’un carte IGN.

Confit d’oie, journalisme et corruption

Hasard du calendrier, c’est pendant les élections régionales que le Conseil Général de Dordogne s’est déployé pour la première fois et en direct sur l’internet. Le jeudi 11 février, il était ainsi possible d’assister à la séance du budget 2010, la messe n’avait qu’à bien se tenir.

Jusque là rien qui ne mérite commentaire. L’ADSL a plus de 10 ans, et depuis bien longtemps, dans la contrée éloignée qu’est la France, nombre de collectivités retransmettent les séances publiques sur le réseau. De là à célébrer cette première dans la baronnie périgourdine, c’est une autre paire de manches.

C’est vrai, il eut été de bon aloi de faire honneur au baron et à sa cour, en moult génuflexion high-tech devant son droit de franc-fief numérique. Toc toc toc, plaise à la cour, entre le président !

Prends garde à ta queue Ysengrin il commence à geler…

:: Alors parlons d’un vrai sujet ::

A l’occasion de cette première très péridourdine, vous aurez noté que le quotidien Sud Ouest a ouvert ses colonnes à l’évènement. Et largement même, puisqu’il y fait témoigner des zinternautes, des gens qui vont sur l’internet:

Pour cette première diffusion, nous avons demandé à des citoyens périgordins familiers du Net de donner leur avis.

D’un côté il y a l’avis d’un blogueur, JF Cros et de l’autre François Pelatan, sans autre précision sur son lien avec le réseau. Alors nous y voilà. Le journaliste de Sud Ouest qui a organisé ça, m’a convié le 11 février, à produire un commentaire dans son journal sur ce même sujet.

J’ai évidement refusé. Pourquoi commenter un évènement aussi futile, consistant à rattraper un retard typiquement local, alors que dans le même temps, des sujets bien plus importants errent dans les friches de l’indifférence. En particulier celui du niveau de corruption qui n’est pas anodin mais contre lequel personne ne s’élève. Et surtout pas, surtout pas les médias locaux, qui développent une science toute particulière pour éviter d’aborder ces sujets. Tous les deux ans, le gala organisé par le Club de la Presse local (les plumes d’or), rappelle avec humour aux politiciens, que les médias en savent bien plus qu’ils n’en dévoilent tout au long de l’année. Une piqure de rappel qui ressemble à un pacte de non agression.

La chape de plomb qui pèse aujourd’hui sur l’information périgourdine et qui induit ce sentiment d’impunité dans les malversations politico-financières et les manipulations politiques de tous ordres n’est pas un horizon durable. Le modèle économique de ces journaux consistant à faire de l’abattage sans jamais avoir le temps de l’investigation, n’est pas une excuse valable bien que souvent avancée. C’est au contraire une « circonstance accablante ».

Le journalisme de circonstance, qui par exemple s’obstine à maquiller en rumeur des faits pourtant avérés, est issu pour sa part de longues années de relations et plus si affinité. On ne peut donc compter que sur les jeunes générations pour reconquérir cette indépendance devenue trop relative à l’occasion. A contrario, lorsque la relation n’est pas complaisante ou amicale, les pressions sont multiples. Du coup de boule de Bernard Cazeau aux coups de téléphones colériques, la profession est sous un joug politique exacerbé, mais inévitable dans une région aux traditions féodales persistantes et vivaces.

:: Quelques miettes pour ne pas s’y perdre ::

Souvenons nous que la fraude à la TVA organisée par la Chambre des Métiers de Dordogne pendant 5 ans et dénoncée par la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine n’intéresse toujours aucun journaliste. Et ce même si le fisc vient de faire valoir ses créances il y a peu. Et ce même si le résultat comptable 2009 fait apparaitre la provision d’’une somme conséquente pour la vente d’un immeuble qui n’a pas encore eu lieu. J’en ai bien parlé avec un journaliste… Mais il m’a répondu qu’il n’avait pas le temps. Que cette actualité n’était plus assez fraîche en somme. Et même que l’URL de la CRC que j’avais envoyé n’était pas bonne et qu’ainsi il n’avait pas pu consulter le site internet de la CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES ! (http://www.ccomptes.fr/fr/CRC02/Accueil.html)

C’est vrai, c’est vrai que les Chambres Régionales des Comptes vont disparaitre par le fait du Prince présidentiel. Sarkozy hait la Justice politico-financière, il exècre les magistrats et il le leur fait payer le prix du sang. Mais là on ne les entend plus hurler les barons socialistes du Périgord. La réforme des collectivités territoriales ça les met hors d’eux, c’est une atteinte à la démocratie et à la République, une recentralisation autoritaire. Mais la disparition d’un contrôle public de gestion des collectivités et établissements publics, l’élimination des juridictions financières, ne suscite aucune réaction particulière, comme s’il s’agissait d’une aubaine. Rarement bal de faux cul aura été si luxueux.

Comprenez que ce qu’on nomme ici un « sport local », ailleurs, en République, c’est un délit inscrit au Code pénal passible de 5 ans de prison (pour ce que je vise). Et que quand un cadre important d’une collectivité territoriale utilise régulièrement sur leur temps de travail des jardiniers pour soigner son jardin privé, ce n’est pas drôle, c’est un délit et ça s’appelle de la corruption.

C’est une réalité que la réputation du Périgord résonne jusque dans les ors parisiens. Mais pas pour la bouffe mon ami (on s’en fout de ton canard), parce qu’ici la corruption et les magouilles politiques y sont hors normes. Les préfets et les procureurs, sont formés et s’aguerrissent en Dordogne avant d’être envoyés en Corse ou à la Réunion. Et les hauts fonctionnaires étant des gens méticuleux, ce n’est peut-être pas un hasard.

Quant à l’Etat, il observe. Il y a quelques années, sous la pression commerciale, j’ai vu en réunion, à Condat le Lardin, un préfet autoriser la construction d’une plate forme logistique de 20 000m² sans permis de construire! Plus près de nous, il faudra en reparler, la préfecture a sous son autorité les chambres consulaires, elle en est donc co-responsable.

Voilà parmi quelques exemples donnés en retour de mon invitation à faire l’intéressé dans le journal. Et nous parlons de faits, pas de thèses ; d’affaires graves, qui sont par malice ou par laxisme étouffées au nom du désintérêt du public pour la démocratie et l’Etat de droit. (Hormis bien sur les faits-divers sanglants ou les contentieux sexuels).

Mise à jour – 15 02 2010

Anticor.org vient de mettre en ligne une conférence avec Eric Alt et Renaud Van Ruymbeke, enregistrée aujourd’hui à Sciences Po Paris. Interventions de 88.40 mns à écouter en ligne ou à télécharger avec pour titre: Corruption, paradis fiscaux et suppression du juge d’instruction

:: Et les moutons sont bien gardés ::

Ah en revanche, ne vous inquiétez pas, vous aurez ce lundi tous les résultats sportifs de long en large, on vous dira même qu’il neige au cas où vous ne l’auriez pas vu. Et je ne vous dis rien sur les « Tartes aux pommes, primevères et tourterelles » du village de La Force !

Car à quoi servent les lois sinon à assurer notre démocratie ? Combien de gens savent dans Périgueux mais se taisent aujourd’hui par peur, oui, par peur des pressions et des représailles. Comment se nomme un système dans lequel on s’oblige au silence par la seule crainte ? Alors souvenez-vous de Rousseau disant qu’en démocratie il n’y a que les lois que nous devons craindre et non les hommes. Et qu’en est-il dans cette démocratie locale, de ce quatrième pouvoir que sont les journalistes ? Qu’avez-vous fauté pour être punis aujourd’hui à coups de tartes aux pommes et de basketball en lieu et place de la vérité tout simplement ?

Pour indication, Dordogne Libre, entre le 08 et le 13 février 2010 a publié pas moins de quatre articles sur le club de basket local (BBD). Combien de tournois de pétanque et de lotos dominicaux pour un article (09/02/10) du rédacteur en chef de Sud Ouest sur les incuries de la Semitour? Cela « simplement » pour apprendre que des copies de Lascaux sont traitées comme « un vulgaire tas de gravas » au seul motif qu’elles ont été rentabilisées, ce qui reste à prouver mais demeure une métonymie cynique du tourisme périgourdin.

:: Information et fin d’un monopole ::

En conclusion, j’ai dit au journaliste que j’allais écrire un billet sur son invitation en lui proposant de commenter à son tour le texte. Mais il faut croire que nous n’avons pas les mêmes valeurs, car il me répondit alors qu’il n’avait pas le « goût pour ce genre d’exercice qui mélange trop souvent les genres ».

Aussi compris-je que moi, crétin de blogueur, j’étais voué à commenter des futilités dans son journal. Mais que le journaliste, lui, n’allait quand même pas s’abaisser à écrire sur un blog !

Et c’est très intéressant. A l’heure où l’ensemble de la société est en train de muter avec l’internet, les journalistes sont frappés de plein fouet par cette révolution. Le processus de désintermédiation est implacable et le monopole de l’écrit de l’information dans l’espace public a volé en éclat. Les journalistes sont contraints, parce qu’ils seront toujours nécessaires, de rechercher de nouvelles valeurs ajoutées à l’information et à leur travail. Certes, il demeure quelques niches, notamment pour la presse spécialisée ou la presse locale ; Sud Ouest Périgueux en fait partie. Mais pour combien de temps et sous quelle forme à terme? Combien de temps pour que ce qui change le monde aujourd’hui ne change à son tour Périgueux ?

Et oui, le journaliste qui vous explique qu’il neige et que ça glisse finira par ne plus faire recette. D’ailleurs nos deux quotidiens locaux le sentent. Depuis peu ils se sont mis à communiquer leurs informations sur Twitter et Facebook, un pas important dans leur adaptation et dans leur intégration aux réseaux sociaux, part aujourd’hui essentielle de la circulation et l’échange d’informations.

Comme beaucoup l’expliquent, avec l’imprimerie nous avions conquis la lecture pour tous, avec l’internet nous sommes passés à l’écriture. Ca s’apprivoise. Mais le journaliste qui décide de ce qui deviendra une information ou non, de ce qui méritera d’être communiqué ou masqué, est un archétype obsolète. C’est ailleurs qu’il ajoute aujourd’hui de la valeur. Et ce n’est certainement pas par le mépris et le dédain qu’il survivra à ceux qui, hier encore, étaient dans le silence et qui ont aujourd’hui conquis la parole.

A ce titre on peut retenir cette phrase de Manuel Castel issue d’un article (Naissance des « médias de masse individuels ») publié récemment dans Manière de voir Internet révolution culturelle (février-mars 2010) :

L’influence la plus déterminante que les médias exercent ne procède pas de ce qui est publié, mais de ce qui ne l’est pas.

Cette phrase résonne en Dordogne comme un long cri de douleur.

Pour finir, au lieu de cette propagande misérable servie par Arte le 09 février, nous vous invitons à voir ce documentaire québécois  « On tue la une » (06 février). C’est encore aujourd’hui très loin de la réalité périgourdine, mais cela ira beaucoup plus vite qu’on ne peut probablement l’imaginer.

Du petit lait sur un tas de fumier

Symptômes d’une chronique clientéliste annoncée ou quand le népotisme ordinaire est devenu normatif. Les médias d’information locale, avec leurs dépêches entourées de grandes photos, contribuent par l’esquive à la banalisation d’un favoritisme de comptoir.

Mais au PMU, au fond, on trouve cela normal aussi. Mieux, on attend son tour.

Heureux qui comme Robert Badinter a sa place publique en face de la statue du maréchal Bugeaud, quel hommage !
Soutenir et honorer un homme qui s’est rendu coupable, (en le revendiquant), de crime de guerre, pour en parallèle louer celui qui a fait abolir la peine de mort, relève d’un cynisme politique insaisissable : l’opportunisme aveugle de la circonstance. L’adjoint à la culture de Périgueux, ayant sa part dans la consécration du criminel de guerre en son propre village d’Excideuil alors qu’il en était le maire, ne saurait en disconvenir.

(Attention. « Criminel de guerre » est ici un affreux anachronisme. Les actuelles commémorations algériennes qui ont encore cours à la mémoire de leurs compatriotes « enfumés » ne saurait atténuer cette qualification douteuse. Du moment que l’on parle de l’histoire de France produite sur le territoire national bien sur.)

Le principal, c’est de bien manger et de bien dormir. En cela Périgueux offre une vitrine d’une qualité remarquable et les médias locaux s’emploient du mieux qu’ils peuvent à le faire savoir, ou en tout cas à le communiquer. Mais quittons Périgueux et le clientélisme de quartiers.

:: Lait concentré ::
Au matin du 24 septembre 2009, (Sud Ouest 24/09/09) les 4 députés périgourdins ont trouvé des tas de fumiers devant leurs permanences. Signe de colère manifeste, sinon de dépit, de la part d’une profession et d’un mode de vie qui se sent sacrifié.

Ils préviennent, via la FDSEA et producteurs de lait, les représentants de l’Assemblée Nationale :

Toutes les filières agricoles du département sont en grande difficulté. Sans réponse concrète et rapide de nos députés, le mouvement va se durcir.

Le syndicat rajoute qu’il demande un « soutien inconditionnel » des élus pour relayer leur message.

Mais pour toute réponse, la députée PS Colette Langlade déclare que ces derniers se trompent, qu’ils se trompent de cible, la preuve :

Je suis avec eux, toujours près d’eux et je ne cesse de relayer leur message. Je suis donc un peu en colère car je pense que les agriculteurs auraient mieux fait de déposer le fumier aux portes des mairies UMP du département.

Comprenons par là qu’il eut été plus juste, ou plus efficace, selon la députée, de déposer le fumier aux portes de l’UMP. Comme devant celles de la mairie de Périgueux par exemple.
Non, enfin à peu de chose près en terme de système politique. Bref, en tant que députée, elle n’a aucune responsabilité, a fait tout ce qu’elle a pu et fait porter l’entière responsabilité de la situation à la formation politique qu’elle combat, (dont elle aimerait prendre la place).

:: Le lait et le fumier ::
L’engrais que forme le fumier, en état post digestif de notre bovidé le plus sincère, est donc aussi une économie politique à peu de frais. De même qu’il fertilise les champs, il inspire tout autant la communication politique de madame Colette Langlade.

Nul ne saurait départir l’hypocrisie de la pratique politique. Pourtant il y a du vrai dans ce que dit madame Langlade. N’a-t-elle pas le 26 mai 2009 alerté le ministre de l’agriculture et de la pêche « sur la situation extrêmement grave que connaissent les producteurs de lait français » ?
Si, c’est incontestable.

Mais justement, les producteurs de lait (ne sachant ignorer cette unique intervention) semblent demander davantage de mobilisation et d’activité publique que ne le laisse entendre une question écrite à l’Assemblée Nationale en mai 2009. Car si en cela madame la députée a épuisé la totalité de son action et de ses possibilités, c’est un peu court. Un peu court pour se targuer d’une représentativité efficace.

:: L’Europe la vache à lait à l’échine de porc ::
Par ailleurs, en répondant sur le fumier à déposer devant les mairies UMP, elle n’ignore pourtant pas la réponse qui lui fut faite par le ministre :

La réponse à ces difficultés est avant tout européenne.

Ah, revoilà ce mal français qui botte en touche européenne dès qu’il doit s’abstenir de ses responsabilités nationales. Ironie du sort, le 16 septembre 2009, Emmanuel Barroso, malgré un bilan dit « calamiteux », est réélu par 382 voix contre 219 et 117 abstentions. Contrairement à leurs engagements de campagne, les socialistes européens s’abstiennent, et c’est avec leur complicité que ce « néolibéral atlantiste » est reconduit pour un nouveau mandat.

Nous sommes déjà loin des mairies UMP devant recueillir le fumier injustement destiné selon madame la députée. Et si l’on entend bien selon la formule consacrée que le racisme consiste à se tromper de colère, cela n’est pas si évident pour les producteurs de lait de la Dordogne. La députée n’y est pour rien et a déjà fait tout ce qui était en son pouvoir en somme. Idem pour le gouvernement français dans la réponse du ministre. Tout incombe à l’Europe, comme si l’on parlait d’un Conseil de l’Union européenne et d’un Parlement européen que la France subirait passivement comme un Etat colonisé.

:: La Noiraude et son docteur ::
Elle fait tout ce qu’elle peut nous dit-elle en guise d’ultime sacerdoce rural ?
On la croit sur parole mais nous n’en voyons pourtant toutes les traces. Déjà, en terme d’activité parlementaire.

En voici le graphique pour témoin

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Questions au gouvernement

• 7 juillet 2009 : Fermeture par albany international du site de ribérac
• 31 mars 2009 : Stock-options
• 24 mars 2009 : Situation de l’hôpital à wallis-et-futuna
• 7 janvier 2009 : Projet de loi de finances rectificative pour 2009
• 24 juin 2008 : Perspectives du fret ferroviaire en dordogne

Questions écrites

• 30 juin 2009 : Ministère de l’Alimentation (retraites)
• 30 juin 2009 : Ministère du Budget
• 23 juin 2009 : Ministère de l’Agriculture (commerce et artisanat)
• 23 juin 2009 : Ministère du Commerce (entreprises)
• 9 juin 2009 : Ministère de l’Éducation (enseignement)

Derniers dossiers

• Dérogations au repos dominical (10 interventions)
• Développement et modernisation des services touristiques (5 interventions)
• Projet de loi de finances rectificative pour 2009 (3 interventions)
• Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 (2 interventions)
• Revenus du travail (2 interventions)

Les amendements ? C’est par là
Confirmant les informations fournies par le site Nosdéputés.fr, le site de l’Assemblée Nationale ne montre pas un travail particulier sur la question. Le bilan de la députée en faveur de son activité parlementaire comme de son engagement pour la filière du lait est loin d’être si patent qu’elle ne l’affirme. Dans le cadre de son activité parlementaire, au 15 avril 2009, elle se classait 153ème sur 557 parmi les députés les moins actifs. Sur le plan départemental, elle se place haut la main en tête de cette inactivité. Visiblement il y a eu un rebond cet été pendant les vacances.

Notez, un député, c’est comme ils le disent dans l’obsession de la proximité, du terrain du terrain du terrain. Comme le 19 septembre à la Fête de la Rose périgourdine, aussi.

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Crédit photo:  colettelanglade.fr

 Un sénateur président d’EPCI, deux députés, un président de Région lancés dans une vaste opération de terrain.

:: La trop facile conclusion du lait sur le feu ::
Il reste donc trois possibilités.
Ou bien c’est un dossier qu’elle suit dans les couloirs et on ne le voit pas. Façon étonnante alors d’exercer le mandat comme un lobbyiste. Ou bien elle ne s’était pas penché sur le dossier avant qu’il n’explose, ce qui, en zone rurale, n’est pas un signe remarquable d’anticipation, (hormis en mai 2009 pour la question).
Ou bien la proximité affichée au banquet des chasseurs ne suffit pas à en faire une représentante acharnée une fois introduite dans les ors parisiens.

On peut donc croire sur parole madame la députée quand elle déclare en communiquant :

La vie est pour moi un formidable terrain d’action

Mais l’action se suffit elle à elle-même en dehors de ses causes et de ses fins ?

Car si causes et fins ne se réduisent qu’à un clivage politique, par lequel tout ce qui provient et tout ce qui advient s’explique par un affrontement binaire, répétitif et systématique, idéologique et communicationnel, alors, la réalité complexe ne se divise qu’en deux couleurs, en noir et blanc.

La députée plaide l’irresponsabilité parlementaire et accuse l’UMP, (les mairies UMP plus précisément). Comme si les agriculteurs s’adressaient à un parti politique et non aux représentants du peuple et aux institutions. Ce qu’ils ont fait savoir d’ailleurs le lendemain 25 septembre (SO):

Nous avons besoin des instances nationale et européenne mais aussi des élus du département 

D’ailleurs finement, le quotidien place cette réponse des agriculteurs gersois s’adressant aux conseillers généraux comme réponse aux déclarations de la veille:

Il ne suffit pas d’adresser des courriers au gouvernement pour faire changer les choses, nous attendions et nous attendons toujours de vous que vous mouillez la chemise.

Ah ben non elle sort du pressing.

Et franchement: « C’est pas moi c’est sa faute à lui« . Pour que lui puisse dire « C’est pas moi c’est son eurofaute« …

Et on dit Bravo ! avec les deux fesses !