Ecoblanchiment et lol écologie

Un problème avec une antenne relai au-dessus de votre salon ? Bientôt peut-être la mairie de Périgueux proposera un Numéro Vert. Les effets du vote du 28 septembre (lire La crèche des Antennes) sur le contrôle des radiofréquences périgourdines sont fulgurants.

Non pour les antennes existantes, moins encore pour les populations qui s’en plaignent, mais pour les débats. Les futurs débats sur les futures implantations. Bref, une opération d’écoblanchiment ((blanchiment vert)) rondement menée.

Une note interne à haut débit de parole

Depuis le 30 septembre, une note interne structure la commission extra municipale chargée de l’électorat écologiste. Que les opérateurs de téléphonie mobile se rassurent, personne ne touchera aux installations existantes.

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Cela étant, il serait bien vu par la commission et par extension le maire, qu’un opérateur fasse une demande d’installation d’antenne avant 2014 (année électorale) afin de montrer toute l’efficacité écologiste de ses vertueux représentants.

Car la création de cette commission répond particulièrement à l’incident qui a vu l’installation d’une antenne relai à une petite centaine de mètres de la crèche des Arènes il y quelques mois. Un accroc majeur pour des élus se prétendant écologistes. Voilà donc sortis le fil et l’aiguille.

Le maire repeint les antennes relais en vert

Cette commission restera dans les annales. Non par sa mission (elle découle des préconisations européennes), mais par son opportunité, son opportunisme précisément.

Le maire affiche son engagement (ou plutôt l’inverse) :

Comme demandé par Monsieur le Maire et une fois le travail de la commission commencé, nous prendrons un arrêté municipal d’interdiction de nouvelles antennes à proximité des établissements scolaires.

C’est là toute la logique de l’écoblanchiment.

  • On commence par autoriser une antenne relai à proximité d’un établissement scolaire (fin 2009).
  • Ensuite on se plaint de ne pouvoir rien y faire (courant 2010).
  • Enfin, face à d’hypothétiques demandes mais de réels besoins électoraux, on s’engage contre de futures demandes du même type (fin 2010).

Ainsi les intentions étalées pour le futur ne touchent en rien les problèmes présents.

Ils avaient oublié de sensibiliser le maire aux méfaits…

La municipalité, la même qui hier autorisait l’antenne au-dessus d’une crèche, se lance maintenant dans des « actions de sensibilisations auprès du grand public et des scolaires afin de les sensibiliser aux méfaits des ondes électromagnétiques« .

A un an d’intervalle, avant l’installation de l’antenne de la crèche, était-ce si absurde de commencer par sensibiliser le maire aux « méfaits des ondes électromagnétiques« ?

Cet enjeu sanitaire soudainement si important a donc été négligé jusque là. Car c’est bien le maire aujourd’hui qui assume officiellement face à la crèche des Arènes, que « l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour« .

La légèreté avec laquelle on installe un jour une antenne relai près d’une crèche, pour le lendemain en dénoncer la « nocivité éventuelle » au point de vouloir interdire que cela ne se reproduise, est simplement sidérante à ce niveau de responsabilité.

Interpellé le 11 janvier 2010 sur la question, Michel Moyrand répondait: « Le plus dangereux pour la santé n’est pas l’antenne mais l’appareil téléphonique« . Les actuelles déclarations montrent que pour lui tel n’est plus le cas, ou qu’à minima, le « moins dangereux » nécessite d’importants contrôles sanitaires et un arrêté d’interdiction.

C’est donc en toute méconnaissance du sujet que le maire avait pris sous sa responsabilité l’antenne relai de la crèche. Et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il mesure la portée, comme il le dit, des « méfaits des ondes électromagnétiques« .

La LOL Ecologie et conséquences politiques

Sur leur blog, les élu(e)s de Périgueux Ecologie « se félicitent« .  D’abord tenus au secret par le maire, puis officiellement désavoués dans leurs demandes de démantèlement, ils obtiennent de précieuses miettes politiques avec lesquelles ils nourriront toute la cantine.

Comble du cynisme, le collectif Anten est inscrit à la commission municipale. On pourra espérer leur faire oublier leur propre antenne en parlant de celles des autres.

Ecoblanchir, c’est tout un art. Il faut également afficher son auto-satisfaction et promouvoir son image: « Les élus prennent leurs responsabilités aux opérateurs de prendre les leurs« .

Les propriétaires de l’antenne relai de la crèche doivent se rassurer de cette LOL Ecologie.

Au fond la situation reste gênante. Périgueux Ecologie, en faisant adopter ces dispositions, fait avouer ses négligences et ses contradictions à Michel Moyrand.

Cette partie de la majorité municipale apporte aujourd’hui la preuve de l’inconsistance manifeste de son leader sur un dossier aussi important que les radiofréquences et leurs risques sanitaires.

Est-ce vraiment une victoire politique ?

La crèche des Arènes rebaptisée la crèche des Antennes

Le dernier conseil municipal a vu la création d’une nouvelle commission extra municipale pour la surveillance du droit à l’implantation d’antennes relais de téléphonie mobile.

La municipalité a donc voté une proposition du collectif Priartem ((Cf. L’antenne de Périgueux)) qui devrait offrir plus de concertation et de visibilité sur le problème de la répartition et l’intensité des radiofréquences.

Un revirement étonnant, puisqu’il y a moins d’un an, le maire de Périgueux autorisait la mise en service d’une antenne relai à 100 mètres d’une crèche. Il en reconnait aujourd’hui la nocivité éventuelle, mais sans remettre en cause sa présence.

Retour sur le slalom de Michel Moyrand, qui déclarait sur France Bleu Périgord, ne l’oublions jamais : « Je suis écologique au quotidien depuis ma plus tendre enfance« .

>Campagne association www.caritas.de

La délibération pour une commission sur les antennes relais

La délibération s’interroge sur les « inquiétudes diverses portant notamment sur leurs possibles impacts sanitaires ».

Et qu’en l’état des connaissances, la ville de Périgueux soulève qu’« il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences ».

Subsistant des doutes en l’absence de certitude véritable, le maire créer donc une commission qui sera composée d’associations, de techniciens et d’élus et qui sera chargée de délivrer un avis consultatif pour toute nouvelle demande d’implantation.

Face à ces incertitudes scientifiques et l’inquiétude de la population, le maire prévoit donc, à partir de 2010, « d’éviter l’installation de nouvelles antennes à moins de 100m d’équipements scolaires ». Tant pis pour les Arènes.

D’abord on pose l’antenne, après on soulève sa dangerosité

On peut s’étonner de ce que la municipalité a d’abord implanté une antenne relai près d’une crèche en 2009, pour en 2010 prévoir leur possible interdiction sur les motifs ci-après: nocivité éventuelle, inquiétudes, risque sanitaire, etc.

A l’époque, le maire avait fait installer l’antenne en pleine nuit, cachée dans une fausse cheminée, pour mieux la dissimuler aux habitants. Pas vu pas pris. Opération camouflage ratée, puisque des citoyens avisés ont constitué le Collectif Anten contre la discrète installation.

Le maire s’était alors abrité derrière la législation, il se disait « prisonnier de l’urbanisme » ((Sud Ouest 21/01/2010)) pour justifier son impuissance.

Impuissance relative si l’on observe les préconisations européennes ((Résolution du Parlement européen du 2 avril 2009 sur les préoccupations quant aux effets pour la santé des champs électromagnétiques)) ou la récente jurisprudence ((Cour d’appel de Versailles 04/02/09)).

Très relative encore en considérant la Constitution et le principe de précaution ((Loi du 01/03/2005)) ou même les obligations d’un maire en matière de salubrité publique (( CGCT L 22-12-2)).

Plus que relative même quand on voit certains maires fermer une école par précaution ((Maire de Château-Thierry)) ou éditer un arrêté municipal prohibant ce type d’implantation près des établissements scolaires.

La piqure de rappel de Périgueux Ecologie

Problème pour la majorité municipale, une partie de son programme politique ((Périgueux Autrement – 2008)) était expressément écologiste : « Aujourd’hui une municipalité a le devoir de mettre en œuvre une politique écologique exigeante et efficace ».

Alors que Périgueux Ecologie organisait une offensive contre l’antenne relai de Gay-Lussac ((Antennes-relais: le double discours de l’UMP)) fustigeant ainsi les errements de la droite, dans son dos, en parallèle, Michel Moyrand faisait installer une nouvelle antenne en toute discrétion, à quelques dizaines de mètre d’enfants en bas âge.

Par conviction et nécessité face au discrédit s’amplifiant , les Verts périgourdins prenaient alors fermement position contre la méthode du maire. Ils soutinrent le collectif Anten/Priartem en demandant « le démontage de l’antenne » de la crèche des Arènes et en dénonçant globalement « l’implantation anarchique et le fonctionnement des antennes-relais dans la ville ».

Excepté pour les enfants de la crèche des Arènes, c’est une véritable victoire politique pour les écologistes périgourdins. Les plus maltraités de la majorité municipale sont paradoxalement ceux qui aujourd’hui sont en mouvement; en phase avec les enjeux actuels.

A contratio Périgueux Ecologie semble justifier auprès de ses supporters une certaine impuissance politique aussi, une impuissance à agir contre une antenne au-dessus de la tête des gosses, avec une commission qui démontre l’esquive du problème présent pour vendre bon marché du conditionnel équitable.

Michel Moyrand sort sa calculette et repense à son électorat écolo

On peut supposer que les Verts ont rappelé au maire de Périgueux que sans eux, point de victoire. Que par ailleurs, on ne saurait mépriser ses promesses (environnementales) sans conséquences.

Aussi Michel Moyrand s’est aperçu, peut-être, qu’il ne pouvait trahir l’électorat écologiste tout en espérant son soutien en 2014. La ligne aérienne est déjà un retournement de veste symptomatique de la valeur des engagements.

En somme semble-t-il dire aujourd’hui à l’électorat écolo :

Je vous ai trahi en installant une antenne relai dans votre dos, on ne fera rien contre son implantation, mais promis à l’avenir, j’écouterais votre avis.

Subtil, le maire connait son Clemenceau : « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission ». C’est chose faite.

Les Verts retrouvent ainsi leurs couleurs et leurs engagements et Michel Moyrand pourra faire briller ses promesses écolo. Ainsi passe par pertes et profits politiques l’antenne relai de la crèche des Arènes. Et le tour est joué.

La crèche des Arènes, laboratoire à ciel ouvert

De son côté, l’opposition n’a pas pu constater de différence entre ses anciennes méthodes et celle de Michel Moyrand jusqu’à aujourd’hui. En conséquence, elle observait placidement cet étrange problème, plus concentrée sur la vidéo surveillance, chacun ses intérêts pour les TIC.

Qui plus est, ce n’est pas un thème politique très en vogue à droite, étant donné l’impact à très faible voltage du grenelle des ondes. Soyons clairs, la droite attend davantage pour les prochaines élections d’un  grenelle des sondes.

Bref, à gauche à droite au centre, rouge, vert, bleu, rose ce qu’on voudra, la crèche des Arènes fait office de laboratoire d’expérimentation à durée indéterminée. Leur sort est scellé par cette délibération qui déclare d’emblée son incompétence rétroactive et entérine ainsi l’idée :

Oublions le passé et n’insultons pas l’avenir.

Pour rester optimiste, si la crèche des Arènes essuie les plâtres des engagements écologistes de Michel Moyrand, Périgueux Ecologie a réussi à imposer davantage de vigilance pour l’avenir.

Aux bambins des Arènes on dira : « t’as pas eu de bol, c’est comme ça, y avait pas de commission donc pas de risque sanitaire ».

A ceux des autres écoles on pourra dire : « on ne laissera pas s’implanter cet équipement car, comme le précise expressément la délibération : l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour« .

Cette initiation à la politique sera offerte par la mairie de Périgueux à tous les enfants des crèches et écoles municipales.

Périgueux: à 100 mètres de la crèche l’antenne relai est un succès

A Périgueux, la récente installation d’une antenne relai (novembre 2009) en centre ville laisse aujourd’hui planer quelques questions. Installée en catimini et destinée à le demeurer puisqu’elle était dissimulée, l’antenne a été découverte fortuitement par les habitants, soigneusement tenus à l’écart jusque là.

Faisant suite, un collectif s’est formé, le collectif Antenn, pour prévenir le maire de ses inquiétudes. Car cette antenne relai pour téléphonie mobile est située à moins de 100 mètres d’une crèche. Blog, articles de presse, pétition, groupe Facebook, ce collectif s’est fait entendre.

Conséquence, le maire a répondu par une demande de mesures imprévues à l’origine (du champ électromagnétique) à l’opérateur. Or il est déjà acquis que ces mesures (prévues pour le 08 mars 2010) correspondront aux normes règlementaires, qui ne feront que justifier la légalité de cette déclaration préalable octroyée par le maire. Ce n’est pas sur ce terrain là que le problème se pose.

:: L’ambiguité du collectif Antenn ::

Il est étonnant de voir aujourd’hui ce collectif se contenter de telles mesures; on ne peut y croire. Leur récente déclaration dans la presse est pour le moins optimiste dans leur forme interrogative. Pour tout dire, on la croirait presque politique. Le lundi 1er mars 2010, Mariette Lavigne, du Collectif Antenn, déclarait :

C’est bien que la mairie se soit saisi de ce dossier, mais est-ce qu’elle va prendre des décisions contre cette antenne, au nom du principe de précaution ? Nous ne savons pas.

La mairie n’a pas saisi ce dossier suite aux demandes du collectif Antenn en janvier 2010. La mairie a été saisie du dossier à l’automne 2008, lors de la demande d’autorisation de construire. Rien ne lui avait alors posé de problème. Elle a accordé cette autorisation sans la moindre question ni demande particulière concernant l’impact de l’ouvrage sur la santé publique. A aucun moment elle a considéré que la population devait en être informée. Et ce n’est qu’à la demande des habitants que la mairie s’est manifestée auprès de l’opérateur (en janvier 2010) pour des informations complémentaires.

Au nom du principe de précaution ? Pas vraiment. Le principe de précaution suppose nécessairement une anticipation. En accordant l’autorisation de construire, la mairie ne s’est pas placée sous le principe de précaution. Au contraire, elle a considéré qu’il ne valait pas d’être appliqué en l’espèce.

:: Politique en eau trouble ::

Or en avril 2009 Moyrand (le maire) devait déjà être prévenu du rapport du Parlement européen (Courrier des maires):

Ce rapport préconise une distance minimale entre les antennes relais et certains établissements « sensibles », comme les crèches, les écoles, les maisons de repos et les établissements de santé. Il insiste également sur la question de l’information des citoyens…

Pourquoi? C’est simple poursuit le Courrier des maires:

Enfin, Le Parlement invite à « procéder à la révision des limites fixées pour les champs électromagnétiques (…) et ce d’autant plus que certaines études ont révélés que de très faibles rayonnements ont des effets très néfastes ». Il reconnait que neuf Etats membres au niveau national ou régional ont déjà adopté des normes de protection plus sévères (la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche et la Bulgarie, entre autres).

Lorsqu’un maire entend s’appuyer sur le principe de précaution, c’est pour bloquer ce genre de projet à titre préventif. Que se passe-t-il alors ? Il mobilise et informe la population, se fonde sur les préconisations européennes, alerte les associations, s’appuie sur la jurisprudence récente et n’hésite pas s’il le faut, à fermer l’établissement public sujet à précautions. Bref, le maire n’est pas « prisonnier » de ces règles d’urbanisme comme s’en défend avec veulerie le maire de Périgueux (Sud Ouest avait complaisamment relayé cette version pour Playmobil en janvier 2010).

Mieux, en décembre 2008, quand Moyrand signait sans sourciller l’autorisation de construire, le conseil municipal de Valence, à l’unanimité prenait un arrêté interdisant les antennes relais à proximité des écoles. Voici l’argumentaire de l’adjointe au maire de Valence, Michèle Rivasi:

D’abord, par le rapport scientifique « Bio initiative » qui prouve les dangers des champs électro-magnétiques notamment sur le système nerveux. Deux : une résolution du parlement européen qui demande la réduction des normes. Trois, le principe de précaution. Et enfin, je vais argumenter sur le fait que le nombre de collectifs qui se créent pourraient troubler à terme l’ordre public.

Voilà ce que cela donne quand un maire concrétise sa volonté politique en ne se cachant pas derrière des prétextes fallacieux:

Par exemple enfin, le maire de Périgueux est tellement « prisonnier des règles » qu’il aurait pu participer à l’opération pilote pour tester l’abaissement de l’exposition aux ondes. L’appel à candidature date de septembre 2009 et pas de danger, le président est un député socialiste. Cela n’aura pas suffit, mieux vaut se dire impuissant qu’eunuque, ça laisse toujours un espoir.

Ce n’est pas non plus le Code de l’urbanisme qui lui interdisait d’informer la population, non?

C’est donc avec une ironie consternante que le maire relate aujourd’hui dans Dordogne Libre (04/03/10) la pétition contre l’antenne relai de Gay Lussac, sans faire mention de celle du collectif Antenn:

Rue Gay-Lussac, les gens ont demandé que des mesures soient réalisées. Elles ont été faites et on a transmis les résultats.

:: Des antennes relais politiquement instrumentalisées ::

D’un côté les Verts, au sein de la majorité municipale, ont fait preuve de ténacité en dénonçant l’installation de l’antenne Gay-Lussac, installée par « l’irresponsable » municipalité précédente, de droite. Mais de l’autre côté, ces mêmes Verts sont bien plus discrets, voire atones, sur cette nouvelle antenne relai, installée par leur propre majorité. Dans les deux cas ce traitement différencié peut surprendre. Une alerte publique et tonitruante pour l’une et un grand silence révérencieux pour l’autre.

Il ne saurait y avoir une « antenne de droite », qui sert à conspuer l’adversaire et une « antenne de gauche » légitime, car installée par les alliés politiques. A l’inverse, s’inscrire contre cette antenne relai placerait les Verts dans une forme d’opposition, d’où peut-être leur mutisme. Difficile dans ces conditions de faire de la politique au nom de l’écologie, mais rassurant de faire de l’écologie au nom de la politique. 

Pire, l’instrumentalisation politique d’un problème de santé publique témoigne d’une dérive des responsables locaux. Passe encore qu’ils justifient leur gabegies budgétaires par celles de leurs prédécesseurs pour dissimuler leur frivolité (+62% au budget de la CCI). Personne n’est dupe. Mais là on touche à la santé des individus et a fortiori d’enfants en bas âge. C’est exécrable et ça sent tout comme.

:: Quel est le bilan provisoire sur ce dossier en attendant des mesures ? ::

Politiquement la majorité fait bloc au détriment du reste, la solidarité municipale joue à plein. Le maire a refusé l’application du principe de précaution, ce qui est loin d’être l’orientation de beaucoup d’autre maires (dont certains n’instrumentalisent pas la réglementation pour justifier leur immobilisme). Les Verts, surpris par cette autorisation, sont contraints à la compromission au détriment de leurs engagements. La droite de son côté est disqualifiée pour se porter à la rescousse du principe de précaution, dénigré par les orientations gouvernementales, (le Grenelle des ondes ayant accouché d’une souris).

Pour sa part, le collectif n’apparait que relativement soutenu, suite peut-être à une stratégie en apparence très policée (la gentille question au gentil maire fera sourire le gentil opérateur). Quelle pression! C’est là encore loin d’être la tendance générale. On sait très bien que les opérateurs sont rompus au rapport de force et qu’ils maîtrisent leurs dossiers. Ils ne peuvent qu’être satisfaits des demandes périgourdines, qu’elles proviennent des habitants ou du maire. Elles sont en l’état l’assurance de la pérennité de l’antenne. Cette partition ils la connaissent par cœur.

Pour l’heure tout va bien. L’antenne a été autorisée et elle fonctionne. Ce dossier est visiblement trop loin de l’échéance électorale (municipale) pour avoir le poids qui lui revient. Car en attendant, à 100 mètres de là, les bambins courent gaiement.

Où l’on s’embarque pour des années à négocier platement à coup de contrainte de couverture du territoire, d’égalité de la concurrence  et de consommation de communications, où l’on dit NON maintenant. Certes avec un effet juridique et politique non neutre mais rejoignant un mouvement vaste et organisé. Ce sera difficile, car Moyrand s’est positionné depuis l’origine dans le camp de l’opérateur au détriment des habitants. Mais c’est loin d’être impossible, car un politicien a en général une veste adaptée à ses intérêts.

#RégionalesAquitaine2010 / Twitter: un 2.0 en forme de 0.2 beta test

Depuis le mois de décembre, nous observons comment les candidats aux régionales d’Aquitaine communiquent sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, ces outils ont été intégrés à leur stratégie de communication. Rappel: le principal objectif est de gagner des électeurs. A défaut il s’agit de ne pas en perdre ou de donner l’image d’un candidat déphasé. Dès qu’il y en a un cela devient quasiment une contrainte pour les autres d’y aller aussi. Et c’est comme les auvergnats, tant qu’il y en a un ça va…

Le 14 février, Hervé Pargue a mis en ligne sur pargatruk.com une étude des sites web PS et UMP ainsi que quelques observations acerbes concernant leur présence sur les réseaux sociaux. Il leur prodigue finalement quelques conseils que les candidats ne devraient pas manquer.

Sa conclusion est sans appel :

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres. Sans réfléchir, surtout, à une stratégie innovante d’utilisation des plateformes. Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique.

Il faut insister sur le fait que les candidats auront fait les 2/3 de la campagne électorale sans avoir mis à disposition leur programme politique. Ce dernier apparait ainsi comme second dans les priorités de communication, alors que pourtant, il est le socle même sur lequel est censé s’appuyer le choix électoral. Signe des temps, on aura eu toutes les dates jusqu’au moindre rendez-vous sur le marché de Levignacq, mais il aura fallu attendre les dernières semaines pour découvrir leurs projets.

Pour ce qui nous concerne, nous observerons ici plus en détail les candidats aquitains sur Twitter durant le mois de février. Où en sont-ils ? Comment progressent-ils ? Comment communiquent-ils ? Bref, comment intègrent-ils l’outil à leur stratégie de communication au fur et à mesure de la campagne ?

:: La présence des candidats ::
Au crible de SiteVolume il est possible de voir combien de fois un terme a été utilisé. Le nom des candidats existe apparemment dans un circuit assez intimiste. La comparaison avec le nom de Xavier Darcos en tant ministre est assez intéressante.

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On peut noter le contraste entre Jean Lassalle pour le Modem (?) et Monique de Marco pour Europe Ecologie. La visibilité de cette dernière sur le réseau est quasi nulle. Est-ce un déficit d’image ou bien est-ce parce qu’EE fait une campagne collective au contraire des autres candidats qui misent tout sur leur nom propre ?

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:: L’évolution du nombre d’abonnés ::

Il serait faible de dire que les courbes ne sont pas flatteuses. En nombre d’abonnés (200) le PS devance largement ses concurrents, bien qu’il demeure relativement confiné. L’UMP avec 44 abonnés est actif (162 tweets) mais souffre de s’être lancé sur Twitter à la fin du mois de janvier.
Ce qui peut paraitre étonnant (à première vue) est la stagnation (70 abonnés) d’EE durant tout le mois de février. Ce n’est pourtant pas faute de communiquer (90 messages). Sur ce point nous étions dans l’erreur la dernière fois en supposant que le Modem serait derrière EE au regard des contenus envoyés (99 abonnés), des liens FB sans commentaires. Les principales données via TwitterCounter:

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Enfin il faut minorer encore le nombre d’abonnés qui semblent réellement suivre un candidat. Une part non négligeable les suit tous, visiblement par curiosité ou en tant qu’observateur. Proportion non négligeable, une trentaine en tout suit plusieurs candidats à la fois (Twiangulate).

:: La méthode et l’usage de l’outil ::

A juste titre, le relatif échec rencontré par les candidats provient de leur usage de l’outil. Un classique Top/Down servant essentiellement d’agenda et de relai pour des liens Facebook. On note quelques efforts dans la manière de s’exprimer, mais hors d’un usage complet des fonctionnalités possibles. Peu ou pas de Retweets, de Htags et de Reply. Les statistiques ci-dessous permettent de mesurer la très faible utilisation de ces fonctionnalités (sur un échantillon de 50 tweets) et leur résonnance sur le réseau (Tweetreach).

Deux repères et deux comptes bien utilisés pour comparer. Anne Hidalgo (3540 folowers) et Nathalie Kosciusko-Morizet (40 232 followers).

Anne Hidalgo

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Nathalie Kosciusko-Morizet

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Monique de Marco

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Alain Rousset

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Xavier Darcos

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Jean Lassalle

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L’absence d’utilisation des ces fonctionnalités est directement corrélée au niveau d’interaction sur le réseau. Plus les interactions sont faibles, plus les probabilités de rencontrer des abonnés baissent. Évidemment cela comprend des exceptions. On ne saurait mesurer ces principes à la présence du Dalaï-lama qui totalise plus de 132 000 abonnés depuis le 11 février 2010…

:: Followers/Following ::

Dans un réseau essentiellement horizontal, cette communication académique ne rencontre pas le succès, car les candidats ne rencontrent pas les utilisateurs. Leur statut de candidat à une élection locale est largement insuffisant pour générer un intérêt de masse traduit en nombre d’abonnés. Configuration classique donc, moins il y a de following, moins il y a de followers. Là encore cette règle n’est pas intangible, mais s’applique aux candidats aquitains avec une certaine sévérité.

Le désintérêt que les candidats manifestent pour les autres utilisateurs se traduit par une indifférence réciproque :

Monique de Marco: 13 following / 70 followers (créé le 05/01/10)

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Jean Lassalle: 66 following / 100 followers (créé le 07/01/10)

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Xavier Darcos: 12 following / 44 followers (créé le 29/01/10)

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Alain Rousset: 55 following / 199 followers (créé le 11/09/09)

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Ce « twittocentrisme » n’est pas l’unique cause de l’indifférence que ces candidats suscitent globalement mais en fait certainement partie. Truisme visiblement non intégré au niveau de la stratégie de communication, dans « réseau social », il y a « réseau » et il y a « social ». Les candidats ne s’intéressant qu’à eux-mêmes, ils demeurent seuls ou presque, isolés en tout cas, dans une communication à sens unique.

Nous tirerons le bilan de cette campagne après les élections. Pour l’heure et malgré quelques efforts dans certains cas, il semblerait qu’il n’y ait ni méthode ni objectif précis. Autrement dit on présume une absence de stratégie visant ce réseau social, ce qui laisse dubitatif quant au concept même de communication politique en période électorale.

:: Innovation du mois: QR Code ::

Le mois de janvier était pour le PS avec la proposition d’une application Iphone pour la campagne. Mais le mois de février a vu la réponse de l’UMP qui modifié son site en profondeur. Il n’y avait que des bonnes raisons à cela, a fortiori avec le candidat Modem qui en avait proposé un clone.

Dernière touche en date, la tête de liste pour la Dordogne, Jérôme Peyrat, vient de se mettre au QR code. Sur l’affiche ci-dessous, le candidat code un message mais lequel ?

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Sauf erreur, ce n’est ni plus ni moins que l’adresse du site de campagne. Et oui, tout ça pour ça. Pour mémoire, ce type de cryptage en deux dimensions permet d’intégrer plus de 7000 caractères, permettant de compresser des informations déchiffrables avec un mobile par exemple. En terme de décoration pour fournir une URL, ça reste hésitant.

:: Coup de chapeau ::

Il faut noter localement le travail accompli par des étudiants en journalisme de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) qu’on peut suivre via leur compte Twitter. Ils apportent des infos qu’il n’y a pas ailleurs (en suivant meetings et réunions) dans un style incisif et souvent plein d’humour. C’est l’autre regard sur la campagne, pertinent, frais, impertinent.

Extrait :

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Allez, on espère que le niveau d’abstention ne ressemblera pas à ça. Rendez-vous au mois d’avril pour le bilan définitif de ces candidats sur Twitter qui restent pour l’instant bien twittocentrés.

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Périgueux Ecologie, antenne relai de l’UMP

Une situation compliquée voit le jour à Périgueux, révélant encore toute la difficulté de la majorité municipale à perdurer. Le contexte électoral pour la Région Aquitaine révèle toute l’ambigüité des Verts au sein de cette majorité municipale qu’ils combattent parallèlement au niveau régional.

Nous aborderons ici premièrement la position du maire de Périgueux (en passe de devenir légendaire) et deuxièmement Périgueux Ecologie, en concurrence avec l’UMP pour être la première force d’opposition.

:: Le théâtre des opérations ::
Le déclencheur de cette division, après avoir été il y a peu le sujet de l’aéroport, est maintenant l’installation d’une antenne relai. Voici les faits (Sud Ouest 21 janvier 2010).

Le maire a octroyé une autorisation de construire en décembre 2008 pour l’implantation d’une antenne relai pour le compte de la société Orange, sur le toit d’un hôtel en centre ville. Les travaux ont débuté en novembre 2009.
Le 19 janvier 2010, le collectif Anten s’est formé en même temps qu’il écrivait à la mairie une lettre ouverte et posant les questions suivantes :

Quelles vérifications ont été faites ? Quelle est l’intensité des ondes émises à différents moments de la journée ? Quelles sont les raisons qui ont présidé au choix de cet emplacement ?

Principalement, le collectif met en garde sur le fait que cette antenne relai se situe à moins de 100 mètres d’une crèche municipale et que dès le mois de décembre, des migraines seraient apparues.

Par lettre du 21 janvier 2010, le maire répond qu’il va demander à la société France Télécom UPRSO des mesures de champs électromagnétiques sur les sites susceptibles d’être concernés :

C’est pourquoi nous avons saisi l’opérateur de téléphonie mobile à qui appartient cette antenne afin qu’il fasse réaliser, dès la mise en route de l’antenne des mesures des champs électromagnétiques…

:: Remarques  ::
Dans l’article de Sud Ouest du 21 janvier, il ne semble faire aucun doute que l’antenne est déjà en fonctionnement. A moins que les migraines soient fantasmées et les informations du quotidien erronées, le maire ignore encore, le 21 janvier, que les mesures auraient déjà dû commencer.

D’autre part, pour que ces mesures soient demandées par la mairie, il aura fallu attendre qu’un collectif se forme, publie une lettre ouverte, produise une pétition et un site internet. De plus, la population n’a été prévenue en rien de cette installation, elle a même été camouflée par une fausse cheminée. Enfin, c’est le collectif lui-même qui est contraint d’informer le public sur la règlementation en vigueur, ainsi que la cartographie des antennes relais éditée par l’Agence Nationale des Fréquences.

Pendant un an, entre décembre 2008 (permis de construire) et décembre 2009, la mairie n’a pas jugé bon d’informer la population sur ce sujet. Et là où le maire est interpellé sur un problème de santé publique qui atteint potentiellement des enfants en bas âge, il se voit pour sa part : « soucieux du bien être des habitants ». Le souci dont il témoigne n’est jamais qu’une obligation légale concernant la salubrité qui fait partie de l’ordre public dont il est responsable.

:: Michel Moyrand et la loi ::
Sud Ouest ose ce titre « Prisonniers de l’urbanisme », qui revient à subversivement insinuer que la loi emprisonne et entrave, pour décrire la situation du maire qui est dit « embarrassé » par la question car « prisonnier des règles ». Après tout ces règles ne viennent jamais que de lois votées au Parlement par des représentants issus du suffrage universel. Il n’y a plus qu’un pas pour prétendre que c’est la démocratie qui emprisonne.

Néanmoins, quand la loi dérange vraiment le maire de Périgueux, il sait en faire son affaire. La récente décision d’acheter les tribunes mobiles en est une bonne illustration. Sur le propre site de la mairie, il indique comment il va contourner le code des marchés publics pour esquiver les règles de mise en concurrence :

Pour des raisons juridiques liées aux procédures régissant les marchés publics, les gradins seront achetés en deux temps…

La récente création de l’association CLAP a également dû faire l’objet de diverses contorsions pour correspondre, peu ou proue, aux normes du Code Général des Collectivités Territoriales. Et enfin, il va sans dire que la non application de la loi du 20 août 2008 relative au droit d’accueil des élèves en période de grève est, incontestablement, un manquement à ses obligations légales.

Républicain quand ça l’arrange, il faudrait aujourd’hui le considérer « prisonnier » de la loi, ayant été contraint de délivrer le permis de construire. Si, en son âme et conscience, il avait été convaincu pour cette antenne relai située à moins de 100 mètres d’une crèche, de devoir appliquer le principe de précaution pour une raison de santé publique, il n’aurait simplement pas signé l’autorisation.

Et le juge administratif, même s’il avait annulé le refus de permis de construire, n’aurait pas pu le rendre valable pour autant. La procédure aurait dû repartir de zéro et le maire aurait gagné un temps infini, sans que pour autant le demandeur n’ait le droit d’ériger son antenne. Et cela le maire le sait très bien.

Mieux encore, lorsqu’ un maire est convaincu qu’il y a un risque quelconque, il ferme l’école. C’est le cas de la mairie de Château-Thierry, dans une situation analogue à celle de Périgueux. Pour sa part, l’élu a considéré, au nom du principe de précaution (Constitution – Charte de l’environnement), et selon les recommandations européennes sur les distances de sécurité entre une antenne relai et une école, qu’il devait temporairement fermer l’école visée.

Pour finir, la Cour d’appel de Versailles, par un jugement du 04 février 2009, a ordonné le démantèlement d’une antenne relai sur la commune de Tassin la Demi-lune (Jugement complet en pdf sur Robin des Toits). Il ne fait aucun doute que le maire aurait pu trouver là de sérieux arguments sur le fondement juridique du « trouble » dont il est le garant, ainsi que sur la valeur constitutionnelle rappelée du principe de précaution. Par exemple le considérant suivant:

Considérant qu’un trouble anormal de voisinage étant allégué, le respect des normes, la licéité de l’activité, son utilité pour la collectivité, ne suffisent pas à eux seuls à écarter l’existence d’un trouble.

La réalité est donc simple et devra être assumée comme telle par Michel Moyrand.
– Il n’a pas jugé utile d’appliquer le principe de précaution car il n’a entrevu aucun risque de santé publique dans cette opération.
– Il n’a cherché aucun moyen pour éviter l’implantation de cette antenne en délivrant le permis de construire sans condition.
– Il n’a en rien informé la population de la présence de l’antenne, il aura fallu attendre que la population se manifeste pour cela.
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:: L’antenne relai de la politique ::
L’opposition, en la personne de Philippe Cornet, a évidement donné son avis dans Sud Ouest précité :

À partir du moment où l’on ne connaît pas les incidences de ces antennes sur la santé, le devoir de précaution s’applique

La question est délicate pour l’UMP. Car c’est le gouvernement Sarkozy qui a décidé de ne pas appliquer le principe de précaution préconisé au niveau européen et permet via le Code de l’urbanisme d’implanter des antennes relais à proximité des écoles. En la matière, le gouvernement ne répond pas aux plus grandes précautions sur le sujet (préconisées par des rapports repris au niveau européen et par certains Etats)  et ce tout au bénéfice des lobbys de la télécommunication, dont on ne peut ignorer parmi eux, Bouygues, ami intime du Président de la République.

Ce paradoxe a été pointé du doigt par Périgueux Ecologie sur son site. Rappelons en préambule que Périgueux Ecologie, les Verts, ont fait liste commune avec le PS pour les élections municipales et qu’ils font partie de la majorité. Ils sont donc pleinement co-responsables des décisions municipales.

Périgueux Ecologie rappelle le précédent de Gay-Lussac et l’implication du conseiller municipal Olivier Demesure dans cette affaire. Interrogé par Dordogne Libre, le 28 octobre 2009 il répondait :

Des médecins et des scientifiques de toute l’Europe dénoncent les dangers des antennes relais sur la santé, commence Olivier Desmesure, de Périgueux-écologie. Il faut mettre en place des mesures de précautions, et avant cela, informer les gens, comme nous allons le faire avec ce débat public.

Aussi, Olivier Desmesure, conseiller municipal de la majorité, est convaincu du danger de ces installations, convaincu de devoir mettre en place des mesures de précautions, convaincu de devoir en informer la population.
En revanche, ces convictions s’arrêtent à Gay-Lussac, elle ne vont pas jusqu’à la crèche des Arènes et sa population environnante, qui n’a mérité ni information, ni précaution, hormis un cache sexe autour de l’antenne pour la planquer.

Périgueux Ecologie continue en citant la ministre de la santé, la Rose-Lyne Bachelot :

Pour moi, les risques du téléphone portable sont une question plus préoccupante que les antennes relais.[…] Sur les antennes relais, tous les éléments sanitaires à notre connaissance ne conduisent pas à s’inquiéter. » (Le Figaro du 23 avril 2009)

Conclusion des écologistes :

C’est une double absurdité.

Mais c’est aussi une façon de commenter les déclarations du maire de Périgueux (SO 21/01/10):

Le plus dangereux pour la santé n’est pas l’antenne mais l’appareil téléphonique.

Sur ce point, Michel Moyrand et le gouvernement ont la même position.

Périgueux Ecologie enfonce le clou :

Une fois de plus, les opérateurs de téléphonie mobile s’en sortent bien avec le soutien des amis de M. Cornet.

Au détail près que le permis de construire a été délivré par le maire, impliquant la coresponsabilité des écologistes dans cette situation, soutenant la position municipale qui est la même que celle du Ministère de la Santé.

Pour conclure, Périgueux Ecologie exulte :

Le groupe des élus Verts/Périgueux-Ecologie soutient la démarche du collectif Anten du quartier des Arènes à Périgueux.

Effectivement, nombre d’entre eux soutiennent le collectif sur Facebook. Ils en oublieraient presque qu’ils sont dans la majorité municipale et que le permis de construire est signé depuis décembre 2008. En plus d’un an, ils auraient pu informer la population en s’appuyant sur l’exemple de Gay-Lussac. Ils auraient pu aussi s’inscrire contre ce projet au nom des valeurs et des principes qu’ils défendent. Ils auraient pu lutter pour que s’applique le principe de précaution. Au titre de responsables de la majorité municipale, ils auraient pu agir et parler.

Mais dans cette affaire, le plus important pour eux fut de commenter avec indignation une phrase de l’opposition survenue le 21 janvier 2010. Voilà toute leur contribution à ce dossier.
Les 4 éco mousquetaires de la majorité qui avaient disparu pendant un an les voilà :

Fabrice MATHIVET
5 ème adjoint
délégué à la jeunesse, aux universités, à la vie associative, à la vie des quartiers
Elisabeth PATRIAT
10 ème adjointe
déléguée au développement durable, l’environnement, l’Agenda 21
Anabelle MANIOS
conseillère municipale
Olivier DESMESURE
conseiller municipal
délégué à l’eau,
rattaché au 10 ème adjoint
On les a retrouvé pour vous. Ils sont actuellement en campagne électorale contre le parti socialiste en Région Aquitaine.

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:: Conclusion ::
Les Verts n’ont toujours pas pris conscience qu’ils sont dans la majorité et qu’ils sont également co-responsables de ce permis de construire. Ils n’ont pas encore saisi qu’être élu s’accompagnait d’une responsabilité certaine, attendue dans l’action publique plutôt que dans les commentaires d’après match. C’est effectivement ambigu, puisqu’ils luttent actuellement contre le Parti Socialiste pour leurs prendre des sièges à la Région.

Dans leur maladresse, croyant lutter contre l’UMP, ils lui passent les plats. Car ce que dénoncent les Verts, notamment en s’alliant au collectif Anten, c’est la politique menée par Michel Moyrand. Ils en viennent à montrer que le maire de Périgueux et Roselyne Bachelot ont les mêmes vues sur les antennes relais.

Sous couvert d’égratigner Philippe Cornet, ils explosent Michel Moyrand.

Au final, en se comportant comme une frange de l’opposition et en se désolidarisant de la majorité, ils sont en train de rendre un fier service à la droite.

Sauf que jusqu’en 2014, ils sont responsables à part entière de l’action publique qu’ils sont en train de dénoncer.