Conseil municipal du 29 novembre: une chambre d’enregistrement

En avant pour un nouveau conseil, à Périgueux, le 29 novembre prochain, 18 heures pétantes.

Accrochez-vous, voici le programme des festivités

On nous demandera de valider :

  • les décisions modificatives du budget principal et du budget de l’aéroport
  • l’attribution de subventions à des associations
  • la programmation complémentaire 2011 du Contrat urbain de cohésion sociale
  • la demande (habituelle) d’agrément de l’irrécouvrabilité de certaines créances
  • d’autoriser l’exécution de certains dépenses d’investissement avant le vote du budget principal primitif 2012 et du budget de l’aéroport
  • Des avances sur subventions de fonctionnement aux associations
  • La validation du budget primitif annexe 2012 de l’eau et de l’assainissement
  • La participation financière à l’équilibre de la ligne aérienne Périgueux-Paris et l’autorisation de signer une convention de partenariat pour 2011
  • La cession d’un bien immobilier (61 rue Victor Hugo)
  • La Taxation d’office de la taxe de séjour
  • La création de tarifs pour la location des salles de la maison de quartier St Georges
  • La simplification des tarifs dans le cadre de la mission patrimoine
  • La fixation de la nouvelle taxe consécutive à la réforme de la fiscalité de l’urbanisme
  • Le compte rendu annuel à la collectivité de l’opération Ilot 53 de la SEMIPER (bilan 2010)
  • La résiliation à l’amiable de la convention de concession passée avec la SEMIPER pour la rénovation de ce même îlot 53.
  • L’autorisation d’occupation du domaine public au profit de la SAS Avenir pour l’implantation de panneaux publicitaires
  • L’actualisation du règlement des places, foires et marchés
  • L’autorisation de signer les marchés pour l’acquisition de matériel roulant : un véhicule neuf équipé d’un bras de levage, une balayeuse de voirie
  • La signature d’un avenant au marché de maîtrise d’œuvre passé le 7 avril 2011 avec le groupement SEGURA/DUGUET/INTECH ESI CONCEPT concernant l’aménagement du futur hôtel de ville
  • L’avenant n° 1 au contrat de délégation de service public pour la production et la distribution d’énergie calorifique concernant la chaufferie bois et le réseau chaleur du Gour de l’Arche
  • La candidature à l’appel à projets « quartiers durable en Aquitaine » pour le quartier de la gare
  • La demande de subvention pour la création d’un centre social « maison de quartier haut de gare
  • Les demandes de subventions pour la 2° tranche des travaux de l’Eglise de la Cité
  • Les demandes de subvention pour l’aménagement de la dalle sportive du Gour de l’Arche
  • Le transfert du personnel municipal petite enfance à la CAP
  • La mise à jour du tableau des effectifs au 1er décembre 2011
  • La mise à disposition d’une partie du personnel municipal aux associations
  • La rémunération des agents recenseurs et coordonnateurs adjoints pour le recensement annuel
  • L’élargissement du territoire de la CAP aux communes de Sarliac, Agonac et Cornille
  • La désignation d’un représentant supplémentaire pour siéger au conseil d’administration du collège Bertran de Born
  • Le vœu du conseil municipal demandant au gouvernement de renoncer à l’amputation de 10 % de la cotisation pour la formation des agents territoriaux

Le tout sera conclu par une information sur le rapport annuel de la commission communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées.

Vous ne rêvez pas. 35 points à l’ordre du jour, un record !

Une folie douce ! La preuve, s’il en est, que le conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement qui méprise le débat. Une moyenne de 10 minutes par sujet nous obligerait à rester assis 6 heures de rang. C’est dire que l’ « on » compte bien que les sujets, et même les plus importants, soit frôlés, effleurés, survolés !

Inscrire 35 points à l’ordre du jour, c’est une manière d’épuiser les troupes, de décourager les velléités d’intervention, de couper court aux questions, de passer sous silence les autres sujets qui fâchent.

Il est fort à parier que le dernier rapport sera lu d’un œil morne, mi clos, par des cerveaux asphyxiés par l’étouffante ambiance d’une salle surchauffée, épuisés par l’hypoglycémie et la tension nerveuse.

Certains points, pourtant, méritent que l’on s’y attarde, comme les décisions modificatives des budgets, ou l’augmentation du coût des travaux de la future mairie (quelle surprise !) ; comme les retards de chantiers et le quartier de la gare (alors cette étude !?) ; comme le règlement Foires et Marchés et l’apparition de la publicité lumineuse et animée dans nos rues ; comme les subventions pour l’animation de la ville ou le rôle de la SEMIPER…

Plus l’ordre du jour est long, plus l’esprit doit rester en alerte, aiguisé et vigilant. C’est sans doute pour cela que nous ne disposons, pendant ces séances, que d’eau et surtout pas de café !

« L’habileté est à la ruse ce que la dextérité est à la filouterie »

Chamfort

Le déclin périgourdin à la lumière des technologies de l’information

La 3ème révolution industrielle est en plein essor. La première avait permis de changer la chaleur en mouvement. La seconde a offert de convertir des propriétés de la matière en lumière. La dernière permet de changer un signal électrique en information.

Réseau ferré, réseau électrique, réseaux d’informations…

Tout le monde aujourd’hui sait, à égalité ou quasiment, monter dans un train et appuyer sur interrupteur. C’est plus inégal pour l’utilisation d’un ordinateur et d’internet, mais globalement, cette vaste mutation est rapide.

L’administration d’une collectivité ne peut plus évoluer en ignorant cet état de fait. L’appréhension et la prise en compte de cette révolution fait aujourd’hui partie des responsabilités, sinon des obligations des représentants politiques.

Or à Périgueux, au motif « qu’ils n’y comprennent rien », la collectivité manifeste une totale indifférence aux différentes problématiques numériques. Les enjeux politiques et administratifs pourtant manifestes n’ont aucune prise sur la réflexion collective.

Encore un petit effort et Périgueux pourra se vanter de son retard, cultivant anachronisme et archaïsme dans le jardin de son ignorance. Cette « fracture numérique périgourdine » risque vite de se transformer en facture développementale.

Les grandes orientations numériques: autant d’opportunités manquées à Périgueux

  • Open Data : en 2003, l’Europe émet une directive visant à la réutilisation des données publiques. Elle prend forme en France par une ordonnance de 2005. En mars 2011, la CUB invitait la Fing [Fondation Internet Nouvelle Génération] à un atelier pour « faire émerger des usages possibles à partir de données publiques ». Depuis, la CUB, la Région Aquitaine et le Conseil Général de Gironde ont saisi la balle au bond dans une démarche commune. A Périgueux, à la CAP et Dordogne ? RAS
  • Visualisation de données : continuité logique et technique de l’Open Data, l’activité consiste à rendre sous forme graphique des données complexes [Exemples sur Hebiflux]. Le potentiel didactique et pédagogique de cette méthode est aujourd’hui sans limites. On pourra essayer par exemple Tableau Public, un freeware parmi d’autres. A Périgueux ? RAS
  • Administration 2.0 : dans le souci et le devoir de répondre à l’évolution en besoins des citoyens, l’administration 2.0 contribue largement au développement des services publics numériques. Du service rendu aux administrés aux méthodes de travail dans la collectivité, les technologies sont opératoires. A lire sur ce point l’ouvrage en ligne de Thierry Weibel : Administration 2.0. A Périgueux ? RAS
  • Numérisation du territoire : on parle généralement de ville digitalisée pour exprimer l’ensemble des possibilités qui rassemblent numérique et urbanisme. On peut lire par exemple La ville 2.0, ville complexe et familière, [Fing]. A Périgueux? RAS
  • Ville 2.0 : une spécificité de la ville digitale, engagée vers l’utilisation des médias sociaux pour améliorer la communication entre citoyen, administration, chercheurs, etc. On pourra citer la ville de Toulouse sur ce point qui a structuré un réel projet de ville 2.0. A Périgueux ? RAS

Périgueux, la ville qui refoule le présent dans un guai passéisme

Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’administration de demain. Mais à Périgueux, déplacer la mairie apparait comme l’alpha et l’omega de l’amélioration de l’administration et des services aux administrés.

  • En conseil municipal, il refusait la dématérialisation de certains documents publics au motif que visiblement il ignorait ce qu’était un texte au format .pdf, « écrit trop petit »
  • Réfractaire à la transparence, le maire refuse toujours de filmer les conseils municipaux pour permettre de les visionner en streaming.
  • De son côté, l’opposition municipale ne fait pas mieux. Se voulant « force de proposition », elle n’en a jamais fait aucune en la matière, se bornant par exemple à proposer d’autres locaux pour le déplacement de la mairie.

Les périgourdins paient le prix de l’archaïsme et de l’inertie

Alors que de nombreuses villes moyennes, comprenant leurs responsabilités, les enjeux et le parti qu’elles pouvaient en tirer, ont pris le problème à bras le corps, non, à Périgueux, il n’y a rien à faire. Plusieurs hypothèse peuvent être évoquées pour comprendre cette immense réfraction à l’évolution.

Une conception conservatrice de l’action politique

Ces technologies ont pour tendance une meilleure interactivité entre citoyens et responsables élus, à ouvrir les données et les connaissances des administrations, à partager les savoirs de la ville, etc. Autant d’éléments allergènes à l’administration périgourdine, qui cultive une culture du secret et une méfiance pathologique vis-à-vis de la transparence.

Actuellement de nombreux documents publics sont tenus secrets, contrairement à ce qu’oblige la loi, sous prétexte que l’action publique est considérée comme une propriété du maire.

Cette conception ultra conservatrice et autoritariste de la politique conduisent les élus de Périgueux à un obscurantisme féodal qui fait tourner le dos aux opportunités du XXI°ème siècle.

Un citoyen demandant des informations est par nature suspecté de « comploter », il fouine. Le politique n’a aucun compte à rendre durant la durée du mandat dans une conception hyperbolisée du système représentatif. Alors il annonce aux habitants les décisions qu’il prend seul, une fois que les jeux sont faits.

Dans ce contexte, tout ce qui facilite l’interactivité, le partage des informations et des connaissances, est un obstacle, un frein. Toute solution technologique est potentiellement une entrave à une gouvernance solitaire et isolée: elles sont donc méthodiquement évitées.

L’inertie comme réponse à la peur du changement

Périgueux, depuis l’après guerre, est une ville en déclin. Sa population baisse inexorablement et vieillit. La ville s’éteint, s’endort la tête penchée, n’ayant à offrir que les mémoires de ses gloires passées.

A 19h00 le rideau tombe, dimanches et lundis sont de longues successions de déserts. L’économie et le commerce en chute libre, vissés sur un modèle obsolète. La culture sous perfusion publique permanente, monopole estival pour appâter un chaland furtif et de passage.

La population n’y demande que la paix, le silence, la tranquillité. Les ingrédients de l’immobilisme. Il ne faut pas changer, rester tel qu’on est ou se croit être, recroquevillé sur son quant à soi petro-périgourdin ; à l’écart des évolutions et des changements.

A la 3ème révolution industrielle, la ville aura tout juste consenti un site internet non mis à jour depuis 2005 et quelques licences Windows. Car au fond, ces grands changements, ça rend l’avenir incertain, flou, c’est « des trucs de jeunes ».

Pas étonnant dans ces conditions qu’aucun candidat en 2008 n’ait senti le besoin de parler des technologies de l’information ou n’ait même imaginé une délégation d’adjoint au maire au numérique comme à Rochefort par exemple.

Et pourtant un jour… on en reparlera

Les conséquences sont lourdes. Elles reviennent à refuser en leur temps, l’installation des réseaux ferrés, des gares, des réseaux électriques, etc.

A cette époque pourtant, les périgourdins avaient saisi ces enjeux à bras le corps, notamment par exemple avec Pierre Magne. Les élites avaient alors compris les intérêts à agir, percevant les opportunités qui s’ouvraient. Aujourd’hui c’est le contraire.

Cette fracture numérique dans l’administration périgourdine en dit long sur le niveau d’inculture et d’incompétence des élus sur ces enjeux. On peut y déceler une forme de déclin culturel et la frilosité de l’ignorance.

On prend le pari pourtant, qu’à l’occasion des municipales de 2014, ces enjeux prendront une place dans les propositions politiques. Pourquoi ? Parce que Périgueux aura l’air, alors, de s’éclairer à la bougie et de dormir dans la paille comparée aux autres villes.

Et la population ? Elle baissera, toujours et encore, allez comprendre…

Perigueux et référencement seo quel trafic ?

Nous allons parler un peu de référencement naturel et vous soumettre quelques observations. Depuis quelques mois, Rue de la chouette s’est centré sur deux mots clés : « perigueux » et « périgueux ».

Aujourd’hui, Google a chamboulé les résultats de recherche, dégradant le site avec d’autres à des positions inférieures ((Entre temps le blog a été repositionné en 10ème position)). C’est l’occasion de tirer le bilan sur la requête durant 1 mois (février/mars), car jusque là, Rue de la chouette se plaçait en 9ème position sur ces mots clés.

Perigueux, une requête calibrée pour le SEO

Sur le mot clé « perigueux » Google retourne 5 700 000 résultats et  6 150 000 sur « périgueux » (ça change très souvent). Le moteur de recherche est en train de faire exploser ces résultats puisqu’il y a quelques semaines encore il n’en retournait qu’environ 3 000 000. La période est donc instable.

Ces requêtes sont intéressantes. La concurrence est sous-développée en termes d’optimisation pour le référencement mais plutôt boostée par des sites institutionnels anciens, à fort trafic et aspirant naturellement les liens retours. La compétition y est donc plutôt stimulante.

Le potentiel de trafic sur ces requêtes est pas mal, Google Adwords indiquant 301 000 recherches mensuelles globales (ne faisant pas de différence entre périgueux et perigueux…#fail).

Un trafic minable en première page sur Périgueux

Google Analytics indique que la requête « perigueux » a apporté 42 visites et « périgueux » 7 seulement. Autrement dit une misère.

De son côté WebmasterTools (WMT) indique que le site a été vu 10 000 fois sur la requête « perigueux » pour 35 clics et 5 500 fois sur « périgueux » avec moins de 10 visites.

Les différences retournées entre les deux outils ne sont pas satisfaisantes, c’est du Google tout craché. De plus, il y a une grosse contradiction entre l’estimation du trafic à 300 000 recherches et le fait d’être vu 10 000 fois en 1 mois bien calé en 1ère page (9ème position).

Il est possible que le site ne corresponde pas du tout à la recherche « perigueux », ce qui serait le problème des internautes et de leurs recherches génériques. Évidement la même position pour un site « adulte » ou « musique gratuite » aurait de meilleurs résultats.

Optimisation des contenus: 60% du trafic moteurs

Dans tous les cas, ce trafic est complètement trivial. Les moteurs de recherches pourvoient à 54.26% de trafic, soit environ 15 000 visites. Parmi ces visites, il faut enlever les requêtes navigationnelles visant Rue de la chouette : à peu près 40%.

Cela laisse donc environ 9 000 visites, hors comparaison avec ce qu’amène le mot clé « perigueux ». C’est là où cela devient intéressant. Car sur 1 433 mots clés pourvoyeurs de trafic, c’est le travail sur la Longue Traine qui compte. Même remarque sur WMT, le site ayant été vu 200 000 fois sur 7 150 requêtes (méfiance).

WMT: impressions, trafic, mots clés

Car Rue de la chouette reste un petit blog, centré sur un public très restreint, uniquement concerné par la ville de Périgueux ou presque. Avec seulement 275 articles au compteur depuis 3 ans, seule l’optimisation des contenus permet d’enregistrer ce trafic. La Longue Traine apporte donc à peu près 60% du trafic moteurs.

Contrairement à ce que je pensais avant, les requêtes sur « perigueux » n’ont quasiment aucun intérêt pour le trafic du site, largement plus intéressant à capter sur des requêtes moins génériques.

Moralité, dans notre cas, les requêtes génériques n’ont que peu d’intérêt apportant un trafic qui n’en a pas plus. Par contre, la somme des visites sur des requêtes spécifiques apporte un trafic qualifié qui constitue l’essentiel du trafic moteurs.

On remet l’ouvrage sur le métier

Bon pour le principe on va quand même continuer à « chasser » les génériques, avec Sud Ouest, L’IUT de Bordeaux, l’office de tourisme de Périgueux, la mairie, wikipédia, l’aéroport, la communauté d’agglo, la météo, les principaux sites qui nous devancent.

Et puis juste pour le challenge on va poursuivre l’effort. C’est quand même trop bête que Rue de la chouette ne se positionne pas juste sous le site de la mairie de Périgueux non ?

Absentéisme des fonctionnaires périgourdins: stop au mensonge

On ne va pas s’éterniser sur l’enquête de Capital concernant l’absentéisme dans la fonction publique territoriale. Le magazine place Périgueux sur la 3ème marche du podium avec 32 journées d’absence par an et par salarié.

L’ire du maire de Périgueux -comme celles de Bastia et Montpellier- n’a rien d’étonnant, question d’image. La colère de Michel Moyrand est justifiée ; ces chiffres sont aussi exagérés qu’obscurs.

Par contre l’opacité entretenue par le maire de Périgueux (comme beaucoup d’autres) le rend co-responsable de ce genre de délire, nous allons voir pourquoi. Sans surprise, des fois, ça mord.

La déontologie de Capital : un absentéisme maladif ?

Rapport de la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine de 2005 :

« La chambre relève enfin que l’absentéisme à Périgueux apparaît, du fait de particularités locales, particulièrement élevé, puisqu’il avoisine les 16 %, ce qui est très supérieur à la moyenne de la fonction publique territoriale qui s’établit […] à environ 8 % ».

Ce qui devient pour Capital et ses 32 jours : « Les particularités locales expliqueraient le niveau très élevé de l’absentéisme… »

Dans son rapport de 2008, la Chambre remet le couvert :

– une augmentation du nombre total de jours d’absences entre 2005 et 2006, avec une moyenne par emploi pourvu de 23,7 jours en 2005 et de 24,7 jours en 2006 ;
– la part de plus en plus importante des congés ordinaires pour maladie (44 % du total 2005, 57,5 % du total 2006 et 54 % du total des 8 premiers mois 2007).

En 2009, dans son audit, KPMG pointait 16 000 jours d’absences par an pour 817 agents, soit un ratio de 25.9 jours par personne.

D’où sortent les 32 jours de Capital ? Mystère. Mais la certitude, c’est le taux d’absentéisme anormal à la mairie de Périgueux. Aucune information sur les causes, donc pas de spéculations.

Xavier Darcos et Michel Moyrand savent très bien cette anomalie locale. En 2002, le conseil municipal de Périgueux a pris un arrêté pour sanctionner financièrement les abus ((CRCA 2005 page 4)). En 2008, Michel Moyrand pointait un grand « malaise » et promettait une nouvelle « prévention des risques » ((CRCA 2008 page 5)).

Pour la Droite c’est des feignants, pour la Gauche c’est des malades: bon courage les amis…

Mensonges et opacité à la mairie de Périgueux

Dans Sud Ouest, Michel Moyrand avance un chiffre aussi improbable que Capital : « Les chiffres dont je dispose pour ma part concernant les arrêts maladie à la mairie de Périgueux sont d’environ une vingtaine de jours par an par agent depuis 2005 ».

Notez, l’astuce, il ne parle pas de l’absentéisme, mais d’une partie seulement, des congés maladies. Grosse ficelle.

A force de jouer avec ces chiffres, de ne pas mettre en place des outils de mesure efficaces et de dissimuler ces informations, les politiques sont co-responsables des dérapages du genre de Capital.

Le magasine avait d’ailleurs contacté Rue de la chouette dans le cadre de son enquête (nous avons transmis les rapports précités). Si Capital avait eu la moindre chance d’obtenir les vrais chiffres auprès de la mairie, ils en auraient assurément fait la demande.

Même si ces documents administratifs sont publics –Loi du 17 juillet 1978 sur la liberté d’accès aux documents administratifsje vous mets au défi d’en obtenir les copies (concernant les détails par service par exemple). Forcément, en truquant les statistiques et en les dissimulant, on nourrit le fantasme.

En se mettant dans l’illégalité, par le refus de rendre publics les détails de leurs statistiques, les collectivités sont comptables des exagérations qui découlent de ceux qui veulent savoir –ils en ont le droit- mais ne le peuvent pas ((Sauf à passer par la CADA -Commission d’Accès aux Documents Administratifs et pire par un tribunal administratif en cas d’échec)).

Que Michel Moyrand nous joue la Saint Nitouche de l’absentéisme périgourdin est ironiquement mal venu pour celui qui récompense ses amis par des emplois à la municipalité.

Tendancieux dit-il ? Tendancieux, tendancieux, comme c’est intéressant.

Place Montaigne: les enseignements du Champ de Mars à Angoulême

La tendance est générale pour les villes moyennes et leurs agglomérations. L’urbanisme périphérique a eu un effet centrifuge, tendant à déséquilibrer l’activité commerciale de centre ville.

Comme ailleurs, l’anarchie urbanistique de l’agglomération périgourdine ((Depuis sa création en 1999 la CAP a toujours refusé de s’appliquer le moindre schéma cohérence territoriale en matière de commerce et d’urbanisme)) est le résultat d’un jeu de Monopoly.

Les intérêts commerciaux des uns, accouplés aux mandats électoraux des autres ont commandé l’urbanisme. Nulle part la raison urbaine n’a précédé l’intérêt financier.

Face à ce dépérissement, le maire de Périgueux entend apporter un remède déjà bien connu ailleurs : un vaste centre commercial en centre ville (10 000 m²). Ce remède, commençant par la privatisation d’un domaine public, est censé -sur le papier- concurrencer les franchises nationales de périphérie.

L’idée n’est pas nouvelle, elle a déjà 20 ans. La société Klépierre, détenue à 52% par BNP Paribas, s’emploie depuis 1990 à implanter des galeries marchandes dans les cœurs de villes. Sa filiale, Cégécé, a lancé en 2007 la galerie du Champ de Mars à Angoulême.

C’est ce que nous allons examiner. Car si aujourd’hui cette opération est considérée comme une « catastrophe », (nous verrons pourquoi), sa justification était la même, alors, que celle aujourd’hui défendue par le maire de Périgueux.

Pourtant les deux villes, partageant toutes deux la même devise – Fortitudo mea civium fides – sont presque jumelles. « Mêmes causes, mêmes effets » ? Si cette règle de base se vérifie, la future galerie marchande de Périgueux contient déjà les germes de son échec.

La rhétorique des marchands de galeries marchandes

Pour défendre son projet de galerie marchande, le maire de Périgueux dispose d’un vocabulaire et d’éléments de langage éprouvés. On l’entendra bientôt parler de « redynamisation », « renouveau », « requalification« , « cœur de ville attractif », « revalorisation », etc.

La mairie a commencé à « implanter » cette idée depuis le 09 janvier 2010 (lors de ses vœux) :

Je pense bien entendu à la transformation du parking de surface Montaigne en un lieu commercial attractif qui fera rayonner Périgueux et tous les commerces déjà existants bien au-delà de son cercle habituel

Important, il n’y a pas d’alternative dans cette dialectique. Il faut choisir entre la ruine et le centre commercial (Michel Moyrand, Sud Ouest, 06 juin 2010):

Si on ne fait rien on va constater la chute de l’activité commerciale à Périgueux.

Enfin, le 14 décembre 2010, (conseil municipal), le maire de Périgueux récite sa leçon sur la théorie de l’attraction commerciale :

Il nous faut des locomotives car l’offre se rétrécit à Périgueux et les baux commerciaux sont beaucoup trop chers

Maire d’Angoulême jusqu’en 2008, Philippe Motet, à l’origine du projet de galerie du Champ de Mars, expliquait son choix dès le 09 janvier 2003 pour L’Express :

Avant la fin de son mandat, Philippe Mottet compte créer, sur cette place du centre-ville d’Angoulême, une galerie de 10 000 mètres carrés, sur le modèle de l’îlot des Cordeliers, à Poitiers. Pourquoi miser sur le commerce, alors que l’agglomération apparaît comme la mieux dotée dans ce domaine en Poitou-Charentes? Réponse: pour parvenir à un équilibre entre la grande distribution installée en périphérie – elle représente à elle seule 77% du chiffre d’affaires commercial de l’aire urbaine d’après la chambre de commerce – et les boutiques du centre-ville, en grande difficulté.

5 ans plus tard, Philippe Mottet se félicitait d’avoir créé cette « locomotive » dans le journal Convergence 06 janvier 2008 :

J’ai fait un rêve, celui d’une ville dont le cœur serait attractif, parlerait au-delà des remparts à l’ensemble des quartiers, de l’agglomération du département. Ce rêve est aujourd’hui réalisé au Champ de Mars. J’ai voulu à la fois redonner une fierté et initier un nouveau départ à ma ville.

Maintenant nous allons constater la similarité des argumentaires entre politiques et marchands de galeries, vous allez voir c’est amusant.

Cégécé, plaquette promotionnelle du 29 juillet 2005 :

La requalification de la place du Champ de Mars [parking Montaigne] s’inscrit dans une logique de revalorisation du coeur de ville. Le Champ de Mars [parking Montaigne] est un site de prédilection pour l’implantation du centre commercial, lequel apportera un nouveau dynamisme à la ville. En effet, sa situation géographique exceptionnelle, lui permettra de devenir un pôle attractif, incontournable et qualitatif dédié aux piétons.

L’opération du Champ de Mars [parking Montaigne] répond aux attentes des habitants et des commerçants de la ville. Le projet de réorganisation du tissu urbain entrepris par la commune d’Angoulême [de Périgueux] permettra la fidélisation des consommateurs existants tout en captant une nouvelle clientèle.

Ce type de rhétorique est attendu dès 2011 à Périgueux…

Encore un peu ? Cégécé, Annonce commerciale, 08 juin 2007 :

La Galerie Champ de Mars [Montaigne], s’inscrit dans le projet de renouveau et de redynamisation du centre-ville angoumoisin [périgourdin].

Du côté de la société anonyme d’économie mixte – SAEM- qui a géré l’implantation du projet (Territoires Charente et ses beaux discours), la rhétorique était aussi fournie par le promoteur immobilier :

Le Centre Ville d’Angoulême [de Périgueux] manquait incontestablement d’un grand centre commercial à l’instar des autres villes-préfecture, tandis que se développaient de grands complexes commerciaux à la périphérie de l’agglomération. Le centre avait ainsi largement perdu au fil des décennies son attractivité commerciale.

Voici donc officiellement, en avant première, les futurs discours qui justifieront l’implantation d’une galerie commerciale sur la place Montaigne.

Avantage de cette rhétorique, on y substitue n’importe quel nom de ville moyenne. Ce n’est pas un miracle de l’urbanisme, c’est un argumentaire de vente.

Ecoute le chant du cygne sur le Champ de Mars

La galerie commerciale du Champ de Mars de 15 000 m² a nécessité plus 60 millions d’investissement, dont plusieurs à la charge du contribuable angoumoisin. (A lire le très complet dossier de presse sur le Champ de Mars en 2007).

Ouverte au public depuis fin 2007, le bilan après 3 années est dressé par la Charente Libre le 12 octobre 2010 (Champ de Mars galerie en danger) et le 13 octobre par Sud Ouest (Champ de Mars: « on court à la catastrophe »).

Monoprix quitte la galerie le 31 janvier 2011, licenciant ou reclassant 34 salariés, après 3 exercices déficitaires et sans aucune perspective favorable. Mc Donald’s emboîte le pas et le cinéma CGR est sur le point de suivre, alors que d’autres enseignes sont déjà parties ou ont déposé le bilan.

En conclusion le titre de l’article : « On court à la catastrophe ». Souvenez-vous : « Rayonnement », « redynamisation », « renouveau », « attraction », « revalorisation », etc…

Les causes de cette banqueroute, pour un projet équivalent et dans une ville équivalente, pourraient interpeller les responsables périgourdins. Car l’eldorado vendu aujourd’hui peut vite se transformer en une verrue d’un hectare sur 3 étages, verrue dont les périgourdins seront des spectateurs impuissants.

Corruption, opacité, anarchie: les leviers de l’urbanisme commercial

Une des causes constatée est l’absence de cohérence à l’échelle intercommunale. Car en parallèle et contrairement aux engagements, les aires commerciales périphériques ont poursuivi leur extension.

La problématique de Périgueux est comprise dans celle de son agglomération. Or la communauté d’agglomération périgourdine – CAP – n’a jamais consenti le moindre schéma directeur (SCOT).

Refusant jusqu’à l’élaboration d’une charte commerciale pour maîtriser les implantations, la CAP a toujours privilégié les investissements individuels et hétérogènes. Le résultat de la CAP est là : étalement résidentiel, recul des terres agricoles, uniformisation des paysages, développement anarchique des surfaces commerciales, etc.

Les différents responsables politiques ont toujours lutté contre une vision globale et homogène de l’aire urbaine ((La récente extension de Brico Dépôt, les futures extensions d’Auchan et de Leclerc, nous renseignent sur cette absence de volonté et de concertation.)). En concurrence directe avec la CAP, Boulazac a même fondé sa propre intercommunalité Isle Manoire pour défendre ses intérêts.

Cette anarchie urbaine n’est pas le fruit du hasard. Les relations entre responsables politiques et investisseurs locaux sont souvent étroites quand elles ne sont pas directement délictuelles.

Ce contexte peut sembler anachronique en 2010, mais c’est bien cet archaïsme politico-financier sorti d’un autre âge, qui modèle et dessine l’ensemble de l’aire urbaine périgourdine.

Et c’est dans ce contexte que le maire de Périgueux défend son centre commercial, alors que la CAP ne lui propose strictement aucune garantie de maîtrise de la périphérie ; bien au contraire.

Exactement comme à Angoulême, s’il n’y a pas d’homogénéité entre le centre et la périphérie, l’offre pléthorique fera des dégâts irréversibles.

Toi aussi devient fan de la galerie Montaigne

Celui pour qui l’on fait tout ça, c’est moi, c’est toi, nous, les veaux braves et dociles. La seule réaction espérée de la part des investisseurs et du responsable politique, c’est celle-ci (Discussion à suivre sur un forum à propos de l’ouverture de la galerie du Champ de Mars):

A chacun de faire son choix en connaissance de cause.