PDU: débat à explosion

Revenons sur le PDU, décidément moteur de débats explosifs et expressions diverses.
Un nouvel élément non contrôlé se glisse dans le déroulement des concertations prévues par la CAP. Suite à la constitution du collectif ETAPE, Ensemble pour des Transports Alternatifs en Périgord, le site de la CAP met en ligne via un pop up en page d’accueil, le rapport de Juin 2008 sur le PDU. Jusque là, ce rapport n’était disponible que dans la rubrique Presse.

Mais là attention, la CAP communique. Il a été rajouté un texte du président en première page du rapport. C’est cette page cette page qui nous occupe ici. Rappel des 3 principes affichés par la CAP.

1. Rien n’est décidé, tout est ouvert.
2. Transparence et concertation.
3. C’est le syndicat Péribus qui décide.

Au-delà d’une orthographe fort malmenée, cet édito s’adresse à des personnes bien précises, des élus, pour certains au cœur même des exécutifs locaux. Il s’agit du collectif ETAPE à qui ce texte répond directement aux attaques contre la présélection des scénarios dont la navette ferroviaire n’est pas favorite parmi les nominés.

Le message est clair. Il appelle ETAPE à réintégrer le cadre du débat organisé par la CAP. En effet, sur leur blog, ils annoncent travailler dans leur coin durant l’été, pour proposer des nouvelles solutions à la rentrée. Politiquement, cette passe d’arme est intéressante à plus d’un titre.

:: Tâche d’huile sous les essieux de l’unité ::

Nous avions évoqué dans un article précédent les conséquences du changement de majorité partisane au sein de la CAP. Il était envisagé qu’une forte majorité, avec la ville de Périgueux, au conseil communautaire, permette une plus grande cohésion politique et une meilleure unité dans les décisions. Cela était souhaitable, il n’en est rien. Une partie de la majorité se comporte comme une opposition, à coup de contre propositions fracassantes et critiques acerbes. Le conseil communautaire se retrouve donc constitué d’une majorité et de deux groupes d’opposition, PCF/UMP, eux-mêmes parfaitement opposés, avec les électrons en semi-liberté que sont les Verts et le Modem, face à un PS contraint de fonctionner avec ses alliances de campagne électorale.
Du coup, c’est M. Béri-Debat en personne qui demande à M. Le Vacon de rentrer dans le rang avec le texte de présentation du PDU et de ne pas « enfoncer des portes ouvertes ». Ce document est-il vraiment l’occasion de régler ses comptes ? Est-il vraiment le lieu pour rappeler que la CAP refusera tout débat indépendant au sien, à celui qu’elle organise et dirige ?

:: Un lobby anti voiture ::

Le phénomène ETAPE. Il se présente comme un collectif bigarré, composé des acteurs locaux suivants :
Collectif unitaire pour une alternative au libéralisme / Les amis de la Terre / Vélorution / Attac / CGT cheminots / FSU / Les Verts / Le PCF.
Pour mémoire, les Verts et les Communistes font partie de la majorité et sont bien représentés au conseil municipal de Périgueux et au conseil communautaire de la CAP : ambiance.

Visiblement ce collectif se définit mieux comme un lobby, un groupe de pression composé d’éléments très divers, mais rassemblés autour d’intérêts communs et occasionnels. Ce n’est pas un gros mot, appelons un chat un chat, ETAPE se définit bien comme :

des entités qui cherchent à représenter des intérêts de sections particulières de la société en vue d’influencer les processus politiques

Les enjeux de ce lobbying sont l’abandon des projets de ponts et la promotion de la navette ferroviaire. Certains par souci environnemental, d’autres par intérêt économique, d’autre par idéologie doctrinale, d’autres enfin pour la généralisation de leur hobby.
Ce lobby entend donc mener indépendamment de la CAP des débats sur le sujet, mais cela ressemble plus à une campagne d’opinion qu’autre chose. Il y a fort à parier que contribuer au débat à ce niveau, ne signifie pas autre chose qu’être en accord avec les intérêts défendus. L’évolution de ce blog nous dira si on se trompe.

D’ailleurs, sur le fond, il y a, hormis le projet de pont, une quantité non négligeable de convergences, (navette ferroviaire, déplacements doux – raisonnés – , bus) avec les analyses précises des services de l’Etat, (Porté-à-connaissance de 2006). A part l’estimation du déficit de fonctionnement par rapport à la fréquentation, au bout du bout, personne ne semble aller contre ce projet.

Juste pour l’info, le blog d’ETAPE est un produit Overblog, développé par la société JFG NETWORKS, dont le groupe TF1 détient environ 30% des parts. C’est pour cela qu’en bas du blog, tout en bas, on trouve ce lien : TF1 Network.

Merci donc à TF1 de participer à la lutte contre les dérives du capitalisme et à la promotion du développement durable

La CAP et la démocratie approximative?

La Communauté d’Agglomération Périgourdine a sa web TV. Mensuellement, elle met en ligne des reportages présentés par Julie.

Ce mois ci, la CAP se colle à la démocratie locale par le biais de son président, Claude Bérit-Debat, qui présente les compétences de la CAP aux nouveaux élus. La retranscription s’imposait.

Comment on peut favoriser l’émergence ou la pratique d’une démocratie directe ? Nous allons avoir un très très bon exercice de ce type avec le PDU, puisque notre PDU va être soumis à enquête publique et nous sommes engagés dans une démarche où les citoyens auront la parole. C’est-à-dire qu’on va venir devant les citoyens, réunion publique, pour présenter les scénarios, les 4 scénarios du PDU et dire voilà, y en avait 4, on va leur présenter les résultats bruts qui nous ont été livrés par le bureau d’études. Ensuite on va leur dire voilà, peut-être pas dans le même temps, on va leur dire ensuite, voilà les choix qui ont été fait par l’EPCI, (Etablissement Public de Coopération Intercommunale), Communauté d’Agglomération Périgourdine. Donc ce sera une bonne démarche, je dirais, de démocratie citoyenne, où directement on pourra se saisir sur ces sujets là. Il est clair que le PDU ce sera comme ça, et deuxièmement il est clair aussi que notre démarche de développement durable ne va pas pouvoir se faire autrement.
On met une démarche de concertation, de démocratie, ou directe ou citoyenne ou participative, en sachant que ceux sont quand même les élus, les élus communautaires, ou quand c’est mis en place à l’échelle d’une commune, les élus municipaux qui décident.

Claude Bérit-Debat

Pour écouter directement le discours

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Pour visionner le reportage sur le site de la CAP

 

En complément, ou plutôt en contrepoint, nous vous proposons d’écouter ce que dit Bernard Birsinger, ancien maire de Bobigny, sur la démocratie participative et les actions à mener. (Env. 15 mn)

 

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Ainsi comprenez que nous sommes sur le point d’aborder la démocratie directe / citoyenne / participative, grâce à la mise en place de l’enquête publique autour du PDU.
Cette enquête publique, nous est présentée comme l’arme fatale pour favoriser la pratique d’une démocratie directe. Restons calmes, ne nous énervons pas. Le président de la CAP ne peut pas ignorer, dans le cadre du PDU, que l’enquête publique est obligatoire, en tant que contrainte légiférée et réglementée, (Code de l’Environnement et Code de l’Urbanisme). De plus, il s’adresse à une assemblée d’élus qui, de par leurs fonctions, savent très bien que cette étape est contrainte par le législateur.

Une enquête publique n’a bien évidement rien de direct. Le public prend connaissance du projet et est convié à donner son avis s’il le veut. Ensuite, le commissaire enquêteur désigné par le tribunal administratif rend un avis favorable ou défavorable en conclusion de la consultation publique. Cet avis n’est pas contraignant, d’une part, et très exceptionnellement défavorable de l’autre. Dans la réalité, l’enquête publique s’apparente plus à un acte de publicité renforcée, avant affichage en mairie ou information dans la presse.

Bon ben alors voilà, on vous prévient on va faire ça. Si vous voulez parler c’est le moment, après c’est fini ; de toute façon c’est consultatif alors ça ne changera rien au résultat. Mais on va quand même parler de démocratie directe ou citoyenne, ça fait joli par les temps qui courent.

Revenons sur le vocabulaire employé. Le président de la CAP met dans le même panier les termes de démocratie : directe, citoyenne, participative.
Sans préjuger de l’intention, l’homme ne sait pas encore de quoi il parle, ou trop bien, il ne saisit pas les différentes significations, ou que trop, propres aux différents termes, avec les conséquences concrètes qui en découlent.

La démocratie directe
Depuis les lois de 2002 et 2003, elle se résume au droit de pétition et droit de demande d’un référendum local.
Dans les deux cas, ces dispositions ne sont nullement contraignantes, strictement facultatives et demeurent parfaitement inoffensives.

La démocratie participative
Dans les réformes constitutionnelles le terme a soigneusement été écarté. Il s’agit en théorie de coproduction de la décision, d’articuler la concertation et les débats à la prise de décision. Il n’y a rien de tout cela dans les propositions de la CAP. Au contraire, il prend soin de rassurer les élus, ne nous vous inquiétez pas, au final, c’est quand même nous qu’on décide.
La conclusion ne saurait lui être reprochée, il faut bien des responsables, bien qu’ils soient complètement déresponsabilisés par la loi Fauchon et l’absence de suffrage universel direct, peu importe.

La démocratie citoyenne
Ca, c’est le bouquet final. Il sous entend qu’en l’absence de cette démarche nous ne serions pas dans une démocratie citoyenne. Mais dans quelle démocratie étions nous avant que M. Bérit-Débat ne découvre la consultation obligatoire du public dans le cadre de la loi Bouchardeau et le Code de l’Urbanisme ?

Allez, on mélange tout, on obtient un kit de démocratie approximative à monter soi-même à la maison. Il n’y a aucune modernisation du processus de décision, encore moins de codécision, aucun aménagement complémentaire à la loi, on se contente du strict minimum légal et on présente cela comme l’émergence d’une démocratie fourre-tout.

On ne peut que souhaiter que le président prenne des mesures réelles, concrètes, tangibles, en faveur d’une démocratie locale renforcée. A défaut, en se contentant de ce qu’il y a, M. Bérit-Debat sera l’homme du péri-débat; périgourdin, mais périphérique.

Décentraliser, démocratiser: Marion Paoletti

On parlera des carences de la démocratie représentative, sur la place faite au citoyen dans le dispositif de la prise de décision politique, de la Vème République, de ce qu’il est maintenant convenu ‘la crise de la représentativité’. Bien loin de Porto Alegre, en France, l’acte I de la décentralisation de la République débutait en 1982. Cette réorganisation en profondeur des institutions a depuis l’origine comme horizon la démocratie locale. C’est sur ce rappel que Marion Paoletti jette les bases de son ouvrage, Décentraliser d’accord, démocratiser d’abord.

:: L’ouvrage ::

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Edition : La Découverte
2007

:: Biographie ::

Marion Paoletti est maître de conférence en sciences politiques à l’université Montesquieu, Bordeaux IV, membre de Spirit et membre fondatrice de la Convention pour la VIème République.
Elle a également été désignée par le Parti Socialiste pour les élections législatives à Bordeaux contre Alain Juppé en 2002.

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MISE A JOUR DU 30 JUIN 2008

Depuis peu, Marion Paoletti est animatrice du site l’Obscure:

OBServatoire des CUmulants de la REpublique.

Ce site permet d’approfondir la question au-delà des préjugés et donne toutes les clefs pour se faire une idée juste du problème. Il est également possible de signer une pétition en faveur de la réforme du mandat unique sur le site d’Oeuvrer.

On y trouve cette phrase unique de VGE:

La trajectoire d’un élu politique en France répond à deux lois simples : on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante ; lorsqu’on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu’un « intrigant » ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir. D’où l’obsession de cumuler les mandats.

Valéry Giscard d’Estaing

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:: Quatrième de couverture ::

La décentralisation se fait depuis des années au nom de la « démocratie locale ». Or la France des collectivités locales est aujourd’hui un millefeuille qui superpose des institutions trop nombreuses, tournant le dos aux impératifs de séparation des pouvoirs et de responsabilité politique qui sont au coeur de la définition de la démocratie. La conception actuelle du pouvoir local rend au mieux décoratif l’appel récurrent à la « participation des citoyens » au plan local, au risque de renforcer défiance et scepticisme.

Dans ce livre percutant, Marion Paoletti montre comment le cumul des mandats locaux et nationaux, la fabrique de la loi nationale par des élus locaux et, plus largement, le corporatisme électif dans la Ve République sont largement responsables des possibilités avortées de démocratisation locale. Des réformes nécessaires, évidentes, concernant la simplification des structures, l’amélioration de la démocratie représentative locale, la crédibilisation de la participation des citoyens, se révèlent impossibles.

La décentralisation est faite « par les élus locaux pour les élus locaux« .

Ce n’est pas une fatalité : elle pourrait être menée par des parlementaires pour des citoyens et animée par des élus locaux. C’est d’autant plus nécessaire que l’individu contemporain cherche désormais à peser, personnellement, sur le cours des choses.

:: Sommaire ::

• Introduction
• L’héritage : la décentralisation au nom de la démocratie locale
• Timides progrès en démocratie représentative
• Criantes carences en démocratie représentative
• Les faux-semblants de la démocratie participative
• Faire sauter les verrous de la démocratie locale : en finir avec le cumul des mandats
• Points de repère en démocratie locale pour demain
• Changements en démocratie représentative
• Changements en démocratie participative
• Conclusion
• Bibliographie

De fait, la décentralisation consiste au nom de la démocratie locale à conférer des responsabilités et pouvoirs aux collectivités locales sans renforcer pour autant les contraintes démocratiques de la décision. Pire, elle obscurcit considérablement la lisibilité de l’action publique

:: Quelques pistes ::

Globalement, l’auteur constate cette déviance oligarchique de la démocratie, dont les effets sont sensibles aux niveaux locaux. Elle observe comment, des élus locaux, patrons d’exécutifs divers, (mairies, intercommunalités, conseils généraux, conseils régionaux), députés et sénateurs dans le même temps, ont dessiné une décentralisation à leur image, selon leurs intérêts, servant leurs carrières et leurs fiefs.
On leur doit donc que la décentralisation est confiée au Sénat, figeant « … les inégalités de représentation entre la France rurale et la France urbaine, et plus généralement toute évolution de la démocratie locale ».
On doit aux députés d’avoir accouché d’une souris avec la révision constitutionnelle de 2003, qui renforce encore le pouvoir des exécutifs locaux à outrance, concentrant les pouvoirs en les confisquant aux citoyens, légitimant cette forme de bonapartisme local au niveau des 4 découpages administratifs des territoires, en laissant quelques miettes de démocratie directe aux citoyens.

On leur doit aussi de préserver coûte que coûte le cumul des mandats, dont cet ouvrage fait la pierre angulaire des dérives politiques énoncées.

On leur doit d’entretenir savamment les clientélismes locaux, transformant les citoyens en électeurs/clients, maintenus à un niveau civique infantilisé et mineur.

On leur doit la loi Fauchon, votée à l’unanimité par les deux chambres, assurant une impunité corporatiste totalement choquante. On imagine que certains doivent même l’avoir encadré au dessus de leur lit.

Bref, la décentralisation des pouvoirs de l’Etat sans ambition réformatrice de l’architecture institutionnelle locale a surtout provoqué un jacobinisme local, une forme de césarisme localisé et non le renouveau attendu.

La liste est loin d’être exhaustive ni détaillée. Il y a, à la suite de ces mises en lumière, des perspectives sur les transformations institutionnelles nécessaires. Cet ouvrage est précis, clair, percutant, sans détour.

:: Sur Dailymotion ::

Durant la campagne présidentielle, l’Autre Campagne, qui continue, tant mieux, a proposé une interview en 3 volets. Cet entretien avec Marion Paoletti, outre le regard sur les candidats d’alors, explique parfaitement ses analyses.

Mation Paoletti I
Mation Paoletti II
Mation Paoletti III


:: Nos élus locaux ::

Les sénateurs
Bernard Cazeau
Sénateur de la Dordogne depuis 1998
Président du Conseil Général de la Dordogne

Dominique Mortemousque
Sénateur de la Dordogne depuis 2002 (Membre de l’ Observatoire de la Décentralisation)
Maire de Beaumont du Perigord
Conseiller général de la Dordogne (canton : Beaumont du Périgord)

Les députés
Pascal Deguilhem
Membre du Conseil Municipal de Saint-Aquilin
Conseiller général de la Dordogne (canton : Neuvic)
Pour la réforme du mandat unique (bas de page)
Art. Wiki (28 04 08) : mandats + fonctions : pour l’exemple

Daniel Garrigue
Ancien maire de Bergerac, mandat unique à contre coeur

Colette Langlade
Membre du Conseil municipal de Thiviers
Conseiller général de la Dordogne (canton : Thiviers)

Germinal Peiro
Maire de Castelnaud-la-Chapelle
Vice-président du Conseil Général (tourisme)

Le département de la Dordogne ne fait pas exception au sujet de ce livre, bien au contraire, il semble en être la juste illustration.

 

Bas Saint Front: état des lieux et réalité des enjeux

:: Préambule ::

Cet article ne fait pas l’économie de la longueur. C’est un peu regrettable mais nécessaire pour aller au plus près de ce qui se joue réellement pour l’avenir du quartier du Puy-Saint-Front et l’aménagement de l’écrin de la cathédrale.

Lors de la commission extra municipale du 16 juin 2008 et du conseil municipal du 17 juin 2008, le maire a présenté son état d’esprit en tant que maître d’ouvrage du projet d’aménagement du Bas Saint Front.

:: Etudes et commissions ::

Elles sont reconduites, à travers des modifications demandées au maître d’œuvre, en phase d’avant projet. Pour l’occasion le maire a formé deux commissions :

1. Commission extra municipale « Bas Saint Front »
La composition de cette commission est du seul fait du maire, elle est constituée comme suit :

– 9 élus du conseil municipal dont le maire
– 4 représentants des autres compositions extra municipales
– 15 représentants d’associations liées au cadre de vie
– 27 habitants, usagers et acteurs de la vie économique

Avec un élu pour 3 habitants triés sur le volet par le maire, le conseil municipal impose un poids conséquent à la limite de la surreprésentation. Si le maire a bien le pouvoir légal de procéder ainsi, ce n’est pas comme cela que les choses se passent dans les communes engagées vers une démocratie participative. Passons.

2. Comité de pilotage pluri institutionnel, comportant élus et services de la ville, ainsi que les représentants techniques des organismes suivants

– Direction Départementale de l’Equipement
– Conseil Général
– Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine
– Communauté d’Agglomération Périgourdine
– Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement
– Chambre de Commerce et de l’Industrie
– Chambre des Métiers et de l’Artisanat

Ce comité de pilotage exclut tout représentation des associations ou des habitants, laissant d’un côté la palabre, les goûts et les couleurs, et de l’autre ce qui est technique et opérationnel. C’est dommage. D’autant que cette liste pourrait s’étendre à d’autres services. Tant qu’à faire pourquoi pas la DRAC pour l’archéologie, la DDASS pour l’accessibilité handicapée, et ainsi de suite.

:: Le cadre légal ::

Le maire fait mention de l’article L 300-2 du code de l’Urbanisme comme cadre légal de cette organisation. Précision doit être faite.
Cet article du code de l’Urbanisme est une contrainte réglementaire, non un choix laissé à l’appréciation du pouvoir mayoral. C’est pourquoi, dès le lancement du projet, l’ancien maire avait déjà mis en place la procédure respectant la législation.
Le maire ne met donc pas en place la procédure du L 300-2, comme il est écrit dans le rapport du conseil municipal, mais remet en place une procédure déjà en cours et en voie de s’achever. Du code de l’Urbanisme au langage courant, en terme procédural, cela se traduit peu ou proue par : « repartir à zéro ».

:: La position du maire sur le projet ::

Il se veut prudent, au regard de certains éléments problématiques du dossier, tout en affirmant vouloir le mener à bien, (dans les 3 ans suivants son élection, c’est son engagement).
Comme nous l’indiquions, le maire a divisé le projet en deux projets. L’un qui ne semble pas poser de réel problème, et un qui en pose, l’aménagement de la place Mauvard. L’un pour lequel les études se poursuivent, l’autre qui est suspendu au montage financier et au PDU de la CAP.

Pour autant, il le souligne aussi bien en commission extra municipale qu’en conseil municipal, le projet demeure global et indivisible pour rester cohérent. La réalisation du parking souterrain de la place Mauvard serait dans tous les cas « l’acte 1 » de l’ensemble de l’aménagement. Par « acte 1», nous devons comprendre le premier coup de pioche.

Le maire créer donc une chaîne de causes et d’effets, impliquant un ordre dans les réalisations, une subordination hiérarchique entre les différents éléments du projet, précisons les.

Si la place Mauvard est « l’acte 1 » du projet d’ensemble, alors le reste du projet sera réalisé postérieurement à la place Mauvard.
Si le calendrier des travaux de la place Mauvard est subordonné à celui du PDU de la CAP, vraisemblablement la fin des études, cela conduit au minimum à janvier 2009.
Les modes de financement du parking n’ont pour leur part, aucun calendrier, les consultations sont en cours.
En cas de problème, au niveau du PDU ou à celui du financement, cette causalité devient un critère de faisabilité forte du projet d’ensemble.

:: La cause et l’effet ::

Posons nous quand même les questions suivantes.
Quelle est cette relation de causalité entre le parking de la place Mauvard et le PDU ?
Pourquoi il n’y avait pas de difficulté de financement du parking souterrain avant mars 2008 alors qu’il y en a une aujourd’hui ?

:: Mauvard et PDU ::

Le maire nous dit que c’est un projet qui dépend des objectifs qui seront fixés dans le PDU, au niveau du ferroviaire, du bus et de la voiture. Par exemple, en conseil municipal, il a fait référence au pont des Barris, à sens unique ou double, piéton ou automobile, etc. Il a fait référence également au pont de l’Arsault, en débat actuellement, permettant le contournement du centre ville pour aller globalement d’Est en Ouest.
Il faut donc voir si :

1. Selon le schéma du PDU, le parking sera justifié ou non
2. Selon le schéma du PDU, le parking sera réalisable ou non

Le lien principal entre Mauvard et le PDU est bien celui du flux automobile. Partons des éléments concrets. Le parking Mauvard est existant, son accès principal se trouve Boulevard Georges Saumande. Cet accès est desservi par les flux entrants et sortants :
Boulevard G. Saumande en provenance de Trélissac
Boulevard G. Saumande en provenance du pont des Barris
Boulevard G. Saumande en provenance du pont Saint Georges
Boulevard G. Saumande en provenance du Greffe

1. La justification
Au regard de l’étude présentée par la CAP sur le PDU, en aucune façon, bien au contraire, il n’y a de raison valable de remettre en cause sur la place Mauvard une aire de stationnement, qu’elle soit souterraine ou aérienne. On sait que l’offre en stationnement est juste correcte et pourtant qu’elle est déjà saturée. Il faudrait donc remplacer cette offre place Mauvard par une autre équivalente, ce qui n’est absolument pas envisagé, voir envisageable.

2. La faisabilité
Quelque soit les orientations futures du PDU, il est absolument exclus sur le B. Georges Saumande que :
1. l’accès automobile depuis Trélissac soit interrompu
2. l’accès automobile depuis le pont Saint Georges soit interrompu
3. l’accès automobile depuis le pont des Barris soit interrompu, (confirmé par les services techniques)

Dans tous les cas de figure, il s’agit de comprendre que les voies de contournement ne sont pas faites pour éliminer le trafic automobile sur une zone, mais pour éviter d’ici les 15 prochaines années, de passer d’un état de congestion chronique à celui de saturation totale et des conséquences désastreuses induites.

Dans le scénario défendu par le parti communiste, pour le tout ferroviaire et l’interdiction de la voiture en centre ville, Mauvard deviendrait même indispensable pour stocker les véhicules dans cette zone de l’agglomération. A moins que la place Mauvard ne devienne une gare et le boulevard Georges Saumande une voie pour le TER ou la navette ferroviaire, pourquoi pas. Mais là c’est une autre histoire dont nos futurs petits enfants seraient les témoins.

:: En conclusion ::

Quelque soit le scénario choisit pour le futur PDU, qu’il soit monolithique ou panaché, il n’y a strictement aucun lien de causalité, ni sur le plan de la justification, ni sur le plan de la faisabilité, entre le parking de la place Mauvard et la gestion des déplacements sur le plan intercommunal. Aucun lien de causalité. Vous pourrez interrogez qui vous voulez, les urbanistes, les paysagistes, les services techniques de la mairie ou de la CAP, vous ne trouverez dans leur réponse aucun argument de causalité entre les deux projets.
Le parking est nécessaire et existant, qu’il fut aérien ou souterrain ne change par le problème du PDU et ce dernier exclut toute voie piétonne ou ferroviaire boulevard G. Saumande, de même que pont ou pas pont il y aura des véhicules en demande de stationnement à l’entrée du centre ville.

Pour notre part et jusqu’à preuve du contraire. Nous excluons d’un raisonnement logique, l’argument consistant à lier par un principe de causalité, le projet du parking souterrain de la place Mauvard et celui du PDU de la CAP.

De l’argument du maire de Périgueux
De deux choses l’une. Ou bien il s’exprime en toute sincérité. Dans ce cas il faut renforcer la pédagogie et lui expliquer concrètement les critères de faisabilité régissant les différents projets. Les services techniques sont là pour assister les élus et les aider à prendre des décisions sur des sujets complexes.
Ou bien il ne s’exprime pas en toute sincérité. Dans ce cas nous lui demanderons de le faire, étant donné qu’il n’est pas légitime qu’un élu trompe et masque ses intentions réelles envers les citoyens. Ainsi il pourrait expliquer les raisons réelles de ses tergiversations pour le moins étonnantes.

L’article suivant sera consacré, sur les mêmes bases que celui-ci, au financement du parking souterrain.

Bas Saint Front. Périgueux « 2010 Autrement »?

Il s’est tenu hier la première commission consultative de la nouvelle municipalité sur le projet d’aménagement du Bas Saint Front. Associations, commerçants, usagers et habitants étaient présents aux côtés du maire, de ses adjoints et de son directeur de cabinet, ainsi que l’urbaniste des services techniques chargée du pilotage du projet.

L’organisation et l’horaire, (18h00), permettaient à cette présentation/consultation de se dérouler dans les meilleures conditions, élément majeur pour la qualité des débats. L’ordre du jour détaillé est communiqué sur place et non par courrier, ce qui ne manque pas de surprendre, puisqu’un ordre du jour est fait pour anticiper et préparer une réunion, pas pour la découvrir.

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:: Les projets ::

Ce projet formait un tout à partir des 5 éléments suivants : Clautre / Denfert-Rochereau / Daumesnil / Mauvard / Thouin. La présentation d’Avant Projet exclut dorénavant l’élément Mauvard, jugé problématique en raison du financement du parking souterrain. Il n’y a plus un projet mais deux.
Cette distinction n’est issue d’aucune concertation, elle est le fait d’un seul homme, le maire. La quasi unanimité des personnes qui se sont exprimées, y compris le maître d’œuvre du projet, insiste sur la nécessité de conserver la globalité du programme, jugeant que supprimer des stationnements sans en créer d’autres serait une erreur.

Projet n°1 (environ 10 millions)
Le premier projet porte dorénavant sur les abords immédiats de la cathédrale, en dehors de la place Mauvard.
Le planning du projet n°1 est présenté ainsi :
Avant Projet : fin 2008
Réalisation : 2ème semestre 2009

Projet n°2 (environ 11 millions)
Le second projet, celui de la place Mauvard, est dissocié du premier et rattaché à d’autres critères de faisabilité que le premier, comme celui du financement, l’exploitation privée et la gestion des flux routiers à l’échelle intercommunale. Si le stationnement souterrain est renvoyé en surface, c’est la connexion à la rivière qui saute, ainsi que tout le projet paysager.

PDU et intercommunalité
Bien des fois le maire a fait référence à la Communauté d’Agglomération, (CAP), pour subordonner la faisabilité du projet Mauvard à l’application du Plan de Déplacement Urbain, PDU, et à la réalisation du pont de l’Arsault, permettant de désengorger le transit dans Périgueux. On gardera à l’esprit que le maire est vice président de la CAP et acteur majeur de cette techno-structure où Périgueux est largement représentée. D’autre part le PDU est toujours à l’étude, et ne verra pas le jour avant l’horizon 2014, manière de faire comprendre que son application n’est pas d’actualité pour la présente mandature, renvoi aux 22.

Financement
Le maire l’a annoncé par voie de presse. Il veut que les « dépenses » de ce projet correspondent à une case « recettes ». Si le problème parait bien légitime, il semblait que la municipalité précédente l’avait résolu. Nous ne manquerons pas de leur demander comment ils comptaient s’y prendre en évitant le recours à l’emprunt.
Le maire a également annoncé de futures demandes de subventions à l’Etat, qui, sur un plan patrimonial paraissent justifiées, demeurent politiquement optimistes.

:: Les débats ::

Bien sur, c’est agréable de se laisser porter par la présentation d’un projet tel que celui là. On a envie de débattre avec le maître d’œuvre, sur des points précis, d’autres plus flous, d’apporter des idées, etc. Pour autant, en phase d’Avant Projet, on en est encore au stade de la pertinence générale, de l’économie générale du projet et ses critères de faisabilité. On y analyse son opportunité, sa cohérence globale, avant de se questionner sur l’emplacement d’un stationnement pour autocars ou la mise en relief d’un fond de scène par rapport à un autre. Le mélange des genres, dans une certaine confusion des étapes, nous a fait discuter en même temps de la couleur des revêtements et de la faisabilité même du projet.

Cet exercice contre nature vient de ce qu’il a été demandé par le maire au maître d’œuvre et à l’urbaniste de faire le grand écart, en avançant sur une partie du projet tout en reculant sur l’autre. De sorte que la pierre angulaire du projet global, la place Mauvard, a été retirée de la présentation. Le maître d’œuvre et l’urbaniste se sont donc retrouvés face à une certaine entorse aux règles de l’art, exercice contradictoire duquel ils se sont accommodés avec maîtrise et professionnalisme.

Hier nous avions par moment l’impression d’être en phase PROJET, en s’arrêtant longuement sur la granulométrie des bandes de roulements ou les aspects de surfaces par exemple. La prochaine cession aura lieu en Septembre et il sera nécessaire de revenir à l’ordre logique de la conduite du projet. On parlait déjà hier du projet comme si les travaux allaient commencer dans 3 mois ; c’est loin d’être le cas, car des scénarios très différents restent à arbitrer.

:: Les scénarios ::

Sur la base de ce que le maire a annoncé dans la presse, il ressort bien plusieurs possibilités à traduire par :
– On fait rien et on décale d’une mandature, ce qui ne semble pas être le cas.
– On fait tout et on n’a pas assez d’investissement pour les projets « Périgueux Autrement ».
– On fait partiellement et on panache « Périgueux 2010 » et « Périgueux Autrement ».

1. PDU / Arsault / Mauvard
En admettant que la mairie trouve le mode de financement qu’elle cherche pour le parking souterrain et qu’elle subordonne la faisabilité de l’ouvrage à l’application du PDU, le projet n’est pas réalisable, vraisemblablement, avant 2014/2015. On gardera en tête que le PDU est également lié au Schéma de Cohérence Territoriale, SCOT, et que ce dernier aussi fini par tourner au serpent de mer, puisque sa mise en application n’est pas prévu dans la présente mandature 2008/2014.

– Au final, si ce n’est pas possible, c’est à cause de la CAP. Au niveau national, on aurait dit que c’est à cause de l’Europe. C’est devenu un grand classique des communes faisant supporter des mesures impopulaires que de les faire porter sur l’intercommunalité. Personne n’ignore pourtant que la commune de Périgueux est la plus puissante au sein de l’exécutif de la CAP. Passons. D’ici, 6 ans, il devrait être acquis qu’élire un maire revient à voter pour la politique d’une communauté d’agglomération. Il faudra en tout cas le savoir, car ce n’est pas Sarkozy qui s’intéresse à la démocratie (y compris locale) ou au cumul des mandats sur le plan constitutionnel, le seul qui fasse foi. On pourra le vérifier à la rentrée –

Dans ce cas, le projet d’aménagement serait réalisé partiellement, ce qui entraînerait visiblement un fort mécontentement des usagers et des acteurs locaux. L’essentiel de l’écrin autour de la cathédrale serait préservé, mais la gestion des flux et stationnements serait soumise à des aléas négatifs.

2. Les dominos
Le maire pourra aussi manœuvrer pour expliquer, qu’en accord avec la population, (ineptie du projet sans parking), la réalisation du projet n°1 est subordonnée au projet n°2, tout en disant que le projet n°2 est toujours subordonné au PDU. Dans ce cas, la totalité du projet serait renvoyée à la prochaine mandature.
C’est un scénario catastrophe, mais on en a vu de pires se réaliser.

3. «Périgueux 2010 Autrement »
Sur un plan politique, il permettrait de réaliser partiellement un projet estampillé « Périgueux 2010 » pour laisser la place à un projet « Périgueux Autrement », comme celui de la création d’une nouvelle mairie. Le parking souterrain estimé à environ 9.5/11 millions d’euros, contre un projet de mairie à la CCI qui ne devrait pas en être loin au bout du bout, l’option doit être dans les tuyaux.

:: Conclusion ::
Une nouvelle concertation est prévue à la rentrée, le 15 Septembre, à 18h00 au théâtre.
Le maire aura ou bien trouvé un opérateur privé prêt à porter la totalité de l’investissement sur le parking, ou bien prévu le report du projet Mauvard à un horizon flou et lointain, ou bien dégagé la ligne d’investissement adéquate dans le budget communal.