Nouvelle CAP, nouveau cap?

La Communauté d’Agglomération Périgourdine présente un dossier synthétique retraçant les grandes lignes du nouveau mandat qui se présente, ainsi que l’équipe responsable du cap à suivre.

:: Le développement durable ::
L’édito de mandature est sous le signe du développement durable pour le président du conseil communautaire, M. Bérit-Débat. Etant un enjeu de survie des espèces à terme, on ne peut qu’y souscrire. Cela serait l’occasion, dans le cadre d’aménagements des parcs d’activités économiques et des entrées de villes, fussent-ils menés « tambour battant », là aussi et peut-être surtout, d’appliquer cette politique bien absente des projets économiques, si alléchants en terme de taxe professionnelle.

Le principe du « je t’échange de la taxe pro contre du rabais environnemental », (toujours trop coûteux), lui, ne durera pas, c’est certain. Ainsi, puisqu’il ne s’agit pas que de mots, on ne peut qu’encourager les édiles à être exigeants et vigilants, ne cédant pas aux grands programmes de défiscalisation ou à quelques créations d’emplois au mépris d’une gestion durable des eaux et des sols. A ce titre il serait intéressant de connaitre le bilan environnemental de toutes ces opérations économiques menées « tambour battant », ainsi que les mesures compensatoires au titre du développement durable qui ont présidé aux règles d’urbanisme. Et oui, la rhétorique est heureuse en ces temps, car cette question était une colle; avis à la population. La réalité est tout autre. Ces projets représentant des investissements massifs en terme d’aménagement, ils se doivent d’être rentabilisés rapidement. Pour ce faire, l’on n’hésite pas à se montrer accommodant avec les acquéreurs potentiels. Cela passe par une gestion relaxée de tout ce qui touche au paysage, à l’environnement, aux eaux de ruissèlements, etc.

Au-delà du développement durable, la CAP semble se donner également certaines directions marquées.

:: L’aménagement du territoire ::
Ce dernier fait partie intégrante des enjeux liés au développement durable. On ne peut qu’exhorter la CAP à produire les Schémas de Cohérence Territoriale et le Plan de Déplacement Urbain au plus vite et au mieux, qui permettront de rationaliser et maitriser le territoire, le bâti et les flux routiers. Mais las, qu’entend-on parler de ces documents depuis de trop nombreuses années, signe manifeste de désinvolture, volontaire ou non.
Ces documents fondateurs de l’agglomération et de ses orientations environnementales sont la clef de voûte d’un aménagement durable du territoire. L’urgence se fait sentir aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire d’agir dans la précipitation, (entendu trop souvent pour gagner du temps), mais il est nécessaire d’agir.

En ce sens, on pourrait attendre de la CAP qu’elle mette à disposition un état des lieux de ces projets en proposant un planning à titre de repères, en soulignant les prochaines échéances. Tout le monde y gagnerait.

:: Le renforcement partisan de la structure ::
La gauche y gagne en pouvoir. Cela offre deux regards, selon l’humeur.
Le premier est optimiste. La droite n’y existant qu’en parole et non en pouvoir, cela renforce la cohésion d’action du groupe communautaire, et rend caduque les rivalités politiques du passé, petit jeu de partis politiques dont l’intérêt général faisait les frais.
Maintenant que le groupe socialiste a toute latitude de décision, on peut penser que la cohésion de l’action en sera renforcée et que Périgueux sera associée à la synergie globale, on s’en réjouit. Normalement, mais ne présumons de rien en la matière, l’intérêt général devrait y gagner.

Le second regard est moins enthousiaste. Il n’y a plus aucun contre pouvoir politique (réel) à la CAP, ni à l’échelle de la Dordogne d’ailleurs. Résultat ?
Une forme de potentat local entièrement dévoué à sa continuité, composé de partisans professionnels, ici un chargé de mission du Conseil Général, là un médiateur du Conseil Régional, tous en quête de pérenniser un système en vase clos et excluant tout ce qui n’est pas adoubé par les barrons. Ainsi quoi de mieux qu’un salarié d’une collectivité territoriale pour exercer un mandat électif, tout en se gardant bien d’indiquer leurs vraies fonctions et leurs origines aux habitants ? Pourquoi cette dissimulation s’il n’était présumé qu’elle constitue un déficit d’image ou un problème moral ?

Le pouvoir délégué par la peuple n’a pas pour but premier d’être conservé mais d’être utilisé au mieux pour le bien commun. Allez expliquez cela à un professionnel de la politique qui nourrit sa famille exclusivement des ses indemnités diverses et cumulées, missions, primes, etc. Il vous rira au nez.

:: L’élargissement de la structure ::
On parle « d’anticiper l’élargissement incontournable » de la CAP, tant à l’Ouest qu’à l’Est. Cela permettrait certainement d’évoluer à terme vers une Communauté Urbaine. Pas sûr que le président de la Communauté de Communes « Isle Manoire », à l’Est, dont la vocation est justement de ne pas faire partie de la CAP, (par surcroît en concurrence à grands coups de parcs d’activités économiques), n’abandonne comme ça un pouvoir si patiemment et méthodiquement acquis.
En bref, la partie commence.

:: De l’organisation politique ::
M. Bérit-Débat fait une déclaration importante, faisant partie de 3 questions centrales qui lui sont posées.
En effet, il se prononce en faveur d’un suffrage universel direct pour élire le conseil communautaire.
« Il faut admettre que la politique c’est faire des choix et que le citoyen attend que ceux-ci soient d’une façon ou d’une autre assumés. C’est pour cela d’ailleurs, que je suis favorable à l’élection de la CAP au suffrage universel direct ».

Autrement dit, pour que les choix soient pleinement assumés – par les responsables élus – il faut en passer par le suffrage universel direct. Cela revient à dire qu’aujourd’hui cela n’est pas le cas et admet en creux la persistance de cette carence démocratique au niveau des EPCI, (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale).

Nous savons pourtant, malheureusement, que ce n’est pas M. Bérit-Débat qui pourra peser sur cette législation quasi inique, en revanche peut-être, un peu plus le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale. Nous verrons. Ce n’est en tout cas pas des Hautes Seines que viendra l’initiative.

Partant de ce constat de carence démocratique, en revanche, la CAP, avec la volonté politique adéquate, pourrait si elle concrétisait son constat par des actes, aller vers une politique générale plus démocratique, recentrée sur les citoyens, au moins par une concertation et une information renforcées et accrues. Application simple et peu onéreuse, cela nous amène à la communication.

:: De la communication ::
bouquet.jpg Le nouveau vice-président à la communication est M. Dupuy, conseiller municipal de Périgueux.
Il déclare avoir la volonté d’informer et favoriser le débat, c’est une bonne chose. Sûrement autrement qu’en « s’occupant du cas » du fleuriste qui le dérange, grâce à sa position d’élu. Un bouquet de roses et une place de stationnement privatif en face de la boutique du Pont Neuf résoudront-ils l’affaire ?
On peut d’ors et déjà lui demander, plus sérieusement, de tenir le site Internet de la CAP à jour, des rubriques sont inactives depuis des mois au chapitre évocateur de « Bienvenue au bon sens ». On demandera, en terme de communication, un peu moins d’auto promotion pour un peu plus d’information réelle et détaillée, tant au niveau papier qu’en terme de TIC. Détails des dossiers, comptes rendus et débats sur l’environnement et le développement durable, les projets à moyens et longs terme, l’actualisation des procès verbaux du conseil communautaire, l’amélioration de la démocratie locale, etc.

Pour se comprendre. Il n’est pas question de querelles, de procès d’intention, ou autre jovialités qu’on laisse volontiers aux partisans et rivaux politiques. Il est simplement question de l’environnement, d’un développement réellement durable et non un thème batelé parce qu’il est il dans le vent, comme une rhétorique prête à l’emploi pour les édiles soucieux de leur image. Clairement parce qu’il en va de la survie des espèces, de la possibilité de survivre même qui se dégrade et que les décisions de la CAP, même locales, participent ou de cette destruction, ou de cette survie. L’état global et les bilans mondiaux ne permettent plus de finasser dans un entre deux poussif, offrant de simuler l’impuissance et l’incapacité d’agir pour éviter l’affront de la lâcheté et du je-m’en-foutisme.

Pour finir, il en ira d’un état d’esprit similaire, pour faire en sorte que la démocratie représentative – dont les signes d’usure et défaillance se mesurent autant par le 21 avril 2002, la méfiance et la suspicion parfois à l’égard des représentants politiques, l’abstention, le désintérêt de la chose publique pour les destinées égotiques – se renouvèle et se renforce, au lieu de décliner avec les institutions de la Vème République. On peut toujours jouer avec les mots, faire en sorte de sauvegarder ses intérêts personnels en brouillant les cartes, se garder de clarifier les faits et les organisations pour prétexter le besoin de spécialistes que seraient les politiciens professionnels, au final, la note sera laissée aux citoyens, et dans le plus grand désarroi, ils peuvent déléguer au pouvoir le pire d’entre eux.

Projet « Bas Saint Front », concertation

La ville de Périgueux met en place une commission consultative extra municipale dans le cadre du projet d’aménagement du bas Saint Front, dite commission du « Bas Saint Front ». Le premier rendez-vous est fixé au mois de Juin.

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Il s’agit pour le nouveau conseil municipal de savoir s’il continue ou non le projet et dans quelle mesure il le modifie. Pour autant il faut souligner l’effort d’associer les habitants à ce projet et d’agir de concert avec eux. Cette expérience participative, avec toute la fraîcheur de la nouvelle équipe, sur un sujet fondamental pour Périgueux, au cœur de ses fondements historiques et identitaires, sera donc l’objet, au fur et à mesure, de toute notre attention.

C’est pourquoi à partir de ce premier article, nous mettrons en ligne toutes les informations à notre portée pour que chacun puisse suivre l’évolution conjointe de ce mode participatif ainsi que le projet en lui-même.

Pour mémoire, ce projet existe depuis un moment et a déjà fait l’objet de réunions de concertations avec les habitants, ce qui a permis de dégager un lauréat du concours organisé par l’équipe municipale précédente. L’association Renaissance du Greffe a participé activement au projet depuis plusieurs années et a fait partie de la commission qui choisit le projet lauréat. Ce projet a été aussi âprement débattu en conseil municipal aux différentes étapes de l’élaboration, nous en fournirons une synthèse si besoin était, afin d’en saisir quelques subtilités politiques et humaines.

Aux dernières nouvelles, il faut lire l’article de la Dordogne Libre dans lequel le maire parle du projet, où il expose 3 possibilités qui se présentent, selon les capacités d’investissement à dégager :

1. Réaliser le projet dans son ensemble, aménagement + parking souterrain
2. Réaliser l’aménagement sans le parking
3. Réaliser le parking uniquement

:: LE CONTEXTE ::

La cathédrale Saint Front est depuis trop longtemps otage du trafic routier, cernée de tous côtés par les routes et les stationnements. Elle est pourtant un des éléments emblématiques de la ville, à l’origine de la fondation du quartier historique, la ville du Puy-Saint-Front, longtemps autonome et de tradition communarde, ne serait-ce que dans l’esprit et l’histoire. Le Puy-Saint-Front fut, après Montmartre, la deuxième commune libre de France en son temps.

Le Puy-Saint-Front a toujours eu une identité forte. Que ce fut à l’époque des consuls, où l’on frappait monnaie en combattant les anglais, pris en tenaille entre les frères ennemis de la Cité et les fourberies d’Archambaud; à l’époque de la Commune, où l’on s’inscrit contre les versaillais et soutient les révoltes de cheminots contre les commandes militaires de Versailles: où l’on a pu croiser l’Empereur des rues Neuves, dans le quartier des Turcos, (Télécharger « Mourgoux, maire des rues Neuves »). Les grands-pères sur le marché, dont le mien avant, racontaient le Puy-Saint-Front à leur époque, où l’on allait pas comme ça, en tout cas la Police. Parlez-en à Dédé, samedi sur le marché, (le matin de préférence).

 

 

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Premier plan du Puy-Saint-Front connu, François Belleforest, 1575

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« L’ou s’ei de la Ruo l’Omperour! Si n’ai pas touto la valour de l’Autre per la canounàdo n’ai pas pôu d’uno charmenàdo« . R.B

L’histoire de ce quartier y est aussi riche que son patrimoine architectural et incite à la modestie celui qui veut le modifier. Dans le sens où l’on espère qu’il le modifiera avec modestie. La rénovation de la cathédrale par l’architecte Paul Abadie y a été un succès mitigé pour l’époque, entre le bysantin de coupe mécanique et le courant de restauration de Viollet-le-Duc, il a eu le mérite de ne pas la laisser s’effondrer définitivement. Avant les travaux, Victor Hugo avait offert à Périgueux en visitant la cathédrale qu’elle était « un mélange d’architecture et de hasard« .

Avec la destruction du grand moulin de Périgueux, le remaniement des berges de la rivière l’Isle et la création du boulevard Georges Saumande à la fin du XIXème siècle, les périgourdins furent coupés de leur rivière, ont dit que Périgueux lui tourne le dos. Avant la route, Périgueux plongeait littéralement dans la rivière de par ses berges et l’eau à fleur de bâtiment par endroits.

 

 

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Photos de Edouard-Denis BALDUS, 1860
Sur le site de la mairie de Périgueux

A une époque plus tardive, sous Yves Guéna, a eu lieu un second traumatisme local. L’autorisation donnée de construire l’hôtel Ibis en pied de la cathédrale, susnommé adéquatement « La Verrue » ainsi que les grands immeubles de logements collectifs qui n’ont rien à envier au surnom de l’hôtel. En son temps, le projet d’hôtel avait été conspué par beaucoup d’habitants. Des photos anciennes montrent toute la beauté de l’édifice se reflétant intégralement sur la rivière, ce n’est plus possible aujourd’hui. L’aménagement de la place Mauvard, entre l’hôtel et les logements collectifs, n’a jamais été pensé, jusqu’à aujourd’hui, autrement que comme un « trou ». D’ailleurs, on notera encore l’existence d’un petit îlot de friche, que je trouve avec le temps, à titre personnel, aussi insolite que charmant dans le contexte du bâti ancien.

Le projet d’aménagement du bas Saint Front est donc lié à la place de la Clautre et sa liaison avec la place Mauvard, la rue d’Enfert-Rochereau, l’avenue Dausmenil et le boulevard Georges Saumande. Cet ensemble de places et de rues forme l’étau routier, métallique et bitumeux, qui étreint la cathédrale.

:: LE PROJET ET LES ENJEUX ::

Au-delà de la problématique purement urbaine, qui n’est jamais isolée, on s’aperçoit que des thèmes importants sont en jeu, sur le plan social, historique et culturel. D’autre part, pour mémoire, la cathédrale St Front est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui, en terme d’enjeu pérogourdin et supra communal, devrait se traduire par une attention plus que particulière.

La rivière
Les périgourdins peuvent se réapproprier cette rivière, en rétablissant le contact avec elle, par un accès facile et direct. Que les berges immédiates servent uniquement de stationnement pour les camping car pose un problème ou en tout cas une question. Ne pourrait-on pas en faire quelque chose de plus utile pour le périgourdins, sans demander aux visiteurs de bivouaquer à l’extérieur de la ville ?

Les voies de déplacement
Desserrer l’étau routier autour de la cathédrale est primordial dans le projet. Le problème vient de ce qu’une quantité très importante de véhicules utilisent ses axes pour traverser Périgueux quotidiennement. La liaison avec la rue Saint Front est cruciale en l’état et cette dernière reçoit sauf erreur l’équivalent de 10 000 véhicules/jour, (volume égal à celui de la RN 221 par exemple).
Pour autant il va bien falloir trouver une solution pour libérer le transept Nord de la cathédrale.

Le stationnement
Le projet du bas Saint Front comporte également l’aménagement de la place de la Clautre. Cet espace de Périgueux, un des plus importants de la ville, est également à libérer des véhicules par une destination plus piétonne et plus verte. Il s’agira également de garantir l’accès au marché de plein vent pour les professionnels, ce qui n’est pas si évident dans la pratique.

D’où également le projet de parking souterrain, qui est la pierre angulaire des aménagements de surface. A terme, à l’horizon des 20 ou 30 prochaines années, nous savons que notre pratique de la ville et du déplacement auront changé. Les voitures seront stationnées en périphérie de la ville et les transports en commun seront de rigueur. Le défi environnemental et l’évolution de la ville passeront par cette solution. En préparant cette mutation, les parkings de centre ville sont nécessaires et souterrains si possible.

Les espaces piétons
La place Mauvard est un parking devant devenir un espace paysager pour piétons, créant un lien direct entre la ville et la rivière par le biais d’une grande perspective ouverte.
La place de la Clautre et le haut de la rue Taillefer, le parvis du transept Nord de la cathédrale et l’avenue Daumesnil devraient devenir des zones 30 avec des trottoirs élargis.

Concernant la liaison piétonne entre la place Mauvard et la place de la Clautre, via la place du Thouin, il semble y avoir un problème. Il est prévu un ascenseur partant du pied du mur d’enceinte et arrivant place du Thouin. Si l’on comprend la justification d’un tel équipement, en revanche, on peut prévoir un cout exorbitant pour sa réalisation.

:: LE PROJET LAUREAT ::

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Plaquettes de présentation du projet en pdf
Plaquette n°1
Plaquette n°2
Plaquette n°3

On peut également visionner le film d’animation qui synthétise le projet.
[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=LBgwECgDTYQ[/youtube]

La vidéo a été  réalisée par :

NÉOMONDE

PRODUCTION AUDIO VISUELLE

IMAGES DE SYNTHESE/VIDÉO

www.neomonde.fr

OO33.553.63.59.49

0033(0)6.83.36.7767

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:: APPROCHE GLOBALE ET PLAN LOCAL D’URBANISME ::

Le projet a bien entendu un impact plus large que le quartier Saint Front en lui-même. Il fait partie d’une logique globale, communale et supra communale, contenue dans le PLU de Périgueux. Ce document essentiel, fondateur des règles d’urbanisme des prochaines années, n’est pas encore applicable à Périgueux. Il ne reste plus qu’une approbation en conseil municipal pour qu’il le devienne. La nouvelle municipalité entend y apporter sa « griffe » avant de l’entériner.

Globalement, le PLU en projet vise à « mieux qualifier les différents pôles d’attractivité », à améliorer la fluidité des cheminements piétons en incitant à la promenade notamment et à favoriser la circulation des deux roues. La réappropriation des berges de la rivière fait aussi partie des objectifs du PLU. En ce sens, la CAP travaille déjà à ce programme intercommunal avec le projet des Berges de l’Isle et la voie verte qui emportent aujourd’hui l’adhésion générale.

Qu’on ne s’y trompe pas ; il s’agit d’un temps long. Il faut aujourd’hui anticiper ce que sera la ville à moyen et long terme, à l’horizon 2030. La facture économique et environnementale de nos déplacements étant en l’état une aporie absolue, c’est une véritable mutation des usages et des capacités à se mouvoir qui est à l’étude.

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Le point presse du maire: « je » n’est pas un autre

La Dordogne Libre publie aujourd’hui une interview du maire de Périgueux, Michel Moyrand. C’est un état des lieux sur les dossiers importants soutenus ou retoqués par la municipalité.

On trouvera quelques informations sur les sujets suivants :
Le budget municipal, sur lequel le nouveau maire accuse l’ancien d’avoir dissimulé des dépenses pour feindre un bilan excédentaire. Ca dénonce une arnaque en somme, ou bien on dit: « pisser à l’atout ».
L’aménagement du bas St Front qui semble poser des problèmes aujourd’hui quand il n’y en avait pas hier. C’est la place Mauvard que l’on déplace à la CCI ?
La fiscalité, où l’on comprend que si la croissance redémarre elle sera accompagnée d’une hausse des impôts, enfin peut-être pas.
Le déplacement de la mairie à l’ancienne CCI. Projet coûteux quoi qu’on en dise qui ne connaît pas le moindre débat mais pour autant demeure fermement soutenu, comme un symbole.
La rénovation des écoles, toujours au programme.
Le projet d’électrification de la ligne Périgueux/Limoges, projet court-circuité par le Grenelle de l’Environnement.
La maison de quartier St Georges, non budgétée, non concertée, mais déjà dotée d’un baby-foot offert par l’amicale de St Léon / Vézère ?
L’aménagement de Castel Peyssard où Ducasse pose un lapin.
La ligne aérienne Périgueux / Paris, projet soutenu par la CAP et l’ancien maire, seule alternative dorénavant dans la liaison avec Paris depuis le rétif Grenelle qui n’a pas tenu compte des injonctions de notre maire.
Le réaménagement des boulevards, projet définitivement enterré au bénéfice des quartiers périphériques, la revanche annoncée du projet de campagne.
Le réaménagement urbain du Gour de l’Arche ramené pragmatiquement à un city stade, on fait se qu’on peut dit-il.

Au total 11 dossiers abordés et pas des moindres. On y parle même de la promesse de campagne du maire de recevoir toute personne le demandant dans les 15 jours, c’est dire. Au fait, n’appelez plus, cette promesse est catégoriquement une promesse de campagne.

On serait tenter de penser que les autres dossiers, ceux qui ne sont pas abordés, le sont, « moindres », en tout cas moins prioritaires. En feuilletant le programme de campagne, en réécoutant les déclarations, que nous reste-t-il que nous aurions oublié ? Rien ou si peu.

Ah si. Bah, la démocratie participative. La démocratie parti… quoi ? Oui vous savez, cette pratique de la démocratie qui consiste à associer les habitants aux décisions, pour que le système représentatif actuel ne soit pas qu’un « bonapartisme municipal » depuis la décentralisation de la République. Oui, ça me revient, on en a parlé pendant la campagne électorale, on a même dit que c’était au cœur du projet politique, que c’était essentiel à mettre en œuvre, etc. Donc patience, ce n’est pas un sujet prioritaire, c’est un sujet fondamental, nuance.

Et cette « intelligence collective » recherchée à juste titre et omniprésente durant toute la campagne, y compris présente dans le discours d’investiture ? Désolé, le maire doit l’être. Combien dans l’interview de « je », « moi », « j’ai », « moi je », dénotant une recherche ô combien infructueuse plutôt qu’un concours d’égo avec Nicolas Sarkozy, pourtant classé hors catégorie. Rien de grave encore, juste des ajustements communicationnels en cours. En tout cas espérons, car n’oublions pas que « nous sommes encore en période d’installation ».

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L’ajustement des marchés

Nous avions supposé, pas plus tard qu’avant hier, que le projet de la mairie, de développer des marchés de quartiers avait fait l’objet d’une erreur de communication.
Cette supposition a été confirmée hier par deux articles parus, l’un de Sud-Ouest, l’autre de la Dordogne Libre.

Autant SO lève le pied et annoncait sobrement une rencontre hier soir entre les élus et les professionnels, rencontre programmée avant ce qui est appelé « la fronde », ayant pour sujet l’avenir du commerce pour Périgueux. Question avenir, le débat aurait été nourri, Cf So du jour, autour d’un « malentendu ».

De son côté, la DL poursuivait pleine page en titrant: Le Coderc s’inquiète pour son marché
Sentant l’orage gronder, Monsieur le Maire dénonce une « maladresse de communication« , n’hésitant pas à admonester publiquement son premier adjoint, diffuseur de l’information et pourtant communiquant professionnel. Au cas où cela était passé inaperçu, c’est donc un sujet « sensible » qui demande « précaution« . Il est important de ne pas confondre « précaution » et « participation » pour l’instant; chaque chose en son temps. D’ailleurs, un des principaux intéressés le confesse lui-même, malgré sa bonne volonté: « …je constate que, comme d’habitude, nous sommes les derniers prévenus« .

De l’aveu du conseiller municipal en charge du dossier, … »il aurait fallu d’abord se réunir autour d’une table« , c’est vrai, pas pour engager une concertation participative, mais pour « marquer notre position« , que l’on ne confondra pas avec la notion de territoire, mais de proposition. La cause du problème, poursuit le conseiller, provient du bouche à oreille, pourquoi pas. Mais enfin, qui dit bouche à oreille, dit d’abord bouche. D’autre part, bouche à oreille peut aussi signifier, si l’on se prête au jeu, dialogue. C’est un détail.

Bref, ce projet de marchés de quartier, associant autant les habitants que les professionnels et l’ensemble des quartiers, aurait pu faire l’objet d’un premier rendez-vous participatif, intéressant et enrichissant, signe de la mise en marche du programme de campagne. Nous apprendrons au final qu’il ne s’agissait que d’une erreur de communication, une information mal transmise, non un problème de méthode.

La nouvelle équipe a été élue pour mener une politique nouvelle. Nous ne pouvons que soutenir et encourager le maire à concrétiser sa déclaration d’investiture.

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Marchés dans le vent

Depuis quelques jours, un débat s’amplifie autour d’un projet municipal, porté pendant la campagne électorale, les marchés de pleins vents dans les quartiers. Le projet consiste à implanter des marchés dans les différents quartiers de Périgueux, sur le modèle de ce qui existe places de la Clautre et du Coderc.

De la bouche d’un conseiller municipal, Cf. article de la Dordogne Libre du 05 05 08, l’objectif est de « …revitaliser la vie de certains quartiers et apporter des services nouveaux à la population« .

La réaction a été rapide. Une partie des commerçants et marchands de la Clautre et du Coderc appellent à la vigilance sur la mise en place du projet de multiplication des marchés de pleins vents, Cf. article de Sud-Ouest du 10 05 08. Une autre partie s’inscrit directement contre ce projet appelé de « délocalisation », en faisant circuler un tract indiquant les risques économiques qu’engendreraient la multiplication des marchés dans Périgueux.

Dans l’article du 12 05 08, l’article de Sud-Ouest relate l’intervention de la mairie pour apaiser les esprits échauffés et inquiets des bourrasques suscitées.
Le conseiller municipal en charge du dossier ainsi que le maire interviennent, enfin, diront certains…

Ce qui est intéressant, au delà du problème des marchés de pleins vents, de leur « délocalisation », « multiplication », de leur cohérence ou de leur futur échec, c’est le traitement de l’information et la communication de la mairie.

Les titres des journaux sont éloquents:

Dordogne Libre du 05 05 08: « Les marchés de quartiers ont-ils un intérêt ? »
Sud-Ouest du 10 05 08: « Grogne au Coderc »
Sud-Ouest du 12 05 08: « Le Coderc se rebiffe »

Les références aux Tontons Flingueurs sont entre les lignes, dans l’éparpillement du marché, entre les tomates et les navets…

« J’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J’vais lui montrer qui c’est Raoûl. Aux quatre coins de Périgueux (Paris) qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile… »

C’est plus Raoul qu’on l’appelle, c’est Michel, Michel Audiard bien sûr.

Dans le dernier article de Sud-Ouest, qui fait comprendre que le Maire a été forcé de préciser sa position, ce dernier s’en remet pour toute justification à une demande des riverains en sous-entendant des manœuvres politiques pour dramatiser et plomber le projet. A défaut de plein vent, le projet est vent de face.

Ce qui est frappant, dans le cadre des préoccupations de La Chouette, c’est que l’annonce de la réalisation de ce projet par un conseiller municipal, en mai 2008 pour septembre 2008, fut faite sans aucune préparation avec les habitants, les marchands et commerçants concernés. On comprend aisément la volonté municipale de réaliser son programme et de répondre à la demande de certains riverains.

Mais où sont donc les concertations préalables, le travail de communication et d’échanges en amont avec les principaux intéressés, les rencontres délibératives, le recours à l’intelligence collective si âprement cantonné?
Il n’y en a aucune trace, c’est en l’état, un modèle de démocratie anti-participative. Pourtant, cette démocratie participative était dans le projet de campagne, au même titre que les marchés de quartiers.

Informations et concertations préalables, communication précise du projet et sensibilisation des intéressés par une étude d’impact économique et social, auraient surement évité ce tollé, ce plantage de communication politique et ce pain béni pour l’opposition qui n’a plus qu’à surfer le sujet.

Que ne faudra-t-il pas déployer maintenant pour que le projet ne soit pas vécu comme un passage en force municipal? Comment ne plus patauger dès lors en pleine symbolique de 49-3?

Tout va s’arranger par le dialogue, nous dit le Maire.
– Mais, Monsieur le Maire, et si tout commençait par le dialogue?

Espérons donc au final que cet épisode ne soit que la bavette mal taillée d’un conseiller enthousiaste; l’erreur est humaine.