Législatives 2012 Périgueux: OMG le site UMP !

Dans le dernier billet, (Philippe Cornet les législatives à Périgueux) nous évoquions les angles très personnels de Philippe Cornet (candidat aux législatives 2012 sur la 1ère circonscription de Dordogne) en matière de communication. Il annonçait en fanfare le lancement de son site de campagne dans Sud Ouest (samedi 17 mars).

En réalité, son site est déjà en ligne à l’adresse hppp://2012cornet.blogspot.fr/, nous allons vous en livrer une analyse succincte. Pour la faire courte, ce site en 2012 est tout simplement affligeant et montre l’amateurisme de l’équipe tout autant que la légèreté avec laquelle cette campagne est lancée sur internet.

Ce n’est pas tant l’incompétence, non critiquable en soi, que la sous estimation de l’importance de la communication en ligne qui est source d’une erreur politique lourde. L’idée que cette communication, au prétexte d’être sur internet, s’improvise et se bricole par de parfaits ignorants de la chose conduit droit à l’échec. Ainsi le blog de Philippe Cornet est un condensé de ce qu’il ne faut exactement pas faire quand on communique sur internet.

C’est une manière de se ridiculiser et de se rendre peu crédible, a fortiori quand on affiche la prétention d’exercer un mandat national.

Nom de domaine: le non sens

Pour commencer, Philippe Cornet n’a même pas pris la peine de louer un véritable nom de domaine (environ 7 €/an). Il se contente d’ouvrir un blog sur la plate-forme d’hébergement gratuit Blogspot, propriété de la société Google.

Si un véritable site est en gestation, (il pourrait intégrer des fonctions de blogging), cette initiative sur Blogspot est une perte de temps. Pour finir, le choix même de « 2012cornet » est déjà une grosse erreur, soulignant encore la méconnaissance totale des règles en la matière.

Référencement naturel: inexistant

Personne ne trouvera ce site dans les moteurs de recherches. Il restera bien caché, aucune action de référencement naturel n’étant prise en compte. Encore une fois, éditer des contenus en ligne, a fortiori pour une campagne électorale, sans se soucier de leur visibilité relève aujourd’hui de l’amateurisme le plus naïf.

Un exemple ? La requête « législatives 2012 périgueux » sur Google…

Mépris des internautes

Au moins pour le respect des lecteurs (et potentiellement des électeurs), le site pourrait afficher des titres correctement écrits et encodés. On en est loin :

Un titre peu respectueux des lecteurs

Ne pas être soucieux de ce genre de bases est inquiétant pour la suite. Comment faire du lecteur un électeur si on ne prend même pas la peine de respecter sa lecture ?

Communication par l’image: la défaite comme emblème

Le candidat UMP aux législatives de 2012 a choisi comme image principale (du blog et de son profil Google +) une photo de lui en train de faire un discours… Durant la campagne électorale des élections régionales au terme de laquelle le candidat Xavier Darcos a si brillamment perdu qu’il a été viré du gouvernement !

Symbole de défaite électorale pour faire campagne

En matière de symbole, faire référence à une défaite cuisante, relève soi de l’impensé, soit de l’inconscience. Dans les deux cas, l’erreur dans ce choix est catastrophique. Imaginez Nicolas Sarkozy prendre pour symbole de campagne une photo de lui et Balladur en 1995…  Pascal Deguilhem, le candidat PS, peut dormir tranquille.

2.0 et réseaux sociaux: fier de n’avoir rien compris

En bonus de son blog Blogspot, Philippe Cornet a eu droit à son compte Google +. Avec ses deux contacts, (Jean-François Copé et le compte UMP) le candidat semble n’avoir aucune stratégie sur les réseaux sociaux. Qui plus est, le candidat à l’Assemblée Nationale n’a pas saisi ce qu’est un blog. Il le confond avec Twitter, en témoigne ce billet (reproduit dans son intégralité !):

La confusion des outils entraine la confusion des messages

Qu’en conclura un internaute « normal » ? Que l’auteur de ce billet n’a rien compris à internet et confond les outils. Confusion des outils, confusion des usages, confusion du message. Aucune portée possible.

L’absence de stratégie éditoriale, une tactique de kamikaze

Signe que les législatives sont un prétexte pour les municipales de 2014, le principal contenu en ligne concerne une vive critique de la politique, non du député Pascal Deguilhem, mais de celle du maire de Périgueux, Michel Moyrand (« La grande illusion »). C’est en réalité le copié collé d’un texte inclus dans le dernier magazine municipal de Périgueux.

On affiche la recette du bœuf bourguignon pour livrer en réalité celle des nems vietnamiens. Résultat garanti, le lecteur se sentira floué. Et il aura raison, car le détournement d’une campagne nationale à des fins strictement locales sera une réelle tromperie sur la marchandise.

Au final, on comprend surtout que le candidat aux législatives ne sait lui-même pas très bien pourquoi il écrit ce blog. Et donc ceux qui le lisent ne le sauront pas plus que lui.

Résultat, l’indigence qui caractérise ce site fait un peu pitié. Même si la communication sur internet ne fait pas partie des priorités, improvisation, amateurisme et bricolage sont pires que tout.

Dans ce cas là, il vaut mieux s’abstenir plutôt que d’inviter l’électeur à voter pour l’adversaire à cause d’une communication ratée. Car cette manière de prendre l’internaute pour un imbécile qui ne mérite même pas le minimum syndical en matière de présentation web est un véritable répulsif.

La vision sous-jacente d’internet et du monde

Bricolages et amateurisme sont symptomatiques. Ils révèlent en creux toute la considération portée aux Technologies de l’Information et de la Communication par le candidat UMP.

L’idée qu’internet « ce n’est pas sérieux », un truc pour adolescent en mal de lien social est un cliché qui a visiblement la peau dure. L’idée qu’il faut soigner une affiche de campagne ou un tract sur le marché, mais pas la communication en ligne, est un symptôme annonciateur de défaite.

Pour une raison simple, l’anachronisme du candidat qui n’a pas saisi les évolutions d’une société au devant de laquelle il se présente le conduit à l’échec.

Ne pas comprendre que les TIC sont simplement le 3ème volet de la révolution industrielle après le réseau ferré et le réseau électrique, est une erreur de jugement qui conduira à la disparition du paysage politique. Cette évolution darwinienne des représentants politiques est en cours. Le candidat UMP à la 1ère circonscription de Dordogne ferait bien (et vite) de prendre conseil auprès de personnes comme Nathalie Kosciusko-Morizet.

En l’espèce le candidat UMP ne respecte ni le lecteur, ni l’électeur, et plutôt que d’essayer de comprendre, il affiche avec désinvolture et une certaine arrogance, toute l’étendue de son ignorance en matière d’internet. Le ridicule ne tue pas, mais il a déjà fait perdre de nombreuses élections.

Si en 2012 il n’a pas encore compris qu’internet est une question on ne peut plus sérieuse, il n’en paraitra lui-même que plus frivole.

Philippe Cornet veut de la vidéo surveillance pour lutter contre l’insécurité

Oh piti ça va chauffer ce soir. Attention ! Les délinquants qui envahissent la bonne ville de Périgueux, si paisible d’ordinaire, seront avertis.

Trop c’est trop ! Ce soir, l’UMP est dans la place et y a du monde sur la corde à linge. Et oui, dans son souci constant d’efficacité, « la-droite-is-back » organise son évènement sécuritaire à elle (rien qu’à elle).

Après les Assises de la Tranquillité du maire socialiste consacrant la puissance du discours sur les actes et revendiquant le pouvoir de s’y substituer, c’est son principal opposant, Philippe Cornet, qui fait son show.

Crédit photo Periblog

Pour Philippe Cornet, ne pas confondre incivilités et invasions barbares

Il faut dire que les Assises de la Tranquillité furent originales mais peu portées sur le maintien de l’ordre public (dont tout maire a la responsabilité).

En effet, on apprenait que le sentiment d’insécurité chez les vieilles dames était amplifié par la présence des crottes de chiens sur les trottoirs. C’est bouleversant.

Par ailleurs, on notait que le bruit des gens dans la rue dérangeait grandement une population qui, dès 19h00, voulait être tranquille devant sa télé. On déplorait collectivement l’absence de double vitrage.

D’où l’évidente conclusion que « dans-les-bars-y-a-que-des-drogués-et-des-alcooliques » et que ce n’est pas de la musique qu’ils font mais tout simplement du bruit. Bienvenue à Périgueux.

Les hordes de délinquants qui attaquent les bonnes gens

Face à ce tableau balzacien et pittoresque de la société périgourdine, l’UMP a senti l’opportunité. Car effectivement, ce n’est pas cela l’ordre public.

On ne peut mettre dans le même panier (seul Michel Moyrand en était capable d’ailleurs) ce qui relève d’une nuisance sonore et d’une amende de 3ème catégorie avec des délits ou des crimes punis d’emprisonnement.

Alors voilà que Périgueux est attaquée ! La délinquance monte en flèche ! Comme le relaie Sud Ouest, ils violent les femmes, il dealent de la drogue dans nos écoles, ils volent des sacs à main, agressent les gens respectables, etc. etc. Mais qui ?

Et ben les détraqués, les miséreux et les arabes…  J’ai bon ?

Convaincu par la puissance des mots de par sa double casquette d’avocat et de politicien, le leader UMP organise donc un débat sur la sécurité. On va voir ce qu’on va voir et attention ce n’est pas juste un « coup politique » hein ?!

Les inquiétudes de Cornet, les réponses de l’UMP

Bon alors ma pauv’ dame tout fout l’camp. L’insécurité grandit. Parmi les judicieuses solutions apportées à ce problème par le gouvernement, on notera :

  • La baisse des effectifs de police et le gel des moyens d’accomplir leur mission.
  • Pour ceux qui restent, l’obligation de privilégier la répression parce que la prévention c’est un truc de tapette.
  • Appauvrir le pouvoir judiciaire pour le ramener au niveau de la Turquie et de la Russie.
  • Fierté nationale, le budget de la Justice française est un des plus faibles d’Europe…
  • … tout en installant des peines planchers, allez zou ducon au trou et pis c’est tout !
  • Oui mais le trou est déjà tellement plein que la France est condamnée par l’Europe pour violation des Droits de l’Homme.

Flûte alors, autant de trucs qui auraient peut-être servi à contenir la montée de la délinquance dans la bonne ville (mais assiégée) de Périgueux.

Donc pour votre sécurité, la police vous filmera 24h/24h et les méchants ils s’en alleront

Du coup l’UMP locale a une idée géniale, faire comme Christian Estrosi dans la bonne ville de Nice. Installer des caméras de vidéo surveillance.

L’idée, c’est qu’en transformant l’espace public en vaste plateau de téléréalité, l’insécurité chuterait et disparaitrait comme par enchantement.

Bon, la vidéo surveillance est un échec écrasant à Nice, qui coûte aussi cher qu’il est inefficace. Donc Philippe Cornet tempère immédiatement (dans Sud Ouest) :

Ce n’est pas la solution à tout, mais ça peut soulager certains lieux ou certains commerces

C’est effectivement une solution très partielle et bien plus dévouée à un problème électoral qu’à celui de l’insécurité et l’ordre public.

Genèse de l’invention d’un clivage politique pour préparer les élections

Car en termes de clivage politique, le maire socialiste, en appliquant méthodiquement le programme de Xavier Darcos, n’offre que l’espace d’une feuille de cigarette à l’UMP pour se positionner. Rien n’a changé sauf le logo.

Engluée dans des querelles de vizirs depuis 3 ans pour savoir qui de Jean Paul Daudou ou de Philippe Cornet serait le successeur du vaillant Darcos, l’UMP locale, de défaites en défaites, avait réduit son offre politique à des polémiques infantiles et des communiqués de presse bileux.

En parallèle, depuis 2008, l’opposition votait main dans la main avec Michel Moyrand toutes les grandes orientations de la ville, ne pouvant récuser l’application de leur propre politique. Economie, urbanisme, commerce, ressources naturelles, le socialiste a littéralement siphonné le programme de l’UMP.

Le modeste apparatchik a ainsi réussi une greffe inattendue en faisant pousser des roses sur un pommier. Par cette tactique, le maire réalisait une forme d’ouverture à l’envers, en faisant entrer l’opposition dans sa majorité pour tous les choix stratégiques.

L’insécurité comme repli stratégique pour exister (ou au moins en avoir l’espoir)

Hormis le thème de l’insécurité, il ne restait donc pas grand-chose à Philippe Cornet pour créer un clivage politique qui puisse faire office de porte drapeau électoral.

Alors là où Michel Moyrand se gratte encore la tête pour comprendre comment mamie devient parano à cause des merdes de caniches, Philippe Cornet joue la carte de ce qui fit le succès de Nicolas Sarkozy : Créer de la peur, diviser la population, générer de l’angoisse, transformer les faits divers en généralités, etc.

En injectant des électrochocs anxiogènes pour montrer à quel point nous sommes en danger, notre « Sarko local » aura donc beau jeu de lancer des bouées de sauvetage après avoir crié au nauffrage.

Quoi donc:

  • L’augmentation des effectifs de police ?
  • Un recadrage des missions d’investigations ?
  • Une lutte accrue contre les causes de la violence ?
  • Proposer des solutions locales contre le chômage?
  • S’attaquer à la misère et optimiser les structures sociales?
  • Un meilleur dispositif judiciaire ?

Non vous n’y êtes pas!

On vous parle de politique, de marketing électoral et de communication. Alors on se contentera de quelques caméras de vidéo surveillance.

Ah ok !

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Périgueux Ecologie, antenne relai de l’UMP

Une situation compliquée voit le jour à Périgueux, révélant encore toute la difficulté de la majorité municipale à perdurer. Le contexte électoral pour la Région Aquitaine révèle toute l’ambigüité des Verts au sein de cette majorité municipale qu’ils combattent parallèlement au niveau régional.

Nous aborderons ici premièrement la position du maire de Périgueux (en passe de devenir légendaire) et deuxièmement Périgueux Ecologie, en concurrence avec l’UMP pour être la première force d’opposition.

:: Le théâtre des opérations ::
Le déclencheur de cette division, après avoir été il y a peu le sujet de l’aéroport, est maintenant l’installation d’une antenne relai. Voici les faits (Sud Ouest 21 janvier 2010).

Le maire a octroyé une autorisation de construire en décembre 2008 pour l’implantation d’une antenne relai pour le compte de la société Orange, sur le toit d’un hôtel en centre ville. Les travaux ont débuté en novembre 2009.
Le 19 janvier 2010, le collectif Anten s’est formé en même temps qu’il écrivait à la mairie une lettre ouverte et posant les questions suivantes :

Quelles vérifications ont été faites ? Quelle est l’intensité des ondes émises à différents moments de la journée ? Quelles sont les raisons qui ont présidé au choix de cet emplacement ?

Principalement, le collectif met en garde sur le fait que cette antenne relai se situe à moins de 100 mètres d’une crèche municipale et que dès le mois de décembre, des migraines seraient apparues.

Par lettre du 21 janvier 2010, le maire répond qu’il va demander à la société France Télécom UPRSO des mesures de champs électromagnétiques sur les sites susceptibles d’être concernés :

C’est pourquoi nous avons saisi l’opérateur de téléphonie mobile à qui appartient cette antenne afin qu’il fasse réaliser, dès la mise en route de l’antenne des mesures des champs électromagnétiques…

:: Remarques  ::
Dans l’article de Sud Ouest du 21 janvier, il ne semble faire aucun doute que l’antenne est déjà en fonctionnement. A moins que les migraines soient fantasmées et les informations du quotidien erronées, le maire ignore encore, le 21 janvier, que les mesures auraient déjà dû commencer.

D’autre part, pour que ces mesures soient demandées par la mairie, il aura fallu attendre qu’un collectif se forme, publie une lettre ouverte, produise une pétition et un site internet. De plus, la population n’a été prévenue en rien de cette installation, elle a même été camouflée par une fausse cheminée. Enfin, c’est le collectif lui-même qui est contraint d’informer le public sur la règlementation en vigueur, ainsi que la cartographie des antennes relais éditée par l’Agence Nationale des Fréquences.

Pendant un an, entre décembre 2008 (permis de construire) et décembre 2009, la mairie n’a pas jugé bon d’informer la population sur ce sujet. Et là où le maire est interpellé sur un problème de santé publique qui atteint potentiellement des enfants en bas âge, il se voit pour sa part : « soucieux du bien être des habitants ». Le souci dont il témoigne n’est jamais qu’une obligation légale concernant la salubrité qui fait partie de l’ordre public dont il est responsable.

:: Michel Moyrand et la loi ::
Sud Ouest ose ce titre « Prisonniers de l’urbanisme », qui revient à subversivement insinuer que la loi emprisonne et entrave, pour décrire la situation du maire qui est dit « embarrassé » par la question car « prisonnier des règles ». Après tout ces règles ne viennent jamais que de lois votées au Parlement par des représentants issus du suffrage universel. Il n’y a plus qu’un pas pour prétendre que c’est la démocratie qui emprisonne.

Néanmoins, quand la loi dérange vraiment le maire de Périgueux, il sait en faire son affaire. La récente décision d’acheter les tribunes mobiles en est une bonne illustration. Sur le propre site de la mairie, il indique comment il va contourner le code des marchés publics pour esquiver les règles de mise en concurrence :

Pour des raisons juridiques liées aux procédures régissant les marchés publics, les gradins seront achetés en deux temps…

La récente création de l’association CLAP a également dû faire l’objet de diverses contorsions pour correspondre, peu ou proue, aux normes du Code Général des Collectivités Territoriales. Et enfin, il va sans dire que la non application de la loi du 20 août 2008 relative au droit d’accueil des élèves en période de grève est, incontestablement, un manquement à ses obligations légales.

Républicain quand ça l’arrange, il faudrait aujourd’hui le considérer « prisonnier » de la loi, ayant été contraint de délivrer le permis de construire. Si, en son âme et conscience, il avait été convaincu pour cette antenne relai située à moins de 100 mètres d’une crèche, de devoir appliquer le principe de précaution pour une raison de santé publique, il n’aurait simplement pas signé l’autorisation.

Et le juge administratif, même s’il avait annulé le refus de permis de construire, n’aurait pas pu le rendre valable pour autant. La procédure aurait dû repartir de zéro et le maire aurait gagné un temps infini, sans que pour autant le demandeur n’ait le droit d’ériger son antenne. Et cela le maire le sait très bien.

Mieux encore, lorsqu’ un maire est convaincu qu’il y a un risque quelconque, il ferme l’école. C’est le cas de la mairie de Château-Thierry, dans une situation analogue à celle de Périgueux. Pour sa part, l’élu a considéré, au nom du principe de précaution (Constitution – Charte de l’environnement), et selon les recommandations européennes sur les distances de sécurité entre une antenne relai et une école, qu’il devait temporairement fermer l’école visée.

Pour finir, la Cour d’appel de Versailles, par un jugement du 04 février 2009, a ordonné le démantèlement d’une antenne relai sur la commune de Tassin la Demi-lune (Jugement complet en pdf sur Robin des Toits). Il ne fait aucun doute que le maire aurait pu trouver là de sérieux arguments sur le fondement juridique du « trouble » dont il est le garant, ainsi que sur la valeur constitutionnelle rappelée du principe de précaution. Par exemple le considérant suivant:

Considérant qu’un trouble anormal de voisinage étant allégué, le respect des normes, la licéité de l’activité, son utilité pour la collectivité, ne suffisent pas à eux seuls à écarter l’existence d’un trouble.

La réalité est donc simple et devra être assumée comme telle par Michel Moyrand.
– Il n’a pas jugé utile d’appliquer le principe de précaution car il n’a entrevu aucun risque de santé publique dans cette opération.
– Il n’a cherché aucun moyen pour éviter l’implantation de cette antenne en délivrant le permis de construire sans condition.
– Il n’a en rien informé la population de la présence de l’antenne, il aura fallu attendre que la population se manifeste pour cela.
.

:: L’antenne relai de la politique ::
L’opposition, en la personne de Philippe Cornet, a évidement donné son avis dans Sud Ouest précité :

À partir du moment où l’on ne connaît pas les incidences de ces antennes sur la santé, le devoir de précaution s’applique

La question est délicate pour l’UMP. Car c’est le gouvernement Sarkozy qui a décidé de ne pas appliquer le principe de précaution préconisé au niveau européen et permet via le Code de l’urbanisme d’implanter des antennes relais à proximité des écoles. En la matière, le gouvernement ne répond pas aux plus grandes précautions sur le sujet (préconisées par des rapports repris au niveau européen et par certains Etats)  et ce tout au bénéfice des lobbys de la télécommunication, dont on ne peut ignorer parmi eux, Bouygues, ami intime du Président de la République.

Ce paradoxe a été pointé du doigt par Périgueux Ecologie sur son site. Rappelons en préambule que Périgueux Ecologie, les Verts, ont fait liste commune avec le PS pour les élections municipales et qu’ils font partie de la majorité. Ils sont donc pleinement co-responsables des décisions municipales.

Périgueux Ecologie rappelle le précédent de Gay-Lussac et l’implication du conseiller municipal Olivier Demesure dans cette affaire. Interrogé par Dordogne Libre, le 28 octobre 2009 il répondait :

Des médecins et des scientifiques de toute l’Europe dénoncent les dangers des antennes relais sur la santé, commence Olivier Desmesure, de Périgueux-écologie. Il faut mettre en place des mesures de précautions, et avant cela, informer les gens, comme nous allons le faire avec ce débat public.

Aussi, Olivier Desmesure, conseiller municipal de la majorité, est convaincu du danger de ces installations, convaincu de devoir mettre en place des mesures de précautions, convaincu de devoir en informer la population.
En revanche, ces convictions s’arrêtent à Gay-Lussac, elle ne vont pas jusqu’à la crèche des Arènes et sa population environnante, qui n’a mérité ni information, ni précaution, hormis un cache sexe autour de l’antenne pour la planquer.

Périgueux Ecologie continue en citant la ministre de la santé, la Rose-Lyne Bachelot :

Pour moi, les risques du téléphone portable sont une question plus préoccupante que les antennes relais.[…] Sur les antennes relais, tous les éléments sanitaires à notre connaissance ne conduisent pas à s’inquiéter. » (Le Figaro du 23 avril 2009)

Conclusion des écologistes :

C’est une double absurdité.

Mais c’est aussi une façon de commenter les déclarations du maire de Périgueux (SO 21/01/10):

Le plus dangereux pour la santé n’est pas l’antenne mais l’appareil téléphonique.

Sur ce point, Michel Moyrand et le gouvernement ont la même position.

Périgueux Ecologie enfonce le clou :

Une fois de plus, les opérateurs de téléphonie mobile s’en sortent bien avec le soutien des amis de M. Cornet.

Au détail près que le permis de construire a été délivré par le maire, impliquant la coresponsabilité des écologistes dans cette situation, soutenant la position municipale qui est la même que celle du Ministère de la Santé.

Pour conclure, Périgueux Ecologie exulte :

Le groupe des élus Verts/Périgueux-Ecologie soutient la démarche du collectif Anten du quartier des Arènes à Périgueux.

Effectivement, nombre d’entre eux soutiennent le collectif sur Facebook. Ils en oublieraient presque qu’ils sont dans la majorité municipale et que le permis de construire est signé depuis décembre 2008. En plus d’un an, ils auraient pu informer la population en s’appuyant sur l’exemple de Gay-Lussac. Ils auraient pu aussi s’inscrire contre ce projet au nom des valeurs et des principes qu’ils défendent. Ils auraient pu lutter pour que s’applique le principe de précaution. Au titre de responsables de la majorité municipale, ils auraient pu agir et parler.

Mais dans cette affaire, le plus important pour eux fut de commenter avec indignation une phrase de l’opposition survenue le 21 janvier 2010. Voilà toute leur contribution à ce dossier.
Les 4 éco mousquetaires de la majorité qui avaient disparu pendant un an les voilà :

Fabrice MATHIVET
5 ème adjoint
délégué à la jeunesse, aux universités, à la vie associative, à la vie des quartiers
Elisabeth PATRIAT
10 ème adjointe
déléguée au développement durable, l’environnement, l’Agenda 21
Anabelle MANIOS
conseillère municipale
Olivier DESMESURE
conseiller municipal
délégué à l’eau,
rattaché au 10 ème adjoint
On les a retrouvé pour vous. Ils sont actuellement en campagne électorale contre le parti socialiste en Région Aquitaine.

.
:: Conclusion ::
Les Verts n’ont toujours pas pris conscience qu’ils sont dans la majorité et qu’ils sont également co-responsables de ce permis de construire. Ils n’ont pas encore saisi qu’être élu s’accompagnait d’une responsabilité certaine, attendue dans l’action publique plutôt que dans les commentaires d’après match. C’est effectivement ambigu, puisqu’ils luttent actuellement contre le Parti Socialiste pour leurs prendre des sièges à la Région.

Dans leur maladresse, croyant lutter contre l’UMP, ils lui passent les plats. Car ce que dénoncent les Verts, notamment en s’alliant au collectif Anten, c’est la politique menée par Michel Moyrand. Ils en viennent à montrer que le maire de Périgueux et Roselyne Bachelot ont les mêmes vues sur les antennes relais.

Sous couvert d’égratigner Philippe Cornet, ils explosent Michel Moyrand.

Au final, en se comportant comme une frange de l’opposition et en se désolidarisant de la majorité, ils sont en train de rendre un fier service à la droite.

Sauf que jusqu’en 2014, ils sont responsables à part entière de l’action publique qu’ils sont en train de dénoncer.

Périgueux, le maire dépose le bilan (annuel)

Aujourd’hui paraît dans Sud Ouest une belle interview du maire de Périgueux en forme de bilan annuel, le premier de la série. D’où l’émoi.
On y parle même de ruedelachouette. La chouette serait un animal féroce ! Dam, ce modeste volatile nocturne serait-il aussi féroce qu’une bande de scolopendres ?
Revenons plutôt à nos moutons et au jeu d’insomniaque dont ils sont les héros.
Hervé Chassain produit une interview en 13 questions, afin de laisser au maire l’occasion de présenter avec sagacité l’étendue de la nouvelle politique communale.

Attention il y avait des questions pièges !

 :: Question n°1 ::
Michel Moyrand, tombeur du ministre Xavier Darcos ?
« … quelque chose qui fait plaisir ».
Ce qui est pris n’est plus à prendre.

:: Question n°2 ::
Pensiez-vous être élu ?
Ne répond pas à la question, mais indique :

C’est au moment où on fera le bilan au bout de six ans que l’on verra.

On verra dans six ans s’il pensait être élu ?
Cette question fondamentale pour l’avenir de Périgueux ne trouvera donc réponse qu’en 2014.
En réalité, il ne peut pas dire « oui ». Ce serait gros comme le nez au milieu de la figure.
Mais il ne peut pas dire « non », car il avouerait ne pas être préparé à diriger une mairie exigeante et avouerait par là avoir été dépassé. Ce qui aurait entraîné une autre question en corollaire:

Pensez-vous vraiment ne plus l’être aujourd’hui ou faites-vous semblant ?

:: Question n°3 ::
Un maire qui travaille beaucoup, mais indisponible pour les habitants ?
Il confirme travailler beaucoup, se déplacer, dialoguer, etc.
En même temps, travailler beaucoup en étant maire d’une ville de 30 000 habitants n’est pas censé surprendre ou relever du miracle politique.
En parallèle, le « sacrifice » est compensé par un salaire de 8 000 euros/mois, (hors déplacements, frais de bouche…) toutes indemnités cumulées. De surcroît, les indemnités que le maire s’est octroyé plafonnent au maximum légal.
Un mouchoir pour la maire dolorosa ?

:: Question n°4 ::
Il ne se passe rien en ville, signe de lenteur politique ?
Si. Le maire tire le bilan des bilans du bilan. Il tire même sur la sonnette d’alarme après avoir tiré à boulets rouges sur la gestion de ses adversaires. Il n’en finit pas de tirer sur tout ce qui bouge. (enfin tant que ça bouge…)
Le maire se dit fidèle à ses engagements, avec un bémol, (« en fonction de nos possibilités »).
C’est simplement faux. L’exemple de l’engagement de livrer le projet Bas Saint Front pour avril 2011, alors que les études sont gelées (annulation des crédits – 280 000 €). Appelons un chat « un chat ». C’est un mensonge et un manque de parole, une tromperie. Cela sera vérifié à la fin du mois de mars.
Explication du maire : « une situation très fragilisée » jusqu’en 2013 induisant un ralentissement de l’investissement. Pour une situation si catastrophique, nous sommes soulagés d’apprendre que l’équilibre sera recouvré en 4 ans.

:: Question n°5 ::
L’avenir du projet du Bas Saint Front, métaphoriquement appelé « parking Mauvard » ?
Pas de réponse. Le concept d’interview en prend un coup.
On saura en échange que le maire procède à un Programme Prévisionnel d’Investissement de 60 millions d’euros sur 5 ans, (moyenne de 12 millions / an) qui correspond pil-poil à une situation financièrement très fragile. C’est limpide.

:: Question n°6 ::
Continuité du plan Périgueux 2010 de l’ancienne municipalité ?
Pas de réponse.
On commence à se demander si cette interview n’était pas prématurée…
On relève cependant que le maire se dit contraint par ses engagements. C’est énorme. Lui qui est amateur de belles lettres, nous devons lui rappeler la signification de ce mot qu’il semble désespérément confondre avec un autre :

ENGAGEMENT Substantif masculin
A/ Action de mettre en gage quelque chose ; résultat de cette action.
Exemple d’engagement :

Je confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

(Michel Moyrand, futur maire de Périgueux, février 2008).

On ne saurait faire plus clair.

:: Question n°7 ::
Une situation financière difficile ?
Oui, « une situation très fragile ». Endettement « très fort » et capacité d’autofinancement « insignifiante ». Pas de quoi non plus renverser un mammouth nous indique-t-il, puisqu’en 2013 ça ira mieux, de même que l’investissement serait réduit à 12 M€/an pendant 5 ans.

:: Question n°8 ::
Les grandes conclusions de l’état des lieux ?
Il faut « faire exploser l’organisation extrêmement centralisée ». Comment ?
En recrutant un maximum de chefs de services qui obéissent au doigt et l’œil au Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui interdisent aux services la moindre communication d’information sur le fonctionnement de la mairie, sauf autorisation expresse du Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui demandent d’annuler congés et RTT pour remplir la mairie à coups d’épaules.
Visiblement, en répondant à cette question, le maire a eu une panne d’oreillette et n’a pas pu entendre ce que lui dictait son directeur de cabinet. Du coup, il a bien répondu, mais à l’envers.

:: Question n°9 ::
Justement, la manie des recrutements ?
La ville est tellement pauvre que le maire ne peut pas recruter comme il le voudrait. Pourtant, on peut quand même compter sur quelques nouveaux postes qui laissent rêveurs sur le nombre de recrutements s’il pouvait se lâcher.
Réponse n°9 dans la question n°8. Le maire a bien recruté son directeur de campagne, sans recours à la sélection prévue par la fonction publique. Un acte de népotisme fondateur.
Par ailleurs, si la ville était si pauvre, le maire aurait sûrement baissé ses indemnités, consacrées à l’exercice de sa mission et non à son enrichissement personnel. Mais le dévouement à la mission de service public vaut bien quelques investissements défiscalisés.

:: Question n°10 ::
Puisque vous refusez le principe de cette interview, quid de vos ambitions ?
« Il faut rendre cette ville plus attractive ».
On sera surpris « par un programme ambitieux… » décomposé comme suit par le maire.

1. Attractivité sur l’aspect de l’animation (Périgueux sans voitures et ballades à poneys)
2. Attractivité commerciale (comme en soutenant l’extension d’Auchan à Marsac)
3. Attractivité culturelle avec le festival Art & Eau dans 3 ans et une Artothèque à la place de l’ancienne mairie dont on aura bientôt les détails de mise en œuvre, à moins que le bâtiment ne reste vide et inutilisé pendant des années…
4. Attractivité du tourisme d’affaire, via des congrès dont le succès, déjà, est garanti par le talent d’orfèvre de l’adjoint Eric Dosset. (1 congrès en 1 an, attention les mirettes.)
5. Urbanisme. Construire pleins de logements, comme l’installation de DOMOFRANCE dans le secteur sauvegardé, continuer le programme ANRU au Gour de l’Arche, tout en remplissant les 3000 logements vacants en surtaxant les propriétaires comme cela a été annoncé. Ami boulanger, tu n’arrives pas à vendre toutes tes baguettes ? Donc augmente ta production de baguettes, nous allons faire venir des clients par la contrainte. Bref, une logique imparable.

Concentrons nous. L’ambition du maire est de rendre la ville de Périgueux a-ttrac-tive, autrement dit, une ville en capacité d’attirer à elle, de séduire. Et pas l’inverse attention hein ?! N’imaginez pas qu’il pense que le « a » de attratif soit un « a » privatif. Je sais, on dirait bien des fois, mais c’est non.

Pourquoi ?
Pour se développer et ne pas être une bourgade oubliée de département rural, (en passe d’être dépassée par une sous préfecture dynamique), enclavée à l’écart des grands réseaux de communication, en dehors du dynamisme de la Région Aquitaine.

Comment ?
En générant de l’activité économique, culturelle, en dynamisant l’activité sociale, en augmentant sa population en baisse constante depuis 50 ans.

Un enjeu nouveau ?
Non. Le projet du ministre éconduit, Périgueux 2010, avait déjà pour objectif la réalisation de cette ambition, conduisant à penser que les deux hommes partagent le même diagnostic de fond.
La méthode du ministre a été dénoncée puis condamnée par Michel Moyrand, proposant aujourd’hui le même objectif mais indiquant y accéder via une nouvelle méthode.

La méthode de Michel Moyrand pour répondre aux enjeux de la ville ?
La première réalisation illustrant cette nouvelle méthode sera donc le déménagement de la mairie, libérant environ 3 M€ pour l’achat du foncier, nécessitant la mise au placard d’autres projets, comme la rénovation des abords de la cathédrale.

On aurait pu penser par exemple que le maire, pour aller dans le sens de :
– l’activité économique et donc touristique en Périgord,
– l’attractivité de l’habitat et la rénovation du tissu urbain,
– l’attractivité culturelle concernant un patrimoine dont il a fait le symbole de la ville classé à l’inventaire mondial de  l’UNESCO et recevant une subvention de 1 M€ (Etat) pour la rénovation des coupoles de la basilique,
– l’attractivité touristique d’un patrimoine architectural unique en France, (20 ha de secteur sauvegardé) dégradé par des  flux routiers non maîtrisés ;
prenne en considération de façon prioritaire ces différents éléments. Mais pas du tout !

L’urgence, pour coller à la nécessité de développer Périgueux, afin qu’elle devienne une ville attractive et que sa population augmente à nouveau, que son économie se déploie à travers le tourisme et que son activité se dynamise, c’est le DEMENAGEMENT DE LA MAIRIE.

On ne peut pas contester à ce projet, incarnant la nouvelle méthode de Michel Moyrand selon son diagnostic de la ville et de ses enjeux pour l’avenir, un caractère éminemment AMBITIEUX.

Et si vous ne comprenez pas le rapport entre d’une part le projet de rendre la ville plus attractive (économie / culture / habitat) et de l’autre de commencer – au détriment du reste –par le déménagement de la mairie, c’est que vous ne comprenez rien aux subtilités d’administrer un bien public, d’en discerner les enjeux, et de proposer un projet politique visionnaire et durable. Na !

:: Question n°11 ::
Les impôts vont-ils augmenter malgré l’engagement de ne pas le faire ?
Au regard de l’occurrence obscure et indéfinie que le maire prête au terme d’ « engagement », on saurait avec prudence s’attendre à tout.
On lui demande s’il va augmenter les impôts et il répond qu’il sait où il va. C’est logique.
Il confesse ne pas vouloir répondre à la question de toute façon. Par le taux ou par la base, on sent quand même la baffe arriver.

:: Question n°12 ::
Le maire entouré de plusieurs futurs maires ?
Là le maire nous rassure : « Je ne suis pas éternel ». C’est vrai, des fois qu’on ait imaginé le contraire…
Ce qui est plus rassurant encore, c’est d’apprendre qu’ils sont pléthore, au sein de son équipe, à bien vouloir prendre sa place, au cas où il l’a laisse. Tout cela augure une navigation paisible sur l’océan de la félicité.
Encore plus rassurant, il confie décider de tout : « in fine ». Ouf.

:: Question n°13 ::
Une opposition active à Périgueux ?
Là, une réponse à double tranchant, pour la presse et pour l’opposition.

1. « … elle est fortement relayée par la presse »
Accusation non voilée à l’encontre des journalistes de favoriser la présence médiatique de l’opposition contre la personne du maire. La preuve, un encart est réservé à Philippe Cornet (leader de l’opposition) à côté de son interview en deux pages pleines. Depuis quand la déontologie journalistique invite-t-elle au respect du contradictoire !!!

2. l’opposition parle pour ne rien dire
Non seulement les journalistes relaient bien trop complaisamment les propos de l’opposition, mais en plus, « parfois pour des futilités ». L’accusation de futilités est tempérée par l’emploi d’un « parfois » circonstancié, presque politiquement obligatoire dans la situation.

En gros, si l’opposition pouvait la fermer et les journalistes se concentrer sur les concours de belote du département, le maire n’y verrait pas d’inconvénient.

:: Conclusion ::
 1. Le fait marquant de cette interview, d’abord, est d’apprendre que Jean Louis Demaret a quitté la politique. Nous espérons le revoir en 2014 pour changer sa Kangoo. Nous parions 3 chouettes en chocolat au lait qu’après son programme Ni gauche Ni droite, il pourrait retrouver le succès avec un nouveau programme appelé cette fois Ni droite Ni gauche.

2. Ensuite, il est notable, dans une interview, que le maire refuse de répondre au 1/3 des questions posées. Pour un homme qui n’a au bout des lèvres que le mot TRANSPARENCE, cela est fort étonnant. Pourquoi accepter une interview pour ne répondre qu’aux questions que l’on veut s’entendre dire ?
Donc pour la prochaine interview, nous proposons que le directeur de cabinet du maire rédige directement les questions pour le journaliste. A coup sur, on gagnerait du temps et cela laisserait toute latitude au conseiller à la communication pour préparer les réponses. Une bonne idée ça non ?

3. Enfin, il faut constater l’absence remarquable d’un mot qui était au cœur du programme de campagne du candidat Moyrand : LA DEMOCRATIE.
Elle était participative, et même de proximité, peu importe les amalgames et les duperies. Il voulait une ville plus démocratique, où les droits des citoyens seraient mieux respectés et renforcés même.
Ainsi n’avait-il pas signé le pacte démocratique de la Liste, un engagement (encore un) d’œuvrer pour une véritable démocratie citoyenne et locale ?

Après un an de pouvoir, le maire semble espérer que les citoyens oublient ces histoires de démocratie participative, pour laquelle il a créé un poste d’adjoint, qui jusqu’à présent n’a pas eu à montrer l’étendue de ses compétences en la matière, mais plutôt à vérifier et contrôler que l’art de la sieste est intrinsèquement diurne.
Il avait consenti électoralement à suivre ce thème à la mode en marketing politique, mais las, la victoire consommée et son discours inaugural prononcé, la volonté pour la chose démocratique s’est réduite à un spasme.

Du 109 à Périgueux: merci !

Aujourd’hui, 109apx met la clef sous la porte. Michel Grégoire est allé au bout de ce qu’il avait proposé pour la campagne municipale de Périgueux, un site internet à la disposition des citoyens désireux de voter, autant que faire ce peut, en connaissance de cause.

Pour ce faire, nous avons pu lire des articles, ses fameux éditos, participer à un forum, regarder des interviews des différents candidats, présentant leur programme, sur un ton dégagé, personnel, équitable, libre. Ce dernier terme n’a pas été du goût de tous les candidats, qui le lui ont fait savoir par la bande, notamment via des appels anonymes aux contenus menaçants.

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:: Fatwa sauce périgourdine ::

Aujourd’hui encore, il subit des pressions sur sa situation économique par exemple. Certains sbires zélés – peu suffisent – du Conseil Général de Dordogne, s’y entendent pour lui faire payer, au prix fort sa liberté d’expression et son refus d’alignement sur la pensée officielle. On ne sait même plus ce qui lui est reproché, d’avoir dit ou de dire, ce qu’il ne plaît pas d’être entendu à certains endroits. Et il faudra demander à « ces gens là » d’où provient leur acharnement envers cet homme dont la situation actuelle, financière et sanitaire, est sous la garantie de notre société.

On pourrait demander à « gens là », qui ont lancé contre lui une procédure de radiation inique et vengeresse, ou plus sommairement une sorte de fatwa version sauce aux cèpes, s’ils lui reprochent sa grande gueule, son insoumission, sa plume ou s’ils sont tout simplement antisémites?

Aussi, « ces gens là », en larmoiement de circonstance sur les injustices de la mondialisation, d’un côté plaideront l’aide publique et la solidarité, mais de l’autre, en priveront qui ils auront décidé de châtier pour ses opinions. Et quand on dit opinion, encore faudrait-il les connaitre sans les déformer d’un air pitral.

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Il faut souligner que le département de la Dordogne a une des politiques les plus dures, sur le plan national, en matière d’obligation alimentaire, pour faire jouer cette dernière plutôt que les allocations publiques. Peu importe les liens du parent âgé ou isolé que l’on cherche avec méthode, cela fait toujours quelques économies au Département. Il fallait plusieurs de ces économies de RMI pour remplacer l’ordinateur portable du Président, balayé d’un revers de main parce qu’il n’était pas de la bonne couleur, un vrai crime de lèse majesté.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à « ces gens là ». Qu’ils sachent par la présente que leurs manœuvres ne resteront pas souterraines, dans leur obscurité sournoise, et qu’il sera fait jour, pour l’instant seulement dans un modeste blog, de ces actions qui trahissent et bafouent leur mission de service public, sous le frontispice de « Liberté, Egalité, Fraternité ». On ne règle pas des comptes politiques ou d’opinions, en supprimant impunément des RMI, via des commissions sociales transformées en tribunaux d’inquisition.

:: Révérence et interview ::

Aujourd’hui, 109apx propose deux interviews, correspondant au premier bilan de 109 jours de mandature pour le maire, Michel Moyrand ,et d’opposition, pour Philippe Cornet. On pourra également consulter le dernier édito de Michel Grégoire. Des éclairages ultérieurs seront apportés sur l’état des lieux des 100 premiers jours du maire, notamment sur la démocratie participative.

L’interview de Michel Moyrand et Philippe Cornet

L’édito de Michel Grégoire

 

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Bonne route !