Peter s’invite au Conseil Municipal

« Connaissez-vous le principe de Peter ? »

A cette question, le maire s’est étranglé d’indignation… Jusqu’ici, tout s’était plutôt bien passé pendant les trois premières heures du Conseil. Consensus, interventions musclées, certes, mais courtoises. Jusqu’à ce que l’on aborde le sujet sensible des créations de postes, (d’un cadre supérieur) et à cette question posée par Jean-Paul MINGASSON : « Monsieur le Maire, connaissez vous le principe de Peter ? » qui fit bondir l’interpellé.

J’avoue : je ne connaissais pas le principe de Peter et suis restée comme deux ronds de flan lorsque le ton est brusquement monté entre les deux protagonistes…

J’ai depuis, remédié à mon ignorance crasse

Laurence Johnston Peter est un pédagogue canadien qui, en collaboration avec Raymond Hull, a commis un ouvrage en 1969 intitulé « the Peter Principle », posant un principe mêlant science sociale et satire. Ce principe a de multiples développements que je vous laisse le soin d’apprécier soit en achetant le livre soit en vous fiant aux extraits tirés de ce livre (PDF).

Le principe de Peter est sous tendu par un fil rouge « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence». Le maire aurait-il pris cela pour lui ? On peut s’en étonner.

Si l’on va plus loin dans la lecture, on comprend que la question posée par Jean-Paul MINGASSON faisait référence à une extension du principe de Peter « la division en classes comme limitation de la rivalité ». Ecoutons ce que dit M. PETER…

« Les postes importants ainsi que les grades élevés de la hiérarchie sont réservés aux membres de la classe dominante. Vous remarquerez que j’évite d’employer le terme de « classe supérieure » qui me semble gênant, parce qu’on imagine généralement une classe dominant par l’aristocratie ou la richesse. Mais mes conclusions s’appliquent aussi aux systèmes dans lesquels la classe dominante est séparée de la classe subordonnée pour des considérations de religion, de race, de langage, ou de politique. Peu importe quel est le critère en Pistonie, le fait essentiel est que ce pays possède une classe dominante et une classe subordonnée. Le graphique ci-dessous représente une hiérarchie pistonienne typique présentant la structure pyramidale classique :


La partie inférieure, marquée CS, se compose des employés de la classe subordonnée. Peu importent leurs qualités ou leur compétence, ils ne pourront jamais franchir la ligne BC, barrière de classes.
La partie supérieure CD est occupée par les employés de la classe dominante. Ils ne débutent pas au bas de l’échelle, mais au niveau de la barrière de classe.

Or, il est évident que, dans la partie basse, CS, beaucoup d’employés ne pourront jamais, par suite de la barrière de classes, s’élever assez pour atteindre leur niveau d’incompétence. Ils passeront leur vie à se consacrer à des tâches auxquelles ils excellent. Personne n’est promu plus haut que cette base CS, donc cette partie de la société conserve et utilise continuellement ses employés compétents.
Manifestement, alors, dans les rangs les plus bas de la hiérarchie, le maintien de la barrière de classes assure un plus haut degré d’efficacité, lequel ne pourrait exister sans la barrière.

Examinons maintenant la partie CD, au-dessus de la barrière. Comme nous l’avons constaté, l’espoir d’un employé d’atteindre son niveau d’incompétence est directement proportionnel au nombre de rangs de la hiérarchie ; plus il y en a, plus l’incompétence sévit. La partie CD forme une hiérarchie fermée composée de quelques rangs seulement. Donc, beaucoup d’employés ne pourront jamais atteindre leur niveau d’incompétence.

De plus, la perspective de débuter au-dessus de la barrière attirera à la hiérarchie un groupe d’employés brillants qui ne se seraient jamais présentés s’ils avaient dû débuter au bas de l’échelle.
Par conséquent, dans les parties marquées CS et CD, au-dessus et au-dessous de la barrière de classes, « les hiérarchies pistoniennes sont plus efficientes que celles des sociétés égalitaristes. »

Trois conseillers pour le maire de Périgueux

Périgueux, station touristique, est « surclassée » depuis 2007 à plus de 40 000 habitants, ce qui autorise le maire a embaucher (voir PDF), s’il le juge utile, un troisième conseiller (pour comparaison, les secrétaires d’états en ont 4).

En cette période de « vaches maigres » l’occasion était trop belle pour Jean-Paul MINGASSON de pointer ce que ce renforcement du staff du maire contenait de signification politique. M. MOYRAND augmente la partie haute de sa hiérarchie « CD : classe dominante » par une embauche extérieure et non par une promotion interne qui aurait fait sauter « la barrière de classe »

Tout le monde aura compris que l’allusion de notre haut fonctionnaire européen visait à souligner que le maire était devenu un fervent adepte des « hiérarchies pistoniennes politiciennes » plutôt qu’ « égalitaires », comme l’aurait souhaité Karl Marx.

Mais, pour réussir un bon mot, il faut être deux.

Place Montaigne: les enseignements du Champ de Mars à Angoulême

La tendance est générale pour les villes moyennes et leurs agglomérations. L’urbanisme périphérique a eu un effet centrifuge, tendant à déséquilibrer l’activité commerciale de centre ville.

Comme ailleurs, l’anarchie urbanistique de l’agglomération périgourdine ((Depuis sa création en 1999 la CAP a toujours refusé de s’appliquer le moindre schéma cohérence territoriale en matière de commerce et d’urbanisme)) est le résultat d’un jeu de Monopoly.

Les intérêts commerciaux des uns, accouplés aux mandats électoraux des autres ont commandé l’urbanisme. Nulle part la raison urbaine n’a précédé l’intérêt financier.

Face à ce dépérissement, le maire de Périgueux entend apporter un remède déjà bien connu ailleurs : un vaste centre commercial en centre ville (10 000 m²). Ce remède, commençant par la privatisation d’un domaine public, est censé -sur le papier- concurrencer les franchises nationales de périphérie.

L’idée n’est pas nouvelle, elle a déjà 20 ans. La société Klépierre, détenue à 52% par BNP Paribas, s’emploie depuis 1990 à implanter des galeries marchandes dans les cœurs de villes. Sa filiale, Cégécé, a lancé en 2007 la galerie du Champ de Mars à Angoulême.

C’est ce que nous allons examiner. Car si aujourd’hui cette opération est considérée comme une « catastrophe », (nous verrons pourquoi), sa justification était la même, alors, que celle aujourd’hui défendue par le maire de Périgueux.

Pourtant les deux villes, partageant toutes deux la même devise – Fortitudo mea civium fides – sont presque jumelles. « Mêmes causes, mêmes effets » ? Si cette règle de base se vérifie, la future galerie marchande de Périgueux contient déjà les germes de son échec.

La rhétorique des marchands de galeries marchandes

Pour défendre son projet de galerie marchande, le maire de Périgueux dispose d’un vocabulaire et d’éléments de langage éprouvés. On l’entendra bientôt parler de « redynamisation », « renouveau », « requalification« , « cœur de ville attractif », « revalorisation », etc.

La mairie a commencé à « implanter » cette idée depuis le 09 janvier 2010 (lors de ses vœux) :

Je pense bien entendu à la transformation du parking de surface Montaigne en un lieu commercial attractif qui fera rayonner Périgueux et tous les commerces déjà existants bien au-delà de son cercle habituel

Important, il n’y a pas d’alternative dans cette dialectique. Il faut choisir entre la ruine et le centre commercial (Michel Moyrand, Sud Ouest, 06 juin 2010):

Si on ne fait rien on va constater la chute de l’activité commerciale à Périgueux.

Enfin, le 14 décembre 2010, (conseil municipal), le maire de Périgueux récite sa leçon sur la théorie de l’attraction commerciale :

Il nous faut des locomotives car l’offre se rétrécit à Périgueux et les baux commerciaux sont beaucoup trop chers

Maire d’Angoulême jusqu’en 2008, Philippe Motet, à l’origine du projet de galerie du Champ de Mars, expliquait son choix dès le 09 janvier 2003 pour L’Express :

Avant la fin de son mandat, Philippe Mottet compte créer, sur cette place du centre-ville d’Angoulême, une galerie de 10 000 mètres carrés, sur le modèle de l’îlot des Cordeliers, à Poitiers. Pourquoi miser sur le commerce, alors que l’agglomération apparaît comme la mieux dotée dans ce domaine en Poitou-Charentes? Réponse: pour parvenir à un équilibre entre la grande distribution installée en périphérie – elle représente à elle seule 77% du chiffre d’affaires commercial de l’aire urbaine d’après la chambre de commerce – et les boutiques du centre-ville, en grande difficulté.

5 ans plus tard, Philippe Mottet se félicitait d’avoir créé cette « locomotive » dans le journal Convergence 06 janvier 2008 :

J’ai fait un rêve, celui d’une ville dont le cœur serait attractif, parlerait au-delà des remparts à l’ensemble des quartiers, de l’agglomération du département. Ce rêve est aujourd’hui réalisé au Champ de Mars. J’ai voulu à la fois redonner une fierté et initier un nouveau départ à ma ville.

Maintenant nous allons constater la similarité des argumentaires entre politiques et marchands de galeries, vous allez voir c’est amusant.

Cégécé, plaquette promotionnelle du 29 juillet 2005 :

La requalification de la place du Champ de Mars [parking Montaigne] s’inscrit dans une logique de revalorisation du coeur de ville. Le Champ de Mars [parking Montaigne] est un site de prédilection pour l’implantation du centre commercial, lequel apportera un nouveau dynamisme à la ville. En effet, sa situation géographique exceptionnelle, lui permettra de devenir un pôle attractif, incontournable et qualitatif dédié aux piétons.

L’opération du Champ de Mars [parking Montaigne] répond aux attentes des habitants et des commerçants de la ville. Le projet de réorganisation du tissu urbain entrepris par la commune d’Angoulême [de Périgueux] permettra la fidélisation des consommateurs existants tout en captant une nouvelle clientèle.

Ce type de rhétorique est attendu dès 2011 à Périgueux…

Encore un peu ? Cégécé, Annonce commerciale, 08 juin 2007 :

La Galerie Champ de Mars [Montaigne], s’inscrit dans le projet de renouveau et de redynamisation du centre-ville angoumoisin [périgourdin].

Du côté de la société anonyme d’économie mixte – SAEM- qui a géré l’implantation du projet (Territoires Charente et ses beaux discours), la rhétorique était aussi fournie par le promoteur immobilier :

Le Centre Ville d’Angoulême [de Périgueux] manquait incontestablement d’un grand centre commercial à l’instar des autres villes-préfecture, tandis que se développaient de grands complexes commerciaux à la périphérie de l’agglomération. Le centre avait ainsi largement perdu au fil des décennies son attractivité commerciale.

Voici donc officiellement, en avant première, les futurs discours qui justifieront l’implantation d’une galerie commerciale sur la place Montaigne.

Avantage de cette rhétorique, on y substitue n’importe quel nom de ville moyenne. Ce n’est pas un miracle de l’urbanisme, c’est un argumentaire de vente.

Ecoute le chant du cygne sur le Champ de Mars

La galerie commerciale du Champ de Mars de 15 000 m² a nécessité plus 60 millions d’investissement, dont plusieurs à la charge du contribuable angoumoisin. (A lire le très complet dossier de presse sur le Champ de Mars en 2007).

Ouverte au public depuis fin 2007, le bilan après 3 années est dressé par la Charente Libre le 12 octobre 2010 (Champ de Mars galerie en danger) et le 13 octobre par Sud Ouest (Champ de Mars: « on court à la catastrophe »).

Monoprix quitte la galerie le 31 janvier 2011, licenciant ou reclassant 34 salariés, après 3 exercices déficitaires et sans aucune perspective favorable. Mc Donald’s emboîte le pas et le cinéma CGR est sur le point de suivre, alors que d’autres enseignes sont déjà parties ou ont déposé le bilan.

En conclusion le titre de l’article : « On court à la catastrophe ». Souvenez-vous : « Rayonnement », « redynamisation », « renouveau », « attraction », « revalorisation », etc…

Les causes de cette banqueroute, pour un projet équivalent et dans une ville équivalente, pourraient interpeller les responsables périgourdins. Car l’eldorado vendu aujourd’hui peut vite se transformer en une verrue d’un hectare sur 3 étages, verrue dont les périgourdins seront des spectateurs impuissants.

Corruption, opacité, anarchie: les leviers de l’urbanisme commercial

Une des causes constatée est l’absence de cohérence à l’échelle intercommunale. Car en parallèle et contrairement aux engagements, les aires commerciales périphériques ont poursuivi leur extension.

La problématique de Périgueux est comprise dans celle de son agglomération. Or la communauté d’agglomération périgourdine – CAP – n’a jamais consenti le moindre schéma directeur (SCOT).

Refusant jusqu’à l’élaboration d’une charte commerciale pour maîtriser les implantations, la CAP a toujours privilégié les investissements individuels et hétérogènes. Le résultat de la CAP est là : étalement résidentiel, recul des terres agricoles, uniformisation des paysages, développement anarchique des surfaces commerciales, etc.

Les différents responsables politiques ont toujours lutté contre une vision globale et homogène de l’aire urbaine ((La récente extension de Brico Dépôt, les futures extensions d’Auchan et de Leclerc, nous renseignent sur cette absence de volonté et de concertation.)). En concurrence directe avec la CAP, Boulazac a même fondé sa propre intercommunalité Isle Manoire pour défendre ses intérêts.

Cette anarchie urbaine n’est pas le fruit du hasard. Les relations entre responsables politiques et investisseurs locaux sont souvent étroites quand elles ne sont pas directement délictuelles.

Ce contexte peut sembler anachronique en 2010, mais c’est bien cet archaïsme politico-financier sorti d’un autre âge, qui modèle et dessine l’ensemble de l’aire urbaine périgourdine.

Et c’est dans ce contexte que le maire de Périgueux défend son centre commercial, alors que la CAP ne lui propose strictement aucune garantie de maîtrise de la périphérie ; bien au contraire.

Exactement comme à Angoulême, s’il n’y a pas d’homogénéité entre le centre et la périphérie, l’offre pléthorique fera des dégâts irréversibles.

Toi aussi devient fan de la galerie Montaigne

Celui pour qui l’on fait tout ça, c’est moi, c’est toi, nous, les veaux braves et dociles. La seule réaction espérée de la part des investisseurs et du responsable politique, c’est celle-ci (Discussion à suivre sur un forum à propos de l’ouverture de la galerie du Champ de Mars):

A chacun de faire son choix en connaissance de cause.

Un Conseil Municipal sans histoire

Les habitudes sont prises

« Présente ! » je lève la main, vieux réflexe. Un conseil municipal, ça commence comme à l’école, par l’appel. Le Maire égrène consciencieusement les 39 noms et prénoms, note les procurations, puis désigne le secrétaire de séance et rappelle l’ordre du jour.

Il est 6 heures du soir, la nuit tombe, froide et humide. Brrr ! Ce sera un « petit conseil » à ce que je vois, les procurations pleuvent. 2 excusés dans notre groupe et je remarque que l’une d’entre nous siège alors qu’elle sort de l’hôpital. Chapeau ! Nous sommes assis, comme de coutume, dans l’arrondi de la grande table du Conseil, face au Maire.

Les journalistes ont déjà dégainé leurs stylos. Ils sont assis derrière nous et devant quelques personnes venues assister à la séance. Un photographe prend quelques clichés. Peu de monde en vérité… Pourtant, la pression était, semble t’il, montée d’un cran, annonçant des échanges peu amènes, tels que la presse et le public adorent.

15 points à l’ordre du jour et 3 questions

Chaque point fait l’objet d’une lecture par l’adjoint concerné. On aimerait bien connaître la voix des autres conseillers mais il semblerait qu’ils n’aient pas droit à la parole…

Après lecture, le maire demande s’il y a des questions. Parfois l’opposition intervient (jamais les conseillers de la majorité) et le tout donne lieu à un vote inversé « qui est contre ? Qui s’abstient ? ». C’est une méthode beaucoup plus rapide lorsqu’il y a désaccord, étant donné la majorité écrasante «pour » : 30 voix contre 9… Encourageant vous ne trouvez pas ?

On parle de quoi ?

De l’achat d’un aspirateur de feuille à la provision de 1,6 M€ pour l’achat d’un terrain, tout est passé en revue de la 3° décision modificative (DM3 pour les initiés) du budget. Ce qu’on n’a pas dépensé, les transferts de budgets, les affectations. L’adjoint récite consciencieusement la note de synthèse. Le conseil semble suspendu à sa voix douce et monocorde.

Beaucoup de décisions font partie du «train-train » de la gestion d’une commune et les commissions préalables permettent d’anticiper ou même de désamorcer les conflits. Des entrevues « entre 4 zieux » sont également possibles entre les protagonistes.

Ce qui fait que le Conseil Municipal est rarement le « dernier salon où l’on cause ». Ce n’est pas un lieu de débat. On pose une question, le maire est censé y répondre. Si la question l’ennuie, il sait répondre sans répondre…

Les lectures sont rapides, on passe aux questions, pas de question ? On vote et on passe à la suivante. On a beau étudier le document (reçu quelques jours avant le conseil) et se préparer à intervenir, il ne faut pas relâcher un instant son attention !

A suivre

Parmi les sujets abordés, certains méritent, aiguisent mon attention :

  • le projet de construction d’un « drive in » Leclerc . Vous savez ? Les gens pourront commander par internet et viendront charger leurs commandes directement dans leur voiture. Il s’installerait à la place du Privilège. Je suis curieuse de connaître l’impact environnemental de ce projet car il impliquera une circulation accrue sur un axe déjà très fréquenté. Et comment il s’inscrit dans le PDU…
  • Le rafistolage de Mauvard. Aucune approche globale du quartier. Ce site n’est d’abord considéré que comme étant, je cite « le plus important pôle de stationnement gratuit à proximité immédiate du centre-ville » alors qu’il devrait être regardé comme l’écrin du bijou architectural qu’est notre cathédrale en vitrine de la ville.

Je persiste à dire que l’abandon du projet global de restructuration de l’espace autour de la Cathédrale incluant la conception d’un parking souterrain, d’une esplanade plongeant vers les quais, de la réfection de la place de la Clautre et du Greffe est une tragique erreur. Ce renoncement mène à des bricolages indignes de la beauté du site tout en réduisant les places de parkings (et les rendant payants). Dans un paysage non revisité, je crains fort que l’ascenseur ne fasse office de verrue au milieu du Thouin. A suivre de près.

  • La candidature de Périgueux « Label destination pour tous » qui prévoit un effort d’aménagement de la ville pour les personnes handicapées. Bien. J’espère que l’on pensera à réparer les trottoirs et équiper les feux tricolores de bip sonores… je remarque qu’encore une fois les entreprises commerciales sont écartées du sujet. Le FISAC (fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce) propose pourtant des aides aux commerçants souhaitant aménager l’accès de leur magasin. Le Maire répond que « mais bien sûr, ces demandes doivent être adressées au nouveau président des commerces@Périgueux. » Qu’on se le dise…

Les 3 questions qui font pchitt !

Vint le temps fatidique des 3 questions orales dont le protocole veut qu’elles soient posées par écrit 5 jours avant la date du conseil.

1. Rien n’est clair concernant la mise en place de la taxe sur la publicité, ni dans la procédure, ni dans l’intention, ni dans la manière d’informer les commerçants.

Réponse : tous les commerçants de la ville ont reçu la visite d’un représentant de la mairie, on maintient les tarifs, on ne prendra pas de délibération.

2. La délinquance augmente, quelques mesures préventives, peut être ?

Réponse : on organisera au printemps des « assises de la tranquillité ».

3° L’étude de la CAP devait porter sur le commerce de centre ville, elle ne s’intéresse qu’à la faisabilité du centre commercial. Vous voyez la différence ?

Réponse : non.

Allez, une bonne nouvelle !

Voilà, c’est tout. La séance est levée à 19 H 30. Je salue les collègues et adresse un clin d’œil aux fantômes des conseillers municipaux des siècles passés ; les murs ont leurs oreilles. Il me semble en entendre certains râler. Qu’ils se dépêchent, ils ne percevront bientôt plus que le silence.

Je rumine en repartant sous la pluie dans la nuit froide. Sans doute de bonnes intentions, mais peu d’efficacité et surtout l’impression d’un grand désordre : des études dans tous les sens et pas de cohérence, des opérations lancées et pas d’évaluation, des projets commerciaux sans consultation des premiers concernés, des investissements « petits bras » quand il nous faudrait un élan musclé et confiant.

I’m a lonesome cow boy far away from home… Je salue la cathédrale au passage. Quelle cité allons nous laisser à nos enfants ?

Le lendemain nous tombait du ciel une petite Mélissa, toute fraîche et rose sous son petit bonnet de laine, petits poings serrés et sommeil vigoureux. Vous savez quoi ? Je crois bien qu’elle aura les beaux yeux de son grand père…

« Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, au petit matin, à la table des anges »

Khalil Gibran

Propagande pour bas du front ?

BAS ST-FRONT : LES HABITANTS ET USAGERS SE CONCERTENT

La ville de Périgueux poursuit les études d’aménagement du quartier Saint-Front et des abords de la cathédrale. L’équipe municipale, qui accorde une grande importance à la concertation et aux avis des usagers, a choisi de renouveler la participation du comité consultatif du Bas Saint Front aux études d’aménagements urbain. Chargé par ses avis d’éclairer la pertinence des choix faits, ce comité s’est réuni à la mi-juin pour examiner les propositions des concepteurs sur la place de la Clautre et l’avenue Daumesnil. L’inscription de membres supplémentaires permet d’articuler cette instance aux autres commissions intégrant des Périgourdins qui vont accompagner la vie municipale (voir la liste des commissions extra-municipales sur le site internet de la Ville : www.perigueux.fr)

Ce texte est tiré du bulletin municipal bulletin-municipal. Il n’était pas au programme d’en parler, mais, chemin faisant, on se surprend à se demander :

Diantre nous prend-on vraiment pour des bas du front ?

Le Code de l’Urbanisme, nous en avons déjà parlé, est très clair, à l’article L 300-2 :

I – Le conseil municipal ou l’organe délibérant de l’établissement public de coopération intercommunale délibère sur les objectifs poursuivis et sur les modalités d’une concertation associant, pendant toute la durée de l’élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées dont les représentants de la profession agricole, avant :
a) Toute élaboration ou révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d’urbanisme ;
b) Toute création, à son initiative, d’une zone d’aménagement concerté ;
c) Toute opération d’aménagement réalisée par la commune ou pour son compte lorsque, par son importance ou sa nature, cette opération modifie de façon substantielle le cadre de vie ou l’activité économique de la commune et qu’elle n’est pas située dans un secteur qui a déjà fait l’objet de cette délibération au titre du a) ou du b) ci-dessus.

Encore heureux que la mairie ait choisi, sous la contrainte de la loi, de consulter les citoyens ! Nous devons marquer une infinie gratitude à nos élus de bien vouloir appliquer le Code de l’Urbanisme et de consulter les gueux que nous sommes sur des projets aux conséquences profondes sur leur vie quotidienne.

A la demande du maire, le projet a été soumis à modifications, il a été subdivisé en deux projets distincts contre l’avis général, pour remettre en cause la faisabilité de l’acte 1, la place Mauvard.

Nous avions parlé exactement du même subterfuge de l’ancienne équipe municipale. A savoir celui qui tend à faire croire, pour une question d’image et de propagande mayorale, qu’il agit de bonne grâce, par consultations citoyennes, alors que ces dernières sont obligatoires. Nous avions épinglé le maire-ministre sur cette instrumentalisation de la loi durant la campagne, nous ne pensions pas que le nouveau maire s’en inspirerait si vite.

Ces techniques d’auto promotion dans un bulletin municipal, bien que courantes, ne sont qu’une manipulation de la réalité. Quand l’élasticité de cette réalité est par trop malmenée, et ramenée à la question de la vérité, cela s’appelle tout simplement du mensonge.

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Bas Saint Front: état des lieux et réalité des enjeux

:: Préambule ::

Cet article ne fait pas l’économie de la longueur. C’est un peu regrettable mais nécessaire pour aller au plus près de ce qui se joue réellement pour l’avenir du quartier du Puy-Saint-Front et l’aménagement de l’écrin de la cathédrale.

Lors de la commission extra municipale du 16 juin 2008 et du conseil municipal du 17 juin 2008, le maire a présenté son état d’esprit en tant que maître d’ouvrage du projet d’aménagement du Bas Saint Front.

:: Etudes et commissions ::

Elles sont reconduites, à travers des modifications demandées au maître d’œuvre, en phase d’avant projet. Pour l’occasion le maire a formé deux commissions :

1. Commission extra municipale « Bas Saint Front »
La composition de cette commission est du seul fait du maire, elle est constituée comme suit :

– 9 élus du conseil municipal dont le maire
– 4 représentants des autres compositions extra municipales
– 15 représentants d’associations liées au cadre de vie
– 27 habitants, usagers et acteurs de la vie économique

Avec un élu pour 3 habitants triés sur le volet par le maire, le conseil municipal impose un poids conséquent à la limite de la surreprésentation. Si le maire a bien le pouvoir légal de procéder ainsi, ce n’est pas comme cela que les choses se passent dans les communes engagées vers une démocratie participative. Passons.

2. Comité de pilotage pluri institutionnel, comportant élus et services de la ville, ainsi que les représentants techniques des organismes suivants

– Direction Départementale de l’Equipement
– Conseil Général
– Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine
– Communauté d’Agglomération Périgourdine
– Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement
– Chambre de Commerce et de l’Industrie
– Chambre des Métiers et de l’Artisanat

Ce comité de pilotage exclut tout représentation des associations ou des habitants, laissant d’un côté la palabre, les goûts et les couleurs, et de l’autre ce qui est technique et opérationnel. C’est dommage. D’autant que cette liste pourrait s’étendre à d’autres services. Tant qu’à faire pourquoi pas la DRAC pour l’archéologie, la DDASS pour l’accessibilité handicapée, et ainsi de suite.

:: Le cadre légal ::

Le maire fait mention de l’article L 300-2 du code de l’Urbanisme comme cadre légal de cette organisation. Précision doit être faite.
Cet article du code de l’Urbanisme est une contrainte réglementaire, non un choix laissé à l’appréciation du pouvoir mayoral. C’est pourquoi, dès le lancement du projet, l’ancien maire avait déjà mis en place la procédure respectant la législation.
Le maire ne met donc pas en place la procédure du L 300-2, comme il est écrit dans le rapport du conseil municipal, mais remet en place une procédure déjà en cours et en voie de s’achever. Du code de l’Urbanisme au langage courant, en terme procédural, cela se traduit peu ou proue par : « repartir à zéro ».

:: La position du maire sur le projet ::

Il se veut prudent, au regard de certains éléments problématiques du dossier, tout en affirmant vouloir le mener à bien, (dans les 3 ans suivants son élection, c’est son engagement).
Comme nous l’indiquions, le maire a divisé le projet en deux projets. L’un qui ne semble pas poser de réel problème, et un qui en pose, l’aménagement de la place Mauvard. L’un pour lequel les études se poursuivent, l’autre qui est suspendu au montage financier et au PDU de la CAP.

Pour autant, il le souligne aussi bien en commission extra municipale qu’en conseil municipal, le projet demeure global et indivisible pour rester cohérent. La réalisation du parking souterrain de la place Mauvard serait dans tous les cas « l’acte 1 » de l’ensemble de l’aménagement. Par « acte 1», nous devons comprendre le premier coup de pioche.

Le maire créer donc une chaîne de causes et d’effets, impliquant un ordre dans les réalisations, une subordination hiérarchique entre les différents éléments du projet, précisons les.

Si la place Mauvard est « l’acte 1 » du projet d’ensemble, alors le reste du projet sera réalisé postérieurement à la place Mauvard.
Si le calendrier des travaux de la place Mauvard est subordonné à celui du PDU de la CAP, vraisemblablement la fin des études, cela conduit au minimum à janvier 2009.
Les modes de financement du parking n’ont pour leur part, aucun calendrier, les consultations sont en cours.
En cas de problème, au niveau du PDU ou à celui du financement, cette causalité devient un critère de faisabilité forte du projet d’ensemble.

:: La cause et l’effet ::

Posons nous quand même les questions suivantes.
Quelle est cette relation de causalité entre le parking de la place Mauvard et le PDU ?
Pourquoi il n’y avait pas de difficulté de financement du parking souterrain avant mars 2008 alors qu’il y en a une aujourd’hui ?

:: Mauvard et PDU ::

Le maire nous dit que c’est un projet qui dépend des objectifs qui seront fixés dans le PDU, au niveau du ferroviaire, du bus et de la voiture. Par exemple, en conseil municipal, il a fait référence au pont des Barris, à sens unique ou double, piéton ou automobile, etc. Il a fait référence également au pont de l’Arsault, en débat actuellement, permettant le contournement du centre ville pour aller globalement d’Est en Ouest.
Il faut donc voir si :

1. Selon le schéma du PDU, le parking sera justifié ou non
2. Selon le schéma du PDU, le parking sera réalisable ou non

Le lien principal entre Mauvard et le PDU est bien celui du flux automobile. Partons des éléments concrets. Le parking Mauvard est existant, son accès principal se trouve Boulevard Georges Saumande. Cet accès est desservi par les flux entrants et sortants :
Boulevard G. Saumande en provenance de Trélissac
Boulevard G. Saumande en provenance du pont des Barris
Boulevard G. Saumande en provenance du pont Saint Georges
Boulevard G. Saumande en provenance du Greffe

1. La justification
Au regard de l’étude présentée par la CAP sur le PDU, en aucune façon, bien au contraire, il n’y a de raison valable de remettre en cause sur la place Mauvard une aire de stationnement, qu’elle soit souterraine ou aérienne. On sait que l’offre en stationnement est juste correcte et pourtant qu’elle est déjà saturée. Il faudrait donc remplacer cette offre place Mauvard par une autre équivalente, ce qui n’est absolument pas envisagé, voir envisageable.

2. La faisabilité
Quelque soit les orientations futures du PDU, il est absolument exclus sur le B. Georges Saumande que :
1. l’accès automobile depuis Trélissac soit interrompu
2. l’accès automobile depuis le pont Saint Georges soit interrompu
3. l’accès automobile depuis le pont des Barris soit interrompu, (confirmé par les services techniques)

Dans tous les cas de figure, il s’agit de comprendre que les voies de contournement ne sont pas faites pour éliminer le trafic automobile sur une zone, mais pour éviter d’ici les 15 prochaines années, de passer d’un état de congestion chronique à celui de saturation totale et des conséquences désastreuses induites.

Dans le scénario défendu par le parti communiste, pour le tout ferroviaire et l’interdiction de la voiture en centre ville, Mauvard deviendrait même indispensable pour stocker les véhicules dans cette zone de l’agglomération. A moins que la place Mauvard ne devienne une gare et le boulevard Georges Saumande une voie pour le TER ou la navette ferroviaire, pourquoi pas. Mais là c’est une autre histoire dont nos futurs petits enfants seraient les témoins.

:: En conclusion ::

Quelque soit le scénario choisit pour le futur PDU, qu’il soit monolithique ou panaché, il n’y a strictement aucun lien de causalité, ni sur le plan de la justification, ni sur le plan de la faisabilité, entre le parking de la place Mauvard et la gestion des déplacements sur le plan intercommunal. Aucun lien de causalité. Vous pourrez interrogez qui vous voulez, les urbanistes, les paysagistes, les services techniques de la mairie ou de la CAP, vous ne trouverez dans leur réponse aucun argument de causalité entre les deux projets.
Le parking est nécessaire et existant, qu’il fut aérien ou souterrain ne change par le problème du PDU et ce dernier exclut toute voie piétonne ou ferroviaire boulevard G. Saumande, de même que pont ou pas pont il y aura des véhicules en demande de stationnement à l’entrée du centre ville.

Pour notre part et jusqu’à preuve du contraire. Nous excluons d’un raisonnement logique, l’argument consistant à lier par un principe de causalité, le projet du parking souterrain de la place Mauvard et celui du PDU de la CAP.

De l’argument du maire de Périgueux
De deux choses l’une. Ou bien il s’exprime en toute sincérité. Dans ce cas il faut renforcer la pédagogie et lui expliquer concrètement les critères de faisabilité régissant les différents projets. Les services techniques sont là pour assister les élus et les aider à prendre des décisions sur des sujets complexes.
Ou bien il ne s’exprime pas en toute sincérité. Dans ce cas nous lui demanderons de le faire, étant donné qu’il n’est pas légitime qu’un élu trompe et masque ses intentions réelles envers les citoyens. Ainsi il pourrait expliquer les raisons réelles de ses tergiversations pour le moins étonnantes.

L’article suivant sera consacré, sur les mêmes bases que celui-ci, au financement du parking souterrain.