Moyrand de Périgueux: « On m’a dit que vous avez mal parlé de moi! »

:: La proximitude attitude ::
Le maître mot de son mandat, au maire, c’est la proximité.
Après avoir tenté de parler de démocratie participative parce que le vocable est vendeur auprès des électeurs, il a raisonnablement lâché l’affaire. Mais s’apercevant toutefois que cette dernière nécessitait autre chose que du blabla pour prendre corps et être réellement mise en œuvre, après l’avoir abandonnée en somme, il s’est rabattu à bras raccourcis sur la proximité.
Du coup, il tente maintenant de faire croire qu’il s’agirait de la même chose, avec ses élus référents ratissant les quartiers, ce qui sera utile pour exercer des missions de renseignement et de lobbying, le temps des élections venu. Et avant qui sait.
Aussi, avec les mairies de quartiers, obligatoires pour les villes de plus de 100 000 habitants, il tente encore le coup. Il ne s’agit pour autant que d’une décentralisation du service administratif, non d’une association des citoyens à une démocratie continue qu’il n’appelle surtout plus de ses vœux depuis qu’il est élu.
Autrement dit, croyons son analyse, in fine :
L’accroissement de service public, (administratif), accroit mécaniquement la qualité de la démocratie locale.
Ou bien en une autre version :
Plus l’on augmente la taille des bananes, meilleur est le jus d’orange.
Une prouesse qui ne manquera pas de donner la migraine au nouveau service de la communication politique.

Donc sus à la proximité pour la nouvelle année. Il aurait pu citer à ce sujet :

La proximité installe, à la longue, une étrange distance.

Non il a préféré citer Pierre Mendès-France :

L’amour de la démocratie est d’abord un état d’esprit.

Pourquoi écrire ça ? Pour s’auto féliciter ensuite et en ces termes :

Après dix mois de fonction, nous voyons déjà les éléments tangibles de notre démarche. Cette politique se nourrit de proximité : nous avons mis en place des élus référents de quartier.

On s’interroge. Quel est le rapport entre l’esprit de la démocratie pour un Mendès-France et les élus référents de quartier du maire de Périgueux ?
Nous trouvons une piste un peu plus loin :

En prise directe avec la population, ils sont le trait d’union entre la population et la mairie.

Hum, ce n’est toujours pas clair. Rappelons nous que nos élus référents de quartier ont une permanence de 02h00 par semaine et que leur mission est celle de l’écoute des habitants, (Sud-Ouest 18/09/08). Ces deux heures de permanence seraient ce trait d’union qui promeut l’action municipale au rang de cet état d’esprit nommé par Mendès-France.
Donc, l’écoute engendre de la proximité et la proximité engendre de la démocratie, démocratie correspondant à cet état d’esprit et d’amour cité par Mendès-France ?
Nous remercions donc ces élus référents de quartier, qui, deux heures par semaine, incarnent l’amour de la démocratie de Mendès-France, son esprit, et puis au point où l’on en est, la paix, le bonheur, la prospérité… bonne année quoi.

:: On m’a dit que vous avez mal parlé de moi ! ::
En matière de proximité, le maire a révélé il y a peu un autre de ces talents : la Police Politique de Proximité. A ne pas confondre avec la théorie des MM 3P : Pousser, Propulser, Propager.
Il est entré furibard dans la boulangerie d’Hélène, au Puy-Saint-Front, juste avant Noël, en se présentant en ces termes :

On m’a dit que vous avez mal parlé de moi !

Attention Hélène, dans le régime politique moyrandiste, où l’on chérit l’amour de la démocratie, et donc la liberté de pensée et d’expression, il ne faut pas imaginer dire du mal du maire. Entendons nous. Il ne s’agissait ni d’injures, ni de calomnies…
Sur le rapport des Renseignements Municipaux, (un élu référent ?), par ce précis, courageux et non délateur, « on m’a dit… », on encoure donc dorénavant une remontrance officielle. Seront punis de disgrâce tous ceux qui regimberont à porter allégeance. Non mais !
C’est cela l’amour de la démocratie dans laquelle on sent bien la proximité de la baffe dans ta gueule si tu ne fais pas les louanges du maire !
A quand un décret municipal interdisant de penser et dire du mal du maire ! Vite. L’amour de la démocratie ne saurait tolérer que son talentueux promoteur puisse être blâmé par la populace !

(Plus d’infos sur le blog d’Hélène)

:: Loin des yeux loin du coeur ::
Dans le moyrandisme de proximité, la « prochitude » fait la démocratie.
Il suffit d’être prévenu. Comprenons qu’en théorie, la qualité et la quantité du service administratif garantiraient les droits civiques et politiques, que l’on traduit par la vigueur de la démocratie locale. Ainsi, plus il y aurait de mairies de quartiers, plus il y aurait de démocratie. Plus il y aurait d’élus référents, plus il y aurait de démocratie. Fantastique.
Nous pensions en prémisses que le démagogique amalgame entre proximité et démocratie était un poison du marketing politique. Pas que. Il s’agirait d’une nouvelle théorie politique dont le commune de Périgueux est le laboratoire, dont l’application, en terme de projet pilote, pourrait conduire les périgourdins à la notoriété.
En effet, ils auront vu l’homme qui change les formulaires administratifs en Particules Elémentaires de Démocratie, (les PED) !

Le Périgord ne sera bientôt plus connu pour sa grotte de Lascaux et ses foies malades, mais pour l’homme qui changeait les fiches d’état civil en droits de la citoyenneté. Qui a dit que cette année 2009 risquait d’être morose !

:: L’adjointe à la démocratie [bip] et au devoir de quoi déjà ? ::
Oui, bientôt il ne faudra même plus prononcer le nom de démocratie participative, terme officiellement remplacé par celui de proximité. C’est pourquoi il faudra modifier les attributions de l’actuelle adjointe à « la démocratie participative, à l’éducation à la citoyenneté et au devoir de mémoire« , par adjointe à la mémoire de la démocratie participative.
Nous voulions vous donner des nouvelles, mais visiblement, elle se concentre plutôt sur des problèmes de mnémotechnique, combattant une soudaine amnésie. Car à 1500 euros/mois, on se demande où est le bilan des 9 premiers mois. On se dit qu’au moins, pour Rachida Dati, on sait. Là non.
Si personne ne se souvenait de ce bilan, on nous permettra de nous interroger sur le caractère fictif de ce mandat.
Peut-être lui faudra-t-il un grand bureau dans la nouvelle mairie pour y installer une chaise longue électrique avec repose pied chauffant ?
Non, on ne saurait penser une telle chose. C’est impossible.

:: Conseil municipal, on fait une crapette ? ::
Changeons de sujet. Ce soir, se tiendra un conseil municipal. Certes, cette petite réunion formelle et trimestrielle n’est en rien comparable, sur le plan démocratique, au rôle que jouent les élus référents de quartier. Mais quand même.
On n’y apprendra comment les services municipaux étaient très très mal gérés par l’ancienne municipalité. C’est toujours bon à savoir. Après les finances, les ressources humaines. Notez, c’est juste une question d’organisation, hein Roselyne !
Cela fait maintenant 10 mois que le maire fait l’audit complet de la situation précédente. D’audit en audit, il s’escrime à démontrer que l’équipe précédente est coupable de :
. Promesses intenables, en toute connaissance de cause, donc mensonge éhonté. (Réalisation Bas-Saint-Front)
. Mauvaise gestion des ressources humaines
. Dilapidation d’argent public
. Gestion financière de kamikaze
Il lit et relit les rapports, les notes, les audits, quitte à donner l’image d’un homme résolument tourné vers le passé, assoiffé de revanche et préférant pourrir le bilan du ministre plutôt que de mettre en place sa propre politique. Il communique, commente, analyse, à partir de notes internes, de rapport de la chambre régionale des comptes, d’audits privés, d’analyses du trésorier et du comptable.
10 mois. 10 mois que son idée fixe est de pourfendre le bilan de l’équipe précédente. Cette obsession politique a un objectif. Montrer qu’il ne peut pas faire pire avant d’avoir fait quoi que ce soit ?

A ce rythme là, il faudrait proposer, parce qu’il le mérite, d’étendre le mandat de maire à, disons 20 ans, pour que notre cher élu se mette réellement à réaliser un projet politique. Car, et on le croit sur parole : Il travaille ! En plus il travaille !
Il a travaillé à faire comprendre que les décisions seront prises en toute rigueur et selon une extrême nécessité, après des analyses financières et des études de faisabilité poussées, parce que l’argent public doit être utilisé avec célérité.
Sauf, sauf, le déplacement de la mairie et la transformation de l’actuelle en artothèque. Là on s’en fout, l’argent n’est plus un problème. Rien à taper du budget d’investissement, et quant au coût de fonctionnement, on verra quand ce sera en place. Un des mystères de la mandature, assurément.

:: L’opposition déposée ::
On se dirait que face à de telles attaques et cette coulée de rapports accablants, l’opposition a quelque chose à proposer, tentant de justifier, au moins à minima, son bilan. Non.
Elle est en train de nous laisser conclure que le nouveau maire est dans le vrai. Et si ce vrai prend racine, il faudra comprendre comment, pendant plus de 10 années, les périgourdins ont été dupes d’une politique de tartuffes, vidant et laissant vider les caisses avec désinvolture et indifférence. Las, au peuple souverain la responsabilité des ses dirigeants ?

:: La belle endormie ::
Non ! La Belle Endormie n’est pas Bergerac, c’est Périgueux ! Aussi vrai que se discute l’appartenance de Nantes à la Bretagne, messieurs !
Preuve à l’appui, la diminution de la population à Périgueux et son augmentation à Bergerac. Ah on fait moins les malins là hein ?!
Il est temps de lancer un défi aux 3 Manants, pour le titre unique de Belle Endormie, car une seule ville en Dordogne peut le mériter, (sinon toutes… ce n’est pas faux).
Mais au moins pour le principe, ces prétentieux de bergeracois s’arrogent un endormissement qui, à Périgueux, fait figure d’hyperactivité aigue. Parfaitement. Votre arme sera la nôtre, voilà le gant jeté.
Pour votre information et en première escarmouche, parlons urbanisme. Bergerac a approuvé son PLU en décembre 2008. Nous à Périgueux, on trouve que c’est trop fun un PLU, on préfère réviser notre POS qui date de Mathusalem, alors qu’un PLU tout neuf n’attend plus que d’être voté en conseil municipal.
Sauf qu’il a été fait par l’ancienne équipe municipale et donc jugé PLU de droite = à refaire en PLU de gauche. C’est pas une vraie belle apathie ça ?
En quête d’informations sur le Conseil Général et son éternel et bondissant président, nous pouvons lire sur leur site comment le grand timonier des grottes ornées avait anticipé, à sa façon, la crise financière, en 2008 :

Un nouvel équilibre s’est ainsi instauré, malgré la croissance ininterrompue des dépenses subies. Cet équilibre doit beaucoup au dynamisme de la fiscalité locale, particulièrement celle des droits de mutation. Nous savons que ces derniers sont précaires par essence, tant l’évolution du marché immobilier est sujette à caution. Mais on recense des éléments de solidité budgétaire qui vont au-delà de cette seule conjoncture.”(discours de B. Cazeaux, vote du budget primitif janvier 2008)

La preuve en 2009. Encore bravo pour la leçon.

:: Message à caractère informatif ::
En parcourant les requêtes de recherche qui ont conduit sur le site de la ruedelachouette.org, certaines ont retenu notre attention.
En décembre, sûrement à l’approche de Noël, un(e) internaute à écrit sur google :

Comment ne pas rater un foie gras

La ruedelachouette.org arrive en 11ème position sur cette requête, proposant un titre de billet intitulé :

Rue de la Chouette » Archives » Foie gras à perpétuité ?
Ca laissait le temps de sortir du boulot ou de ne pas rater l’inspecteur Derrick Conditions d’accueil : excellentes … Comment dire. C’est un peu comme si votre médecin vous disait : ….

Comme quoi en Périgord, tout finit toujours dans l’assiette…