Projet « Bas Saint Front », concertation

La ville de Périgueux met en place une commission consultative extra municipale dans le cadre du projet d’aménagement du bas Saint Front, dite commission du « Bas Saint Front ». Le premier rendez-vous est fixé au mois de Juin.

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Il s’agit pour le nouveau conseil municipal de savoir s’il continue ou non le projet et dans quelle mesure il le modifie. Pour autant il faut souligner l’effort d’associer les habitants à ce projet et d’agir de concert avec eux. Cette expérience participative, avec toute la fraîcheur de la nouvelle équipe, sur un sujet fondamental pour Périgueux, au cœur de ses fondements historiques et identitaires, sera donc l’objet, au fur et à mesure, de toute notre attention.

C’est pourquoi à partir de ce premier article, nous mettrons en ligne toutes les informations à notre portée pour que chacun puisse suivre l’évolution conjointe de ce mode participatif ainsi que le projet en lui-même.

Pour mémoire, ce projet existe depuis un moment et a déjà fait l’objet de réunions de concertations avec les habitants, ce qui a permis de dégager un lauréat du concours organisé par l’équipe municipale précédente. L’association Renaissance du Greffe a participé activement au projet depuis plusieurs années et a fait partie de la commission qui choisit le projet lauréat. Ce projet a été aussi âprement débattu en conseil municipal aux différentes étapes de l’élaboration, nous en fournirons une synthèse si besoin était, afin d’en saisir quelques subtilités politiques et humaines.

Aux dernières nouvelles, il faut lire l’article de la Dordogne Libre dans lequel le maire parle du projet, où il expose 3 possibilités qui se présentent, selon les capacités d’investissement à dégager :

1. Réaliser le projet dans son ensemble, aménagement + parking souterrain
2. Réaliser l’aménagement sans le parking
3. Réaliser le parking uniquement

:: LE CONTEXTE ::

La cathédrale Saint Front est depuis trop longtemps otage du trafic routier, cernée de tous côtés par les routes et les stationnements. Elle est pourtant un des éléments emblématiques de la ville, à l’origine de la fondation du quartier historique, la ville du Puy-Saint-Front, longtemps autonome et de tradition communarde, ne serait-ce que dans l’esprit et l’histoire. Le Puy-Saint-Front fut, après Montmartre, la deuxième commune libre de France en son temps.

Le Puy-Saint-Front a toujours eu une identité forte. Que ce fut à l’époque des consuls, où l’on frappait monnaie en combattant les anglais, pris en tenaille entre les frères ennemis de la Cité et les fourberies d’Archambaud; à l’époque de la Commune, où l’on s’inscrit contre les versaillais et soutient les révoltes de cheminots contre les commandes militaires de Versailles: où l’on a pu croiser l’Empereur des rues Neuves, dans le quartier des Turcos, (Télécharger « Mourgoux, maire des rues Neuves »). Les grands-pères sur le marché, dont le mien avant, racontaient le Puy-Saint-Front à leur époque, où l’on allait pas comme ça, en tout cas la Police. Parlez-en à Dédé, samedi sur le marché, (le matin de préférence).

 

 

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Premier plan du Puy-Saint-Front connu, François Belleforest, 1575

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« L’ou s’ei de la Ruo l’Omperour! Si n’ai pas touto la valour de l’Autre per la canounàdo n’ai pas pôu d’uno charmenàdo« . R.B

L’histoire de ce quartier y est aussi riche que son patrimoine architectural et incite à la modestie celui qui veut le modifier. Dans le sens où l’on espère qu’il le modifiera avec modestie. La rénovation de la cathédrale par l’architecte Paul Abadie y a été un succès mitigé pour l’époque, entre le bysantin de coupe mécanique et le courant de restauration de Viollet-le-Duc, il a eu le mérite de ne pas la laisser s’effondrer définitivement. Avant les travaux, Victor Hugo avait offert à Périgueux en visitant la cathédrale qu’elle était « un mélange d’architecture et de hasard« .

Avec la destruction du grand moulin de Périgueux, le remaniement des berges de la rivière l’Isle et la création du boulevard Georges Saumande à la fin du XIXème siècle, les périgourdins furent coupés de leur rivière, ont dit que Périgueux lui tourne le dos. Avant la route, Périgueux plongeait littéralement dans la rivière de par ses berges et l’eau à fleur de bâtiment par endroits.

 

 

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Photos de Edouard-Denis BALDUS, 1860
Sur le site de la mairie de Périgueux

A une époque plus tardive, sous Yves Guéna, a eu lieu un second traumatisme local. L’autorisation donnée de construire l’hôtel Ibis en pied de la cathédrale, susnommé adéquatement « La Verrue » ainsi que les grands immeubles de logements collectifs qui n’ont rien à envier au surnom de l’hôtel. En son temps, le projet d’hôtel avait été conspué par beaucoup d’habitants. Des photos anciennes montrent toute la beauté de l’édifice se reflétant intégralement sur la rivière, ce n’est plus possible aujourd’hui. L’aménagement de la place Mauvard, entre l’hôtel et les logements collectifs, n’a jamais été pensé, jusqu’à aujourd’hui, autrement que comme un « trou ». D’ailleurs, on notera encore l’existence d’un petit îlot de friche, que je trouve avec le temps, à titre personnel, aussi insolite que charmant dans le contexte du bâti ancien.

Le projet d’aménagement du bas Saint Front est donc lié à la place de la Clautre et sa liaison avec la place Mauvard, la rue d’Enfert-Rochereau, l’avenue Dausmenil et le boulevard Georges Saumande. Cet ensemble de places et de rues forme l’étau routier, métallique et bitumeux, qui étreint la cathédrale.

:: LE PROJET ET LES ENJEUX ::

Au-delà de la problématique purement urbaine, qui n’est jamais isolée, on s’aperçoit que des thèmes importants sont en jeu, sur le plan social, historique et culturel. D’autre part, pour mémoire, la cathédrale St Front est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui, en terme d’enjeu pérogourdin et supra communal, devrait se traduire par une attention plus que particulière.

La rivière
Les périgourdins peuvent se réapproprier cette rivière, en rétablissant le contact avec elle, par un accès facile et direct. Que les berges immédiates servent uniquement de stationnement pour les camping car pose un problème ou en tout cas une question. Ne pourrait-on pas en faire quelque chose de plus utile pour le périgourdins, sans demander aux visiteurs de bivouaquer à l’extérieur de la ville ?

Les voies de déplacement
Desserrer l’étau routier autour de la cathédrale est primordial dans le projet. Le problème vient de ce qu’une quantité très importante de véhicules utilisent ses axes pour traverser Périgueux quotidiennement. La liaison avec la rue Saint Front est cruciale en l’état et cette dernière reçoit sauf erreur l’équivalent de 10 000 véhicules/jour, (volume égal à celui de la RN 221 par exemple).
Pour autant il va bien falloir trouver une solution pour libérer le transept Nord de la cathédrale.

Le stationnement
Le projet du bas Saint Front comporte également l’aménagement de la place de la Clautre. Cet espace de Périgueux, un des plus importants de la ville, est également à libérer des véhicules par une destination plus piétonne et plus verte. Il s’agira également de garantir l’accès au marché de plein vent pour les professionnels, ce qui n’est pas si évident dans la pratique.

D’où également le projet de parking souterrain, qui est la pierre angulaire des aménagements de surface. A terme, à l’horizon des 20 ou 30 prochaines années, nous savons que notre pratique de la ville et du déplacement auront changé. Les voitures seront stationnées en périphérie de la ville et les transports en commun seront de rigueur. Le défi environnemental et l’évolution de la ville passeront par cette solution. En préparant cette mutation, les parkings de centre ville sont nécessaires et souterrains si possible.

Les espaces piétons
La place Mauvard est un parking devant devenir un espace paysager pour piétons, créant un lien direct entre la ville et la rivière par le biais d’une grande perspective ouverte.
La place de la Clautre et le haut de la rue Taillefer, le parvis du transept Nord de la cathédrale et l’avenue Daumesnil devraient devenir des zones 30 avec des trottoirs élargis.

Concernant la liaison piétonne entre la place Mauvard et la place de la Clautre, via la place du Thouin, il semble y avoir un problème. Il est prévu un ascenseur partant du pied du mur d’enceinte et arrivant place du Thouin. Si l’on comprend la justification d’un tel équipement, en revanche, on peut prévoir un cout exorbitant pour sa réalisation.

:: LE PROJET LAUREAT ::

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Plaquettes de présentation du projet en pdf
Plaquette n°1
Plaquette n°2
Plaquette n°3

On peut également visionner le film d’animation qui synthétise le projet.
[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=LBgwECgDTYQ[/youtube]

La vidéo a été  réalisée par :

NÉOMONDE

PRODUCTION AUDIO VISUELLE

IMAGES DE SYNTHESE/VIDÉO

www.neomonde.fr

OO33.553.63.59.49

0033(0)6.83.36.7767

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:: APPROCHE GLOBALE ET PLAN LOCAL D’URBANISME ::

Le projet a bien entendu un impact plus large que le quartier Saint Front en lui-même. Il fait partie d’une logique globale, communale et supra communale, contenue dans le PLU de Périgueux. Ce document essentiel, fondateur des règles d’urbanisme des prochaines années, n’est pas encore applicable à Périgueux. Il ne reste plus qu’une approbation en conseil municipal pour qu’il le devienne. La nouvelle municipalité entend y apporter sa « griffe » avant de l’entériner.

Globalement, le PLU en projet vise à « mieux qualifier les différents pôles d’attractivité », à améliorer la fluidité des cheminements piétons en incitant à la promenade notamment et à favoriser la circulation des deux roues. La réappropriation des berges de la rivière fait aussi partie des objectifs du PLU. En ce sens, la CAP travaille déjà à ce programme intercommunal avec le projet des Berges de l’Isle et la voie verte qui emportent aujourd’hui l’adhésion générale.

Qu’on ne s’y trompe pas ; il s’agit d’un temps long. Il faut aujourd’hui anticiper ce que sera la ville à moyen et long terme, à l’horizon 2030. La facture économique et environnementale de nos déplacements étant en l’état une aporie absolue, c’est une véritable mutation des usages et des capacités à se mouvoir qui est à l’étude.

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Le point presse du maire: « je » n’est pas un autre

La Dordogne Libre publie aujourd’hui une interview du maire de Périgueux, Michel Moyrand. C’est un état des lieux sur les dossiers importants soutenus ou retoqués par la municipalité.

On trouvera quelques informations sur les sujets suivants :
Le budget municipal, sur lequel le nouveau maire accuse l’ancien d’avoir dissimulé des dépenses pour feindre un bilan excédentaire. Ca dénonce une arnaque en somme, ou bien on dit: « pisser à l’atout ».
L’aménagement du bas St Front qui semble poser des problèmes aujourd’hui quand il n’y en avait pas hier. C’est la place Mauvard que l’on déplace à la CCI ?
La fiscalité, où l’on comprend que si la croissance redémarre elle sera accompagnée d’une hausse des impôts, enfin peut-être pas.
Le déplacement de la mairie à l’ancienne CCI. Projet coûteux quoi qu’on en dise qui ne connaît pas le moindre débat mais pour autant demeure fermement soutenu, comme un symbole.
La rénovation des écoles, toujours au programme.
Le projet d’électrification de la ligne Périgueux/Limoges, projet court-circuité par le Grenelle de l’Environnement.
La maison de quartier St Georges, non budgétée, non concertée, mais déjà dotée d’un baby-foot offert par l’amicale de St Léon / Vézère ?
L’aménagement de Castel Peyssard où Ducasse pose un lapin.
La ligne aérienne Périgueux / Paris, projet soutenu par la CAP et l’ancien maire, seule alternative dorénavant dans la liaison avec Paris depuis le rétif Grenelle qui n’a pas tenu compte des injonctions de notre maire.
Le réaménagement des boulevards, projet définitivement enterré au bénéfice des quartiers périphériques, la revanche annoncée du projet de campagne.
Le réaménagement urbain du Gour de l’Arche ramené pragmatiquement à un city stade, on fait se qu’on peut dit-il.

Au total 11 dossiers abordés et pas des moindres. On y parle même de la promesse de campagne du maire de recevoir toute personne le demandant dans les 15 jours, c’est dire. Au fait, n’appelez plus, cette promesse est catégoriquement une promesse de campagne.

On serait tenter de penser que les autres dossiers, ceux qui ne sont pas abordés, le sont, « moindres », en tout cas moins prioritaires. En feuilletant le programme de campagne, en réécoutant les déclarations, que nous reste-t-il que nous aurions oublié ? Rien ou si peu.

Ah si. Bah, la démocratie participative. La démocratie parti… quoi ? Oui vous savez, cette pratique de la démocratie qui consiste à associer les habitants aux décisions, pour que le système représentatif actuel ne soit pas qu’un « bonapartisme municipal » depuis la décentralisation de la République. Oui, ça me revient, on en a parlé pendant la campagne électorale, on a même dit que c’était au cœur du projet politique, que c’était essentiel à mettre en œuvre, etc. Donc patience, ce n’est pas un sujet prioritaire, c’est un sujet fondamental, nuance.

Et cette « intelligence collective » recherchée à juste titre et omniprésente durant toute la campagne, y compris présente dans le discours d’investiture ? Désolé, le maire doit l’être. Combien dans l’interview de « je », « moi », « j’ai », « moi je », dénotant une recherche ô combien infructueuse plutôt qu’un concours d’égo avec Nicolas Sarkozy, pourtant classé hors catégorie. Rien de grave encore, juste des ajustements communicationnels en cours. En tout cas espérons, car n’oublions pas que « nous sommes encore en période d’installation ».

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