Le monde selon Laporte

Le directeur général des services de la ville de Périgueux, Philipe Laporte, a transmis à ses subordonnés son Projet d’Administration 2009/2011 daté du 30 octobre 2008.

Ce document administratif n’est pas encore en ligne. Cela étant vous pouvez en faire la demande à la mairie pour l’obtenir, ou attendre que nous scannions la chose. En effet, rien dans les préconisations de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs ni dans la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, ne permet, à notre connaissance, de frapper ce document du sceau de la confidentialité. (Dans le cas contraire, merci de nous contacter).

Ce document étoffé, 29 pages, détaille ce que va être, ou doit être, l’administration de la ville et comment elle peut ou plutôt doit y parvenir.
Une sorte de méthode générale, autrement dite « chemin menant au but», comme à l’origine grecque du terme.

Il ressort de ce document des informations importantes sur la conception de l’administration selon le directeur général, puisqu’il s’y dévoile entièrement nu, un peu comme dans l’Origine du Monde, mais à la Naissance d’une Administration.
Car ces écrits recèlent une forme de catéchisme administratif que l’on n’attendrait pas forcément dans ce contexte.
Le document n’est pas que technique, il n’est pas qu’une méthode, il se veut avant tout porteur de valeurs, de 7 valeurs et le chiffre compte. Ces valeurs sont pour l’auteur au fondement de la bonne action publique, de la droite et rectiligne administration, comme il l’indique par la citation de René Char. C’est ce qu’elle n’était pas avant, il s’emploie à le souligner tout au long du document.

D’où un foisonnement de verbes attachés à la morale, au conditionnement de l’action, à l’attente, tels que « il convient de », « il s’agit de », « il doit » et surtout « il faut », intimant le respect des axiomes municipaux sinon la crainte de l’insubordination. Le verbe le plus présent est le verbe falloir, conjugué pas de moins de 26 fois en une dizaine de pages.
La première partie du document, celle qui nous occupe, est avant tout morale, notamment en se fondant sur des valeurs, qui n’ont pas trait qu’à la technique, à la loi, à la gestion et au management, (du verbe italien maneggiare, et to manage en anglais, appliqué longtemps au dressage des chevaux), mais aussi à la maxime de l’action et de ce que doit être l’homo administratus.

:: Droit, Morale et Technocratie ::

Le directeur général des services ne cache pas ses ambitions morales :

Partir des valeurs, c’est dire ce en quoi nous croyons. C’est écrire les principes qui doivent guider notre action.

Il est à la mode de laisser confondre ou équivaloir le terme de « valeur » pour « valeur morale », comme la qualité d’une personne, son courage, sa probité, etc. Le terme de valeur désigne tout autant une quantité mesurable quand elle s’applique aux mathématiques, à la TVA, à une carte ou un pion, à un bien immobilier, à la monnaie ou encore un rapport quantitatif entre des marchandises.
Mais une valeur qui guide l’action, qui se prend pour maxime de l’action, c’est une valeur morale, une valeur qualitative.
Et dans ce domaine, l’humilité devrait atténuer la prétention à faire d’une valeur morale une quantité mesurable par un seul homme, ce à quoi l’auteur du texte semble indifférent.
Définir la valeur morale qui détermine l’action est en général le fait du philosophe, du moraliste, du religieux, du théologien, très rarement du fonctionnaire territorial.

Il est instructif que Philippe Laporte face tout autant référence à la morale qu’au droit, rappelant sans économie les contraintes légales échues aux fonctionnaires, (loi n°83.634 du 13 juillet 1983), mais générant une haute confusion entre règle morale et obligation légale. Le Droit ne s’occupe jamais de morale, il poursuit l’application de la loi (action vs intention par ex.).
Pourtant, à l’intérieur de son chapitre n°4, La loyauté, la sincérité et la solidarité, il n’hésite pas à l’appui de son exposé moral à se référer à la législation, moralisant ainsi le droit et légalisant la morale. Produire un tel amalgame, sciemment ou non, est, à ce niveau de compétence supposée, une atteinte portée au Droit autant qu’à la Morale.

C’est à la confluence de la technique et de la morale que survient la technocratie, quand par la voie de l’administration d’un service public, elle finit par vouloir incarner une règle générale de l’action, impliquant des règles normatives qui dépassent de loin son champ d’application, imposant et transmettant par les rouages de la hiérarchie, des croyances et des comportements qu’elle n’a pas compétence à promouvoir ou interdire.

L’idéal du technocrate d’être le légitime détenteur d’une règle morale, au prétexte de sa position hiérarchique ne coule pas de source. Il se fait donc fort de pédagogie pour atteindre son but, pour tenter de justifier une certaine légitimité à ce qu’il pressent, dans son discours « meta-administratif », comme relevant d’un arbitraire. Sa vision des choses. Celle qui doit être partagée par tous.

C’est toujours dans ce chapitre n°4, que l’auteur s’épanche sur la disposition légale du droit de réserve des fonctionnaires, où il est dit :

Le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque.

Une PROPAGANDE, c’est (selon le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales):

A/ Action psychologique qui met en œuvre tous les moyens d’informations pour propager une doctrine.

B/ Action qui a pour but de provoquer le succès d’une théorie, d’une idée, d’une œuvre, d’un homme en dehors de tout souci lucratif.

Un ensemble d’obligations morales (et non légales) imposées à autrui par une voie hiérarchique (moyen d’information = projet d’administration) peut-il être considéré comme la propagation d’une doctrine ?

Une DOCTRINE, c’est :

Ensemble de principes, d’énoncés, érigés ou non en système, traduisant une certaine conception de l’univers, de l’existence humaine, de la société, etc., et s’accompagnant volontiers, pour le domaine envisagé, de la formulation de modèles de pensée, de règles de conduites.

« Les principes qui doivent guider notre action« , à savoir les valeurs morales au nombre de 7 transmises dans le projet d’administration, ne sont-ils pas doctrinaires, des règles de conduite, des conceptions de l’existence humaine ?

Par ailleurs et dans le même chapitre, l’auteur dévoile son jugement, dans un paragraphe évoquant la responsabilité de l’ancienne majorité politique :

Les règles ne seront plus équivoques ou à géométrie variable.

Il convient de faire disparaître le spectre du favoritisme et de l’arbitraire grâce à des principes fondamentaux.

Les rapports sociaux ont parfois été marqués du sceau de la méfiance à Périgueux.

Ces jugements (non isolés dans le texte) concourent-ils à stigmatiser les manquements de l’ancienne majorité dans sa gestion administrative en la rendant responsable d’un état de faits condamné par la majorité actuelle ?

Ont-ils pour but de susciter le succès d’une théorie ou d’une idée, ou bien d’un homme ?

A travers ces deux exemples, le directeur général des services, rappelant le devoir légal de réserve des fonctionnaires, respecte-t-il pleinement son obligation de neutralité ?

Les différents éléments relevés ici nous permettent à notre sens de poser objectivement ces questions ou de susciter un débat. En revanche nous n’avons pas les réponses. Au-delà de l’opinion que chacun est en droit de se forger, seul le Tribunal Administratif aurait compétence à conclure.

:: Morale et Téléologie ::

En conclusion de la page d’introduction de son projet, l’auteur dévoile la finalité de son intention, à traduire par une théorie des Fins dernières de l’administration, à la recherche du dénouement d’un paradoxe principiel.

… la somme des intérêts individuels ne se confondra jamais avec l’intérêt général, qui est incarné par toute entité publique. C’est pour tenter de résoudre ce hiatus que ce projet vous est proposé.

Ce hiatus serait le péché originel, les marches que l’on descend 4 à 4 dans la théologie de Saint Augustin. Son projet se présente alors comme l’incarnation qui comble la distance originelle entre intérêts individuels et intérêt général, pas moins.
Et comme la distance se dissout par le mouvement, c’est une Marche, (suivre un chemin qui mène au but), de l’Ombre vers la Lumière, (de Darcos à Moyrand), à laquelle il est demandé aux fonctionnaires de se soumettre.
Ainsi, l’auteur du texte se présente dans cette Marche comme le Guide, le Berger, le Gardien, qui sait comment aller des profondeurs obscures de la Caverne à l’éclatante lumière de l’astre solaire.

Aux détracteurs de ce texte, nous répondons donc qu’il ne peut pas s’agir que d’un résumé de mémoire de Master, d’une reformulation de cours magistral d’école d’administration, ou d’un copié/collé de « Etre Chef de Service dans une Administration pour les Nuls ».

On ne peut que reconnaître une prétention à formuler une eschatologie administrative, qui, par la révélation des paroles du Guide, permet de sauver le fonctionnaire de son hiatus originel.

La présentation générale est finie. Pour les plus pressés, la lecture peut s’arrêter ici. Pour les autres, nous allons pénétrer plus avant dans ce texte, que l’on peut d’ores et déjà qualifier de Nouveau Testament Municipal, le bien nommé NTM.

:: Morale et symbolique ::

Le directeur général des services sait bien, en tant que berger, que pour suivre un chemin il ne faut pas s’en éloigner. C’est pourquoi tout commence par la Loi. Il débute donc son récit dans un élan messianique, l’exposé des Tables de la Loi, ce qu’il nomme « Les valeur essentielles qui fonde une action efficace ».
Il s’agira de compléter les « règles d’or du savoir être et du savoir-faire en groupe ». Elles sont au nombre de 12, comme les apôtres du Christ.

Toute morale a pour finalité la normativité de l’action. C’est pourquoi les grandes lois étant énoncées, l’auteur s’attache à définir par quels principes s’incarne sa parole, et quelles finalités, (objectifs), les fidèles doivent poursuivre dans leur action.

7 maximes, 7 finalités. 7 principes, 7 objectifs. A chaque jour suffit sa peine.
Car c’est aussi les 7 jours de la semaine. Ce fut le temps nécessaire à Dieu pour constituer l’Univers (compris le dimanche bien sur). Symbole d’un cycle complet, c’est la totalité de l’ordre moral. C’est aussi les 7 pétales de la Rose, le cycle lunaire (7×4), les 7 Fléaux et même la clef de l’Apocalypse, (sans oublier Blanche Neige et les 7 nains).
On le retrouve dans l’hexagramme du sceau de Salomon, les 7 emblèmes de Bouddha, les 7 portes de Thèbes, les 7 Hespérides… Et encore les 7 couleurs de l’arc en ciel, les 7 notes de la gamme diatonique, etc.

:: Les 7 grands principes du projet :: 

Bref, l’auteur, par ses 7 principes, s’inscrit dans la continuité d’une symbolique universelle, désignant la totalité, le mouvement accompli de toute cosmologie. Nous ne pouvons donc que reproduire in extenso les principes (archè) de ce cosmos administratif, pour comprendre la génèse de cet horizon ordonné.

1. La responsabilité

Définition de l’auteur:

C’est accepter de porter les projets qui nous sont confiés par les élus.

Embrasser une religion, c’est d’abord ce soumettre à l’élu. On se soumet, ou on se démet.
C’est un tiers exclu. Ou l’on est serviteur ou l’on est apostat.
Attention cependant. Cette occurrence du mot « responsabilité » n’est pas fréquente. Par allégorie, ce sens moderne se rapproche du sens ancien de responsable, (XIVe s.).

…c’est un terme de féodalité désignant l’homme ayant la charge à vie de payer à un seigneur la rente d’un fief ecclésiastique.

Ce n’est qu’au XVIIIe s. et XXe s. que le terme implique de rendre compte de ses actes, lié à l’initiative de décision.

Dans son acception morale, de maxime de l’action, l’auteur, selon notre lecture, explicite ce qu’il attend :
Assume tes actes et leurs conséquences, mais sache que ton supérieur (lui) te confère le droit à l’erreur. Ici l’imprécision est troublante. Car il n’y a pas de droit à l’erreur, errare humanum est, il n’y a que des erreurs. Le châtiment que le maître ou le supérieur décide ou non d’y associer, la punition de l’erreur, ne découle pas du droit tant qu’elle n’est pas qualifiée en tant que faute. (Ex. Si l’erreur a pour cause une négligence, c’est une faute).

Le premier principe de la soumission et de la servitude volontaire lui permet d’aborder le concept de liberté :

La sphère d’initiative et de liberté de chacun doit être respectée, ce qui ne signifie pas, bien au contraire l’absence de contrôle.

La liberté doit donc être contrôlée par celui qui possède la liberté de contrôle. Le contrôle impliquant la surveillance, ceci peut expliquer le nouveau dispositif de vidéo-surveillance au sein de la mairie. C’est un principe de liberté surveillée.
Attention ! Celui qui contrôle ne saurait être surveillé par ceux qui sont contrôlés. On peut donc penser que l’auteur s’appuie ici sur un ouvrage de référence en la matière : Surveiller et punir de Michel Foucault.

Incarnation de la norme dans l’action :
Rendre des comptes

2. L’écoute et le respect

Les modes de gouvernance dirigistes ne sont plus possibles ni souhaitables.

Comme par exemple muter sans avis préalable un professeur d’échecs compétent à l’animation scolaire du musée Vésuna à qui il est interdit d’en parler, même à ses proches !
En quoi cette décision n’est-elle pas dirigiste et en quoi devrait elle être frappée par le secret ?

Il ne s’agit pas de démocratie participative, mais il convient de tenir compte des avis exprimés…

L’auteur a raison. La démocratie participative ne peut prendre corps que si elle prend place dans un système électif, ce qui n’est pas le cas d’une administration. Il fait donc bien la différence entre administration et démocratie.
A part cela, dans l’écoute, la concertation, la prise en compte des avis tiers, la compréhension mutuelle, on s’y croirait. A tel point qu’oubliant ses propres mots il dit ailleurs au chapitre n°4 :

Enfin la mise en œuvre participative du projet d’administration constituera également un support de dialogue social.

Incarnation de la norme dans l’action :
Réunions régulières

3. L’exigence, l’ambition

Il faut poser des règles simples : dire ce que nous faisons et faire ce que nous disons.

Le respect entre les individus est la base de la vie en commun.

Celui qui définit le respect définit les bases de la vie en commun. Lourde tâche, rarement confiée dans l’histoire à un fonctionnaire territorial. C’est une innovation dont Aristote ne saurait rougir.

Incarnation de la norme dans l’action :
Réaliser des rapports d’activités et faire des tableaux de bord

4. La loyauté, la sincérité et la solidarité

Les sous-entendus, les menaces ou les intimidations témoignent de l’immaturité ou de la faiblesse.

Cette loyauté, en direction des élus et de sa hiérarchie, doit se retrouver pour tout membre de son équipe ou tout responsable, particulièrement en public.

L’indéfectible loyauté à la volonté de l’élu est donc la matérialisation de la soumission attendue dans le premier des 7 principes.

Incarnation de la norme dans l’action :
Renforcer et valoriser le dialogue social

5. Le courage

Au-delà d’être une valeur, le courage est une vertu individuelle.

C’est bien là la fonction d’un administrateur. Définir ce qui est vertueux ou ne l’est pas.

Il faut également avoir le courage de recadrer et de sanctionner à bon escient.

Aussi, ne pas savoir punir, (dialectique du maître et de l’esclave), est une forme de lâcheté.
Avoir le courage de châtier, c’est faire justice à ceux qui n’ont pas besoin de l’être.

Il n’y a pas de place dans une aussi grande structure pour l’arbitraire. Il n’y en a pas non plus pour la faiblesse.

Dans mon souvenir, même dans Ainsi parlait Zarathoustra les choses n’étaient pas aussi limpides.

Etre juste est une gageure, mais être courageux est possible.

Abandonnant l’idéal de justice, il vaut mieux s’en remettre à son surmoi.

Incarnation de la norme dans l’action :
Refondre les feuilles de notation

6. L’équité et la reconnaissance

Quand les règles sont claires et connues de tous, il est plus simple de justifier les décisions.

Il faut dire ce qui ne va pas, mais il faut aussi et surtout dire ce qui va.

Féliciter, remercier et transmettre les remerciements cela prend du temps, mais c’est indispensable.

Tu sauras user du bâton comme de la carotte, tu auras le courage de sanctionner et punir, mais dans ta sagesse, tu sauras aussi être magnanime et récompenser le bon comportement par ton remerciement. Impartial tu seras.

Ou encore :

Un geste d’humanité et de charité a parfois plus d’emprise sur l’esprit de l’homme qu’une action marquée du sceau de la violence et de la cruauté.

Nicolas Machiavel, Le Prince

Incarnation de la norme dans l’action :
Faciliter la mobilité, réviser le régime indemnitaire

7. La transparence

Motiver ses décisions ne suffit pas. Il faut donner accès à l’information.

L’information doit aussi être facilement compréhensible.

Les ordinateurs et les outils de communication prennent une place prépondérante dans notre vie professionnelle.

Mais attention ! Si la transparence est de rigueur dans l’organisation de l’information, le principe n°2 nous en rappelle les dangers dans la relation humaine :

Il faut savoir s’adapter à son interlocuteur mais ne pas prétendre non plus à l’absolue transparence.

C’est donc l’équilibre de la transparence relative qu’il faut rechercher. Aussi, comme la liberté, l’accès à l’information doit être surveillé et contrôlé.
Et là encore le Directeur semble connaître Le Prince :

Que pour être efficace il faut cacher ses intentions

Incarnation de la norme dans l’action :
Dématérialiser les procédures

:: De Descartes à Séguéla ::

Le reste du document s’applique à disposer techniquement des ces principes fondamentaux à toute action. Il ne sera pas détaillé ici. En revanche, retenons bien de quoi est constitué ce nouvel ordre moral qui va transcender la vie publique.

1. Tu seras responsable
2. Tu seras respectueux
3. Tu seras exigeant
4. Tu seras loyal
5. Tu seras courageux
6. Tu seras équitable
7. Tu seras transparent

Ces 7 commandements sont notre chance de nous racheter, de sortir de l’Enfer « d’avant » pour espérer joindre un Eden redécouvert. Il va de soi que l’auteur de ce Codex ne saurait contester qu’une seule de ces « valeurs » lui fait défaut. Sinon, il ne respecterait pas lui-même son propre principe n° 3.
C’est donc en toute logique qu’au-delà de l’ordre hiérarchique, donné à ses subordonnés de se soumettre à son œuvre morale, ces derniers peuvent avoir une confiance aveugle en leur nouveau directeur, de conscience (incluse).
Et nous pauvres pécheurs, si mal administrés depuis tant d’années, nous ne pouvons que nous féliciter de ce nouvel ordre moral, délivrant un service public des fers la décadence, du stupre et de la luxure.

Ils étaient fous ils seront responsables, délictueux et maintenant respectueux, autrefois laxistes et aujourd’hui exigeants, perfides devenus loyaux, des pleutres transformés par le courage, des êtres léonins promis à l’équité, dans l’orbe d’une transparence née de l’opacité.

Dans le jeu des contraires et de la cosmogonie, la nuit est première, fondamentale et originelle. Le jour en survient comme unique condition de la délivrance et du salut de l’âme.
La mise en scène de l’avenir meilleur, la Terre Promise, n’est possible qu’à partir d’un désert, de la non fertilité et d’une terre sans eau.

C’est pourquoi la probable doctrine développée pour l’administration périgourdine s’appuie nécessairement sur un passé obscur, mauvais, inefficace, martelé comme tel en permanence, et sous-jacent à tout ce qui va changer, nous transportant vers des jours ne pouvant qu’être meilleurs.
En permanence insuffler des raisons d’espérer, à moins de sombrer dans le désespoir ; c’est une règle d’airain celle-là.

Cette scolastique laïque, sous couvert de se présenter comme un art d’administrer, (management ou « ma nage ment » pour Jacques Lacan), se maquillant d’anglicismes conformes à l’esprit provincial de paraître à la mode, puise en réalité dans ses racines symboliques et religieuses, morales et coercitives, la justification de ses principes.

Ainsi, avec ce nouveau corpus doctrinaire sous le bras, les différents chefs de services sont ordonnés en catéchumènes de circonstance, dociles apôtres devant colporter la parole semi-évangélique de l’administrateur en chef.

Il n’y a rien de tel que simuler le cartésianisme, de faire croire au discours de la méthode ou aux règles pour la direction de l’esprit, afin, en réalité, d’adapter le comportement humain à sa propre volonté et le soumettre à son pouvoir. De même, il n’y a rien de mieux, pour qu’autrui agisse dans notre propre intérêt, que de le convaincre qu’il agit pour l’intérêt général. Ou bien que pour s’assurer sa servitude, on le persuade d’agir selon son propre libre arbitre.

Pourquoi un tel déploiement rhétorique ? Après tout, les « valeurs » édictées sembleraient consensuelles et devraient pouvoir trouver approbation sans contrainte et sans la musique maligne de la persuasion.
Car derrière la liberté la surveillance, derrière le courage la sanction, derrière la transparence le contrôle de l’information, derrière l’équité la pyramide hiérarchique, derrière la loyauté l’obligation mécanique, derrière l’écoute le renseignement, derrière la responsabilité la culpabilité. Et enfin derrière ce texte, l’ordre intimé de l’obéissance ou à défaut le blâme. Tout est dans le texte.

Mais gardons à l’esprit que le pêché de la religion est de vouloir prendre la place de Dieu.

Le maire a les clefs de la ville, du coffre et du bonheur

Quelques brèves pour commencer l’année. Grâce à l’activisme débordant de la nouvelle municipalité et la mise en œuvre de ses idées audacieuses, la ville explose de toutes parts. Les rues sont bondées, l’artisanat et le commerce s’éclatent, d’animations en évènements, d’évènements en manifestations, la ville de Périgueux fourmille de vie et d’allégresse. Les bistrots sont remplis, vivants, les tv sont éteintes et grâce à la nouvelle équipe, les gens sont à nouveau heureux de partager leurs envies. A l’instar de ce qui s’est passé au congrès de Reims, nous voyons enfin ce que veut dire solidarité et fraternité. Le vivre ensemble du maire est là, débordant d’enthousiasme, faisant la chasse aux petits intérêts politiciens et aux calculs électoraux.
Nous ne savons plus où donner de la tête, la Renaissance tant promise est là, prête à jaillir de mille feux au printemps.

Vous ne l’aviez pas remarqué ? Non, il faudrait être aveugle.

:: Réforme du découpage administratif des territoires ::
Vivre en Périgord, janvier 2009, porte voix officiel de Sa Majesté
BC :

 … un redécoupage des collectivités est programmé dans le plus grand secret.

Un comité présidé par Edouard Balladur doit décider de réorganiser la carte administrative de France en catimini, sans discussion avec les élus, ni avec la population d’ailleurs.

L’omniprésident (de Dordogne) est radicalement contre la disparition des Conseils Généraux. Etonnant. Pouvoir à la sauce Haut Moyen-Age, enrichissement personnel, modestes indemnités, viviers de reclassement pour les amis, (dans le jargon on dit « usine-à-beaux-frères »), ascenseur pour un mandat national, etc. Etonnant.
Et en plus on le fait dans son dos selon lui ?
Pas exactement.
Peut-être faut-il rappeler que le Sénat a lancé une mission sur le sujet, (mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales), qu’aucune réforme des collectivités territoriales ne se fera sans l’aval du Sénat, (Constitution), et pour finir que Bernard Cazeau, (avec le tribun Claude Bérit-Débat), est membre de cette commission ?
En catimini, dans le plus grand secret, le sénateur Cazeau, membre de la mission parlementaire sur la réforme territoriale travaille à sauver ses privilèges.
Il craint sa nuit du 4 Août à lui ?

:: Comment dit-on « augmenter les impôts » en langage Cazeau ? ::

L’Etat veut nous étrangler, nous devons réagir : nous le ferons en décalant certains travaux et en demandant une contribution légère à nos concitoyens.

La classe.
En fait, la Droite, en France ne sert qu’à systématiquement rejeter toute responsabilité sur elle, par la Gauche. Et comme cela fonctionne dans les deux sens, au milieu, nous, le peuple souverain, (sic), on est bien avancé.

:: Françis Colbac, la différence entre penser et calculer ::
Prône un budget « volontariste » pour 2009 et défend l’existence des départements. Espérons que ce budget sera moins colbacien que celui de la ville dont il est le maire. Les résultats sont les plus mauvais de l’agglomération.
Cette pauvre ville de Trélissac n’en avait pas besoin. Mais elle a été balkanysée, ou plutôt tibérisée par une fraude électorale condamnée en Conseil d’Etat. Les élections sont relancées.
Ce qui est étonnant, c’est que dans les casinos par exemple, les tricheurs attrapés en flagrant délit ne sont plus admis aux tables de jeux. En politique c’est l’inverse.
Ce serait même mal vu un politicien honnête ?

:: Et Périgueux dans tout ça ? ::
Ben rien de spécial. Si, la mairie lance un appel d’offre pour acheter un nouveau tractopelle.
Sinon la population baisse. Ah ben c’est la faute au ministre alors, question d’héritage non ?
Si on veut, c’est de la recette de politicard provincial. En réalité Périgueux se vide depuis 60 ans, -10 000 habitants.

Dordogne Libre 07/01/09

Pour inverser la tendance, précise-t-il, il faut agir sur certains leviers en mettant en place un programme de rénovation de l’habitat ou en réfléchissant, pourquoi pas, à la mise en place d’une taxe d’habitation pour les logements vacants.

Car il y a encore trop de logements inoccupés, estime le maire de Périgueux…

Les gens s’en vont, ou ceux qui meurent laissent des logements durablement vacants. Ainsi va.
Périgueux n’attire pas, elle fait fuir. Ca vous étonne ?

Car le maire, lui, il a une solution géniale pour endiguer le phénomène. Forcer les propriétaires à louer en les taxant davantage. On s’incline.
Et surtout ce n’est qu’une question de capacité locative. Plus de logements, plus d’habitants. Aussi, le maire se croit en mesure d’affirmer que d’ici les prochaines élections, il aura endigué le phénomène. Ben oui, tous les héritages ne seront pas négatifs. Quel génie !

:: Communication, le blog du maire ::
Décidément la proximité est devenue une obsession. On en aura pour notre argent. Après la série Martine, « le maire fait quelque chose », (et en photo s’il vous plait), voici « l’actualité du maire», un Google Agenda pour ses fans.
La nouveauté est la mise en ligne de cet agenda du maire, le public bien sur, pas le vrai. 9 jours de rendez-vous alignés, tous consacrés à la présentation des vœux de nouvelle année. Ca frise le fantasme du culte.

Toujours à la traîne en matière de TIC, avec 2 pauvres @ au classement des Villes Internet, le service info de la ville consacre toute son énergie à pondre du code à la seule gloire de notre ancien Directeur de Recherche des courriers perdus de l’usine du timbre.
En somme on conclut que le maire confond le site de la mairie avec sa page Facebook. Ce n’est plus une plateforme d’échange et d’information à destination du public, c’est le blog de Michel M.
La méthode Sarkozy lui monte à la tête ?

 :: Finances ::
Le maire met en ligne des résultats budgétaires négatifs, produits cette fois par le trésorier de Périgueux, Paul Arquet. Une véritable jubilation pour le maire : et maintenant champion, tu comptes répéter la rengaine de l’héritage pendant 5 ans ?

 :: Le journal du Périgord ::
On y cause projet du Bas Saint Front et ça défouraille. Le maire y déploie ses dernières recettes de langue de bois apprises en média training. Cet homme qui n’est même pas capable de prononcer le nom de Goethe correctement, (pardon c’est de l’élitisme ? Pouah !), quel est-il pour saisir l’enjeu réel, historique et culturel de ce quartier du Puy-Saint-Front qui, n’en déplaise à ses électeurs, est le cœur, la tête et les poumons de la ville de Périgueux ?
Alors qu’il s’évertue à se victimiser dans cette affaire, accusant X de procès d’intention sur son intérêt pour le projet, est drolatique. Ce qui est un fait, en retour, est bien l’annulation d’une ligne de crédit de -280 000 euros destinée à la poursuite du projet. C’est un procès d’intention ça ?

En revanche il y aura bien de nouveaux immeubles HLM dans le quartier historique, à côté de la place Mauvard. Tout est en place avec Domofrance. Avec le Grand Architecte de la mairie, (R. Bourgeois pour les intimes), ces bâtiments devraient être supérieurs, géniaux, à son image quoi. Le dernier espoir de ne pas voir une verrue de plus repose donc sur la sagacité de l’Architecte des Bâtiments de France. Il sera le seul à pouvoir empêcher les margoulins de pourrir un peu plus le secteur historique. Croisons les doigts, pas les bras.

Que ne ferait-il pas pour déménager SA mairie, SON projet à lui rien qu’à lui, le seul en définitive. Enfin non, il y aurait aussi l’artothèque et la résidence d’artiste. Verra-t-on en exposition permanente l’œuvre du photographe officiel de la mairie et en résidence à vie l’artiste faiseur d’encre sympathique ? Bien sur que non, il a plus d’amis que cela dans le l’Art.

Le temps est à la flatterie, la courtisanerie, la veulerie souligne Pascal Serre dans son édito. Il ne vise personne, mais les personnes concernées s’y reconnaîtront. C’est qu’il y a un risque à contredire le nouveau pouvoir si l’on dépend, en quelque endroit, pour n’importe quelle raison, d’une décision municipale.

Allez, allez, chantez quoi.
Le bonheur est dans sa main, cours y vite, cours y vite, il va filer.

[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=G5zA9eGEYVc[/youtube]

Périgueux. Le maire et le Père Noël: rencontre au sommet

Alerte rouge !

Evidement sans aucun lien avec les parodies de Martine ou notre dernière intervention, le maire a néanmoins décidé, depuis, de modifier la présentation de ses interventions (dévouées à l’entretien de son image).
La rubrique, « le maire – kaléïdoscope » est toujours là, pour le plus grand bonheur de ceux qui se sentent, comme moi, désemparés depuis la disparition de l’inspecteur Derrick.

C’est donc le cœur sur la main que nous relatons avec sérieux la nouvelle politique de communication de la mairie, avec l’arrivée de son directeur, Frédéric Huillet, recruté « pour un meilleur service auprès de la population et un maximum de transparence ». Cela ne fait aucun doute, on s’en aperçoit déjà.

Alors, au menu aujourd’hui :

Mercredi 17 décembre
« Le maire à la maison de retraite »
« Le maire rencontre le Père Noël »

Remarquez, on ne nous communique plus les horaires, ce qui enlève un peu de piment. A la place, on a étoffé le texte, sûrement pour contrebalancer le choc brut de l’image, laissant trop de place à l’interprétation libre. C’est dommage, cela faisait le sel de cette communication.

Enfin on apprend quand même :

Le Père Noël a fait une escale au théâtre, mercredi 17 décembre au soir… 

Il a été « accueilli par le maire ». Non non, ne croyez pas le rédacteur de la news sous emprise de psychotropes.
Si vous regardez la photo, c’est incontestable : il dit vrai. C’est bien le Père Noël.
Pour ceux qui se sentent un peu pris pour des crétins ou infantilisés, ou les vilains qui ne croient plus en l’égérie de la société Coca-Cola, bref, pour les sceptiques et les adultes, les citoyens et tout ça.
Ne troublez pas cet instant féerique, ce clin d’œil innocent à l’enfance bercée par les mensonges et les duperies. C’est le début de la politique. Le maire renoue avec les fondamentaux. Bravo !

A la bourre, le Père Noël a loupé, un peu plus tôt, le rendez-vous à la maison de retraite. Dommage. Du coup le maire a du faire le boulot tout seul. Ce qui est vraiment dommage, c’est que les élections municipales ne tombent pas en décembre. Ca c’est vraiment ballot. Ils pourraient faire distribuer leurs programmes par le Père Noël, assurément un must have dans le plan comm’. Remarquez, là, il sert un peu à la même chose le Père Noël. Il a bon dos d’assurer le Service Après Vote…
Tant pis, on nous le dit :

Et surtout, les pensionnaires s’étaient mis sur le 31 pour célébrer ce déjeuner d’avant Noël.

Pas bégueules, les anciens ont répondu présents. Remarque ils étaient déjà à poste. Ils s’étaient mis sur LE 31. Là mystère. LE 31 décembre ? Non c’est Noël. Ah c’est une coquille, notre super rédacteur voulait dire sur LEUR 31, pour dire qu’ils s’étaient sapés comme des milords. Toutes mes confuseries.
Ne gâchons pas la fête des enfants et le maire le sait bien, les enfants c’est sacré.

Comme nous le disions, le service communication s’est mis en branle. Ca dépote. Il vient depuis peu de mettre en téléchargement, wouah, le journal du maire de Périgueux, appelé modestement:

Le magazine des périgourdins, octobre 2008

:: Plan de relance de l’économie périgourdine ::
On commence par les finances. « Votre municipalité en action ». Cela consiste à dire tout le bien que l’on pense de l’ancienne municipalité. Le méchant maire d’avant vous a plumé ! Soit. Mais encore, il est plus là ce pourfendeur de bien public, alors qu’est qu’on fait maintenant ?

Les marges ayant disparu, des arbitrages seront réalisés dans le prochains mois. La bonne gestion des deniers publique l’exige.

Ah ben si c’est elle qui le demande alors. Ils avaient pas son n° de portable ceux d’avant ?

L’ambition est d’une part de gérer d’une façon plus rigoureuse et efficace que cela n’était fait, afin de restaurer des marges de manœuvre (l’autofinancement).

Il est sacrément ambitieux ce monsieur Boudy. Il va faire des coupes franches dans tous les investissements prévus, (arbitrage), pour pouvoir recommencer à investir après, (marges de manœuvre). Il devrait en profiter, vu que le maire est copain avec le Père Noël, on sait jamais c’est le moment non ?

Des progrès sont possibles concernant les procédures d’achat et de mise en concurrence.

Ah la concurrence, comme quoi l’économie de marché, quand même… Quant à sauver les finances de la ville en faisant des économies d’achat, là ce n’est plus le Père Noël, c’est juste la petite souris en intérim. On se souviendra que le directeur des achats n’est autre que le directeur de campagne du maire, un « copain d’abord » qui réclamait sa part du gâteau. Ouf, on est sauvé.
Après donc, toujours pour sauver les finances de la ville, on va faire de la direction de ressources humaines, cela « … permettra d’améliorer l’efficience du service rendu ». Traduction : ça va valser bande de feignants !
Enfin, on fera des économies en investissant moins:

  … les investissements seront étudiés scrupuleusement et ne seront réalisés qu’à un rythme compatible avec les moyens de la ville.

Comme par exemple le déménagement de la mairie à la CCI. Celui là on a bien compris son « rythme compatible », il a été étudié scrupuleusement pour la campagne électorale.

Récapitulons ce plan relance de l’économie pour sauver la ville de la banqueroute :
1. Politique d’austérité sur les investissements traduis par une absence de projets structurants.
2. Réduction du fonctionnement. Compression/rationalisation du personnel et réduction des coûts de la masse salariale.
3. Faire des économies d’achat grâce au conseiller municipal de la commune d’Atur, (ami et directeur de campagne).
4. Accroître la mécanique concurrentielle des appels d’offres.

Objectif de politique générale à l’issue du mandat :
1. Restaurer la capacité d’autofinancement
2. Accroître les marges d’investissement
3. Réduire l’endettement
4. Conserver la stabilité de la pression fiscale

Elle est pas belle la vie ? Hein. De grandes ambitions que tout cela. On sent bien derrière un vrai projet pour la ville, répondant d’une politique générale ambitieuse, anticipant les enjeux à long terme. En tout cas merci pour l’intelligence collective, on la sent bien pousser, derrière. Ca va faire mal.

:: Encore les élus déférents de quartier ::
Car sans elle nous n’aurions sans doute pas eu droit à cette politique de proximité. Heureusement le maire n’ose quand même plus appeler cela de la démocratie participative. On aura au moins servi à quelque chose. Un mensonge démasqué n’est jamais un détail.
Quand on lit les déclarations du groupe socialiste, on se demande s’ils ne se croient pas encore dans l’opposition, ayant le pouvoir de parler, mais pas celui d’agir.
Aussi leur action serait orientée vers « une meilleure qualité démocratique », en lui donnant :

  …une forme démocratique qui prend en compte les expressions plurielles au profit du bien commun.

Rewouah !
Vous savez comment ? Ben tout ça avec les conseillers municipaux chargés de permanence dans les quartiers, 2 heures par semaine, pour être à l’écoute de la population. Opération coordonnée par l’adjointe à la démocratie participative? Pas du tout, par l’adjoint à la vie de quartier bien sur.
Et avec mon caleçon vous ferez un parapente c’est ça ?

Même le groupe Verts s’y met.

Nous sommes dans une méthode résolument différente, avec plus de proximité, plus d’écoute, plus de transparence, à l’image de la mise en place des élus référents de quartiers. 

C’est dommage que la seule obédience partisane de ce consortium politique, alliant sans pitié « sociale démocratie » et « lutte des classes » à l’ancienne, ne s’en tienne pas à son crédo, le plus important, celui qui nous est vital. Car cette transparence là, même Yves Guéna l’aurait trouvé obscure en son temps. Quant à cette proximité ci, elle flirte au doublon avec les RG

:: Et ainsi de suite… ::
Finances, Démocratie, Ecologie, Enfance, Solidarité, Associations, Mémoire…
Ce qui est le plus transparent, dans cette communication, c’est la volonté de nous faire comprendre que nous sommes dans le meilleur des mondes périgourdin possible, où les intentions sont pures, les résultats satisfaisants et positifs, les projets justes et louables, le personnel politique altruiste et dévoué, bref, que tous donnent le meilleur d’eux-mêmes au service du bien commun. Et surtout que le maire s’occupe bien, très bien de ses administrés.

Moi, pauvre pêcheur au fond de ma caverne, j’attendais cette main tendue pour oser aller vers le soleil.
Merci donc, de nous faire comprendre la bonté de votre geste avec force de belles phrases et d’auto satisfaction.
Mais notez, tout de même, que, mon bon monsieur, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.

A périgueux, Ripeux fait ce qu’il peut

:: C’est le père Noël qui nous l’envoie ou l’inverse ? ::
Le dernier conseil municipal de l’année, nous n’y étions pas. Nous attendons donc comme tout le monde le procès verbal sur le site de la ville. Las, celui du conseil municipal du 17 novembre 2008 n’est toujours pas disponible et le dernier procès verbal en ligne est en date du 27 juin 2008. La réactivité au service de la communication et de la transparence, tout un programme, mais rien qu’un programme (électoral). Non la transparence n’est pas une priorité; au contraire elle apparait comme une adversaire.

N’allez pas croire que le maire ne se soucie pas des Techniques d’Informations et de Communications, de l’Internet et tout ça… Au contraire, il y est très attentif, mais tant que l’outil demeure servile à son intérêt personnel et à l’entretien de son image. Améliorer la communication et les échanges entre citoyens et services municipaux? Mais qu’est-ce qu’on s’en fout semble-t-il nous dire! Idem de l’intelligence collective. En effet, il vient depuis peu, de mettre en ligne une rubrique intitulée, allez comprendre, « le maire – kaléïdoscope ».

Devant vos yeux ébahis, des photos du maire partout, rien que du maire, uniquement dans des situations jugées positives pour la promotion de son image. Un peu comme dans la série « Martine« , on peut voir ainsi le maire dans ses œuvres:

– Le maire fait le marché (13/12/08 à 11h30)
– Le maire à la patinoire (13/12/08 à 12h30)
– Le maire à la fête foraine (13/12/08 à 12h45)
– Le maire avec un VIP (10/12/08 à 09h00)
– Le maire au marché de Noël (06/12/08 à 11h00)
– Le maire au Téléthon (05/12/08 à 18h30)
– Le maire et les enfants font la lumière (05/12/08 à 18h00)
– Le maire dépose une gerbe (05/12/08 à 09h00)

Et ainsi de suite. Notez bien les heures, on y a droit 3 fois dans la même journée. Sans rire, il fallait oser, on a même eu droit à : « le maire à l’école » (03/09/08). Voilà à quoi sont utilisées les compétences des services informatiques  de la mairie en matière de TIC. Cette nouvelle rubrique figure dans les nouveautés du site de la ville, comme un cadeau de Noël à peu de frais.

Ce qui est le plus amusant ici, c’est que les parodies de Martine ont fini par être interdites. Dans notre cas périgourdin, pas besoin de risquer les foudres de la justice en parodiant la série. Comme un grand, le webmestre, fait à la fois, involontairement, la série et la parodie de la série, un vrai régal. Nous remercions sincèrement le délégué à la communication touché par la grâce pour pondre une telle perle. On ne pouvait imaginer pire caricature que cette propagande aussi grossière que flasque.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=uDtI6TeCDOk&feature=related[/youtube]

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:: RIPEUX et le gentleman d’Epsom :: 
En attendant de pouvoir développer, on peut déjà annoncer que ce conseil municipal a sonné comme un requiem pour le projet d’aménagement du Bas Saint Front, entre autre, amputé d’une ligne de crédit de 280 000 euros destinés à la poursuite du projet.
En revanche, les études du festival Art et Eau sont lancées officiellement par provision de 63 000 euros, destinés aux études. De l’art de l’eau et des euros.
Quand on sait qu’une partie du réaménagement du quartier du Bas Saint Front, outre sa fonction de limiter le trafic automobile, avait pour but de réconcilier Périgueux et sa rivière, on reste rêveur. Et oui, toute une partie du projet consistait à créer des accès et un lien privilégié entre la habitants et la rivière, actuellement séparées par un boulevard à haute densité de trafic automobile.
L’utilité et l’importance de ce projet d’aménagement, nul ne les conteste. Même pas le maire. Il est impossible de ne pas voir l’importance d’un projet efficace pour :
. l’urbanisme, le patrimoine et l’habitat,
. l’environnement et la diminution du trafic automobile,
. et enfin l’économie et le tourisme.

Le seul défaut de ce projet, c’est qu’il a été cogité par la majorité précédente. Son seul défaut, qui lui vaut cette IVG politique, c’est de n’être pas l’issue légitime de l’accouplement de l’actuelle majorité avec la ville de Périgueux. Il leur est impensable, au nom de l’intérêt général, d’envisager l’adoption, dont on connaît pourtant par avance le bénéfice pour tous, y compris les autres quartiers.

Il y a peu on plaisantait encore, parce que les partisans sont borgnes et sourds à la qualité des hommes de tous bords. Et que sans en être, on regardait, on écoutait, on croyait. Alors au pire, on pensait à Raoul Wolfony, admettant sans peine qu’on avait « épuisé le tout venant ». On tourne une page.
C’est une famille et dans cette famille, monsieur, chez ces gens là, on ne mélange pas. On préférera voir le résultat des noces de Frida avec son cousin plutôt que de la voir aller avec un étranger.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=jfMgbEU1fFI[/youtube]

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:: AREO ::
C’est donc en toute logique que Périgueux tournera encore et toujours le dos à sa rivière quand on célèbrera avec force d’autosatisfaction l’eau de source, l’eau potable, l’eau de pluie, l’eau de ce qu’on voudra sauf de rivière. Mais c’est bien connu, :

Tout est art sauf les grenouilles.

(Désolé, il fallait quand même un jeu de mot bidon sur le thème, il est signé Charles Dreyfus).
Cela nous ramène au projet de la Liste2008, qui revendique la paternité du projet Périgueux-les-Bains. Qu’on se le dise !

[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=Ii2VTEBd-xY[/youtube]

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Pour commencer, ce festival devra se passer de faire référence à la rivière qui borde la ville. Les artistes locaux et les associations sont déjà mis à contribution pour trouver des bonnes idées pas chères et se creusent la tête. A qui, pour pas cher et sur présentation de sa carte (d’artiste, pas du PS), saura artistiquement faire savoir que l’eau nous est essentielle.

:: Sémillante Semitour ::
La Semitour est également de plus en plus présente dans les affaires de la ville de Périgueux, par l’intermédiaire de son directeur et premier adjoint, Eric Dosset. Cette société d’économie mixte chargée d’exploiter le tourisme au nom du département, vient de louer 3 chalets sur le Marché de Noël de Périgueux. Il y en a même un pour réserver sa place au téléski de la base nautique de Rouffiac. Il faut savoir être prévoyant.
Pour le coup, la Semitour réapparaît dans la Décision Modificative n°3. Pour l’acquisition du stock librairie et le remboursement des dépenses de communications à la Semitour, il nous en coûtera 19 300 euros.
Mais que fait l’adjoint à la culture ! On achète des livres sans intérêt à son ami Eric, mais on laisse tomber l’acquisition des éditions originales de Léon Bloy ! Non décidément, la littérature et le maire, c’est une vaste mésentente.
Il a l’air bien pratique ce musée gallo-romain. Et oui, il n’est plus géré depuis peu par la Semitour, qui est elle-même dirigée par un adjoint au maire. N’y voyez pas malice, c’est clair comme de l’eau de roche. (Tiens, on l’avait oublié celle-là).

:: Informations internationales ::
A Bergerac, les manants, maintenant au nombre de 3, semblent plus que jamais revigorés sur le site de la Belle Endormie. Leur dernier compte rendu de conseil municipal ne se contente pas d’être énergique, il indique, à les en croire, une stratégie assez proche entre les nouveaux maires des métropoles périgourdines.

A tel point qu’ils semblent avoir fait leurs classes ensemble.
Projetés dans la salle de communication politique, nous assistons à l’ultime répétition générale avant le grand oral. Les candidats sont briefés une dernière fois.

Au cas où, que faire en cas de victoire ?

Messieurs, si vous êtes élus, quelle sera votre première approche ?

– Dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses à cause de la mauvaise gestion précédente.

C’est bien. Ca ne mange pas de pain, discrédit sur les autres et si vous vous plantez ce n’est pas de votre faute.

Ensuite, acte II.

– Dire qu’il faut relancer les finances en faisant des économies et que c’est prioritaire. Sans oublier de stigmatiser le errements en Fonctionnement / Investissement et faire ressortir la baisse d’autofinancement.

Bravo. Ca fait sérieux et proche du peuple. Bonus garanti sur l’image « gestionnaire sérieux ».

Et après, qu’est-ce qu’on fait ?

– Après on conserve au taquet les indemnités ou on les augmente ça dépend du plafond légal.

C’est bien les gars, il ne faut pas oublier grâce à qui vous avez le fauteuil.

Et enfin le dernier acte ?

– On met en place nos projets en disant que c’est urgent et très très prioritaire.

C’est parfait messieurs, vous êtes prêts. On jettera un coup d’œil quand même au déménagement de la mairie. Plus c’est gros plus ça passe, d’accord. Mais là quand même on flirte avec les limites de Newton.

Messieurs, vous n’avez rien oublié ?

– Si si je sais. Mettre en avant la proximité participative de démocratie. J’ai bon ?

Pas exactement. On reprend. La démocratie participative de proximité, ça sonne mieux. Mais ce n’est pas grave. Ce qui compte c’est de répéter les mots le plus possible, on finit toujours par en retirer quelque chose.

D’ici à ce que le consommateur se croit en démocratie participative parce que vous lui mettez à disposition, 2 heures par semaine, un conseiller municipal dans son quartier… Ce serait le gros lot.

Gentlemen, à vos micros, Ripeux, au fourneau !