A Périgueux, un tourisme sans office

Un jour l’été viendra. Le tourisme en Dordogne est une des clefs de son économie. Il est donc un objet de prédation préoccupation politique de première importance. La gestion des sites est un confluent traditionnel d’affrontements entre intérêts privés et publics, financiers et patrimoniaux. Le touriste à Périgueux comme dans l’ensemble du Périgord, est l’objet d’une attention particulière.

La saison estivale n’est pas moins sacrée que l’ouverture de la pêche. On choisit son « trou » (le site), on coupe les herbes hautes (on prépare le site) et on appâte à grandes poignées de mique (communication). Et puis on vous attend, au calme, fixant son bouchon dans les reflets de l’été. L’ensemble du tourisme y est encore artisanal et il n’y a guère que la Semitour pour Lascaux II par exemple (organe tentaculaire et juteux du Conseil Général) qui affectionne le filet dérivant à mailles larges. C’est d’un tout autre tourisme dont nous voudrions vous entretenir.

Ici nous ne parlerons que du tourisme à Périgueux et en particulier d’une façon nouvelle (ici) de découvrir la ville. Il s’agit d’un audio-visio guide proposé depuis 2009 par  Raconteur d’Histoire (Echappée Belle – Actualité touristique en Périgord). Nous en ferons une brève présentation en mesurant le changement introduit par cette approche (encore) peu conventionnelle en Périgord.

  • Officine d’Echappée Belle – Rue de Lanmary – Puy-Saint-Front Adresse postale : BP 1023 – 24001 Périgueux Cédex Tél. 05 53 54 59 57 – contact@echappee-belle.net

C’est aussi l’occasion d’annoncer la sortie annuelle du dernier Périgord Découverte, magasine spécialisé dans l’information touristique en Dordogne.

Périgord Découverte 2010

Chaque année, cette publication est un pari; gagné encore pour cette édition qui apportera durant tout l’été nombre d’informations utiles à ceux qui parcourent le Périgord.

Découvrir Périgueux autrement

Tourisme à Périgueux, Raconteur d'Histoire

Cette visite se concentre sur l’ancienne ville médiévale de Périgueux, le Puy Saint Front. ((On peut consulter par exemple Périgueux et son canon de Pompadour ou La vigile de la Saint Jean)) , correspondant à l’actuel Secteur Sauvegardé. La période historique abordée est large, de l’époque féodale au XX° siècle.

En voici la présentation générale :

Derrière le théâtre minéral, qu’il soit encore présent ou retrouvé par des photos anciennes, du plus remarquable au plus modeste, du plus majestueux au plus discret, se cache une histoire que l’on voudrait contée par les pierres, remontant le temps jusqu’à nous. Le principe novateur de cette visite qui associe le commentaire et l’image d’archive permet au visiteur de découvrir l’évolution de la cité au travers du temps. La spontanéité des diverses interventions sont autant de témoignages passionnés qui contribuent avec enthousiasme et émotion à l’intérêt de cette visite d’un nouveau genre.

Les visites guidées touristiques sont en général écrites par les structures publiques puis jouées par des acteurs. Le modus operandi est mécaniquement traité dans des proportions standardisées et industrielles ((Par exemple Allovisit avec Zevisit.com)).

L’originalité de cette visite est d’abord de proposer à l’écoute des « vrais gens », qu’ils soient passionnés et autochtones ou ingénieurs du patrimoine, historiens, écrivains, historiens de l’art, tous spécialistes en leur domaine. Cette découverte se présente alors comme une émission de radio autour de l’histoire de la ville que l’on peut librement adapter à sa propre déambulation.

Tout l’enjeu consiste à ne pas prendre le touriste pour un veau, en lui faisant courir la ville au pas de charge afin d’enchainer les groupes. Le gavage d’oies est une tradition périgourdine dont l’extension du domaine de la concurrence colonise la gestion touristique.

Au contraire ici, l’exigence historique et la rigueur de la méthode ne sont pas sacrifiées pour un tourisme de flux. Tout l’intérêt du parcours consiste à travers ce qui est vu, le patrimoine, le bâti ou même le nom des rues, à plonger dans une histoire de chair et de sang, une histoire humaine. Cela demande de prendre le temps, celui que l’on veut au final.

La tablette numérique (non pitié pas un Ipad) offre à la fois l’indépendance requise pour vaquer en toute liberté, ainsi qu’un support pour des photos anciennes montrant la ville telle qu’elle n’est plus. Il est ainsi possible, parfois, de faire correspondre l’histoire et sa représentation tout en observant autour de soi un environnement différent. On se place alors dans une continuité, en accompagnant les mouvements qui ont modifié la ville. C’est le cas notamment pour le quartier des Rues Neuves ou la rénovation de la basilique Saint Front.

Une présentation de la visite Raconteur d’Histoire

La présentation audio de la visite par son narrateur Michel Grégoire.

[audio:https://www.ruedelachouette.org/wp-content/uploads/files/2010/05/PREAMBULEFINAL08.mp3|titles=preambule de la visite]

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Le reportage de France3 Périgord à l’occasion du lancement de la visite du Puy Saint Front

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QVKvOAdnNsM&feature=player_embedded[/youtube]

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Un reportage dans « Ca me dit » de France 3 Aquitaine

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LWRovC2pTzI&feature=player_embedded[/youtube]

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Pourtant, cette visite est introuvable à l’Office du Tourisme de Périgueux, ce qui pourra étonner les visiteurs non avertis des pratiques politiques locales. En règle générale, pour une raison évidente d’intérêt commun, les villes se montrent ouvertes à ce genre de prestation et les partagent volontiers. Périgueux est une exception à cette règle car le régime municipal actuel pose en prérequis à toute citoyenneté d’être un partisan inféodé à la cause du maire.

Le contexte du tourisme à Périgueux

Tout ou presque y est géré par la municipalité à travers son bras armé : l’Office de Tourisme. Le directeur de cette structure y joue le rôle de portier ((Observé en réunion pour l’OMAC))  pour l’adjoint en charge du tourisme ((Eric Dosset, parrain du tourisme périgourdin)). Tout se décide et se passe à la mairie.

Et comme les intérêts de la ville sont confondus avec ceux du clan municipal, ce dont nous avons parlé fait l’objet d’un ostracisme politique. Comprenons-nous. La mairie utilise les structures publiques pour promouvoir ses « amis » ou affidés ((Encore vu à l’occasion de la formation de l’association municipale du CLAP)) et lutter contre ceux qui n’ont pas fait allégeance.

Peu importe le contenu ou la qualité d’un projet, son originalité ou sa pertinence. Le critère de sélection n’est pas là, il est dans un système d’affiliation et dans l’entre soi d’un réseau de connivences.

Ce projet a été écarté et ignoré pour des motifs strictement politiques et partisans, c’est pourquoi il demeure invisible dans les structures publiques. L’Office de Tourisme préfère donc continuer à promouvoir un audio-guide déplorable (Guide du Routard) enchaînant les contre vérités historiques au service d’une communication officielle ((La quasi totalité du guide sur le Puy Saint Front est simplement fausse)).

Il faut le savoir, l’administration de Périgueux, ses structures publiques et son réseau associatif sont aujourd’hui modelés sur les bases organisationnelles d’un parti politique. Si vous êtes de ce parti politique municipal, vous entrez ; si vous n’en êtes pas, vous sortez. Certes, le système bouscule le concept administratif d’impartialité ou d’égalité pour la puissance publique, mais il nourrit en retour (spirituellement cela va sans dire) une foule de militants et de sympathisants.

Périgueux is magic, message aux étudiants de l’IUT

Message à caractère informatif aux étudiantes de l’IUT de Périgueux en « carrières sociales gestion urbaine développement touristique ».
Périgueux is Magic est un projet de monographie de la ville de Périgueux apparemment mis en ligne au fur et à mesure des avancées sur leur blog périgueux-is-magic, l’organisation de l’espace urbain.

Le dernier travail en date est leur analyse et classement des sons : ambiance sonore de la place Francheville. C’est très intéressant et a le grand mérite d’être maintenant sur la toile.

Ce billet s’adresse donc à ces étudiantes et concerne leur travail libellé « l’organisation de l’espace urbain ».

:: Quelques généralités ::
L’urbanisme n’est pas qu’un traitement spatial. Il va quelque part à partir d’une origine. Son horizon ne se limite pas au présent, ni à demain, sans tenir compte de son histoire. L’espace urbain est fondamentalement dans le temps. Nier ce temps conduit aux pires erreurs.

L’urbanisme et l’architecture sont étroitement liés au pouvoir politique. Relation si étroite d’ailleurs, qu’une des fonctions principales d’une collectivité est de préparer la ville aux futurs besoins en logements, infrastructures, voies de communication et d’échange, mode de vie, développement économique, etc.

C’est pourquoi l’urbanisme est en partie politique. Dès que nous disons politique, cela implique partis politiques, élections, rivalités, idéologie, intérêts particuliers. Ce qui émane de la rencontre avec Bertrand Debaye, dit « responsable du service études et prospectives urbaines et sociales » à la mairie de Périgueux est sur ce point révélateur.

Sur la méthode ici, l’urbanisme consisterait à découper en petits bouts une ville, à isoler les problèmes par quartier et apporter une solution. La somme de ces solutions est ensuite appelée « urbanisme de la ville ». C’est une erreur fondamentale et cela s’appelle « prendre la partie pour le tout ». (pars pro toto). Il en va de même si l’on fait des catégories de genre comme « routes et transports », « logements et habitat », « patrimoine et tourisme » etc., la somme de ces catégories ne représente toujours pas une vision réelle globale d’ensemble.

Une ville est un tout, comme l’est un individu. L’individu n’est pas le résultat de la somme de ses parties, il est avant tout et fondamentalement un individu. C’est pourquoi une douleur au pied n’exige pas forcément un traitement médical au pied mais ailleurs, par exemple au niveau du dos. C’est pareil pour une ville et c’est pourquoi son analyse requiert un diagnostic d’ensemble et non une série de zooms que l’on additionne ensuite.

:: La rencontre avec la mairie ::
Mais revenons à la politique et à votre entretien avec l’urbaniste (espérons) qui vous a reçu et dites-vous, familiarisé avec « les problématiques liées au développement urbain ».

Tout projet passe par l’accord du maire
C’est vrai, mais cela ne se limite pas à lui. L’Etat a prévu de soumettre les décisions du maire à un contrôle de légalité. Le pouvoir du maire n’est pas un droit mais la conséquence d’un droit. Il consiste à exercer le droit d’autrui. Or décider d’une construction chez soi est un droit. Droit qui bien sur doit correspondre à la norme en vigueur.

La CAP subventionne les politiques de la ville, de l’ANRU et les CUCS
Oui, elle ne fait qu’apporter des subventions si elle le souhaite. La majeure partie du financement provient de l’Etat selon des procédures précises que nous n’aborderons pas. Autrement dit, on a oublié de vous dire qui finançait réellement les CUCS et les programmes d’ANRU. Comprenez bien que la CAP, avec son budget, ses subventions et sa bonne volonté, n’est pas en mesure de financer de tels programmes comme celui du Gour de l’Arche par exemple. Elle apporte un soutien, rien qu’un soutien.On vous a donné une réponse politique mais pas technique ni réelle.

:: Périgueux et ses problèmes urbains ::

 Alors, quels sont les problèmes urbains spécifiques à Périgueux? Et comment la ville tente t-elle d’y remédier?

Sur ce point il faut bien comprendre que la réponse qui vous a été apportée n’est toujours pas de l’ordre de la science et du savoir, celle de l’urbanisme, mais de la politique et de la communication, je m’en explique.

Un problème de circulation routière à Périgueux ?
Déplacement des arrêts de bus sur les allées Tourny.

La ville manque de supermarché en centre ville ?
Construisons en un sur les boulevards, au hasard sur le parking Montaigne.

Le quartier de la gare est un désert ?
Faisons un pôle multimodal économique durable urbain…

Le quartier du Gour de l’Arche est enclavé ?
Faisons un quartier « durable »

Si vous rapportez fidèlement le discours de l’employé de la mairie, c’est qu’il a bien récité sa leçon. Derrière ces réponses partielles et pour certaines partiales, il n’y a pas de nécessité technique, au contraire, vous pouvez lire en toile de fond la prochaine campagne électorale.

Les bus et les platanes
Aucune trace du Plan de Déplacements Urbains visiblement. Cet outil est plus fait pour résoudre l’ensemble des problèmes de circulation qu’un simple déplacement d’arrêt de bus. Qui plus est, vous saurez que l’ensemble des boulevards de Périgueux est une réalisation du XIX° à l’origine pour servir de cordon sanitaire à la ville médiévale. Les allées Tourny sont aujourd’hui classées au patrimoine historique. Cela veut dire que l’on a pas le droit de les bousiller pour faire des arrêts de bus par essence provisoires.

Vive les supermarchés
Qui a décrété que la ville manquait de supermarché ?
En réalité personne, la question est posée après la réponse. La question s’est posée uniquement quand un investisseur privé a fait la proposition au maire de remplacer le parking Montaigne par des surfaces de commerce.
Nulle part, ni dans les programmes politiques divers, ni dans le Plan Local d’Urbanisme, ni à la Chambre de Commerce et d’Industrie, personne n’a jamais diagnostiqué techniquement un besoin particulier de supermarché.
C’est une pure opportunité financière qui est validée sans la moindre analyse des besoins, de l’urbanisme, de l’architecture, son impact, etc.

Le besoin de construire ou de ne pas construire résulte toujours d’une analyse globale. Quand il survient de nulle part, en pure opportunité et qu’il est annoncé comme un besoin, méfiez-vous. Il s’agira d’une fausse légitimation après coup.

Saint Martin sur les rails du succès
Le quartier de la gare et Saint Martin
Au XIX° on a construit le quartier Saint Martin en le vendant comme le futur quartier des affaires qui viendrait remplacer la vieille ville moche et insalubre. Aujourd’hui c’est exactement l’inverse. L’urbanisme se pense dans le temps.
Pour votre information, le quartier « multimodal », visant à regrouper les moyens de transport est un vieux projet. En revanche, l’idée de dynamiser économiquement le quartier, de produire une homogénéité urbaine, est une apparition plus récente que l’on a collé au projet sur les transports. Gageons sur ce dernier que l’histoire ne se répète pas.

Le Gour de l’Arche et son enclavement durable
Ah ! C’est le quartier qui est effectivement le plus problématique. Il a vu les horreurs des logements sociaux associés au parcage des populations que l’on ne voulait pas dans les centres villes, au prétexte de leur condition sociale ou de leur origine ethnique.
On lui applique un programme ANRU financé en grande partie par l’Etat et ce depuis longtemps. Sur ce point le maire actuel essaie d’y apporter sa griffe pour se l’approprier dans un but électoral et personnel.
Mais c’est un projet qui dépasse de loin les clivages politiques, car le mal est fait. Cette enclave de la honte n’a que peu de lien avec la ville de Périgueux. Cela ressemble plus à un découpage de frontière africaine au temps des colonies.
L’idée qui domine aujourd’hui de refaire le quartier plus joli plus durable, ne résoudra pas le problème de l’enclavement et de l’autarcie, autrement dit de l’exclusion, tant que les voies de communications ne seront pas améliorées. Il n’y a qu’un moyen. Réduire le temps de déplacement entre le quartier et la ville. C’est la réduction du temps de liaison qui rapproche les secteurs et qui les désenclave. Aujourd’hui on ne cherche pas à les désenclaver, il n’y a aucun projet réel pour cela. On cherche à améliorer leur condition d’existence dans leur petit coin à eux, bref à créer une sorte de village.

:: L’organisation du territoire urbain ::
Vous rapportez la problématique historique qui a donné naissance à la ville de Périgueux.
En somme, il y aurait un problème de mise en valeur car le quartier de la Cité serait déshérité alors que celui du Puy Saint Front serait pimpant et largement mieux doté.

A l’époque, au XIII° siècle, c’est la ville du Puy Saint Front qui l’avait emporté sur celle de la Cité. Cette disparité existait déjà et c’est parce que la ville du Puy Saint Front était plus riche et plus active que celle de la Cité a cédé. C’était aussi un changement dans l’organisation médiévale qui montre la fin de la culture féodale.

Effectivement, le quartier de la Cité est devenu résidentiel et administratif. Son unique intérêt – et pas des moindres – a résidé dans ses vestiges architecturaux et historiques, que la commune a mis en valeur notamment avec le musée Vesunna.

Alors on vous dit aujourd’hui qu’il faut laisser le Puy Saint Front dans son état et miser sur l’amélioration de la Cité.

Mais personne ne vous parle des problèmes existant dans le Puy Saint Front, comme celui du parking Mauvard qui est un trou laissé après qu’on ait rasé tout un quartier d’un millier de familles. Cela ne pose plus de problème à la mairie de laisser ce trou au pied de la cathédrale, on ne vous en parle même pas. Or ce trou est un dommage remarquable et un préjudice grave pour la ville. De plus, c’est de ce quartier qui n’existe plus dont tout le monde parle, parce que sur une décision politique d’annihiler un quartier et de déporter une population pauvre, autonome et hostile à la politique dominante. Le maire de l’époque y a gagné politiquement, mais on a en réalité détruit une partie de l’identité de la ville.

Par ailleurs, la circulation qui n’est même pas gérée dans ce secteur, est responsable d’une désertification en progression, de même que la pollution générée tend gravement à éroder le patrimoine architectural, dont la pierre est particulièrement sensible et fragile. Oh ce n’est pas une lubie, il existe des rapports sur ce point des services de l’Etat, que les échafaudages actuels ne font que confirmer.

:: Politique et urbanisme ::
Là encore, tout cela est dominé par la politique et ne relève pas de l’urbanisme et de l’intérêt général. Faire une ZPPAUP à la Cité c’est excellent. Mais cela n’est en rien exclusif du reste. Car en ce cas, où le service est en sous effectif, ou bien il manque de compétence.

Vous dites vous-même que le poumon économique de la ville est le tourisme. Sans économie pas de projets. Or vous voyez bien que les problèmes du secteur historique, qui est ce véritable poumon économique, sont aussi importants que les autres.

Sommairement, il y a deux options. Ou bien vous investissez dans ce quartier en misant sur le fait qu’il est le moteur de l’économie locale, via le tourisme en particulier, la vitrine de la ville et constitue son principal levier d’attractivité et de rayonnement. Et dans ce cas il faudra compter sur les dividendes de ces investissements (en tous genres) pour les reporter sur l’amélioration des autres quartiers. Ou bien vous considérez qu’il est suffisamment doté en l’état, et vous investissez directement dans les autres quartiers, mais sans l’espoir que ces derniers ne génèrent de dividendes pour la ville. Dans le premier cas vous essaierez de favoriser l’économie privée en rendant l’investissement privé attractif, (rentable), dans l’autre vous vous concentrerez sur les ressources publiques, notamment sur la fiscalité, pour financer votre politique.

Dans le premier cas vous considérez que votre rôle sera d’apprendre à pêcher celui qui veut du poisson, dans le second vous penserez qu’il consiste directement à donner du poisson. Les deux sont des options constituées par l’alternance politique et au fond tout cela se mélange en partie.

Autre aspect pour ce quartier du Puy Saint Front, la carte électorale. Ce n’est pas ce dernier qui l’a fait élire, au contraire. Il ne représente pas le cœur de cible de l’électorat du maire actuel. Il ne sera donc pas traité à la hauteur de ses besoins réels pour l’économie et le tourisme, mais traité à la mesure de ses besoins électoraux. C’est comme ça.

Je ne m’étendrais pas davantage. L’ensemble de votre travail est très intéressant. Mais par certains aspects, il pêche (c’est bien normal et ce n’est pas un reproche) par une pointe de naïveté face aux discours qui vous sont délivrés. Sachez qu’au-delà des plans en couleurs, des slogans, des analyses plus ou moins exactes, il y a toujours derrière l’urbanisme, une forte composante politique et financière.

Malheureusement, les orientations politiques, souvent électorales ou opposées au travail du prédécesseur, sont prédominantes dans les choix urbains. Et bien souvent, on légitime la décision strictement politique par une analyse urbaine, qui après, vient justifier le choix politique. Bien sur cela devrait être en partie l’inverse puisque dans ce cas l’urbanisme est instrumentalisé et ne peut remplir pleinement sa fonction.

:: Prospective et conclusion ::
Enfin, il n’y a dans ce que vous avez dit de la prospective que le nom. Une ville ne se pense pas comme vous le rapportez de la mairie, à l’échelle de 5 ans ou 10 ans. Il ne faut pas confondre le calendrier électoral avec l’anticipation des besoins futurs. En 2009, il faut déjà penser et agir sur ce que sera la ville en 2029, pas ce qu’elle sera en 2014 au moment des élections.
C’est un reproche que l’on peut faire à une mairie politisée à outrance, qui oublie sa mission première, (la gestion du bien commun), au profit de ses seuls intérêts politiques.

Aussi, ne croyez pas qu’en toute ville, quelque fut sa couleur politique, l’urbanisme soit traité de cette façon, aussi mal dirais-je. Périgueux connaît aujourd’hui un fort niveau de maltraitance de son urbanisme, pour quatre raisons principales :

– il n’a pas de fin en lui-même, la finalité qu’on lui assigne est politicienne
– il est abordé à des échéances très courtes, (calendrier électoral), et n’est pas utilisé comme un outil pour fabriquer l’avenir
– il est segmentaire, quartier par quartier, et n’a pas de vision d’ensemble ni de projet global
– il n’est fait aucun cas de l’histoire de la ville, son passé est simplement nié et ainsi, la ville est traitée comme une page vierge

Il est instrumentalisé, partiel et partial, immédiat, sans racine, sans but à long terme. Normalement, en étudiant la gestion urbaine, on doit vous apprendre que l’urbanisme est le contraire de tout cela.

Nouvelles du Front

Les nouvelles du Front ne sont pas encourageantes. A un peu plus de 15 jours de la prochaine commission extra municipale autour du projet d’aménagement du Bas Saint Front, on peut se demander ce que nous réserve la municipalité.

:: Recadrage ::

Histoire de recadrer rapidement le projet, il s’agit ni plus ni moins que d’aménager les abords de la cathédrale Saint Front pour les raisons suivantes.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, l’édifice religieux possède aujourd’hui le plus petit parvis dans sa catégorie, à peine équivalent à un trottoir de rue secondaire. Tout l’espace a été voué aux automobiles, pour atteindre un carrefour dont les caractéristiques dimensionnelles sont celles d’une route départementale.

Le trafic routier généré, via la pénétrante de l’avenue Daumesnil, a un impact direct sur la zone:

  • – Baisse de la qualité de l’air,
  • – dégradation de l’habitat, (salubrité des logements et apathie du quartier),
  • – abandon des commerces, (perte d’activité économique et impact sur l’emploi),
  • – érosion accélérée de la pierre, (conséquences sur les monuments et couts de rénovation),
  • – difficulté des déplacements piétons, (praticabilité et dangerosité),
  • – sous exploitation du potentiel touristique et culturel.

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.:: La position du maire ::

Etroitement lié au projet d’aménagement urbain et paysager, le projet de parking souterrain de place Mauvard est l’objet de toutes les attentions. Depuis longtemps le maire actuel n’y est pas favorable, il suffit de lire les comptes rendus des conseils municipaux où le sujet a été débattu. Pour autant, face au caractère d’intérêt public majeur de ce projet, on aurait pu penser que la filiation du projet avec l’ancienne municipalité ne soit pas un obstacle à sa continuité.

Aujourd’hui pourtant, force est de constater le contraire. Alors que le projet de parking souterrain est proposé à 8.8 millions d’euros par Vinci, le maire, dans Sud-Ouest, annonce un coût de 15 millions d’euros, alors qu’en dernière instance il avait toujours était question d’une estimation à 11 millions d’euros. Il lui plaît ainsi d’ajouter 4 millions, comme ça, histoire de tailler une bavette. Les chiffres seraient donc un peu comme les mots à la veille des élections. Pour flinguer ou retarder un projet, on ne s’y prendrait pas autrement; aussi, quand on veut se débarrasser de son chien, on commence par dire qu’il a la rage.

On notera au passage que le projet du Bas Saint Front a également pour objectif de rapprocher les périgourdins de la rivière l’Isle, à laquelle ils tournent actuellement le dos. Un des projets du maire est de faire de Périgueux une ville d’eau, notamment par le biais d’un festival bi annuel sur le thème Art et Eau. On pourrait donc penser que le projet BSF va dans le sens de ce projet de ville d’eau. Ca n’a pas l’air.

Un autre projet a été directement mis en concurrence, celui du déménagement de la mairie dans un bâtiment tout aussi adapté que le premier, bien que plus vaste, mais qui a le mérite d’être vierge d’une odeur politique qui n’est pas la sienne.

Aujourd’hui qu’entend-on ? Les commerçants du Puy Saint Front semblent un peu désabusés. Lorsqu’ils demandent des nouvelles du projet BSF au maire, ce dernier répond :

on a plus d’argent

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.:: Tombé du ciel ::

Et oui, depuis que Périgueux a fait l’objet d’un rappel à l’ordre sur l’état des finances, assorti d’une note de 29.09 / 30, communiqué par le Préfet et le Trésorier Payeur Général, ami de la famille politique au pouvoir, rien ne va plus. Cela a d’ailleurs valu au préfet un petit tour au Ministère de l’Intérieur, où MAM n’a pas du se montrer des plus souriante, on l’en sait fort capable. Bien sur, le préfet a tenté de minimiser l’affaire dans la presse, mais trop tard. La manœuvre réussie de la gauche a mis en difficulté le premier représentant de l’Etat, coincé entre l’habileté du TPG et un Ministère de l’Intérieur acquis à la cause du Ministre de l’Education Nationale..

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Du pain béni pour la majorité qui voit dans cette note toute l’opportunité de manœuvrer à son avantage. En terme de gestion de bien public c’est désolant. Cette difficulté, au lieu d’être mise sur la table en toute transparence, pour voir quels sont les problèmes réels, est instrumentalisée en tactique politicienne. Traduction pour les habitants :

on a pas plus d’argent

Comprendre, on n’a plus d’argent, sauf bien sur pour ce qui nous intéresse. Le projet du Bas Saint Front semble ne plus intéresser le conseil municipal, entièrement tourné vers le déménagement de la mairie, projet devenu prioritaire en coulisses. Il faut rajouter en coulisses, car le maire ne prend pas ses responsabilités de décideur politique. Il ne défend pas un projet contre un autre, en assumant ses décisions, mais camoufle d’un côté et agit en douce de l’autre, comme s’il n’y avait pas de choix à faire.

Ainsi, le projet du Bas Saint Front, fait maintenant l’objet d’une commission de pilotage, dont on se demande si, tant qu’à faire, il ne faudrait pas y associer Saint Pierre et Miquelon, tant les acteurs invités à donner leurs avis sont disparates et pour certains fraichement concernés par le projet.

:: Le dernier en premier et vice et versa ::

Cela n’empêche pas, au contraire, de poursuivre les études sur l’aménagement qui ne concerne pas le parking. Pour mémoire le projet bas est en stand bye, mais doit commencer en premier. Le projet haut avance bon train mais doit commencer à être réalisé en second. Cette logique, qui ferait froid dans le dos à tout investisseur averti, devrait être clarifiée lors de la prochaine commission extra municipale.
D’un côté, pour la réalisation du projet du Bas Saint Front, il est présenté par le maire comme nécessaire de :

  • – Consulter une commission de pilotage
  • – Attendre les résultats de l’audit financier sur les finances de la ville
  • – Reconsulter les entreprises de réalisation du parking
  • – Attendre la mise en place du Plan de Déplacement Urbain par la communauté d’agglomération
  • – Avoir une démarche budgétaire extrêmement serrée

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De l’autre côté, pour le déménagement de la mairie, rien. Il est simplement accessoire de prendre en compte le cout de :

  • – Rachat du foncier et du bâti de l’ancienne CCI
  • – Réhabilitation et mise aux normes du bâtiment et des abords
  • – Réhabilitation et mise aux normes de l’actuel bâtiment municipal

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Pour ce projet, plus rien de ce qui est évoqué plus haut n’est nécessaire, cela coule de source. Disparue la rigueur budgétaire invoquée en déesse de la méthode comptable, envolées les commissions techniques « essentielles », évaporée la gestion des flux communale et extra communale, aucune importance de l’audit financier en cours, accessoire également l’inscription du projet au Plan Local d’Urbanisme de Périgueux. Seule réponse aux périgourdins :

Un projet de première nécessité

 

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:: Deux poids deux mesures ::

Il n’est pas question de dresser un projet l’un contre l’autre, les deux ont leurs propres justifications. Mais c’est dans la différence de traitement sur le plan de la communication du maire que l’écart est le plus éloquent. Là où l’on ne devrait parler que d’intérêt général, de priorité en terme de gestion de bien public, d’équité et de transparence dans la présentation des enjeux, on se heurte à l’ego, à la dissimulation, à la manipulation de l’information; au service de la couleur politique et des ambitions personnelles, à l’inverse de la mission de service public découlant de l’élection.

Il n’est pas certain que ces manipulations, somme toute grossières, trouvent satisfaction chez les électeurs. Si d’un côté le nouveau maire a obligation de se démarquer de la politique de ses prédécesseurs pour matérialiser la promesse de rupture qui l’a porté au pouvoir, de l’autre, avec un écart de 113 voix aux élections et une population en attente de résultats concrets et rapides, l’absence de lisibilité politique par le biais d’un homme peinant à incarner la fonction de maire, (ce qui oblige entre autre à assumer les yeux dans les yeux avec la population des choix politiques), risque de se traduire par un désaveu brutal.

Cette absence de lisibilité et les tâtonnements convulsifs des trois premiers mois de mandature ont été absorbés par la difficulté compréhensible de prendre ses marques. Si en revanche cet état perdure et s’inscrit comme griffe de la méthode municipale, se caractérisant par l’absence de vision à long terme pour Périgueux et de projets structurants, il est certain que les périgourdins ne s’y retrouveront pas et le feront savoir.

Le projet porté par le maire était celui d’une ville dynamique, avec une démocratie locale modernisée, au commerce relancé, au tourisme redynamisé, aux quartiers revitalisés, avec une politique de l’emploi volontaire et un rayonnement extra communal de fait et non de droit. En somme, il s’agissait de proposer un projet faisant entrer Périgueux de plein pied dans le XXIème siècle.

En commençant par saborder le projet du Bas Saint Front et en déplaçant la mairie à 300 mètres, on a du mal à comprendre les moyens mis en œuvre répondant des objectifs du projet de campagne électorale.

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