Démocratie XIE rencontres de la démocratie locale

En marge de la réflexion périgourdine sur la démocratie participative de nos élus locaux dans le cadre du Plan de Déplacements Urbains, ailleurs, dans un pays lointain qu’est la France, le travail continue sur la démocratie locale et le rapport des citoyens avec la politique et les gouvernants.

A Ivry-sur-Seine, les 28 et 29 Novembre 2008, se sont tenues les XIe rencontres de la démocratie locale. Il s’agissait de l’assemblée générale de l’ADELS.

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Diverses informations peuvent se trouver sur plusieurs plateformes.
Le site de l’ADELS, ici.
La blog de l’ADELS, faisant état de l’évènement, . Ce blog présente aussi la possibilité d’écouter quelques extraits audio :

(Nous citons ci-après le texte de présentation du blog de l’ADELS, réalisé par Aline Chambras).

1. Bilan et perspectives de la démocratie participative
Loïc Blondiaux, professeur en science politique à Lille estime qu’aujourd’hui l’aspiration à la démocratie participative est en train de stagner voire de passer de mode, tout en se banalisant.
Un paradoxe que François Hannoyer, le directeur de l’Adels considère comme le signe de l’essor de l’aspiration à la participation.
Pour Philippe Brachet, maître de conférences à Paris 10, ces contradictions sont la marque d’une confusion et signifient qu’il est temps pour la démocratie participative de se redéfinir.
L’occasion enfin pour Serge Depaquit de rappeler que pour lui la participation doit rimer avec décision.

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Extrait n°1

  … y a des adjoints à la démocratie participative, de plus en plus, qu’est-ce qu’ils font on en sait rien, mais c’est devenu un élément normal de la gouvernance municipale.

2. Démocratie locale et décentralisation : le retour de l’État ?
Si pour Loïc Blondiaux, la décentralisation dans sa forme émancipatrice est aujourd’hui en recul, François Hannoyer en appelle au contre-pouvoir délocalisé. Le risque pour Loïc Blondiaux c’est la main mise des élus locaux sur le pouvoir décentralisé.

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 Extrait n°2

  … la notion de délibération, dans l’espace public français, assimile la délibération aux élus et les élus disent ‘ c’est nous la démocratie délibérative’, y a un problème de monopole sur cette désignation.

3. De la participation à la justice sociale ? Comment faire le(s) lien(s) ?
Jean Berthinier, adjoint chargé de la démocratie locale et de la citoyenneté à la mairie de Villeurbanne, souligne l’absence de certaines catégories de populations dans les structures participatives. En cause : la difficulté à lier les problématiques sociales à la question de la participation, comme le rappelle Loïc Blondiaux.
Pour Jean-Marc Noirault de la Métro Grenoble, la démocratie participative peine à sortir des logiques d’appareillage.
Bénédicte Madelin, de Profession Banlieue en conclut que la démocratie participative se contente souvent de rester sourde à certaines revendications….

Extrait n°3

 Extrait n° 3

Je crois que nous sommes tous convaincus, si on est à l’ADELS, qu’il y a un lien nécessaire entre démocratie participative et justice sociale. Et on veut arriver à l’égalité sociale par l’égalité politique. On fait ce pari que plus on donnera la parole aux plus faibles, plus on élargira le cercle du débat public, du débat politique, plus ils auront la possibilité de défendre leurs droits, et plus leurs droits seront pris en compte.

D’un point de vue tactique il faut défendre la démocratie participative au nom strict de l’égalité des droits politiques, au nom de l’idée qu’en démocratie, une voix égale une voix.

Enfin, il est possible de consulter le site des XIe rencontres de la démocratie locale, comportant vidéos et documents.
En conclusion de ce relais à propos de l’ADELS, nous renvoyons sur leur site, à l’observatoire de la démocratie locale, où sont recensées nombre de villes mettant en place des dispositifs participatifs.
Tout d’abord, cela permet d’envisager l’étendu et la variété des outils à mettre en œuvre. D’autre part, cela force à constater le nombre important de villes en activité.
Il n’y a bien plus guère qu’en Périgord, que nos élus locaux avec 3 réunions publiques s’arrogent l’AOC participative et bâtissent des programmes électoraux aussi mensongers que flatteurs.
Il n’y a guère qu’en Périgord que les élus socialistes se prétendent de gauche en snobant avec désinvolture le travail pour l’égalité des droits, la lutte contre l’exclusion, le partage du débat public, l’accès à l’information, etc.
Il n’y a guère qu’en Périgord ai-je dit ? Non bien sur.

Mais ce département, avec sa préfecture en tête, rétropédale dans une semoule obscurantiste où il est montré le pire de la décentralisation: les baronnies, les caciques et les vassaux, les petits chefs à vie, les cumulards provinciaux. Leur plus grande crainte, en définitive, est que l’on regarde là où la décentralisation est synonyme de démocratie locale, de diversité, d’ouverture des droits politiques et d’une vraie tentative de démocratie continue entre citoyens et gouvernants.

On ne fera pas porter le chapeau ad hominem, c’est inutile. C’est bien plus un problème de génération et de renouvèlement du personnel politique. Ces générations d’hommes d’appareils, formés dans le moule de la manipulation et des arrangements, instruits à considérer la responsabilité élective comme leur seul et unique pouvoir, le rêve de leur vie, leur quête de sens, être un notable.
Cette génération d’élus, qui après avoir largement contribué à l’étalement urbain, au pourrissement des entrées de ville, à la privatisation des espaces publics, s’émeut devant son crime en le faisant passer pour une fatalité qu’ils combattent, maintenant qu’ils n’ont plus le choix. Vive le PDU !

Ce n’était qu’un exemple parmi d’autres et d’actualité, sur les réflexes archaïques de cette génération d’élus qui n’ont à proposer que leur réélection, en espérant mourir dans leur pompeux fauteuil, à défaut du panache de passer à trépas pour cause de Pompe Funèbre.