SILG: la ville de Périgueux cherche un attaché de presse en urgence

Le Salon International du Livre Gourmand de Périgueux (SILG) se tiendra du 12 au 14 novembre 2010. A cet effet, la mairie de Périgueux cherche d’urgence un(e) attaché(e) de presse (à consulter sur le site de la mairie). Son offre éditée le 13 septembre prend fin le 27 septembre. Accrochez-vous car il est demandé au prestataire d’être présent le 14 septembre pour la première conférence de presse ! La date « prévisionnelle de début de prestation » est pour octobre 2010. Ca va être chaud.

Oleg Dou Site web : http://douart.ru/

Improvisation de dernière minute

Cet affolement de dernière minute est relativement cocasse pour un SILG bi annuel qui bénéficie de la structure administrative municipale ainsi que celle de l’association Culture, Loisirs, Animations à Périgueux, le fameux CLAP créé pour structurer et rationaliser la culture périgourdine.

D’ailleurs pour bien apprécier à quel point le CLAP a bossé sur le SILG il suffit d’aller sur le site www.livre-gourmand.fr

David Théodorides, chef de tous les orchestres

Ce poste d’attaché de presse sera financé par la ville, non par le CLAP, mais se placera sous les ordres de ce dernier comme l’indique le document. Car le directeur du CLAP, David Théodorides possède aussi son poste à la mairie :

Ville de Périgueux
Direction de la communication
24 000 Périgueux
Courriel : david.theodorides@perigueux.fr

Bref, c’est clair.

La justification appel d’offre lyrique est présentée ainsi :

La ville de Périgueux a confié à l’association CLAP le pilotage et la gestion de la conception artistique à la réalisation du Salon International du Livre Gourmand.

Néanmoins, s’agissant d’une manifestation biennale qui contribue fortement à l’identité culturelle et touristique de la ville, la ville de Périgueux prend en charge directement les frais de communication concernant le Salon, dont le recrutement d’un(e) attaché(e) de presse.

Le CLAP ne serait ainsi pas assez bien doté pour assumer sa mission à 100%. Etrange pour une association dont la finalité est de structurer l’offre culture/loisirs de la ville mais qui n’a même pas les ressources pour une mission temporaire.

Une mission périlleuse

L’attaché(e) de presse devra s’arracher rapido après avoir été sélectionné(e) car il ou elle aura pour mission :

Communiqués de presse, déjeuners et rencontres presse, conférences de presse, dossiers de presse, accueil et organisation média durant le SILG, veille presse, revue de presse, un bilan général.

Prévenu le 13 pour le 14, le prestataire devra se déchainer alors que l’évènement est en phase d’organisation depuis sa dernière édition en 2008.

Un attaché de presse au bout de la laisse de Théodorides

Pour finir je m’interroge sur les règles de confidentialité. Les attachés de presse obéissent à la charte de déontologie du SYNAP (23 octobre 1964). Chapitre 3 article 7 : « Il doit respecter scrupuleusement le secret professionnel et s’abstenir en particulier de révéler toute information confidentielle »

La violation du secret professionnel est sanctionné par le Code pénal qui ne la définit pas mais en fixe la limite (art. 226-13):

La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

A caractère secret qui a une valeur confidentielle, interdisant ceux qui n’y sont pas autorisés à accéder à l’information. La limite de cette infraction est celle de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ».

La ville de Périgueux semble avoir une conception restreinte de la Constitution (5.4 Obligation de confidentialité) :

Le titulaire reconnait être tenu au secret professionnel et à l’obligation de discrétion pour tout ce qui concerne les faits et informations, études et décisions dont il aura connaissance au cours de sa mission. Il s’interdit notamment toute communication écrite ou verbale et toute remise de documents à des tiers sans l’accord préalable du Maître d’Ouvrage.

La première phrase n’est qu’un rappel de la charte déontologique et sa deuxième partie est redondante. La seconde va bien plus loin que le strict secret professionnel, car elle frappe du sceau du secret (Code pénal) toute communication au tiers (quel qu’il soit) sans autorisation hiérarchique.

Cette extension du secret à toute forme d’expression (communication verbale en particulier), fut elle liée à la mission, se rapproche des professions les plus restrictives en la matière comme la sureté du territoire ou l’anti terrorisme.

La mairie de Périgueux donne ainsi une définition très concrète du métier d’attaché de presse. Car dans sa conception, le secret devient la règle et la liberté d’expression l’exception.

On souhaitera donc bien du courage au lauréat qui va se voir poser une muselière en acceptant une mission dont on peut apprécier le haut degré d’organisation et d’anticipation.