A Périgueux, un tourisme sans office

Un jour l’été viendra. Le tourisme en Dordogne est une des clefs de son économie. Il est donc un objet de prédation préoccupation politique de première importance. La gestion des sites est un confluent traditionnel d’affrontements entre intérêts privés et publics, financiers et patrimoniaux. Le touriste à Périgueux comme dans l’ensemble du Périgord, est l’objet d’une attention particulière.

La saison estivale n’est pas moins sacrée que l’ouverture de la pêche. On choisit son « trou » (le site), on coupe les herbes hautes (on prépare le site) et on appâte à grandes poignées de mique (communication). Et puis on vous attend, au calme, fixant son bouchon dans les reflets de l’été. L’ensemble du tourisme y est encore artisanal et il n’y a guère que la Semitour pour Lascaux II par exemple (organe tentaculaire et juteux du Conseil Général) qui affectionne le filet dérivant à mailles larges. C’est d’un tout autre tourisme dont nous voudrions vous entretenir.

Ici nous ne parlerons que du tourisme à Périgueux et en particulier d’une façon nouvelle (ici) de découvrir la ville. Il s’agit d’un audio-visio guide proposé depuis 2009 par  Raconteur d’Histoire (Echappée Belle – Actualité touristique en Périgord). Nous en ferons une brève présentation en mesurant le changement introduit par cette approche (encore) peu conventionnelle en Périgord.

  • Officine d’Echappée Belle – Rue de Lanmary – Puy-Saint-Front Adresse postale : BP 1023 – 24001 Périgueux Cédex Tél. 05 53 54 59 57 – contact@echappee-belle.net

C’est aussi l’occasion d’annoncer la sortie annuelle du dernier Périgord Découverte, magasine spécialisé dans l’information touristique en Dordogne.

Périgord Découverte 2010

Chaque année, cette publication est un pari; gagné encore pour cette édition qui apportera durant tout l’été nombre d’informations utiles à ceux qui parcourent le Périgord.

Découvrir Périgueux autrement

Tourisme à Périgueux, Raconteur d'Histoire

Cette visite se concentre sur l’ancienne ville médiévale de Périgueux, le Puy Saint Front. ((On peut consulter par exemple Périgueux et son canon de Pompadour ou La vigile de la Saint Jean)) , correspondant à l’actuel Secteur Sauvegardé. La période historique abordée est large, de l’époque féodale au XX° siècle.

En voici la présentation générale :

Derrière le théâtre minéral, qu’il soit encore présent ou retrouvé par des photos anciennes, du plus remarquable au plus modeste, du plus majestueux au plus discret, se cache une histoire que l’on voudrait contée par les pierres, remontant le temps jusqu’à nous. Le principe novateur de cette visite qui associe le commentaire et l’image d’archive permet au visiteur de découvrir l’évolution de la cité au travers du temps. La spontanéité des diverses interventions sont autant de témoignages passionnés qui contribuent avec enthousiasme et émotion à l’intérêt de cette visite d’un nouveau genre.

Les visites guidées touristiques sont en général écrites par les structures publiques puis jouées par des acteurs. Le modus operandi est mécaniquement traité dans des proportions standardisées et industrielles ((Par exemple Allovisit avec Zevisit.com)).

L’originalité de cette visite est d’abord de proposer à l’écoute des « vrais gens », qu’ils soient passionnés et autochtones ou ingénieurs du patrimoine, historiens, écrivains, historiens de l’art, tous spécialistes en leur domaine. Cette découverte se présente alors comme une émission de radio autour de l’histoire de la ville que l’on peut librement adapter à sa propre déambulation.

Tout l’enjeu consiste à ne pas prendre le touriste pour un veau, en lui faisant courir la ville au pas de charge afin d’enchainer les groupes. Le gavage d’oies est une tradition périgourdine dont l’extension du domaine de la concurrence colonise la gestion touristique.

Au contraire ici, l’exigence historique et la rigueur de la méthode ne sont pas sacrifiées pour un tourisme de flux. Tout l’intérêt du parcours consiste à travers ce qui est vu, le patrimoine, le bâti ou même le nom des rues, à plonger dans une histoire de chair et de sang, une histoire humaine. Cela demande de prendre le temps, celui que l’on veut au final.

La tablette numérique (non pitié pas un Ipad) offre à la fois l’indépendance requise pour vaquer en toute liberté, ainsi qu’un support pour des photos anciennes montrant la ville telle qu’elle n’est plus. Il est ainsi possible, parfois, de faire correspondre l’histoire et sa représentation tout en observant autour de soi un environnement différent. On se place alors dans une continuité, en accompagnant les mouvements qui ont modifié la ville. C’est le cas notamment pour le quartier des Rues Neuves ou la rénovation de la basilique Saint Front.

Une présentation de la visite Raconteur d’Histoire

La présentation audio de la visite par son narrateur Michel Grégoire.

[audio:https://www.ruedelachouette.org/wp-content/uploads/files/2010/05/PREAMBULEFINAL08.mp3|titles=preambule de la visite]

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Le reportage de France3 Périgord à l’occasion du lancement de la visite du Puy Saint Front

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QVKvOAdnNsM&feature=player_embedded[/youtube]

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Un reportage dans « Ca me dit » de France 3 Aquitaine

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LWRovC2pTzI&feature=player_embedded[/youtube]

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Pourtant, cette visite est introuvable à l’Office du Tourisme de Périgueux, ce qui pourra étonner les visiteurs non avertis des pratiques politiques locales. En règle générale, pour une raison évidente d’intérêt commun, les villes se montrent ouvertes à ce genre de prestation et les partagent volontiers. Périgueux est une exception à cette règle car le régime municipal actuel pose en prérequis à toute citoyenneté d’être un partisan inféodé à la cause du maire.

Le contexte du tourisme à Périgueux

Tout ou presque y est géré par la municipalité à travers son bras armé : l’Office de Tourisme. Le directeur de cette structure y joue le rôle de portier ((Observé en réunion pour l’OMAC))  pour l’adjoint en charge du tourisme ((Eric Dosset, parrain du tourisme périgourdin)). Tout se décide et se passe à la mairie.

Et comme les intérêts de la ville sont confondus avec ceux du clan municipal, ce dont nous avons parlé fait l’objet d’un ostracisme politique. Comprenons-nous. La mairie utilise les structures publiques pour promouvoir ses « amis » ou affidés ((Encore vu à l’occasion de la formation de l’association municipale du CLAP)) et lutter contre ceux qui n’ont pas fait allégeance.

Peu importe le contenu ou la qualité d’un projet, son originalité ou sa pertinence. Le critère de sélection n’est pas là, il est dans un système d’affiliation et dans l’entre soi d’un réseau de connivences.

Ce projet a été écarté et ignoré pour des motifs strictement politiques et partisans, c’est pourquoi il demeure invisible dans les structures publiques. L’Office de Tourisme préfère donc continuer à promouvoir un audio-guide déplorable (Guide du Routard) enchaînant les contre vérités historiques au service d’une communication officielle ((La quasi totalité du guide sur le Puy Saint Front est simplement fausse)).

Il faut le savoir, l’administration de Périgueux, ses structures publiques et son réseau associatif sont aujourd’hui modelés sur les bases organisationnelles d’un parti politique. Si vous êtes de ce parti politique municipal, vous entrez ; si vous n’en êtes pas, vous sortez. Certes, le système bouscule le concept administratif d’impartialité ou d’égalité pour la puissance publique, mais il nourrit en retour (spirituellement cela va sans dire) une foule de militants et de sympathisants.

Congrès mal gré, le défi d’Eric Dosset

Si dans deux ans on n’a pas fait décoller cette activité, c’est que l’idée n’était pas bonne 

C’est ainsi que résume le monsieur développement économique de la mairie de Périgueux, Eric Dosset, sa dernière trouvaille en matière de business.

Périgueux ville de congrès

Dans les colonnes déployées de la Dordogne Libre, en date du 10 décembre 2008, le directeur de la société d’économie mixte SEMITOUR, organe centralisé politico-économique du tourisme périgourdin, a pu se livrer à l’un de ses exercices favoris : annoncer.

Sous son impulsion, Périgueux va essayer de devenir une ville de congrès. En deux ans, sinon rien.

:: La méthode du discours ::

Développons d’abord la commercialisation, on verra ensuite pour l’outil

C’est une sorte de vente en état futur d’achèvement (la commercialisation) sans savoir comment on va assurer la prestation vendue, (l’outil). En cas d’échec, on en a vu devoir éplucher le Code du Commerce pour moins que ça.

Voilà le concept, faire du tourisme d’affaire en VEFA, et créer l’outil une fois le produit vendu. Il ne manque plus que d’être éclairé sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif, autrement dit dépenser de l’argent pour savoir si cela a raté ou pas. La philosophie d’Eric Dosset tiendrait-elle en 3 concepts majeurs ?

COMMUNICATION – COMMERCIALISATION – CONSTERNATION

:: Un esprit de conquête à l’aventure de nouveaux marchés ::
Une nouveauté ? Non, pas vraiment, mais un parcours éloquent.
Ce qu’il ne faut surtout pas souhaiter pour cette nouvelle idée d’Eric Dosset, c’est une quelconque ressemblance avec son Salon International de l’Innovation Touristique (SIIT), catapulté à grands frais de communication en 1998, devant sceller l’union de la modernité numérique avec l’industrie du tourisme périgourdin entre autre. Cette union n’a duré que le temps du salon, exemplaire unique d’un succès qui se finit le lendemain de la noce, en divorce à l’amiable, mais néanmoins durable.

L’évènement en quelques chiffres. (Sud-Ouest, Octobre 1998)
Durée de l’évènement : 4 jours
Lieu : Foire Expo de Marsac
Fréquentation à atteindre : 5000 visiteurs
Fréquentation comptée : 6872
Entrées payantes à 15 francs : 1000
Conclusion : selon Eric Dosset c’est un succès, puisque 5872 invitations sont totalisées.
Coût total : 3 200 000 francs
Participation Région : 350 000 francs
Participation Département : 1 600 000 francs
Participation Sémitour : 600 000 francs
Total participation : 2 550 000 francs
Total recettes : 650 000 francs dont 15 000 francs d’entrées payantes, en 4 jours : « les ventes, les bars et la librairie ».
Autant dire qu’à raison de 158 750 francs/jour, (pas loin de 25 000 euros), non seulement les visiteurs ont du prendre une cuite mémorable, mais en plus ils sont rentrés chez eux avec des palettes de bouquins.

:: Objectif: 50 000 visiteurs ::
Un détail retient l’attention. L’objectif de fréquentation, dans cet article tirant le bilan de l’évènement, est de 5000 visiteurs pour Eric Dosset, pas peu fier de son « succès ». Objectif atteint et dépassé nous dit-il, avec 1000 entrées payantes ?

Eric Dosset pour Sud Ouest, 27 octobre 1998:

Nous avions annoncé qu’à 5000 visiteurs, le SITT serait un succès

Et du journaliste de conclure: « La fréquentation constitue donc un premier point de satisfaction pour les organisateurs« .
Pourtant, le même Eric Dosset, dans sa campagne de communication, annonçait non 5 000 visiteurs mais 50 000 visiteurs ! Ce n’est pas une coquille. Simplement une erreur de 45 000 visiteurs, comme ça, en passant. Face à l’échec de son salon, soutenue par une fréquentation 10 fois inférieure à celle qu’il annonçait avant le lancement, splatch. Un gros mensonge, en plein dans Sud Ouest.

Cette belle fréquentation, placardée sur la plaquette de présentation de l’évènement et en dossier de presse, devait servir à justifier un budget de communication de 1 500 000 francs. Pas moins. Le budget a été confié à l’agence parisienne Concept Corporate et Communication, qui a aujourd’hui apparemment disparu de la circulation.
Aussi plus de la moitié du budget total aurait été consacrée à une campagne de communication d’envergure nationale (jusqu’à Thiviers?), pour environ 230 000 euros, et aurait ramené moins de 7000 visiteurs
Ce bel argent public a donc servi, en lieu et place d’un évènement international, à organiser un fiasco magistral, dont on se demande aujourd’hui s’il n’a pas servi au passage à autre chose qu’essayer de faire venir les 45 000 visiteurs manquant à l’appel.
Parce qu’atteindre un tel niveau de nullité n’est quasiment pas humain, on ne saurait croire que les sommes colossales engagées n’aient pas été recyclées à bon escient d’une manière ou d’une autre.
Au bénéfice du doute, il faut pourtant conclure au pur gaspillage d’argent public, au mensonge sur la fréquentation et le succès de l’évènement, à l’incompétence arithmétique sinon plus, rien d’autre n’est autorisé.C’est déjà pas mal remarque.

Bref, ne soyons pas trop près de nos sous. Toujours est-il que cet évènement fut fondateur pour Eric Dosset :

Nous avons assis le concept d’innovation touristique en Dordogne. Il ne peut désormais pas y avoir de SIIT autre part qu’ici

Dans cet élan de triomphalisme tout de même assez onéreux, bien que l’on n’espérait pas vendre autant de canettes de bières que lors de la victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde la même année, on annonçait déjà la prochaine édition pour l’an 2000.

Trop bien assis peut-être, le concept s’est endormi et deux ans plus tard, il ne s’est pas réveillé. Effectivement rien. Rien ailleurs, rien en Dordogne.

:: Lascaux, l’Art et la Manière ::
Dans l’art d’asseoir des concepts, cet été 2008 fut encore l’occasion de la preuve par l’exemple. Il ne s’agissait plus seulement de l’asseoir le concept, mais carrément de le planter au marteau.
Le concept était de commercialiser un billet jumelé pour Lascaux II, le Thot et Lascaux Révélé.
Tu ne veux voir que Lascaux II ? C’est possible mais tu achètes quand même mon multipass pour les 3 sites. Seuls les esprits chagrins ont pu voir là une forme de « vente forcée ». C’est pourtant une fourniture de service, sans commande préalable, accompagnée d’une demande de paiement.
Cela ne correspondait pas stricto sensu à l’article L 122-3 du Code de la Consommation. Mais de peu. C’est pourquoi on a parlé de vente très très aidée.
Peu importe, en terme d’image et de professionnalisme ce fut un carton. Le public, en masse, fit part de son extrême ravissement et loua le Code de la Consommation de ne pas interdire directement ce genre de pratiques de ventes, à la hauteur de la qualité de la prestation : offre inadaptée, visites au pas de course, conditions d’accueil déplorables, suppression des visites guidées…
Cet été, Eric Dosset a fait le grand schelem, au grand dam des professionnels du tourisme. On a même été obligé, de planquer le livre d’or de l’exposition qu’il aurait fallu interdire en lecture aux moins de 18 ans.

:: Un peu d’histoire récente ::
Mais au fait, se dit-on benoîtement. N’a-t-on pas un centre des congrès à Périgueux ? Non. Enfin plus. Jadis au temps jadis, un homme eut la même idée qu’Eric Dosset, (si si c’est possible), faire des congrès. C’était sous l’ère Yves Guéna, (qui inspire encore le maire actuel en matière de démocratie participative), qu’un élu en charge du tourisme, Jean-Jacques Rathier, avait initié ce chantier. On se souviendra même de ce concept « Périgueux Ville d’Accueil », associé à une agence de voyage qui n’en fit pas beaucoup sur ce thème.
Il fit donc construire un magnifique Palais des Congrès, au bord de la rivière, bien en co-visibilité avec la cathédrale Saint Front, pour le plus grand bonheur des amateurs d’architecture Est Allemande (moderne). Les connaisseurs le savent, ce bâtiment est appelé depuis son édification en 1988, « La Cuve », on vous laisse deviner pourquoi.
Mais enfin, comme le maire de l’époque fit raser les abords de la cathédrale avant même de recevoir l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France, on était plus à ça près, l’ABF non plus, encore pas remis de l’anéantissement de son quartier historique.
Le temps passa, et toujours pas de congressistes. Fluctuat nec mergitur, le « Palais des Congrès » devint, dans les esprits, « Centre des Congrès ». Toujours à flot, il devint enfin le « Centre Départemental de la Communication ». En guise de congressistes, le Conseil Général loue des locaux à France 3 pour concocter sa quotidienne. Tout cela tourne rond depuis 2002. Tous les détails : ici.

:: Histoire très récente ::
Plus près de nous, un « event manager » de la société Ericsson s’était rapproché de la municipalité pour organiser un congrès à Périgueux. A chaque changement d’âne, les mouches changent de méthode. Cette fois-là un fonctionnaire territorial avait produit une étude sérieuse avant de conclure n’importe quoi. Or le résultat de cette étude avait sonné pour Ericsson comme une fin de non recevoir. Un bête problème d’accès, d’accueil, d’hébergement, trois fois rien. Comme une idée d’infrastructures à développer pour être à la hauteur d’une prestation de qualité en matière de congrès, déjà concurrentielle. En somme, un vrai travail à fournir en amont avant de prétendre quoi que ce soit en la matière.

Et pourtant. Cela n’empêche nullement l’organisation de congrès, mais adaptés aux capacités de la ville. Quand on sait qu’il n’y a guère plus de 500 chambres d’hôtel, pour une gamme de qualité et de prestations inégales, on adapte le cahier des charges à ses moyens. Dans ces cas là, on pourvoit à l’image du département en s’adonnant à notre savoir faire premier, bien manger, finir ronds comme des queues de pelles, et admirer les paysages en découvrant les châteaux et l’art pariétal.

:: Le coup de l’amnésie ::
Mais avec Eric Dosset, il faudrait faire comme si la page était vierge et repartir de plus belle, mais sans toujours avoir de bases et en se contentant de rhétorique « marketico-volontariste ».
Lorsque Eric Dosset suggère de dynamiser l’offre mais que l’accès n’est pas un problème si important, il est le seul à s’en convaincre :

L’accès est un souci mais ne rebute pas ! C’est bien la preuve que l’on a une carte à jouer, que l’on bénéficie d’une véritable attractivité.

C’est tout le charme d’un souci attractif. On va bientôt entendre que Périgueux est justement choisie pour sa difficulté d’accès et que cette touche d’exotisme est une indéniable valeur ajoutée. Il n’y a qu’à voir les commentaires des congressistes.

Quant à l’hébergement ce n’est plus un problème. Notre maire, devenu par définition spécialiste de tout, l’a résumé en une sentence magistrale (La Vie Economique du Sud-Ouest, 03/12/08) :

Il y a assez d’hôtels et de restaurants à Périgueux

Faites donc confiance au maire, il en connaît un rayon sur la capacité hôtelière de Périgueux. A moins que sa langue ait fourché, peut-être voulait-il parler de Bassillac en fait.

Peu importe donc que 650 congressistes soient ventilés dans un rayon de 30 à 40 kilomètres autour de Périgueux en pleine saison creuse. Après tout ils sont là pour ça, faire des ballades en bus. C’est bien connu.
Peu importe que certains se retrouvent dans la suite de l’hôtel Accor en centre ville et d’autres envoyés en chambres d’hôtes à Pétaouchnock ou encore dans un hôtel « entrée de gamme » de bord d’autoroute vers Terrasson.
Au contraire, on peut parier que cette coquetterie locale va faire un vrai carton. Il leur reviendra de découvrir, sous des apparences trompeuses, le charme glamour de nos bretelles d’autoroutes.

Pour Eric Dosset il n’y a qu’à communiquer et sensibiliser les « locaux ». Pour d’autres, il y a d’abord un problème de capacité d’accueil et d’organisation, pour une logistique performante à mettre en place. Au cas où, si vous voulez organiser un congrès en France et que vous n’avez pas le numéro de portable d’Eric Dosset, vous pouvez quand même consulter le site de France Congrès, on se ne sait jamais. Ce site regroupe l’offre nationale des villes structurées autour de l’organisation de congrès. N’y cherchez pas Périgueux.

:: Epilogue ::
En l’état, cette annonce sonne creux tant qu’elle ne répond pas d’un critère professionnel, d’une organisation structurée et d’un plan solide du développement de l’outil. Faudra déjà commencer par la base, prévoir les cintres…
La méthode consistant à dilapider investir l’argent public pour simplement vérifier qu’une idée est bonne ou non relève d’un concept que l’on n’aurait pas cru d’actualité, même chez Dexia.
Ce genre d’idées lancées à la volée ne nourrit que les animaux trouvant pitance à même le sol.
Errare humanum est, perseverare diabolicum. En langage actuel. Se planter une fois, ça passe. Mais l’ériger en méthode n’est pas acceptable.
Or l’expérience du SIIT promu à un grand avenir, consistant à utiliser un violon pour satisfaire la nature, de même que planter un évènement comme « Lascaux Révélé » en inclinant les touristes à s’aligner sur la trayeuse électrique, cela ne relève pas d’un objectif atteint. On sent bien ce que commercialiser en état futur d’achèvement peut comporter comme dérive.
Une dernière chose. Si l’homme dispense volontiers son tutoiement en échange de votre vouvoiement, n’en attendez pas moins un accueil cordial à toute bonne idée. (Proverbe d’architecte à Montignac).

Référendum local à Périgueux ?

C’est une première à Périgueux. Sur un sujet qui touche le cœur de la cité, le projet de déplacement de la mairie, l’opposition UMP / MODEM lance par voie de presse et radio un appel à signature pour proposer un référendum local. Cette procédure de référendum local est règlementée depuis la révision constitutionnelle de 2003 et la loi organique de la même année.

En terme de participation des citoyens à la démocratie locale, ce genre de débat ne peut qu’être positif, bien que dans notre cas, à Périgueux, l’initiative soit politiquement partisane et non simplement citoyenne.

L’annonce du leader de l’opposition, Philippe Cornet, de vouloir recueillir 900 signatures pour faire inscrire à l’ordre du jour du conseil municipal une délibération sur la procédure d’un référendum local, représente une première à Périgueux, depuis l’instauration de la loi de 2003. Pour y voir plus clair dans la démarche, une tentative de décryptage politique et institutionnel.

:: Les sources médias ::

Sud-Ouest, 05 08 08
Dordogne Libre, 05 08 08
France Bleu Périgord, 05 08 08
France 3 Périgord, 04 08 08

:: Le référendum local ::

Premièrement, un référendum local voté en conseil municipal a valeur décisionnelle, (le résultat du vote vaut décision), esprit et lettre confondus de la loi de 2003. Mais pour autant, il faut que le projet de référendum puisse être soumis à délibération du conseil municipal, c’est-à-dire figurer à l’ordre du jour de séance délibérative et être approuvé. Consulter la loi organique sur le référendum local.

Le deuxième alinéa de l’article 72-1 de la Constitution dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle relative à l’organisation décentralisée de la République prévoit la possibilité pour les collectivités territoriales de soumettre, par la voie du référendum, à la décision des électeurs, les projets de délibération ou d’acte relevant de leurs compétences.

Si le référendum est directement décidé par l’exécutif, il est décisionnel. Si les citoyens demandent une consultation par voie pétitionnaire, elle est facultative. Cette distinction contient tout l’art de légiférer à la française. Les cumulards de la République s’entendent par décision parlementaire, à protéger leurs intérêts au sein des exécutifs locaux.

:: Le droit de pétition ::

Deuxièmement et pour se faire, l’opposition choisi la voie pétitionnaire, outil de démocratie directe mis en place également par la loi de 2003. Elle est formulée ainsi :

Art. 72-1. – La loi fixe les conditions dans lesquelles les électeurs de chaque collectivité territoriale peuvent, par l’exercice du droit de pétition, demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de cette collectivité d’une question relevant de sa compétence.

La recevabilité de la pétition tient au nombre de signataires, qui doit représenter 5 % des électeurs inscrits. Ensuite, l’exécutif doit faire état d’une décision motivée, acceptant ou refusant la validité de la pétition, qui peut faire l’objet d’un recours au tribunal administratif. Enfin, si la pétition est recevable, elle sera inscrite en séance pour délibération. C’est ici que le législateur s’est arrêté dans la démocratie directe pour laisser 100% de la décision aux élus.

Ces deux outils étant au cœur des dispositifs pour l’amélioration de la démocratie locale, en terme de participation des citoyens et de démocratie continue, nul doute que le maire actuel, qui a basé sa campagne électorale sur la démocratie participative, ne s’enthousiasme d’une telle proposition de consultation des périgourdins pour un projet si important.

Il est d’ailleurs étonnant que l’initiative vienne de l’opposition et non directement de la majorité avec l’adjoint à la démocratie participative. Dans tous les cas, soumettre le projet à référendum serait un réel exemple de démocratie participative, signe d’une modernité locale pour un renouveau démocratique dont le maire s’est porté garant.

:: La réaction de la mairie ::

C’est pourquoi il est encore étonnant de lire la réaction du premier adjoint aux finances de la ville, Eric Dosset, en réponse à l’annonce de l’opposition, comme s’il ne s’agissait que d’une énième manœuvre politicienne, alors que sur le fond, la participation des citoyens à la démocratie ne devrait pas souffrir de clivage partisan.

La logique du chèque en blanc: « Le déplacement se fera et nous mettrons notre programme en application »

Quant à l’argument sarkozyste du premier adjoint de mettre en avant le programme de campagne, ce dernier se drape de la logique du chèque en blanc, c’est-à-dire des archaïsmes de la démocratie représentative ne voulant voir les électeurs s’exprimer que lors des élections, une fois tous les 6 ans. Programme ou non, la question du déplacement d’une mairie est assez fondamentale pour engager une consultation des habitants. On a quand même eu la possibilité de voter Périgueux Autrement sans voter pour le déplacement de la mairie non? Ainsi il nous signifie que le triomphe de la démocratie s’arrête à la fin des élections et que maintenant « le cycle est lancé » : point / barre.

Comprenez : Citoyen ! Tu as voté, maintenant tu te tais, c’est moi qui fais.

Peut-être que l’ADELS arriverait à faire entendre à notre adjoint à l’économie, qu’aujourd’hui, sur le constat des carences de la représentativité et ses conséquences graves sur le fonctionnement démocratique, il n’est plus raison de décider pour les citoyens mais avec les citoyens.

Consultatif, facultatif: c’est moi le calife!

C’est encore lui qui se gausse du caractère mineur du procédé qui « n’a qu’un titre consultatif ». Si effectivement l’assemblée délibérante, (conseil municipal), n’est pas contrainte d’enclencher le référendum, bien qu’il soit obligatoirement soumis à l’ordre du jour de séance, en revanche, la valeur du suffrage est décisionnelle. Et oui, la pétition portant sur la demande d’un référendum local au sujet de la mairie, ce dernier ne peut être que décisionnel. Il ne s’agit pas d’une simple consultation pour avis, mais bien d’une demande de référendum valant décision en vertu de la Constitution, (Art. 72-1), dont acte.

Et quand bien même ! La procédure consultative n’aurait donc pas d’importance tant qu’elle n’est pas contrainte par la loi? L’avis des périgourdins n’aurait donc aucun impact sur les décisions du conseil municipal?

Exemplarité, transparence, rigueur

Ce détail échappe visiblement à notre premier adjoint, qui semble encore gérer non une commune mais une société d’économie mixte. Etant directeur de la SEMITOUR, on renverra au Rapport de la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine de 2007, faisant état de diverses obscurités et obstructions concernant une société financée à 80% par le Conseil Général, (argent public donc) et dont le Crédit Agricole et le Groupe Sud-Ouest sont actionnaires.

Si on comprend bien pourquoi, au regard des valeurs portées par cet élu, il balaie d’un revers de main napoléonien cette idée de référendum local, on comprend moins pourquoi c’est le premier adjoint aux finances qui gère la question et non l’adjointe déléguée à la démocratie participative et l’éducation à la citoyenneté. Cette dernière, si elle avait été consultée, lui aurait certainement appris le contenu de la révision constitutionnelle de 2003.

Derrière ce qui est supposé être une manœuvre politique, il y a donc quelque chose de bien plus important pour la démocratie locale. Si l’instrumentalisation politique des droits fondamentaux parait douteuse, le rejet mécanique et pulsionnel de ces mêmes droits par un élu est carrément digne d’un habitus médiéval.

:: Grosso modo ::

Si la majorité est contre le référendum parce qu’il est porté par l’opposition, qu’elle le fasse elle-même, cela ira plus vite et elle montrera tout son intérêt participatif.
Si la majorité est contre le référendum parce que c’est un référendum, alors bienvenue en démocratie captive. Tout discours ultérieur sur la démocratie participative ne sera qu’une escroquerie politique.
Si la majorité est pour le référendum mais craint le choix des périgourdins, c’est bien qu’un programme politique n’est pas un chèque en blanc. Dans ce cas, on leur rappellera que la mairie ne leur appartient pas, mais demeure jusqu’à nouvel ordre, et quel ordre, propriété d’un peuple souverain, même localement.

La victoire de la querelle partisane et politicienne serait une défaite pour la démocratie locale. Ce ne serait pas l’UMP, le PS, ou autre, qui y perdraient, mais tout simplement les droits des citoyens. C’est pourquoi on ne peut que souhaiter la tenue sereine de ce référendum, pour l’exercice de la démocratie, sans que ce dernier fasse l’objet de polémiques infantiles, mimant les frasques les plus burlesques de l’Assemblée Nationale.

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