A perigueux, l’association CLAP entre délire d’initié et association de bienfaiteurs

Le 19 décembre 2009, l’association Culture Loisirs Animation Périgueux, le CLAP, voyait officiellement le jour. Cette association avait pour fonction d’absorber d’autres associations à vocation culturelle, l’OPA (Office Périgourdin d’Animation) et Péri-Culture.

En 2010, à l’heure de sa nomination au poste de directeur général du CLAP, David Théodorides apporta en dote son propre festival, le festival Sinfonia. De fait, le CLAP centralise la plupart des évènements périgourdins correspondant à ses compétences.

Soucieux de contrôler cette nouvelle sphère d’influence, le maire de Périgueux y plaça des fidèles et en premier lieu la présidente, Madame Josianne Bartoli Faucon, colistière (n°38) aux municipales de 2008 et membre de la commission des affaires sociales.

Derrière de bénignes apparences, se joue en réalité un sport très particulier.

Aujourd’hui, le CLAP est une association financée par le public pour plus de 120 000 euros / an. Elle a en charge l’organisation d’évènements bien connus, comme le Salon du Livre Gourmand, Sinfonia bien sur, le concours de la Truffe d’Argent, la fête de la musique, Macadam Jazz en partie et… le festival Art et Eau (vous allez voir pourquoi c’est important).

Voilà pour le plantage de décor. A en croire les apparences et les journaux locaux, tout va bien. Tout baigne. Depuis la fin octobre 2011 pourtant, certaines informations sont passées sous silence. On va en parler un peu parce que Dordogne Libre a l’air très pris dans ses concours de photos et de cuisine. Chacun son métier vous me direz.

Comment David Theodorides fait effacer ses dettes par la ville de Périgueux

Lors de la fusion, les comptes de l’OPA étaient positifs, aux alentours de 20 000 €. Ceux de Péri-Culture l’étaient aussi, aux environs de 100 000 €. En comptant les financements publics, la nouvelle association partait avec un joli pactole.

Tout ceci permis de faire absorber quelques frais. Ainsi la digestion de Sinfonia coûta, de son côté, dans les 20 000 €. Et oui. C’est simple. David Theodorides, président du festival Sinfonia, fit couvrir ses dettes par le directeur général du CLAP, un certain David Theodorides. Joli coup non ?

Photo originale: Laurent Pareau. Source: concertclassic.com

« Pour la musique s’il vous plait, parce que mes dettes le valent bien« 

[Mise à jour] L’auteur de la photo a refusé l’intégration du commentaire dans la photo. Il s’agissait de respecter l’intégrité de l’œuvre de l’artiste. Nous remercions infiniment l’artiste de nous accorder le privilège et l’honneur de diffuser une partie de son œuvre sur ce blog.

Mais attention, c’est tout à fait justifié. Car comme aime à le faire remarquer en conseil municipal l’adjoint à la culture et fan du maréchal Bugeaud, Arnaud Le Guay, Sinfonia est une « marque » et apporte au panier un beau « fichier client ». Et vlan… 20 000 € le paquet cadeau.

Voilà comment faire absorber les dettes d’une structure privée par une autre, mais publique, tout en étant président de l’une et directeur de l’autre. Pour ceux qui galèrent en ce moment, n’essayez pas de faire pareil à la maison, ça peut être dangereux.

Suez, un mécène très potable pour le CLAP

Tout le monde s’en souvient. Michel Moyrand menait une négociation impartiale pour la reconduction du contrat d’exploitation de l’eau potable. En décembre 2010, nous révélions un document troublant. En effet le maire de Périgueux avait annoncé lors d’un colloque qu’un des prétendants au juteux contrat, allait généreusement contribuer au financement du festival Art et Eau. L’affaire pris de l’ampleur au moment d’attribuer le contrat en février 2011.

Une association menaça de faire annuler le contrat en justice si Suez Lyonnaise des Eaux finançait la ville de Périgueux de manière indue sinon occulte. En catastrophe, le maire de Périgueux annula « l’accord de mécénat » s’élevant à 85 000 €.

Qu’à cela ne tienne, si ce n’est toi ce sera donc ton frère ! Suez a quand même mis la main à la poche en devenant un gentil donateur du CLAP, organisateur du festival Art et Eau… Le don ira au festival Sinfonia histoire d’être perché en cas de pépin.

Ils ne doutent de rien. C’est ainsi qu’en juillet 2011, dans une interview pour concertclassic.com, (25/07/2011), le président de Sinfonia et directeur général d’Art et Eau s’explique :

« Suez Environnement a souhaité rejoindre le Festival cette année. C’est très important pour nous et la preuve qu’aux yeux d’un partenaire de cette ampleur Sinfonia commence à avoir des lettres de noblesse. La pérennité qu’assure une structure associée à une municipalité favorise les partenariats ».

On veut bien le croire. Tout ceci n’a, cela va de soi, strictement aucun rapport avec le contrat d’eau potable remporté brillamment par la société Suez.

Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est que pour une telle somme, Suez n’ait même pas le remerciement de figurer parmi les « partenaires » du CLAP sur son site internet.

C’est d’autant plus étonnant que des partenaires privés moins généreux comme le Crédit Agricole ou «l’animateur d’ambiance » Dordogne Libre y figurent. Un oubli malheureux peut-être ?

Moralité; quand la culture n’est qu’un alibi pour le business, ça finit toujours par se savoir.

Conseil municipal du 22 juin 2011: Le Grand Détournement

Le procès verbal du conseil municipal de Périgueux du 22 juin 2011 recèle quelques perles (télécharger le .pdf). Il est tout frais, tout chaud, il vient de sortir, c’est donc l’occasion d’en partager les meilleurs moments, d’autant qu’un des morceaux de choix était la validation du budget 2010.

On en est là. Dans Le Grand Détournement de Périgueux, Michel Moyrand a vraiment la classe américaine.

L’investissement pour Périgueux rabaissé à celui des années 2000

Des années 2000 à 2009, la dépense en équipement était en augmentation. Sur la période, l’investissement pour la ville a plus que doublé. Mais pour des motifs qui lui sont propres, Michel Moyrand a décidé pour 2010 de ramener cet investissement au niveau des années 2000.

Cette régression spectaculaire suscite quelques interrogations. Le débat d’orientation budgétaire 2010/2014 de février 2010 (pas si vieux) prévoyait une baisse, certainement pas de cette ampleur.


La justification du maire est éloquente :

« je me suis dit tiens ils vont me parler des investissements sur les trois années et je vais regarder ce qu’ils avaient fait, eux, sur les trois premières années de leur précédent mandat. Vous aviez sur vos trois premiers mandats, 2001, 2002, 2003, investi une moyenne annuelle de 779 € par habitant. Nous, nous sommes à 960 € ».

Les chiffres gouvernementaux et les données de l’INSEE ne permettent jamais d’arriver à ce résultat. Peu importe. Le fait est que cette dépense d’équipement est la plus basse depuis 2001 et qu’elle ne se justifie que par une pirouette du maire.

Forcément les caisses sont pleines. Quid du développement de la ville dans ces conditions ?

Suez augmente déjà ses tarifs sur l’eau potable. Et alors ?

Au détriment de tous ses engagements, Michel Moyrand avait reconduit le contrat de Suez dans des conditions rocambolesques à la sauce région PACA. Seul argument d’alors pour conforter sa décision : la baisse du prix de l’eau potable.

Pas de chance. Suez Lyonnaise des Eaux, comme on pouvait s’y attendre, a déjà trouvé un moyen d’augmenter ses tarifs. Cette augmentation stipule une conseillère municipale :

Pour que cette baisse des tarifs ne soit pas trop douloureuse pour les comptes de la Lyonnaise, celle-ci, s’appuyant sur votre courrier, profite de cet effet d’annonce pour faire valider une augmentation par anticipation des échéances mensuelles obligeant les consommateurs que nous sommes à faire une avance sur trésorerie au profit de la Lyonnaise.

Allô Thérèse ?

Pour répondre à cet entubage de première catégorie, le maire, en guise de réponse, laisse la place au métaphysicien :

A l’égard des grands groupes privés, je vois et je partage ce que vous dites, les grands groupes peuvent faire des dividendes et des bénéfices sur les usagers. On en est là et on peut le dénoncer voilà.

Voilà. C’est simple, le maire de Périgueux reconnaît ne pas avoir su (ou voulu) défendre les intérêts des périgourdins. Effectivement maintenant, on ne peut que le dénoncer. Mais on vous a bien niqués quand même !

La vente de la maison Estignard pour financer la nouvelle mairie

Personne n’ignore aujourd’hui que la nouvelle mairie de Michel va couter un bras. Le projet vendu pendant les élections à 1 million d’euros, puis rapidement à 3 et maintenant à 7 millions sans compter la rénovation de l’actuelle mairie absente du budget 2010/2014 va faire très mal. Pour information, cette rénovation non budgétée coûtera au minimum 2.8 M€.

L’ardoise pour la ville sera supérieure à 10M€ à l’arrivée. On peut le comparer à la dépense totale d’équipement de 2010 s’élevant à 6 M€…

En contrepartie, le maire s’était engagé à une « opération blanche ». Comment ? En se débarrassant d’autant de patrimoine communal qu’il serait nécessaire pour payer sa nouvelle mairie.

On apprend donc ainsi que la maison Estignard sera vendue et qu’elle est estimée aujourd’hui à 700 000 €. Classée aux Monuments Historiques, la maison Estignard est considérée comme un des plus importants édifices de la Renaissance périgourdine. Acquise par la ville en 1951, elle a été rénovée en 1953 et 2001 pour la toiture.

Source: http://jintrans.com/1PHOTOessay/Perigueux/Perigueux.htm

En parallèle de cette vieille casserole de maison Estignard, on apprendra que le maire juge le bâtiment de la CCI « de bon goût ».

Cette erreur historique, reniant pas moins de 800 ans d’histoire autant que les principes essentiels d’un urbanisme public, sera doublée d’une incroyable braderie du patrimoine périgourdin.

Un peu à la manière des positivistes du XIX° siècle, les périgourdins d’aujourd’hui confondent modernité et progrès. Cette confusion qui amène à violer l’histoire au nom de la modernité est la même qui a conduit à la destruction des Rues Neuves entre 1950 et 1970.

Le positivisme bourgeois qui caractérise Moyrand avec son « bon gôut » XIX° ne semble pas alerter les périgourdins, au contraire. La tâche n’en sera que plus rude pour leurs descendances.

Un nouveau poste municipal pour aider un ami du maire

Michel Moyrand créé un nouveau poste de cadre pour l’assister dans sa tache. La réponse à la question de savoir ce qui justifie une telle embauche est géniale. Simplement dit-il parce qu’il en a le droit.

En réalité, le poste fait-il l’objet d’un concours de recrutement ? Non. Car ce nouveau poste de cadre au sein du cabinet du maire n’est pas justifié par un besoin, loin s’en faut. On apprend par la suite que Michel Moyrand rend en réalité un service à un « ami ».

Cet « ami » est Pascal Bourdeau. Ayant été élu aux cantonales, il ne peut plus jouir de son poste de salarié dans la commune de Nontron. Sans emploi, il est donc embauché par Michel Moyrand. Elle est pas belle la vie ?

Le meilleur est qu’à cela, totalement décomplexé, Michel Moyrand ne disconvient nullement, bien au contraire, il confirme.

« … c’est vrai que Monsieur BOURDEAU savait qu’il prenait le risque, il ne savait pas qu’il allait être élu au départ, alors après comment cela s’est passé effectivement ne pouvant pas rester sans travail parce que l’indemnité d’élu, d’un conseiller de base n’est pas d’un niveau exceptionnellement élevé… »

Soit, c’est donc pour cette raison que la commune de Périgueux a un nouveau poste au cabinet du maire. Simplement parce qu’un pote de Moyrand, en gagnant les élections cantonales, s’est retrouvé au chômage.

On sera donc ravi d’apprendre que cet argent public, loin de se justifier par un besoin réel pour l’intérêt général, n’est utilisé que pour sortir les copains du maire de la panade.

Un dialogue surréaliste sur le principe de Peter

Nelly Perraud-Dausse y avait consacré un billet, mais le verbatim du dialogue est simplement irréel. A la tirade sur le contournement de la légalité pour embaucher son copain, Jean-Paul Mingasson commente :

« Principe de Peter »

Manifestement ignorant de ce principe, Moyrand embraye comme il peut et part en sucette :

Je ne vous réponds plus parce qu’il y a longtemps que vous êtes atteint par le principe de Peter. Vous êtes très agressif quand les choses vous dérangent.

Ok, Michel ne sait pas ce que c’est, donc joue à « c’est çui qui dit qui l’est ».

Réplique de Mingasson :

J’ai mis le doigt sur quelque chose qui fait mal.

Moyrand dans le brouillard fait diversion :

Non vous êtes un homme de mauvaise foi. Je vous le dis parce que vous utilisez cette tactique, cette stratégie à maintes reprises y compris avec le Président de la CAP, ce qui n’est pas à votre honneur.

Mingasson tombe dans le panneau :

Il m’avait insulté.

Et là Moyrand, pète gentiment un câble en direct :

Vous êtes un petit élu.

Mingasson, visiblement pris au dépourvu et piètre rhéteur s’enfonce :

C’est invraisemblable, il y a les grands élus et les petits élus.

Pour finir, Moyrand, ne comprenant toujours pas qui est ce fameux Peter qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam, justifie son indignation :

Taisez-vous. C’est vous qui dites que je suis atteint par le principe de Peter.

Nananananèreuuuuuuuuuuuu

En conclusion

« Au revoir messieurs dames. C’est ça la puissance intellectuelle »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dg41Pxm7qB4&feature=related[/youtube]

Municipal Discount: de l’art, de l’eau, mais surtout des zéros

Sacré Michel. Il l’aura fait son festival Art & Eau. Dans la douleur et l’indifférence, mais il l’aura fait. Si on regarde un peu dans le rétro, on y trouve le génie de toute une mandature. Le festival de Michel avait pour but de nous « sensibiliser avec la gestion de l’eau ».

Mais force est de constater que Michel a bien plus réussi à le faire en renouvelant le contrat de Suez Lyonnaise des Eaux qu’avec ses vélos dans la rivière.

La Fête du Slip, sur France Info par exemple, a fait plus d’audience que le festival. Et pour cause, elle a l’avantage incomparable d’avoir un intérêt. En termes de notoriété, pour 500 000 € de moins, reconnaissons donc que cette Fête du Slip apporte bien plus à Périgueux que la festivalière quincaillerie de Michel.

Michel, en guise d’évènement culturel international, au point où l’on est tombé, pourquoi ne pas organiser à Périgueux la fête du phoque ?

Comment faire disparaitre un billet de 500 000 € en claquant des doigts

Où est passé le pognon ? Michel, tu viens de claquer plus de 500 000 euros d’argent public pour un festival de 3 jours. « Ton festival on dirait que tu l’as acheté à Leader Price ». Personne aujourd’hui ne comprend comment cet évènement a-t-il pu coûter si cher.

On reprend et je te cite :

  • 8 œuvres plastiques et sonores (6 œuvres ou installations dont une en résidence)
  • 2 ateliers pédagogiques pour les enfants
  • 2 ateliers pour les jeunes
  • 1 spectacle d’ouverture spécialement créé pour Périgueux
  • 1 débat-rencontre « Vivre l’eau »
  • Des animations permanentes, temporaires et interventions dans les quartiers

L’UMP dénonçait un budget pas croyable pour le son et lumière (le spectacle d’ouverture) de 200 000 euros. Mais même pas ! L’auteur du spectacle nous révélait le 29 juin qu’il avait couté 50 000 € les 17 minutes (3000 €/minute).

Où est la thune ? Peut-avoir l’ensemble des dépenses détaillées avec leurs factures ?

Non, je sais, malgré la loi de 1978, personne, surement, n’en verra jamais une ligne.

Michel, 500 000 € pour ce qu’on a vu… Il doit bien rester au moins 200 000 balles quelque part non ? Allez, sans rire, vraiment, le pognon, tu l’as mis où ?

Le compte rendu d’Art et Eau écrit 2 jours avant le festival

Ca vous décroche la mâchoire mais il faudra s’y faire. Le festival se déroulait les 24, 25 et 26 juin. D’ailleurs, le dernier bulletin municipal de juillet/aout/septembre en fait le bilan :

Du 24 au 26 juin derniers, Périgueux a vécu au rythme du festival « Art et Eau ».

Ce bilan fait preuve d’une inhabituelle neutralité. D’ordinaire le service de communication utilise ce genre d’évènement pour mettre en valeur la politique municipale. Rien de tel ici. Une énumération simple des faits, au passé.

En réalité le bilan d’art et eau a été écrit avant le festival. La mairie a créé le fichier .pdf deux jours avant, le 22 juin. C’est à noter car pour un magazine qui se dit « d’information », c’est non seulement rare mais même carrément balèze.

Michel: « Une biennale de dimension internationale »

Calme toi Michel. Tu atteins péniblement une dimension intercommunale (merci Trelissac) avec un demi million d’euros, alors imagine ce que cela couterait pour un vrai festival culturel. Cela te couterait plusieurs mairies. Mais ce n’est pas grave. Il est content Michel, il a fait bosser les copains.

Si c'est une photo de Nicolas Lux, il faut le citer.

L’élaboration du concept Art et Eau était simple mais judicieuse. Il suffisait de piocher des mots au hasard et d’y ajouter le préfixe « éco ». C’est donc devenu l’éco festival de l’éco citoyenneté et de l’éco écologie.

C’était aussi l’occasion de faire la promotion d’Eco Jet Ski de marque Yamaha qui, c’est de notoriété publique, sont de véritables amis de l’environnement, aussi éco compatibles que silencieux. Sur le site officiel du festival « Les scooters des mers de « Bouge2plage« .


On s’interrogera cependant sur la notion de « Périgueux Plage « . Le siège de maître nageur n’y fait rien, il manque quelque chose.


Michel aime aller à la plage. Mais ce qu’il aime Michel, à la plage, c’est plutôt le sable, pas l’eau. Alors il a fait verser du sable partout, et ça a fait un vrai carton.

En conclusion

Michel a fait disparaitre un bifton de 500 000 € mais personne ne sait vraiment comment. Avec ces 500 000 €, il aura réuni moins de 4 000 visiteurs en 3 jours, dont 3 500 le premier soir.

Nous célébrons avec émotion la première « biennale de dimension internationale » de Michel pour un demi million d’euros.

Chapeau l’artiste