Trélissac/OM, le but en or de Leclerc

Par un heureux tirage au sort, le club de foot local est sous les feux de la rampe. Le hasard aura braqué la lumière sur cette équipe, non pour une victoire exceptionnelle, essence du sport, mais pour l’aura de son adversaire.
Ainsi s’est joué le match Trélissac/Olympique de Marseille en 32ème de finale de la coupe de France de football. Ils n’ont donc pas réitéré leur exploit de 1998 contre l’AS Muret, leur permettant de réaliser le meilleur résultat sportif de leur histoire en accédant aux 16ème de finale. Il faut dire que l’Amicale Sportive Muretaine était prenable…

Evidemment, nous ne nous improviserons pas commentateurs sportifs. C’est autour du terrain que s’est joué un match bien plus complexe, une rencontre sociologique offrant une photographie de la société périgourdine à l’instant T.

La couverture du match de football par les médias locaux a été jusqu’à la limite de l’overdose, offrant à l’évènement une surface papier inégalée depuis les élections, mais concentrée dans un temps plus restreint. On ne leur reprochera pas de mettre du beurre dans les épinards, le hasard avait vraiment bien fait les choses pour tout le monde. Le meilleur des mondes possibles est aujourd’hui de pain et de jeux, les journalistes en sont les premiers serviteurs.

:: Chiffrage de l’évènement ::
A croire qu’il s’agit de l’évènement de la décennie, ce qui est peut-être le cas. Mais à l’évènement exceptionnel des réactions exceptionnelles. Seul Sud Ouest a décidé de relayer vraiment la polémique qui a éclaté au sujet de la distribution des places. Les autres se sont contentés dans l’ensemble d’en faire la réclame.

Capacité du stade pour total des places : 10 200
Places réservées par le président : 8 000 (gradins et tribune)
Places ouvertes au public : 2 200 (pelouse)

Détail des places ouvertes au public
Lieu de vente : Leclerc
Prix : 12 euros (marché noir à partir de 25 euros)

Détail des places réservées
– Partenaires du club.
– Sponsors et porteurs de financements.
– Les licenciés.
– Sportifs, encadrement, animateurs et supporters du club j’imagine.
– Les marseillais; 400/450 places. Certaines places sont à vendre sur des sites, montrant qu’ils ne seront pas tous au rdv.
– Les collectivités: traduction, le monde politique périgourdin, élus, fonctionnaires et cadres influents.
– Dérogation spéciale: 200 places pour les salariés de Leclerc.
Continuant le petit calcul, sur les 8 000 places privatives, 600 à 650 sont connues pour les salariés et les supporters marseillais, il en reste 7 400 à se partager entre partenaires, licenciés, politiques et VIP. Au finale la proportion entre places « publiques » et places « privées » est de 20%/80%.

:: La direction du club ::
Commençons par la tête, c’est par là que le poisson perd sa fraîcheur.
Le club de foot de Trélissac est la propriété, ou plutôt la jouissance de quelques sociétés privées locales, dont les dirigeants voient là de bonnes raisons de communiquer pour s’implanter dans le tissu social. On peut consulter pour cela l’organigramme.

Le président du club est M. Fabrice Faure, dirigeant de la société Trélidis, (Leclerc Trélissac), employant 350 salariés sur une surface de 7 400 m². Pour en connaitre un peu plus, son interview donnée au MEDEF Périgord en mars 2007 est enrichissante. Il expose sa vision de l’urbanisme par l’implantation toujours plus massive en périphérie des villes, de surfaces commerciales et d’enseignes nationales :

Si l’on n’a pas des zones fortes comme celle-ci on ne peut pas retenir le client. Des enseignes comme Decathlon, Brico Dépot, par exemple, évitent au consommateur d’aller consommer en Corrèze ou en Gironde.

Il n’y aurait rien de plus suicidaire que de souscrire au monopole de cette logique. Elle n’a  pour finalité que son propre enrichissement, primauté absolue sur tout fait humain. Pour l’alternative, nous renverrons à David Mangin par exemple. Dans La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, (La Villette 2004), on peut lire une réalité toute différente. Le diagnostic est largement contrasté et ce dont Trélidis est le nom est aussi une défaite majeure de l’urbanisme du XX° siècle qui s’écoule encore à Trélissac.

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M. Fabrice Faure a par ailleurs obtenu il y a peu l’autorisation de construire une surface commerciale supplémentaire de 1 600m², objet de litige juridique pour le maire de Périgueux qui se demande s’il ira plaider sa cause devant le Conseil d’Etat. Cela ne servirait à rien, mais il pourrait tenter de se faire bien voir. Il n’y avait pourtant aucune surprise. Car M. Fabrice Faure, apprenant l’autorisation d’extension de l’industrie Auchan pour une surface de 10 000m², avait déclaré dans DL le 20 février 2009 :

C’est une bonne nouvelle, car s’ils acceptent l’extension d’Auchan, ils accepteront la mienne à Trélissac

Il faut dire qu’à ce moment là, le maire de Périgueux n’avait pas émis de jugement défavorable à ce projet, sachant pourtant très bien qu’il relancerait la course aux m² des mastodontes de l’industrie agro-alimentaire.

Ce n’est pas à traiter à la légère, car ce commerçant a pour principaux acolytes les maires de Trélissac et de Boulazac, deux fervents communistes convertis au rationalisme néolibéral. Par ailleurs, c’est aussi cet actif dirigeant qui porte le projet de nouvelle ZAE Leclerc sur la plaine des sports de Périgueux avec la société Agema (CA 2008 1.28M€), ce qui permettrait d’implanter une zone commerciale de 2ha en plein cœur de la commune, ne se contentant plus de sa périphérie. Il reviendrait ainsi aux consommateurs locaux de financer un « grand » stade pour le club de rugby, (après quelques inter-médiations bancaires pour l’investissement).

Enfin, cet acteur local a un poids non négligeable, puisque avec un chiffre d’affaire d’environ 100 M€ en 2009 et un résultat net de 3 M€, il ouvre les portes et les oreilles des élus comme les hirondelles font le printemps.
Pour finir ce tour de table, nous trouvons Yannick Commagnac (Reflex Interim Périgueux), vice-président et Jean-Claude Madronnet (Auto Finances Madronnet AFM), directeur sportif. Outre la passion du sport mécanique pour le premier et la vente automobile pour le second, les deux hommes partagent le goût de l’immobilier. Ils possèdent la SARL J2C Promotion, marchand de biens immobiliers à Périgueux. Sur les exercices 2005/2006/2007, la société a réalisé 0€ de chiffre d’affaire pour un résultat net négatif de – 86 000€. Ca arrive.

:: Partanaires, médias, collectivités publiques, sociétés privées::
Tout cela sert à comprendre qu’entre sport, business et politique, il y a des relations conjugales, n’écartant parfois peut-être, ni l’adultère, ni l’inceste, à la faveur échangiste d’une romance politico-financière.
Car le club est par ailleurs largement financé par d’autres sociétés privées: « les partenaires« , qui s’offrent ainsi via leur budget de communication, une vitrine efficace et populaire. Même les collectivités s’y montrent, faisant la réclame pour leurs équipements les plus modernes et les plus déficitaires comme l’Aquacap (sponsors sur le terrain). Enfin, on y trouve les deux quotidiens locaux, Dordogne Libre (Groupe Sud Ouest – CA 2008 515M€) et Sud Ouest (Groupe Sud Ouest).

Crédit club TFC

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:: La polémique ::
Il est intéressant de lire les nombreux commentaires laissés en bas des articles de SO. Ce journal a proposé des espaces d’expression « citoyenne » sur des sujets fondamentaux comme le Plan de Déplacements Urbains ou autres projets aux conséquences lourdes pour notre collectivité. La totalité de ces sujets, dont on rappelle l’importance pour la collectivité, a rencontré un vaste flop. Le journal a du cesser ses propositions faute de commentaires, pour des sujets qui n’intéressaient visiblement personne.

Mais aujourd’hui, voilà que la polémique intéresse tant et tant que l’on commente à tout va, s’insurgeant contre le « système » local. Ainsi, la citoyenneté s’arrête au ras des crampons. Voilà qu’un évènement sans lendemain ni intérêt public fait plus réagir qu’un projet territorial que nos propres enfants utiliseront.

« Match privé »
Plusieurs commentateurs se sont indignés de ce que le président du club n’avait laissé au grand public que 2 200 places, debout autour du stade. Pour le reste, il lui a été reproché d’organiser un match privé. Effectivement, ce match est privé et appartient à celui qui le finance. L’indignité ainsi accusée par les spectateurs malchanceux a de quoi surprendre, la chose n’étant ni un service public, ni une activité gérée par la collectivité.

Le chantage électoral
Que n’entend-on pas sur le président du club, même si samedi prochain, en consommateur enjoué, on remplira le caddy dans sa boutique.
Certains mêmes parlent de leur « voix » électorale, s’ils ne peuvent assister au match ! Rappelons simplement que l’acolyte du président, le maire de Trélissac a été réélu au premier tour après avoir vu sa première élection annulée par le Conseil d’Etat pour irrégularité du scrutin, tendant à montrer que la balkanysation périgourdine n’est pas qu’un fantasme.

« La plèbe »
Certains encore se plaignent de n’être que la « plèbe », face à des catégories politiques et financières détenant privilèges et passes droits. Et c’est effectivement ce qu’ils sont. Ce qui surprend, c’est que cette réalité ne les choque que pour un match de football, quand, le reste du temps, ils s’en accommodent largement.

L’évènement est donc révélateur d’une conscience de classe que vient laisser exprimer subitement une rencontre sportive. Oui, ils seront au ras du sol, pour un évènement privé dans lequel ils seront « tolérés ». Dans la tribune, siégera la société politique et financière, avec tout ce qu’elle compte de réseaux et de VIP issus des médias, des professions libérales, des amis, etc.
Evidement qu’il s’agit d’une occasion incontournable pour le président du club d’arroser de billets les collectivités publiques, constituées en premier lieu, par les responsables qui signent les permis de construire et de lotissement, octroient les autorisations d’exploitations commerciales, décident des voiries publiques qui desserviront les centres commerciaux, etc.
A ce titre le président reconnait sans ambages que l’opération n’est pas lucrative :

Ce match n’a rien d’une opération financière. Pour nous, c’est plutôt en terme de communication que l’on va gagner.

Et la communication ne se limite pas à des panneaux en bord de stade afin d’être captés par les spectateurs et les caméras. C’est aussi l’occasion de se voir, de serrer des mains, de discuter, d’être remercié pour ce bon geste…
C’est donc la loi de l’offre et de la demande. La rareté fait le prix. Il a été dit qu’il aurait fallu 30 000 places pour contenter tout le monde, il n’y en a que 10 000. On retrouve donc dans les tribunes les éléments supérieurs de la société, par terre les lambdas chanceux et en dehors la plèbe frustrée et coléreuse.

La grande ironie, c’est que ce sont ces éléments inférieurs qui bâtissent eux-mêmes leur destin et leur place. En démocratie, ils sont responsables de leurs élus car ils les désignent. Le système politique périgourdin n’est que la conséquence du choix des électeurs. Ils sont consommateurs ensuite, libres de leurs choix et de tous les contrats de ventes synallagmatiques qu’ils passent avec ces enseignes, en faisant leurs achats et leurs courses. C’est à partir d’eux et de leur consentement que les puissances financières se forment. C’est bien à eux que M. Fabrice Faure doit ses 100 M€ de CA.

:: Du pain Leclerc et des jeux de ballon::
Ce match est donc l’occasion de voir se constituer une pyramide sociologique à la limite de la caricature, par certains aspects outrancière, mais bien réelle et révélatrice de la société, périgourdine en particulier. Chaque composante sociétale s’y retrouve à sa place, en miniature, exacerbant les différences et les clivages.

Qu’un évènement sportif de second plan serve de révélateur à la disposition des classes et des castes est encore plus intéressant. Intérêts publics et privés s’y confondent et s’y parfondent pour former une classe supérieure et homogène, alors que le succès de l’évènement est strictement issu de la passion populaire.

Alors oui, il y a quelque chose de désespérant à voir cette colère des sans grades face aux murs qu’ils ont eux-mêmes bâti. Ils iront voter pour les plus belles promesses, ne manqueront pour rien au monde les grandes offres industrielles, s’endetteront sur 30 ans pour un pavillon et 10 pour une BMW, mais le moment venu, ne comprendront pas pourquoi ils ne peuvent pas voir le match de foot Trélissac / Olympique de Marseille.

Le Conseil d’Etat face aux pitreries périgourdines ?

Depuis quelques semaines, il y a une bataille locale pour le moins édifiante. C’est celle qui oppose d’un côté l’équipe du maire de Trélissac et le patron des Leclerc locaux et de l’autre, celle du maire de Périgueux et la librairie Marbot (surface « culturelle » de 1 800m²), installée dans le centre ville de Périgueux.

Leur désaccord porte sur un projet de création d’espace de vente d’objets « culturels ». Le 18 août 2009, la CDAC a validé ce projet de 1 600m² en remplacement d’une surface existante de 300m², insupportablement nommée Légende des siècles. Le recours du « centre ville » a été rejeté le 17 décembre 2009 en appel par la CNAC –Commission Nationale d’Aménagement Commercial– (qui provient de la Loi de Modernisation de l’Economie de 2008).

Nous n’allons pas disserter sur le choc de ces deux modèles économiques et culturels, dont l’un demeure un libraire plus ou moins artisanal et l’autre un industriel de la vente, plus en alerte sur le cours du pâté polonais que sur les richesses de Victor Hugo. Si le jeu de la concurrence entraine le déclin du premier, la cause en reviendra aux consommateurs, libres de leurs choix.
Qu’ils ne viennent pas chialer ensuite, tous autant qu’ils sont, si la ville principale de l’agglomération dans laquelle ils se rendent pour sortir de leurs pavillons, se trouve être un véritable désert de guichets automatiques. Si, dans son implacable beaufitude, la liturgie consumériste du samedi après-midi vient à tuer toute activité autour d’elle comme les truffes sous leur chêne, alors nous célèbrerons Edouard Leclerc comme le nouveau pape de la culture. C’est en citoyens libres que les consommateurs en seront responsables.

A Bordeaux par exemple, ni les librairies Mollat et Machine à Lire ne sont atteintes par ce que proposent les librairies de supermarchés aux alentours. Pourquoi? Ou bien parce que la population de ceux qui font la différence entre Paolo Coelho et William Faulkner  est assez importante pour pérenniser ces librairies, ou parce que l’offre des « vraies » librairies est hors de portée des marchands de tout et de n’importe quoi. Un vaste sujet que nous écartons ici.

Revenons au sujet de ce billet. Par voie légale et afin d’épuiser tout recours, il ne reste donc, pour le maire de Périgueux, qu’à saisir le Conseil d’Etat. Il sera donc demandé à Paris, au juge, de trancher un litige petro-périgourdin entre deux décideurs d’une même majorité politique, siégeant dans la même communauté d’agglomération et dont les villes sont contigües.

Cette situation appelle quelques commentaires, attachez vos ceintures nous entrons dans une zone de turbulences politiciennes.

:: La bataille juridique ::
Il y a un précédent à cette discorde. Ce dossier est la continuité logique d’un autre projet quasi identique qui avait été annulé.

En date du 31 janvier 2002, voilà ce qu’en disait LSA.fr sous le titre Leroy Merlin et Cultura mettent le feu aux poudres à Périgueux :

Défrayer la chronique
Meilleure preuve de la perte d’influence de la capitale de Dordogne, l’accord donné par la même CDEC de décembre à la création d’un magasin Cultura de 1 600 m2 à Trélissac dans la zone commerciale du Leclerc de La Feuilleraie. Une décision qui a déclenché la colère de Xavier Darcos, maire de Périgueux, choqué du soutien accordé à Cultura par le représentant de la CAP et de la chambre des métiers.
On le voit, l’agglomération périgourdine a du mal à dominer son développement commercial. D’autant que la commune périphérique de Boulazac, qui dispose d’une forte densité commerciale (autour de Carrefour), n’a jamais accepté d’entrer dans la CAP et s’est engagée dans la constitution d’une autre communauté d’agglomération. Dans ce contexte de morcellement politique et économique, d’autres dossiers pourraient défrayer la chronique comme la création d’un Brico-Dépôt, l’enseigne disposant à Trélissac d’un permis de construire pour près de 4 000 m2. Un permis lui aussi attaqué au tribunal administratif.

En juin 2004, la CNEC avait rendu son verdict, après avoir été annulée une première fois par le Conseil d’Etat :

CONSIDÉRANT que le projet de la S.A. « SODIVAL » consiste à créer un magasin de 1 600 m² de surface de vente spécialisé dans la distribution d’articles culturels liés aux loisirs créatifs et aux beaux-arts, aux supports audio et vidéo, à la papeterie et aux livres ;

CONSIDÉRANT que le projet avait été refusé par la Commission nationale d’équipement commercial dans sa séance du 30 avril 2002 ; que le Conseil d’Etat dans sa décision du 11 février 2004 a annulé cette décision en considérant qu’il n’existait, dans la zone de chalandise, aucun établissement d’une surface de vente au moins égale à 300 m², présentant une offre commerciale comparable et, d’autre part, que la demande pour de tels produits n’était pas satisfaite par les équipements commerciaux existants dans cette zone ; que par cette même décision, le Conseil d’Etat a enjoint la Commission nationale d’équipement commercial de statuer à nouveau sur le recours susvisé ;

CONSIDÉRANT qu’il ressort des éléments nouveaux portés à la connaissance de la Commission nationale d’équipement commercial, que l’équipement commercial de la zone de chalandise compte, non seulement des petits commerces de centre ville spécialisés dans la culture et les loisirs, tels que l’établissement « PLEIN CIEL » à Périgueux et le magasin « LA PATTE DE L’ARTISTE » à Marsac sur-l’Isle, mais également des moyennes surfaces spécialisées dans le secteur concerné par le projet, tels que la librairie « MARBOT » de Périgueux, qui exploite près de 350 m² sur deux surfaces de vente très proches l’une de l’autre, et le magasin « ARTS ET PASSIONS », d’une surface de vente de 400 m² situé à Boulazac ; que cet équipement commercial est complété également par cinq hypermarchés développant, au moins partiellement, une offre similaire à celle proposée par l’enseigne « CULTURA » ; que l’offre de la zone de chalandise semble ainsi suffisante pour répondre aux besoins des consommateurs locaux ;

CONSIDÉRANT que l’implantation du magasin « CULTURA » dans un pôle commercial situé en périphérie de Périgueux contribuerait, en attirant la clientèle dans ce secteur, à raréfier encore davantage la fréquentation de l’ensemble des commerces traditionnels de centre-ville, dont les éléments d’information portés à la connaissance de la CNEC semblent démontrer qu’ils sont fragilisés par le développement des grandes surfaces de périphérie ; que cette implantation serait ainsi de nature à compromettre le fragile équilibre entre les différentes formes de commerce dans la zone de chalandise ;

 CONSIDÉRANT qu’ainsi ce projet ne paraît pas compatible avec les dispositions de l’article 1er, 3ème alinéa, de la loi du 27 décembre 1973 susvisée ;

DÉCIDE : Le recours susvisé est admis.
Le projet de la S.A. « SODIVAL » est donc refusé.

Nous n’avons pas en main les Considérant de la décision de fond actuelle. Nous ne manquerons pas de le faire savoir dès que ce sera le cas. Car hormis la volonté gouvernementale d’alléger la règlementation sur les exploitations commerciales et l’urbanisme, rien n’a vraiment changé sur le fond, sinon que Marbot ne fait plus 300m² mais 1 800m² (sans oublier Des livres et Nous en centre ville).

:: La situation politique ::
Dès 2002, l’article cité ci-avant relève un « morcellement politique et économique », ce que ne manque pas de faire encore la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine dans son rapport de février 2008 sur la Communauté d’Agglomération Périgourdine – CAP-. C’est quand même un comble pour une communauté d’agglomération qui revendique aujourd’hui toujours plus de compétences et d’autonomie, d’être incapable d’unité et de cohérence depuis plus de 7 ans.

Aujourd’hui, le maire de Périgueux pose la question de l’opportunité d’un recours devant le Conseil d’Etat, dans un des ces textes dont il a le secret. Il affirme défendre principalement 3 arguments :

1. L’offre culturelle doit être maintenue au cœur de la ville centre
2. Cette implantation constitue une grave menace pour les commerces culturels du centre de Périgueux
3. Si la demande d’ouverture d’une surface commerciale de ce type était acceptée aujourd’hui à l’est de l’agglomération, rien ne s’opposerait à ce qu’on en autorise demain une nouvelle à l’ouest

Conclusion :

Enfin, il est difficile de prétendre que le stationnement, au centre ville de Périgueux, serait un frein pour y implanter un projet de ce type. Pour mémoire, la Communauté d’agglomération périgourdine s’apprête à mettre en place son PDU (Plan de déplacement urbain). Il permettra notamment d’améliorer la circulation et les transports au sein de la ville de Périgueux, favorisant ainsi l’attractivité des commerces de centre ville.

Pour une fois, on ne saurait reprocher au maire de Périgueux de changer d’avis en fonction de son intérêt politique. En conseil municipal du 28 septembre 2007 : RAPPORT n°19 – COMMISSION DEPARTEMENTALE D’EQUIPEMENT COMMERCIAL – Extension de l’hypermarché Leclerc à Trélissac – Recours devant la Commission Nationale d’Equipement Commercial.

Le sujet ne concernait pas une surface culturelle mais la logique est identique. Le maire de Périgueux, Jean-Paul Daudou demande autorisation de former un recours contre l’extension de l’hypermarché et Michel Moyrand dans l’opposition affirmait :

Nous étions d’accord sur la démarche, nous ne changeons pas, je vous l’ai dit. La démarche est bonne et il faut un accord entre les élus de l’agglomération.

Pour mémoire, Claude Bérit-Débat, président de la CAP, répond ainsi au problème soulevé par la CRCA le 20 novembre 2008:

La Chambre soulève les difficultés rencontrées par la CAP dans l’élaboration de la charte commerciale. C’est en effet un dossier très sensible qui va être relancé très prochainement.

Effectivement depuis que le problème existe et demeure en suspend, (une bonne dizaine d’années), on en voit aujourd’hui les résultats, récoltant à pleins paniers ce qui a été semé selon le principe qu’il est urgent d’attendre. Encore heureux que les juridictions administratives pourvoient aux carences de gestion publique en la matière, étant tenues et contraintes, elles, de rendre une décision quand les politiques en sont pitoyablement incapables.

Revenons au conseil municipal: Jean-Paul Daudou, alors président de la CAP, rappelle qu’il avait mis en place une charte commerciale visant à rationaliser ce type d’investissements.

Ce à quoi Michel Moyrand répond en forme de provocation :

Vous n’avez pas pu parvenir à un accord de l’ensemble des élus de ce grand bassin. Il faut trouver un point d’équilibre.

« Point d’équilibre » non trouvé lorsque Jean-Paul Daudou répond :

Quand j’étais président, je l’avais fait réaliser, nous l’avons fait approuver par le conseil, nous avons fait une réunion spéciale au théâtre où nous avons invité tous les conseillers municipaux de toutes les communes du grand Périgueux qui l’ont adopté et quand cela a été fait, Monsieur Berit-Debat n’a pas voulu signer et le tout s’est arrêté. Je suis reconnaissant à Monsieur Berit-Debat, notamment lorsque j’ai fait le recours contre Cultura, parce qu’il s’est souvenu de la charte commerciale et que l’équipement lié aux livres, aux disques et à la culture devait rester en centre ville et il a soutenu la démarche de Périgueux.

:: Aujourd’hui ::
Pendant de nombreuses années, nous avions cru (ou voulu croire) que l’incohérence du développement économique territorial était principalement la conséquence d’une cohabitation politique entre l’agglomération (PS/PCF) et la ville de Périgueux (UMP). Les divers représentants aimaient à expliquer qu’ils se trouvaient bloqués dans leur élan du fait de la concurrence partisane qui régnait, faisant porter la responsabilité de tout manquement à leur adversaire politique.

La situation actuelle démontre le contraire. L’incohérence du développement économique n’est pas le fait des écuries politiques. Aujourd’hui le maire de Périgueux est socialiste tout comme la majorité du conseil de l’agglomération, ainsi qu’il y siège en qualité de premier vice-président. Le « point d’équilibre » qu’il demandait non sans ironie, il ne le trouve pas lui-même. Incapable de fonder un accord dans sa propre majorité, il est obligé de plaider sa cause devant le Conseil d’Etat. Une conclusion grotesque.

Dans une telle situation, la communauté d’agglomération est inefficace ; elle se présente comme un agrégat d’intérêts politiques hétérogènes. La question se repose donc de savoir à quoi est censée servir une communauté d’agglomération, à conjuguer au pluriel avec le cavalier seul de la communauté de Boulazac, dirigée par cette incongruité ni monarchique, ni communiste, ni néolibérale, mais un peu des trois.

Le maire communiste (sic) de Trélissac, (dont le bilan est mirobolant – CRCA décembre 2008 -) quant à lui, défend la libre concurrence et l’économie de marché pour s’en prendre aux monopoles, fussent-ils culturels. On ne nous épargne plus rien. Il se range ainsi aux côtés de l’industrie agroalimentaire afin d’étendre toujours davantage sa zone commerciale péri-urbaine. Face à cet urbanisme aussi vorace qu’aveugle, le maire de Périgueux avoue aujourd’hui son impuissance:

en qualité de vice président du conseil régional en charge de l’artisanat, de commerce et du développement des TPE;
en qualité de vice président de la CAP;
en qualité de maire de Périgueux, ville préfecture et capitale du département;
en qualité d’homme politique enfin, à peser dans sa propre majorité politique.

Les arguments du maire de Périgueux aujourd’hui sont les mêmes qu’en 2002, 2005 et 2007, il répète ce que d’autres disaient avant lui. La seule variante est l’argument du PDU, au point mort, immobilisé par l’incapacité des décideurs à décider ; autre révélateur de l’inconsistance de cette communauté d’agglomération. A un détail près, il n’est toujours pas capable de faire valoir la moindre charte commerciale, document qui matérialiserait une quelconque cohérence et une homogénéité politique du développement écocomique.

:: Où en sommes nous ? ::
L’incapacité à développer une politique commune et cohérente (économie, urbanisme) remet en question la justification de cette entité administrative. L’incurie politique s’y est développée comme une gangrène et ronge aujourd’hui la pertinence de l’action publique. Braves gens, vous serez surtout invités à fêter les 10 ans du tri sélectif ; vive les sacs jaunes, quelle aventure !

La CAP n’est même plus en mesure aujourd’hui de se positionner sur le problème des surfaces commerciales, montrant ainsi que la cause de l’incapacité à définir une politique communautaire est plus profonde qu’une cohabitation politique. Aussi, le président Bérit-Débat demeure muet sur la question, relégué au rang d’observateur passif, paralysé face à une majorité déchirée.

Cette dégénérescence politique, dans la décision et l’unité, est alors plus profonde que des dissensions de façades, électoralement usées mais efficaces. Il y a ailleurs des majorités cohérentes qui n’ont pas ces problèmes. Il semble davantage que cette situation de marécage décisionnel, de matière sans structure, provienne des hommes qui sont en place. Une génération de barons locaux qui n’ont d’autre ambition que la sauvegarde de leur pré carré et la défense de leurs intérêts microscopiques. La création des communautés d’agglomération n’était-elle  pour eux que l’opportunité de gratter quelques deniers publics et indemnités d’emblée plafonnées au maximum légal?

Est-ce là toute l’étendue de leur capacité politique que de saisir le juge pour les mettre d’accords, ne sachant, eux, que faire de leurs propres compétences?

Quid de la cohérence territoriale, de l’unité de l’action publique, de l’homogénéité du développement économique ? Aujourd’hui les communistes s’engouffrent à corps perdu dans les assouplissements sarkozystes sur le développement des surfaces commerciales. Et qui veut son pont et qui n’en veut pas, pour voir les déplacements urbains réduits à des querelles de clochers. Quid de ce développement durable qu’ils ont à la bouche à en vomir, soutenus par les Verts dans la majorité, pour toujours plus de Zones d’Activités Economiques, sacrifiant la culture agricole et les paysages sur l’autel d’un étalement urbain en perpétuelle extension ?

La comédie serait seulement burlesque s’il n’en allait pas de notre communauté toute entière. Le vote est une délégation de pouvoir, il consiste à mandater un individu pour décider à notre place en fonction de nos intérêts communs. Il ne consiste pas à élire un pitre au prétexte que son maillot de foot correspond à une équipe fétiche. Les périgourdins sont en train de se ridiculiser à ne pas faire valoir de véritables exigences politiques, laissant par indigence et lassitude se jouer un spectacle de farces et de bouffonneries, autant risible sur l’instant que nocif pour l’avenir. Le bassin de l’agglomération est en train de se réduire en un théâtre de Guignol dont la représentation est magistrale, certes, mais dont le coût en développement, en cohérence, en argent public, risque de s’avérer tout aussi spectaculaire à long terme.

Qu’importe, d’ici là, leurs successeurs leurs offriront des noms de rues, de places et de boulevards, signifiant ainsi à la génération suivante qu’ils en attendent autant.

Des élections régionales en Dordogne? Ah bon? Nonnnn

Si Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux sports et Alain Rousset, candidat sortant à la Région Aquitaine, étaient à Périgueux, hier, ce n’était pas pour faire campagne. Rien à voir. D’un côté Rama Yade annonçait une « simple visite privée à des militants UMP » pour partager une petite bouffe et de l’autre, Alain Rousset passait par là et en a profité pour boire l’apéro avec ses amis socialistes.

Pour fêter ça, ils se sont tous retrouvés à l’inauguration d’un stade, occasion de faire quelques discours pour savoir, qui, des collectivités locales socialistes ou du gouvernement UMP, avait le plus contribué à ce projet pharaonique.

Croix de bois croix de fer, aucun d’entre eux n’avait présence liée avec la campagne électorale des régionales. Je ne comprends pas à quel point ces gens là sont-ils capables de nous prendre pour des cons. Cela semble hors limite. Ils seraient pris la main dans le sac, ils diraient encore que le sac leur a sauté dessus.

Une brève revue de presse permet néanmoins de dénuder les fils de la manipulation.

:: Alain Rousset est en (pré) campagne ::
Comment dire. Ce n’est pas facile. Attends, on va copier. Alors par exemple, on peut le faire à la manière de Jérôme Glaize pour Sud Ouest :

Dans ce petit jeu, à l’évidence, tous les regards sont bel et bien tournés vers un seul objectif : les élections régionales de mars prochain.

Ca marche bien, c’est habile. La métaphore du regard tourné permet de ne pas la nommer tout en indiquant le chemin (de la compréhension).

Après il y a une autre technique, consistant à ne rien laisser entendre de la réalité de l’évènement et à citer fidèlement le candidat, tout en déroulant les faits contradictoires avec les termes :

Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine n’aime pas que l’on dise qu’il est en campagne.

La preuve encore, nous détaille Julie Martinez qu’il n’est pas encore en campagne, puisqu’il est en pré-campagne :

Hier, sa venue à Périgueux, au centre de la communication pour les Rencontres de l’Aquitaine, autour de la fédération de la Dordogne du parti socialiste, était « une préparation de la campagne », nuance-t-il.

Une préparation de campagne dans laquelle l’article détaille le programme politique d’Alain Rousset pour la Dordogne, occasion de dérouler son slogan, « innovation, solidarité, écologie ».

Nous sommes prévenus, Alain Rousset n’est pas en campagne électorale. Il fait simplement un tour de chauffe dans lequel il bat la campagne en exposant son programme devant des citoyens au sujet desquels il ne verrait aucun mal à ce qu’ils votassent pour lui. Vous voyez la nuance j’espère ?

:: L’UMP, au hasard des rencontres ::
Côté UMP cette fois, la campagne n’est pas lancée non plus. Peu importe que le Figaro, (que l’on ne saurait soupçonner de félonie envers le chef de l’Etat), titre le 29/11/09 :

Régionales : Sarkozy lance la campagne UMP

Euh oui, ce titre fait suite à une petite réunion du parti UMP avec le conseil national de l’UMP dans laquelle Nicolas Sarkozy a effectivement évoqué les élections régionales.

Mais force est de constater que là encore, l’UMP n’est pas en campagne en Dordogne et à Jérôme Glaize encore d’en démontrer l’ambiguïté :

Rama Yade a beau assurer qu’elle ne vient pas en Dordogne dans le cadre de la campagne des élections régionales, qui n’est d’ailleurs pas encore officiellement lancée du côté de l’UMP, l’autre volet de sa visite est bel et bien politique.

Bref, la venue de la médiatique secrétaire d’Etat aux sports n’a rien à voir, mais strictement rien à voir avec la l’échéance des élections régionales.

Au point même que la coupe en est pleine de ces manières politiques qui ne sont qu’un écran de fumée aussi grossier que malhabile. Jérôme Glaize à la manœuvre conclut :

Si ce n’est pas un lancement de campagne électorale UMP en Dordogne, ça y ressemble en tout cas drôlement !

Tout ce petit monde n’est pas en campagne électorale, mais agit et parle comme s’il l’était. Au point que ce double jeu s’avère bien trop hypocrite pour être traité dans la dentelle littéraire.

:: Tout ce qui peut être dit… ::
peut être dit clairement, ce dont on ne peut parler, il faut le taire. 

Ainsi, Michel Labussière pour la Dordogne Libre ne s’embarrasse pas de la communication officielle des partis politiques et titre :

Élections régionales – Deux rassemblements gauche-droite se télescopent aujourd’hui.Le match Alain Rousset – Rama Yade

Et là le journaliste déroule sans se soucier des apparences que les politiques essaient de préserver contre l’évidence :

Plus autistes que névrosées, les deux organisations politiques confirment avoir prévu leurs rencontres périgourdines respectives parallèlement? Voici plusieurs semaines, en s’ignorant l’une l’autre.

Histoire de finir au bazooka contre cette mascarade :

En revanche, en apprenant que les deux manifestations de campagne allaient se télescoper, elles ont essayé d’ajuster savamment le tir pour occuper le terrain chacune à leur façon.

Il n’y avait pas besoin de jouer les avaleurs de sabre pour expliquer la situation. Ils parlent comme s’ils étaient en campagne, ils agissent comme s’ils étaient en campagne, ils sont en campagne. Maintenant que les candidats minaudent parce que ces actes et ces mots ne correspondent pas exactement à leur calendrier officiel, cela n’a aucune espèce d’importance pour la réalité de leurs objectifs. Essayer en plus d’en convaincre les populations et les journalistes (vigilants) est un déni de réalité insultant pour ceux qui sont contraints de subir leurs logorrhées auto satisfaites.

Dordogne, les Faucons du marxisme

Les communistes périgourdins s’opposent au projet de réforme des collectivités territoriales et ils le font savoir. Dans Sud Ouest ce jour, s’y montrent les patrons du néo marxisme local. Vianney Le Vacon, adjoint aux sports de Périgueux et salarié du Conseil Général, Jacques Auzou, maire de Boulazac, président de la communauté de communes Isle Manoire et vice Président du Conseil Général Dordogne, Françis Colbac, maire de Trélissac, vice président de la communauté d’agglomération périgourdine et vice Président du Conseil Général Dordogne et pour finir, Jean-Claude Pineault, conseiller général de Dordogne.

:: UMP, PCF, diagnostic commun ::
Ils sont d’accords avec le gouvernement sur le réel besoin de réforme du mille-feuille territorial à la française. Pour mémoire, c’est 550 000 élus et autant d’entités administratives que dans tout le reste de l’Europe. Partageant le diagnostic, ils s’opposent à la méthode. Il faut réformer mais visiblement sans toucher aux strates administratives. Nous en saurons bientôt davantage, lorsqu’ils auront proposé leur positive contribution.

:: Des propositions concrètes en mal d’application ::
Pour avoir quelques précisions, il faut lire le communiqué officiel du PCF 24 lors de la conférence de presse du 03 septembre 2009, en ligne sur le site du parti, qui s’arroge le symbole de Jacquou le Croquant comme le FN celui de Jeanne d’Arc:

Travailler l’exigence démocratique : la réforme des territoires met à mal le pouvoir souverain des citoyens, comment peut-on travailler à la réappropriation de la chose publique ? Comment faire que nos Région soit le creusé d’une nouvelle forme de démocratie ? Et comment travaillons-nous l’élaboration et la prise de décision citoyenne ?

En réalité, ces questions ont déjà trouvé nombre de réponses via l’Association des Elu(e)s Communistes et Républicain(e)s et sa charte pour un nouveau contrat local adoptée en conseil national:

Nous voulons une pratique démocratique véritable
Nous voulons dépasser le simple stade de la concertation qui consiste à soumettre à l’avis des populations les projets locaux définis par les candidats, les techniciens et les élus. Il s’agit pour nous d’appréhender collectivement les besoins, de construire les programmes locaux dans le pluralisme des opinions, d’en définir la faisabilité dans la transparence, d’élaborer des outils d’évaluation accessibles à chacun et d’organiser l’information afin de permettre à chaque habitant de se faire sa propre opinion.

Cette approche est guère opposée au texte de l’ANECR qui fait suite à gesticulations présidentielles, dont on peut trouve le texte en pdf sur leur site:

Démocratiser les institutions locales. Il faut combattre l’éloignement des lieux de décision
et développer la démocratie participative de proximité.

Bref, autant de positionnements forts, concrets et positifs.

:: Paroles, paroles, paroles ::
Mais apparemment, ces propositions ne valent rien en dehors d’un discours d’opposition. Car sinon, le groupe communiste, fort de ses poids dans la majorité de Périgueux ou celle du conseil général, dans la communauté de commune Isle Manoire ou les communes de Boulazac et Trélissac, aurait mis en œuvre ces propositions dans ces différentes entités territoriales.

Rien de tout ce qui est dit n’a été réalisé. A contrario, l’adjointe communiste à la démocratie participative de Périgueux n’a, en bientôt deux ans, pas fait la moindre proposition. Françis Colbac imprime une représentativité archaïque classique, jusqu’à la sincérité du scrutin. Quant à Jacques Auzou, son autoritarisme n’est plus à vanter, jusqu’à créer pour lui-même une collectivité lui assurant un leadership qui lui aurait échappé dans la naturelle et rationnelle communauté d’agglomération périgourdine.

Ce n’est pas du côté de la démocratie que ces élus prennent position contre la réforme des collectivités. Pour l’amélioration des droits des citoyens ils peuvent bien hurler au loup, mais là où ils ont autorité, surtout, ils n’ont jamais agi.

:: Le libéral-communisme, un néo conservatisme local ::
Remarque, le communisme local s’exprime surtout, dans ces communes, par une incroyable capacité à privatiser les espaces publics pour favoriser une concurrence acharnée entre franchises. Dans ce cas, il n’est pas étonnant de voir des emplois précaires et sous payés, un urbanisme morbide, des programmes de logements défiscalisés en friche, etc. Et à ce compte là évidement c’est la notion même de communisme qui devient floue et insaisissable. Peu importe, cela fait le bonheur des promoteurs les plus libéraux.

En revanche, on saura ô combien ils s’opposent au remaniement des collectivités! Surtout il ne faut toucher à rien. Cela voudrait dire peut-être moins de postes de fonctionnaires attribués aux militants, moins de pouvoirs et moins d’indemnités.

Le libéralisme sans frein qu’ils dénoncent au niveau national, ils en sont des promoteurs zélés à l’échelon local. Alors que dans le même temps, ils n’ont jamais mis en pratique la charte pour un nouveau contrat local promulguée par leur propre formation politique.
L’amélioration de la démocratie locale qu’ils promettent dans l’opposition, ils l’évitent comme la peste quand ils sont majoritaires.
Et ce conservatisme territorial affiché aujourd’hui, bien loin d’œuvrer pour « le pouvoir souverain des citoyens », n’est autre qu’une revendication syndicaliste pour défendre des « acquis » obtenus par la décentralisation.

:: Les notables territoriaux ::
Ils sont devenus, en cumulant les mandats et élargissant leurs réseaux, des notables locaux installés dans de bourgeoises et confortables habitudes. Les voilà donc en train de défendre leurs petits postes et quantités de mandats, autant de petits pouvoirs qui font vivre leur parti et assurent de paisibles retraites.

De grâce messieurs, ne feignez pas en plus d’agir pour la démocratie, c’est pitoyable.